🗄️ Ministère de la Mémoire Nationale - Page 9
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Posté le : 08 déc. 2024 à 16:31:12
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Posté le : 08 déc. 2024 à 16:49:59
Modifié le : 18 sep. 2026 à 00:42:08
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Ça n'était pas le fait de ne pas écrire qui posait problème, car cela, à dire toute la vérité, on s'en foutait vraiment. Juste voir les autres trouver du sens, ou adopter une quelque indifférence, quand on en débat soi-même sous tous les angles, à toute heure, et y retrouver un écho dans chaque mouvement de chaque être, alors que tous l'ignorent — du moins feignent l'ignorer avec un talent qui force la plus sincère des admirations — cela le répugnait de lui-même.
Il revoyait parfois les photos d'anniversaire de ses amies, celles de bals où il était chaque fois cela lui plus, comme dire, coincé. L'Tout ne faisait que lui rappeler qu'il était le seul à ne rien y trouver de ce qu'il aimait, voire à y reconnaître l'ensemble de ce qu'il regrettait dans sa propre conduite alors que tout le monde s'en balançait. Pourquoi cela lui importait-il, à lui ?
De toutes les connaissances qu'il avait faites, il n'en est pas une qu'il souhaitait voir accompagner sa vie. Et c'était assez terrible qu'en fin de compte on puisse résumer trois ans de sa vie à quelques cours qu'il aurait fallu relire pour obtenir un résultat passable dans le cadre d'un examen que, de toute évidence, il avait réussi et que tout le monde avait. Et maintenant que cela avait définitivement pris fin, il irait son tenir lieu d'adulte en recherche d'accomplissement, alors que tout ce qu'il voulait c'est qu'on lui foute la paix.
Il voulait, avec l'honnêteté qu'il trouvait la plus crasse au monde, qu'on cessât de lui dire comment ceci et cela doit être organisé, parce qu'au fond, à ne suivre que ces ineptes préceptes on meurt comme les autres, et à la fin on n'aura rien accompli. Les sciences politiques, aboutissant au poste de ministre qu'il occupait, formaient ainsi une réponse à ce désir. Et ce désir, en fin de compte, la diplomatie poëtoscovienne en était la parfaite expression. On pouvait lire dans cette Nation la volonté d'un homme, son caractère sentimental, ses contradictions. Les observateurs, cela, ils ne manquaient pas de le relever. Au fond, la Poëtoscovie était un État torturé.
Il y avait ça, et puis il y avait les sentiments bien sûr, dont le caractère impératif s'évadait afin qu'il n'en subsiste qu'un état de béatitude permanent, loin de toutes les libertés et de tous les désirs impossibles. En fait il se faisait terriblement chier dans une vie qu'il essayait de rendre ordinaire : voilà ce qu'il voulait dire. Et le lecteur lui répondra, à raison, que cela ne sert strictement à rien de se borner à ce train d'existence, qu'il faut au contraire veiller à ne pas conformer sa conduite à quoi que ce soit. Il sera sans doute étonnée d'apprendre qu'effectivement, ce qui aurait pu être ses mots achève dans une certaine mesure de guider son jugement.
Le romantisme dont il était un dévot des plus inconditionnels lui était aujourd'hui d'une ringardise mal apprêtée, et d'une féérie normée telle qu'il ne pouvait parfaitement s'y retrouver. Il errait sans dessein dans un monde qui n'en avait pas davantage, pour les autres tout comme pour lui-même, et c'est car il l'acceptait qu'il voulait au contraire repousser ce réel. Tenez : l'alexandrin était splendide, mais la splendeur l'ennuyait désormais ; elle était dans tous les livres, toutes les bouches, tous les siècles... Il voulait de la passion n'épouser aucune forme mille fois explorée. Il voulait le dégoûte, la dissonance. Il voulait trouver dans l'Amour parfait la chose qui révèle un paradoxe dans sa logique, enfin il voulait arrêter de croire que le monde fût un conte. En fait il voulait arrêter de croire. C'était un peu ridicule, et il le savait.
Et puis, il faut bien le dire, avoir le sentiment qu'il serait, quoi qu'il arrive, un meilleur récit gâchait, avant toute entreprise, son plaisir intime. Se rappeler qu'il était de meilleurs coups gâche le sexe — n'eut-il pourtant jamais déplu —, savoir qu'il fut de meilleurs films passe l'envie d'achever celui à peine entamé, et l'idée que l'on s'apprête à découvrir une exposition à peine passable suffit amplement à faire renoncer aux instants perdus face à des traits qui ne veulent, de toute évidence, pas dire grand chose.
En ce moment il lisait — la lenteur qui était la sienne dans ses lectures successives voudrait qu'il « découvre chaque fois l'intrigue » plus qu'il ne la poursuive, non faute de temps mais d'accepter de faire un livre à la fois — quelque roman, ma foi parfaitement convenu, mais qui dans leur sous-conversation contenaient cela des notions philosophiques portant sur les relations politiques. La façon dont il avait de parler des choses les plus intimes dans les termes les plus crus, chaque fois en s'évadant de ce qui était attendu, le surprenait et il devait avouer que cela l'interpellait tout autant que le réconfortait dans son curieux malaise. À ce propos de cet auteur, qu'il aimait beaucoup, celui-ci expliquait très justement que l'évasion n'avait rien à voir avec la fuite. La fuite c'était à la fois la retraite, l'hideux renoncement face à celui qui eut été préférable, à savoir la capitulation, quoique la fuite, sans doute, est toujours face à cela un moindre mal dans les faits — dans la morale il n'en savait rien. Fuir de prison ce n'est alors pas comme s'évader. Fuir de prison c'est ne pas accepter sa peine, c'est négliger le tout, partir, comme ça, parce qu'on le veut, parce qu'on le croit nécessaire... Alors que s'évader ce n'est pas quitter quelque chose, c'est « quitter un monde limité pour un monde infini », c'est la perspective de la Liberté, c'est rejoindre le tout. S'évader c'est la nature de l'homme, et si l'on ne s'évade pas, c'est que l'on n'est plus humain. Au fond, cela le réconcilie avec l'humanité. L'humanité n'est plus à blâmer : c'est eux, qui ne sont plus humains.
Contrairement à ce que l'on pouvait juger, Piotr Vassia n'était pas complètement fou. Bien au contraire, ces réflexions avaient quelque chose de parfaitement actuelles. Avec Velsna aux portes du pays, la fuite eut été un acte de parfaite lâcheté. L'évasion en revanche, l'évasion présentée de la façon dont il l'entendait, et avec quelque noble élément supplémentaire qu'elle comportait un degré d'auto-incrimination face aux événements qui lui aurait donné un visage presque prophétique, l'évasion était en somme, sans doute, la chose la plus préférable qui soit.
Consciemment il se répétait, mais il rendait cela sans doute plus clair que la dernière fois, s'éloignant des formalités. Il n'était pas une administration, quoi qu'il en supportait le visage, et demeurait davantage ainsi qu'un ami du peuple dont il incarnait mystiquement l'image, entre le confident qui comprend tout et le garçon perdu qui convoque la pitié de chacun. Les rapports entre la population son ministère étaient d'ailleurs relativement bonnes, contrairement à ce que l'on pouvait supposer. Cependant, l'intérêt cédait aujourd'hui la place à la pitié. Puisque c'est là l'unique Amour que jamais le peuple n'avait éprouvé pour quiconque, et c'était au moins d'une lucidité remarquable qu'il se félicite qu'il le portât un peu dans son cœur. Et car il le portait dans son cœur, il aurait à ne pas en douter la délicatesse de ne répondre qu'à ce sur quoi il avait un avis (les sujets s'embrouillent entre eux, mais il est tard, cher lecteur), et a fortiori lorsqu'il semble que ses messages n'en demandaient pas. Le peuple aurait été heureux de l'entendre parler d'évasion. Piotr Vassia et l'évasion. Il ne sait pas si véritablement cela allait de pair. Le peuple le lui dira : la population et l'évasion ne vont pas mieux ensemble ; elle est plutôt du genre qui se distingue par le fait d'être coincée dans des temps archaïques, s'il faut que les lovecraftiens aient été amenés au pouvoir. Aussi fallait-il que Piotr Vassia parlât toujours au moins d'humanité, qu'il tînt ou non cela en estime. Qu'il parlât d'art, de buts, de sa vie même, mais par pitié qu'elle ne cherchât ni l'efficacité ni la politesse. La Nation allait sombrer, alors d'un ministre on ne pouvait attendre qu'un peu de sincérité, si tout le reste de son autorité n'avait plus de véritable sens.
Il n'entendant cependant pas le faire : il menait l'existence que chacun connaissait, tout à la fois flegmatique et dissolue. Cela pouvait paraître affligent pour le monde, quoiqu'il soit entendu que les « malgré lui » ne s'appliquait pas ici. Sur beaucoup de plans, le peuple s'opposait à lui, malgré ses nombreux talents. Toute sa rigueur, elle s'en contre-balançait sans s'en rendre compte, et pourtant il aimait la démocratie, tout comme le peuple et le ministre s'aimaient en réalité d'une Amour platonique digne des romans du moyen-âge.
Finalement, pour quelqu'un qui ne savait plus quoi penser, il aurait été dans la capacité d'écrire des romans — quoique leur construction eut été chaque fois profondément hasardeux. Enfin bref, à cela le lecteur sans doute n'a-t-il guère à répondre. Encore valait-il mieux qu'il ne dise rien, d'ailleurs.
Posté le : 08 déc. 2024 à 16:51:26
Modifié le : 09 sep. 2026 à 23:37:59
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Un acte qui traduit la volonté de désescalade de la part de la Nation littéraire
Source : La Petite Plume
Mardi dernier, dans les eaux internationales au large de la Poëtoscovie, c'est un gigantesque pétrolier d'une compagnie velsnienne qui était sorti des routes maritimes balisées. Tandis que dans plusieurs coins du monde de tels espaces sont remplis de mines navales et que le Nord-Nazum connaît un regain de tensions, une telle attitude aurait pu être dangereuse pour l'équipage du navire, mais également pour l'environnement poëtoscovien. S'il arrive fréquemment que de telles situations aient lieu malgré tout, c'est ici bien la réaction des forces armées navales poëtoscoviennes qui a fait réagir, notamment sur les réseaux sociaux où des extraits de cette intervention ont été diffusés.
Au loin, c'est une frégate poëtoscovienne, encore dans les eaux territoriales poëtoscoviennes, qui se rend compte et s'inquiète de la situation. Après avoir établi des communications radio avec le pétrolier battant pavillon velsnien et rassuré son capitaine quant aux intentions poëtoscoviennes, la Marine poëtoscovienne s'est rapprochée du navire, et des hommes non armés sont montés à son bord avec l'autorisation de son dirigeant. Des instruments de mesure endommagés étaient la cause de cette situation, sans que la piste du sabotage ait été retenue. Les traces d'usure, quoique le bateau soit du reste en excellent état, auraient eu raison de certains appareils indispensables à la navigation en haute mer.
C'est donc avec l'accord de l'amiral en charge de la flotte assignée à la défense du territoire poëtoscovien que les membres de la frégate ont porté assistance au pétrolier étranger jusqu'au bout, faisant intervenir des réparateurs et permettant au navire, s'il le désirait, de se ravitailler sur les côtes poëtoscoviennes, le tout escorté par la Marine eu égard aux fortes tensions internationales actuelles.
Contacté par nos journalistes, un militaire témoigne : « Quand on nous a dit qu'un navire velsnien se trouvait très près des côtes poëtoscoviennes, il y a eu un mouvement de recul. Chacun a toujours en tête les effroyables crimes commis au nom de la Grande République de Velsna sur nos camarades innocents. Cependant, lorsque nous avons compris qu'il s'agissait d'un pétrolier civil égaré, nous n'avons pas cherché à comprendre. Nous avons reçu pour ordre de lui porter assistance, et avons alors tout mis en œuvre afin de garantir la sécurité de l'équipage du bateau. Après cette intervention, les camarades et moi étions unanimes sur le fait que ce petit capitaine n'avait rien de commun avec ce que nous imaginions. Au fond, cet acte anodin nous a, à toutes et à tous, redonné un peu d'humanité ». La Marine poëtoscovienne, elle, n'a pas souhaité répondre à nos sollicitations.
Sur les réseaux sociaux, c'est l'emballement. Certains commentent : « Comment peut-on, après cela, douter des intentions des Poëtoscoviens ? », et même des influenceurs étrangers s'y sont mis. « Regardez comme ils sont trop mignons, les Poëtoscoviens ! Les gars sont déter », s'exprime l'un d'entre eux en vidéo, tandis que dans l'espace des commentaires, nombre d'internautes félicitent les militaires de l'opération. « Bravo et merci ! » écrivent certains ; « Enfin une armée qui sert à quelque chose ! » s'exclament d'autres.
Seules les forces politiques de droite, et principalement le Parti Lovecraftien, s'indignent de cette situation. « C'est un désastre. Quand ce pétrolier servira à ravitailler les engins qui tirent sur nos compatriotes, il faudra nous souvenir : c'est au Parti Démocrate au pouvoir que nous devons cette situation ! », s'exprime Sébastien Tesson, ancien chef de l'État et ayant été en poste durant l'interception musclée de la flotte poëtoscovienne en 2019. Interrogés, des électeurs du Parti Lovecraftien peinent à répondre quant à ce qu'il aurait fallu faire, certains plaidant « Comme d'habitude », tandis que d'autres assument vouloir qu'ils se « tapent une mine ».
Les citoyens tirés au sort, eux, donnent un verdict sans appel. Cette situation, qui invite à la désescalade, est une bonne initiative, alors que le sang n'a déjà que trop coulé. En somme, beaucoup se félicitent d'une telle solidarité internationale et espèrent y voir un signe selon lequel Velsna et la Poëtoscovie n'auraient plus lieu de connaître des rivalités d'aucune sorte. Prélude d'un monde meilleur où l'intelligence au service de tous a pris le pas sur l'individualisme des nations et la loi du plus fort, ce fait divers doit surtout être expliqué comme une illustration des volontés de résoudre les tensions contemporaines, et en les dépassant d'acter l'avènement d'un nouvel ordre mondial.

Posté le : 24 fév. 2025 à 17:02:34
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La base Sandro en décembre 2015
BASE MILITAIRE "SANDRO"
/!\ - Les informations ci-dessous sont confidentielles
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Nom de la base militaire : Jolan Sandro
Pays propriétaire : République de Poëtoscovie
Propriété particulière : Base insulaire
Type : Aéronavale
Statut particulière : En travaux
PROJET

TROUPES ET MATÉRIEL DÉPLOYÉS
Ne sont compabilisés ci-dessous ni le matériel civil, ni les individus civils, ni les militaires ne faisant pas partie des corps de combat (hiérarchie, vie du soldat). Par ailleurs, ces informations ont une valeur indicative, et peuvent tout à fait de ne pas être à jour.
Défense :
- Canons anti-aériens 1e génération x200
- Lance-missiles anti-aériens mobile 1e génération x50
- Hélicoptères de transport moyen de 1e génération x15
Aérien :
- Avions de chasse de 1e génération x5
- Drone de reconnaissance 1e génération x3
Naval :
- Patrouilleurs 1e génération x5
- Corvettes 2e génération x3
- Frégate 1e génération x1
Mines et missiles :
- Mines navales de 1e génération x500
- Missiles de croisière mer-sol x5
/!\ - Les informations ci-dessous sont confidentielles
Nom de la base militaire : Jolan Sandro
Pays propriétaire : République de Poëtoscovie
Propriété particulière : Base insulaire
Type : Aéronavale
Statut particulière : En travaux

Ne sont compabilisés ci-dessous ni le matériel civil, ni les individus civils, ni les militaires ne faisant pas partie des corps de combat (hiérarchie, vie du soldat). Par ailleurs, ces informations ont une valeur indicative, et peuvent tout à fait de ne pas être à jour.
Défense :
- Canons anti-aériens 1e génération x200
- Lance-missiles anti-aériens mobile 1e génération x50
- Hélicoptères de transport moyen de 1e génération x15
Aérien :
- Avions de chasse de 1e génération x5
- Drone de reconnaissance 1e génération x3
Naval :
- Patrouilleurs 1e génération x5
- Corvettes 2e génération x3
- Frégate 1e génération x1
Mines et missiles :
- Mines navales de 1e génération x500
- Missiles de croisière mer-sol x5
Posté le : 02 mars 2025 à 17:33:54
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Emplacement : 5% de chaque province Poëtoscovienne
Régie de l'OMAN chargée de ce parc : ?
Description du réseau : Chaque Province a, en Poëtoscovie, l'obligation de placer au moins 5% de son territoire sous protection environementale.
Image(s) :


Espèces protégées par l'OMAN présentes dans le réseau :

Harfang des neiges
***

Panthère des neiges
***

Renard polaire
***
Lynx
***

Bouquetin
***
Tigre de Sibérie
***
Hermine
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