CABINET DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DU DUCHÉÀ l'attention de monsieur Yves Saint-Lorenzo, diplomate.
Monsieur,
J'ai bien reçu votre lettre, et je m'étonne que ce qu'il reste de la Principauté de Carnavale cherche à peser dans le processus de négociations qui va bientôt s'ouvrir entre l'OND et la Gallouèse. En effet, la décision que le peuple gallèsant a prise d'intégrer l'OND concerne une intégration pleine, y compris du volet militaire. Ce que vous demandez me semble donc saugrenu : tolérer la Gallouèse dans l'OND à condition qu'elle en reste à distance ?
Le processus d'intégration de la Charte de Bandarhan est un processus au long cours dont nous ne connaissons pas encore les modalités. Ainsi, avant de préjuger que le Gallouèse puisse servir de base arrière dans la guerre contre Carnavale, attendez de voir les contours de notre adhésion. Comme on dit par chez nous, faut pas contae l’oe dan le quu de la póll. Ce que nous ferons à l'OND, vous le saurez quand vous le saurez.
J'aimerais tout de même porter à votre attention quelques éléments que je juge pertinents. Premièrement, la Charte de Bandarhan n'est pas, je crois, rétroactive. Or nous ne faisions pas partie de l'OND lorsque Carnavale les a agressé. Du reste, la participation aux opérations militaire se fait sur la base de la volonté des États membres. Rien ne vous
garantis que nous participerions à la guerre de Carnavale aux côtés de l'OND, une fois notre adhésion signée. Rien ne vous
garantis l'inverse non plus, mais enfin, nous ne vous devons rien.
La seconde chose que vous semblez omettre est que notre armée est déjà active sur votre sol, dans le cadre de la coalition humanitaire montée par le Grand Kah. Nous sommes déjà impliqués dans cette guerre. Et d'ailleurs, c'est l'occasion pour moi de revenir sur vos menaces de riposte disproportionnée. D'abord, comme on dit chez nous, segon le bratz, la saunyaéy. Ensuite, vous n'ignorez sûrement pas la doctrine militaire gallèsante appelée
doctrine Vallet : si le sol national est attaqué, nous riposterons avec l'intégralité de notre arsenal balistique.
Et enfin, une simple question. Je crois que Mademoiselle Castelage, que vous dites représenter, accorde de l'importance à ses relations avec les Communes-Unies. Que croyez-vous que les kah-tanais diront lorsque la Gallouèse sera en cendres ? Je vous laisse méditer sur le sujet.
Je ne vais pas faire comme si votre lettre ne contenait que des menaces, elle contient aussi une proposition alléchante, à laquelle aurait sans doute réfléchi mon prédécesseur. Mais les choses ont changé à Ligert, et, pour ma part, je vous trouve bien culotté. Nous n'intégrons pas l'OND afin de servir de taupe pour Carnavale, d'autant plus que nous n'avons jamais été très proches de la Principauté sur le plan diplomatique. Cependant, si vous semblez nous faire confiance pour incarner un juste milieu entre les position onédiennes et les vôtres, sachez que nous sommes toujours disposés à servir de médiateurs pour une résolution pacifique du conflit. Au risque de me répéter, vous n'avez aucune
garantie que nous participerons à la guerre OND-Carnavale. Gardez toutefois à l'esprit que le casus belli de l'OND nous semblez tout à fait légitime, et qu'il faudra que Mlle Castelage fasse des concessions. Comme on dit devers chez nous, la vach donn son laèt par la góll.
Je finirai en tâchant de vous rassurer : si la Gallouèse était une puissance militaire, ça se saurait, non ? En fin de compte, n'avons rien à offrir à l'OND, ni infrastructures, ni radars, ni avions, ni espions, qui leur permette de faire la différence face à Carnavale. Nous cherchons simplement à nous prémunir d'attaques venant d'ennemis imprévisibles comme la Loduarie, l'Antares ou votre chère patrie. Vous pouvez dormir sur vos deux oreilles : le risque gallèsant n'existe pas.
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
Ligert, le 6 novembre 2018
M. Henri dè Chastèu-Beriant, ministre des affaires étrangères du Duché