23/06/2020
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đŸ—„ïž MinistĂšre de la MĂ©moire Nationale - Page 10

9732
[secret=5408Monsieur,

Comme nous en avons discuté téléphoniquement, voici une forme de "contrat" pour l'établissement d'une base militaire Poëtoscovienne en Everia.

Par le présent télégramme, nous vous informons les modalités suivantes :
- 14k en monnaie internationale ;
- la base pourra accueillir jusqu'au nombre de 5% des effectifs de l'armée réguliÚre d'Everia ;
- la base militaire permettra aux avions Poëtoscoviens de se ravitailler ;
- la base contiendra des véhicules de maintenance, de transport et de défense ;
- les autorité de l'Everia pourront demander un inventaire des véhicules militaires Poëtoscoviens présents dans la base ;
- la base sera localisée dans la province #6587.

Comprenez qu'il nous est particuliĂšrement difficile de prĂ©voir exactement le nombre de vĂ©hicules, Ă©tant donnĂ© que le contexte gĂ©opolitique de la rĂ©gion pourrait ĂȘtre amenĂ© Ă  changer, mais surtout parce que nombre dĂ©pend avant tout du nombre de soldats prĂ©sents sur le site, or ce dernier dĂ©pend lui-mĂȘme des effectifs de votre armĂ©e.

Pour l'instant, je peux vous dire que nous installerons trÚs probablement des véhicules légers tout-terrains de 4e génération (pas plus de deux dizaines), des camions de transport, des bulzoders (pour les travaux), un véhicule de transmission radio (le temps que nous installions des antennes pour communiquer) ainsi que 25 canons anti-aériens de 1ere génération. Il est toutefois important de noter, comme je vous le disais, que la présence de tant ou tant de véhicule est soumise à évolution.

Sachez qu'il ne s'agit pas là de la premiÚre base militaire Poëtoscovienne à l'étranger, et que tout s'est toujours merveilleusement bien passé.

Je n'attends donc que votre approbation en retour. Le virement sera alors effectué sous 48h, avant lequel il sera impossible pour nous troupes de partir pour l'Everia.


TrĂšs cordialement,

Piotr Vassia,
Monsieur le Ministre des Relations Internationales,
République de Poëtoscovie[/secret]

OP enterrĂ©eAgartha en feu, Ă  travers le regard d’un enfant poĂ«toscovien

Rien n’est plus passionnĂ© qu’un poĂ«toscovien parlant en mal du Jashuria. Il faut savoir que cette colĂšre est lĂ©gitime, que le Jashuria s’est continuellement comportĂ© envers la nation littĂ©raire comm un parent. Or, de parents la PoĂ«toscovie ne dĂ©sire point, et les airs moralisateurs des hommes en costard venus d’Agartha, de la CommunautĂ© des États nazumis jusqu’aux rapports bilatĂ©raux, rĂ©vultent en tout point les poĂ«toscoviens. C’est d’ailleurs, sans doute, l’un des points sur lesquels l’opinion public s’accorde le mieux, et il est possible ne s’y voir qu’une consĂ©quence logique de dĂ©cĂ©nies de mĂ©pris leur Ă©tant adressé : aujourd’hui de cela il n’est plus rien. C’est pour cela que, ce lundi, pourtant un lundi qui paraissait comme tous les autres, ArtadĂ©rus pris la dĂ©cision de venger sa Nation de toutes les offenses qui lui avaient Ă©tĂ© faites. C’est ainsi qu’il se rĂ©solu Ă  mettre renvoyer les « pĂątes de fruits » - au passage, absolument dĂ©gueulasses – aux dirigeants jashuriens, afin qu’ils puissent se les mettre lĂ  oĂč bon leur semble.

ArtadĂ©rus Ă©tait pourtant un enfant comme les autres : parmi la tĂȘte de sa classe, quoique semblant sempiternellement condamnĂ© Ă  n’ĂȘtre jamais plus que second ; vĂ©gĂ©tarien par conviction, mais dĂ©robant quelques tranches de jambon cru lorsque ses proches avaient le dos tournĂ©, car de nature trop gourmande pour s’en absentir intĂ©gralement ; mais, surtout, il avait vĂ©cu dans la base poĂ«toscovienne au Chandekolza. Ses deux parents Ă©taient marins, et, lui-mĂȘme, connaissait une adoration absolument dĂ©vorante pour ce qui avait trait Ă  l’univers aĂ©ronaval.

Enfin bref, ArtadĂ©rus Ă©tait surtout autiste, d’un autisme qui rendait chaque petite chose la cause d’une obsession qui le tourmentait des nuits entiĂšres, et ce durant des annĂ©es. Petit, il passait d’ailleurs la majeure partie de son temps Ă  exprimer sa fascination pour la faune aquatique chandekolzaine.

Les choses, depuis qu’il Ă©tait rentrĂ© dans la mĂ©tropole, lui paraissaient bien Ă©trange : pourquoi personne, dans le dĂ©bat public, ne se proposait de rĂ©duire Ă  nĂ©ant l’impĂ©rialisme jashurien ? Cet État Ă  la diplomatie suffisante, dont les confĂ©rences de presse – ArtadĂ©rus Ă©tait persuadĂ©, Ă  tort, de ne pas en manquer une, et consignait les insultes qu’elles lui inspiraient dans un petit carnet – donnaient la mesure d’une gĂ©opolitique lente, cruelle, et dirigĂ©e sur un ton, toujours, d’un pĂ©remptoire Ă  la constance dĂ©sarmante.

Oui, on peut le dire, ArtadĂ©rus Ă©tait obsĂ©dĂ© Ă  l’idĂ©e de se venger du Jashuria, lui qui l’avait contraint Ă  rejoindre le continent, une maison de campagne loin de la mer, une vie marquĂ©e par un quotidien continuellement renouvellĂ© mais dans lequel il ne se reconnaissait pas. Il s’ait mĂȘme fait une promesse, du moins il l’avait faite dans un premier temps Ă  son compagnon – un doudou – avant de se rendre compte en grandissant qu’il s’agissait lĂ  de choses tout aussi ridicule que les jashuriens : « Je vengerai le Nazum de l’insulte que lui fait le Jashuria ».

Son pĂšre, quoiqu’il ne fut pas particuliĂšrement son premier confident – ArtadĂ©rus n’en avait Ă  vrai dire aucun vĂ©ritablement, prĂ©fĂ©rant se confier au papier immaculĂ©, jamais mĂ©chant, toujours gentil mĂȘme lorsqu’il est dĂ©chirĂ©, qu’on on s’énerve parce que le papier ne rĂ©pond pas –, avait compris le caractĂšre absolument passionnel de la vengeance que son fils, dĂšs l’ñge de dix ans, entendait mener Ă  bien. Cette position, pour lui, Ă©tait d’une complexitĂ© faramineuse, et qu’il ne savait pas vĂ©ritablement apprĂ©hender.

Dans un premier temps, le pĂšre d’ArtadĂ©rus se confiant sur ses craintes auprĂšs de son Ă©pouse, puis bientĂŽt d’une psychologue. Celle-ci sur cependant les rassurer : ce n’était pas lĂ  le profil d’un terroriste, mais bien d’un petit ĂȘtre trop trop trop mignon, et trop trop trop gentil pour pouvoir imaginer qu’il rejoindrait un jour les tĂ©nĂ©breuses forces de l’anti-ordre mondial. Certes, un tel bilan psychologique manquait cruellement d’un apsect scientifique, mais il fallait s’y rĂ©soudre : c’était pourtant bien et bien la vĂ©ritĂ©. Si ArtadĂ©rus refusait l’idĂ©e mĂȘme que le Jashuria pĂ»t exister, il rattachait constamment cela Ă  une volontĂ© de plus grande sĂ©rĂ©nitĂ©. Il lui apparaissait justement que la bande de vieux croutons du Sud-Nazum, dont le territoire Ă©tait sur-dimensionnĂ©, toujours perdu dans de sombres explications pour marquer un dĂ©sintĂ©rĂȘt complet du reste du monde, et soucieux d’une prospĂ©ritĂ© Ă©conomique seulement pour garantir leurs intĂ©rĂȘts, cette bande de vieux croutons-lĂ , il eĂ»t Ă©tĂ© prĂ©fĂ©rable qu’elle ne vienne jamais au monde, oĂč qu’on l’eĂ»t assassinĂ©e


ArtadĂ©rus aurait, assurĂ©ment, Ă©tĂ© excellent en ce qui consistait Ă  inventer des techniques de torture. Ses journaux intimes comptaient d’ailleurs croquis – parfois un peu hasardeux, il est vrai –, explications dĂ©taillĂ©es, et puis beaucoup de rouge. Du rouge tant que, sans que cela ne fut jamais volontaire, on pouvait le voir sur le flanc de ses carnets. Bien sĂ»r, il Ă©tait tout Ă  fait heureux que ceux-ci ne tombĂšrent jamais entre de mauvais mains, car son Ă©criture, absolument grossiĂšre – presque autant que celle du jashurien ordinaire – n’aurait pas permis de dĂ©chiffrer les « justification » des cruautĂ©s escissĂ©es. Sans doute, si l’on eut reconnu, du moins cru reconnu, quiconque de sa classe, les feuillets en question auraient fait le tour de la presse, et on lui aurait passĂ© les menottes Ă  ce « prĂ©-meurtrier particuliĂšrement prĂ©coce », « psychopathe » et bien d’autres qualificatifs infĂąmants. Enfin bref, il s’évertuait Ă  n’en parler Ă  personne, mĂȘme s’il n’avait, de toute Ă©vidence, personne Ă  qui en parler. Ah, cette solitude ! Celle qui bientĂŽt devint celle des livres, puis celles des nuits, seul, Ă  errer sans but.

Les diffĂ©rents ouvrages de littĂ©rature poĂ«toscovienne qu’il avait lu rapportaient constamment ce passage du poĂšte maudit, torturĂ©, vagabondant de tristesse ou de langueur dans les rues tantĂŽt d’Hernani-centre, tantĂŽt de LoeĂŻgrad ou Rome, et toujours ces personnages singuliers trouvaient lĂ  la grĂące d’une dame, ou Ă©taient sujets eux-mĂȘmes aux sentiments les plus effroyables. La pensĂ©e qu’il pu, lui aussi, adopter un tel comportement le combla d’enthousiasme, mais du haut de ses quinze ans


Oui, si ArtadĂ©rus Ă©tait parfois dĂ©crit comme un gros bĂ©bĂ©, qui ne parle pas, qui ne fait pas preuve d’initiative, c’était pourtant tout le contraire chez lui, oĂč il dirigeait la maison avec un main de fer. LassĂ© du quotidien, il tentait, chaque fois, d’assurer les tĂąches qui y Ă©taient liĂ©es avec toujours davantage de soin, et, ceci-dit, y parvenait fort bien, pour le bonheur le plus immense de ses deux parents qui se fĂ©licitaient d’une telle conduite.

ArtadĂ©rus avait un peu moins de douze ans lorsqu’il fut chassĂ© du Chandekolza par ces cruelles armĂ©es jashuriennes, qui contestaient mĂȘme jusqu’au caractĂšre humanitaire de l’aide apportĂ©e par la PoĂ«toscovie. Aujourd’hui, il peinait Ă  se souvenir avec exactitude des sensations qui l’habitaient lorsqu’il vivait Ă  la base, alors mĂȘme qu’il y avait vĂ©cu la majeure partie de sa vie. Cela l’accablait terriblement.

Sur internet, le soir, il se connectait Ă  Internet, et au lieu de jouer Ă  des jeux vidĂ©os – quoiqu’un super forum nommĂ© « Terre », oĂč il jouait un État appelĂ© « Palestine » empĂȘchait toute rupture avec ce monde, quoique ce fut un jeu de gros cracks – comme les jeunes de son Ăąge, il rejoignait des groupes secrets de poĂ«toscoviens, mais aussi de gens d’autres nationalitĂ©, partageant une exĂ©cration pour le Jashuria.

Un jour, bien qu’il lui en fallait beaucoup pour parvenir Ă  le choquer, a fortiori sur un pareil sujet, la violence de ce qui lui fut partagĂ© le pris tout de mĂȘme de court. C’était un canal se prĂ©sentant comme « militant », sur une messagerie chiffrĂ©e. AprĂšs avoir consultĂ© l’ensemble des publications, il ferma le canal, jura de ne plus jamais frĂ©quenter ce genre de groupes
 mais il Ă©tait trop tard, il savait, et que pouvait-il faire ? Anonymement, nul n’avait conscience qu’il s’agissait d’un garçon, « mineur au moment des faits » comme il pensait que le juge dira en apprenant tout cela. Son alias, @jashurian_killer, avait apparemment fait le tour des boucles les plus extrĂȘmes dans la lutte contre l’impĂ©ralisme Ă  coup de pĂątes de fruits.

Sur le canal en question
 Toutes les horreurs, les atrocitĂ©s, les abominations ! ArtadĂ©rus, dont les convictions dans la matiĂšre Ă©taient pourtant inĂ©bralables, se trouvait Ă©coeurĂ© par ce qu’il avait aperçu. Ce qu’il y avait vu : des mots, beaucoup de mots, associĂ©s Ă  quelques illustrations oĂč l’on voyait des hommes – peut-ĂȘtre des femmes d’ailleurs – encagoulĂ©s, prĂšs de gros rĂ©cipients faits de mĂ©tal. Ces ĂȘtres paraissent sembalbles aux terroristes afarĂ©ens, tristes commandos dont innombrables victimes innocentes. Pour sĂ»r, ArtadĂ©rus, quoique son pseudonyme fut cĂ©lĂšbre dans cet univers pour ses prises de positions radicales, Ă©tait rĂ©vulsĂ© par des telles prises de positions, et ne pouvait que s’y opposer. Il ne pouvait que s’y opposer
 du moins se taire. Qu’aurait pu un adolscent ayant appris quelles actions, parachĂšvement de sa propre pensĂ©e, allaient se produire dans un autre pays ?

Et en mĂȘme temps, mantenant qu’il avait quittĂ© le canal et s’était jurĂ© de ne pas y revenir, sous aucun prĂ©texte, Ă©tait-il sĂ»r d’avoir bien vu ? D’avoir bien tout compris ? Et s’il s’agissait d’une blague, ce qui Ă©tait d’ailleurs probablement le cas ? Raaah, tout cela devenait dĂ©cidĂ©ment bien trop complexe pour un petit enfant de quinze ans seulement.

Pourtant, la gravité de la situation était bel et bien extraordinaire. De nombreux services de renseignement, et en premier lieu les jashuriens, auraient payé cher pour savoir tout cela.
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Récit de deux visions spirituelles opposées



CONTEXTE

Toute cette histoire commença lorsque parmi ses derniĂšres dĂ©cisions, le pape nomma deux cardinaux en PoĂ«toscovie. De lĂ , s'enchaĂźnĂšrent alors mille rĂ©cits donc, pour la plupart, l'aspect rĂ©el et celui fictif s'entrecroisent tant qu'ils en deviennent indiscernables. C'est en 2016 que dĂ©bute alors vĂ©ritablement cette scission religieuse parmi les croyants de l'Église catholique en PoĂ«toscovie.

De longue date dĂ©jĂ , la nation littĂ©raire se trouvait ĂȘtre le théùtre de conflit spirituel plus d'importance somme toute relative. Le Parti Lovecraftien, d'extrĂȘme droite assumĂ©e et revendiquĂ©e, ayant pour hĂ©ritiers des collaborationnistes et colonialistes, arriva au pouvoir en 2015, et l'oncle matte alors tu leur rĂ©ussite Ă©tait dĂ» alors influence sur des sectes implantĂ©s partout dans le territoire. Nous savons dĂ©sormais que l'actuel PrĂ©sident de la RĂ©publique, SĂ©bastien Tesson, Ă  effectivement toujours baignĂ© dans ce milieu oĂč le Culte de Maldoror a toujours façonnĂ© les esprits. On dit, mais cela n'est que rumeur, que l'homme politique fut mĂȘme durant un temps proche de l'un des leaders de ce qui s'apparente dĂ©sormais Ă  une mafia dans le sud de la PoĂ«toscovie.

De nombreuses enquĂȘtes journalistiques tendent aujourd'hui Ă  dĂ©montrer les diverses magouilles effectuĂ©es par le chef de fil de l'extrĂȘme droite avec le soutien des diffĂ©rentes sectes du pays. Pire encore, certains soumettent l'hypothĂšse que le Parti Lovecraftien aurait organisĂ© une aliĂ©nation spirituelle de toute la sociĂ©tĂ©.

Depuis le dĂ©but du siĂšcle, on observe en effet une multiplication phĂ©nomĂ©nale des dĂ©rives sectaires, notamment dans la partie sud du pays, et contre lesquels les autoritĂ©s n'ont pas luttĂ©. En outre, il a Ă©tĂ© rapportĂ© que nombre de ses organisations faisaient la promotion de SĂ©bastien Tesson lors de sa campagne prĂ©sidentielle en 2015. La secte tentaculaire la plus importante en PoĂ«toscovie, le Culte de Maldoror, est elle-mĂȘme une branche non dĂ©clarĂ©e et non officielle de l'Église catholique, interprĂ©tant les dogmes Ă  sa maniĂšre et faisant l'apologie d'un traditionalisme souhaitant revenir aux "fondamentaux que constitue l'Ancien Testament".

C'est dans ce cadre bien précis que l'on peut observer récemment une haine véhiculée par des mouvements entiers de fidÚles, contre les communistes comme contre les homosexuels, contre les immigrés comme contre les femmes.

Pour lutter contre ce flĂ©au, la RĂ©publique le PoĂ«toscovie Ă  ĂŽtĂ© de multiples restriction imposĂ©e Ă  la religion catholique depuis la pĂ©riode coloniale. Craignant que les mouvements sectaires remplacent une foi plus mesurĂ©e et conforme Ă  l'interprĂ©tation qui en est donnĂ©e par l'Église actuelle, il fut ainsi dĂ©cidĂ© d'aider les autoritĂ©s religieuses Ă  restaurer la paix et le calme pour la spiritualitĂ© constitue le fondement.

Toutefois, aujourd'hui, le pays observe environ la moitiĂ© des croyants ĂȘtre par ailleurs embrigadĂ© dans des sectes rĂ©actionnaires donnant une interprĂ©tation de la Bible laisse en place Ă  la haine de l'autre et Ă  l'intolĂ©rance de toute diversitĂ© culturelle, religieuse, sociale, biologique et cetera. Deux courants catholiques s'opposent alors : d'un cĂŽtĂ© celui du progressisme, luttant pour un idĂ©al social et ouvert Ă  tous, de l'autre celui du traditionalisme, faisons la promotion d'une politique identitaire, raciste et conservatrice.

Alors que la PoĂ«toscovie est actuellement coupĂ© en deux temps territorialement que politiquement, les tensions religieuses viennent renforcer ce sentiment de scission dĂ©jĂ  existant. Ne pouvant se rĂ©soudre Ă  apporter son soutien Ă  un progressisme quoi que plus en phase avec les idĂ©es de l'Église, mais proches des milieux rĂ©volutionnaires voire anarchistes et de la PoĂ«toscovie DĂ©mocrate, le Pape pria donc Armand Delacroix, cardinal progressiste de faire revenir la stabilitĂ© religieuse en PoĂ«toscovie. Cependant, face Ă  l'insistance du pouvoir en place et des fidĂšles aliĂ©nĂ©s par une idĂ©ologie plus radicale encore du catholicisme, il somma Ă©galement Hector de Sollenbourg d'observer les milieux d'ultra gauche pour lui, en tant qu'oeil avisĂ© du conservatisme pontifical.

Il est évident que le Saint-PÚre voulu par cette décision montrer son attachement au diversité des dogmes, et qu'il souhaitait que les deux cardinaux s'entendent pour apaiser la situation. Cependant, la réalité est tout autre puisque débouche alors de tout cela une forme de guerre religieuse et idéologique au sein de laquelle les deux conseillers papaux joueront chacun un rÎle important dans les tentatives d'entrave des projets de l'autre.

Au milieu de cela, la nation voit croĂźtre une minoritĂ© insoupçonnĂ©e : l'Arenisme. Les bons rapports diplomatiques entre la PoĂ«toscovie et la CitĂ© du DĂ©sert se voulant faire la promotion d'une stabilitĂ© internationale et d'une coopĂ©ration au-delĂ  mĂȘme des frontiĂšres, l'immigration a repris de plus belle. EncouragĂ©e par le Parti Zolien et plus gĂ©nĂ©ralement par la PoĂ«toscovie DĂ©mocrate, les conservateurs voient d'un trĂšs mauvais oeil ces flux importants de population. LĂ  oĂč la chose rend l'affaire encore plus complexe, c'est que l'Arenisme ne se veut pas opposĂ©e d'autres, au contraire celle-ci se veut complĂ©mentaire Ă  d'autres religions, qu'elles soient le Christianisme, le JudaĂŻsme, l'Islam ou encore le Bouddhisme. Le seul impĂ©ratif reste, Ă©videmment, de considĂ©rer la ProphĂ©tesse comme l'un des saints – ou Ă©quivalent – de l'autre confession. Quoique l'on puisse s'attendre Ă  ce que les traditionalistes considĂšrent ces pratiques comme hĂ©rĂ©tiques, ceux-ci voient au contraire en cela une opportunitĂ© de convertir davantage Ă  leur interprĂ©tation des dogmes. Le Culte de Maldoror, pour ne citer que lui, considĂšre la ProphĂ©tesse ArĂ©niste comme Ă©tant l'un des saints les plus importants de la religion catholique.

RÉSUMÉ : Depuis toujours, l'extrĂȘme droite poĂ«toscovienne s'appuie sur l'aide de sectes Ă  des fins politiques. La prĂ©sence de deux cardinaux aux engagements opposĂ©s, nommĂ©s dans l'optique d'apaiser la situation, se rĂ©vĂšlent en rĂ©alitĂ© ĂȘtre au coeur d'une guerre religieuse. Cela s'ajoute aux tensions politiques prĂ©-existentes en PoĂ«toscovie. En outre, les minoritĂ©s appartenant Ă  l'Arenisme sont perçues comme de potentiels fidĂšles Ă  convertir absolument, notamment par les rĂ©actionnaires et bien qu'ils s'expriment contre l'immigration.



LES PERSONNAGES

Armand Delacroix

Armand Delacroix est un jeune cardinal dont le passé révolutionnaire n'a pas manqué de faire réagir dÚs sa nomination. Bien plus modéré que durant sa jeunesse, et ayant toujours été un parfait fidÚle comme un parfait homme d'église, il réussit alors à réunir sous son aile toutes les nuances de progressisme religieux et politique.

Quoiqu'il ait parfois Ă©tĂ© critiquĂ© pour sa faible implication dans sa lutte contre les idĂ©es d'extrĂȘme droite, il affirme que son rĂŽle n'est pas celui d'un guide spirituel mais bien celui d'un homme dont la volontĂ© est de bĂątir une union entre les croyants de PoĂ«toscovie contre les inĂ©galitĂ©s sociales.

Depuis qu'il fut nommĂ©, Armand Delacroix fut une fois l'objet d'une tentative d'assassinat, empĂȘchĂ©e par la SĂ©curitĂ© d'État de PoĂ«toscovie.


Hector de Sollenbourg

Hector de Sollenbourd est un ami et proche conseiller de SĂ©bastien Tesson. NommĂ© cardinal de PoĂ«toscovie afin de reprĂ©senter le visage rĂ©actionnaire de l'Église et dans l'optique de trouver un compromis venant apaiser les tensions, Hector de Sollenbourg devient finalement une figure du traditionnalisme religieux et de la volontĂ© d'inclure le dĂ©bat religieux au coeur de l'expression mĂ©diatique.

Adepte de nombreuses théories racistes, homophobes, transphobes et phallocrates, Hector de Sollenbourd s'illustre également par la violence de ses propos vis-à-vis de l'immigration et de certaines minorité.
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