03/07/2018
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Activités étrangères à Carnavale - Page 10

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Le problème à trois corps

Manticore. Au seuil de la seconde décennie du IIIe millénaire, plusieurs nations démocratiques, sous l'impulsion du Royaume de Teyla et de la République Faravienne, organisent en son temps la plus grande conférence intercontinentale depuis des années. Elle aboutit, en avril 2012, à la signature de la Charte de l'Organisation des Nations Démocratiques. Divisée en deux traités : le Traité de Manticore, qui créé le Conseil Général ou encore le Sécrétariat-Général de l'Organisation, et le Traité de Bandarhan, qui fonde le Conseil Militaire organisant la fonction défensive de l'OND. La Charte a depuis été renforcée de trois autres traités et conventions : le Traité de Bandarhan sur le renseignement d'août 2015, le Traité de Norja ou "critères de Norja" d'avril 2016 redéfinissant les critères d'adhésion, et la moins connue Convention d'Akrak de juillet 2014 fondant l'agence spatiale onédienne. Aujourd'hui renforcée par un total de 8 pays dont plusieurs des 10 plus grandes économies du monde, l'OND a rapidement organisée une restructuration profonde des relations internationales mondiales, sortant le monde de son bipolarisme ONC-Liberalintern et faisant un temps - avant le redressement de l'Alguarena, l'émergence de Velsna ravivant l'ONC et l'impérialisme Kah-tanais redonnant une raison, et une direction, à un ONC en létargie suite à l'effondrement Pharois - craindre l'arrivée d'un unilatéralisme aujourd'hui lointain.

La fondation de l'OND visait entre autre comme ambition la promotion de la démocratie et des droits humains mais aussi la stabilité à l'internationale et la tentation de pouvoir entraîner dans son sillage une refonte de l'ordre - il serait faux de parler de système - vers un ordre légal et non uniquement régit par le rapport de pouvoir.

Il n'a guère fallut attendre longtemps avant que l'organisation ne rentre réellement sur la scène internationale. Dès août 2012, la situation pour l'OND se dégrade et provoque le "tournant eurysien" qui a très longtemps dirigé l'Organisation. Le 8 août 2012, deux citoyens teylais sont assassinés par la Loduarie Communiste sur l'ancienne frontière entre les deux pays, entraînant une soudaine hausse des tensions, militarisation de la frontière et entrée de l'OND sur la scène internationale. En janvier 2013, l'OND est marquée par deux évènements « traumatisants » au Paltoterra et en Eurysie qui marqueront définitivement, davantage que le réveil provoqué du 8 août 2012. Successivement, la guerre en Communaterra qui commet alors un quasi-génocide sur sa population avec intervention kah-tanaise d'une part, et intervention de la Loduarie Communiste au Kolcovo avec survol de pays voisins et menaces à peine voilée traumatisent les pouvoirs publics. Cette succession de crises stratégique, pour la première fois de l'histoire de l'organisation encore jeune, témoigne de sa fragilité sur son propre sol à la fois en Eurysie et au Paltoterra. La situation atteint son paroxysme en juillet 2013 avec le vote, le 31 juillet, de la Résolution n°78 demandant le retrait des forces loduariennes de Zladingrad au Kolcovo et de la cessation des hostilités contre la Translavye afin d'éviter une guerre régionale dans une situation qui se déstabilise. La phase "calme" de l'OND n'aura durée qu'un an. Elle aura été courte, trop courte pour l'Organisation forcée à se façonner par les menaces effectives qui pèsent sur elle et sur la menace ressentie qu'elle provoque, en particulier du côté de la Loduarie Communiste.

La réaction des administrations onédiennes, principalement portée par l'administration tanskienne - avant le rattrapage teylo-sylvois qui amènera à un profond changement d'orientation politique - imprime d'abord un axe qui se veut modérer. L'intervention en Translavie, au mois d'août 2013, n'aboutit pas à la guerre contre la Loduarie pourtant crainte mais à la fondation de deux pays distincts dont la République Translavique sur laquelle nous reviendront. Les menaces du Communaterra contre Sylva n'aboutissent pas non plus à une opération sur place. Enfin la mort de 3 pilotes teylais tués par un croiseur loduarien en décembre 2013 n'entraîne pas non plus de guerre contre la Loduarie mais un accrochage donc chaque camp se sortira vainqueur. A la marge, il est aujourd'hui reconnu que les progressistes et fédéralistes tanskiens ont permis de limiter les risques de guerre, en partie soutenu par un royaume teylais encore peu confiant en ses forces militaires face à la Loduarie Communiste. La situation renforce sensiblement l'unité de l'Organisation qui trouve un ennemi commun malgré les distances géographiques importantes entre les Etats. Malgré elle, la Loduarie lui donne une raison de vivre suffisante, un véritable moteur qui pouvait sembler manquant jusqu'à lors. Dans cette époque, les études se multiplient sur toutes les dimensions, pour compter les actes soviétiques, pour tenter de percer la personnalité de Lorenzo, le dictateur Loduarien, ou des penseurs translaves et communaterriens, pour comprendre la « psychologie » de ces systèmes politiques.

A partir d'août 2013, l'Organisation estime qu'elle est « entrée à rebours » et par la force sur la scène internationale. Des phénomènes considérés comme d'un « autre âge », du siècle précédent. Le rapport de force prime et la volonté d'agir par la raison, l'escalade ou la désescalade mesurée et progressive échouent. Les retours successifs en Loduarie, en Kolcovo, en Translavie puis au Valkoinenland sont marqués par des relations tendues avec certaines grandes puissances notamment le Pharois. Les tentatives de normalisations avec le Grand-Kah échouent dans cette même période. La guerre civile velsnienne, qui laisse entrevoir le géant économique qui naît marque aussi une impossibilité à façonner une issue positive au conflit et un quasi-blocage face aux interventions extérieures aux portes de Teyla et de Tanska. A l'inverse, la construction étatique en Translavie porte ses fruits dès 2014, la RT dépassant rapidement son équivalant communiste. Le même procédé de démocratisation trouve lui aussi un écho, d'abord temporaire à Kønstantinopolis, puis permanent deux ans plus tard avec la République de Nordlig-Kors.

A travers ces retours se donne à voir une structuration de cette première moitié de décennie en deux principales périodes. Avant et après 2013, puis jusqu'en 2016. Elle permet aussi de repérer des « moments » autour d'événement saillants : Juillet-2012 et le Code Humanitaire tanskien, qui laisse envisager les futures interventions humanitaires de l'Organisation ; les chocs de Janvier-2013 et ses conséquences ; La guerre de Translavie de l'été 2013 ; l'effondrement Pharois en 2014, etc.

La première séquence qui structure la décennie précédent janvier 2013 est de courte durée. Elle ne s'étire que sur trois années entre 2010 et 2012 et a pour épicentre les lieux habituels de pouvoir eurysiens : Loduarie, Pharois. Les pays de l'OND promeuvent alors une politique qui se veut la plus constructive possible et notamment favorable à la démocratisation des mœurs aussi bien en interne qu'à l'international. Elle se termine tout au long de l'année 2013 par le traumatisme initial et l'entrée en action avec les premières interventions. C'est aussi pour l'OND personnalisé par la première Secrétaire Générale, Madeleine Skolgund, qui démissionnera à la suite de l'affaire du croiseur loduarien mais qui entraîna dans son sillage le « wagon onédien ». Cette première séquence voit aussi néanmoins apparaître très rapidement un tournant encore discret qui amènera à une inflexion progressive des choix stratégiques : la critique virulente naissante de l'organisation dans toutes ses actions. Elle laisse également entrevoir la constitution d'axes presque en partie dédié à la lutte contre l'OND, l'ONC n'étant plus alors qu'un acteur protégeant son simple commerce.

Cette première séquence trouve aussi sa fin dans un événement structurant pour la suite de la chronologie et qui résulte d'une redéfinition de la politique étrangère du Grand Kah dont la formulation explicite par l'intervention au Communnaterra et, sans l'avouer, au Gondo, témoigne déjà du virage entrepris. Ce raidissement par un interventionnisme marqué du Grand-Kah, combiné avec l'effondrement Pharois - déstabilisant pour deux ans le Liberalintern et faisant craindre un effacement -, la perte des régimes communistes Kolcoviens et Translaves, le caractère « fratricide » de l'invasion du Communaterra, trouve ainsi ses premières manifestations stratégiques. Alors encore éloigné dans les faits, le spectre d'un nouvel affrontement global entre une Loduarie potentiellement assisté du Grand Kah et l'OND ne disparaît ainsi plus de l'horizon stratégique. D'autant que Velsna, après la moindre tempête de sa guerre civile, sort de la politique de « profil bas » mené par l'ancien pouvoir et se montre plus entreprenante sur la scène internationale - et très largement incomprise par plusieurs pays de l'OND dont Tanska. Déjà, Tanska et Teyla s'inquiétaient des ambitions velsniennes - sentiment aujourd'hui disparu -, notamment en Manche Blanche où l'hypothèse d'une intervention dans la guerre civile fut un très long débat qui ne mena finalement à rien. Le Grand Kah constate lui qu'il a en réalité profité des engagements onédiens en Eurysie septentrionale et orientale pour accroître son influence dans sa partie centrale. Il renoue avec la croissance et les grands projets d'expansion. De son côté, l'Alguarena poursuit une politique fortement mercantile tournée vers l'exportation d'armement qui nourrit son économie et la maintient très largement première du monde, sans pour autant alimenter un agenda politique ambitieux. Il est le grand absent de cette politique de la première moitié de la décennie. En 2015 puis 2016, le PNB de Velsna dépasse ceux de Tanska, Sylva, du Jashuria puis de Teyla, et elle devient donc la troisième puissance économique mondiale.

Cette séquence s'articule aussi étroitement par la perspective possible de guerres entre grandes puissances. Les interventions onédiennes au Valkoinenland et plusieurs pratiques de pressions (notamment au large de la mer Blême, semblent montrer que le modèle de l'OND est en crise (peine à convaincre), aiguisant tant les appétits que les craintes. « Stoper l'OND » ou encore « ONDdégage » font leurs apparitions. Cette phase, marquée par la rivalité inégale Loduarie-OND, trouvera son remède à nouveau dans la faible volonté de guerre de Tanska malgré certains « néocons » au sein de l'OND. Le Grand-Kah et le Liberalintern ne sont pas encore la question qu'ils sont en 2018. Carnavale n'existe pas vraiment. Touteefois, ce risque de guerre majeure génère une profonde inquiétude quant à la manière de répondre à la situation chaotique qui en résulte, mais aussi renforce l'idée d'une entrée à rebours de l'OND dans l'histoire. Le « bouleversement légal » n'aura pas lieu. Beaucoup trop d'Etats influents se confortant voir alimentant le chaos général. Loin d'entraîner une vague stabilisatrice, la perception de l'OND comme une menace pour les autres, et pour l'OND la perception d'un monde en majorité hostile à sa simple existence pourrait alors faire le lit d'une guerre eurysienne sinon mondiale qui trouve beaucoup de soubresauts et d'évitements parfois de justesse, surtout en 2014 et 2015.

2014, après l'année mouvementée de 2013, marque le tournant progressif, confirmé en 2015, du renforcement d'un courant interventionniste de l'OND sur la politique modérée tanskienne. Economiquement, Teyla et Sylva surclassent largement Tanska, les capacités militaires suivent également et effaceront progressivement Tanska de sa position de première armée de l'OND. Teyla insuffle un nouveau courant marqué par une très large ouverture, c'est la doctrine de l'« enlargement ». Elle devient une puissance diplomatique de premier ordre, l'appareil teylais fait du royaume un « orchestrateur de réseaux » dont la finalité est de susciter, maintenir et renforcer les connexions à travers le monde. Karty, Lermandie, Hostaline, Westalia, Wanmiri et même Velsna sont autant d'exemples de rapprochement. Pour Sylva, c'est aussi les rapprochements avec Drovolski par exemple. Loin de promouvoir un presque entre-soit et une diplomatie discrète, la méthode est celle de la promotion et de l'organisation d'alliances à travers le monde. Le projet consiste également à s'appuyer sur les institutions existantes en particulier en Aleucie autour de la Westalia et de la Lermandie. Teyla et Sylva cultivent une certaine culture du « soft power » qui trouve brièvement un fort écho mondial. Un rapprochement organisationnel avec l'ONC et avec le Liberalintern sont également envisagé, sans succès. Mais c'est une lente parenthèse car la crainte de l'OND monte fortement dans des voix parallèles. Perçu comme le sommet de l'OND, qui se sent alors première organisation du monde à l'aube de 2016, elle ne va devenir qu'une parenthèse entre la première séquence, marquée par le choc initial, et la troisième, marquée par la guerre.

En parallèle de cette diplomatie d'ouverture, l'OND suit un programme d'expansion et de modernisation de ses forces armées conséquents. Les forces armées onédiennes se font la démonstration de leurs capacités et surclassent progressivement plusieurs acteurs historiques. Le ressentiment croit. La peur n'avait elle jamais disparue. La Loduarie a longtemps obnubilé l'Organisation jusqu'à son effondrement partiel en 2016. L'affaire du sous-marin - selon la rumeur coulé par Caratrad - témoigne des risques pouvant être pris mais aussi de la domination onédienne. Le Grand Kah est restée une question sans réponse et même sans articulation réelle. Rival, adversaire, potentiel allié, la situation oscille comme un pendule. L'oscillation velsnienne - principalement nourrie par Tanska et Caratrad - finit progressivement par s'estomper. Les critiques pleuvent mais ne trouvent pas réellement leur élément de centralisation. Elles sont déstructurées. Pire, elles ne sont pas réellement prises en compte, balayées d'un revers de la main par une forme d'hubris qui gagne la plupart des gouvernements onédiens de Tanska à Faravan.

La dénonciation morale des « bad guys » par l'OND est aussi au cœur de l'activisme international de l'OND. Les critiques vont bon train, notamment en Eurysie centrale et orientale ainsi qu'en Aleucie. La question de la peine de mort est exploitée au Valkoinenland (avec réussite) mais est ignorée dans l'Empire du Nord. Et sans le voir, les initiatives onédiennes se heurtent à de nombreux obstacles. Certes, les processus de démocratisation trouvent des réussites en Translavie puis en Nordlig-Kors - les critiques impérialistes sont ignorées. Tanska parvient en trois missives à faire cesser l'esclavage en Novyavik. Teyla entraîne des réformes constitutionnelles progressistes en Karty et s'engage elle-même sur un certain nombre de changements internes. A l'inverse, l'Empire du Nord est critiqué pour sa gestion de ses anciennes colonies en Afarée. Teyla fait face à des difficultés dans son modèle social et peine à convaincre plusieurs pays - la non-adhésion de Gallouèse restera longtemps un échec de la vision idéaliste onédienne -, Tanska est visée pour son « impérialisme », Caratrad est visée par des critiques sur son économie stagnante, Faravan est régulièrement ignorée des initiatives afaréennes.

Parallèlement à ces événements structurants et à ces deux périodes, la décennie est travaillée par deux mouvements de fond qui vont exploser au grand jour au tournant de l'année 2017. Le premier tient à l'expansion et à une forme de « radicalisation » - le terme serait à retravailler - du monde communiste. Elle s'exprime dans les interventions et actions à l'étranger du Grand-Kah qui renforce par exemple son influence en Mahrénie et en Kaulthie, mettant en place une grande emprise en Eurysie centrale. Elle se trouve aussi dans cette vague rouge qui essaime la décennie. Il s'agit d'une part de révoltes et révolutions. Qu'elles soient non-violentes, marquée par des interventions extérieurs (Kolcovo), échouent comme le soulèvement des grévistes velsniens qui fit longtemps craindre en Teyla une « Velsna rouge », ou surprenantes de vitesse (Altrecht). Il y a de plus l'émergence d'importantes puissances socialistes, communistes ou communalistes. L'Estalie est en quelques années devenues l'une des principales économies et armée d'Eurysie et tente, maladroitement et principalement par la force sans bénéficier du soft-power et de l'image du Grand-Kah, d'exporter son modèle. Sans véritable succès. Les pays communistes du Nazum (bien que tardivement dans notre chronologie) s'unissent et forment la Confédération Socialiste du Nazum qui inquiète toute la région et les nations turciques. Elle devient la première puissance économique mondiale et l'une des premières démographie mais souffre encore d'une diplomatie très maladroite, d'une force armée balbutiante, d'une technologie dépassée, et d'une forme d'incohérence et d'inconsistence dans sa politique avec plusieurs crises limitant l'emprise du pouvoir.

Cette vague rouge demeure fragile. Déjà, elle ne semble avoir aucune cohérence géographique ou effet domino réel et serait avant tout alimenté d'éléments ponctuels et nationaux. Si il est aujourd'hui avéré que la révolution en Altrecht a reçu des soutiens extérieurs permettant son déclenchement, c'est un cas isolé. Ensuite, elle n'a pas réellement de véritable colonne idéologique, tout comme le camp libéral n'en a pas. Le terme vague rouge est une expression conservatrice construire par plusieurs mouvements d'oppositions. Les frictions entre Grand-Kah et Loduarie en leurs temps, les interventions communistes et communalistes en Translavie et Communaterra rendent caduques l'idée d'un monde rouge uni. Surtout, les pays socialistes sont traversés par plusieurs pôles concurrents ou pouvant amener à le devenir notamment en cas de prétentions multiples à en être le phare. Pour plusieurs nations, cette tendance de fond inquiète largement et suscite plusieurs critiques. Mais celle envers les actions du Grand-Kah, qui reconnait de plus en plus son impérialisme trouvent leur réponse dans la critique de l'OND. Plus efficace, plus ciblée, elle est aussi mieux inscrite dans la durée et bénéficie d'un public plus large. L'Estalie, qui perçoit dans les interventions onédiennes une forme d'ingérence et d'influence parfois dans son étranger proche (Translavie) devient rapidement une des nations leader de la critique de l'OND dans ce milieu de la décennie.

L'ampleur du second mouvement sur l'ordre international est lui fondamental pour le restant de la décennie : dévoilé par le phénomène d'émergence des capacités destructrices, portée par le génocide carnavalais d'Estham et de Qabalie qu'il réveille au grand jour, il s'agit de l'inaction internationale. L'émergence des armes de destructions massive court depuis le début de la décennie mais a été ignoré. Elle est entré par la grande porte du massacre de deux millions de civils à Estham en Aleucie, et de centaines de milliers de Qabaliens en Afarée. C'est un traumatisme réel pour l'Empire du Nord et pour l'OND. Un Etat longtemps ignoré, dans une situation économique afable, retardée sur la plupart des points des droits humains et des libertés, qui trouve dans le transhumanisme et la transformation des corps un techno-solutionnisme inexistant l'amenant à se penser enfant de dieu, tue, du jour au lendemain lors de la veillée de Noël, plus de deux millions de personnes.

La réaction au génocide d'Estham est éparse, peu unanime, et cible parfois autant l'OND, jugée responsable, que Carnavale. Le premier tir balistique de Carnavale à l'encontre de l'Empire du Nord est ignoré. Le génocide carnavalais de la Qabalie provoque une large indifférence, y compris en Afarée et dans les pays socialistes. La tentative par l'Empire du Nord et Sylva de stopper ce génocide ce solde par un combat aérien près de Carnavale. Aucun civil Carnavalais ni aucune institution carnavalaise ne sont touché. En réalité, aucune bombe n'a touché Carnavale. Pour autant, aux yeux de nombreux pays, cette bataille aérienne provoquant des pertes équivalentes (de l'ordre de la dizaine de pilote de part et d'autres), justifie le massacre de deux millions de civils. Il dévoile l'inaction complète de la société internationale - en réalité inexistante. Vient ici le second traumatisme pour l'OND. A l'exception d'une poignée de pays, il n'y a aucune unité de vue entre les différents protagonistes internationaux et moins encore de soutien à résoudre la question carnavalaise. La ligne de faille entre intérêts nationaux et droits humains trouve ici sa réponse, elle choque l'OND. L'intervention onédienne, décidée logiquement dans la foulée, provoque une réaction similaire et accroit les critiques à l'encontre de l'OND. Les Onédiens tendent à se regrouper autour d'Estham afin de défendre ce qu'ils considèrent comme leurs valeurs centrales susceptibles de vaciller face aux périls incarnés par Carnavale et qui vient de tuer deux millions de civils. A leurs yeux, rien ne saurait être plus juste.

Le Noel-2016 est un choc impossible à décrire. Non seulement l'Empire est touché sur son propre sol, mais c'est sa capitale que Carnavale tente alors de rayer de l'histoire. Les images de corps, presque intacts, jonchant le sol font le tour du monde et tournent en boucle sur la télévision impériale pendant des semaines. Elles contrastent avec celles de la libération de Kønstantinopolis ou d'Anapole quelques années plus tôt qui apparaissait comme une victoire de l'OND. Le sentiment est ici celui du « viol » d'un pays, et de la castration, ce qui conduit à une volonté de masculinisation par la guerre et une volonté de projection par l'Empire. Pour les autres Etats membres, le soutien est immédiat, total, justifié. Ils payeront les dettes impériales et la reconstruction. Le vocabulaire qui revient est celui d'une cavalerie venue sauver deux facettes du monde. La victime, par l'aide apportée à Estham (renvoyant aux précédentes actions humanitaires), et la future victime, en préservant le monde de la menace Carnavalaise. Il faut faire la chasse à l'inhumain. Il faut punir mais aussi prévenir pour que cela ne survienne plus jamais. Les gouvernements onédiens sont hantés par leur incapacité à avoir su protéger leurs citoyens d'un Noel-2016. Caratrad construit des bunkers pour toute sa population, Tanska évacue des millions d'enfants, Teyla se prépare au cataclysme. L'OND renforce son exceptionnalisme par une guerre jugée juste parmi les justes et elle se présente en victime qui doit obtenir un soutien mondial face à une menace existentielle. Elle n'obtiendra pas ce soutien, ce qui amènera à un second traumatisme, plus marquant dans son action que Noel-2016.

La décision pour l'OND d'agir en commun et de procéder à une campagne aérienne jamais vu auparavant, suivi par une invasion terrestre d'une ampleur très limitée, participe de ce mouvement qui se traduit par une volonté, initialement discutée notamment sur l'invasion, de protéger la communauté des Etats démocratiques blessée en son cœur et qui observe avec effroi son isolement. Le troisième problème débute ici. L'idée de créer une communauté des démocraties remonte à la raison d'être de l'OND. Elle avait été inscrite dans le mandat de Skolgund et cette dernière s'était efforcé de la créer. Mais elle a été incapable de produire des politiques efficaces. L'appel à cet communauté plus large, porté par un Empire du Nord qui cherche autant à se relever qu'à se venger, témoigne alors de la fragilité du mouvement.

La victoire principale attendue, non pas la défaite militaire de Carnavale, mais la réponse unanime de soutien à sa nécessité, ne vient pas. Les démocraties ne répondent pas. L'incapacité à produire cette unité entre les différentes démocraties se couple à la (re)montée en puissance du Liberalintern. Il y a un passage de relais. Si, à l'entrée de la décennie, des mouvements eurysiens isolés se sont accaparés la critique de l'onédisation du monde dans son versent idéologique et en partie social, Carnavale et une partie du Liberalintern, avec des soutiens annexe de moindre importance, tendent à monopoliser cette dénonciation à partir de 2017. Mais il faut ici noter une différence centrale. La seconde critique, portée par le Libéralintern, porte sur une action dont l'OND sait la fragilité - et dans laquelle elle n'est pas impliquée en tant qu'organisation mais affiliée par une simplification intellectuelle de premier plan -, l'action teylaise en Hostaline. Le « consensus du Liberalintern » est alors une alternative au « consensus onédien ».

Prendre la propagande carnavalaise comme la principale critique de l'OND est une erreur de nombreuses chancellerie. A quelques rares cas près, la critique carnavalaise ne trouve en réalité pas preneur. Les Etats sont silencieux mais ne critiquent pas l'action onédienne à Carnavale que la plupart jugent légitime. Pour autant, l'OND va critiquer ce silence et atteindre ici un capital sympathie auprès de plusieurs pays. Le soutien Teylais à l'Hostaline (pourtant agresseuse), visée par une large coalition du Liberalintern en réponse (dont les objectifs militaires dépassent largement la frappe en Altecht et qui cherche en réalité le changement de régime pur et simple), est la réelle cause de cet effondrement du consensus onédien. Il repose non pas sur la non-ingérence, le Liberalintern ingérant largement dans les affaires intérieures de plusieurs pays, mais en la présentation d'un contre-modèle qui se présente comme plus vertueux que celui de l'« OND », prise en porte-à-faux en Hostaline. L'OND est entre guillemets parce qu'il faut à nouveau rappeler qu'elle n'intervient pas en Hostaline; L'activation de l'article 9 par ailleurs n'entraîne pas non plus d'action onédienne mais une possibilité pour les Etats membres d'agir de concert. La seule action onédienne commune, permise par l'article 5, se situe en Carnavale. L'incapacité des Etats membres à faire comprendre cette séparation illustre alors tout le problème majeur de la diplomatie publique onédienne.

Avec Carnavale, l'OND entre dans une phase qui expose au grand jour l'échec de sa capacité à convaincre par la diplomatie et elle se doit alors de passer par les armes. Il n'y a pour autant aucun essoufflement de sa puissance militaire en tant que telle. L'OND n'entre pas dans Carnavale-city parce qu'elle ne le souhaite pas. Elle ne rase pas son industrie uniquement pour éviter les pertes civiles mais dispose très largement de la possibilité de le faire. L'aviation carnavalaise a été balayée. Aucune autre ville n'a été rasé par Carnavale après la destruction de son appareil balistique. La Cramoisie, qui pourrait être aisément envahie permettant la libération de la Qabalie ne l'est pas suite à des demandes afaréennes et notamment Azuréennes. L'OND peut se permettre en parallèle d'autres actions, symbole de sa capacité militaire très étendue. Sur le plan terrestre, un nombre limitée de forces ont été mobilisées. Plusieurs porte-avions sont encore disponibles.

La Westalia rejoint l'organisation dans cette période. L'OND ayant été capable de justement condamner Stérus, Sylva et Teyla de s'en éloigner, et de soutenir la Lermandie dans cette affaire ce qui a aidé à attirer le soutien Westalien en vue d'une adhésion que l'implosion de l'architecture régionale aleucienne rendait plus évidente. Ce processus de régionalisation trouve de son côté deux réussites partielles et différentes. En Afarée, il se concentre sur la question de la Qabalie/Cramoisie, autour d'une diplomatie azuréenne particulièrement ambitieuse et qui mobilise avant tout des logiques continentales et décoloniales, avec succès. En Afarée, elle se met en place au travers des logiques de blocs centré autour de la Confédération Socialiste du Nazum, des nations Turciques, et du cercle d'influence de la Jashurie. Revenons à l'OND.

Sous l'effet de l'intervention en Carnavale, l'OND semble redécouvrir l'empire. Non pas pour elle-même - il n'y a pas de volonté de conquête de Carnavale -, mais aux yeux des autres. L'Hostaline va exaspérer ce sentiment notamment avec les ruptures de Teyla avec Karty et la Lermandie. pour les critique de gauche, Teyla - et donc l'OND par facilité intellectuelle et volonté d'affaiblir l'organisation -, ils incarnent la domination du monde qu'ils veulent exercer à travers le monde. Pour une partie des intellectuels de droite, ils incarnent surtout une tentative d'imposer des valeurs libérales, démocrates, décadentes. La surréaction perçue de l'administration teylaise réveille cette peur du modèle impérial. A l'inverse, ce même modèle pourtant vivace au Grand-Kah ne réveille de son côté personne, camouflé par un statut de protecteur que lui permet la défense initiale de l'Altrecht et la dénonciation de l'OND. Tout cela en accentue la portée dramatique. La puissance de l'OND apparait fragilisée sur les plans financiers (investissements dans les armes), opérationnel (mobilisation forte de moyens en Carnavale, mais faibles pertes) et politique (légitimation extensive du recours à la force suscitant de violentes critiques). Elle ne l'est en réalité que dans son image publique, permise par une diplomatie publique mal considérée et mal appliquée, un discours parfois différend entre les pays, et une mauvaise image construite par couche successive depuis 2012 qu'un génocide n'aura qu'à peine effleuré.

PSil me fallait juste un titre, ça m'a fait marrer, pas sur qu'il veuille dire grand chose pour autant
6657
sdf

Le Norjien INTERNATIONAL - Carnavale

Faire la paix avec le Diable

Dans une tribune au Norjien, Madeleine Skolgund, ancienne Secrétaire Générale de l'OND (2012-2013) et actuelle maire de Norja revient sur la guerre en Carnavale et en Eurysie centrale.

Par Madeleine Skolgund (Norja),.




Depuis désormais des mois, la presse carnavalaise s'adonne à tout une série de caricatures et de portraits visant à faire des dirigeants, des gouvernements et parfois des civils onédiens l'ennemi public mondial n°1. En avoir tué plus de deux millions n'a vraisemblablement assouvi aucune soif de sang parmi ces derniers. Au sein de l'OND, Carnavale est l'ennemi public national n°1. La question du sort du gouvernement Carnavalais ne fait pas vraiment l'objet de discussion. L'OND s'est abstenu de l'éliminer mais n'en débat pas pour autant. Carnavale, comprendre ici ses élites politiques personnifiée en une vague entité dénommée Carnavale au sein de laquelle la population semble avoir été soustraite à toute capacité de réflexion et d'action politique, est le Diable en personne.

Depuis désormais plus d'un an, la rhétorique appelle l'OND à combattre cette figure du Mal. De son côté, Carnavale aussi appelle à combattre sa figure du Mal, la nôtre, l'OND. Il n'est pas vraiment question de la paix. A l'évoquer, « Estham » et la « Qabalie » reviennent systématiquement. Pour Carnavale, c'est l'« Armagedon't ».

L'ennemi est diabolisé, partiellement pour l'OND envers Carnavale, entièrement pour Carnavale envers l'OND. Pour l'OND, la justification se trouve dans le génocide de plus de deux millions de civils par Carnavale. Pour Carnavale, cela se trouve dans la volonté - présentée comme telle sans fondement - de l'OND de vouloir détruire le modèle carnavalais et avec lui son approche de la perfection. Il est ici entendu que cette version est avant tout propagée par l'élite carnavalaise qui profite de ce système. La population civile vit elle dans un amas centenaire de pollution, d'épidémie, de maladie, de torture physique et psychologique et de contrôle de la société. Nous sommes loin de la Loduarie qui était certes abordée comme un acteur irrationnel, mais qui n'était pas le Diable. Il y a un grand pas entre l'adversaire figurant dans ce jeu traditionnel des rivalités interétatiques envers lequel il y a eu des réponses mesurées, et l'ennemi face auquel la communauté politique onédienne jette une bonne partie de ses forces. Il y a également un grand pas entre l'ennemi qui est pensé au travers du conflit, latent ou ouvert, et celui qui est posé comme une incarnation du Diable et dont la destruction (réelle ou supposée, notamment de sa capacité de nuisance), apparaît comme le seul objectif raisonnable et moralement acceptable.

En détruisant Estham, Carnavale a montré qu'elle ne considérait l'OND que comme le Diable et qu'elle avait moralement acceptée que son seul et unique objectif était sa destruction, seule issue acceptable. Du côté de l'OND, si la destruction militaire de Carnavale est l'objectif assumé et moralement accepté - visant à empêcher d'autres Estham -, la destruction du Diable lui-même ne l'est pas. Toute la nuance se fait ici. L'OND ne vise pas la destruction de Carnavale. La ville et ses 40 millions d'habitants ne sont pas quotidiennement bombardés en dépit des capacités. Et après plusieurs mois, plus de 90% des civils carnavalais malheureusement tués (eux même ne représentant que 0,1% des pertes civiles d'Estham, ne l'ont été que lors du premier jour de bombardement qui a permit la destruction de l'aviation et de l'arsenal carnavalais. Autrement dit, le Diable vendu par Carnavale ne tue pas. A l'inverse, le Diable carnavalais lui ne peut plus tuer mais à démontré sa capacité et sa volonté à le faire.

La diplomatie ici ne peut pas faire son œuvre. Elle ne peut pas parce qu'on ne traite pas avec le Diable. Qui traite avec celui qui veut nous détruire et dont toute autre issue que sa destruction ne peut assurer notre sécurité. Quelle autre sortie du conflit avec le Mal lui-même que la mise hors d'atteinte du Mal en question. Et cette mise hors d'atteinte ne peut être que sa destruction, ce qui revient non pas à faire la paix, mais à la suppression du problème à sa base permettant un retour de la paix par la suppression du problème. Là est tout le problème Carnavalais. En traitant l'OND comme le Diable qu'elle s'est jurée de détruire et dont elle a accepté moralement sa destruction, Carnavale s'empêche elle-même tout règlement de paix.

A l'inverse, l'OND, en instaurant le Diable non pas dans Carnavale mais dans sa classe dirigeante et son appareil militaire a localisé le problème dont elle considère la destruction comme la seule option acceptable. Il a été lu a plusieurs endroits que l'OND ne rechercherait pas la paix. Il n'y a rien de plus faux. Mais il faut avant cela comprendre qu'étant traitée comme le Diable par son adversaire, la paix ne lui est pas permise.

Que certains le veuillent ou non, le métier de la diplomatie est de causer. L'OND cause(ait) avec le Grand-Kah sur les questions humanitaires, cause avec Gallouèse et l'Azur sur la non-extension du conflit et tente de causer avec Carnavale pour mettre fin à ce conflit. Carnavale elle ne cause pas vraiment. Elle cause avec d'autres nations dans la seule recherche de la confirmation de son unique réalité acceptée : l'OND est le Mal et la seule moralité acceptée est de le combattre pour le détruire. Y voir une tentative de diplomatie est une faute d'appréciation lourde de conséquences. Il n'y a chez Carnavale qu'une approche narrative visant à chercher en permanence la moindre notion de soutien externe à un combat jugé existentiel contre le "Diable" lui-même, nous. Le reste est inaudible, faux par essence.

L'erreur pour mon camp, celui de l'OND, serait de se prendre à diaboliser autre chose que ce qu'elle avait justement définit auparavant. D'aller au-delà de l'élite politique génocidaire et de son appareil militaire. Pire d'appliquer cette logique à d'autres Etats.

Le véritable Diable se trouve dans ceux qui ont commis un génocide en Qabalie et à Estham, pas ailleurs. L'erreur serait la même pour ceux qui seraient tentés, ailleurs, de diaboliser l'OND comme Carnavale à pu le faire. Ailleurs, il faut s'efforcer de parler afin de débloquer une situation plutôt que de la considérée bloquée par démonisation réciproque. Il faut parvenir à une désescalade. On ne doit pas s'engager avec ce "diable" que l'on s'imagine à cause de ce qu'il fait, mais pour tenter de l'amener à ne plus le faire. Il est ici aisé de penser aux camps inculpés en Hostaline-Altrecht. C'est le cas.

La fascination qu'exerce ailleurs la guerre ne doit pas occulter que la diplomatie est un pari, mais il en vaut la chandelle. Il peut mener à un échec, bien qu'il soit difficile de définir l'échec dans une négociation - une absence d'accord qui n'entraine toutefois pas l'existence d'une guerre est-elle un échec ? un traité mal appliqué mais qui existe, forçant les parties à ne pas se faire la guerre bien qu'il y ai conflit est-il un échec ?. Ne pas traiter avec celui que l'on est tenté de considérer comme le diable serait la fin de sa propre puissance, traiter avec lui le reflet de son impuissance. Mais la réalité se trouve dans la capacité à trouver des solutions créatives, non nécessairement garanties de succès, mais cette créativité commence d'abord par considérer que le diable absolu que l'on est tenté de s'imaginer pourrait finalement ne pas l'être.

L'appareil génocidaire carnavalais a sombré dans cette diabolisation infinie. Il en a provoqué la mort de millions de civils et la guerre sur son propre sol. La paix à Carnavale reviendra quand elle pourra se construire à nouveau.

Cette situation est un appel à ne pas répéter, de part et d'autres de l'Eurysie centrale, la même erreur. Elle semble être d'une rare simplicité face au défini de l'originalité de traiter avec ce rival, cet opposant, cet ennemi d'aujourd'hui. Si l'on en vient à parler du Diable en Eurysie central, il en coûtera beaucoup de vies.
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Sybille d'Héboïdophrénia

Sybille d'Héboïdophrénia
votre
Psychologue
Psychiatre
& Psychanalyste


Grand Hôpital
Carnavale

+6660440334440
Cabinet de thérapie au 12, Allée des Charmes, Palais d'Hiver de Bourg-Léon


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Opération Surrender


On a bien le droit de vivre


Message secretInformation secrète réservée aux personnes autorisées
Cette opération s'ajoute à une longue liste d'attente, je me permets de la passer en secret pour qu'elle conserve toute sa pertinence avant un arbitrage qui n'interviendra pas de sitôt à priori. Y ont accès : Colin, Serance, Menisque. Je n'ai aucun problème à la rendre publique mais je préfère le faire après traitement des OP précédentes, qui détermineront aussi si je dois l'adapter aux résultats des OP précédentes. Contactez moi sur Discord pour toute question :)
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Quotidia, Le média de l'excellence conservatrice, informations offertes par le Groupe Falieri a écrit : 22 février 2018

Philosophie politique velsnienne et défaite carnavalaise: la démonstration de la résilience des sociétés


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La Bataille de velcal (1632, huile sur toile, Paolo Ascari)


L'année 2017 est à marquer d'une page noire dans l'Histoire eurysienne. En effet, après des années de tension entre l'organisation onédienne et la Principauté de Carnavale, l'Etat désormais considéré comme terroriste est passé à l'acte, et par le bombardement d'Estham, celui-ci ci s'est engagé dans une guerre totale avec l'organisation internationale, laquelle s'est trouvée le soutien de la majorité des acteurs mondiaux, tandis que Carnavale s'est confrontée à la condamnation et à la détestation d'une majeure partie de l'opinion publique. Un an plus tard, et alors que selon les rumeurs les plus récentes, la Principauté aurait acté sa défaite, l'heure est au bilan: quelles leçons nos élites politiques peuvent tirer de ce qui constitue selon toute vraisemblance la faillite des hautes sphères de la politique carnvalaise. L'aviation onédienne n'est pas la seule raison de la défaite carnavalaise: certes, la majorité des conflits dans l'Histoire ont trouvé leur issue dans la supériorité tactique et stratégique d'un camp sur un autre, mais la Principauté n'aurait-elle pas pu faire davantage en ayant point commis les erreurs qu'elle a commis. La supériorité numérique de onédiens n'est-elle pas à tempérer avec le manque de jugement des élites carnavalaises ? De leur inaptitude à la conclusion d'alliances ? De leur incompréhension profonde des grands mécanismes de relations internationales ? Si Etham n'avait jamais eu lieu, si Carnavale ne s'était pas condamnée elle même à devenir perso non grata auprès de la quasi totalité des ambassades mondiales, l'issue aurait-elle été différente ? Si Carnavale eut-été autre chose qu'un Etat dont la majeure partie de la population ne présente aucune appartenance ou affiliation à ses élites politiques ? Si la défaite de Carnavale est en apparence un évènement totalement étranger aux affaires de la Grande République, celle-ci devrait interroger ses élites en tous ces points, et nous interroger sur la résilience des sociétés: quels sont les facteurs qui déterminent cette résilience de toute une société et son aptitude à poursuivre le combat, même quand celui-ci paraît déséquilibré et demande une implication totale de la totalité des citoyens ? ironiquement, Velsna a déjà été confrontée à une telle menace existentielle, et a passé un tel test. Pour cela il nous faut revenir huit siècles en arrière.


Il était une fois Velcal: comment la résilience d'une société a déterminé le vainqueur des Guerres Celtiques

Nous sommes le 3 juillet 1219, à cinquante kilomètres au sud de la cité velsnienne. A la couchée du jour, dans une clairière située à quelques encablures au sud de la cité de Velcal, 30 000 velsniens gisent sur un champ de bataille s'étendant à l'horizon. Au cours d'un affrontement ayant duré moins de trois heures, le général achosien Erwys Gwyndel a détruit la totalité de l'armée velsnienne. Ce ne sont pas seulement des soldats que le chef de guerre a encerclé et massacré dans la plaine de Velcal: celui-ci a tué 30 000 citoyens, sur une ville qui en compte alors 150 000 en état de se battre dans l'exercice de leurs droits civiques. En un après-midi, Erwys Gyndel a décimé près de 20% de l'intégralité du corps civique velsnien, mais pas seulement... Ce ne sont pas simplement des citoyens qui gisent à l'orée de la nuit dans la plaine de Velcal, mais également toute une élite politique, cette élite qui valorise la guerre comme source de revenu et de légitimité: les tenants de cette élite, leurs enfants et leurs clients. La bataille de Velcal voit ainsi la disparition de 86 sénateurs, dont le chef de guerre achosien s'empresse d'envoyer les chevalières dans son pays, afin de faire valoir auprès du Sénat acosien la nécessité de disposer de renforts afin d'en finir définitivement avec la cité velsnienne. A la disparition d'une partie de l'aristocratie sénatoriale se double celle d'une grande partie de l'appareil militaire: cette armée comptait pour les trois quarts de toutes les levées militaires d'alors: la cité est sans défense. Être un soldat velsnien coûte cher et prend du temps: il faut non seulement se prévaloir de la citoyenneté, mais également pourvoir au financement de son propre équipement, et de disposer du temps de son entraînement. En parallèle de cette catastrophe, de plus en plus de cités de la plaine velsnienne commencent à remettre en cause leur loyauté à Velsna, et Umbra change de camp en faveur des achosiens. Erwys Gyndel, malgré l'avis de ses lieutenants qui proposent de fondre directement sur Velsna, envoie ans la soirée une proposition de paix humiliante à la cité sur l'eau.

A ce moment, tout porte à croire que Velsna n'a d'autre choix que d'accepter son sort, mais la réponse qu'obtiennent les achosiens est à l'opposé de leurs attentes: ceux-ci essuient un refus aussi laconique que catégorique. Au Sénat, une force inattendue a été à l’œuvre de ce revirement fondamentale de la guerre: la resilience des élites velsniennes face à la perspective de leur propre destruction a remplie son office, attitude dont un discours fameux du Sénateur Umberto Idilmo a immortalisé l'esprit:

"Jamais, ô grand jamais je n’émettrai de récrimination à l'égard de nos concitoyens vaincus, y compris les responsables de cette défaite. Ces questions nous affaiblissent, et il faut désormais nous poser les bonnes conclusions. A cette quête je répondrai ceci: si Velsna entend survivre il lui faut une nouvelle armée, dés maintenant. Nous trouverons des soldats n'importe où. Nous abaisserons l'âge requis pour l'enrôlement dans la Garde civique à 16 ans, nous abaisserons les qualifications requises pour intégrer l'armée, nous amnistierons les criminels et les prisonniers de guerre prêts à se battre pour notre cité, nous donnerons la citoyenneté à tous ceux, qui sous notre autorité ne la possède pas encore. Nous trouverons des soldats n'importe où, coûte que coûte. Nous utiliserons toutes nos ressources possibles. Et si pour se faire, il est nécessaire de dépouiller les basiliques et les églises des armes et des armures que nous avons offert à San Stefano et à Dame Fortune, alors nous le ferons. A ceux qui me diront qu'il s'agit là d'un sacrilège, je lui répondrai que ce n'est que bon sens, et que San Stefano considère davantage notre salut que des offrandes dont il n'aura pas d'usage. Oublions nos querelles, cessons de raisonner par nos interêts personnels, et nous mettrons ces barbares à genoux, bataille après bataille, combat après combat. L'enjeu de cette guerre n'est pas tant notre quête de prospérité que l'agonie ou la survie de Velsna en tant que cité."

Il est coutume de considérer cette prise de parole comme le tournant fondamental de la seconde guerre celtique: pas par un affrontement décisif, mais par la prise de conscience du changement de dimension de conflit. Ce que les achosiens ont conçu comme une lutte vengeresse visant à la réparation de leur défaite lors de la première guerre celtique, les velsniens réinterprètent cette guerre comme une lutte existentielle conditionnant l'avenir de leur cité. Nous connaissons la suite de l'Histoire: le Sénat achosien, qui ne perçoit le changement de nature du conflit, refuse l'envoi de renforts à Eerwys Gyndel, ce qui permet à Velsna de s'armer à nouveau, puis de renverser progressivement la vapeur de ce conflit malgré des pertes abyssales, et Achos est définitivement vaincue en 1233, à peine quatorze ans après la bataille de Velcal.

Les parallèles à faire avec la situation OND-Carnavale existent, et sont pertinents à énumérer. Mis bout à bout, ils permettent de dresser un tableau explicatif de la défaite de la Principauté de Carnavale.


La nécessité de l'appréhension de la nature profonde d'un conflit

Le premier constat à dresser de la situation réside certainement, comme dit, dans la bonne compréhension de la motivation de chaque belligérant. Ce fut certainement là une première erreur de jugement commise par les élites de la Principauté. L'enchaînement des décisions de la principauté, depuis le bombardement d'Estham jusqu'à l'acceptation des conditions de paix fixées par les onédiens constitue la démonstration de l'incompréhension que les responsables politiques carnavalais ont eu de cette guerre. En actant les évènements d'Estham, Carnavale a justifié la mobilisation d'une part importante des sociétés onédiennes dans l'optique de remporter le conflit, et leur a donné la légitimité nécessaire à une mobilisation considérable de tant de moyens humains et matériels. Là où la nécessité de remporter le conflit se s'est pas faite ressentir par la population carnavalaise, l'Empire du Nord a été frappé au cœur, et a donner à voir aux autres nations onédiennes la perspective d'une défaite. Tout comme le chef de guerre achosien qui a échoué à concevoir la seconde guerre celtique comme autre chose qu'un enchaînement de batailles visant à infliger des pertes aux velsniens, la Principauté a probablement estimé que le bombardement de Carnavale suffirait a acter un succès, ce qui en a résulté en une mobilisation de la société civile des pays onédiens. Les pertes militaires et humaines ne sont ainsi pas le seul facteur déterminant le vainqueur d'un conflit: la victoire se décide également par le degré d'acceptation de la violence par les populations: en ce sens, le bombardement d'Estham a eu les mêmes conséquences sur les onédiens que la bataille de Velcal en a eu sur les velsniens.


L'incapacité de l'assimilation des interêts de l'élite et du reste de la population carnavalaise:

La cohésion d'une société est d'une importance capitale dans la conduite d'un conflit moderne, dont l'issue se décide souvent par le soutien de l'opinion publique. A défaut d'un soutien généralisé, l'issue d'un conflit se décide lorsque la population est apte à tolérer un certain degré de coercition et de contrainte. Le plus souvent, il est nécessaire de mobiliser une cause fédératrice dont l'issue conditionne l'avenir d'un plus grand nombre d'individus possible. Dans le cadre de la Seconde guerre celtique, l'enjeu qu'a été la survie de la cité velsnienne a été suffisant afin de former un bloc uni, mené par les élites politiques velsniennes, lesquelles ont réussi à rallier une population qui s'est sentie concernée directement par le sort de leur ville. Cet enjeu a été si efficace qu'il conditionne encore aujourd'hui les relations achoso-velsniennes dans une certaine mesure, et que les achosiens sont encore perçus comme la personnification de "la menace barbare", qui entre le XIIIème siècle et aujourd'hui a été mobilisée à de nombreuses occurrences afin de justifier la politique extérieure de la Grande République. A chaque fois que les interêts de Velsna sont menacés, il est souvent un ou plusieurs sénateurs pour rappeler que l'issue du moindre conflit d’intérêt est aussi déterminante que l'ont pu l'être les Guerres celtiques en leur temps, que cela vrai ou non. Cet impérialisme dit "défensif" est devenu l'un des outils rhétoriques suscitant le plus de mobilisation des élites dans un contexte de guerre.

Dans le cadre de la guerre de Carnavale, il est difficile de concevoir comment les élites carnavalaises, à partir de l'incident d'Estham, puis dans le cadre de leur discrédit total à l'occasion du l'épisode sanglant de l'Armageddon't, auraient pu trouver le moteur de leur lutte vis à vis de reste de la société de la Principauté. Ou du moins, une cause permettant de justifier le degré de violence et de coercition qu'il est nécessaire d'exercer sur une population pour atteindre un but de guerre. Le bombardement d'Estham, un acte d'agression sur un sol étranger, n'a rien d'un évènement fédérateur semblable à ce que la bataille de Velcal a pu être en son temps. Les élites carnavalaises se sont retrouvées dans une position précaire dés leur entrée en conflit, de par cette mauvaise décision qui a complexifié l'intégralité de leur discours. La rhétorique anti-onédienne, qui d'ordinaire peut être perçue comme efficace dans un grand nombre de contextes, a ainsi beaucoup perdu en efficacité par ce statut d’État agresseur, alors même que l'image d'une Carnavale agressée et résistant aux assauts de toute une fédération de pays coalisés, aurait peut-être pu renversé le cours des choses de par le ralliement d'un grand nombre de pays à leur cause.

Les failles du narratif carnavalais, cependant, n'ont pas été le seul élément qui a fortement compliqué les choses pour la principauté: la difficulté majeure à laquelle les élites carnavalaises se sont confrontées est également à lier aux dysfonctionnements inhérents à la société carnavalaise, qui n'a pas permis aux élites de se servir du conflit pour fédérer leurs interêts à ceux de leur population. Pour vaincre Achos et mobiliser l'ensemble de la société velsnienne au XIIIème siècle, les élites sénatoriales ont été disposés à une transformation radicale de leur modèle politique visant à garantir des gains véritables à l'ensemble de la population de la cité: la disparition d'une partie non négligeable de cette élite a comme qui dirait créée un appel d'air à une nouvelle génération de citoyens évoluant à l'origine dans l'ombre de cette aristocratie, qui a pu se servir de la guerre avec Achos afin d'incarner une nouvelle élite, légitimée par le champ de bataille, dans ce que l'on peut appeler "une théologie de la victoire". Un tel renouvellement des élites n'est pas sans évoquer un parallèle avec l'Armaggedon't, mais il faut y voir les limites de l'exemple carnavalais: un simple renouvellement des élites ne suffit pas à sauver un modèle politique. Les velsniens ne se sont pas contentés de remplacer les pertes de leurs élites: celles-ci ont promis des gains à court et moyen terme à une très large partie de la population moyennant leur sacrifices. Ainsi, la citoyenneté velsnienne, qui avant les guerres celtiques était confinée aux seuls habitants de la ville de Velsna, a été étendue à l'ensemble des habitants du territoire de la République, donnant ainsi de nouvelles perspectives à toute une population auparavant en retrait de la vie politique, tandis que prisonniers et marginaux se sont vu donné l'occasion de servir dans la Garde civique velsnienne, avec la promesse d'une ascension sociale et politique à la clé. La comparaison avec l'Armageddon't qu'a connu Carnavale s'arrête là: cet évènement, qui aurait pu être l'occasion de rabattre les cartes de la société carnavalaise, a seulement permis le remplacement d'une élite par une autre, dont l'approche du conflit est restée identique. La population carnavalaise n'a vu poindre aucune promesse en échange des sacrifices qui lui ont été demandés par leurs élites, que ce soit en termes de gains politiques ou économiques. La société velsnienne fonctionne selon un principe de privilèges et de services rendus dans une forme de mythe méritocrate, tandis qu'il est difficile de déterminer ce qui peut motiver la population carnavalaise à s'engager corps et âme dans la défense des institutions d'une Principauté qui délaisse leurs besoins de reconaissance politique et sociale. Cette absence de perspective de gain a été à notre sens une entrave majeure aux efforts de guerre de Carnavale contre l'OND.


Ne jamais accepter les conditions d'un traité défavorable:

Si la nouvelle n'est pas encore confirmée par les sources journalistiques, nous nous devons d'évoquer la perspective de l'acceptation de la paix par la Principauté Carnavalaise, et en qui cela constitue la dernière erreur d'une série de mauvaises décisions dont ce conflit a été le théâtre. Après la bataille de Velcal, les velsniens, alors même que près de 20% de leur corps civique eut été décimé, ont catégoriquement refusé les conditions d'une paix humiliante. Il convient dés lors de rappeler les mots de ce même Sénateur Idilmo: "La guerre juste est préférable à la mauvaise paix.". Le ton est donné par le sénateur: la paix n'est préférable que dans des conditions que la défaite militaire ne permet pas. Cette optique à long terme favorise le sacrifice humain sur le temps court, pour des profits sur le temps long, et cette attitude détermine la manière dont la classe politique velsnienne envisage la conduite des guerres jusqu'à nos jours. Les rumeurs récentes sur une capitulation carnavalaise permettent de constater que son élite politique et économique n'a pas réussit à assimiler cette appréhension sur la conduite de la paix et de la guerre. Dans de telles conditions, il eut été préférable, au vu de l'ampleur du casus belli invoqué par l'OND, que Carnavale continue ce conflit coûte que coûte et quelque soit le coût humain qui le représente. Dans le cas de figure d'une invasion inévitable, la constitution d'un gouvernement en exil, et l'assurance de la sauvegarde d'une partie de l'appareil militaire eut été une priorité absolue, et le fait que Carnavale n'ait pas considéré cette option constitue une faute grave. La perspective d'une contnuation de la lutte, bien que paraissant plus douloureuse sur le court terme, eut été plus riche d’opportunités à l'avenir qu'une simple capitulation. De telles opportunités auraient pu se présenter plus tard, par le biais éternel des grands mouvements d'alliance mondiaux qui auraient pu permettre au gouvernement en exil carnavalais d'obtenir du soutien, tout lui permettant de poursuivre des opérations de guérilla dans sa métropole occupée, là où l'acceptation des conditions de paix le condamne à des conséquences défavorables sûres et certaines.


En ce sens, tous ces éléments sont révélateurs de la fragilité de la position initiale de la Principauté, pas tant sur le plan militaire que sur le plan rhétorique et politique, et la faillite de ses institutions dans la conduite de cette guerre. Il est bien entendu acceptable de reprocher à la supériorité numérique ennemie au moins une partie résultat de ce conflit, mais il est indéniable qu'en cas de victoire, le travail de l'OND a été grandement facilité par les failles profondes du système carnavalais, et par un ensemble de décisions maladroites dont les conséquences ont été grandes.
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[Mouvement anecdotique et sans importance] En réponse à une petite annonce ... des candidates aussi inattendue que gênantes de présentent.

Une photo de nos jours en couleur montrant quatre nonnes jeunes blanches et belles en habit blanc et voile blanc et des valises et l'une d'elle tendant un fouet à des médecins dans le hall d'entrée d'un hôpital, une autre nonne tend un article un journal et montre du doigt un article "Grand Hopital recrute des psychopathes". Les nonnes semblent en colère et on ne veut pas pas leurs cheveux sous le voile.

La petite annonceil est écrit : Sauvé !<br>Psychopathie : n'oubliez pas, Grand Hôpital recrute.
Un groupe de quatre religieuses makotanes manifestement peu équilibrées, et très certainement échappées d’un asile pour religieuses folles (car ce genre d’institution existe bel et bien au Makota, du fait du nombre considérable de moniales qu'on y trouve et du degré de névrose générale dans cette population), se présente à l’accueil des urgences psychiatriques de l’un des hôpitaux de Bourg-Léon, Grand-Hôpital. Manifestement, elles viennent tout juste de débarquer de l’aéroport. Elles sont très agitées : la nonne la plus décidée — sans doute leur supérieure autoproclamée — fait office de porte-parole. Elle tient un fouet à la main et n’hésite pas à le faire claquer dans l’air à chaque contrariété.
Quand le médecin chef du service se rend auprès du groupe, la "supérieure" déclare, d’un ton sadique et en souriant :
« Nous sommes tout à fait capables d’être les psychopathes que vous recherchez dans votre annonce. »

Puis, tendant le fouet au médecin pour qu’il s’en saisisse et faisant la moue pour manifester un sentiment d'abattement :
« Et si nous ne faisons pas l’affaire, alors il faut que vous nous punissiez pour cela. »

Aussitôt, les autres nonnes s’animent et surenchérissent, toutes excitées :
— « Ah oui, il faut nous punir ! »
— « Oui, oui ! »
— « Nous le méritons bien ! »

Une enquête approfondie et discrète auprès des services de santé makotans révélera qu’il s’agit de religieuses novices anciennement étudiantes en psychologie au Jashuria qui n’ont pas pu terminer leurs études en raison de diverses maladies mentales développées dans le cadre de celle-ci … Et, bien qu’elles soient officiellement déclarées en fuite de leur institution psychiatrique, personne ne semble savoir qu’elles se trouvent actuellement à Grand-Hôpital. Seulement deux d’entre elles ont été reconnues pénalement irresponsables pour des crimes de cruauté envers des animaux ou des enfants et peuvent donc légitimement prétendre au poste tandis que les autres ont été internées pour des motifs de comportement autodestructeurs et ne correspondent clairement pas au profil exigé dans l'annonce...
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31 juillet 2017 - Carnavale
L'ancienne alliance


  • Réussite majeure : La Transblêmie établit une veille d'espionnage à Carnavale qui lui permet désormais d'être informé des manœuvres d'agitprop menées par des puissances étrangères. Cela ne concerne que les complots visant à agiter les masses ou des groupes sociaux larges, pas les conspirations visant des individus en particulier. La Principauté de Carnavale aura désormais le champ libre pour procéder à l'arrestation des agitateurs ou en faire ce qu'elle veut.

  • Réussite mineure : La Transblêmie établit une veille d'espionnage à Carnavale qui lui permet désormais d'être informé des manœuvres d'agitprop menées par des puissances étrangères. Cela ne concerne que les complots visant à agiter les masses ou des groupes sociaux larges, pas les conspirations visant des individus en particulier. Les informations récoltées ne permettent toutefois pas l'arrestation des agitateurs, seulement d'être informé de leurs intentions.

  • Echec mineur : La manœuvre est annulée faute de garanties de sécurités suffisantes pour les agents du Grand-Duc.

  • Echec majeur : Carnavale est trop bouillonnante pour permettre la collecte d'informations pertinentes. Tout ce que le Grand-Duché récolte, c'est du bruit qui risque de lancer les Carnavalais sur de fausses pistes et les pousser à se disperser.

Jet de dé : 79 sur 100
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29 août 2017 - Carnavale
Adieu ADM !


  • Réussite majeure : Un réseau contestataire d'envergure, composé de cellules indépendantes et décentralisées, mais aptes à se coordonner s'organise. Leurs objectifs sont de s'opposer à la politique d'ensemble actuellement adoptée par Carnavale, plus précisément la détermination de la principauté à maintenir ce qui s'apparente de prêt ou de loin à des armes de destruction massive, le maintient d'une politique étrangère agressive, l'obsession pour le développement d'un complexe militaro-industriel boursouflé. Inversement, ces mouvements militent pour l'organisation d'une véritable politique sociale allant au-delà des annonces superficielles, avec des investissements concrets, quitte à abandonner les projets militaires.

  • Réussite mineure : Un réseau de cellules militantes contestataires s'organise localement, bien que les capacités d'interaction et d'organisation pour des opérations plus globales restent plus limitées. Ce réseau permet malgré tout de véhiculer médiatiquement une opposition aux politiques et décisions hostiles de la principauté. Si ces cellules sont aptes à émettre de manière autonome leur propre argumentaire et appréhender les enjeux et problématiques pour proposer des solutions, on peut toujours identifier une implication sylvoise dans l'organisation de ces réseaux.

  • Échec mineur : Trop peu de cellules parviennent à se former pour générer une inertie médiatique suffisante à l'entretien du mouvement et à une perpétuation pérenne des revendications. Leur impact local est négligeable et une implication sylvoise est très clairement identifiée.

  • Échec majeur : Non seulement les réseaux ne prennent pas, mais les agents sylvois ne parviennent pas à rester dissimulés parmi la population qui se montre trop peu réceptive. Les axes d'opération sont identifiés et permettent à la Principauté de réorganiser ses services de renseignement pour réduire les vulnérabilités à ce niveau.

Jet de dé : 74 sur 100
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25 décembre 2017 - Carnavale
Joyeux Noel les gars!


  • Réussite majeure : La totalité (la majeure partie ?) du commando de l'OND décède ou est mis hors-jeu par l'agent GOLIATH. Les soldats qui ouvrent les caisses meurent les premiers. Leurs alliés qui suspectent un assaut descendent pour les couvrir... et s'exposent à l'agent GOLIATH également. Le moral de l'Organisation est impacté et la Principauté de Carnavale peut communiquer sur cette réussite comme une preuve que, même sans missiles, elle est toujours dangereuse et peut frapper ses ennemis même en Afarée. Le cargo est trop dangereux, il doit être coulé. Les marins sont constitués prisonniers.

  • Réussite mineure : Une partie du commando de l'OND décède ou est mis hors-jeu par l'agent GOLIATH. Le moral de l'Organisation est impacté mais pas autant qu'en cas de réussite majeure. Les soldats qui ouvrent les caisses meurent les premiers. Leurs alliés ne tombent toutefois pas dans le piège et évitent de descendre dans la cale. Ceux qui sont restés à l'air libre survivent grâce à l'exposition au vent marin. Les agents chimiques de la Principauté sont terrifiants mais ils ont leurs limites malgré tout. La Principauté de Carnavale peut communiquer sur cette réussite comme une preuve que, même sans missiles, elle est toujours dangereuse et peut frapper ses ennemis. Le cargo est coulé par l'OND. Les marins sont constitués prisonniers (x10) mais conservent une certaine notoriété auprès de la population carnavalaise.

  • Echec mineur : L'agent GOLIATH fonctionne mal, les soldats du Faravan réagissent à temps ou flairent l'arnaque, le piège échoue. Comme le cago est vide, sa prise laisse tout le monde indifférent et ne peut pas être revendiquée comme une victoire par un camp ou par l'autre. Le cargo est coulé/récupéré par l'OND. Les marins sont constitués prisonniers.

  • Échec majeur : Une erreur de manipulation survient à bord, un accident arrive et les marins sont exposés à l'agent GOLIATH. L'OND prend possession d'un navire fantôme et ses experts reconstituent la scène, découvrant le piège. L'OND peut communiquer sur l'échec de Carnavale et la Principauté perd en moral, ses élites doutent de la capacité des Dalyoha à maîtriser correctement leurs propres armes. Le cargo est récupéré par l'OND. Les marins sont tous morts.

PERTES :
  • -2 soldats professionnels du Faravan
  • -2 armes légères d'infanterie lvl11 Faravan
  • -1 cargo lvl1 carnavalais

Jet de dé : 53 sur 100
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Un outsider voulant défier l'Aleucie ?

Un outsider voulant défier l'Aleucie ?

Un outsider d'origine inconnus, mais fortement suspecté de venir d'eurysie, (oui on juge au facies) aurait fait le tours de petit tournois amateur et serait sortit du lot en montrant un jeu de bien meilleur qualité que les amateurs présent aux tournois. Certes cet outsider à su montrer des talents aux échecs supérieur à la moyenne néanmoins en aleucie ce n'est pas rare de voir des talents et pour que des Grands maîtres Everien, surtout avec l'Everia qui est un pays plutôt fermé se mettent à vouloir l'affronter il va bien falloir qu'il batte un maitre d'un autre pays d'Aleucie au minimum au préalable. Surtout que comme le prouve le tournois international d'échecs les Everiens on un très bon niveau à l'international. Cela à gonfler leurs espoirs de devenir les leaders mondiaux de cette discipline intellectuelle et tactique que sont les échecs. "Si ce 'Philéon Gémini' si jamais c'est sont vrai nom finit par affronter les maitres ou grands maitres Everien il ne seras surement pas prêt à ce sur quoi il va tomber" nous révèle Syvania Resho la championne Everienne d'échec qui est la mieux placé pour être la championne d'Aleucie. Selon elle tant que l'outsider ne se seras pas prouver sur la scène Aleucienne il sera certainement même pas inviter en Everia.
Mais si jamais il révèle avoir la carrure pour entrer dans la cours des grands, il seras la pour une surprise

Watch out for the game over Icarus !
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sdf

Le Norjien INTERNATIONAL - Carnavale

Attaque terroriste carnavalaise en pleine mer

Deux soldats faravaniens ont été tués et dix carnavalais ont été fait prisonniers à la suite d'une attaque terroriste survenue à bord d'un cargo carnavalais par la suite coulé.

Par Bjarne Henriksen (Roumont (Carnavale) - Correspondant), le 05 décembre 2017.




L'information a été publié par la présidence de la République Faravienne tôt dans la matinée. Quelques heures auparavant, un commando faravo-caratradais est monté à bord d'un cargo carnavalais suspecté de transporter des armements pour le compte de la Principauté.

A bord, une dizaine de marins carnavalais, rapidement incarcérés, et une cargaison piégée par un agent chimique carnavalais installé à bord préalablement en dépit de la mise en danger de la vie des marins. Cet agent dit "GOLIATH" qui a provoqué la mort de deux soldats faraviens à l'ouverture d'un colis piégé visait à entraîner la mort de la totalité du commando à bord, sans doute. Plus perturbant néanmoins, des analyses préliminaires publiées par les services chimiques faraviens, aidés de leurs homologues caratradais, révèlent qu'aucune mesure de sécurité particulière n'a été prise pour assurer la sécurité des marins carnavalais à bord et que leur vie a aussi été mise en danger. La réaction rapide du commando, permettant de confiner la partie contaminée du navire, a permis d'éviter davantage de victimes aussi bien pour les commandos faraviens que pour les marins carnavalais à bord.

Cependant, la nature de la participation des marins carnavalais à cette attaque terroriste reste encore inconnue. Les dix marins ont ainsi rapidement été constitués prisonniers avant que le cargo ne soit coulé par une torpille tirée la marine caratradienne.

Pour Jaka Lakkas, Première ministre tanskienne, cette attaque terroriste illustre le désespoir des autorités carnavalaises prêtes à sacrifier un cargo et la vie d'une dizaine de carnavalais - civils ou terroristes - pour tuer des soldats étrangers. Elle témoigne aussi de la "folie visible" de la classe dirigeante et notamment des industries Dalyoha, plus préoccupées par le test des armes chimiques et leurs visions apocalyptiques que par la santé et la sécurité des populations carnavalaises. "Cette attaque terroriste ne fait que justifier davantage notre résolution et la justesse de notre cause" a confirmé la ministre. Le bilan pour Faravan est désormais de 7 soldats tués depuis le 1er janvier 2017 et d'une trentaine d'aviateurs.

La cheffe du gouvernement fédéral tanskien n'a pas encore précisé quelle serait la position à adopter par l'Organisation des Nations Démocratiques à l'égard des navires cargos. Elle a toutefois précisé qu'un durcissement pouvait être attendu sans donner davantage de détail.
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Les Carnavalais doivent payer.


Aujourd'hui, l'Empire, pour la première fois depuis de trop nombreuses années, a enfin pu observer la démonstration de sa puissance militaire nationale. Après l'humiliation nationale du siècle que fut l'Holocauste d'Estham dans une faiblesse inouïe de nos gouvernements traitres et une incapacité risible, si elle n'était pas tragique, à protéger son peuple et sa patrie, le pouvoir public a trouvé une dernière once de bon sens et a frappé en plein cœur l'ennemi. Face aux démons et aux forces malsaines incarnées par le Dépotoir Noir, notre glorieuse armée qui a été humiliée lors de la crise rebelle du Mokhaï au cours de laquelle la couronne a prouvé sa lâcheté en refusant de se battre contre les barbaroï nazumi, a enfin pu agir selon sa vocation véritable : défendre l'honneur national, anéantir les ennemis éternels de la patrie et étendre l'emprise de notre civilisation.
Mais cette frappe, aussi juste et nécessaire soit-elle, n’est qu’un premier pas. Que personne ne s’y trompe : la survie même de notre Nation exige davantage qu’un simple sursaut. Elle exige une renaissance morale, politique et spirituelle, une reconquête totale de ce que nous fûmes, de ce que nous devons redevenir. Car l’Empire n’a pas été vaincu par la force des armes carnavalaises, mais par l’abdication progressive de nos élites dégénérées, intoxiquées par la complaisance, la lâcheté et les chimères humanistes soufflées par les officines de la peste rouge.

Le sang des deux millions de nos compatriotes, sacrifiés à Estham parce que ceux qui prétendaient gouverner ce pays étaient incapables d’anticiper, d’agir et même de nommer l’ennemi, crie encore vengeance. La capitale souillée, abandonnée aux poisons lâchement répandus par les sbires du Dépotoir Noir, demeure une blessure ouverte dans la chair de la Nation. Une blessure que seuls la fermeté, l’ordre et la foi dans notre mission civilisationnelle pourront refermer. C’est pourquoi il est temps de cesser de trembler devant les états-majors étrangers, de cesser de mendier l’approbation des bureaucrates de l’OND qui prétendent nous dicter notre conduite alors qu’ils ne connaissent ni nos morts, ni notre fierté.

Il faut intensifier la guerre. Frapper plus fort, plus vite, plus loin. Forger sans délai l’arsenal dissuasif qui fera trembler quiconque osera un jour poser les yeux sur nos frontières : des armes terribles, capables de répondre aux atrocités par une puissance mille fois supérieure. Et que nul ne s’indigne ou alors qu’il explique comment protéger un peuple qu’on a déjà laissé massacrer. Les Carnavalais ont voulu l’anéantissement : qu’ils goûtent maintenant aux conséquences. Carnavale delenda est, car un ordre durable ne peut naître que de la capacité à punir. Il est temps également de rétablir les lieux d’expiation que nos ancêtres avaient conçus pour les ennemis de la civilisation : les bagnes où seront envoyés les criminels de guerre, les saboteurs, les traîtres et tous ceux dont la présence constitue une menace directe pour la Nation. On ne sauvera pas la patrie avec des sermons ; on le sauvera par l’autorité, la discipline, la justice implacable. Et si le pouvoir en place refuse d’entendre la colère du peuple, alors celui-ci saura, comme toujours dans notre longue histoire, imposer la Renaissance Nationale qu’exige l’heure, une Renaissance fondée sur l’ordre, la morale, la terre, la foi et l’honneur.

Et puisqu’il faut dire la vérité sans détours : la guerre ne sera pleinement gagnée que lorsque Carnavale sera mise à genoux, humiliée, disloquée, réduite à l’état qui lui revient : celui de Dépotoir Noir de la civilisation, misérable repaire de fanatiques dégénérés qui n’a survécu que grâce à notre mansuétude. Une mansuétude qui n’a jamais été que faiblesse, et qui a officiellement pris fin le jour où les sirènes d’Estham ont résonné dans la nuit de Noël, salissant notre Seigneur. À présent, le temps de la justice est venu. Et la justice, dans les temps de fer que nous traversons, ne s’obtient que par le fer.

Il ne suffit plus d’abattre les aérodromes carnavalais ni de pulvériser leurs défenses branlantes. Il faut briser l’esprit même de cette principauté moribonde. La paix ne reviendra que lorsque les Carnavalais eux-mêmes supplieront l’Empire d’arrêter les frappes, lorsqu’ils comprendront que leur survie ne tient plus qu’à un fil que nous pouvons trancher à volonté. Que chaque famille carnavalais sache que les larmes qu’elle verse aujourd’hui ne représentent pas un centième des larmes de sang que notre peuple a dû répandre à Estham. Que chaque responsable, du plus haut dignitaire du Dépotoir Noir au dernier officier criminel, réalise que plus jamais l’Empire ne reculera.

Mais au-delà de la victoire militaire, il faut songer à l’après. Car menacer, frapper, réduire, tout cela ne suffit pas : encore faut-il empêcher les monstres du Dépotoir Noir de renaître. C’est pourquoi je le réitère, nous appelons solennellement au rétablissement immédiat des bagnes nationaux, tels que nos ancêtres les avaient imaginés : non pas de simples prisons, mais des lieux d’expiation où l’ennemi vaincu paie réellement pour ses crimes. Ces bagnes doivent être situés sur les terres les plus inhospitalières de l’Empire, là où la nature elle-même rappelle aux hommes leur petitesse. Les prisonniers de guerre carnavalais doivent y être envoyés en masse, non pour un châtiment vengeur, mais pour une œuvre de purification morale, un effort de reconstruction de la nation qu’ils ont tenté de détruire. Qu’ils creusent les nouvelles fortifications, qu’ils réparent les routes d’Afarée, qu’ils reconstruisent les quartiers irradiés de la capitale. Leur sueur remboursera ce que nos morts ne pourront jamais être indemnisés.

Dans ces bagnes, il ne s’agira plus de confort ni de soins pour les bourreaux du peuple nordiste. Le travail y sera dur, constant, discipliné. Le silence remplacera les revendications. L’ordre remplacera l’insolence. Là, sous surveillance impitoyable, l’ennemi comprendra enfin ce qu’est une Nation forte, structurée, guidée par une autorité qui ne tremble pas. Et que l’on ne vienne pas invoquer la fameuse “charte humanitaire” des bavards de l’OND, ces mêmes technocrates incapables de défendre leurs propres pays, mais toujours prompts à sermonner ceux qui agissent. L’Empire n’a pas à se justifier devant ceux qui vivent loin des frontières, loin des charniers qu’a laissés Carnavale derrière elle, loin des ruines d’Estham où des millions de nos compatriotes ont péri. Notre devoir n’est pas d’écouter les plaintes des pleutres internationaux, mais de restaurer l’honneur que la couronne et les gouvernements successifs ont sacrifié sur l’autel de leur faiblesse.

Les bagnes seront la pierre angulaire de la Renaissance Nationale. Carnavale, le Dépotoir Noir, sera terrassée, anéantie, reconstruite selon nos conditions, intégrée à l’ordre nouveau que dicteront la force, la foi et la fierté nationale. Car telle est la réalité : l’Empire n’a jamais été plus fort que lorsqu’il assumait pleinement sa vocation civilisatrice. Et cette vocation doit renaître, qu’on le veuille ou non.

L’heure n’est plus aux négociations, ni aux compromis, ni aux excuses. L’heure est à l’ordre, à la justice et à la revanche légitime. Et tant que le Dépotoir Noir n’aura pas été entièrement nettoyé, jusqu’à la dernière pierre, jusqu’au dernier fauteur de chaos, alors notre mission ne sera pas accomplie. La nation est en marche, et rien ne l’arrêtera.

HRPL'Éveillé est un journal d'extrême droite radicale fondé peu après l'Holocauste. Il n'est lu que par peu de personnes en papier et ne bénéficie que d'une visibilité restreinte sur Internet, là où les militants épars et peu nombreux viennent le chercher. Il appartient à une nébuleuse fascisante et ultra-nationaliste qui succède aux ultra de l'extrême droite, amputée de son parti en plein essor, les Légions Nationales Socialistes, après leur dissolution sur fond de tentative de coup d'État (un peu à l'image des citoyens du Reich en Allemagne). Ce sont donc des radicaux isolés et peu influents.
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https://geokratos.com/?action=viewTopic&t=11591&p=4#m99132:~:text=Suspect%20!,Central%20ce%20jeudi.

Convocation


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Une convocation ? Mais qu'est-ce qui leur prend ?

— ... Je ne sais pas, Julonin.

— Je suis irréprochable ! Je ne vois vraiment pas ce qu'on me veut. Je ne peux vraiment pas leur dire d'aller se faire cuire un oeuf de polochon ?

— ... non, surtout pas. Cela exciterait encore plus la presse, et...

— Ils sont déjà excités, Violoncelle.

— ... A choisir, Julonin, je préfère qu'on gère directement avec Commissariat Central qu'avec des fouineurs du genre de Philippe Pine. Ne leur donnez pas de raison de farfouiller ailleurs que dans les casiers de la police, surtout...

— Hmm.

Il maugrée en silence pendant quelques secondes.

... Est-ce que Maître Nioble est avec vous ?

— Je suis là.

— Oui, Violoncelle, il est là avec moi, on est en route là.

— Je disais justement à Monsieur Venbranle que selon le président Mandanaryne, son casier est net comme un sou neuf dans les archives de Commissariat Central.

— Ce qu'il s'est passé avant l'Armageddon't restera avant l'Armageddon't. Je suis i-na-ta-quable !

— ... Vous avez pu consulter le casier, Maître ?

Gauthierry avale un peu de salive.

— Consulté directement, non, mais c'est le juge lui-même qui...

— C'est Olibert qui nous l'a confirmé, c'est une source sûre. Il n'y a plus rien sur moi à Commissariat Central depuis le Nouvel An 2016. Le reste, c'est du folklo.

— ...

L'écran holographique se brouille légèrement. La faute aux grains de sable qui font de la friture.

— ... Dans ce cas, pourquoi cette convocation, s'ils n'ont plus rien sur vous ?

Trois secondes passent.

— A priori, une dénonciation calomnieuse, venant d'un rival jaloux ou d'un scribouillard en mal de chronique judiciaire.

— Ou de cette connasse de Vaunasse.

Le procès contre la milliardaire messaliote ressuscitée par Grand Hôpital attend toujours de recevoir ses dates d'audiences.

— Ou de l'OND, à ce jeu-là tout est possible.

— ... Si c'est l'OND, ça sent bon.

Un silence passe à nouveau. Le taxi passe sous l'arche d'un gratte-ciel transpercé d'autoroutes.

— Ah là-là, quelle plaie que vous ne soyez pas là en ce moment, Violoncelle !

— ... Je rentrerai dès que possible, mais le Conseil d'Administration de la R.A.C. n'est pas encore terminé. D'ici là, vous...

— Ne vous inquiétez pas, Violoncelle, je veillerai sur notre candidat. Cet entretien de police, on va le plier comme un papier à musique, foi de Gauthierry !

— ...

— Ah là-là...

— ... Bon, Julonin, surtout vous laissez votre avocat parler à votre place aux journalistes, et vous ne traînez pas. Il va y avoir toutes les mouches du coche de Carnavale sur les marches de Commissariat Central alors pensez : photo. Et vous souriez ! Vous êtes innocents, les gens veulent vous voir sourire. Sourire, hein, Julonin !

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Allée des Charmes


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— Tiens !

Il se redresse légèrement, ses yeux dans la lumière pâle au-delà de la fenêtre.

— En voilà un !

— Pardon ?

— Un cerf !

Dans les sous-bois ruisselants de gouttes, le bruissement de fougères trahit le bond de l'animal, déjà reparti loin de la clairière, à travers la forêt.

— Il se tenait là, au pied du chêne, dans l'allée ! Quelle prestance, avec son ramage...

Sybille a un demi-sourire amusé, les yeux plissés, interrogateurs.

— Excusez-moi, reprend l'homme. Je me suis interrompu. Je vais me rasseoir. Je...

— Prenez votre temps.

Il se rassied sur le bord du long fauteuil. D'abord il se tient droit, puis s'autorise, lentement, comiquement, à pencher le dos vers un séant plus confortable ; dans un même geste il se remet à parler.

— Ce... C'était moins à la mode, les cerfs, le gibier, enfin dans les années d'avant, n'est-ce pas ! Bon, je pense que mon père qui travaillait sur l'île avait dû en voir une, deux fois par an, dans ces eaux-là. Il n'y en n'avait pas beaucoup, ce sont des animaux sauvages, vous savez, qui se battent entre eux, qui se tuent, des grands mâles comme ça, il ne peut y en avoir qu'un seul pour toute la région, et alors ils se battent, vous voyez. C'est mon grand-père qui m'a raconté ça, lui était de l'île, et il lui était arrivé de les voir se battre, une fois, à l'occasion d'une battue, il gardait les chiens du seigneur Olibert, et dans la clairière, deux grands cerfs s'étaient battus sous ses yeux. Oui, c'était comme des bêtes devenues folles, mais vous savez, ici tout est un peu fou, les cerfs doivent bien respirer les mêmes effluves que nous autres les jardiniers, et puis... Quand les cerfs se battent comme ça, alors oui ils peuvent dévorer même les petits de l'adversaire, faut pas croire, ce ne sont pas des pacifiques, ce n'est pas Bambi ici, enfin tout ça fait qu'il n'y en a jamais eu de grande population, sur cette île vous savez on en fait vite le tour, et c'est tellement rare d'en croiser, mais quand on en voit comme ça, par la fenêtre...

— Vous vous êtes élancé.

— Oui, élancé, c'est le mot, c'est que je ne sais pas, mais c'est bien le roi de la forêt, vous voyez ? Les bois, c'est vraiment comme une couronne. C'est l'épigénétique ou je ne sais plus comment, enfin, les bois leur poussent pour affirmer leur domination sur la harde, ce sont des témoins de leur majesté, alors, comme dans l'ancien temps, quand le roi passe, il faut le saluer. Il faut le saluer, c'est ça qu'il disait mon père.

Et il se tait soudain, le regard dans le vide. Plusieurs instants passent. Dehors, un vent venu du large balaie la forêt de Bourg-Léon, et agite les frondaisons des arbres encore dénudées et humides dans la grisaille du jour.

— Donc c'est ce que vous disait votre père.



* * *



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Il avait fait un peu plus doux à la fin février, mais le mois de mars était en-dessous des normales. Un air froid soufflait au nord du golfe et se mélangeait aux entrées alizéennes des tropiques ; il pleuvait. Sur Bourg-Léon, il pleuvait la majeure partie de l'année, de façon régulière ; à Carnavale, la brume bleue ou noire ou pas de brume du tout rythmait une existence à présent décorrélée de toute cohérence climatique. La Cité était tombée dans la faille temporelle, ou peut-être s'y était-elle jetée ; dans tous les cas, le ferry qui faisait la navette ne s'y rendait plus ; ou peut-être s'y rendait-il encore. Entre les feuillages humides, le Palais d'Hiver pouvait s'abstenir de se poser la question.

Les allées larges et gravillonneuses, plantées de platanes ou de chênes, étaient entourées de bassins, de douves et de jardins. De longs mélèzes enjambaient les chemins de leurs branches profondes, leurs aiguilles ayant survécu à l'hiver. Des corbeaux croassaient intempestivement ; les hirondelles n'étaient pas encore de retour. L'année 2018 ressemblait ici à toutes les autres. Sous des cirés translucides, des soignants passaient d'une aile à l'autre, se rendait à tel ou tel département d'études ou d'analyse sur les cas psychiatriques les plus invraisemblables.

Le cabinet du Docteur Sybille d'Héboïdophrénia se trouvait au bout de l'Allée des Charmes, dans l'aile dite des Flamboyantes. C'était de l'autre côté du complexe, face ouest, assez loin en fait du parking des employés, à l'inverse de la Pharmacopée. Les gouttes tombent et s'écrasent sur le gravier beige, sur les hautes herbes de la pelouse, sur ses joues et ses mains, et l'eau fraîche du ciel a un goût de menthe. Retour sur Bourg-Léon.

Dans toutes les vieilles histoires de l'Eurysie, se trouve une île à l'ouest du monde, un paradis perché à l'occident des choses, habité par des fées, des elfes, des lutins et des anges, intouchables, surréel, nimbé de brumes et de la virginité présumée du paradis. Derrière ses grilles enroulées de lierre diaphane, le Palais d'Hiver, ancienne résidence des seigneurs Dalyoha, est le souvenir vivace d'une symbolique inconsciente qui associe au couchant l'idée de beauté par évocation de la nostalgie. Que s'y trouvent des rangées de cellules capitonnées peuplées de malades mentaux terrorisés par des décennies d'expériences psychiatriques démentes gâterait l'image pour les touristes ; et pourtant cette connaissance complèterait le tableau d'un imaginaire de pureté obsédé par la souillure.

Le bureau du Docteur est au premier étage. On ne dit pas doctoresse. D'un doigt sur le petit bouton qui sonne là-haut, la secrétaire effacée signale au Docteur que son rendez-vous est arrivé. Vous pouvez monter, Mademoiselle. Par l'escalier ou l'ascenseur. Ce dernier restera immobile, silencieux dans sa travée de verre et de métal. Marche après marche, elle gagnera le cabinet. On lui en ouvrira la porte. Elle se retrouvera face au Docteur. Bienvenue, prenez place. Elle prendra place. Deux fauteuils se font face. Le divan, près du mur, sur l'alcôve, attire un peu son regard. Ce fameux meuble hanté de fantasmes. Dites-moi ce qui vous amène. Elle a apporté ses ordonnances, ses prescriptions et le rapport de son médecin traitant. Voilà un premier bilan, dit-elle en tendant une liasse de papiers numérotés. Avec un sourire, le Docteur ne tend même pas la main pour les récupérer. Je préfère que vous m'expliquiez tout cela vous-même. Elle est un peu décontenancée, mais bon, très bien. Elle réfléchit.

— J'ai appelé au standard de votre cabinet après qu'il m'ait été recommandé par un collègue, au sein de l'équipe du Professeur Anésidora. On m'a expliqué l'intérêt de votre méthode... particulière. Me voici donc.

— Avez-vous déjà été en thérapie ?

— Oui, depuis un an et demi, à peu de choses près. J'ai vu trois, non, quatre praticiens différents ; ici, sur Bourg-Léon, et à Carnavale avant la mise en place du siège. Pour des raisons similaires. Comme mon bilan de santé mentale l'indique, j'ai vécu un accident traumatique il y a environ deux ans, à la suite duquel j'ai été prise en charge pendant quatre mois au Sanatorium. Après une amélioration, j'ai pu reprendre mon travail en suivant des consultations bihebdomadaires. Cela a duré moins d'un an, ensuite de nouveaux symptômes sont apparus. Tout est décrit par mes thérapeutes dans le document.

— Je vois. De l'anxiété, des cauchemars, des insomnies...

— J'ai été diagnostiquée avec des troubles dissociatifs de stress post-traumatique. Pour cela, j'ai pris les traitements indiqués juste en-dessous du paragraphe : clonazépam, 1-carmabazépine, et du triptociol également pendant une phase dépressive l'année dernière. J'ai également suivi des exercices de recomposition mentale avec le Docteur Fumée, car ils sont pris en charge par la mutuelle de Grand Hôpital. Mais selon l'avis de mon médecin, cela n'a rien donné.

Sybille réprime une pensée ironique. Elle ne dit rien.

— Je suis là avant tout pour recevoir un traitement qui marche, Docteur.

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REDDITION DE CARNAVALE : FIN D'UNE GUERRE MORALE ?

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Bienvenue dans cette toute première édition du Billet de Pascal, votre émission quotidienne de décryptage géopolitique et de billevesées toutologiques, avec votre serviteur. Au menu de ce jour, une nouvelle fois et c'est pas la dernière : la guerre à Carnavale, qui a connu un nouveau rebondissement ; est-elle sur le point de s'achever ? Mais surtout, est-ce, comme l'affirment certains, une guerre morale ? Au contraire, que viendrait faire la morale dans un conflit qui revêt de plus en plus d'enjeux technologiques ? On se pose ces questions ensemble. Asseyez-vous devant votre soupe, c'est parti pour le Billet de Pascal.


Générique


Le siège de Carnavale va-t-il bientôt finir ? La question est sur toutes les bouches depuis qu'une rumeur non démentie par les services concernés fait état d'une demande de reddition formulée, il y a quelques semaines, par les autorités de Carnavale, par Améthyste Castelage notamment. La « princesse » qui exerce l'essentiel du pouvoir dans la Cité Noire pourrait, si elle en décide, mettre ainsi fin à une guerre qui dure depuis un an et demi et qui a causé, au bas mot, plus de deux millions de morts, si l'on ne compte que les victimes du bombardement d'Estham, la capitale de l'Empire du Nord, dont est responsable la Principauté. Mais sans doute davantage, comme le rappellent les forces humanitaires stationnées dans l'agglomération infernale, qui font état de plusieurs centaines de victimes directes et indirectes ayant péri suite aux bombardements, au stress ou à l'exposition aux armes chimiques, un fait hélas courant dans les combats qui opposent l'Organisation des Nations Démocratiques à la Principauté de Carnavale. Alors, la vraie question est : la paix est-elle encore possible ? Et si oui, quelles formes pourrait-elle prendre ? Il est bien trop tôt pour y répondre, d'autant qu'on ne sait pas non plus comment l'Organisation va se positionner. La situation est donc toujours tendue, mais avec des perspectives d'amélioration, si l'on en croit ces rumeurs.


L'Organisation des Nations Démocratiques mène-t-elle une guerre morale ? Le débat, ou plutôt devrait-on dire la controverse, voire la polémique, a été relancée par l'un de mes contradicteurs sur les réseaux sociaux, je veux parler d'Hippolycare Epithète qui officie dans une publication carnavalaise et qui est donc naturellement porté à défendre la Principauté même avec des petits arrangements intellectuels qu'on ne lui reprochera pas. Alors, tout d'abord, je dois dire que l'échange de propos houleux est le propre des réseaux sociaux, mais qu'il m'aura permis de soulever un point qui me paraît important à débunker ; celui selon lequel l'OND mènerait contre Carnavale une « guerre morale », ce qui implique, implicitement, que cette guerre est injustifiée puisque au vingt-et-unième siècle, aucune guerre ne peut prendre prétexte de la moralité pour recourir à des pratiques généralement considérées comme immorales, tels que les bombardements, les sièges, etc. Alors, cette idée de « guerre morale », c'est d'abord une vieille rhétorique de la Principauté de Carnavale contre son adversaire, qui vise à inverser l'accusation portée contre elle par l'alliance de Bandarhan : « vous nous attaquez pour de mauvaises raisons », dit en substance la presse carnavalaise à son homologue onédienne, « parce que vous nous attaquez pour des raisons morales. » Alors, est-ce faux ? Certes, l'Organisation a précisé dans sa résolution 2003, et dans d'autres textes officiels ensuite, que l'un des objectifs de la guerre - pudiquement divisée en « opérations » - était notamment la destruction des armes chimiques de la Cité noire, un enjeu qui fait évidemment lien avec le bombardement chimique d'Estham. Pour autant, est-ce une clause morale ? Non, en fait, quoi qu'en dise l'inénarrable Hippolycare Epithète qui m'accuse de « prendre mes désirs pour des réalités » à l'image d'ailleurs de l'OND pour laquelle je ne travaille pourtant pas. Alors, guerre morale ? Pas guerre morale ?


L'Organisation des Nations Démocratiques est une alliance d'un genre nouveau : une alliance morale. J'aurais dû mettre des guillemets à cette phrase car là encore c'est Hippopotintamarre Episurlatête qui l'a commise, et je dois dire que ce n'est pas une observation trop éloignée de la réalité. Oui, l'OND est une alliance morale, car la démocratie, les droits de l'homme, eh bien ce sont des principes, et les principes sont des valeurs philosophiques ou éthiques qui appartiennent au registre moral. On sait bien qu'on ne peut rien attendre de Carnavale dans ce registre, étant un Etat qui s'est affranchi de tous les interdits moraux et qui s'en réclame publiquement comme un avantage comparatif sur le terrain de la recherche scientifique. En revanche, sa carnavalité n'empêche pas notre détracteur de s'abîmer dans un registre idéel finalement très imprégné de morale lorsqu'il nous explique que « deux blocs se font face », les « pays qui veulent un droit international occidental » et qui sont donc d'après lui des « impéralistes » - il compte dedans pêle-mêle l'OND, un califat, deux républiques populaires et pourquoi pas un tsarat nomade pour la route - faisant face à un second bloc, plus large selon lui et qui recueille sa préférence : « ceux qui n’entendent pas se soumettre aux désirs et aux valeurs de nations avec lesquelles ils ne partagent rien. » Alors, tout cela est très intéressant, mais il faudra dire deux choses. D'abord, s'il y a effectivement eu une vague de désapprobation du comportement de l'OND (je l'ai abordée et analysée dans un édito donné au Petit Continent), je maintiens que celui-ci est limité à des petits pays assez marginaux sur la scène mondiale. La Polkême s'éclaire au crottin de cheval. Le Makota compte plus de vaches que d'habitants. Les Quatre-Vallées sont tellement divisées qu'elles n'ont même pas un nom propre à elles pour se désigner. Et, sauf erreur de ma part, personne n'a cherché à forcer aucun de ces pays à « adopter le mariage homosexuel » comme le fantasme Monsieur Epithète... Allons, ressaisissez-vous, Hippolycare : vous qui vilipendez la moraline, n'allez pas nous faire une panique morale !


Regardons plutôt les grands faits structurels. C'est là que s'épuise l'analyse de personnes comme ce bon monsieur. Quand on analyse la politique mondiale à partir des intentions déclarées ou supposées des acteurs, on a en effet toutes les chances d'interpréter des « guerres morales » à tout bout de champ. Mais ce qu'il faut regarder, ce ne sont pas les discours, ce sont les chiffres. Et c'est là ma divergence fondamentale avec tout un pan des observateurs internationaux, qui font du conflit entre l'OND et Carnavale un conflit strictement limité à une double incrimination réciproque : d'un côté l'OND qui se vit comme agressée et chercherait à se venger, et de l'autre Carnavale, qui invoque un raisonnement en miroir. Une telle lecture de la situation a toutes les chances d'aboutir dans un cul-de-sac narratif où s'épuiseront les arguments des uns contre les arguments des autres, d'une manière parfaitement stérile puisque dans les faits, savoir qui de la poule ou de l'oeuf a bombardé l'autre le premier n'est pas très utile pour comprendre le conflit : à la fin, s'il y a un vainqueur, ce ne sera certainement pas celui qui aura la légitimité avec lui ; c'est celui qui aura le plus gros bâton.


Le rapport de forces était structurellement défavorable à Carnavale. Aujourd'hui, on peut le dire sans grand risque de se tromper ; entre les sept Etats membres de la coalition militaire onédienne qui proclament occuper près de 90 % du territoire carnavalais, et la Principauté elle-même, certes retranchée dans sa capitale et toujours debout, le rapport de forces est pour le moins inégal. Il l'est démographiquement, il l'est en matière de contrôle du terrain, il l'est aussi vis-à-vis des forces mystérieuses - chlorocratiques. Si la reddition de Carnavale est confirmée, l'on pourra dire que c'est une façon honorable de sortir d'un conflit qui, de toutes façons, semblait scellé depuis l'anéantissement par la Principauté de tout son arsenal balistique contre la ville d'Estham, la privant d'armes précieuses pour assurer ses arrières une fois son adversaire remis sur pied.


La guerre entre l'OND et Carnavale n'en est pour autant pas terminée. D'abord, sur un plan strictement militaire, les arbitrages ne sont pas soldés car Carnavale peut se prévaloir d'être inviolée. Si les combats devaient se poursuivre, il y à fort à parier que les combattants de l'Organisation se heurteraient à une guérilla urbaine plus compliquée à gérer que la saisie des ronds-points d'agglomérations périurbaines. De plus, avec des centaines de milliers de civils dans les pattes, une force humanitaire de plusieurs pays qui s'est déclarée « sans aucun lien de communication » avec l'opération onédienne, c'est un terrain semé de plusieurs embûches qui se présente à l'alliance - une lutte difficile, nécessaire sans doute s'il faut rayer la Principauté de la carte, mais dont le coût devrait faire réfléchir les états-majors. Si la rumeur de reddition se confirme, elle serait en effet bienvenue aussi pour l'Organisation elle-même, ainsi que pour les acteurs qui se tiennent en embuscade dans la ville : l'on a mentionné les milices Castelage, mais il faut regarder de près le comportement du clan Dalyoha qui n'en est pas forcément un allié ; d'autres forces locales, telles que celles articulées par des candidats à la mairie, pourraient avoir un poids relatif non négligeable ; et enfin, ce que j'appellerait « l'éléphant rouge dans la pièce », la base militaire kah-tanaise de la Citadelle, dont le basculement d'un côté ou de l'autre pourrait renverser le front.


Quelles perspectives maintenant ? Il faudra regarder de près le positionnement des états-majors de l'OND, et guetter la moindre confirmation d'une demande de reddition émanant de la Principauté, qui pourrait se signaler par une stabilisation du front voire un cessez-le-feu provisoire. Cependant, il faut avoir en tête que les grands enjeux du conflit passeront nécessairement par un accord profond et douloureux entre les deux parties, qui risque d'être au désavantage de l'une : s'il doit y avoir une reconnaissance du crime de guerre, voire un démantèlement des arsenaux chimiques, cela passera nécessairement par un contrat diplomatique dont les négociations sont complètement imprévisibles. Jusqu'ici, personne n'envisageait de résolution diplomatique de ce conflit, au risque que la guerre dure et s'achève dans le sang et les larmes par l'éradication définitive de la Principauté, au prix d'effroyables destructions. Si nous pouvons éviter cette issue, c'est sans doute pour le mieux, bien qu'une alternative plus souriante demeure une hypothèse assez improbable à l'heure qu'il est. Bref, comme disait le philosophe, le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur risquent de surgir des monstres inattendus, tels que des fanfictions développées par une jeunesse dégénérée, explorant des issues alternatives à une guerre qui passionne internet. Ouvrons l'oeil.



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