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Entrevue Pae-Motu-Hartwoodoise sur la question des hydrocarbures dans l'océan Haluléen

Patterson, 16/05/2004, 10h48

Airoro Hamuera écoutait d'une oreille discrète l'Hartwoodois qui s'affairait à présenter d'un Reo honorable tous les éléments notables qui lui venaient à l'esprit tandis qu'ils arpentaient les couloirs extérieurs du palais présidentiel. Elle s'attendait à devoir patienter de longues heures avant de débuter cette entrevue préparée dans la hâte, mais elle devait bien admettre qu'elle commençait à se sentir épuisée. Elle commençait pourtant à avoir l'habitude: Ministre des ressources naturelles et de l'énergie d'un pays en développement, c'était une profession prenante, avec son lot de devoirs ingrat. Comme celui de sauter en moins de 4 heures dans un avion pour aller traiter en urgence une question sans cesse reportée à plus tard à la seconde où apparaissaient les signes montrant qu'il n'était plus possible de repousser cette problématique.

Le statut des ressources minérales sous-marines dans la portion de l'Océan Haluléen séparant l'archipel du Pae-Motu des îles Hartwood restait flou depuis plusieurs années. Le Pae-Motu possédait plusieurs nappes pétrolifères exploitables seulement par l'intermédiaire de coûteuses exploitations que la République Libre peinait encore à mettre en place, et elle s'imaginait qu'il en était de même pour le voisin Hartwoodois. Des ressources, mais peu de possibilités de les exploiter de manière rentable. Consommant les quelques barils produits par ses encore trop rares stations de forage et de pompages, le Pae-Motu était encore loin de se prétendre exportateur d'hydrocarbures.

Mais la toute récente découverte des sismographes fortunéens, cette nappe aux dimensions exactes encore inconnues s'étendant à cheval entre les eaux territoriales des deux nations insulaires, pourrait bousculer beaucoup de choses. Et rapidement, qui plus est.

Airoro hocha pensivement la tête à l'attention de l'Hartwoodois qui, désespéré d'occuper l'invitée qui lui avait été mise sur les bras par un supérieur peu désireux de se donner cette peine lui même, lui présentait un extrait d'époque mis sous vitre de la Constitution de la Première République Hartwoodoise. Elle consulta ensuite du regard Aimata Teroeroe, l'une des rares Pae-Motu à l'avoir accompagnée dans ce voyage vers l'archipel des 6 îles. La ministre des affaires étrangères d'Hartwood avait vivement suggéré la présence du représentant de la société responsable des actions de forage dans les îles du sud, et le gouvernement Pae-Motu s'était retrouvé plutôt embarrassé. Là où la République d'Hartwood possédait la société CPGH, un organe structuré, en situation de quasi-monopole, le Pae-Motu se reposait sur divers petits groupes spécialisée, la plupart fondés avec de l'argent publique. Le Pae-Motu possédait donc plus ou moins une dizaines de sociétés spécialisée dans des domaines très pointues de l'ingénieurie civile et navale, et la plupart des structures marines fonctionnaient grâce aux activités d'au moins plusieurs de ces groupes. Heureusement, le docteur Teroeroe avait souhaité prendre part au voyage. Cet esprit brillant officiait comme consultante dans la grande majorité de ces sociétés Pae-Motu. Fierté nationale Pae-Motu, dont certains travaux, comme la double coque asymétrique, avaient trouvé succès à l'international, Airoro se figurait que le gouvernement Hartwood serait honoré de l'accueillir. La spécialiste en physique appliquée écoutait avec attention les explications historiques de leur hôte. Ses centres d'intérêt ne semblaient pas connaitre de limites. Airoro avait entendu qu'en plus de ses nombreuses qualifications en sciences mathématiques, elle détenait un doctorat de philosophie. Une thèse sur l'éthique du progrès, ou quelque chose du genre. Certaines personnes avaient du mal à s'arracher des bancs de l'école


- Madame Dupont vous recevra sans plus tarder, répéta leur guide dans un Reo académiquement irréprochable, mais trop scolaire, qui faisait fi des nombreuses particules facultatives qui faisait la richesse de la langue natale de ses interlocutrices. Airoro voulait bien le croire. Elle se reconcentra sur ses paroles, se laissa imprégner de l'ambiance des halls d'accueil qu'ils traversaient, et profita de ces dernières minutes durant lesquelles son esprit pouvait encore vagabonder.
Patterson,16/05/2004 peu avant 11h00

Président


Ce 16 mai, une pluie violente battait contre les vitres du palais présidentiel. Dehors, le ciel couvert de nuages gris ne laissait pas rentrer la lumière du soleil sur la ville de Patterson. Chiquement habillé d'un costume taillé sur mesure en Eurysie, Powell poussa un soupir profond assis sur sa chaise en cuir avant de se lever pour jeter un œil à l'horizon. Les éclairages des buildings du Business District brillant dans le brouillard l'ont subitement plongé dans ses souvenirs d'il y a quelques années. A l'époque, le jeune président âgé d'une vingtaine d'années travaillait au sein d'une banque d'affaires. Malgré son jeune âge, les heures supplémentaires qu'il répéta sans cesse lui ont permis une montée prématurée au sein de la hiérarchie de l'entreprise. Powell, petit à petit avait réussi à se faire un nom au sein du monde du travail local. Un matin de dimanche ensoleillé, le banquier profitant d'un jour de repos pour dormir un peu plus que d'habitude fût brusquement réveillé par un coup de fil du ministère de l'économie de l'époque lui proposant un poste de conseiller du président. Le jeune homme sans hésiter a accepté le poste. Aujourd'hui, Powell, nous le savons tous est président de la République grâce à son travail remarquable mais surtout son sens du sacrifice qui lui as fait perdre beaucoup d'ami au sein de l'élite politique Hartwoodoise mais ces sacrifices lui ont aussi rapportés des alliés de taille pouvant faire la différence lors de négociations critiques

Le chef de cabinet du président, pénétra dans le bureau présidentiel << Monsieur, il est là ! >>. D'un signe de la main, le président autorisa Felix Sanders à rentrer. Powell, pris une gorgée de café puis se redressa debout pour accueillir le PDG faisant une irruption dans le territoire du jeune président d'une tranquillité déconcertante. Sanders revendiquait depuis plusieurs jours la découverte d'une réserve conséquente d'hydrocarbure avec l'aide de sismographes fortunéen plus expérimentés travaillant pour la CPGH dans une zone se situant dans l'océan Haluléen. Sanders tenait absolument à être présent à cette rencontre de haute importance, défendant cette envie par les informations exclusives dont seul lui, le président et quelques cadres de l'entreprise ont accès. Ces informations contenaient principalement des coordonnées géographiques sans lesquelles cette zone surnommée désormais la zone gaz ne pourraient être exploitée. L'horloge du bureau affichait 11h15, un quart d'heure avant le début des négociations.

-Monsieur le président, permettez moi de vous remercier d'avoir accepté de me recevoir dans ce merveilleux édifice ! Les premiers mots de Felix sortaient accompagnés d'un ton énergique et confiant.

- Monsieur Sanders, je suis ravi de pouvoir vous recevoir ici, dans mon bureau pour vous remercier aussi pour les résultats qu'on donnés vos recherches dans l'océan Haluléen ! Répondit fièrement le président !

Les 2 hommes pendant ces 15 dernières minutes ont procédé à un dernier briefing sur les derniers points à souligner, l'importance des relations futures à mettre en place avec un pays en développement comme le Pae-Motu et du ton à adopter. Powell à particulièrement insisté au sujet du ton à adopter qui devrai être calme et à l'écoute des exigences de la nation en face. Conscient que l'avantage d'être en possession des documents pouvant permettre à une exploitation de la zone gaz doit être exploité. Le président se veut pour autant ne pas se montrer égoïste mais projette de trouver un accord profitant aux 2 pays.

Il était actuellement 11h30 au palais présidentiel, un arc en ciel avait fini par remplacer les nuages gris et le soleil se montra petit à petit pour montrer toute sa forme dans le ciel. Airoro Hamuera se trouvait autour d'une table ronde entourée par les autres acteurs de ces débuts de négociation face au président Powell et Felix Sanders. Les présentations furent amicales faut le dire. Powell, peu habitué à ce genre de rencontre, forçait peut-être trop sur le sourire pour faire bonne impression ou bien le président adorait montrer ses dents blanches. Devant la table, sur un grand écran, était figée l'image d'introduction d'un diaporama faisant une présentation de ce que pourrait rapporter l'exploitation à l'économie des 2 pays selon divers scénarios envisagé par le côté Hartwoodois. Une présentation brève des domaines qui usent du gaz naturel qui sont essentiellement le secteur électrique et pour l'industrie à environ 50 à 56% de la consommation mondiale. En revanche le côté hartwoodois attends des propositions et plus de dialogues pour éventuellement donner les coordonnés précis de la zone gaz pour élaborer un plan de forage.
Le guide d'Airoro avait accéléré son pas, qui était soudainement devenu plus léger, presque bondissant. L'homme faisait preuve d'un mélange de soulagement et d'appréhension que la ministre trouvait tout bonnement singulier. Se rendant soudainement compte qu'il n'était pas forcément très professionnel de se laisser distraire par un étranger à la démarche quelque peu expressive, et se rappelant qu'elle s'apprêtait à - enfin - rencontrer les représentants Hartwoodois, elle se recentra sur les discussions à venir.

Les prérogatives du gouvernement Pae'Motu avaient été claires, mais celles-ci étaient bien optimistes aux yeux de la ministre. Des rêves d'unions, de partenariats avec le voisin du nord quant à l'exploitation de ces ressources, d'accords honnêtes qui permettraient aux deux pays de renforcer leurs appuis sur la scène internationale. Si l'idée de ces doux projets contrariait Airoro, ce n'était pas car ils étaient naïfs. Non, Hartwood avait toujours été un voisin aussi courtois que raisonnable, et trouver un terrain d'entente sur l'exploitation des nappes pétrolifères qui semblaient apparaître jours après jours ne semblait pas inenvisageable. Il faudrait simplement réussir à naviguer avec les différences dans la façon d'exploiter les ressources naturelles. Hartwood s'en remettait pour cela à de grandes entreprises de forage et de prospections. Cela permettait de mettre plus rapidement en œuvre de plus gros moyens que les petites entreprises publiques aux savoir-faire spécifiques du Pae'Motu, mais de l'avis d'Airoro être contraint de prendre en compte l'avis de quelques PDG fortunés n'était pas une situation enviable, peu importent les performances.
Ce n'était donc pas la soi-disant naïveté de ces projets qui rendait Airoro amère. C'était cette propension du Premier Ministre Whakawerawera de se mettre en quatre dès qu'il était question de trouver un moyen "d'asseoir la position du Pae'Motu sur l'échiquier international". Le Premier Ministre cherchait sans aucune honte le moindre allié, la moindre ressource à sécuriser, et si Airoro admettait que c'était évidement là la chose la plus censée à faire pour assurer la pérennité de l'archipel, elle grinçait toujours des dents quand le chef de son propre pays lui rappelait qu'elle venait d'une nation accusant un certain retard de développement, ne possédant que peu de terres arables, qu'un rayonnement culturel modéré à l'international, et qui cherchait désespérément d'autres pays de seconde zone qui accepteraient de lui tendre la main. Une bien triste attitude pour le pays qui avait réussi à préserver sa culture ancestrale malgré plus d'un siècle de colonisation, à se constituer une flotte commerciale à la pointe du progrès malgré des matériaux de construction à la pointe du progrès, et qui faisait preuve d'une ingéniosité rare pour compenser les écueils inhérents à un territoire insulaire.

Après quelques minutes de marche dans un long couloir tapissé, l'Hartwoodois qui précédait la ministre s'écarta pour lui laisser voir une lourde porte. Derrière, sans doute, les spécialistes locaux en énergie, forage, économie de marché; des représentants de toutes les structures Hartwoodoises ayant des intérêt économiques dans cette affaire; des représentant politiques, tous passant une dernière fois en revue leur stratégie pour maximiser la rentabilité des futures exploitations pétrolières qui recouvriraient sans tarder les eaux jouxtant les 9 Ko'ia et les îles volcaniques du nord. Le travail d'Airoro allait pouvoir commencer
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