La Guerre des Quatre Cités. (-322 à -293)

« En temps de paix, les fils ensevelissent leurs pères ; en temps de guerre, les pères ensevelissent leurs fils. » - Célèbre citation du philosophe Hecaton (-341 à -291).
La situation changea inévitablement avec l’invasion des Salvins à l’ouest et le renforcement progressif au fil des années du jeune Royaume de la cité de Sovinor. Une nouvelle puissance était née et celle-ci avait un accès à la mer, une opportunité qui ne manqua pas de convaincre le Roi d’Aros qui voyait-là un moyen indirect d’obtenir la flotte dont il rêvait tant. Aros tenta alors timidement de s’attirer les faveurs de Sovinor en envoyant plusieurs délégations chargées de promouvoir la culture arosienne et les possibilités qu’offriraient une telle alliance notamment au niveau de la production agricole arosienne qui était particulièrement conséquente pour l’époque tandis que la jeune cité sovinorienne avait encore parfois du mal à subvenir à ses besoins. Bien évidemment la cité de Novir voyait alors d’un mauvais œil ce rapprochement diplomatique qui risquait à tout moment d’être l’origine d’une ligue anti-novirienne. C’est dans ce contexte que Hectelion mis au point sa célèbre ruse qui lui vaut encore aujourd’hui d’être un personnage central de l’histoire hellénique de la région. Conscient qu’il perdrait la guerre s’il attaquait la toute puissante Novir seul, Hectelion avait absolument besoin de convaincre Sovinor de rejoindre sa guerre, mais la cité refusait préférant un isolationnisme précoce qui n’arrangeait bien évidemment pas les affaires d’Aros.
Le jeune roi mit alors au point un plan pour atteindre son objectif stratégique. C’est dans les geôles de la cité qu’il trouva la solution qui lui manquait. En libérant quelques contrebandiers qu’il détenait en prison, il obtint d’eux qu’ils le mettent en relation avec une bande de pirates qui écumaient alors les eaux entre Novir et Sovinor. En échange d’une belle somme, les pirates acceptèrent de mener des raids sur les colonies côtières de Novir. Au même moment, Hectelion réussissait à convaincre le vieux Roi de Sovinor de mener une expédition pour coloniser un îlot où se trouvait soi-disant un trésor divin. Une petite flottille en provenance de Sovinor s’engagea alors en direction de la pointe de Pyreä qui annonçait la baie des Novis. C’était toutefois une ruse d’Hectelion qui savait qu’une flotte novirienne se dirigeait au même endroit pour punir les pirates qui campaient sur cette îlot. Les flottes se rencontrèrent alors par surprise et ce fut le chaos, la flotte novirienne ne sachant distinguer la différence entre les pirates et les sovinoriens, se mit à pourchasser la flottille du Roi de Sovinor dont le navire sombra d’ailleurs à la suite de son éperonnage par une trière novirienne. La bataille navale fut courte et dévastatrice pour les salvins, seulement deux navires revinrent au port de Sovinor annonçant par la même occasion la mort de leur Roi. Hectelion lui, se frottait les mains, il venait d’obtenir une raison évidente de convaincre les salvins de combattre à ses côtés contre la cité de Novir.
Ce véritable coup de maître avait permis la levée d’une alliance inattendue entre la cité d’Aros et celle de Sovinor. Le jeune héritier cédant aux affres du chagrin accepta sans contestations la demande d’Hectelion qui réclamait à Sovinor de fournir une armée à Aros dans sa guerre contre Novir. L’équilibre des forces s’en trouvait ainsi complètement changé et fort d’une puissance renouvelée, les ambitions du Roi d’Aros se focalisaient maintenant sur Novir, la cité rivale. C’était le début d’une longue guerre. Dès le printemps, il était à la tête d’une armée de trois milles hoplites d’Aros et de deux milles cinq-cents fantassins de Sovinor, traversant le lac de Valinor, l’armée se dirigea vers le sud en plein territoire novirien. C’est le célèbre épisode du « marathon d’Hectelion », ce dernier conscient que Novir était déjà entrain de former une armée pour défendre les frontières, poussa son armée selon la légende à traverser environ 450km en seulement 6 jours pour fondre tout droit sur la colonie portuaire de Pyreä qui appartenait alors à la Cité-République de Novir. En surnombre, ses troupes prirent la colonie très facilement et s’établirent sur place en vue de lui construire une flotte digne de ce nom.