

“La coopération des clans Waata et Mamangy avec le gouvernement mandrarikan, une traîtrise infâme qui ne doit pas entamer l’élan donné à la cause des Forces Claniques Combattantes dans la libération du pays” ce sont par ces mots que le seigneur de guerre Mukhtaar Andrianjanaka a tenu à réagir aux différents communiqués évoquant l’intérêt des clans Waata et Mamangy, pour la proposition gouvernementale, offrant cession de terres arables et fertiles en contrepartie d’un statut privilégié.
Le racolage des autorités gouvernementales mandrarikanes envers plusieurs clans jusqu’ici peu engagés contre les forces de l’ordre locales, témoigne de la fourberie empruntée par le Premier Mandrar. Une fourberie destinée à installer plusieurs seigneuries de guerre sur des terres viabilisées afin qu’elles contiennent les assauts des autres seigneuries pour le compte du gouvernement, exposé à des escarmouches avec certains clans n’hésitant pas à traverser tout le Basango pour répandre la terreur et le sang dans l’arrière pays. Le procédé est vieux comme le monde, principalement utilisé lorsque des cités antiques subissaient les assauts de peuples nomades. Les citadins signaient des conditions de paix qui octroyaient des terres où l’installation de cultures nomades devenait permise et celles-ci, en contrepartie, protéger l’ensemble de la région de nouvelles agressions d’autres cultures nomades.
Une ancienne ruse mais qui fait toujours son lot d’émules, à en croire l’enthousiasme de plusieurs seigneuries autour du projet gouvernemental.
Les clans Waata et Mamangy n’étaient pas les plus engagés militairement contre le gouvernement mandrarikan, ils défendaient leurs terres arides, rien de plus. Aussi, la proposition gouvernementale proposant la cession de terres cultivables, pour pérenniser un statut quo déjà éprouvé, était une offre à sérieusement considérer. Pour les autres clans et seigneuries de guerre, qui ont perdu plus de proches, y compris au sein des familles règnantes telles que les Tsiandopy et les Jaonarison, céder à l’appel du pied gouvernemental ne figure pas encore parmi les options possibles.
Si le gouvernement mandrarikan parvenait effectivement à rallier les clans Waata et Mamangy, ce dernier s’assurerait désormais de la pacification d’environs six cents combattants des FCC, sans la moindre effusion de sang, un coup de maître qui n’avait jusqu’ici jamais été mis en oeuvre dans la politique intérieure du pays.
“On sent bien que le gouvernement mandrarikan, las de nous opposer ses milices de fanatiques, souhaite maintenant diviser les seigneuries et les opposer entre elles” énoncent avec de moins en moins de détour plusieurs figures des clans opposés au gouvernement mandrarikan. Une manœuvre qui repose sur les besoins des différentes communautés, à trouver l'autosuffisance alimentaire et les conditions propices à une installation durable.
Malgré la dislocation d’une partie des seigneuries, largement attirées par la proposition des autorités mandrarikanes, les seigneuries de guerre Andrianjanaka, Tsiandopy et Jaonarison ont réaffirmé leur volonté la plus ferme, d’abattre le pouvoir mandrarikan installé à Mpiko. Un objectif ambitieux et de plus en plus incertain, compte tenu des tensions croissantes émergentes entre les clans Jaonarison et Tsiandopy, face à celui des Andrianjanaka. Les deux premiers clans reprochent au troisième de s’être engagé dans le massacre de Todombe. Cette attaque, perpétrée par les Andrianjanaka, a offert aux autorités mandrarikanes les raisons suffisantes pour exécuter différents proches et membres des familles Jaonarison et Tsiandopy.
Si les trois principaux clans des Forces Claniques Combattantes (FCC) ne coopèrent plus ensemble, tout espoir de vaincre militairement les forces gouvernementales serait vain…