04/10/2019
05:10:42
Index du forum Scène Internationale Diplomatie internationale Organisations internationales Organisation des Nations Commerçantes

[Conseil de Sécurité] – ONC - Page 2

3233
Logo de la Présidence de l'ONC

Projet de motion
Relatif à la création d'une agence de sécurité de l'ONC et d'un tribunal international complémentaire.


Logo potentiel de l'agence I.B.C
Avec cette motion, le représentant novigradien espère renforcer les prétentions de l'ONC à mener une justice internationale dans le monde libre.

Proposé par : Konstantin Ivanov, haut-représentant novigradien au sein de l'Organisation des Nations Commerçantes.
Date : 11 juillet 2011

Préambule au vote :



Cette proposition fait suite à la motion portée par les représentants de l’Alguarena et relative à l'instauration d'une liste commune de criminels recherchés et l'internationalisation de certaines décisions de justice locales. Considérant la montée à l’international d’une hostilité envers l’ONC et la recrudescence de la piraterie en mer, nous proposons la mise en place d’une agence annexe en charge de la lutte contre la criminalité à l’encontre des ressortissants des états-membres de l’ONC.

Constatant les difficultés organisationnelles qu’impliquent une mobilisation sous pavillon national des forces de sécurité des états-membres. Nous jugeons que la création d’un telle agence serait bénéfique pour le traitement des affaires qui ne requièrent pas une intervention militaire de grande ampleur.

En outre, nous proposons la création d’un organisme de droit international du nom de « International Bureau of Crime » (I.B.C) sous le patronage exclusif de l’Organisation des Nations Commerçantes. Les objectifs déclarés de l’IBC seront :

• La traque et l’arrestation des individus recherchés pour des crimes à l’encontre des Etats-membres de l’ONC.
• La lutte contre les actes de piraterie et la protection des voies commerciales maritimes de l’ONC.
• La lutte contre les actes de piraterie dans les airs et la protection des vols civils et commerciaux de l’ONC.
• La protection des bureaux physiques de l’ONC, de son Président et des représentants permanents.
• La mise en place d’un réseau de coopération policière entre l’ONC et les états extérieurs à l’organisation.
• L’identification et l’arrestation des criminels internationaux accusés de « crime contre l’humanité » par l’ONC.

En ce sens, nous souhaitons octroyer une habilitation à l’usage de la force aux futurs agents de cet organisme ainsi qu’une reconnaissance et une pleine coopération de la part des forces policières des États-membres de l’ONC. Afin de garantir une bonne représentation des intérêts des États-membres, nous proposons la nomination d’au moins un enquêteur par État-membre. Les capacités matérielles seront donc directement fournies par les États-membres.

Toujours dans l’esprit de mise en œuvre d’une politique de répression à l’encontre de ceux qui souhaitent s’en prendre à nos ressortissants. Nous accompagnons cette motion d’une seconde proposition complémentaire : la création d’une Cour Internationale de l’ONC afin de donner des moyens à l’IBC pour mener à bien sa mission. Cette cour de justice sera bien évidemment composée d’un magistrat-représentant par État-membre garantissant ainsi la pleine légitimité de la justice de l’ONC. Enfin, cette manœuvre serait un atout de plus pour garantir le soft-power de notre organisation.

Proclamation des résultats et synthèse des votes soutenus par les états membres de l'ONC :


POUR: NOVIGRAD, LOFOTEN, ALGUARENA, JASHURIA, YOUSLEVIE

CONTRE:

ABSTENTION: BANAIRAH, PERONAS, FORTUNA, VOGIMSKA, YUHANACA

Le texte de projet de loi est EN COURS

Synthèse des logiques partisanes POUR le projet de motion:



Synthèse des logiques partisanes CONTRE le projet de motion:

Synthèse des logiques partisanes S'ABSTENANT sur le projet de motion:


426
presidenceon


Position des Provinces-Unies au sujet de la motion présentée par la République Fédérale du Novigrad:
Pour


Søren Silvertrupp :

"Nous soutenons activement la proposition de notre estimé collègue Konstantin Ivanov, haut-représentant novigradien. Nous gageons que les Provinces-Unies, réputées pour la qualité de leurs services de renseignements et de leurs forces de sécurité, mettrons leurs ressources et leurs informations à la disposition de l'I.B.C si elle voit le jour.
827
Position de la Fédération d'Alguarena

Portrait Ichtaca Divigracia
Ichtaca Divigracia est le représentant officiel de la Fédération d'Alguarena auprès de l’Organisation des Nations Commerçantes.


Position actuelle : POUR

Dans la cohérence la plus totale avec l'esprit justicier qui a animé notre dernière proposition de vote, autour de l'identification des criminels internationaux et le financement des aides à leur capture, la Fédération d'Alguarena soutiendra à travers ma voix, le projet porté par le haut-représentant novigradien au sein de l'Organisation des Nations Commerçantes, Konstantin Ivanov. Nous sommes même tentés, à travers notre démarche d'identifier des financements à la capture de criminels internationaux et la sienne, portée sur la pénalisation des actes répertoriés, d'assimiler les deux propositions aux votes que nous vous demandons humblement d'identifier comme un tout à la mise en application des présents textes.
3132
Position de la Troisième République du Jashuria

pasan
Pasan Sakda est le délégué jashurien auprès de l’ONC. Il siège à l’ONC au nom de la République des Deux Océans


Position actuelle : POUR

Le 11 juillet 2011, la Troisième République du Jashuria, représentée par l’honorable Pasan Sakda, délégué jashurien auprès de l’ONC, a rendu son verdict concernant la proposition de monsieur Konstantin Ivanov, représentant novigradien à l'ONC.

A mesure que notre organisation se forge une destinée commune sur la scène internationale et que nos partenariats se renforcent, la proposition de l’honorable Konstantin Ivanov, représentant novigradien à l'ONC s’inscrit dans le prolongement des actions menées jusqu’ici pour faciliter la coopération entre les pays-membres de l’Organisation des Nations Commerçantes. L’enjeu de la constitution d’une cellule de recherche internationale, dont le nom reste à débattre, est crucial pour mener à bien cette idée d’intégration poussée entre nos pays.

Les arguments avancés par le Novigrad visent à la création d’une agence internationale spécialisée dans la traque et la mise sous les verrous des criminels recherchés dans les pays-membres de l’ONC. Ces dernières années, l’internationalisation du crime organisé est devenue l’un des fléaux du monde moderne. Nous ne comptons plus les actions menées par la justice au niveau national, pour déraciner les circuits mafieux, qui achoppent de manière désastreuse pour des questions de droit international car les prévenus ont réussi à passer la frontière, ou à externaliser suffisamment leurs activités illégales pour passer entre les mailles du filet.

Car il ne faut pas nous y tromper. Si la capture de criminels de guerre est un sujet important, le principal intérêt de cette proposition est de pouvoir mutualiser les données et les recherches sur les agences criminelles ayant un pied dans plusieurs pays. L’internationalisation du crime organisé, allié à la connaissance de plus en plus poussée des criminels sur nos méthodes et sur les faiblesses de notre système judiciaire nous conduisent mécaniquement à renforcer à la fois notre arsenal juridique national et à déplacer le champ de la recherche des criminels et de leurs réseaux sur le plan international. La création d’une agence internationale, capable d’opérer à une échelle plus large, est un argument de poids pour que nos pays puissent traiter le mal à la racine et extraire les mauvaises herbes avant qu’elles n’aient le temps d’essaimer dans d’autres secteurs.

A ce titre, et au vu des arguments exposés par le Novigrad, la Troisième République du Jashuria émet un avis favorable à la création d’un organisme de droit international du nom de « International Bureau of Crime » (I.B.C) pour les Etats-membres de l’Organisation des Nations Commerçantes. Les objectifs déclarés de l’IBC, ainsi que les éléments présentés par le représentant Ivanov, ont reçu l’approbation du Cercle Intérieur et la Troisième République du Jashuria est prête à soutenir pleinement cette initiative et à financer la création de cette agence internationale afin de faciliter la traque et l’arrestation des individus recherchés pour des crimes à l’encontre des Etats-membres de l’ONC.

La seconde proposition, à savoir la création d’une Cour Internationale de l’ONC afin de donner des moyens à l’IBC pour mener à bien sa mission ; reçoit aussi l’approbation des autorités jashuriennes.

Nous encourageons vivement les Etats-membres à voter sans réserve une telle proposition, qui va dans le sens d’un rapprochement de nos pays.


2994
Prise de parole de la Représentante youslève à l'ONC

Erlanah Hartys
Erlanah Hartys est la nouvelle représentante de la Youslévie à l'ONC depuis que Thaumas Emond ai décidé de démissionner afin de concourir à la direction du Conseil de la RFY aux élections législatives de 2014.



Chers membres du Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Commerçantes,
Mesdames, Messieurs,

La République Fédératrice de Youslévie souhaite attirer l'attention sur la situation actuelle en Afarée, plus particulièrement concernant les épouvantables événements au sein de la République du Diambée. Nous assistons actuellement à ce que nous pouvons considérer comme, au moins, à un nettoyage ethnique ou, au pire, à un génocide. Les musulmans se font actuellement massacrer et expulser avec une minutie et une efficacité qui défie les lois de la logique et laisse penser que si les Diambéens continuent sur cette voie, il n'y aura plus un musulman en vie d'ici quelques semaines.
De plus, la gestion de cette crise par l'Union Absolue de l'Afarée ne peut que nous rendre encore plus inquiets. Deux millions de musulmans du Diambée sont à la porte du pays et risquent d'être obligés de le quitter pour rejoindre les autres pays membres de l'UAA. En plus de donner raison aux génocidaires diambéens , cette réception massive risquera de déstabiliser l'équilibre fragile dans ces pays et beaucoup d'éléments nous laisse à penser que les évènements du Diambée ne seront bientôt plus isolés.
Le chaos provoqué par le régime militaire de Moussa Diango ne doit pas se propager dans l'ensemble de l'Afarée. Il est donc urgent de mettre le holà à cette zizanie que nul ne semble en mesure de stopper aussi bien au Diambée qu'à l'UAA.

Il est évident qu'aujourd'hui l'Organisation des Nations Commerçantes est l'un des seuls organes capable à la fois d'enrayer l'engrenage génocidaire au Diambée et de raisonner l'UAA en apportant une solution crédible et réalisable à cette crise. Je le répète, il en va de la sécurité d'un continent entier, et par conséquent de l'ensemble de l'équilibre fragile que nous tentons de conserver à l'échelle du globe. De plus, si nous n'agissons pas, d'autres le ferons à notre place, sans doute pas pour le meilleur.

Nous proposons donc d'établir conjointement une motion qui, en premier lieu, définira les agissements au Diambée pour les condamner avec la plus grande fermeté. Pour la République Fédératrice de Youslévie, il semble évident que nous sommes face à des actes commis dans l'intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux - ici les musulmans Diambéens - soit un génocide.
Il nous semble aussi évident que les instigateurs de ce génocide sont connus. Le premier responsable est Moussa Diango, leader du régime militaire à l'origine de ce massacre. Il doit donc répondre de ses crimes devant un tribunal. Nous proposons donc l'ajout de Moussa Diango ainsi que des principaux commanditaires de ce génocide sur la liste des personnes actuellement recherchées par le BUREAU INTERÉTATIQUE DE LUTTE CONTRE LES CRIMES INTERNATIONAUX.
Enfin, la République Fédératrice de Youslévie propose un embargo total de l'Organisation des Nations Commerçantes à l'encontre de la République du Diambée.

Pour conclure, la République Fédératrice de Youslévie souhaite transmettre son plein soutien aux musulmans diambéens et exhorte les autres États, membres de l'ONC ou non, à prendre leurs responsabilités.

Merci de m'avoir écouté.
2674
Position de la République de Miridian

Position actuelle : POUR

Dans un premier temps nous aimerions remercier Madame Erlanah Hartys représentante de la Youslévie qui a mit un sujet de grande importance sur la table. L'État autocratique et autoritaire mis en place au Diambée et dirigé par le dictateur Moussa Diango est coupable d'un genocide sur son propre peuple. Il est évident que cette épuration ethnique visant la communauté musulmane révèle la nature violente et barbare d'un régime qui se maintient au pouvoir par la haine et la force. Comme l'a fait remarqué la représentante youslève en parallèle de ce drame humain, l'UAA organisation nouvellement créer à fait preuve d'un amateurisme et d'une naïveté confondante que je suspecte d'être de la complaisance. Leur gestion enfantine de la crise l'a aggravée et amplifiée avec de nombreuses hésitations accompagnées in fine par une décision irréfléchie et court termiste. Les pays afaréens encore pour la plupart en voie de développement ne sont pas prêt ni socialement ni financièrement pour un tel afflux de réfugié. Tellement préoccupés par vouloir donner une solution rapide au problème l'UAA ne semble pas avoir pris le temps de réfléchir si sa solution n'était pas en réalité aussi grave que le problème. La population musulmane en Diambée ne souhaite pas l'exil mais de vivre en paix dans ce qui est leur pays. Or pour cela la condition est chute du régime militariste de M Diango. Cette crise révèle la profondeur fracture qui sépare l'afarée, encore en proie à des conflits ethniques et dont les pays font pour la plupart preuve d'une incompétence ahurissante.

Avant toute volonté d'engagement il convient à nos yeux de réfléchir si une telle chose sert nos intérêts. Or la violence dont à fait preuve le Diambée ainsi que sa dimension militariste nous pousse à penser qu'il agira à l'avenir en agent de déstabilisation du continent afaréen. Dans le cas où le Diambée poursuit son développement économique et millitaire il pourrait à terme exporter sa haine des musulmans à l'étranger menaçant l'équilibre entier de la région. Voilà pourquoi comme l'a déjà noté la Youslevie nous encourageons la mise en place de mesures fortes.

Concernant la condamnation du génocide à travers un communiqué, nous l'approuvons. De plus nous validons aussi le fait que les commanditaires de ce génocide soit inscrits sur la liste des personnes recherchées par le Bureau Interétatique de lutte contre les criminels internationaux. Pour ce qui est de l'embargo sur le Diambée là aussi nous sommes d'accord. Enfin en plus de toutes ces mesures je propose au conseil de sécurité de procéder à un blocus naval du Diambée. Ce dernier étant faible navalement ne pourrait mettre en danger nos forces navales. De plus grâce à cette mesure, les transferts d'armements ainsi que le commerce vers l'étranger du Diambée seront suspendus. Cela permettra de fragiliser l'économie du pays et par ce fait de fragiliser le régime de Diango. Le tout en empêchant les transferts d'armements qui pourrait renforcer l'armée nationale du Diambée.

Merci pour votre attention
1894
Position des Provinces-Unies du Lofoten

Mary Alice Lockwood
Mary-Alice Lockwood, ambassadrice lofotène auprès de l’ONC. Elle siège à l’ONC au nom de la République Fédérale des Provinces-Unies du Lofoten depuis 2011.


Position actuelle : POUR

Nous souscrivons pleinement à la déclaration de notre estimée collègue de la république de Youslévie. ces faits, s'ils sont avérés, relèvent clairement de crimes contre l'humanité et constituent à nos yeux, un motif légitime, à minima, de condamnation ferme et entière, ainsi que l'inscription des responsables politiques ayant participé, initié, ou même couvert de telles activités génocidaires aux personnes recherchées par le BUREAU INTERÉTATIQUE DE LUTTE CONTRE LES CRIMES INTERNATIONAUX.

Dans ce cadre législatif, les Provinces-Unies proposent de mettre à disposition les services juridiques adéquats pour une telle traduction en justice, et de mettre en place une Commission d'Enquête Spéciale, afin d'investiguer sur les potentiels crimes et atrocités commises, de récolter preuves et témoignages en ce sens. Des agents spécialement formés à ce genre d'activités, qui ont déjà enquêté sur les crimes commis par les dictateurs prodnoviens, loduariens ou kroniens, pourront être dépêchés sur place quand cela sera possible.

Nous souscrivons à l'idée d'un ensemble de sanction économiques contre la République du Diambée et visant plus spécifiquement son gouvernement. Nous proposons également la mise en place d'une vaste opération humanitaire et sociale, dans le but de soulager et d'aider les victimes et populations civiles victimes d'exactions et de soulager les souffrances du peuple de Diambée.
En outre, le Diambée est voisin du Mandrarika, une autre zone explosive aux mains de seigneurs de guerre réputés ultra violents, qui a été ensanglanté pendant de nombreuses années. La région semble donc extrêmement instable et être le théâtre de violences perpétuelles inouïes. Afin d'éviter la contagion et de contenir les massacres de masse, à défaut d'une intervention directe, peut être devrions nous contacter d'autres nations alentours afin de mettre en place une coalition pour le maintien de la paix dans la région ?




1090
Position de la Fédération d'Alguarena

Ichtaca Divigracia
Ichtaca Divigracia, représentant fédéral pour l'Alguarena au sein de l'Organisation des Nations Commerçantes.


Position actuelle : POUR

La Fédération d'Alguarena souscrit pleinement au projet d'inscription du dirigeant Moussa Diango parmi les personnes recherchées par le Bureau interétatique de lutte contre le crime international. Toutefois en l'absence d'une quelconque enquête et investigation au Diambée, la Fédération d'Alguarena pense ne pas préciser davantage la désignation des charges retenues contre l'actuel dirigeant du Diambée, si ce n'est qu'il s'est manifestement rendu coupable de crimes et exactions contre des populations civiles, manifestement en raison de leur religion.

Il appartiendra à des enquêteurs et un juge désignés, de déterminer l'ampleur des crimes commis ainsi que que de préciser les motivations exactes qui les ont animées.

Pour contribuer, et à fortiori inciter à l'arrestation du chef de la junte diambienne Moussa Diango, la Présidence Fédérale consent à proposer trois millions de pesetas alguarenas (3 000 unités monétaires internationales) à partager entre les acteurs notables de sa capture, dès lors que ce dernier serait livré au présent bureau.
5189
.
Athina Ditripa, représentante de la Youslévie à l'ONC

C'était un petit évènement qui était en train d'arriver au Conseil de Sécurité de l'Organisation des Nations Commerçantes. Pour la première fois depuis la victoire du NPN (Néo-Partido-Nacionalista) aux législatives et l'arrivée d'Hemeraldo Vera à la tête de l’État en Youslévie, la délégation de la RFY allait prendre la parole. Ouvertement ONCeptiques, Vera et les néo-nationalistes youslèves avaient montrés leur défiance envers l'alliance notamment en ne prenant pas la parole au Conseil de Sécurité depuis plus de trois ans, soit le début du mandat de Vera.

La coopération avec certains des autres États-membres ne s'était pourtant pas arrêté. Au contraire même, les exercices et opérations coups de poings en collaboration avec l'amiral Deria, l'Empire Confédéral Uni ou même Velsna n'avaient jamais été aussi importants, en récurrence comme en implication pour la Youslévie. Toutefois, la République Fédératrice de Youslévie s'était bien gardée de mettre en place ces opérations dans le cadre de du traité de Novigrad et les officiels interrogés sur la question ont soutenus à maintes reprises que ces associations auraient eu lieu même sans l'ONC.

C'était donc une totale surprise de voir Athina Ditripa, qui avait brillé par son absence, lever la main pour demander la parole durant cette assemblée ordinaire du Conseil de Sécurité. Contrairement à ses prédécesseurs qui s'étaient toujours employés à parler dans la langue diplomatique d'usage. La diplomate parla durant tout son discours en youslève, obligeant donc ses homologues étrangers à prendre dans la précipitation les casques de traduction à leur disposition.


Athina Ditripa a écrit :
Chers membres du Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Commerçantes,
Mesdames, Messieurs,
Vos Excellences,

Je prends la parole aujourd'hui devant vous pour vous faire part des inquiétudes de la République Fédératrice de Youslévie vis-à-vis de la situation en Messalie. Chers homologues non-Eurysiens, je peux tout-à-fait comprendre que ce qui se passe chez nous ne recueille que peu de grâce à vos yeux mais je vous prierai tout de même d'écouter avec la plus grande attention ce que nous avons à vous dire, il en va de la Paix et la Prospérité, deux des valeurs fondatrices de notre organisation.

La Messalie est donc sous la menace de groupes terroristes d'ultra-droite qui fomentent un coup d’État contre les actuelles instances étatiques messaliotes. Ces fascistes sont actuellement en train de prendre des forces dans l'ombre, mais aussi en pleine lumière, notamment par l'intermédiaire de leur principal bras politique, le parti de l'Olivier. Ce groupe prépare le terrain pour une prise de contrôle de la société messaliote dans la violence. Nous ne nous basons pas sur de simples doutes, ni même sur une intime conviction, nous avons des preuves de ce qui se prépare en Messalie. Notre réseau d'informateurs ainsi que des contacts au sein de ces groupuscules nous ont fait part de leurs inquiétudes concernant les véritables motifs de l'Olivier et de ses membres. Nous sommes par ailleurs prêts à vous les fournir au moment opportun.

Bien que nous n'ayons absolument aucune empathie pour les dirigeants actuels en Messalie nous, Youslèves, ne pouvons, en tant que Nation sœur, laisser les citoyens messaliotes à la merci d'une menace. Il est du devoir de la Youslévie de protéger la civilisation hellène de ceux qui chercheront à lui nuire, l'Olivier y compris. Il est également de notre devoir de protéger les intérêts économiques de l'ONC en Eurysie du Sud. Je sais d'ailleurs que mes chers homologues Antériniens et Fortunéens seront tout à fait d'accord avec moi. Nous ne pouvons laisser cette région retomber dans l'obscurantisme comme à l'époque de la dictature eurycommuniste de Baldassare Calabraise au Kronos. Nos efforts pour rendre cette région à nouveau attractive et prospère ne peuvent s'effondrer tel un château de cartes à cause d'un groupe terroriste profitant des errements d'institutions corrompues et dysfonctionnelles.

Par conséquent, nous estimons qu'il est important de montrer que la plus puissante alliance au monde fasse preuve de la plus grande fermeté envers l'Olivier ainsi que les groupes d'extrême droite en Messalie et mette le gouvernement messaliote face à ses responsabilités. Nous demandons donc l'inscription de l'Olivier, ses mouvements de jeunesse et tous les autres organes affiliés à ce pseudo-parti au registre des associations terroristes. De même, nous entamons les démarches nécessaires pour inscrire le leader oliviériste Régis Tomaso sur la liste des personnes recherchées dans le cadre du Bureau Interétatique de Lutte contre les Crimes Internationaux.
Nous savons pertinemment toutes les implications derrière nos accusations et nos propositions. Nous avons également conscience du danger que constitue l'Olivier et ses sbires, c'est pourquoi nous prenons ces mesures que certains considéreront drastiques mais qui, je vous l'assure, ne constituent que la première étape d'un grand plan que nous n'hésiterons pas à mettre à exécution si nous n'obtenons pas gain de cause auprès du gouvernement messaliote. Nous nous adressons directement à M. Tomarels et l'exhortons à réagir rapidement, à reprendre son pays en main et à se tourner vers les valeurs ancestrales messaliotes afin de ne pas rentrer dans les livres d'histoire comme celui qui aura fait sombrer son pays une énième fois dans la crise. Sachez par ailleurs que l'Olivier et Régis Tomaso sont d'ores et déjà inscrits sur la liste noire du Service de Sûreté et de Renseignement Extérieur Youslève. Nous transmettrons les fiches correspondent au BULCI dans les plus brefs délais.

Je n'ai rien à ajouter si ce n'est vive la Youslévie et la Messalie hellènes. Merci de votre attention.

Alors que Athina Ditripa s'éloigne du micro, un ange passe dans la grande salle accueillant le Conseil de Sécurité. Les autres représentants ONCiens se regardent avec stupéfaction. Il aura fallu attendre longtemps avant d'entendre le son de la voix de Ditripa mais beaucoup étaient déjà nostalgiques de son mutisme.
8015
Dossier Messalie (Session privée)

Intervention de la délégation velsnienne



a


Intervenant: Son excellence Alessandro Benedetti, Sénateur, légat de la Grande République pour l'ONC et chargé de communications pour les relations ONC-OND.


C'était la première session du Conseil de Sécurité depuis l'adhésion de la cité velsnienne au sein de l'Organisation des Nations Commerçantes. Pour l'occasion, bien qu'étant davantage habitué au costume trois pièces, son excellence Benedetti arborait une toga traditionnelle fortunéenne, encore visible dans certains rangs du Sénat des Mille de Velsna de nos jours, mais de plus en plus rare.

La convocation de cette session n'avait pas été sans surprendre le légat velsnien pour l'ONC, d'une part en raison de la rareté des occurrences de la délégation youslève, qui n'avait guère figurée depuis longtemps au Conseil de Sécurité, mais également pour la raison invoquée dans l'intitulé de la la réunion, qui sortait grandement de l'ordinaire. Si la Messalie faisait l'objet d'un certain interêt aux yeux des autorités velsniennes, principalement sur motifs économiques, l'énoncé des revendications youslèves était particulièrement ambitieux, voire téméraire. Un langage qui parlait assez peu à une diplomatie velsnienne, d'ordinaire habituée à avancer ses pions de manière plus prudente.

L'usage de la langue youslève avait quelque perturbé le sénateur et légat Benedetti, qui ne parlait guère d'autre langue que le velsnien standard, et pouvait comprendre quelques bribes de fortunéen classique. Il se tourna vers sa traductrice, quelque peu confus:
- Anna. Quelle est donc cette langue appossible à parler ?
- Je...je crois que c'est du youslève excellence.
- Ah. Et pourquoi donc ?
- Parce que c'est la délégation de Youslévie.
- Ahhhhh, je vois. Je ne suis pas habitué à ces usages barbares, hésite pas à me reprendre dans leur langue si jamais...
- Ce sera fait, excellence.



Alessandro Benedetti a écrit :

Chère excellence,

Il va sans dire que nous sommes ébahis par votre éloquence, et touchés de l'attachement émotionnel que vous portez au patrimoine culturel de votre pays. Il est donc normal, à votre place, de vous soucier du sort d'une nation proche de la vôtre. Mais je pense qu'il nous faudrait davantage aborder la question massaliote sur un autre angle que celui de la culture et de la politique. Qu'est-ce que la Messalie ? Que signifie t-elle pour nous autres, membres de l'ONC. Chacun d'entre nous aura une réponse différente à vous apporter. Dans le cas de ma délégation, je puis donc vous dire ceci: la Messalie est un pôle économique en Eurysie de l'est, dont il faudrait tôt au tard nous intéresser. Il s'agit de l'une des premières bourses d'échange du continent, assorti d'une économie dynamique garantie par un droit du travail quasi nul. A ce titre, oui, la Messalie nous intéresse. Mais est-ce le cas pour cette formation politique que vous décrivez: l'Olivier.

Excellence Ditripa, nous sommes entièrement disposés à vous écouter et à vous entendre, à propos des éventuelles preuves d'une tentative de coup d'état imminente de la part de cette formation politique. Mais jusqu’à preuve du contraire, l'Olivier a des airs d'un parti de droite dure populiste comme il en existe partout ailleurs dans le monde, y compris dans nos propres pays membres: en Alguarena, chez nous à Velsna, en Youslévie... pourtant, il n'est pas venu à notre esprit l'idée de les interdire pour le moment. Pourquoi donc devrions nous être davantage inquiets par l'Olivier que par des formations qui partagent leurs traits à la ride près chez nous ? La comparaison avec le régime de Kronos est peu flatteuse, il est vrai, mais je pense que le contexte est ici largement différent. Nous n'avons pas puni Baldasare Calabraise sur de simples suspicions de coup d'état, nous l'avons puni sur base de preuves véritables de l'existence de camps de travail en premier lieu, et pour son statut d'ennemi du commerce et du bon sens de l'autre. Or, l'Olivier n'a encore fait ni l'un, ni l'autre. A titre personnel, je ne serai inquiet de l'Olivier que lorsque ceux-ci auront un programme économique foncièrement incompatible avec les idéaux de l'ONC, et que cela nous rendra la tâche de commercer avec cette place financière impossible. Là encore, cela n'a pas l'air d'être le cas, et ceux ci ont l'air de se montrer très malléables sur la question. Ils paraissent protectionnistes au premier abord, mais je pense qu'il suffit de gratter un peu pour voir en eux de parfaits capitalistes... partir de l'instant où les étrangers ne viennent pas de trop loin.

Pour ces deux raisons, donc, je pense que le fait d'inscrire les leaders de l'Olivier sur la même liste que des criminels de masse tels des Calabraise ou des Diango est quelque peu exagéré pour l'instant, mais cela ne veut pas dire que nous n'avons pas un contre-avis à vous proposer, et qui ne pourrait pas vous intéresser. L'argument de la dangerosité de l'Olivier aura du mal à passer, je le pense, y compris vis à vis du reste du monde. Mais il y a toujours une autre solution...

Nous sommes l'ONC: notre organisation a été constituée afin de réguler et de contrôler des grands flux commerciaux. Et si nous commencions à prendre le problème messaliote par là ? La Messalie est riche, elle est prospère...et vulnérable. Vous parliez d'un "grand plan", excellence. Il se trouve que nous avons réfléchi à la question, nous aussi, et que nous pourrions tous y trouver notre compte, si la Messalie était dirigée par des individus plus...dociles. Vous, vous auriez votre Messalie héllène, et nous, nous aurions notre part du gâteau, et j'estime que nous n'avons pas besoin de l'argument de l'Olivier pour commencer à mettre en place nos pièces d’échecs. Au contraire: des oliviéristes fidèles seront plus utiles que des olivieristes morts. C'est une question de contrôle, et de soutien populaire. Or, force est de constater que l'Olivier est la deuxième force politique de ce pays, et qu'une interdiction de cette formation, à ce stade de popularité, n'aura pour résultat que le déclenchement de troubles sans précédent, et contre-productifs. Et il m'étonnerait que les messaliotes veulent de votre "hellénisme" après un tel grabuge. C'est pour cette raison que vous devriez les rallier à votre projet, plutôt que de vouloir éliminer une faction aussi puissante.

Reste à nous trouver une autre excuse pour intervenir, et qui cadrerait un peu mieux avec la position historique de l'ONC. Et il se trouve que j'en trois deux très distinctes. En premier lieu, nous pourrions reporter les accusations d'instabilité sur une autre formation politique, d'un type auquel nous sommes davantage habitués. A tout hasard...un Parti Eurycommuniste réputé virulent fera bien mieux l'affaire pour intervenir. Pourquoi ne pas exiger l’interdiction des eurycommunistes messaliotes ?

Certes, c'est un bon début, mais c'est encore un peu maigre comme prétexte d'intervention. Non, il existe deux autres raisons pour laquelle Messalie est dangereuse, ce qui n'a pas été relevée dans votre intervention: son mode de gouvernement lui-même, et l'organisation de son économie. L'économie messaliote est d'une fragilité extrême, sans aucune forme de contrôle de régulation, même de mon point de vie très laxiste de velsnien, et qui prend la forme d'un ponzi, à peine dissimulé. Et si ce n'était que ça: la ville vit au rythme d'un suffrage censitaire, dans le cadre d'un scrutin d'où est exclue plus de 20% de la population de la cité. Ce motif de frustration d'une partie du peuple messaliote pourrait nous être extrêmement précieux, et un prétexte d'intervention plus solide que "l'héllénisme". Qui irait nous reprocher d'intervenir en Messalie sous le motif de rétablir une vraie forme de démocratie ? L'OND ? Elle est la première à le faire. Le Liberlintern ? Je pense qu'ils ont d'autres chats à fouetter. Si nous interdisons l'Olivier, on nous traitera de censeurs. Si nous intervenons sous prétexte d'imposer le suffrage universel en Messalie, nous serons des libérateurs. Le choix est simple, et je choisis la deuxième option.

Maintenant, je puis me permettre de poser cette question: quelle forme prendrait une intervention hypothétique en Messalie, et quels "ajustements" nous pourrions opérer là-bas, qui rendraient une telle manoeuvre rentable. Car il ne faut pas oublier que les autres pays intervenant à vos côtés, excellence, doivent y trouver leur compte. Au titre de ma cité, je puis déjà dire que nous serions très intéressés par une éventuelle redistribution des obligations du Conseil d'administration messaliote au profit des éventuels pays intervenants. Ainsi que d'une "restructuration" de la Banque Océane, qui pourrait s’apparenter à une mise sous tutelle temporaire. Sur le plan politique, si nous instaurions un suffrage universel, il nous faudrait du temps pour appliquer des réformes nous profitant. C'est pourquoi il faudrait adjoindre à ce nouveau système, et pour une courte période, un petit conseil exécutif muni de pouvoirs élargis, qu puisse gouverner par décret le temps de stabiliser la Messalie. Il nous faudrait des Hommes charismatiques, populaires, qui dégagent une aura...un petit groupe d'Hommes providentiels, si vous préférez. Nous en avons déjà quelques uns en réserve: Francisco Déria, Mogador Altarini, Salvatore Lograno... et bien d'autres. A terme, nous laisserions une coalition composée d'héllènes, de membres de l'Olivier et d'autres formations dociles au gouvernement, toujours sous la surveillance conjointe de l'Antérinie, de la Youslévie et de Fortuna. Mais ce ne sont là que des vues de l'esprit pour le moment, et nous demandons votre avis quant à cette approche.


9303
Henri de Saint-Cyr-de-la-Tour// Làzàre Jànos, député hongrois.

D’ailleurs, Excellence Ditripa, à propos de Messalie.

Le représentant antérinien écoutait attentivement ce qu’avait à dire l’émissaire de la Youslévie ; et pour être tout à fait honnête, il ne s’attendait certainement pas à ce que se soit elle qui prenne la parole la première. Après tout, son gouvernement, populiste et hélléniste se montrait assez réticent à l’idée de jouer un jeu modérément multilatéral ; la Youslévie est l’enfant terrible de l’O.N.C ; elle se veut indépendante, mener une politique d’envergure tout en en ayant pas les moyens. C’est d’ailleurs pour ça que Vera, le Premier ministre, ne fait qu’aboyer sans pour autant mordre ; l’économie youslève est stimulée par le marché onécien, sa défense est assurée par la flotte de la Sérénissime tandis que sa diplomatie est crédible grâce à la carte de l’O.N.C, précieux atout. Seulement, si pour l’Antérinien les Youslèves essayaient de tirer le plus de gloire de l’O.N.C sans trop se mouiller ; expliquant ainsi la rhétorique farouchement souverainiste et la promotion de unilatéralisme que semble atteindre la droite locale sans pour autant dédaigner les « sorties », les démonstrations de force qui flattent tant l’orgueil national qu’elles n’effraient les nations riveraines pour la plupart dénuées d’armée de mer et incapable de pouvoir s’opposer ni même condamner la puissante O.N.C, qui avec l’intégration de l’Antérinie, mets dorénavant la main sur tout l’Ouest leucytaléen ; la Patria Rhêmiana.

Après tout, Vera a pu se pavaner avec son croiseur devant Karty, il a pu bloquer le détroit avec la tacite bénédiction ou du moins la généreuse complaisance de Deria ; c’est l’O.N.C qui permets à la Youslévie de rayonner, de briller et d’illuminer son « pré carré » ; sa zone de préséance hellénistique qu’on ne saurait lui enlever. Pour Henri, c’est même probablement l’une des bases du contrat implicite entre l’O.N.C et Vera ; nul ne touche à l’Σφαίρα youslève et au monde hellénistique en échange de sa fidélité vis à vis de l’organisation. Par ailleurs, la Youslévie se réserve un droit d’intervention, une guerre préventive en quelques sortes, visant à lui garantir son hégémonie vis à vis des États considérés comme hellènes ; une politique de l’identité qui vise à fédérer les bordures culturellement « impures », mélangées, métèques même, autour du kratos youslève. En échange, de cela l’O.N.C conserve son hégémonie dans le sud leucytaléen, d’autant que les économies des États membres s’imbriquent et s’emmêlent formant un vaste réseau bénéficiant aux grandes entreprises et aux États membres ; richissimes, un véritable club au sein du top 10, et même du top 20. Une cumulation de la puissance économique, militaire et culturelle poussée à l’absurde ; au grotesque ; les quatre plus grosses puissances financières de l’O.N.C représentent pas moins de 9.000 milliards de Produit Intérieur Brut ; dépassant de très loin l’Alternative Libertaire (le Lib’) ou bien l’O.N.D ; sympathiques chatons en comparaison des félins onéciens.

Mais pour l’Antérinien, le plus important était le commerce et l’image de la Confédération ; que le fanatisme de Vera s’abatte sur Messalie n’est pas un problème, qu’il pousse les Messaliottes à la guerre n’est pas un soucis ; après tout, que peuvent quelques dizaines de gendarmes face à une division youslève, antérinienne ou fortunéenne ; la guerre est peut-être la pire méthode pour arriver à ses fins, n’empêche qu’elle reste un moyen sur. Et puis, qui regretterait le sort de la bien malheureuse Messalie ; lorsque l’ogre loduarien sort ses crocs et qu’il se jette sur l’Antares pour le dépecer, nul ne réagit. Lorsque la puissance kah tanaise s’écrase de toute sa force sur l’Hostaline, les réactions restent médiocres. Lorsque la coalition anti-chandekolzanne mène une opération interarmes qui mène à l’annexion totale d’un État dépendant indirectement de la Couronne akaltienne, nul ne s’en émeut. L’ordre international s’effrite, tangue et menace de s’effondrer ; alors qu’auparavant seules les guerres civiles troublaient le repos du monde, les fanfares guerrières le réveillent avec fracas. Aussi étrange que cela puisse paraître, l’apathie guette ; les Grands ne s’inquiètent plus de la multiplications des conflits, tant qu’ils ne mettent pas en péril leurs intérêts. Les instincts prédateurs se réveillent ; Karty l’Isolée devient Karty l’Impériale ; la Superbe Antérinie, régnant dans une splendide isolation mène pas moins de deux blocus en seulement une année. La puissance réveille les appétits et rallume l’ambition, étincelant poignard s’apprêtant à frapper à n’importe quel moment. Dès lors, qui irait plaindre Messalie quand une guerre de grande ampleur menace de ravager une seconde fois Cramoisie, qui soutiendrait la Cité de la Baie face aux colosses ? Qui irait regretter publiquement sa mort institutionnel quand l’O.N.D ravage Carnavale ou que le Kah ruine la Krésétchénnie. Certainement pas la Confédération…

A moins que cette dernière ne soit lésée par le nouveau gouvernement en place ; depuis la victoire des Conservateurs lors des élections Générales de 2018, les entreprises privées sont devenues un relai pour l’influence antérinienne ; Terrabilis peut alimenter le trouble en Hernandie tant que ça profite à la Confédération. La preuve en est que les Magnats, les 20 familles, préfèrent défiscaliser massivement en Nouvelle-Antérinie. Carbonnex se forme, petit à petit, un véritable empire pétrolier ; d’abord au Kamaltapente puis au Salviensk, et finalement la filiale Transpex a pris le contrôle d’une partie des axes de communication messaliottes. Quant à Terrabilis, elle est trop influente à Messalie pour se permettre de voir des hellènes chercher à prendre le contrôle du pays avec des nationalistes ; les affaires sont les affaires et elle ne cédera pas la moindre de ses actions. C’est une louve et elle tient à ses « petits ». D’autant qu’elle commence, lentement mais sûrement à enserrer ses proies ; le monde agricole messaliotte ne saurait continuer à vivre longtemps sans faire face à ce monstre ; un Ovide changeant de forme, tantôt s’affirmant comme une entreprise, tantôt en se présentant comme le syndicat des agriculteurs ce géant antérinien s’apprête à métamorphoser ce petit monde ; cette petite domination des Esperanza et de leurs acolytes devait disparaître, mais en douceur, dans le calme des salons ouatés et des anti-chambres feutrées. Dans le silence des offices notariaux. Pas besoin des éclats et des esclandres, nul envie de scandales ; il suffit seulement d’être fin ; et le contexte géopolitique ne doit pas rompre trop vite l’équilibre actuel.

C’est en ayant cela à la tête que l’Antérinien tapota sur son micro, il vérifiait que ce dernier était bel et bien allumé. Tandis que devant lui une petite affichette galonnée d’or ; Son Excellence de Saint-Cyr-de-la-Tour y était apposé.

« Excellence Ditripa ; je me dois de rejoindre les propos de la Grande République ; nous ne pouvons précipiter les choses. Les intérêts économiques antériniens, et même ceux des groupes velsniens, ne peuvent être mis en péril pour une cause si juste. Vous le savez tout aussi bien que moi, dans les milieux d’affaires, un loup déjà installé dans une bergerie vaut mieux qu’un lion chassant des gazelles trop agiles. La subtilité doit prévaloir dans toute les situations ; mieux vaut patienter ; le climat social messaliotte se détériore à vue d’oeil ; regardez cette campagne spectaculaire ! Le Bien contre le Mal ; une compétition handisport de manichéisme. La société se fracture ; la situation se détériore et les sondages corroborent cela ; nécessairement les fascistes se battront avec les Conservateurs. Et c’est à ce moment là qu’il faut en profiter !

Laissez le climat se détériorer et nous atteindrons plus sûrement encore nos objectifs ; nous n’agirons non pas comme des impérialistes, mais comme des restaurateurs de l’ordre et de la démocratie. Qui pourrait venir reprocher à l’O.N.C de libérer un peuple du chaos ? L’O.N.D le fait bien à Carnavale, le Lib’ le fait bien en Krésétchénnie… Il faut seulement attendre que le fruit soit prêt à tomber. C’est là que nous agirons. Il faut à tout prix faire passer cette intervention pour légitime et se garantir de la non ingérence des autres blocs ; après tout la Leucytalée est notre chasse gardée, et nous entendons encourager les Kah tanais ou les Onédiens à reconnaître cela, il faut donc les empêcher de trop s’aventurer dans nos eaux et à se mêler de nos affaires ; et donc ne pas leur en donner le prétexte.

De plus, je pense Excellences, qu’il nous faut autre chose que des arguments moraux ; nous ne sommes pas des idéalistes, nous ne sommes pas des Rouges ! Mais nous sommes des chefs d’Etats pragmatiques et raisonnés. Calabraise a été chassé car il représentait une menace pour le commerce avec ses exercices maritimes hors de propos dans l’un des premiers nœuds commerciaux du monde. Moussa Diango commettait un génocide et se lançait dans de la piraterie ; il a tout de même essayé de s’en prendre à l’aviation antérinienne ! Tout les deux étaient des menaces pour la sécurité des routes commerciales. Il faut être pragmatique ; pourquoi devrions-nous envahir Messalie ? Qu’elle tombe aux mains du fascisme n’est pas un problème ; qu’elle attente à nos intérêts commerciaux le devient. Vous le savez peut-être mais Monsieur de Grace, le nouveau Premier Ministre antérinien, profite même de cette menace pour développer les zones industrielles antériniennes ; avec un peu de chance les semi-conducteurs tanskiens iront se délocaliser près de Saint-Jean de Luz ! Par contre, si l’Olivier, le P.E.M ou bien le P.C.D touchent à nos fleurons agricoles, logistiques ou énergétiques ; le sang coulera !

Dès lors cela nous amène à notre second point ; il nous faut nous assurer le soutien des élites politiques locales ; après tout les Républicains sont des mafieux, les Réformateurs des corrompus ! Qu’est-ce-qui nous empêche de nous acheter le soutien des Oliviéristes ou des Chrétiens-Démocrates ? La guerre, à l’heure actuelle n’est pas une solution, c’est une possibilité à envisager si les Oliviéristes se montrent trop souverainistes avec les mauvais groupes… C’est par là que nous devrions commencer ; pousser l’Olivier a parler grec, et à agir dans le sens de la Youslévie, pour ce faire nous pourrions peut-être lui monnayer notre soutien financier et politique ; après tout quand les plus grandes puissances parlent de l’Olivier comme le « parti de l’avenir », ils gagnent en crédibilité, surtout avec des investissements massifs dans les mairies qu’ils tiennent. Gagnant-gagnant ; quant à l’idéologie, et bien, c’est comme les promesses politiques ; elle n’a besoin que de peu de choses pour se briser ! Dès lors avant la guerre, il faut prioriser toutes les solutions diplomatiques pour dialoguer avec l’Olivier et lui faire miroiter le soutien de l’O.N.C en échange de quelques « ajustements » politiques qui soient conformes avec le libre-échange, les affaires et… bien entendu ; l’hellénisme. Après tout, ils ne sont plus à une pirouette près… N’est-ce pas ? 
»
5255
Il fallait croire que le temps était aux prises de parole inattendues, ou du moins rares dans les circonstances habituelles. Alors que le Conseil de Sécurité de l'ONC avait été saisi par la délégation youslève au sujet des ambitions de Sedjan en Messalie il y a de ça quelque temps, la représentante banairaise Aisha Al Qabbil fit de même à la suite de nouvelles fort préoccupantes pour la plus vaste démocratie du monde. En effet, la puissance co-fondatrice du Forum de Coopération de l'Afarée du Nord voyait d'un mauvais œil les velléités bellicistes du Pacte Afaréen de Sécurité, un traité aux textes tout aussi sulfureux que plusieurs de ses membres. Son ambition non cachée d'emporter l'entièreté du continent dans une guerre ouverte avec Carnavale et la Cramoisie en espérant que la mort et la destruction résolveraient par magie les problèmes et les crimes contre l'Humanité issu de la colonisation eurysienne récente de ce territoire kabalien n'était ni partagée par le Banairah, ni par ses honorables confrères et consœurs du FCAN, qui travaillaient au contraire pour l'émancipation des peuples colonisés et le rétablissement de leurs droits et de leurs possibilités matérielles par des voies non violentes. Voir les efforts du Forum ruinés par la mise en marche du plan d'invasion des va-t-en-guerre churayo-azuréens n'était donc ni souhaité, ni prévu dans le programme de l'organisation. La situation était grave, la République Directe devait donc à tout prix mobiliser ses alliés afin d'endiguer la menace qui pesait sur le continent, et par conséquent sur la Leucytalée, cœur commercial de l'alliance.

Aisha Al Qabbil
[i]Aisha Al Qabbil, représentante du Banairah au conseil de sécurité de l'ONC

Ayant tout cela en tête, Aisha inspira calmement, puis se lança dans son discours explicatif à destination de la vénérable assemblée :[/i]

Vos Excellences,

La nature de ce Conseil obligeant, c'est avec de graves nouvelles que je prends la parole devant vous aujourd'hui : la Leucytalée est encore une fois menacée. Et cette fois-ci non par un dictateur rouge rongé par la folie asphyxiant sa possession coloniale afaréenne, promettant de faire de la région un site de lancement de missiles en plus d'un camp de répression de l'opposition politique, mais par un gang de mafieux faits dirigeants qui maquillent maladroitement leur volonté de domination du continent-mère par un souhait supposé de paix et de résolution pacifique. Une bande de renégats qui, pensant que la violence résout tout, s'apprête à, je cite, abattre une "pluie de missiles" sur leur cible au nom de la liberté des peuples. Si je n'ai aucun doute sur le fait que ces barbares pourraient bien concevoir la mort comme la libération des âmes des chaînes de leurs corps, j'en ai de sérieux sur la potentialité de résolution des problèmes causés par l'extermination d'un peuple via le bombardement intensif de ce même peuple. Mais cela, si vous m'avez déjà comprise, vous le saviez déjà.
Et malheureusement, cela ne s'arrête pas là, car les criminels en puissance ont déjà commencé leur plan, le fameux plan R. Ni plus ni moins, le PAS, le Pacte Afaréen de Sécurité, car tel est le nom ironiquement revêtu par les loups de la bergerie churayo-azuréens, a déployé sa flotte de guerre afin d'imposer un blocus commercial à la Kabalie rouge, afin d'asphyxier cette région et affamer ses habitants, colons comme natifs. Par cette opération, ce ne sont pas uniquement les colons eurysiens qui paieront le prix, mais aussi les Kabaliens eux-mêmes, et ce d'autant plus que leur statut de peuple colonisé les désavantage dans l'accès aux ressources nécessaires à la poursuite d'une vie saine et décente. Au nom de sa propre liberté, ce peuple sera sacrifié, laissant ses derniers représentants dans la région martyr en proie à un deuxième génocide, celui perpétré par l'Azur, le Churayn et tous les pays complices de cette opération.
Si ce tableau ne vous effraie pas déjà, entendez bien que ce blocus n'est pas une action indépendante et est de toute évidence une étape de préparation d'une invasion armée du sinistre pacte pseudo-défensif et humaniste en Kabalie rouge. Etant donné les forces en présence, ce blocus et cette invasion ne se conclueront pas sans bain de sang des deux côtés et de multiples victimes collatérales, dont économiques pour l'ensemble du bassin leucytaléen. Plutôt qu'une résolution du désastre du génocide kabalien, ce plan R apportera misère et instabilité à un continent pourtant déjà bien trop secoué, et emportera avec lui toutes les régions attenantes si on le laisse se dérouler.
Le Ministère des Affaires Extérieures au Banairah a donc déjà échangé avec ses homologues du FCAN, mais aussi du Liberalintern afin de planifier une réponse adaptée à l'endiguement des flottes azuréennes afin de mettre fin à ce blocus. Si l'ensemble de nos interlocuteurs sont parfaitement d'accord sur la nécessité d'une telle opération, les flottes coalisées ainsi regroupées auront besoin de tout l'appui possible et imaginable. L'Azur et ses sbires doivent comprendre que l'on ne brade pas la paix, la vie et la dignité humaine, et ce encore moins au cœur territorial de l'ONC. Nous avons rétabli la paix et la prospérité au Bajusid, nous pouvons sauver la région une nouvelle fois de la tourmente.
Mesdames et messieurs les dignitaires, vos Excellences : le Banairah a besoin de vous et de votre force de frappe afin d'éviter le désastre. Repoussons les forces bellicistes et forçons-les à abandonner, cela est tout autant dans notre intérêt que dans celui des peuples opprimés.
Cela peut se traduire en diverses actions concrètes : sanctions économiques appliquées aux pays organisateurs du blocus, condamnations, restrictions d'accès des ressortissants des pays organisateurs du blocus, voire même un délogement pur et simple des fauteurs de trouble si l'urgence de la situation l'exige. Ce sont ses possibilités sur lesquelles je vous invite à débattre pour planifier et coordonner au mieux les efforts de l'ensemble des nations prêtes à coopérer afin de mettre fin au plus tôt à cette crise de grande envergure.

Je vous remercie.

Maintenant qu'Aisha avait terminé son discours, le tour était à ses homologues oncéens.
8116
Dossier Cramoisie (Session privée)
Intervention de la délégation velsnienne


a



Intervenant: Son excellence Alessandro Benedetti, Sénateur, légat de la Grande République pour l'ONC et chargé de communications pour les relations ONC-OND.






Cela fait plus d'un an que le sénateur velsnien, son excellence Alessandro Benedetti revêt le costume (ou plutôt la toge) de représentant de la Grande République au sein des institutions de l'Organisation des nations commerçantes, en plus d'avoir été nommé chargé de communication de l'ONC auprès de l'OND. Depuis lors, il s'est distingué à l'occasion de quelques prises de paroles au sein du Conseil de sécurité de l'ONC. Proche de la majorité conservatrice en place au Gouvernement communal velsnien, il s'est récemment distingué pour sa prise à bras le corps (ou plutôt à main le corps) de la question Milathinienne dans le cadre de la crise diplomatique ayant suivi l'intervention velsnienne à l'encontre de la Poetoscovie. D'ordinaire, les affaires afaréennes sont perçues avec une certaine distance par le gouvernement communal, lequel ne possède que peu d'intérêts sur ce continent depuis plusieurs décennies. Hormis l'enclave de la cité de Cerveteri et une condamnation timide émise à l'égard des évènements de Cramoisie, qui représentent un point de tension situé à proximité de la Cramoisie, la République s'est tenue jusque là en retrait de ces questions. A ce titre, la prise de parole du jour constitue le premier début d'engagement sur les débats relatifs à la question.




Alessandro Benedetti a écrit :


Chères excellences et honorables représentants,


*Benedetti brandit une lettre* Ceci, mes excellences, est un courrier. Il porte le seau destiné aux services diplomatiques de l'Organisation des Nations Commerçantes, comme tous ceux que nous recevons. Il pourrait être tout à fait ordinaire, et ne compter que pour une goutte d'eau dans ce grand vase qu'est l'Histoire, la grande Histoire diplomatique du monde, avec un grand H. Après tout, n'avons nous jamais reçu missive, bien souvent sur le goût de l'amertume, de la part des kah tanais ? La plupart du temps, c'est sur le ton de la méfiance ou de la remontrance que l'on nous approche, nous qui sommes les gardiens de la probité financière mondiale. Eux qui remplissent leur rôle de pôle concurrent garantissant la représentation d'un monde "alternatif" qui flirte au choix sur une très fine ligne de crête, entre le génie et le ridicule. Mais curieusement, cette fois-ci, le Kah, lui aussi, est une simple goutte d'eau dans ce flot historique sur lequel navigue ce courrier, qui véhicule une situation qui dépasse les kah tanais tout comme elle nous dépasse. Vous me connaissez. Et vous connaissez la façon dont mon gouvernement, dont ma cité a toujours conçu sa politique. Celle d'une saine attitude: nous ne sommes pas des aventuriers exigeants, nous sommes des gagne-petit prudents. D'ordinaire, l'aventurisme nous indiffère, voire nous rebute, car il naît de lui ce genre de moment historique qui donne naissance à des Scaela, à des Lograno et à toute une floppée de tyrans qui viennent renverser la table. Mais cette fois-ci est différente, car loin que ce soit nous qui sommes à l'initiative des évènements récents en Cramoisie, on vient nous chercher. Nous. Le sujet de ces préoccupations agitées en toutes lettres par le Commissariat des affaires extérieures du Kah ? La Cramoisie, l'Azur, et le PAS. Rien que cela. Trois noms qui en des temps plus certains nous auraient convaincu de jeter ce courrier dans la corbeille avant d'en finir la lecture, et pour plusieurs raisons. La première, et la plus simple: l'Afarée ne représente aucune espèce d'intérêt pour les affaires de la République. En gagne-petit prudent, nous sommes attirés par la perspective des bonnes affaires, pas par celles impliquant au choix des dictatures génocidaires, ou des califats intégristes, ou même des continents en crise systématique chronique. Bien entendu, ce que les cramoisiens ont perpétré dans le cadre de leur entreprise coloniale a été une démonstration brutale et barbare que le droit ne fait pas loi en ce monde. Pour autant, et c'est là une froideur glaciale de la politique, nous n'avions rien à y gagner à nous occuper de cela, le Gouvernement communal de notre cité n'est pas une nation en croisade destinée à protéger la Terre entière de ses propres vices. Nous ne sommes pas des gendarmes, pas plus que des gardes du corps chargés de veiller sur l'humanité entière. C'est n'est pas le but de l'ONC.

Quant à l'Azur, jamais nous n'avons agit auparavant avec méchanceté ou malveillance à leur égard. Nous traitons leur existence avec une relative indifférence, un fait politique lointain qui se rêve en contrepouvoir. Grand bien leur fasse s'ils essaient d'inverser le cours de l'Histoire. Grand bien leur fasse si ils veulent se faire justice d'eux mêmes, en affamant au passage les individus dont ils se voulaient les protecteurs à l'origine. Encore une fois: pas notre affaire. Tout comme pour le massacre d'Estham, nous compatissons profondément, mais nous ne nous engageons pas, car nous pensons que la politique de l'opportunité sera toujours plus efficace que la politique des principes.

Alors pourquoi je m'attarde sur cette lettre, mes chères excellences ? Pourquoi, moi, excellence honorable membre du Sénat des Mille de la Grande République, vous donne une telle démonstration rhétorique ? La réponse réside dans le nom de notre organisation. Nous sommes l'Organisation des Nations COMMERCANTES. Nous ne faisons pas dans la défense des droits humains, mais celle du droit au commerce. Le premier est souhaitable bien entendu, et je ne connais personne parmi nous, excellences, qui viendrait nier son attachement à toutes les formes de liberté et de bonheur. Mais si cette affaire devrait nous intéresser, c'est parce qu'elle entre pleinement dans notre domaine de compétence, et dans le périmètre très gardé de nos intérêts économiques. Un périmètre que personne ne doit franchir. Car c'est du commerce que nait la liberté et la démocratie, et pas l'inverse. Encore une leçon prise à rebours de ce que pensent nos confrères idéalistes de l'OND et du Liberalintern. Voyez vous: si la Califat d'Azur et le Pacte afaréen de sécurité s'étaient retenus dans des coups plus adroits, plus réfléchis et plus convainquant, et surtout, s'ils avaient daigné traiter nos intérêts dans la Leucytalée avec respect et révérence, jamais je n'aurais tenu un tel discours. Nous nous serions contentés de regarder d'un œil en coin une énième guerre entre deux puissances tierces, et nous n'aurions rien dit car nous n'aurions rien à gagner ou rien à défendre. Et ce geste eut été logique.

Mais ce n'est pas ce qui s'est passé. Azur et le PAS auraient simplement pu garder leur guerre pour eux, dans cette Afarée, si proche et si lointaine à la fois, où nous n'avons rien à faire, et dont nous n'en avons que faire. Le PAS et le Califat se sont attaqués à la chose qui nous importe le plus, la seule qui motive la tenue de pareilles réunions: la spoliation et le blocage du commerce, de NOTRE commerce, de NOS affaires. Celles que nous avons acquis à la sueur du front, enfin...du front de nos gens. Encore une fois, les intentions du Banairah et leur pensée pour les kabaliens sont nobles, mais ce que le Gouvernement communal perçoit, c'est la transgression des activités commerciales de ses alliés jashuriens dans la région, qui ont été affectées par le blocus. Ce que je vois, c'est la tentative de mettre en opposition PAS et FCAN. La question se pose: avons nous envie que nos amis du Forum d'Afarée du Nord soient remplacés en tant qu'interlocuteurs régionaux par une patrie instable et irascible. Pourrons nous supporter de devoir échanger avec la califat plutôt qu'avec le Banairah, ou l'Altajh ? Est-ce qu'avoir un puissance hostie aux portes de la Leucytélée, à un jet de pierre du canal de Théodosine ne vous effraie pas ? Les débats parmi mes confrères sénateurs à Velsna nous ont amené à ce point précis de la discussion. Et nous avons fait notre choix.

Nous ne sommes pas des idiots. Nous savons parfaitement que le bonheur et la survie des kabaliens n'est pas au centre de leur priorité. Si il eut été le cas, alors le PAS aurait réprimandé son partenaire de l'Antérie lorsqu'elle eut commencé à opérer des épurations ethniques à l'encontre de ses propres administrés. Si il eut été le cas, alors les pays afaréens n'auraient pas montré pareil dilemme à intervenir ou pas contre la Cramoisie. S'il eut été le cas, le Churaynn ne serait pas couvert à chacune de ses exactions. Encore une fois, nous considérons toujours la Cramoisie comme un état qui n'en le nom, et un groupe de criminels davantage qu'un gouvernement. Mais dans le même temps, les agissements erratiques de l'Azur ont provoqué plus de mal que de bien, et en particulier à nos intérêts directs. Un mal contre un mal donc, mais lequel est le moindre ? Celui qui nous fait le moins de tort bien entendu. Et il est malheureux, et je suis le premier à le pleurer, que Cramoisie, pour l'instant, est le moindre des deux.

Pour toutes ces raisons, il n'est pas un monde où nous n'ordonnerions pas au PAS et à l'Azur de "ralentir un peu", et de cesser de constituer un obstacle à nos échanges. Il est de notre impératif d'ordonner la fin du blocus, car si elle n'est pas la meilleure des issues, si elle permet à un trou comme Cramoisie d'exister, c'est la solution qui nous fait le moins de mal. Nous nous rangerons entièrement derrière l'avis du Banairah. Ordre de levée du blocus, imposition d'une discussion entre Azur et Cramoisie sur le sujet d'une politique de détente, et si possible évidemment...que cette occasion nous permette de nous enrichir avec l'ouverture de nouveaux tracés commerciaux sécurisés en Afarée du Nord.


12928
Henri de Saint-Cyr-de-la-Tour// Làzàre Jànos, député hongrois.

« Les Afaréens, vaste sujet, n’est-ce pas ? »

Saint-Cyr-de-la-Tour venait de se réveiller d’une longue sieste. Le bonhomme avait été surpris de voir que l’on pouvait solliciter ce conseil constamment endormi pour des broutilles. L’O.N.C était un géant endormi, ou devrions-nous dire assoupi. Il avait une posture rassurante, un ultime gardien de l’ordre à l’heure où le monde s’enflamme, où les puissances montent bien trop vite que l’unilatéralisme fait suite à une heureuse ère de multilatéralisme joyeusement dominée par les Banquiers et les Amiraux d’Aserjuco, d’Agartha ou de Velsna. Une époque bénie par les dieux pour les commerçants en tout genre qui pouvaient écumer les océans sans craindre les impérialistes en petite culotte et les menus perturbateurs s’étant accordés une importance disproportionnée… Quel temps… Les ronflements de ce géant ne faisant que rythmer ce monde qui tournait alors comme une horloge… Le lent va et vient de la pendule qui dictait l’ordre du monde. Quelle époque. Temps béni des dieux pour les marchands.

Seulement, le célèbre adage ne saurait avoir autant raison ; toute bonne chose à une fin. C’est d’une cruelle vérité qui sonne d’autant plus vrai aujourd’hui que la machinerie s’est enrayée ; l’Organisation des Nations Commerçantes, avait dormi d’un œil trop lourd et cette lourdeur l’avait rendu balourde, grosse, incapable. Voilà que l’Alguarena, le Jashuria, le Banairah ou Fortuna régnaient sur leurs petits près carrés, ne se souciant guère du reste du monde. Comme des bergers exclusivement sur leurs troupeaux, sans s’inquiéter des loups qui rodent aux alentours des autres moutons. Et voilà maintenant que les carnivores montrent leurs dents ; ils commencent dorénavant à courir derrière les mauvaises bêtes. Et alors qu’ils s’apprêtent à enfoncer leurs crocs dans la laine immaculée, le pasteur dégaine et tire. Le prédateur a décimé une dizaine de moutons, mais encore une fois l’homme a réussi à sauver, in extremi, les meubles. Ou du moins à protéger les siens. Mais des fois il arrive que le gardien se réveille trop tard ; le loup a déjà frappé, enhardi par ses succès auprès d’autres bêtes sans défense. La loi du plus fort est impitoyable ; ceux qui n’ont pas de protecteurs assez puissants auront bien du mal à survivre à une nature impitoyable broyant les faibles et écrasant les malades. La loi de la géopolitique, semblable à celle de la Nature, élimine sans pitié aucune les malheureux n’ayant rien à offrir. Malheureusement pour les Kabaliens, ils n’avaient rien à offrir.

Assassinés, massacrés, génocidés par les Carnavalais, leur sort semble réglé. Mais, Ô miracle voilà que le monde s’est pris en pitié pour eux ; l’Afarée s’est unie devant une telle menace, l’Afarée a décidé de riposter à un tel affront fait à la dignité humaine et au pacte tacite qui interdisait des massacres d’une telle ampleur… Et voilà que le Forum se presse au chevet des Kabliens pour réclamer à Cramoisie des explications, des excuses et surtout des réparations. Et voilà que l’Azur réussit son projet de toujours ; mettre sous sa houlette une partie du continent. L’Afarée, ce Cerbère incapable de se décider, incapable de se coordonner, incapable de fonctionner, n’a pas manqué à cette terrible fatalité. Dorénavant, elle n’a plus que deux têtes ; le Forum de Coopération de l’Afarée du Nord et le Pacte Afaréen de Sécurité. Encore une fois elle est tiraillée ; quelle marche suivre, quelle position prendre, comment réagir ? Que de questions qui apportent tant de réponses, et surtout tant de divisions. L’Afarée, au lieu d’apporter une réponse unique ne sait que faire entre ses deux génies ; les conciliateurs banarais et altajirs et les guerriers azuréens et churayns… Deux têtes pointant dans des sens opposés ; deux têtes fatalement vouées à s’entrechoquer à force de tenter d’étirer leurs cous.

Seulement cette scène à la fois comique, à la fois tragique n’aurait jamais pu concerner l’Organisation des Nations Commerçantes, pourtant si éloignées d’un théâtre d’opération aussi lointain, aussi anecdotique si le Banairah n’avait pas des intérêts à faire valoir. L’organisation, aurait très bien pu rentrer hiberner, après avoir donné sa tacite bénédiction aux aventureuses excursions que s’apprête à tenter son aile leucytaléenne en Messalie. Après avoir abattu le Kronos, elle se charge maintenant de nettoyer la région et d’en faire un solide bastion. Une fois la Confédération pleinement intégrée, elle peut dorénavant penser à phagocyter la Messalie. À l’instar d’une meute de loups s’attaquant à une proie trop grosse pour qu’ils aient besoin de se la partager, mais pas assez imposante pour risquer d’y perdre des dents. L’Organisation allait donc laisser Deria et Vera, accompagnés de quelques aventuriers déchiqueter dans la joie et la bonne humeur Messalie. Certains se contenteraient des os et de la graisse quand d’autres se régaleraient des cuisses et des organes… La Messalie n’est rien d’autre que la victime expiatoire destinée à rappeler que l’O.N.C, et surtout certains de ses membres, est toujours active, qu’elle peut toujours faire peur, qu’elle peut toujours montrer les crocs.

Le Banairah, en apparence, semblait être un berger au milieu de loups… Ils n’avaient décidément pas le cynisme des autres membres ; la Confédération elle-même commençait à s’habituer aux opérations navales et aux démonstrations de force en tout genre. Et alors que même les États les moins interventionnistes, les plus « pacifistes » en quelques sortes, glissaient progressivement dans l’interventionnisme, l’irréductible République Directe résiste encore et toujours à ces tentations… Jusqu’à maintenant. Non pas parce que Carnavale s’est permis de génocider un peuple tout entier ; après tout, une fois passées les saintes-nitoucheries de certaines organisations, les conséquences se sont avérées minimes ; quelques condamnations éparses seulement lorsque Carnavale couvait son enfant démoniaque. Et là, subitement, après l’opération onédienne et la perte de puissance de la Cité Noire, les hyènes ont commencé à se précipiter sur ce morceau de viande… En premier chef l’Azur, et ses fidèles lieutenants, le Churaynn et l’Antérie… Une véritable meute qui laissait entendre son rire sordide assourdit le monde, ses ambitions putrides empestent les ambassades. La meute se rassemble, elle se prépare déjà à l’attaque ; la proie est faible. Elle est désarmée, elle saigne. La curée ne devrait pas tarder. Mais voilà que le vieux lion tient à ses intérêts.

Le Banairah s’est certes effacé, mais il n’a jamais vraiment disparu. Il ressemblait à ces vieux sages, qui loin de ressasser la gloire passée, loin d’imposer leur souverain mépris en vantant les prestigieuses victoires qui les ont blanchi, loin de s’autoproclamer capitaine du navire en raison de son expérience, le Banairah a toujours été bienveillant, cordial, amical avec nouvelles puissances. Loin de les écraser par sa suffisance, Abunaj au contraire s’est imposé par sa permanente volonté de conciliation. Une politique en permanence cohérente, avec ses hauts et ses bas, mais toujours avec une désarmante constance. Le Banairah s’est accroché mordicus à cette position. Jamais un mot plus haut que l’autre, jamais un geste trop brusque. Ils représentaient une force tranquille, sereine. Sûre d’elle même sans pour autant éclabousser de sa superbe ses interlocuteurs. Elle ne représentait pas cette réussite opulente qui caractérisait certains États et qui leur permettait quelques entorses à la cordialité, qui pouvait s’arroger le droit de prendre de haut certain. De leur rappeler plus ou moins subtilement leur faiblesse, comme un maître rappelant à ses domestiques qu’ils lui doivent respect… Sinon, les lois de la nature se chargeront de les réduire en charpie pour les requins appâtés par l’odeur du sang.

Car le Banairah restait une grande puissance ; et comme toutes puissances elle avait des intérêts. Le Forum n’avait jamais eu à faire à tant de concurrence ; le Pacte n’était pas l’Union Absolue d’Afarée, interface tellement oubliable que plus ou moins tout le monde l’a oublié… Non, c’était autre chose ; un véritable mouvement continental ; une véritable puissance montante, une étoile filante qui écartait progressivement le F.C.A.N, trop mou, trop conciliant pour une nouvelle génération de chefs d’États particulièrement agités et ambitieux. Ils représentaient ces vieillards encombrants qui peuplent les Chambres Hautes, toujours bousculés par les jeunes loups des Chambres basses, bien pressés de tout bouleverser… La sagesse, comme toujours était foulée au pied. La modération ? Non merci ! Les canons suffisent… En s’attaquant à l’Azur le Banairah n’entendait pas défendre les pauvres kabaliens, ou du moins, ce n’était pas réellement sa priorité. Sa priorité en revanche était celle de sa place et de son rang. Le Forum de Coopération d’Afarée du Nord ne saurait être ainsi foulé sans conséquences. Si un conflit entre Abunaj et Agarchitadès éclatait, ce n’était pas pour la Kabalie, mais pour la place de meneur du continent. Peut-être qu’à la suite de cette confrontation, Cerbère allait perdre une tête pour retrouver un cap clair ? C’était là la seule question qui taraudait l’Antérinien.

- « Excellences, pour ma part je suis forcé de porter à l’attention de cette auguste assemblée les intérêts du Royaume de Marcine (ce dernier ayant toute la latitude nécessaire pour dicter la politique confédérale sur le continent afaréen). Notre seul intérêt est de promouvoir la paix, rien que la paix. Non pas pour une question de principes ; mais pour une raison très simple ; la guerre nuit aux affaires. De ce fait nous n’avons aucun intérêt à voir une confrontation armée qui pourrait perturber le trafic leucytaléen. C’est là messieurs notre seule exigence.

J’ai bien conscience du fait, que personne ici ne veut de la guerre, et le Royaume de Marcine sait pertinemment que si des tensions doivent émerger ce sera uniquement la faute du Califat islamique. Pour la simple et bonne raison que la mise en place du blocus des ports de la Kabalie rouge représente une double insulte ; d’abord une offense à la liberté de circulation et d’investir. Qui sont-ils pour se permettre une telle audace ? Comment accepter que l’on puisse ainsi faire un pied-de-nez à l’Organisation des Nations Commerçantes et à ses membres leucytaléens sans craindre un retour de bâton ? Ne serait-ce que pour cette raison, cet unilatéralisme qui peut représenter une menace pour le commerce, et donc pour nos intérêts, mérite d’être sanctionner. Pire, si j’ose dire, c’est une insulte faite à l’approche du Forum de Coopération d’Afarée du Nord ainsi qu’à ses États membres ; comme le Banairah, que nous tenons à saluer respectueusement, et l’Althaj. D’un point de vue purement politique, cette dichotomie entre le F.C.A.N (ainsi que les modérés du P.A.S, comme le Finnejouri) et les radicaux, comme l’Azur qui, en permanence, ridiculisent le continent. L’Afarée avait l’opportunité d’apporter une réponse cohérente aux problématiques éthiques et morales que soulève ce génocide, elle l’a raté en s’enfonçant dans l’irrascibilité.

Seulement voilà, nous préférons pousser dans ses derniers retranchements le compromis diplomatique plutot que de tenter d’imposer la paix par les armes. Sur certains points la position azuréenne n’est pas irrationnelle ; si l’on laisse un tel régime se dévelloper, qui est ce qui nous dit que rien n’empêchera d’autres fous de déchaîner l’Apocalypse sur un État pour le coloniser par la suite ? Il faut qu’il y ait des conséquences ; les personnalités ayant commis ce génocide ou ayant participé à son exécution doivent être au moins traduits en justice ; je n’entends pas parler au nom des Kabaliens, mais je pense tout de même que cela devrait être une de nos priorités. La faute azuréenne ici, est de s’être engagée de manière trop rapide. Un peu plus de subtilité aurait probablement donné une toute autre tournure aux évènements. Par ailleurs le Califat a laissé sous entendre à mes collègues de Marcine qu’il « n’a jamais fermé la porte à la discussion diplomatique » et pour ce faire autant retourner cela contre lui ; le pousser à la table des négociations en lui rappelant ses positions sur le multilatéralisme et ses engagements auprès de l’Organisation des Nations Commerçantes, dont il est un État observateur.

Je n’entends pas ici adopter de vagues positions utopistes ; je souhaite seulement éviter que cette auguste Assemblée ne fasse une erreur. En effet quelle image renverrions-nous si nous soutenons la Kabalie Rouge contre l’Azur sans réclamer de contreparties, ne serait-ce que morales ? « L’O.N.C prend la défense de la Cramoisie génocidaire contre l’Afarée ! » pourraient titrer nos opposants, et notre opinion publique peut bien se passer d’une telle image, voire peut-être même d’un tel scandale. Nous devrions au moins essayer d’arriver à un véritable accord entre Cramoisie et l’Azur ; si l’on sort la flotte nous ne ferions que nous décrédibilisé et nous ne réglerions d’aucune manière le problème ; une fois que nous aurions le dos tourné, que nous serions dans des conflits lointains, l’Azur recommencera ses coups de pression sur Cramoisie ; nous ne trouvons qu’une solution de court terme qui ne conviendrait à personne et qui nous coûterait plus que ça ne nous apporterait.

Je pense plutot que nous devons forcer ces deux antagonistes à s’asseoir autour d’une table et à discuter ; peut-être justement que nous devrions laisser à nos amis du Forum de Coopération d’Afarée du Nord les soins de rédiger un traité cadre qui permettrait de satisfaire la volonté d’intégration de la Kabalie rouge et la soif de justice de l’Azur ; deux revendications qui pourraient peut-être éviter un bain de sang sur la base d’un dialogue sincère. Une véritable diplomatie qui permettrait à tout le monde de trouver son compte ; d’un côté le F.C.A.N se retrouve conforté dans sa position d’arbitre du continent afaréen, l’Azur est écoutée et la Cramoisie entamera ses premiers pas vers une normalisation des relations avec le continent. Chacun y trouve son compte et l’on évite une intervention militaire coûteuse. Par ailleurs, des conditions équitables doivent êtres imposées pour la tenue de négociations ; ce seraient des critères sine qua non qui pourraient encourager les États à négocier tout les deux ; Cramoisie fera de nouvelles concessions aux Natifs et leur accordera de nouvelles quand l’Azur retirera ses navires… Ce ne sont que des idées.

Évidemment, je me doute que les deux Entités ne reculeront pas sans quelques… comment dire, encouragements… Je pense en effet que Basilek Ishak serait ravi de négocier avec les Azuréens, je n’en doute pas une seule seconde, quant aux Azuréens, la menace des canons ou de nouvelles sanctions économiques si elle refuse de s’asseoir à la table des négociations peut être envisagée. Naturellement, quelques conditions pour nous devraient suffire ; d’une part que l’Azur stoppe ses exercices maritimes à proximité de la Lecuytaléen pour intimider ses voisins, et d’autre part que l’on ne porte pas atteinte aux possessions des actionnaires de Cramoisie.

Enfin, je me permets de rappeler que l’objectif du Royaume de Marcine est de préserver la paix ; une guerre nuirait et aux Kabaliens, et aux affaires. Si malheureusement la diplomatie ne peut suffire, et bien les canons devront tonner.
 »
Haut de page