Posté le : 21 nov. 2023 à 23:34:38
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Repenser la Manche Blanche
HRP : des cartes pourraient venir alimenter l'article à l'avenir.
Un article de Pierg Grassor paru dans la Revue Tanskienne de Politique Extérieure le 21 février 2012.
Au dernier recensement, 18 245 330 Tanskiens habitaient sur la Manche Blanche sur une population de 22 282 155 habitants. Cela représente 8 Tanskiens sur 10. Il ne faut bien sur rien enlever à l'importance des Tanskiens d'Etelämanner et de Kyli, mais démographiquement, économiquement et politiquement, la Fédération reste centrée sur cette Manche Blanche. Elle n'en est pas pour autant unie du fait du millier de kilomètres de mer séparant la capitale fédérale de la capitale provinciale d'Halvø. Evidemment, la distance se relève finalement assez faible, un vol d'avion entre les deux ne durant guère plus de deux heures.
La vision Tanskienne de la Manche Blanche est généralement plus élargie que sa pure définition géographique qui la fermerait à l'ouest par le détroit de Langholt (capitale d'Upson, qui fait face à la cité Zélandienne de Slohoven, à quelques deux cents kilomètres). Non, elle s'étend au delà jusqu'à Catholagne et l'entrée de l'Océan Nordique. A l'est, c'est logiquement le "Détroit des péninsules" qui en ferme l'accès.
Au sein de cette espace avant tout maritime, à l'exception de la puissance économique qu'est le Pharois mais que la pensée politique tanskienne exclut de la Manche Blanche, il n'y a pas de réelle puissance dominatrice, sur aucun aspect que ce soit. Les pays, pour la plupart riverain mais non centralement tourné vers la Mer, ne dépasse que peu les vingts à trente millions d'habitants. Economiquement, la encore en soustrayant Pharois de l'équation, aucune puissance économique claire ne ressort. Les principales économies (Teyla, 680millions de PIB en 2012 mais tournée vers l'Eurysie Centrale) et Tanska (590 des 690 millions de PIB de la Fédération) constituent les principales puissances économiques. Ce PIB n'est, dans le cas Teylais, que 25% supérieur à la moyenne des économies régionales. De facto, la Manche Blanche présente ainsi une homogénéité économique d'apparence pour ce qui est des économies nationales.
A l'exception de certains pays (Teyla, Rasken), la région est aussi marquée par sa faible pénétration des terres, en particulier en Eurysie continentale. Les activités économiques, industrielles, commerciales sont principalement tournées vers la mer qui présente de fortes proximités facilitant les échanges maritimes et le tourisme.
Néanmoins, rapportée à la taille des pays, c'est bel et bien Tanska, centrée autour de la métropole Norjienne (13 millions d'habitants dans sa version étendue jusqu'à Kalfafell), dont 2,5m dans la ville) qui se révèle comme plus grand pôle économique dans une faible région. Dans les 10 850km de la "métropole norjienne", soit un tiers de la surface des régions capitales sont concentrées 80% des activités économiques des régions capitales, soit 472 milliards de PIB, presque autant que la majorité des pays de la région. Pour autant, si Norja est bien le plus grand pôle économique, il ne faut guère parler de centralité. C'est bien un espace économique diversifié, un véritable réseau de ports et de villes qui se dessine le long de la Manche Blanche sans centre affirmé. Aucune ville n'égale ou ne se rapproche d'une telle concentration d'activités économiques
Le Gouvernement fédéral, marqué par une volonté d'Egalité Fédéral est par ailleurs limité dans ses ambitions de développement de la capitale fédérale comme pôle d'attractivité et d'investissement régional.
Norja et la Manche Blanche, une centralité à dessiner ?
Face à ce constat d'une région économique croissante, diversifiée et sans centre réel (en omettant encore une fois l'importance d'Albigärk et de son influence politique), comment définir la position Tanskienne. Pour le Gouvernement, la région est souvent présentée comme d'une importance capitale. L'attention est portée sur la libre circulation maritime, la stabilité régionale et une certaine forme de passivité dans ce qui est considéré comme étant la "Zone Maritime Nord" qui se confond avec la vision généralement admise des frontières de la Manche Blanche. Le récent traité de Noordcroen (ratifié en février 2012 par Tanska) présente quelques opportunités intéressantes. D'une part, il semble ouvrir la voie à un important développement économique dans le Golfe d'Hvítt fermé par le détroit de Norja. En effet, l'ouverture économique et humaine accrue entre Zélandia, Tanska et Teyla devrait surtout favoriser les grandes métropoles de Norja, Noordcroen et de Manticore. Manticore devrait toutefois pâlir de son manque de façade maritime. Si Norja et Noordcroen ne sont séparées que de 250km (autant dire qu'elles sont presque riveraines l'une de l'autre), la capitale Teylaise est elle située à plus de 200 km de la côte et ne bénéficie pas d'un port d'importance. Son orientation bien plus tourné vers le centre du continent et les principaux pôles démographiques et économiques (Gèvre et Cielazur) limitent les actuelles perspectives de croissance maritime dans le Golfe. Sur cet aspect, il paraît opportun de penser que Norja, du fait de sa position centrale entre les trois pays pourrait donc bénéficier davantage que Blankenvoorde bien que Noordcroen pourrait aussi en tirer profit selon la position politique prise par le gouvernement Zélandais.
Le traité de Noordcroen permet néanmoins de confirmer le pôle d'attractivité qu'est le Golfe d'Hvitt par rapport au reste de la Manche Blanche qui ne bénéficie pas de dynamiques géopolitiques aussi favorable.
Un "Orient" qui se ferme
Décentrons le regard. L'actualité récente n'aura pas échappé au lecteur attentif. L'annonce faite par l'Empire Karpok de fermé un espace maritime unilatéralement définit le long de la mer de Smal (mer qui court principalement entre Karpok et la Malévie, de Scar la capitale Malévienne à la mégalopole Léonev-Ourok). Cette fermeture, que la République Malévienne n'a heureusement pas suivie a toutefois très fortement inquiété au sein de la classe politique Tanskienne. Elle fermerait en effet les routes commerciales vers l'Est, et en particulier vers la province fédérale de Kyli. De plus, l'est de la Manche Blanche est toujours marqué par la piraterie Pharoise. Pôle économique majeur, les récentes activités pharoises dans la Manche Blanche font craindre une volonté de renforcer sa présence au sein de l'espace maritime, là encore difficilement perçu par les autorités tanskiennes.
L'Est de la Manche Blanche c'est aussi les perpétuels conflits en Tcharnovie. L'Etat d'Eurysie centrale, enclavé est toujours un facteur relatif d'instabilité qui pourrait menacer des Etats comme la Rusve ou l'Empire Raskenois. La récente mise en place d'une assistance humanitaire à destination du Bas-Littanor (Tcharnovie) ne doit aucunement se lire comme un "regard vers l'Est" de la politique tanskienne. Il s'agit, selon moi, plus d'une confirmation du "Tournant humanitaire" de la politique tanskienne (pris depuis Port-Hafen) que d'un changement géographique de la politique Tanskienne dans la région.
A cela s'ajoute aussi un climat politique différencié. L'Est de la Manche blanche est avant tout marqué par des régimes plus autoritaires (à l'exception notoire de Finnevalta et d'Uusima) et se confondant plus difficilement avec les valeurs tanskiennes. Le cas de Porto Mondo, ancienne colonie listonienne sous complète domination Pharoise confirme la dégradation de la stabilité régionale. Pour certains penseurs peu orthodoxe, la Manche Blanche pourrait se fermer au "détroit d'Halvø" du fait d'une fermeture quasi de facto des zones plus orientales de la mer.
Un "Ouest" prometteur mais instable
Plus à l'ouest, dans les limites définissables de la Manche Blanche, la situation est toute autre. Elle peut se définir selon deux axes. D'une part, le cas du développement des relations bilatérales tansko-catradiennes. La déterioration politique au Valkoïnenland d'autre part.
Caratrad ne peut se résumer à sa position ouest-eurysienne. Plus encore que Tanska, moins que Fortuna et davantage comme Zélandia, le pays se définit par une métropole définit et un ensemble d'anciennes colonies réparties à travers le monde. C'est en particulier autour de l'Isthme d'Afarée que se construit une partie du rapprochement entre Tanska et Caratrad. En Manche Blanche, la coopération économique, diplomatique et peut être sécuritaire qui semble se développer pourrait offrir davantage d'opportunités économiques vers l'extrême ouest de la Manche Blanche. Un officiel tanskien confirmait la semaine passé que du côté de Loftsson (ministre des Affaires étrangères), la perspective d'une adhésion Cartradienne au Traité de Noordcroen était discuté en interne et qu'elle serait évoquée avec "nos partenaires". S'y ajoute, évidemment, aux côtés de Teyla et de Zélandia, les discussions autour de la future Organisation des Nations Démocratiques (OND). Que ce soit sur un aspect bilatéral et multilatéral, la politique tanskienne en Manche Blanche est définitivement tournée vers l'Ouest davantage que vers l'Ouest. L'évolution des relations avec Caratrad ne ferait que le confirmer. Ouvrant l'accès à la façade océanique et donc aussi à la province d'Etelämanner (certes à quelques 8000 km de la métropole cartradienne), le développement de cette relation bilatérale ne peut qu'être bénéfique à Tanska.
De l'autre côté, c'est l'irruption récente de ce qui semble être un conflit armé au Valkoïnenland qui dégrade la situation régionale à l'ouest, ou plutôt au nord. Pour le moment, bien que les inquiétudes soient nombreuses et justifiées, la situation ne semble pas encore avoir dégénéré en guerre civile interne, moins encore en conflit régional. Le Gouvernement fédéral a réagit par le déploiement de deux navires de la Force d'Auto-Défense Maritime (les TMS Rétt et TMS Lýðveldið) et plusieurs sources proches du dossier évoquent un début de discussion avec la Fédération de Kölisburg. Là aussi, Tanska s'est dite prête à envoyer une assistance humanitaire, au risque, peut-être, de trop surmener ses éléments aériens. Cela est un autre débat. Toujours est-il que le développement de cette situation, renforcée par la présence d'une colonie listonienne (Skaudme), pourraient être facteurs de troubles importants pour le commerce et la stabilité. Aucune puissance d'importance (notamment extra-Eurysienne) ne s'est pour le moment manifestée mais il ne faut pas écarter de nos réflexions les possibles impacts négatif que ce conflit pourrait avoir sur cet "Ouest Blanc" prometteur.
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La Manche Blanche peut donc, d'un point de vue Tanskien, être divisée en trois dynamiques géographiques. Tout d'abord, un centre actif, qui s'ouvre et qui devrait, par sa stabilité permanente, offrir d'importantes opportunités pour Norja mais aussi pour les autres villes, à commencer par Halvø. Ensuite, un est qui se ferme, ou plutôt se referme et qui, en l'état, pourrait presque être par certains qualifié de menaçant pour la stabilité régionale et la Fédération. Enfin, un ouest prometteur, ouvrant les possibilités vers le reste du monde (et de la Fédération) mais qui connaitra, peut-être, les soubresauts des malheurs de la guerre et de l'instabilité qu'elle amène avec elle.