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▲· R é p u b l i q u e · C h a r b o n i e n n e ·Ministère des Affaires ÉtrangèresMahendeur ’Laïdéouébyo, Ministre des Affaires Étrangères de la République Charbonienne,
Coron T27 dit « Au Mineur la Mine ! »,
CM01, D07, PC, Charbonie.
À l’attention de : Son Excellence la Citoyenne Actée Iccauhtli,
Commissariat aux Affaires Extérieures des Communes Unies du Grand Kah,
Axis Mundi,
Grand Kah.Objet : Suite à votre aimable proposition à la Charbonie de l'ouverture réciproque d'ambassades et à l'idée que celle-ci participe à un projet international d'aide humanitaire et de reconstruction à Port-Hafen (
lien)
Excellence,Salutations et remerciement.La République Charbonienne exprime, par ma voix, l’honneur et la félicité qu’elle ressent qu’une grande nation économique et politique telle que la vôtre soit la toute première à prendre contact avec notre « nouveau régime ». Nous vous saluons avec donc le respect qui vous est dû. Nous vous remercions de plus de vos propositions et idées, auxquelles nous souhaitons apporter le traitement le plus accueillant au sein des possibilités actuelles de positionnements et d’actions de notre pays.
Ouverture d’ambassades.Nous sommes nous aussi, Charboniens, désireux d’ouvrir respectivement nos ambassades.
Notre ambassadeur plénipotentiaire en votre pays sera Mme Hortense Gudule
Baçadiaouna. Elle pourra être assistée par une équipe d’environ dix personnes, ainsi que, le cas échéant, par l’un ou l’autre de nos ambassadeurs volants dont la liste figure en premier post de notre page de contact.

Son Excellence Madame Hortense Gudule BaçadiaounaNous vous proposons l’ouverture d’une ambassade en notre capitale
Carbo Mundi 01, cité dont l’adresse se termine par « CM01, D07, PC, Charbonie » (ce qui signifie : Carbo Mundi 01, Département 07 en Pays Charbon de Charbonie) ».

Ambassade des Communes Unies du Grand Kah, J01, CM01 D07 PC, CharbonieLa Charbonie a à cœur de respecter les normes juridiques et les coutumes internationales pour garantir optimalement comme il se doit la protection, le respect et l’exercice des territoires, personnes et corps diplomatiques. Les sites que nous proposons à titre d’ambassade répondent aux attentes notamment matérielles en la matière, et sont donc aussi bien idéalement situés, équipés et desservis qu’on peut attendre.
Deux types de choix existent. L’un, de
standing, est un
coron, c’est-à-dire un grand cube aligné au sein de l’ensemble urbain, en l'occurrence celui de la capitale (adresse :
J01) dans la rangée J dédiée aux ambassades. Un coron peut contenir jusques à 50 bureaux individuels. L’autre, plus plébéien de réputation et de voisinage, mais non moins agréable, fonctionnel ou spacieux, consiste en une
hypogée, salle souterraine d’une ancienne mine réaffectée en habitats (adresse et coordonnées :
Trucheau III Ch’Grind Catieû 154-862-864). Si vous avez besoin de davantage d’espace diplomatique, par exemple pour accueillir une équipe plus nombreuse, nous pouvons vous fournir au même titre les adresses contiguës dont vous aurez besoin.
Peut-être devons-nous aussi, si nécessaire, vous aviser que l’hiver austral, qui dure au moins huit mois en Pays Charbon, crée parfois des retards considérables pour ce qui est des voyages, fût-ce hélas d’ambassadeurs ou de plus hautes personnalités utilisant même l’avion.
Vœux de dialogue constructif.J’ai aussi l’honneur de formuler le vœu que nos pays puissent un jour prochain, en quelque manière ou par quelque disposition de loi au autre voie, faciliter l’éventualité de leurs échanges commerciaux, financiers ou culturels mutuels, en espérant que les distances géographiques ne s’y opposent. Votre considérable civilisation rayonnerait ainsi encore plus loin dans les confins du monde à éveiller la nôtre à celui-ci.
La Charbonie désire être un partenaire fiable et reconnu, œuvrant pour le commerce, le développement, et donc pour la paix et la stabilité.
Au sujet d’une aide étatique charbonienne au profit humanitaire des populations hafenoises et de la reconstruction de Port-Hafen.Vous nous avez aussi énoncé, ce dont nous vous remercions, ce projet et cette idée que notre pays puisse « prendre part, à la hauteur de nos moyens, à une grande coopération humanitaire visant à financer la reconstruction de Port-Hafen et [à] soulager ses populations civiles de leurs terribles souffrances ».
La République Charbonienne, en tant que telle, c’est-à-dire l’état formé des Institutions de niveau national, aurait, dans cette hypothèse, pu signer de son nom cette aide charbonienne en l’assumant. J’ai dû malheureusement en remettre, temporairement et
sine die, l’éventualité. Je crois que cet ajournement nécessiterait cependant une explication exhaustive, notamment en raison de la gravité du propos, et aussi eu égard à la grande importance de votre pays sur la scène internationale et en termes d’économie relative. Mais les raisons principales peuvent se ramener à quelques unes.
Nous partageons tout d’abord cette idée qu’effectivement et comme il paraît dans votre projet, une aide aux populations d’un pays en difficulté inclut un volet humanitaire ainsi qu’un autre visant à un rétablissement de l’autosuffisance de ces populations par le biais d’une réacquisition par elles de certaines connaissances ou moyens économiques appropriés. Même dans le cas d’une grande coopération internationale, nous pensons que ce schéma nécessiterait sans doute l’existence de relations diplomatiques entre chaque pays qui aide et celui qui est aidé. En effet, aider un pays à la reconstruction économique, même indirectement et pour le bénéfice essentiel de sa population, peut traduire un degré minimal mais réel de positionnement politique en la faveur de ce pays. Or, il n’existe à ce jour encore aucune relation diplomatique entre les deux Républiques Hafenoise et Charbonienne.
Par ailleurs, la Charbonie n’a pas prévu de commencer par prendre contact avec la République Hafenoise pour inaugurer de telles relations, car notre priorité en diplomatie sera de nous présenter d’abord, par respect et esprit de bon voisinage, aux pays qui sont nos voisins, pour ainsi mieux créer avec eux les conditions d’un dialogue que nous espérons fructueux. Cela n’empêcherait certes pas les Hafenois de nous contacter les premiers s’ils le souhaitaient, auquel cas notre réponse serait très probablement celle attendue en vertu de notre positionnement global d’ouverture à toute nation déjà reconnue par une tierce.
Nous aurions certes pu apporter de manière purement officieuse une aide aux populations de la République Hafenoise pour leur permettre de mieux pouvoir commercer avec nous, comme par exemple leur fournir des connaissances ou des moyens à cette fin, et la reconstruction de Port Hafen constituerait en cela un cas d’école exemplaire. Et c’eût constitué un geste intéressé de notre part, quoique non dénué d’avantage pour l’autre partie, et qui eût par conséquent pu paraître relativement neutre au plan politique aux yeux du monde. (En Charbonie, on aime en effet croire que l’économique peut venir à bout du politique et
vice[-]versa.) Si seulement les deux pays charboniens et hafenois partageaient déjà quelque projet ou réalité de commerce significatif, ce qui n’est pas encore le cas pour le moment. Et, ici aussi, il paraît difficile d’en développer l’idée sans établir au préalable des relations formelles. Pour l’heure, en tout cas, ni le commerce, ni la culture, ni même l’hérédité ou l’histoire, ne semble à vrai dire avoir déjà initié quelque lien animique ou matériel entre les Charboniens et les Hafenois. Donc cette idée ne peut pas encore se concrétiser, sauf au cas où de nouveaux éléments en sa faveur apparaîtraient.
À la limite, ce qui susciterait notre envie d’agir en faveur des populations et du cadre économique de la République Hafenoise est dans le fait, si nos informations sont bien exactes, que ce pays serait d’abord minier et agricole, mais qu’il évolue en paradis fiscal ; or mines et fiscalité sont, en effet, de nature à nous intéresser très fortement pour des raisons qui sortent un peu de notre propos. En outre, Port-Hafen éveille les intérêts de nombreuses nations, ce qui en fera sans doute un jour un acteur important sur la scène internationale. Il serait donc bienvenu que nous y fussions aussi. Mais cet atout économique est encore à ce stade un point qui nous semble trop secondaire pour lui accorder quelque primeur quant à l’enjeu plus général des équilibres diplomatiques auxquels nous aspirons.
Or, nous avons aussi cru remarquer que la République Hafenoise n’est pas encore dans une situation d’être unanimement reconnue ; c’est au contraire actuellement un état contesté et en situation de conflit. Qui plus est, il est même sous le feu des projecteurs. Par conséquent, une aide significative, telle que celle prévue au sein de notre plan d’aide à l’acquisition d’un développement, serait sans doute perçue par des états tiers comme une forme de parti-pris dissonant avec la neutralité que nous avons en réalité pour but de cultiver. Nous préférons ainsi attendre que les tensions puissent se calmer.
Enfin, nous nous interrogeons sur le degré actuel de nécessité de la population hafenoise. À en croire le produit national brut de ce pays, il est encore supérieur à celui de l’ensemble de la Charbonie. Et, que je sache, la population hafenoise est mille fois moindre que celle de tous les Charboniens réunis. Certes, cette donnée de santé macroéconomique est en soi temporaire et susceptible d’une évolution considérable selon le contexte. Certes, elle demeure également difficile à cerner pour ce qui est du sort réel des populations. Aussi, je ne puis me prononcer que sur la situation charbonienne actuelle, qui ne paraît hélas pas encore, présentement pour des raisons internes et notamment d’ordre psychologique propres à la Charbonie, très favorable au principe même d’une aide extérieure comprenant une dimension humanitaire de la part de mon pays. (Nous n’avons d’ailleurs pas encore examiné si une autre population du monde n’a éventuellement davantage besoin d’une aide de ce type que les Hafenois.)
En outre, vivre dans un milieu circumpolaire tel que le nôtre est un « luxe », qui, en fait, nous prive objectivement d’un confort comparable à celui qu’on trouve dans la plupart des autres pays du monde, car notre richesse va presque essentiellement aux seules activités, aux seuls seuls hangars, stockages, appareils, véhicules, habitats, vêtements ou encore aux précautions et aux dispositifs multiples et particuliers, qui sont les nôtres, et qui ne visent qu'à nous sauver du climat glacial et à remédier au gravissime problème de l’entrave par l’hiver des voies de circulation. Et importer ou stocker ainsi tout notre nécessaire nous coûte évidemment quasiment tout notre revenu, ce qui fait que nos données économiques, semblant refléter une certaine « richesse », sont plutôt trompeuses pour ce qui est des conditions de vie pratiques en Charbonie. Elles sont forcément plus rudes que sous des climats plus doux. C’est pourquoi notre population, en général et en tout temps, a recouru à une vie assez collective et spartiate pour sa survie.
De plus, notre pays connut une crise économique majeure ces dernières années. Le défaut de paiement nous contraignit à jeter, au chômage ou dans la misère, maints fonctionnaires, retraités ou invalides. Nous eûmes, jusque très récemment, ces longues et tristes files d’attente de distributions populaires, où les malheureux faméliques et transis crachaient ou maugréaient au passage des véhicules arborant le fanion gouvernemental. Si la situation s’est heureusement améliorée dans notre pays, ces distributions n’ont pas toute disparu, loin s’en faut. Et les rancœurs sont toujours vives, comme les trop mauvais souvenirs demeurent frais plus longtemps. Dès lors, en Charbonie, nos propres opinions publiques seraient à même de faire obstruction à un projet national d’aide humanitaire au bénéfice de populations d’un autre pays.
Mais cet ajournement d’une aide
nationale ne vaut, par définition, en Charbonie, qu’au niveau des instances centrales ou fédérales de niveau national, et, pour le reste, le geste charbonien demeure possible, heureusement, quoique sans impliquer notre nation en son nom propre.
Dans ce cas, peut-être même que l’état charbonien trouvera, qui sait, quelque formule – assez heureuse toutefois pour agréer à notre Comité de Contrôle – afin de favoriser indirectement une aide par nature limitée et dont il n’a ni l’initiative, ni la direction, ni le contrôle, ni la publicité.
Bon espoir d’une mobilisation favorable de la société charbonienne au profit humanitaire des populations hafenoises ou bien de la reconstruction de Port-Hafen.En effet, notre état n’est heureusement pas le seul qui se puisse éventuellement saisir de la volonté de fournir une aide humanitaire à des populations de pays étrangers, car des organisations locales ou sectorielles de Charbonie, ou encore des unités économiques ou associatives de quelque type secondaire que ce soit, peuvent le faire en leur nom propre sans que le nom même de la Charbonie dans son ensemble y soit officiellement associé.
J’ai donc transmis cette idée d’aide humanitaire et économique aux Hafenois à différents liges locaux, sectoriels, culturels ou communautaires de Charbonie, pour qu’ils puissent éventuellement se saisir, s’ils le souhaitent, au sein de leurs propres cercles, de ce dessein humanitaire et économique. Je pense donc que, d’une certaine manière, l’affaire est plutôt en bonne voie, car il doit bien se trouver quelques cœur charbonien touché, soit par le sort hafenois, soit dans l’espoir de profits ultérieurs, fût-ce en fonction de vues originales propres à ces acteurs non-étatiques charboniens.
Les difficultés à une aide matérielle pourraient être logistiques, étant donné notamment que l’hiver, qui dure neuf mois en Pays Charbon, est déjà hélas entamé, qui y restreint formidablement tous les transports de marchandises et d’hommes. (Et le département de la Cahuire, qui échappe aux conditions nivéréennes, n’est en soi qu’une ville touristique, qui ne saurait seule fournir une aide autre que symbolique.) Cependant rien ne s’oppose à une aide ou à un investissement de nature financière de la part d’un acteur charbonien quelconque à l’endroit des Hafenois, et il se trouve que l’économie charbonienne est… pour une grande part devenue décentralisée.
Conclusion.Excellence, ne pouvant augurer, pour le moment, de la possibilité et de l’importance d’une aide charbonienne aux populations de la République Hafenoise, j’ai bon espoir que, malgré tout, cette aide verra bientôt concrètement le jour de la part de certains Charboniens pour le salut de la population de la République Hafenoise, grâce à quelque volonté parmi mon pays, et que vous en serez alors normalement informé par le fait de celle-ci. Il va de soi que nous pouvons faire aussi, vous et moi, chacun le nécessaire, afin de mettre en relation les bonnes volontés, et aussi je vous prie de bien vouloir demander à vos estimés services qu’ils veuillent bien communiquer aux nôtres l’adresse de l’instance qui sera chargée de ce projet international que vous avez mentionné.
Et, par ma voix, nous vous prions, Excellence, de bien vouloir agréer l’expression de notre haute considération.

Mahendeur ’Laïdéouébyo, Ministre des Affaires Étrangères de la République Charbonienne.