
La crainte d'un atterrissage brutal de l'économie pousse les îles Chesmites à se rapprocher d'Héraclée
Iasonas Hajar | 21/08/2012

Dans le paysage géopolitique particulièrement troublé de la mer Blême, la Cémétie apparaît comme un phare de stabilité.
Indexation du toman insulaire sur la drachme cémétéenne, abaissement des tarifs douaniers, incitation à l'investissement... Autant de mesures économiques en cours d'implantation dans l'archipel par les autorités insulaires à l'égard de la Principauté de Cémétie. La République d'Ictre-et-les-Chesmites, territoire indépendant depuis 2010 de l'Iskandriane, est aujourd'hui confronté à la crainte grandissante d'un atterrissage brutal de son économie locale après plusieurs années d'un faste exceptionnel. L'archipel, en effet réputé pour son ouverture commerciale et sa consommation débridée, pourrait connaître une période difficile face à la hausse de la piraterie dans la région des deux détroits du sud de la mer Blême. D'autre part, l'éclatement du conflit militaire ouvert sur le continent nazuméen entre Iskandriane et Yaghobistan renforce l'instabilité régionale.
Une instabilité régionale déjà fortement accélérée par les événements en Afarée orientale, qu'il s'agisse de la guerre du Varanya (2003-2007), des affrontements tribaux au Mandrarika encore récents ou de la plus récente guerre civile en Iskandriane. Outre les enjeux géopolitiques, la question de la politique commerciale de l'archipel se pose : sorties de la protection de l'ex-satrapie d'Iskandriane, les îles Chesmites pourront-elles continuer à profiter d'un tel climat économique ? Au sein de la confédération satrapique, l'archipel profitait en effet de sa politique fiscale autonome vis-à-vis du pouvoir central pour disposer d'une attractivité exceptionnelle et attirer la majeure partie des flux financiers internes au pays. Aujourd'hui, l'archipel est contraint de s'exposer à la concurrence internationale en matière de compétition fiscale et commerciale.
Sa position géographique en fait de plus une cible récurrente de la piraterie internationale. Néanmoins, l'archipel sort largement gagnant de son statut de plateforme commerciale internationale, profitant de grandes infrastructures portuaires pour concurrencer l'île de Bina au Varanya ou les territoires fortunéens en mer Blême en qualité de premier relai du commerce international dans la région. En outre, la protection physique de l'archipel est aujourd'hui un problème réglé, Ictre-et-les-Chesmites ayant fait appel à l'armée cémétéenne dans le cadre de l'opération Harsomtous (2012-...) pour sécuriser les abords maritimes immédiats du territoire indépendant. Avec un contingent projeté de 30 000 soldats et d'une vingtaine de navires issus de la deuxième flotte cémétéenne, les îles Chesmites connaissent un climat sécuritaire favorable à la poursuite de l'activité économique en dépit de la guerre civile et des tensions internationales.
Mais sur le plan économique et financier, l'archipel n'est aujourd'hui plus débiteur et créditeur de l'Iskandriane et ses 40 millions d'habitants. Bien au contraire, l'archipel s'est même placé en situation de dette à l'égard du gouvernement de la Principauté de Cémétie, au-delà du simple soutien militaire. Les parlementaires du pays ont ainsi appelé à renforcer le partenariat économique avec la Cémétie, notamment en indexant la devise de l'archipel sur la drachme cémétéenne, réputée pour sa stabilité, afin d'éviter une chute brutale du cours monétaire avec l'éclatement de la bulle. Un projet d'espace commercial et douanier commun avec la Cémétie a également été soumis à discussion au sein de l'enceinte du Parlement insulaire, quand bien même rien n'a pour l'instant fuité sur les intentions réelles de la majorité parlementaire et du gouvernement insulaire en matière de politique économique et d'échanges avec la Cémétie.