
Excellences,
Au nom du Califat constitutionnel de l'Azur, important partenaire de membres honorables du Forum de Coopération d'Afarée du Nord, fondateur lui-même d'une organisation continentale, le Pacte afaréen de sécurité, je vous adresse cette missive en vue de préparer une demande officielle d'adhésion de l'Azur à votre enceinte.
Le Diwan tient le F.C.A.N. en très haute estime, notamment parce qu'il aura été le précurseur d'une vision unique et noble des relations internationales, basées sur la diplomatie, la discussion, la coopération et les échanges multilatéraux. Cette organisation, portée par le Banairah, l'Althaj, et en leur temps d'autres puissances aujourd'hui archivées, a été le premier coup de pinceau d'un tableau d'ensemble qui dessine aujourd'hui le caractère serein et pacifique des grandes puissances afaréennes. Si les Etats turbulents, tels que le Churaynn en son temps, ou encore le Diambée il y a encore plus longtemps, ont souvent accaparé l'attention du monde extérieur, donnant de notre continent une piètre image, ces turbulences n'auront qu'à peine ébranlé la force tranquille qui sommeille en Afarée. Le pacifisme du Banairah, le tact de l'Althaj, plus tard la détermination du Faravan, la créativité de l'Azur, la rigueur de la Kabalie, la courtoisie du Finejouri, pour ne citer que ceux-là, forment des touches qui assemblent le tableau d'un continent où, sans doute davantage que nulle part dans le monde, on négocie pacifiquement, calmement, poliment.
Le F.C.A.N. est un monument de l'histoire diplomatique afaréenne, et l'Azur n'a jamais caché son estime pour cette réalisation importante de nos prédécesseurs. Néanmoins, plusieurs raisons ont amené le Grand Vizir à porter, plutôt qu'à la résurrection d'un Forum endormi par la routine, la création d'une nouvelle organisation continentale : le Pacte afaréen de sécurité. Permettez-moi d'en dire un mot.
Le Pacte afaréen de sécurité a été fondé par la triade Finejouri-Antérie-Azur, et rejoint par aujourd'hui 14 Etats, ce qui en fait la plus grande organisation continentale. Il a été fondé sur un principe d'ouverture inconditionnelle à tous les Etats afaréens, sans distinction aucune de régime politique, d'idéologie, d'emplacement géographique, à l'exception de la R.A.C. (Cramoisie), qui a été solennellement exclue de ce collectif par un vote à l'unanimité des membres du Conseil afaréen de sécurité. Cette exclusion, rendue nécessaire par le devoir de ne pas confondre un frère et un agresseur, par le devoir d'apporter une réponse concrète au génocide des Kabaliens avant toute réintégration des auteurs de ce génocide dans les espaces de la diplomatie continentale, a été un geste diplomatique fort du Pacte pour signifier sa détermination à poursuivre, par des moyens diplomatiques, un objectif de justice et de souveraineté du continent afaréen. Le Pacte est donc une organisation teintée de panafaréisme, dont les revendications sont ambitieuses : résoudre le problème cramoisiste, réparer le génocide des Kabaliens, réaliser l'unité de tous les Afaréens et finir la décolonisation. Ces objectifs, ancrés dans le réel de l'actualité et la vigueur des rapports de force, distinguent aujourd'hui le Pacte du Forum, ce dernier privilégiant une approche sans apriori et n'ayant pas déterminé de position collective sur aucun sujet majeur depuis plusieurs années. Ce qui n'est, à nos yeux, pas un drame.
L'Azur a toujours considéré que l'unité des Afaréens ne pouvait être un problème d'organisations, et ne saurait faire de l'existence d'aujourd'hui deux organisations à visée continentale un problème. Il entretient d'excellentes relations avec des Etats fondateurs du F.C.A.N. et, désormais, souhaite travailler au rapprochement entre le Pacte et le Forum, dans l'objectif de réunir ces deux organisations en une seule.
L'Azur poursuit un objectif qui se décompose en plusieurs points :
- la création d'un espace de dialogue et de résolution collective et concertée des problèmes du continent,
- incluant tous les Etats afaréens, sans discrimination,
- toute exclusion devant être temporaire et motivée par des raisons claires, évidentes, unanimement reconnues ;
- pour porter des projets positifs à l'échelle du continent, tels que la décolonisation.
Le F.C.A.N. est déjà un lieu pour cet objectif, raison qui motive une volonté azuréenne de candidater : il est un espace de dialogue incluant beaucoup d'Etats afaréens. Cependant, plusieurs raisons conditionnent la candidature de l'Azur :
- le F.C.A.N. se restreint à l'Afarée du Nord, ce qui ne semble plus pertinent aujourd'hui, et exclue de fait des partenaires essentiels tels que l'Anna, le Kéran, l'Ouwanlinda ou le Moranza ;
- le F.C.A.N. n'a pas déterminé sa position vis-à-vis du génocide des Kabaliens et de la colonisation de la Kabalie par la CRAMOISIE©.
Ce dernier point est pourtant un enjeu historique et irréversible de l'histoire continentale, en tant qu'il a été le moment d'une réaffirmation de la domination et de la supériorité coloniales sur un peuple libre. Aucun Afaréen ne peut trouver le sommeil avec une telle situation dans son voisinage, ce que des dizaines d'Etats ont reconnu en signant la Déclaration mondiale sur la Cramoisie qui établit que la Cramoisie n'est pas un Etat comme un autre : c'est une menace humanitaire, sécuritaire et politique pour toute l'Humanité. L'Azur a réfuté de nombreuses fois les accusations d'intention belliqueuse, aujourd'hui le Pacte travaille sur le plan diplomatique à résoudre le problème de cette menace, et a pour cela clarifié ses conditions pour une réconciliation avec la Cramoisie. Le Pacte a multiplié les initiatives et les approches, mais la R.A.C. semble motivée par un objectif : celui de renforcer le caractère ignominieux de sa présence, d'humilier le pacifique et diplomatique Azur en l'accusant de « néocolonialisme » — peut-on raisonnablement faire d'un pays qui a rejeté le colonisateur les armes à la main un pays colonialiste ? peut-on tolérer d'être insulté de la sorte ? pourtant l'Azur le tolère et n'a pas répondu à l'offense — et d'occuper le territoire légitime de la Kabalie, qu'elle a accaparé par la force, le meurtre et l'intimidation.
Allâh sait mieux vers quoi la situation actuelle nous emmène mais le désir profond de l'Azur est d'obtenir une solution diplomatique et pacifique de ce problème, c'est pour cela qu'il a dynamisé, au sein du P.A.S., plusieurs textes diplomatiques majeurs et qu'il continuera à le faire tant que ces initiatives auront le moindre intérêt. Nous n'avons pas perdu espoir, pas encore. Aussi, c'est bien à un Etat disposé au dialogue que vous avez en face de vous, et qui pointe aujourd'hui autant les réussites que les défauts mineurs du F.C.A.N., pour conclure en ceci :
L'Azur déposera une candidature au F.C.A.N. dès qu'une position sur la Cramoisie aura été définie par lui, et dans l'intermédiaire, il se tient à la totale disposition du F.C.A.N. pour faciliter l'articulation des deux organisations continentales. Son objectif est l'unité des Afaréens, sans rien renier de leurs différences, sans ignorer leurs divergences parfois considérables, mais avec une conscience claire : nous formons un même voisinage sur ce continent, et nous n'avons d'autre solution que le dialogue pour éviter tous les malheurs absurdes de la guerre. Faisons ensemble le pari du dialogue, et visons ensemble l'unité du continent autour d'une seule enceinte comme objectif commun.
L'Azur recevra avec plaisir une réponse du Secrétariat du F.C.A.N. ou bien de ses Etats membres, qui pourrait confirmer une même entente de vues, ou bien identifier des points de divergence sur lesquels travailler avec sincérité et diplomatie.
Proverbe tamasheq
Amastan Ag AmenayMinistre des Affaires étrangères
23.09.2018

