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Activités étrangères au Carnavale - Page 3

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26 mars 2012 - CONFIDENTIEL - Chantage à l’arme de destruction massive, Carnavale dans le viseur des services de renseignement alguarenos.


Cellule d'investigation et du renseignement alguarena
Parmi les unités du renseignement alguareno, une cellule s’est récemment formée pour jeter son dévolu sur le cas de la Principauté de Carnaval.

Forte que de son seul stock d’armes de destruction massive, Carnavale finit d’amuser la première puissance mondiale qui en fait une cible prioritaire au travers de son service du renseignement.

“Le dernier à avoir menacé le monde libre de frappes balistiques était le Kronos, on sait comment ça s’est passé ensuite…” avait confié un responsable des opérations devant son auditoire d’agents spéciaux, missionnés pour la constitution d’une cellule du renseignement, faisant grand cas des élucubrations carnavalaises qui avaient cette fois eu l’impertinence de menacer l’intégrité physique des populations alguarenas. Sur un plan intellectuel, menacer l’intégrité d’une population d’inconnus en vue de faire fléchir un concurrent bancaire qui en a “strictement rien à foutre” du devenir desdites personnes n’était clairement pas le choix d'interlocuteurs le plus judicieux. Une raison donc d’autant plus valable, pour considérer le caractère irrationnel des autorités de la Principauté de Carnavale face à une fin de non-recevoir inéluctable des institutions bancaires et privées du Groupe Pasatiàs.

“Les institutions bancaires carnavalaises ont vocation à essuyer un net recul, sauf si elles prêtent aux rebus de la nouvelle notation bancaire mondiale, elles sont d’ores et déjà la deuxième banque mondiale” s’était permis d’insister le responsable aux opérations. “Dans ce contexte, il convient de les considérer comme un animal blessé, capable du pire pour s’offrir une visibilité qui ne sera plus permise par l’excellence…”

Un topo de la situation qui capte l’attention de chacun parmi l’assistance mais peine encore à tracer les principaux angles d’attaque. Une mise en bouche donc, qui poussa le responsable des opérations à poursuivre sur sa lancée, coupa les lumières des éclairages plafonniers pour illuminer plusieurs grands écrans sur lesquels une projection débutait.

Capitaine Carlos Garsillas : “Messieurs et mesdames, sur l’écran face à vous, se présente le bac à fange que nous ferons l’effort d’appeler Carnavale le temps de nos opérations. La Principauté de Carnavale, depuis la formulation de menaces terroristes contre le principal établissement bancaire de notre pays, s’est faite la cible prioritaire de nos services du renseignement qui vont présentement et vous l’avez compris, se composer de chacun d’entre vous, pour la région.

Les autorités carnavalaises ont menacé de l’emploi de frappes balistiques contre des populations alguarenas sur le sol fédéral, au titre qu’il existe des agences bancaires internationales de renom dans notre pays... Que le caractère irrationnel des revendications carnavalaises soient prouvées ou non, il est des menaces que la présidence nous somme de ne pas laisser sans réponse et celle-ci en fait partie.

Sur cette base, la direction aux opérations du renseignement alguareno m’a confié l’insigne honneur de porter votre équipe au plus près du centre névralgique carnavalais, pour ébranler l’autorité sur place et nous garantir une paix durable par le chaos. Une action préventive ou répressive, je laisserai à chacun le soin de s’en faire une opinion. Trouvez la raison qui vous fera avancer dans cette opération portée à l’échelle d’un pays assimilé à l’ennemi.


Désignation des cibles.

Pour porter atteinte à l’intégrité du territoire carnavalais et à l’autorité de ses gouvernants, nos services du renseignement souhaitent inscrire votre action dans le schéma usuel du renseignement et séquencé en quatre phases, avec premièrement la question de la désignation. C’est-à-dire à ce stade, une analyse estimative des dégâts qu’il nous sera permis de porter contre la structure gouvernementale carnavalaise pour désigner les cibles appropriées à notre entreprise… La détermination des cibles se passe ici, depuis cette salle. Vous allez potasser sur ce pays et consulter chaque article en ligne relatant la situation économique, politique et militaire carnavalaise des cinq dernières années… Ne vous morfondez pas, la presse carnavalaise est l'une des plus bavardes au monde et s’étale, au sens littéral, y compris sur le cas des chiens écrasés.

Ce travail préalable, nous permettra d’apprécier l’efficience d’une action clandestine contre cet état terroriste et de jauger quel impact sera pour lui le plus dommageable, eu égard à un nombre limité de moyens engagés de notre côté.

Identifier les personnes qui comptent, celles du premier cercle, du second, celles du second qui rêvent d’occuper une place dans le premier…

Écrivez des scénarios, chaque scénario abrité là-bas et mettez en perspective le chaos ambiant de ce bac à fange marqué par les mouvements populaires. Dalyoha, Castelage, Obéron, qu’ils s’entredévorent sur la bouée de sauvetage de glace qui les privait de la noyade jusqu’ici. Vous allez réchauffer la situation sur place et leur expliquer pourquoi un gouvernement détenteur d'autant de fonds refuse de les investir alors même que l’inflation y est absolument atroce, condamnant le pays à un inexorable décrochage économique, malgré une situation géographique avantageuse.


Infiltration du territoire.

Les cibles carnavalaises désignées, se posera ensuite la question de l’infiltration du territoire, puisque l’opération n’a pas vocation à être déléguée aux éléments factieux et autres électrons libres présents dans ce pays.

Ainsi donc, il nous appartient d’identifier les couvertures et les légendes à mettre en place, pour permettre le maintien sur place de nos agents, y compris dans le cadre d’un affrontement armé direct la Principauté de Carnavale. On doit anticiper la possibilité qu’avant le déclenchement des opérations, les tensions diplomatiques entre Carnavale et Alguarena soient telles, que le maintien de ressortissants identifiés comme étant de nationalité alguarena soit impossible car bien trop sûr.

Il se peut également que le gouvernement terroriste carnavalais mette à exécution ses menaces contre les populations alguarenas, en ce cas l'infiltration du territoire carnavalais ne sera plus opérée sous une approche conventionnelle mais une action clandestine, dirigée au travers d’itinéraires préalablement identifiés.


Consolidation des soutiens opérationnels locaux.

L’identification des voies d’infiltration possibles prend nécessairement en considération les éléments factieux du pays. La Principauté de Carnavale a cumulé les périodes de chaos et de destruction, obligeant à une superposition de couches d’urbanisme, découpées entre des familles mafieuses et des gangs à couteaux tirés. De cette historique complet et complexe, il doit être permis l’identification d’éléments cartographiés n’appartenant pas à ceux inscrits aux plans officiels, considérant la grande période de “reconstruction” dont Carnavale a pu bénéficier au travers des crises internes qui l’ont assailli.

La Principauté de Carnavale est une société inégalitaire, violente et castée, la vie politique et interne au pays connait par conséquent des situations très clivantes, à vous d’identifier lesquelles et quels alliés locaux peuvent en ressortir…

Malgré ce brouillon apparent, les mises en relation avec les éléments factieux opérant conjointement avec nos agents devront se faire selon des procédures ainsi que des protocoles de communication déterminés. Les protocoles de communication internes à l’agence et ceux mettant en relation l’agence avec les éléments factieux doivent différer. A ce titre, nos agents sur place communiqueront donc avec nous par le biais d’une adresse mail dont les identifiants de connexion seront partagées et notre unité et les opérationnels là-bas. Une boîte mail par agent depuis laquelle ils n'envoient strictement rien mais enregistrons des brouillons dont nous prendrons connaissance, avant de leur répondre sur la base d’un procédé identique.
Dans le cas des protocoles de mise en relation avec les éléments factieux locaux, la démarche est libre et personnalisable en fonction des moyens et des envies développés par nos hypothétiques soutiens sur place.


Porter l’action au cœur de l’ennemi.

Une fois qu’on aura les préalables précédemment cités, il nous appartiendra de piloter l’opération jusqu’à son terme. Vous l’aurez compris, ce n’est plus ici affaire de moyens mais de timing. Quand frapper? Quel niveau de coordination atteint entre nos alliés sur zone et nous? La réussite d’une mission est affaire d’équation, entre la cible, les moyens pour l’atteindre, et l’instant où l’opération est déclenchée. Vous avez toute latitude pour calibrer ça, merci de me communiquer prochainement des pistes avancées en matière de collecte du renseignement sur le sol carnavalais…”

Le briefing du responsable des opérations fut achevé par un bref instant de gravité, portée par les visages des agents désignés dans la constitution de cette cellule et qui semblaient mesurer les scenarii du pire pouvant retentir dans le cas d’un affrontement direct entre les deux états. Un chef opérationnel, installé à l’extrémité de la table de briefing, éleva la voix pour capter l’attention de chacun et développer une synergie appréciable dans ce qui se promet d’être un mission de longue haleine et terriblement périlleux pour la face du monde en Eurysie occidentale.

“Si l’on fait appel à nous… c’est que tout ne va pas si mal. Et qu’on ne veut pas savoir que la Fédération vise la tête des autorités carnavalaises…”
Avant d'enfoncer le clou à nouveau, marquant malgré tout les enjeux de la mission face à eux. “Si l’on fait appel à nous, c’est parce qu’on ait le dernier espoir d’une intervention chirurgicale destinée à éviter un affrontement direct et brutal sur le sol carnavalais. Soyons à la hauteur des enjeux et communiquons sous 7 jours nos avancées parmi nos investigations débutant ce jour…” Ainsi donc et alors qu’en surface, la principauté de Carnavale s'enorgueillit de posséder un important stock de missiles balistiques, les manœuvres de renseignement et d’espionnage alguarenos vers le Carnavale tendent à s’accélérer et à s’intéresser à l’intégrité des personnes de pouvoir présentes sur place."
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Tanska 42


La Banque Fédérale Tanskienne vient secourir la Banque Princière Castelage

Mal gérée, mal financée, corrompue, possiblement auto-sabordée, la Banque Princière Castelage, à l'image de son pays hôte, est dans un piteux état à la suite de l'effondrement interne du gouvernement Translave désormais incapable de solder ses dettes. Alors que les demandes de financement s'étaient multipliés par le gouvernement auprès des créditeurs du monde entier, seule la banque carnavalaise avait jugé bon - et évidemment de manière erroné - d'accorder une ligne de crédit importante à un Etat ayant pourtant pour programme d'abolir l'argent.

Suite, sans surprise, à la diplomatie calamiteuse d'un Etat translave dont la perte de raison ferait passer le dictateur loduarien pour un génie de la pensée rationnelle, et dont le gouvernement s'est décidé à précéder Carnavale dans l'essai balistique et radiologique en Loduarie, la Banque Princière Castelage a du cette fois-ci se tourner vers des investisseurs plus fiables pour renflouer ses caisses et éviter d'entraîner dans sa chute une partie de l'économie eurysienne. C'est ainsi un trou de plusieurs milliards qui serait apparu sur les comptes de la banque carnavalaise, incapable de s'en référer aux autorités nationales, si elles existent encore, pour combler ses propres dettes issues de ses propres erreurs de jugements. Ainsi, sur décision du procureur Général de la Banque Fédérale Tanskienne, une ligne de crédit de 3 000 chèques carnavalais a donc été accordé à la Banque Princière Castelage. Les modalités de remboursement n'ont pas été évoquées "il s'agit tout d'abord d'éviter une faillite" indiquait le Premier financier du pays, à l'air particulièrement et curieusement fatigué et épuisé. Lui pourtant jovial et habituellement en forme est donc apparu les yeux lourds après une brève réunion avec un conseiller ministériel sans que la raison de la réunion n'ait été partagé au grand public.

Les médias tanskiens parlent eux d'un sauvetage coordonné de la Banque Princière Castelage par plusieurs services financiers occidentaux et des principaux pays développés.
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Et Ema Vol Drek dans tout cela ? On en a beaucoup entendu parler depuis le début de ce RP mais la reine Consort, présentée comme un membre d’une grande importance au Royaume de Polkême, régente, c’est-à-dire celle censée être, le temps de la minorité de son fils, la véritable cheffe de l’Etat, se fait absente. Evoquée ici et là, on la dit dans le Dek, une région à l’ouest du pays, connue pour sa richesse mais aussi son enclavement. Six mois de visite dans le Dek. Imagine-t-on Emmanuel Macron six mois en Alsace ? Quand bien même la Polkême soit un pays particulièrement préservé dans le temps, les avions, les voitures existent pour la classe dirigeante, Ema Vol Drek auriat pu faire un aller-retour pour saluer les Velsniens, plutôt que de laisser son frère, ses fils adolescents et tout un tas de rapaces politiques, barons carriéristes et en conflits, avoir l’honneur d’accueillir à Volvoda l’une des plus grandes puissances économique et militaire du siècle.

Mais non, Ema Vol Dek reste dans le Drek. Ou l’inverse.

Il y a anguille sous roche. Un coup du Grand-Duc ?

Peut-être, allons voir ça.



La vérité c’est qu’Ema Vol Drek ne se trouvait pas dans le Dek pendant ces six derniers mois. Elle se trouvait beaucoup plus à l’ouest, dans un autre pays, anonymement. Elle se trouvait à Carnavale.
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Soudards



Contes soulards, ragots et plaisanteries. Vu de loin, ce ne sont pas les mots que l'on prendrait en priorité pour décrire les individus que l'on trouve sur cette aire de terrasse isolée, loin des vibrations et des pollutions de la mégalopole tentaculaire de l'Eurysie de Carnavale. Quoi que...cette ville referme tant l'aléatoire et l'absurde que l'on pourrait presque dire que ces gens sont normaux. C'est tout simplement qu'ils sont...sacrément bruyants, et pas à leur place. La ville ne leur sied jusque maintenant, et elle leur rend bien. Depuis plusieurs jours, les habitants, pourtant habitués à l'étrange, voient s'attrouper des masses désorganisées de jeunes gens ayant un profil étonnamment similaire: extrêmement bruyants, à la limite de l’impolitesse, pour beaucoup avinés du soir au matin et qui n'ont pas l'air de s'adapter correctement aux codes de la ville. Déjà la veille, les riverains se sont plaints de désagréables porte à porte d'individus cherchant désespérément des informations sur "les clones de Lorenzo", une légende urbaine de plus en laquelle les personnes qui y croient sont surtout des gens qui n'habitent PAS à Carnavale. Le jour suivant, il a fallu appeler les services d'ordre pour évacuer deux de ces individus s'étant battus avec des carnavalais à l'entrée d'un restaurant, sous prétexte d'un quiproquo avec un client, sur base d'une dispute qui était intervenue après qu'ils l'aient harcelé l'homme accompagné de sa famille au sujet de l'ancienne attraction touristique du "Lorenzo Night's". Sans doute ceux ci avaient été déçus d'apprendre que le navire n'existait plus, ce qui avait conduit à une véritable scène de bataille dans ce point de restauration qui après coup, ressemblait davantage à un champ de bataille.

Les carnavalais venaient de se voir infligés la visite de l'un des groupes que l'on aurait peine à imaginer à un repas de mariage, indéniablement. Arrogants, querelleurs et violents, nous avions là affaire à des spécimens parmi les plus "représentatifs" de ce que l'île celtique pouvait offrir...au grand malheur du reste du monde. Carnavale venait de faire la rencontre d'une troupe de "chasseurs", mais chasseurs de quoi ? Ceux-ci vous répondront probablement sous l'effet de l'alcool: "chasseurs de ta grosse mère.", mais ne prenons pas en compte leurs observations aiguisées et l'idée qu'ils se font d'eux même lorsqu'ils ne sont pas sobres. Plus objectivement, le rassemblement venait là d'atteindre les cinquante individus, majoritairement des hommes du bel âge, ce qui n'empêchait pas d'y trouver des femmes, dont le comportement était un étrange mimétisme de leur environnement, et quelques anciens, qui avaient l'air de diriger l'ensemble vers ces mauvais comportements. Une troupe au comportement relativement uniforme finalement, qui provenait probablement de milieux très similaires, et collectivement dirigés par une attirance pour une vie dangereuse et loin de chez soi. Et tout portait à croire que beaucoup d'individus de cette troupe se connaissaient déjà, et avaient une similaire expérience de la vie. Malgré leurs jurons et leurs provocations, et aussi étonnant que cela puisse paraître, beaucoup d'entre eux était de naissance honorable, voire issue d'une forme d'élite, aussi rustique et fruste soit elle. "Élite" ne signifie pas forcément "courtoisie", loin de là dans le cas qui nous intéresse. Non seulement ces gens étaient arrogants et pensaient faire partie d'une forme de "sommet de la société" qui leur octroyait des droits particuliers, mais ils n'avaient pas la bienséance qui sied à des individus réclamant ce genre de traitement. C'était là l'élite provinciale des cités libres velsniennes perdues en Achosie du nord. Moqueurs, ils bousculaient chaque serveur leur apportant à boire, dans ce débit de boisson, le seul qui ne les avait pas encore expulsé de force de leurs locaux, sans doute par peur de voir les locaux êtres entièrement saccagés, comme l'avaient été les autres. Oui, les carnavalais venaient de rencontrer leurs premiers "chasseurs strombolains".

Velsniens ? Pas vraiment...enfin, juste à moitié peut-être... Nous avions là les échantillons parfaits de la descendance malheureuse d'une aristocratie, souvent terrienne et rurale, bien souvent désargentée et laissée de côté par le nouveau monde, et dont les deux seuls moyens d’enrichissement étaient la propriété foncière, dont ils ne disposaient plus pour beaucoup, et la guerre, qui elle en revanche, ne manquait pas, du moins jusqu'à il y a peu. Il y en avait toujours un pour hurler plus fort que les autres, pour raconter les histoires mieux que les autres, et pour captiver une audience qui parlait le même langage. Un entre-soi rustique de braillards. Dans ce groupe, indéniablement, le vieux et à la bouille bien rouge "Patrese", "capitaine-condottière" autoproclamé, allait d'exposé en exposé, racontant chacun des épisodes d'une longue vie d'affaires peu honnêtes, mais qui paradoxalement, gonflait l'orgueil de cette bande. Chaque exploit était un peu plus de légitimation auprès du reste du groupe, et chaque récit était une bouteille de vin de plus sur la table. Et les têtes se penchaient à chaque toujours vers Patrese, cet affreux soudard à qui manquait l'œil gauche:

" Vous vous souvenez de l'histoire du recrutement du p'tit Giovanni ?"

" Ah ouais...c'était pas..."


Une bonne partie du groupe semble acquiescer, sauf l'intéressé qui est en bout de table.

"...Tais toi abruti ! C'est moi qui raconte ! Donc, on était à Hippo Reggia, et on était entrés les premiers dans la ville. On m'ordonne de de prendre dix types avec moi, les meilleurs de la Tribune, pour nettoyer les bâtiments qu'on est en train de déborder. On fouille les maisons une par une, au passage j'autorise les gars à s'arrondir leurs fins de mois et je leur dit de retrouver le reste du groupe au bout de l'avenue, quand on aura fait la vérification de tout le pâté de maisons. L'ordre passe bien, on se disperse, on passe la rue au peigne fin, on ramasse un peu de bijoux, un peu de jolie vaisselle. Le quart d'heure se passe bien, aucun scaelien à l'horizon, ils avaient tous déguerpi à l'autre bout du centre ville, et s'étaient tous barricadés au même endroit. Bref. On se retrouve, et je fais le compte. Un, deux, trois, quatre etc...et il arrive un moment où je compte...onze ? J'avais eu du recrutement entre les deux ou quoi ! Je me penche un peu, et un peu caché derrière la troupe, devinez qui je vois...Giovanni. Un petit gamin de rien du tout avec son uniforme de garde civique d'Hippo Reggia et du sang plein les mains. Sergio se retourne et il sursaute. Il commence à hurler: "T'es qui toi bordel !". Le p"tit Giovanni a un peu la tremblote, il a bien cru qu'il allait se faire executer sur le champ, mais voilà qu'il me tend une main. Je lui demande ce qu'il peut bien branler avec une main coupée dans le sac, il me répond juste " C'est mon certificat de recrutement !". Ce petit pouilleux avait buté son capitaine en guise de CV ! "

L'audience rit aux éclats sans attendre la fin de la phrase, sans doute l'avaient t-elle déjà entendu des dizaines de fois, sauf le jeune Giovanni, toujours aussi gêné que la première fois. Les serveurs et le restaurateur sont probablement trop terrifiés par ces individus pour se plaindre d'eux en personne. Mais il se trouve qu'à Carnavale, les chasseurs strombolains ne sont pas les seuls à la recherche d'une source d'alcool, et il se pouvait bien que le boucan n'ait fait qu'attirer d'autres troubles-fêtes. Alors que Patrese était sur le point de continuer son interminable litanie d'anecdotes de la guerre civile velsnienne, la barrière battante de la terrasse se déroba bruyamment, et le bruit de bottes interrompit certainement une autre entrée en matière tonitruante de l'animateur de cette soirée. Se retournant sur leurs chaises, on pouvait les voir. Leur uniforme était différent, mais reconnaissable par les strombolains, qui savaient distinguer les différents uniformes parmi cette "faune étrange" qu'était l'île celtique. Ce n'était pas ceux de Caratradais, bien trop propres sur eux pour se permettre d'arborer des treillis qui n'étaient pas impeccables et repassés trois fois d'affilée. Ce n'était pas non plus des achosiens, ils n'en arboraient pas le kilt. Non...ces airs de brutes quelque peu distinguées, davantage que leurs voisins du nord, cela ne pouvait être que des menkeltiens. L'un d'entre eux commença à se pencher vers son commandant, baragouinant l'incompréhensible pour les velsniens, mais que l'on pourrait résumer à: "Alors ce sont eux, les chasseurs strombolains ?". Une interrogation qui pourrait souligner le décalage que les menkeltiens se sont faits d'une unité célèbre de combattants dont ils ont peut-être tant entendu parler, de par leur rôle dans la lutte perpétuelle entre les strombolains et le groupe de l'AIAN, et lors de la guerre civile velsnienne. Les chasseurs strombolains étaient-ils vraiment cette joyeuse bande d'amateurs dont aucun ne devait avoir racketté moins de cinq pintes à ce restaurateur apeuré derrière son comptoir ? Ces gens défendaient-ils vraiment l'Achosie velsnienne ?

Difficile à croire, certes. Mais ces hommes avinés étaient bien une unité dite "d'élite". Il était difficile pour d'autres pays de croire que les strombolains ne soient la plupart du temps que des "militaires à mi-temps", car comme les trois quarts de l'armée velsnienne, ils étaient avant tout des "levées". Patrese est un simple propriétaire terrien dans la vie de tous les jours, le jeune Giovanni est garçon de course. Et la jeune femme discrète au fond de la pièce...qui prenait des notes dans son coin, cette Gina Di Grassi était une autre histoire...mais passons. Ces gens partaient faire la guerre à la demande de leurs cités respectives comme on part en vacances entre amis, que l'on retrouve une fois de temps en temps, avant de reprendre le cours de leurs vies. Débraillés ils l'étaient, peu sérieux et disciplinés, ils l'étaient...mauvais ? Non, juste différents, juste une approche de la guerre, non pas vue comme un métier, mais comme une activité "saisonnière". Les cités de Strombola et de Velathri envoyaient volontiers les jeunes hommes et femmes en mercenariat à l'étranger, si cela pouvait faire baisser momentanément les chiffres du chômage et constituer une autre source de revenus pour ses habitants. Surtout en ces temps de calme à Velsna, la paix n'étant jamais bien rentable pour eux.

Première phrase, premier quiproquo linguistique: aucun menkeltien parle velsnien, aucun velsnien ne parle menkeltien. Les premiers échanges ne sont donc qu'un ensemble incohérent d'insultes quelconques, mêlé à des montées de ton intimant à chacun de laisser la place et bien daigner repartir la queue entre les jambes. Mais par chance, la troupe de strombolains bénéficiait de la présence d'un achosophone dans leurs rangs, en la personne d'un certain MacMurfy, dont la langue, sans être identique au menkeltien, restait proche, presque inter-compréhensible. Les insultes laissent place à un défi lancé à la volée par ce dernier: "Vous voulez boire ? Alors touchez cette bouteille...mais pas avec vos mains.". Il fit rouler le fruit sur la table, et il posa à côté son propre revolver, qui glissa jusqu'à l'un des menkeltiens. Des poings battent sur la table et les railleries fusent, atmosphère presque tribale. Mais au moment où le menkeltien se saisit de l'arme, la main de Patrese vint se presser sur son poignet: "Tut tut tut...c'est trop facile....Grégorio ! Viens là, tu vas tenir la bouteille !". De plus belle, les poings s'abattent sur une table craquelant de toutes parts et les cris bestiaux raisonnent sur la terrasse. Grégorio n'était qu'un auxiliaire de la troupe, un jeune homme tout juste sorti de l'adolescence dont c'était sa première levée. La main tremblante, on lui fit agripper la bouteille, à une bonne distance du tireur. Et puis...le silence.

L’œil se ferme, la respiration se coupe: on attend le geste de la détente les yeux grand ouverts, la bouche haletante, les dents découvertes... et la détonation raisonne dans toute la pièce. Puis, une bouteille qui explose, et un cri terriblement aigu, suivi du jeune conscrit qui s'effondre à terre: la balle avait traversé sa main. Un instant, on aurait pu croire que le silence qui a suivi signifiait le début des hostilités entre le groupe de strombolains et les mercenaires de Menkelt. Et puis...un sourire de Patrese, puis un ricanement, un fou rire...et puis enfin une hilarité générale alors même que le jeune homme se tordait de douleur par terre. Incrédules, le rire avait fini par contaminer les menkeltiens. Ce soir là, les deux groupes acceptèrent de se partager lé débit de boisson, et de le ravager ensemble. Dans son coin, Gina Di Grassi, imperturbable, continuait de prendre ses notes, encore et toujours.

"Bravaches, arrogants, querelleurs...mais courageux."
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Parce que nos yeux sont partout.
Regarde. Des Velsniens.

Et ? J'en ait rien à foutre putain ! On est en pause !

Voldan vida son verre avant de le poser brutalement sur la table. Pas comme si quelqu'un allait le remarquer dans le bazar ambiant qu'offrait le lieu où il prenait un verre avec son collègue, profitant d'une pause bien méritée après une dure journée de travail. Et une sacrée journée ! Car nos deux agents étaient au DEL, chargés de surveiller quelques puissants de Carnavale. Tout les deux infiltrés en tant qu'agents de sécurité au sein d'une boîte de fonctionnaires haut placés. Heureusement, ceux-ci étaient à peu près normaux, et dépit de leur implants étranges et des manies de certains à ne manger que de la viande avariée ("ça a plus de goût"). Nos agents étaient tranquilles la journée et tranquilles aussi, la plupart du temps, le soir. Dans les cas d'urgence, ils étaient armés, et se déplaçaient toujours à deux. Jamais rester seul à Carnavale.

Ouais mais regarde quand même. Tu les trouve pas étranges ?

Absolument pas, maintenant ferme ta gueule et laisse moi profiter de ma dernière bouteille, OK, Albert ?

Si tu veux, sale poivrot.

Merci bien !

Albert restait pensif, de son côté. Ces Velsniens. Ils lui rappelaient quelque chose. Visiblement tous étaient des combattants. C'était ça qui le titillait. Qui donc lui rappelait des Velsniens comme cela... Cela lui explosa dans l'esprit, et il se souvint. Du jour où il avait participé aux opérations à Velsna. Les mêmes type de soldats. Même accent, même gabarit, même manières. Les chasseurs.
Albert, lui à Velsna, n'avait pas véritablement prit part aux combats. C'était un agent de reconnaissance et d'acquisition d'informations, pas un combattant. Mais il se souvenait ce que les camarades de l'armée disaient des chasseurs. Des guerriers, certes, mais arriérés dans le passé. Des combattants brutes pour rien. Les Forces Spéciales Loduariennes qui avaient prit part aux combat, même si si elles respectaient les chasseurs pour leur combat honorable, ne les portaient pas dans leur cœur, et c'était ce que Albert avait retenu des chasseurs. Ainsi c'était eux. Intéressant. Que faisaient-ils ici, à Carnavale ? Peut-être donnaient-ils de leurs services en échange d'un beau paquet d'argent. Ici même à Carnavale, le marché des mercenaires était bon. Il fallait voir ce que eux même ils étaient payés en tant que simples agents de sécurité privés.
Albert regarda plus attentivement. Visiblement, il n'y avait pas que des Velsniens. D'autres hommes se distinguaient du lot. À leur apparence, des Menkletiens. Ah. Ceux-ci, ils étaient cordialement détestés par la Loduarie. Ne serait-ce que après leur dernière performance musicale à Antares. Il fallait donc garder un œil sur eux aussi. Il regarda les Velsniens, rapidement, avant d'en voir un pointer son arme sur un autre. Avant même que Albert réagisse en sortant la sienne, la balle était déjà partie.

Non de merde la putain de mère !

Voldan, de son côté, avait été réveillé de sa transe alcoolique, et avait déjà sorti son arme.
Albert se pencha vers lui, s'assurant que personne ne l'écoutait.

Pas la peine. On sort d'ici, maintenant.

Voldan ne chercha pas à protester. Son arme en main, tout comme Albert, il se leva, et se dirigea vers la sortie. De leur côté, les Velsniens et les Menkletiens se tordaient de rire, au dessus du pauvre gars qui pissait le sang.
Voldan ouvrait la marche vers la porte, jouant des coudes, Albert quand à lui, fut stoppé net. Un éclat métallique, mystérieux. Comme un regard. Il fouilla la pièce des yeux, et il la vit. Cachée dans un coin, vaquant à ses occupations. Gina DiGrassi. Là, il sur, d'expérience, que ce n'était pas une seule petite sortie pour un taff à Carnavale. Quelque chose se préparait.

Albert sorti rapidement du bâtiment, Voldan devant, avec le savoir qu'un gros rapport devrait être écrit sitôt rentré.
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La Stanislade


Dans les quartiers et les bas fonds de Carnavale, dans les bars les plus malfamés, on entend de plus en plus régulièrement. On dirait bien, que les mercenaires d'Achosie du Nord ont commencé à contaminer de plus en plus de locaux et d'autres mercenaires par une étrange mélodie....

Ainsi que v'la le roi des margoulins, incomparable Stanislav,
Du mal à dormir, se retourne dans son lit avec son oreiller waifu,
Grand pensif parmi les penseurs, rumine avec visage grave,
"Et si je faisais le plus beau des canons, avec les plus gros obus !"

C'est ainsi que v'la parmi ses ministres le roi des margoulins,
"Regardez donc mes amis, l'idée qui m'est venue de beau matin
Le plus beau et lustré des canons, 400 mm de calibre"
Conquérant et turgescent, l'empereur était en roue libre !

Ainsi s'explique le roi des margoulins, gestes de bas en haut,
"Ce sera la plus belles des lance, glorieuse perche tendue vers le ciel,
Fière et garde à vous dans toute sa longueur, prête à l'assaut !"
Paré à vaincre l'Hotsaline, prêt à fonder l'Empire universel,

Ainsi v'la qu'avec ce discours se termine la chanson,
Conseillers applaudissant devant l'étendue de ses talents,
Chantant son nom en louanges, une voix toutefois lui demandant,
"Siérait-il à sa majesté de remonter son pantalon !?"
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Un cas social :


Yaël ouvrit les yeux, il n'était plus dans le bar avec ses compagnons mercenaires. Le jeune homme était allongé par terre, dans une rue crasseuse. La première chose que le mercenaire vit fut cependant une poule qui était en train de picoter sa jambe. Il chassa la poule en levant son genou avant de se lever. Le mercenaire avait un mal de crâne énorme. Un regret amer se glissa dans son âme, il n'aurait clairement pas du boire autant, parce-que maintenant le jeune homme était tout seul, dans une ville où tout pouvait arriver, à des années lumières de son foyer.... On a vu mieux comme lendemain de soirée. Malgré son mal de crâne, notre jeune Menkien commença à marcher lentement, mais sûrement, en dehors de la rue crasse ou il avait visiblement passé la nuit.

Si on devait décrire le mercenaire Menkien que nous sommes en train de suivre, celui-ci avait un physique très propre à sa terre d'origine. Des cheveux bruns très clairs, des yeux d'un bleu profond, si on omettait le fait qu'il avait des énormes balafres autour de ses lèvres, on aurait presque pu penser qu'il était parfaitement normal. L'origine de ces cicatrices sur son visage est assez cruelle, Yaël avait subi ce qu'on appelait un ''sourire de Glasscow'', du nom de la ville de Glasscow en Hyperalba, cette cicatrice en forme de sourire est causée par l'élargissement au couteau de la bouche de la victime jusqu'aux oreilles. Yaël fut victime de cette pratique barbare il y a quelques années, ce dernier avait en effet pendant son service en tant que milicien pendant la guerre civile, le jour de ses 18 ans, subit une violente agression de la part d'un groupuscule sataniste (oui) qui l'avait capturé et désarmé, en plein milieu de Glasscow. L'un d'entre eux avait sorti un couteau et l'avait torturé pendant une bonne dizaine de minutes. Le pire souvenir qu'il ait vécu pendant la guerre civile Menkienne, on pouvait même dire sans sourciller que ce fut le pire souvenir de sa vie. Fort heureusement, les abrutis qui le torturaient l'avaient fait en pleine rue, une rue à l'écart et sombre, mais une rue ou patrouiller à ce moment-là un autre groupe de milicien. Les satanistes l'avaient alors payé très cher et les miliciens qui avaient sauvé Yaël lui laissa avoir l'immense plaisir d'en exécuter un à la fin de l'affrontement qui avait été capturé. Cet acte sauvage et barbare, point digne d'une vie sainte et pieuse ou on tend l'autre joue comme aurait aimé son père, fut alors son premier meurtre. Yaël s'était engagé dans le mercenariat pour découvrir d'autres pays, partir à l'aventure. Loin des légers soucis qu'il eu au sein de sa patrie.

En se baladant dans les rues de Carnavale, le mercenaire eut le déplaisir de ne pas savoir où il se situait exactement. Pire encore, le jeune homme était désarmé, sans son téléphone et plus généralement sans quoi que ce soit d'utile sur lui. Yaël se mit à courir de rue en rue sans s'arrêter dans une mégalopole aussi bordélique que la chambre d'un collégien. Sa rapidité, heureusement, paya, il fut soulagé en voyant au loin des frères d'armes dans un véhicule de transport. Yaël les appela et il fut soulagé en voyant que le véhicule s'arrêta, le pilote du véhicule l'air complètement choqué en le voyant.

''Ser... Sergent ??? Mais qu'est-ce que vous foutez là ???'' Disait avec stupéfaction le conducteur.

De plus, Yaël remarque qu'un de ses très bons amis se trouver parmi la patrouille. Il entra avec rapidité et en sueur dans le véhicule à côté des autres miliciens stupéfié de la situation. Ces derniers tombaient vraiment bien en tout cas, vu qu'ils rentraient tous au campement ou une partie des mercenaires Menkiens se trouvaient.
Un silence étrange s'installa, son ami Uriel le brisa en éclatant de rire.

''Mon très cher Yaël, tu as été absolument légendaire hier soir !'' S'esclaffa avec assurance son ami mercenaire ''Franchement, ça ne fait même pas 2 jours qu'on est là et tu as déjà la palme d'or des futurs anecdotes de la Brigade à Carnavale !''

L'air hébété, le Bretonnien fixa pendant quelques secondes un Uriel totalement hilare. Ce dernier continua sa tirade avec une pointe de curiosité

''Juste l'ami, c'est quoi la dernière chose dont tu te souviens précisément ?''

Yaël réfléchit un court instant avant de répondre, confus.

''Je dirais que mes derniers souvenirs, c'était de boire un verre avec vous et des chasseurs Velsniens, après avoir tiré sur un des leurs et ensuite... ensuite....''

Il réalisa son blackout.

''Oh merde. Qu'est ce qu'il s'est passé après que j'ai fumé la main du gars ???''

La patrouille se lança des regards amusés, l'un des camarades à la droite d'Uriel tapa dans ses mains tout en étant visiblement mort de rire. Uriel, de manière caricaturalement théâtrale, lui récita alors les différentes péripéties accomplies pendant cette soirée jugée comme déjà légendaire, comme si c'était une saga nordique narrant les péripéties d'un jeune héros.

''Bon... Comment t'expliquer... Après avoir fusillé glorieusement la main de ce pauvre Velsnien qui ne t'avait absolument rien demandé, tu as commencé à boire de l'alcool, mais pas n'importe lequel. De l'absinthe, pour être plus précis. Tu en a bu un peu, puis beaucoup, avec une certaine passion. Un Strombolain a alors même proposée que tu boives deux gros shots d'affilé de ce nectar digne des dieux. Encore une fois, par pure fierté menkienne, tu n'as pas pu résister à ce défi et triomphalement, tu réussis à boire le breuvage, un peu trop bien même. Un moment, le major qui était avec nous était en train de rappeler les ordres du commandant qui ne fallait surtout pas créer de relations intimes avec la population locale de Carnavale pour des raisons éviden...

Yaël lui coupa la parole.

''Oui c'est normal ça, quel est le problème avec moi ? Je suis le plus respectueux des règles en plus dans ce camion, j'en suis certain.''

Cette affirmation était partiellement vraie, ça lui arrivait quand même de faire quelques bêtises dans le dos des supérieurs, mais ce qui était vrai c'est que Yaël avait les hauts-gradés dans la poche, ces derniers pensèrent que c'était un soldat irréprochable. Sa technique pour avoir cette réputation auprès de ses supérieurs ? Tout simplement, ne pas se faire attraper en train de faire la bêtise en question, et ne pas être bête aussi.

''C'est rigolo parce que hier soir, t'en avais visiblement rien à foutre mon grand. Tu as regardé droit dans les yeux de l'adjudant quand il a rappelé qu'il ne vaut mieux pas trop sympathiser avec la population locale, et tu lui as dit ''Chiche ?'' , immédiatement après tu es allé voir une des serveuses du bar et tu as commencé à la draguer dans le plus grand des calmes devant lui. Je te jure, l'adjudant avait les yeux ronds, je crois qu'il était en train d'halluciner devant ton culot monstre. Il a failli te casser la gueule à cause de ça.''

''Ah ? C'est tout'' se demanda Yaël un peu déçu.

''Si ce n'était que ça, tu étais tellement ivre et à fond que soudainement tu t'es mis à te mettre sur la table où on t'a servit, tu t'es mis ensuite à chanter le Bro gozh ma zadoù pour bien attirer l'attention de tout le bar.''

Uriel marqua une légère pause de deux secondes, Yaël craignit à ce moment-là, le pire.

''On a filmé, tu t'en doutes.''

Pitié non...

''Tu t'es ensuite mis à danser frénétiquement des danses traditionnelles menkiennes sur les différentes tables du bar, auquel tu t'amusais d'ailleurs à sauter de par et autres. Étrangement, tu dansais super bien et je ne sais pas si Dyonisos t'a béni hier soir, mais tu n'es pas tombé, félicitations mon sergent ! Ah ! Aussi, tu t'amusais avec tes pieds à tirer et faire des rebonds avec les différents verres de bières des Velsniens sans aucune once de vergogne, ce qui a failli déclencher une bagarre d'ailleurs, mais tout le monde était tellement mort de rire que la situation s'est heureusement vite calmé. Vu qu'on est aussi bête que toi, les membres de la brigade se sont mis autour de ta petite personne en cercle et on a commencé à chanter et danser avec toi, donnant une chorégraphie somptueuse, agréable et magnifiquement Menkien. Bon, je pense que les Velsniens étaient à côté complètement plié de rire face au burlesque de la scène, mais qu'est-ce que cela en valait la peine. À la fin de ta petite danse, tu as mis les deux mains sur ton cœur et tu t'es laissé tomber en arrière en criant ''JE M'EN FOU ! VIVE LA MORT'', bien edgy notre sergent vous trouvez pas ? Après t'être cassé la gueule, tu t'es posé sur une chaise et tu n'as plus parlé ou bougé, tu étais seulement en train de regarder le sol.

Bon ça, c'était plus gênant qu'autre chose, mais rien de méchant.

''Pourquoi j'ai fais ça ?''

''Ah ça j'en sais rien mon frère en Christ, ce qui se passe dans ta tête je peux pas le deviner. Bref... Le moment vraiment drôle intervient une demi heure plus tard. Il y a l'un des nôtres, MacDonald, qui fait un coma éthylique. Il était vraiment pas bien le boug' et il nous demande d'l'emmener chez l'médecin, sauf que nous, on faisait pas vraaaaaiment attention, limite on s'en foutait. Toi, comme un héros, tu sors de ta dépression nerveuse, tu débarques et tu nous ordonnes directement de le porter et de l'amener dans un de nos véhicules. Sauf qu'on était garé à, aller quoi, disons, 700-800 mètres plus loin. Tu as alors démonté la porte des chiottes pour hommes du bar, tu l'as posé par terre en gueulant ''METTEZ CE GROS PORC SUR LA PORTE ! ON L'EMMÈNE A L'HÔPITAL !''. Dès que tu as gueulé cette phrase, il y a le Teylais qui s'est engagé avec nous, Thomas j'crois qui s'appelle, qui est intervenu directement. Ce foutu Teylais a soulevé MacDonald avec moi, Georges et un Velsnien qui passait par ici. On l'a mis sur la porte et on est sorti du bar pour l'emmener chez le médecin le plus proche. Sur une porte seigneur ! (Inspiré d'une histoire vraie)

La patrouille était morte de rire dans le véhicule, Yaël ne savait plus ou se mettre, mais il se mit néanmoins à rigoler avec ses camarades face aux faits. Le Menkien était encore aujourd'hui étonné que Thomas, le Teylais, était présent dans cette expédition avec eux, des Menkiens. Il y avait en effet 2-3 Teylais présents dans leur brigade de mercenaires, ce n'était ni des miliciens *à l'origine*, ni des Bagadou Menez, mais des anciens de l'armée Royale de Teyla, assez déçu de la tournure politique que prenaient leur Royaume, trop à gauche pour eux. Ils s'étaient donc engagés pour se battre en ce qui croyait être une noble cause. Cela se traduisit par un engagement dans des milices Menkiennes plutôt d'extrême droite pendant la guerre civile du Saint-Empire Menkelt pour lutter contre le communisme et le satanisme. Après la fin de la ''guerre Occulte'' en 2008, la majorité de ces volontaires Teylais retournèrent logiquement dans le Royaume de Teyla, le Saint-Empire Menkelt ne donnant pas la citoyenneté impériale à aucun étranger, malgré leur service rendu. Les Menkiens ne croyaient qu'au sang. Cependant, certains restèrent en terre Menkienne et restèrent toujours dans les milices du Saint-Empire. Ces individus n'avaient pas la citoyenneté, mais le gouvernement impérial leur avait accordé un statut spécial pour leur service qu'ils rendaient. Ces Teylais ne deviendraient jamais des Menkiens et ne pouvaient pratiquer aucun autre métier autre qu'être milicien à temps plein. En revanche, ils obtenaient de grands avantages économiques, comme une rente plutôt conséquente qu'ils recevaient chaque mois. Ce n'était pas bien cher pour l'état impérial, en effet, ces Teylais avaient été recensés dans les statistiques ethniques du Saint-Empire. Ils étaient au total 150 hommes à habiter au sein de Menkelt.

Thomas faisait partie de ces 150 individus au destin si particulier. Il habitait au sein de la capitale impériale, dans un petit quartier spécialement conçu pour ces 150 miliciens d'origine Teylaise. Thomas avait une femme et des enfants Menkiens. Ces derniers auraient d'ailleurs le droit à leur majorité d'obtenir la citoyenneté impériale. Si Thomas a décidé, à plus de 38 ans, d'être mercenaire chez les Menkiens, c'était par pur sentiment anti-communiste. Il avait alors rejoint la troupe de mercenaires avec deux amis Teylais pour défendre les intérêts de Aegir dans une île paumé à des milliers de km de l'Eurysie, tout ça par haine du socialisme.
Bon ok, c'était peut-être aussi plus pour le goût de l'aventure que Thomas était présent. Reprenons notre histoire, Uriel ne finissait toujours pas de déblatérer la petite mésaventure de hier soir.

''Attend, c'est pas fini ! C'est pas fini mon sergent ! Juste après qu'on est réussi par je ne sais quel miracle à l'amener au véhicule, Thomas et Georges sont partis à l'hôpital et le reste n'est que de l'histoire. Je te rassure, MacDonald va bien. On était plus que 3, avec le Velsnien, à rentrer tranquillement, mais évidemment, étant donné que monsieur est toujours en manque d'attention tu as recommencé à chanter bien fort, mais pas des chants patriotes. Vu que des images valent plus que mile mots, regarde.

Uriel sort son téléphone et montra la vidéo avec le son à fond. On voyait alors clairement sur le téléphone, Yaël, bouteille d'absinthe à la main et... une poule vivante dans l'autre ? Cette dernière se laisser étrangement faire, on le voyait crier d'une voix forte complètement ivre mort :

''ON EST LA ! ON EST LA !
MEME SI LORENZO LE VEUT PAS, NOUS ON EST LA !
POUR L'HONNEUR DES EURYSIENS ET POUR UN GOÏDA MEILLEUR !
MEME SI LOLO LE VEUT PAS, NOUS ON EST LA !''

Bon.
On avait vu bien plus glorieux chez un soldat Menkien.
Attend une seconde.

''Elle sort d'où la poule bordel ???''

''Ah ça ? Avec le Velsnien, on a négocié dans la rue à un passant la poule contre la porte des chiottes. On te l'a refilé parce qu'on pensait que ça serait marrant, laisse tomber.''

''Mais... Mais... Comment j'ai pu me perdre tout seul ?''

''Alors... J'y viens. Tu vois, ton chant a visiblement attirer un gars, sûrement un local. Ce dernier savait parler notre langue, je ne sais pas trop par quelle sorcellerie. L'air menaçant, il nous a juste dit un ''Ça vient d'où ?''. Ta réaction fut très négative, ça t'as pas trop plus, tellement pas que tu as jeté ta bouteille d'absinthe par terre et tu as gueulé ''QUOI ÇA VIENT D'OÙ ???'' et après avoir dit ces mots, le gars s'est visiblement chié dessus vu qu'il s'est enfuit et tu as.... commencer à le poursuivre.

Silence pesant.

''C'est à ce moment-là qu'on t'a perdu, on n'a pas eu le temps de réagir que toi et l'autre connard était à plus de 100 mètres de nous. On était tellement sur le cul moi et le Velsnien que les informations ne sont pas parvenues à nous directement, on a compris 5 secondes après. Je me suis pincé pour voir si je ne rêvais pas carrément, le Velsnien m'a regardé et m'a dit une phrase que je n'ai pas trop compris, mais je crois qu'il te traitait d'abruti. En rentrant au bar, je me suis dit que tu te démerderais, mais ce fut une pensée très merdique de ma part, l'adjudant m'a engueulé et puni, chiant ça.

Son ami rajouta une couche.

''D'ailleurs Yaël, mes félicitations ! Tu es le seul qui a réussi sur 500 à te perdre comme un idiot dans cette énorme ville ! Dieu merci, il y a pas un espion loduarien bizarre qui t'a capturé ou des locaux un peu trop énervé qui t'aient lynché. Cela n'empêchera cependant pas que le commandant et l'adjudant vont te passer un sacré savons tout à l'heure ! Mais bon te voilà maintenant ! Tout est réglé !''

Le jeune mercenaire était en train de mourir de honte, il était rouge comme une tomate.

''Attends... Sur 500 tu as dit ? Les Bagadou Menez n'ont pas fait de soirée ?''

Uriel haussa les épaules.

''Ils ont refusé de venir ou d'en faire quand on leur a proposé. Les Bagadou Menez sont l'anti-fun incarné. Je crois n'avoir jamais vu des hommes aussi aigris de la vie, même l'adjudant est plus souriant. Bon, au moins, ces enfoirés se préparent à merveille pour la suite, j'ai envie de dire qu'ils restent concentrés.''

A la toute fin de la phrase, le camion de transport arriva sur le campement Menkien. La première chose que Yaël vit fut des miliciens en train de s'entraîner à la lutte menkienne, le Gouren. Le sport le plus pratiqué dans le Saint-Empire Menkelt, même l'armée impériale rendait obligatoire sa pratique à ses soldats. Les mercenaires menkiens aussi en conséquence. La seconde chose que le sergent vit fut son commandant en chef, rouge de colère qui se dirigea vers lui en criant.

''TOI ! CROIS MOI, TU VAS NETTOYER TOUTES LES CHIOTTES PENDANT TOUTE L'EXPEDITION MINIMUM !''
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