27/11/2018
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Salvatore Lograno et la cité messaliote, partie II

La "Proclamation de Messalie" ou "Pour la liberté de la cité messaliote"


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Salvatore Lograno (Buste en marbre, 2017, Volterra)


Salvatore Lograno a écrit :

Nous, Salvatore Lograno, Protecteur de la République de Voterra, adressons ce jour ce document aux bonnes gens de la cité de Messalie.

Vous qui me connaissez. Vous que j'admire en tant que corps civique et en tant que peuple. Vous à qui je donne toute mon affection en votre qualité de cité libre de son propre droit, et qui me l'avez rendu lors de ma dernière visite. Vous qui m'avez honoré de colliers de fleurs, et à qui j'ai donné en retour de l'or à profusion. A vous, peuple de Messalie, je porte en mon cœur l'expression de la meilleure des volontés, et je suis et demeure le servile domestique de votre volonté. Dame Fortune m'a donné cette idée, de venir à nouveau vers vous en quête de votre approbation et de votre affection, car il n'a jamais été de plus grand privilège de servir les peuples, et de les amener là où leur courage peut les mener au plus haut, tout comme j'aime à participer à en faire des hommes meilleurs qu'ils ne le sont déjà, de les pousser vers la magnificence et la gradeur qu'ils méritent, de les convaincre d'atteindre l'éternité par leurs propres moyens. Voilà bien des qualificatifs que je recherche chez les Hommes, tout comme eux les cherchent en moi. Et le peuple de Messalie, dans toute sa beauté, et moi, nous sommes bien trouvés.

Vous m'avez ouvert vos portes et accueilli comme un frère? Rarement je fus aimé de cette manière, remercie de cette façon, et salué par une telle voix portée à l'unisson par le peuple de Messalie, le seule détenteur de sa splendeur, le seul responsable de sa richesse, le seul qui devrait être récompensé des fruits que cette patrie vous amène. Cet amour vous est rendu au centuple par ma personne, et votre cité habite mon esprit, assez pour que je me souvienne du nom d'un grand nombre d'entre vous, qui êtes venus à moi dans les rues, qui m'avez lancé des fleurs que j'eus conservé jusqu'à les voir se faner, sans me résoudre à m'en séparer.

Mais l'affection n'est pas la seule chose dont ma visite en votre cité a été le témoignage. Les émotions furent trop nombreuses et trop intenses pour me souvenir de la manière dont on les nomme, mais il m'en vient quelques unes lorsque je dicte ces paroles. Le peuple messaliote est courageux, intègre, ambitieux, aventureux, fougueux. Il porte en lui la jeunesse du monde, et viendra le jour où l'éclat de Messalie viendra toucher tous les rebords du monde: de la Lermandie à l'Empire Xin, de la péninsule d'Albe aux jungles paltoterannes, du détroit de Théodosine aux confins les plus reculés de l'océan des perles. Toutes ces contrées qui ne sont jamais aussi belles que la plus pâle et morne des rues de Messalie. De l'esprit des messaliotes, j'y ai vu également, au delà du sens de l'aventure et de l'incertain, celui des affaires. Les messaliotes sont tout aussi inventifs et ingénieux qu'ils sont pourvus de courage Leur génie s'exprime non seulement sur la pierre et le marbre, mais aussi dans les portes-monnaie, dont les statères en circulation ne sont que le résultat du travail de générations entières de messaliotes, qui ont travaillé, amassé et fait fructifier la richesse. Cette richesse, je vous admire de son fait, tout comme je vous admire de votre prestance, de votre pudeur et de votre modestie.

J'aurais aimé que cette proclamation s'arrête à cet instant, j'aurais aimé n'avoir à parler de ce qui a de brillant en votre patrie: l'esprit messaliote d'entreprise et de libre pensée, de même que l'aptitude de son peuple à endurer le pire, et à espérer le meilleur. Il serait bon et juste si toutes les nouvelles du monde se terminaient ainsi, dans la béatitude et le bonheur. Mais, je m'adresse au peuple de Messalie en lui disant haut et fort cette vérité, car vous autres, êtes mes frères et mes sœurs dans la réussite financière et la capitalisation. Rarement je vis de nation si brillante et et hommes si libres et fiers: aussi, il est de mon devoir de vous annoncer ce que j'ai vu de mal en votre cité, afin de vous prévenir des mauvais penchants que certains de vos concitoyens les moins bien intentionnés sont sur le point, ou sont en train de vous faire subir. A quel point je connais ces maux, car ils son de ceux que je pu observer dans ma cité natale de Volterra, avant que je ne la libère elle aussi du joug qui était celui de la mauvaise conscience de ses élites, et les desseins funestes qu'elle faisait endurer au peuple de la cité.

Ainsi, moi, Salvatore Lograno, je pu voir en votre cité des maux nombreux dont vous éprouvez de la difficulté à résoudre, et qui vous placent dans une position d"avilissement inacceptable pour des Hommes libres du monde fortunéen et héllénique, dans cet univers que nos ancêtres ont érigé pour fuir la tyrannie, à l'image du Polémarque, dont la soif de liberté l'a poussé à se réfugier dans la lagune dont Dame Fortune lui a montré la voie. Durant mon voyage, en tant que fils de Dame Fortune, j'ai ainsi admiré la liberté des messaliotes, tout comme j'ai méprisé le comportement tyrannique de ses élites. Car si je suis Protecteur de ma cité et prince, je suis sorti des rangs du peuple, je me suis élevé parmi le peuple, et c'est le peuple qui m'a placé là où je suis. Il n'y a rien que je j'intenterai sans le peuple et son appui, car il est la source pleine et entière de toute légitimité, que je recueille à Volterra par l'acclamation de ma personne et le plébiscite. Pourtant, ce n'est pas le moyen par lequel le peuple messaliote nomme ses représentants. Depuis plusieurs années, les messaliotes sont régis par un système de suffrage opaque, que moi, en tant que grand démocrate, ait trouvé fort injuste qui plus est. Si les rues de Messalie sont bardées de fleurs et de d'or, je fus fort ému d'apprendre qu'un cinquième de sa population ne posséda le moindre droit de vote. Que ne fut pas ma peine et mes larmes lorsque j'eus appris que ceux qui n'ont pas de pain n'ont également point le moindre droit à un bulletin, ni à acclamer les Hommes de la circonstance, ni à montrer leur affection pour les grandes et belles choses de la politique.

Or, Messalie appartient au monde hellénistique, une extension du monde fortunéen où le droit à la liberté est absolue, y compris le droit de montrer son désaccord et d'acclamer qui bon semble pour une fonction. C'est ainsi mon amour, à la fois de la justice et de la Messalie qui m'a poussé, moi, Protecteur de Volterra, à effectuer cette déclaration à la face du monde: je reviendrai parmi vous, mesaliotes, et je vous libèrerai. Les messaliotes sont des Hommes libres et devraient être disposés à le rester das la paix de Dame Fortune. La démocratie et la liberté, on le sait, ont parfois besoin d'un Homme fort sur qui faire peser les fardeaux de la tyrannie, un Homme de circonstance ayant la faveur de la fortune, à qui elle parle, à qui elle s'adresse, à qui elle murmure les secrets d'une existence libre et sans entrave. Cet Homme, c'est aux messaliotes de le choisir, à TOUS les messaliotes, et non à une minorité, à qui on refuse les avantages incommensurables des placements financiers et des avantages fiscaux, là où j'estime que chaque Homme en ce monde est un roi, et devrait être traité comme un roi. Je ne puis décider du choix des messaliotes, je ne le suis point à mon grand malheur. Mais je puis convaincre le peuple de Messalie de rallier mon panache brillant qui les conduira vers la liberté véritable et sans entrave, un monde où nous serons tous au Conseil d'Administration messaliote, et où nous y siégerons comme un seul Homme, comme des frères de crytpo.

Héllènes qui ne reconnaissez plus l'héritage de votre cité grecque, patriotes qui ne reconnaissez plus la propriété de vos rues, muscadins qui patrouillez sans but, chômeurs et miséreux qui ne pouvez point voter, jeunes hommes et jeunes femmes audacieuses que l'on prive de perspectives, mercenaires de mes amis de Miringratz qui vous retrouvez loin de chez vous. Vous tous à qui la chance n'a jamais souri, je vous donne un panache auquel vous rallier, et aller partir à la conquête de l'univers, en commençant par celle de votre cité. Des élections injustes ne sont pas la seule solution à vos déboires: je ne parle point à des bulletins de vote mais à des âmes qui ne peuvent point s'exprimer. Répondez à cette main tendue, et je viendrai. Plébiscitez moi, et je viendrai. Si vous êtes assaillis, je vous défendrai, si vous avez faim, je vous nourrirai. Si vous vous ne pouvez plus marcher, je vous porterai. Si vous devez tombez, alors pour vous je tomberai. Si vous vous enrichissez...plus jamais personne ne viendra réclamer le compte de votre labeur. Chacun parmi nous mérite d'être roi en son domaine. Si je ne peux vous tendre cela sur plateau, je peux vous aider à vous emparer de ce que vous désirez de plus profond: la liberté, la vraie.

La Messalie est une belle patrie assaillie par la tristesse, l’égoisme, le mensonge et la méchanceté. Ce ne sont pas les institutions qui sont à la source de notre malheur, ce sont les Hommes qui en sont actuellement à leur tête. Je ne veux point démanteler le Conseil d'Administration, je ne veux point en finir avec les institutions nobles de la cité messaliote, mais en chasser les hommes vilains et les femmes mauvaises qui s'y sont logés comme des parasites. Appelez moi, et je viendrai pour vous en débarrasser, aussi sûrement que l'on déracine les mauvaises herbes, que l'on arrache les plantes rampantes, que l'on nettoie sa cour. Contre ceux qui se dresseront contre votre liberté, je prendrai les armes de la façon la plus désintéressée, et soucieuse davantage de votre existence que de ma sécurité. Appelez moi, mes frères et mes sœurs, car je viendrai avec toute la bonne volonté de par l'univers, et je vous délivrai de la somme de tous vos maux.


Au peuple de Messalie, ingénieux, habile, joyeux, courageux et bon par la nature.


Salvatore Lograno, Protecteur de la République de Volterra, fils préféré de Dame Fortune.


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Supporter de football dans les rues de Sedjan.

À l'annonce des tirages pour les huitièmes de finale de cette Coupe du monde 2018, les nombreux supporters khardazien présents en Yougoslavie pour supporter leur équipe se sont retrouvés dans les rues de la capitale yougoslave, Sedjan. Lors de ces défilés, nous avons pu entendre de nombreux chants et une cohésion nationale se faisait ressentir rien qu'en regardant ces hommes passer. Les chants à caractère anti-CSN et ultranationaliste ont résonné dans les rues de la ville pendant près de deux heures.

Exemple de chant
"Mais il est où ? Mais il est où le Morzanov ?
Mais il est où ? Mais il est où le Morzanov ?"

"J'encule la CSN lalalalala ! J'encule la CSN lalalalala !"

"Nous sommes les khardaziens !
Et nous allons chanter !
Pour notre nation aimé !
Khardaz ! Khardaz !"

"Il a volé !
Il a bu !
Il s’est jeté !
On a tiré !
Il est mort !
Nique Skratac ! Nique Skratac !"

Comme à son habitude, les Khardaziens étaient munis d'objets pyrotechniques, bien que leur utilisation était interdite lors de cette Coupe du Monde. Les chants étaient donc accompagnés d'épaisses fumées blanches de fumigène parfois traversées par des feux d'artifice ou des chandelles romaines.

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Storiavoca, l'entretien historique et archéologique a écrit :

Scaela, Déria, Lograno, Youslévie, bientôt la Messalie: Le monde fortunéen et le populisme, une Histoire ancienne ?

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Il est 9h, bienvenue sur Storiavoca, votre cours d'Histoire, présenté par Paolo Bastiano.



Bastiano: Chers auditeurs bonjour, et bienvenue à notre rendez vous hebdomadaire avec l'Histoire, toujours en lien avec l'actualité du moment: connaître l’Histoire pour mieux comprendre le monde d'aujourd'hui. Populisme, c'est un mot qui marque depuis toujours l'imaginaire politique velsnien, et plus largement du monde fortunéen dans son ensemble. Comment définir ce mouvement ? Dans quelles circonstances apparaît-il ? Doit-on parler d'un courant politique unique ou davantage d'un mode d'action politique ? Quels enseignements pouvons nous tirer de nos régimes politiques lorsque nous voyons la récurrence à laquelle ces figures charismatiques émergent, que ce soit à Velsna ou Fortuna ? Aujourd'hui encore, le populisme semble nous rattraper: des personnages comme Altarini, Déria ou Lograno en seraient les dernières itérations d'un grand mouvement de fond historique, et Messalie pourrait bien en être la dernière victime en date, avec l’apparition du mouvement politique de l'Olivier. Avec nous pour décrypter ce phénomène nous accueillons un historien, Theodoros d'Apamée, auteur de l'ouvrage "Quand Fortuna a inventé le populisme", publié l'année dernière aux éditions PAF.

D'Apamée: Bonjour Paolo, c'est un plaisir d'être ici aujourd'hui.

Bastiano:
Vous êtes Maître de conférence à l'université civile d'Apamée et avez consacré une bonne partie de votre carrière à cette thématique. Quand on voit les évènements qui ont secoué Velsna en 2014, puis Fortuna, la Dodécapole et Messalie aujourd'hui, vous devez trouver un grand interêt à suivre la politique, je me trompe ?

D'Apamée: *rire* Oui, bien sûr. On ne peut pas nier que les phénomènes que l'on observe aujourd'hui sont le résultat d'évolutions politiques, qui pour certaines se font sur le temps long, voire très long. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il s'agit là d'une tradition politique, étant donné qu'on peut s'interroger sur la pertinence du concept même de tradition, mais on peut tout à fait relier la manière dont des personnages politiques récents conçoivent la politique, à cette série de mouvements velsniens et fortunéens que l'on a associé au populisme.

Bastiano: En premier lieu, et pour partir sur de bonnes bases, nous pourrions nous interroger sur la définition que l'on donne au populisme, et comment celui s'est matérialisé dans la cité velsnienne depuis ses origines. Quand on prend, mis out à bout, des individus d'actualité comme Lograno à Volterra, l'Olivier en Messalie, Déria à Fortuna ou Scaela à Velsna, pouvons nous parler de véritable mouvement politique unifié ?

D'Apamée: Le populisme qu'est-ce que c'est... On va commencer par la réponse simple, et qui dans le fond ne répond pas à toutes vos questions. Dans les grandes lignes, cela désigne un ensemble de discours, de pratiques et de mouvements mettant en avant une distance entre le pouvoir en place et le "peuple". Il s'agit avant tout de pointer du doigt la dysmétrie des interêts de ce peuple, ce mot ayant un grand nombre de significations, et les élites politiques qui sont les représentants de ce système. Ce type de mobilisation repose le plus souvent sur le sentiment que le peuple serait exclu de l’exercice effectif du pouvoir politique par des élites politiques, économiques, médiatiques, culturelles et intellectuelles. Alors, cette définition, certes, elle correspond dans les grandes lignes aux pratiques politiques des personnages que vous venez de citer, mais comme vous le voyez, il nous manque des éléments de réponse: on ne peut pas mettre Déria, Scaela, Lograno et Altarini dans un même sac et dire: "c'est les mêmes". Ce qui intéresse en premier lieu, c'est de savoir ce qui permet l'ascension de ces personnages, et surtout, de savoir pourquoi c'est dans nos pays: Velsna, Fortuna, Youslévie, Messalie... qu'il existe une vraie tendance à l’émergence de ces figures politiques.

Bastiano: Dans votre ouvrage, vous dires en effet que ce que vous nommez le "populisme fortunéen" ne date pas d'hier, et qu'il est concomitant du caractère profondément verrouillé du système politique de la cité fortunéenne, telle qu'elle existe à Fortuna, Velsna etc...

D'Apamée: Oui tout à fait, il est possible de remonter la naissance des populismes à Velsna au lendemain des Guerres celtiques par exemple, où on note l’apparition de grandes figures tribuniennes qui viennent soulever des problématiques sociales existantes et auxquelles le Sénat velsnien ne semble pas avoir la réponse, c'est le cas du problème récurrent de la distribution des terres très inégales ayant suivi la conquête de l'Achosie, et qui provoquent une révolte généralisée en plaine velsnienne que l'on nomme "Guerre sociale". Il ne s'agit pas de la seule cause du conflit, il y aussi la question de l'obtention de la citoyenneté velsnienne à l'ensemble des cités soumises au Sénat des Mille, mais c'est la Guerre sociale qui démontre de manière magistrale le rôle du peuple dans la République, et son pouvoir, surtout. En effet, si le populisme a un si grand succès sous nos latitudes, c'est avant tout parce que le système politique fait tout pour favoriser son apparition, même si celle-ci bien entendue, est involontaire. Le système politique, que ce soit à Velsna, Fortuna ou en Messalie, est marqué par une très forte méfiance envers les masses populaires, et on peut tout à fait affirmer que l'Oligarchie, si elle n'est pas exclusive à toutes les cités, y est le mode de gouvernance dominant, quoi qu'on dise des réformes récentes à Velsna. Cette incapacité de représentation d'une partie du peuple velsnien, fortunéen ou messalien, beaucoup de citoyens en ont conscience, et ils vont donc devoir trouver une parade au fait que leurs interêts ne semblent pas pris en compte. C'est là où le peuple a une toute autre fonction à Velsna qu'il n'en a dans les pays onédiens, par exemple. Il y a une tendance naturelle pour les citoyens velsniens à s'organiser en contre-société afin de préserver au mieux leurs interêts, et cela, des figures politiques comme Altarini l'ont très bien compris.

Bastiano: Pourtant, des gens comme Altarini, socialement parlant, paraissent aux antipodes des électeurs qui suivent le plus ce genre de personnes qui sont issues elles-mêmes des élites politiques qu'elles dénoncent la plupart du temps ?

D'Apamée: Oui, vous avez raison, mais l'un n'empêche pas l'autre. Finalement, cela fonctionne comme un contrat entre deux interêts différents, mais qui se rejoignent au moins de manière momentanée: un groupe sous-représentant se cherche un porte-voix, et un aristocrate franc-tireur se cherche une base de pouvoir qu'il pourra construire à partir de ce groupe. VOus prenez l'exemple d'Altarini, qui est symptomatique du phénomène. Il s'agit d'un membre de la très vieille aristocratie sénatoriale aux discours quasi-réactionnaires, mais son mode de communication politique prend totalement à rebours les autres membres de cette élite conservatrice: Altarini est tout aussi conservateur qu'eux, mais sa base de pouvoir est complètement nouvelle, quasi révolutionnaire. Il ne va pas changer d'un iota son programme, mais son mode d'action se tourne quasi entièrement vers le peuple. Altarini fait très peu de discours au Sénat, et montre peu de respect vis à vis des instances existantes: il court-circuite ces dernières en éliminant les intermédiaires entre lui et le "peuple". Et cela, c'est la caractéristique principale de TOUS les populismes existants dans le monde fortunéen.

Bastiano: Cela rejoint vos propos dans votre ouvrage, arguant que le populisme fortunéen finalement, n'est pas tant un parti qu'un mode d'action...

D'Apamée: Du moins c'est l'enseignement que j'en tire: un mode d'action servant à court-circuiter les institutions légales de manière systématique, avec en option, un discours à la portée sociale qui puisse permettre de dresser le peuple comme un contre-pouvoir efficace. On peut le dire: Lograno et Altarini par exemple, n'ont absoluement pas la même ligne politique. Altarini entend user la fibre populiste dans un agenda réactionnaire, et ses discours sous-tendent presque une volonté de restaurer un état passé de la République. Lograno, lui, ce n'est pas du tout sa priorité: lui veut se faire système lui-même, et il revendique la refondation totale de toutes les structures politiques qu'il touche de près ou de loin, autour de sa personne. Les populistes ne constituent pas un parti politique au sens moderne du terme, mais une tendance au sein du clivage majeur animant les luttes politiques et sociales fortunéennes, permettant aux acteurs politiques de se situer face au conservatisme de leurs institutions. A Velsna, c'est ce que l'on appelle les "princes", qu'importe leur ligne programmatique. Que l'on se le dise, le populisme n'est absolument pas exclusif à Fortuna, on trouve ces mouvements dans la plupart des pays eurysiens, mais c'est sa manifestation qui est singulière. Ce qui rend le populisme fortunéen caractéristique, c'est l'exacerbation outre mesure du césarisme, de la recherche obsessionnelle de l'Homme providentiel, qui viendra sauver la cité de ses errements. A l'étranger, ce césarisme se couple de la mise en avant d'idéologies comme le fascisme, mais l'évolution politique des cités fortunéennes fait que cette option n'est pas forcément viable dans des sociétés où le concept d'état-nation n'existe pas, et où les particularismes locaux et sociaux sont la règle. Le idéologies qui font donc usage du populisme sous nos latitudes sont donc des fourres-tout que l'on construit autour d'un individu salvateur, et qu'ils peuvent re-théorisé encore et encore lorsque la situation évolue. C'est bien différent de ce que l'on peut voir en Eurysie de l'est, avec les régimes fascistes et communistes dont l'approche de la politique est beaucoup plus rigide. Si demain, Salvatore Lograno changeait radicalement de programme, je ne pense pas que l'on verrait la différence: l'Homme et sa "vision" comptent bien davantage qu'une quelconque plateforme de propisitions concrètes.

Bastiano: Dans votre ouvrage, vous mentionnez en dernière partie le fait que la Messalie pourrait bien être la prochaine victime de ces mouvements. Pourquoi donc ?

D'Apamée: La Messalie, je pense, porte en elle les conditions idéales de la constitution d'un régime populiste tel qu'il est conçu dans le monde fortunéen. En premier lieu, on a là un régime de nature oligarchique et censitaire, qui de plus, évolus dans un contexte de crise sociale et politique latente. Un régime, donc, dont la légitimité prête à question auprès d'une part non négligeable de la population, qui est de plus en plus frusteée, et dont la frustration n'a aucun moyen d'expression politique réelle. C'est exactement les conditions qui ont permis à des Lograno ou des Scaela d'émerger, et ils e trouve que pour le moment, c'est l'Olivier, qui en a le plus profiter, et qui est en train de s'improviser contre-société. Face à ce mouvement, on a un groupe d'individus au pouvoir qui estime que la Messalie, en tant que régime, n'a absoluement aucun problème, et que le régime censitaire en place n'a aucune raison d'évoluer, qui fonctionne très bien comme il est. Le problème, justement, c'est que ces conservateurs, qu'ils soient au Parti réformateur ou au Parti démocrate chrétien, ne portent en eux aucune contre-proposition concrète, aucun modèle de société alternatif, aucun horizon autre que celui de conserver un système dont 30% de la population messaliote semble exclue. Nous avons donc deux groupes radicalement opposés, les uns porteurs de propositions, les autres sur la défensive. Or, dans cette configuration, ce n'est bien souvent qu'une question de temps pour que le groupe sur l'offensive n'impose son narratif au reste du spectre politique. Le populisme messaliote peut prendre plusieurs formes: un régime crypto-fasciste avec l'Olivier, ou bien un régime plus proche du populisme traditionnel fortunéen ou velsnien, avec une forme de régime césariste à l'idéologie plus "elastique". Dans tous les cas, sauf revirement du comportement des élites, ce sera soit l'une ou l'autre de ces issues qui s'imposera.

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