L'affaire commence le 20 janvier 2015, soit il y a bientôt un an, quand le Congrès Fédéral prend pour décision d'appliquer des mesures protectionnistes sur le sucre de manière à protéger les industriels de la province d'Etelämanner contre les importations concurrentielles. La mesure dérive rapidement pour inclure le sucre d'origine sylvois, considéré comme un concurrent menaçant de par divers facteurs qui lui sont favorables et en font un élément menaçant pour l'économie d'Etelämanner. Il va sans dire que la nouvelle a provoqué un élan de colère du côté des sylvois face à ce qui s’apparentait à une injustice flagrante. Ne souhaitant pas se laisser faire et ayant l'approbation de la population sylvoise, les compagnies du sucre sylvoises se sont alors organisés conjointement avec l'aide d'un syndicat pour déposer une plainte groupée contre la décision du Congrès Fédéral. La plainte s'appuie pour résumer sur l'élément suivant : le sucre produit en Sylva est essentiellement du sucre roux issu de l'industrie de la canne, tandis que la province d'Etelämanner produit du sucre blanc selon des procédés de raffinage de la canne à sucre complètement différents.
Il s'agit d'un point majeur qui invalide entièrement l'objet des mesures économiques, selon les dépositaires de la plainte, puisque le sucre roux sylvois et le sucre blanc tanskien ne sont par nature pas en concurrence parce que d'un usage absolument différent. Le sucre blanc est en effet favorisé pour un usage industriel en pâtisserie, confiserie et dans l'alimentaire quand sont nécessaires une solubilité importante et un goût mesuré. Le sucre roux est à l'exact opposé avec un goût bien plus prononcé et une solubilité largement inférieure, se présentant davantage sous forme de petites pépites cristallisées qui privilégient son usage dans des recettes traditionnelles de desserts ou boissons. Les deux types de sucre ne sont conséquemment pas concurrentiels sur le marché tanskien, mais au contraire complémentaire.
Cette déclaration sera appuyée par les travaux de la lobbyiste Ambre Récifjaune, qui fera appel à des analyses du marché et de la consommation en Tanska. Le sucre blanc tanskien est ainsi utilisé avant tout dans les grands groupes alimentaires et la grande distribution pour des usages quotidiens, là où le sucre roux sylvois est réservé à des usages plus spécifiques. Taxer le sucre roux ne va non seulement pas aider les industriels d'Etelämanner mais va en plus pénaliser les utilisateurs dudit sucre roux de Sylva, qui ne pourront dans tous les cas pas se rabattre sur le sucre blanc local pour l'usage souhaité.
C'est là une seconde série d'analyses économiques opérée par les services d'Ambre Récifjaune qui mettra en avant la répercussion directe des dépenses de nombreux secteurs tanskiens consommant du sucre roux :
-En premier lieu la grande distribution qui voit exploser ses prix à destination des particuliers cherchant ce produit spécifique,
-Puis auprès des boutiques, boulangeries, bars et restaurants traditionnels/exotiques proposant des produits en dehors des standards tanskiens pour une expérience nouvelle.
Mais vient un second point encore plus important défendu par Ambre Récifjaune : le Duché de Sylva aussi partage une politique protectionniste aussi stricte que Tanska, y compris sur la question du sucre. Or le sucre blanc tanskien n'était pas marqué de taxes prohibitives en Sylva puisque considéré comme non-concurrent au sucre de canne local. Mais la mesure du congrès constituerait un précédent et amènerait à revoir cette position s'il est officialisé que le sucre roux et blanc sont concurrents. Si la chose n'est pas clarifiée, alors le sucre blanc tanskien aussi se verra affublé de taxes supplémentaires selon leur propre raisonnement en Sylva. On se retrouvera alors avec une mesure censée protéger les producteurs de sucre tanskiens, qui se retrouve non seulement à ne pas les favoriser sur le marché intérieur tanskien tout en pénalisant les consommateurs tanskiens de sucre roux, mais qui en plus pénaliserait aussi le sucre blanc tanskien en Sylva (ainsi que les consommateurs sylvois dudit sucre blanc) !
La plainte réclame conséquemment :
-la suspension de cette décision du congrès à l'égard du sucre roux sylvois en Tanska.
-un dédommagement pour le manque à gagner des compagnies du sucre sylvoises suite au manque à gagner provoqué par la baisse de consommation injustifiée (qui ne s'est pas pour autant reportée sur le sucre blanc).
Le bruit court également que les instances de justice et de planification sylvoise suivent avec attention cette question selon les éléments avancés, faisant considérer les sucres blancs et roux comme concurrents, pour décider ou non de la cohérence d'apporter une mesure réciproque sur le sucre blanc sylvois.