06/11/2018
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Activités étrangères en Tanska - Page 6

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TL1 OU LERMANDIE 1
EDITION EN DIRECT DU 15/08/2017
Interview du Président Duval!
extrait vidéo diffusé à 20h11

Interview du Président Duval

[...]

Catherine Marboulin: "Maintenant, je vais vous lire quelques questions issues des médias internationaux, si vous le voulez bien, Monsieur le Président.
D'abord, une question de la part d'un média intitulé " Le Norjien-Aleucie", un journal de Tanska:"
Antares a écrit :Média : Le Norjien-Aleucie
Pays d'origine : Tanska
Type : Grand journal indépendant, presse papier et numerique
Question : La récente dégradation des relations diplomatiques entre Teyla et la Lermandie liée à la participation teylaise à la guerre d'Altrecht affecte-t-elle aussi la relation entre la Lermandie et l'Organisation des Nations Démocratiques, bien que l'organisation ne soit partie prenante de cette guerre ?


Michel Duval: "Déjà, avant de répondre à cette question, il faut évidemment insister sur le fait que la République de Lermandie est neutre dans ce conflit. Ensuite, la réponse est clairement non. En effet, la diplomatie lermandienne reste ouverte au dialogue et à la construction de partenariats.
Actuellement, le seul point noir concernant l’Organisation des Nations Démocratiques concerne le Royaume de Teyla. Il est important de rappeler que le territoire lermandien fut sous domination de la métropole teylaise jusqu’en 1799.
L’attitude agressive du gouvernement teylais nous a fait prendre conscience que certains réflexes de domination persistent, ravivant le souvenir de notre période pré-indépendance.
Dans le cadre où nous avions envisagé de rejoindre l’OND, il est essentiel de préciser que la République de Lermandie ne le ferait pas en position de soumission ou de dépendance, mais en tant que partenaire crédible, désireux de contribuer à la paix et à la stabilité mondiale.
Vous comprendrez que la République de Lermandie est exigeante envers l’OND, et encore plus envers le gouvernement teylais.
Cela dit, je tiens à souligner que cette tension n’est pas destinée à durer : elle dépend directement de la durée du mandat de l’actuel gouvernement teylais."

[...]

Lien de l'article
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Le Maquart

Un méthanier

Le CGTM Maquart est un méthanier battant pavillon gallèsant, armé par la Compagnie gallèsante du transport maritime et affrété par la société Gazpacho, dont le siège social se situe en Messalie. Son port d'attache est Catez, en Gallouèse.

Il fait régulièrement des haltes à Carnavale pour y écouler son stock. En effet, installer des terminaux de liquéfaction pour le gaz naturel liquéfié (GNL) coûte fort cher, et peu de ports en sont équipés. Carnavale possède un terminal important pour la liquéfaction en Eurysie occidentale. Ce terminal appartient au conglomérat Obéron, principalement connu pour détenir l'entreprise d'armement carnavalaise Obéron industries.

Le CGTM Maquart a quitté le port d'Anapol (Translavie du Sud) le 29 novembre à 10h07. Il fait route en Leucytalée, vers l'ouest. Il n'a pas communiqué ses escales. Sa destination finale est Sphornes (Gallouèse).
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Le Maquart en Leucytalée

Un commandant de la marine marchande

Le 4 décembre 2017 à 14h29, le méthanier CGTM Maquart aborde le détroit Guadaires sans avoir rencontré la moindre entrave à sa marche. Sa feuille de route demeure inconnue.
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Le Maquart à Carnavale

Methanier entrant au port du Havre

Le méthanier gallèsant CGTM Maquart entre dans la rade de Carnavale le 6 décembre à 11h58.
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Le Maquart s'en va

Le méthanier Flex Volunteer en départ du port de Montoir-de-Bretagne

Le 8 décembre à 9h16, le méthanier gallèsant CGTM Maquart quitte le port de Carnavale après deux jours d'escale. L'affréteur messalien Gazpacho a écoulé 63% de sa cargaison dans le terminal de liquéfaction.

À Ligert, Henri Cassenta enrage. « Quoi ! On m'a fait monter dans les tours, mettre ma réputation en jeu, alors que les déclarations tanskiennes n'étaient que des effets d'annonce ! »
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Le Petit Continent
Revue de géopolitique en ligne - rédaction basée à Ny-Norja, Tanska.



L'OND EST-ELLE L'HOMME À ABATTRE ?
Un édito de Pascal Bonnebouille

https://www.africapresse.paris/IMG/logo/arton2667.jpg?1686256779

Sont-ils les grands méchants loups de la scène internationale ? Pour certains, cela y ressemble. Les huit membres du Conseil militaire sont accusés d'aller trop loin dans leur guerre contre Carnavale. Après les bombardements intensifs du début de l'année 2017, qui ont conduit selon une majorité d'observateurs à des destructions considérables sur des quartiers entiers de la Cité Noire, et à la pulvérisation de la majeure partie des forces de frappe carnavalaises, l'Organisation des Nations Démocratiques a lancé au printemps une nouvelle phase du conflit, avec une attaque amphibie. Ces opérations visent à accroître la pression sur une Principauté déjà fortement affaiblie sur le plan militaire, mais aussi sur le plan politique, avec la perte de sa leader charismatique, Pervenche Obéron, et des deux autres figures de la noblesse : Arthur Castelage, dont la mort a été annoncée cette année, et Blaise Dalyoha, qui serait porté disparu, sans doute réfugié dans l'une des cachettes que compte Carnavale à travers son petit mais étrange territoire.

Pour la communauté internationale, cette nouvelle phase du conflit change la donne. Si l'on n'avait vu que de très faibles protestations lors des opérations de bombardement Dreamland et Rainpour (à l'époque, le combat de l'Organisation répondait à l'annihilation d'Estham ayant causé deux millions de mort au bas mot, et des dizaines de millions de victimes indirectes, blessées, contaminées ou traumatisées selon les ministères aleuciens de la Santé), si, en d'autres termes, la communauté internationale avait validé le principe d'une réponse militaire à grande échelle contre la Principauté de Carnavale, la donne semble avoir changé. Les dernières déclarations faites par plusieurs gouvernements vont dans le sens cette fois d'une exaspération vis-à-vis des opérations de l'Organisation, voire d'un encouragement envers les Carnavalais, qu'on distingue désormais, dans certaines chancelleries, comme les victimes d'une agression menée par l'Organisation de Bandarhan. Alors, cette coalition est-elle allé trop loin ? Dans sa guerre non seulement de destruction des capacités militaires carnavalaises, mais aussi de vengeance vis-à-vis des crimes commis à Estham, a-t-elle franchi la limite du tolérable aux yeux de la communauté internationale ?

C'est un moment compliqué pour les stratèges de l'Organisation des Nations Démocratiques, qui mènent une confrontation sur plusieurs fronts. A l'ouest, ce sont bien évidemment les milices carnavalaises, les drones et un terrain hostile, mais aussi les protestations d'Etats riverains qui protestent contre le blocus naval et les contrôles onédiens en mer. Le Gallésan Henri Cassenta, lobbyiste des armateurs, ou encore la Youslévie ont notamment réagi vigoureusement, ce qui est inédit, car ces Etats et conglomérats d'intérêts ne sont pas a priori des Etats autoritaires ou des sectes millénaristes très éloignés du modèle eury-démocratique onédien. Au contraire, ce sont même des pays assez reconnus pour leur tempérance en matière internationale, ce qui rend d'autant plus aiguë leur contestation des opérations onédiennes dans la région. A l'est, enfin, c'est la guerre entre l'Hotsaline et l'Altrecht qui accapare l'attention de l'Organisation. Moins médiatique, moins romanesque sûrement que le tableau biblique de la Cité Noire, ce conflit n'en est pas moins brutal et très gourmand en vies humaines et en matériel militaire, comme en témoignent les longues nuits de bombardement par missiles et par vagues aériennes sur l'Eurysie centrale. Entre l'Hotsaline, un régime ethno-racial visant la reconquête de la Kresetchnie, et la coalition communisto-communaliste reliant l'Altrecht à l'Estalie, à la Kauthie, à la Mährennie et au groupe aéronaval kah-tanais en Manche Blanche, la bataille fait rage. Plusieurs aéroports civils ont été bombardés, et la crédibilité de l'Organisation est entachée par des accusations de crimes de guerre menées contre le Royaume de Teyla, qui est un allié du régime hotsalien. Le voisin de Teyla, la Grande République de Velsna, se tient d'ailleurs à une distance prudente d'un conflit qui met pourtant aux prises les pays de la région à la vague kahiste montante en Eurysie.

Alors, le Myènè, le Makota ou les Quatre-Vallées ont beau s'insurger publiquement contre l'Organisation, on pourra répondre que ce sont de petits pays, probablement intéressés à se sortir de l'isolement et de la misère en répondant à un appel d'offre d'une combinaison kahrnavalesque pour la décrédibiliser. En fait, cela va même au-delà : la contestation de la politique onédienne va au-delà, et implique également l'Empire Xin, pourtant pas réputé pour sa délicatesse lors de la très brutale invasion du Chandekolza, qui se plaint de l'effet sur les civils carnavalais d'un blocus prolongé sous les bombardements. Et désormais, c'est du Drovoloski que viennent les critiques, de la part des Laboratoires Bonsecours. Le Drovolski, même s'il ressemble à une Carnavale d'Eurysie orientale étant donné la toute-puissance des conglomérats industriels, la soumission de sa population à un régime technocratique, et la pollution généralisée de son territoire, est pourtant connu comme un pays non-aligné, un pays neutre, qui commerce beaucoup avec l'Organisation comme avec le monde entier.

Cette multiplication de critiques à son égard ne manquera pas de faire réfléchir l'Organisation des Nations Démocratiques. Elle interpelle aussi sur la possibilité de voir l'arroseur arrosé. En effet, l'Organisation est de longue date réputée pour le caractère moral et intransigeant de ses interventions, pour la défense de la démocratie et des droits humains en particulier. Elle est souvent critiquée pour ce qui fait sa force : son union, et son alliance militaire efficace, qui lui permet de tenir la compétition face aux hyperpuissances que sont le Grand Kah ou encore l'Alguarena. Prise comme un tout, l'Organisation est souvent vue comme un véritable seigneur de la guerre, ce qui fait sa crédibilité stratégique mais qui renforce aussi la méfiance à son égard.

Pour un observateur contemporain, il est désormais indiscutable que l'image est un champ de bataille comme les autres, que Carnavale a investi pour se donner le rôle d'un David combattant Goliath, renforcée en cela par la vague de soutien tacite ou explicite dont elle bénéficie à travers les critiques faites à l'Organisation des Nations Démocratiques. Et il semble que bien qu'elle soit assiégée sur son sol, la Cité Noire soit en mesure de marquer des points dans cette guerre de l'image. Que cela soit conscient ou non de la part de leur part, les pays qui critiquent davantage l'O.N.D. que Carnavale participent à cette remontada symbolique de la Principauté, que ses crimes commis à Estham et en Cramoisie avaient fait descendre aux enfers.

Teyla, Tanska, le Faravan et leurs alliés sont-ils désormais les « agresseurs », « oppresseurs » voire « impérialistes » que dénonce un nombre grandissant de pays ? Sont-ils les véritables continuateurs d'un conflit que de moins en moins d'Etats considèrent légitime ? Sont-ils la puissance tyrannique qu'on aimerait voir en eux ?

En-dehors de toute considération morale, et sans même repasser par le rappel du bombardement de la cathédrale Sainte-Catherine par la tante de Justin Bienheureux, ex-candidat carnavalais au conclave de l'année 2016, sans même refaire l'historique du bombardement d'Estham, et sans même refaire les comptes des victimes du génocide des Qabaliens, peut-on croire en l'innocence de Carnavale ? Non, bien sûr, sauf à faire preuve d'une mauvaise foi qui défierait tout bon sens. Néanmoins, ces faits justifient-ils aujourd'hui les actions de l'Organisation aux yeux de la communauté internationale ? Force est de constater que ces arguments peuvent avoir été affaiblis.

L'Organisation est-elle l'homme à abattre ? Si l'on en croit la savante opération de propagande orchestrée par le Liberalintern, qui n'a de libéral que le nom, c'est bien le cas. Et l'on ne peut pas nier qu'un certain nombre d'acteurs serait heureux de tailler en pièces une alliance militaire souvent perçue comme arrogante et intransigeante. Le premier à s'en réjouir serait bien évidemment Carnavale, ou faut-il désormais la nommer la Commune de Carnavale depuis son rattachement à l'Union du Grand-Kah. Avec Axis Mundi, la Cité Noire est bien évidemment assoiffée de revanche et ne désespère pas de reconquérir son indépendance d'action et de reconstituer son arsenal militaro-chimique, qui faisait peser sur le monde une menace que personne n'a oublié. Du côté du Comité de Volonté Publique, c'est la perspective alléchante d'une victoire militaire décisive contre le régime « fasciste », ou qualifié comme tel, en Hotsaline qui serait à portée de main en cas de revers de l'Organisation des Nations Démocratiques. Alors que l'Etat communiste d'Estalie est aujourd'hui doté de la plus grande armée de terre au monde, l'entrée des chars des armées rouges dans la vallée de Kresetchnie serait un tremblement de terre massif sur le continent, ouvrant la porte à l'installation de régimes fantoches de l'alliance communiste sur de nouveaux territoires. Si elle conquérait Troïtsiv, l'alliance communiste s'assurerait le contrôle plein et entier de l'Eurysie centrale, et un axe de communication essentiel entre la Manche Blanche et la Leucytalée. Les perspectives stratégiques d'un recul de l'O.N.D. sont donc alléchantes pour le Grand-Kah et ses alliés, qui n'ont donc rien à perdre à appuyer sur les faiblesses d'une alliance de plus en plus contrainte à la défensive.

Cependant, il faut prendre un angle plus large pour bien comprendre la situation. Car s'il est désormais officiel et évident que le camp kahiste d'un côté, plus ou moins associé à Carnavale, et le camp onédien de l'autre, pour l'instant arrimé à l'Hotsaline, se livrent une bataille à plusieurs tiroirs sur le continent eurysien, il serait incomplet de ne pas mentionner ceux qui tireraient véritablement les marrons du feu.

Les bombardements intensifs en diverses parties de l'Eurysie depuis plus d'un an ont eu pour effet une vidange massive des arsenaux militaires, des dépôts de munition, et la destruction de considérables pans militaires de ces deux alliances. Ce qui renforce, mécaniquement, le poids relatif des puissances qui se sont tenues à l'égard du conflit. La Grande République de Velsna, fidèle à sa tradition de bal masqué et de duplicité, pourrait bien être le véritable vainqueur d'une guerre qui la place à l'interface idéale des deux belligérants, et qui en fera, sans aucun doute, l'arbitre des élégances pour la fin du conflit. Troisième puissance mondiale, dotée encore d'une marine considérable qui lui permet de mener des opérations de piraterie jusqu'à l'autre bout du monde, Velsna est véritablement l'acteur qui a le plus à gagner d'une baisse de l'influence de l'Organisation des Nations Démocratiques. Elle pourrait en effet s'y substituer comme force dominante en Eurysie.

Au Nazum, dont la moitié nord semble profondément hostile à l'O.N.D. - que ce soit de la part de l'Union socialiste du Nazum du Nord, ou des Etats ethno-conservateurs tels que le Khardaz ou les Quatre-Vallées -, la partie semble d'ores et déjà jouée. Laissant donc à la puissance dominante de ce continent, le Jashuria, les mains libres pour consolider son emprise déjà considérable sur son voisinage, en bonne intelligence avec les réseaux communistes comme avec les réseaux fortuno-velsniens. Sur ce continent, l'influence de l'Organisation, qui n'a jamais été grande, en serait pratiquement anéantie.

En Afarée, c'est le Pacte afaréen de sécurité qui pourrait se voir « challengé » par un recul des Onédiens : beaucoup d'observateurs pointent les affinités entre les deux organisations, notamment dans leur lecture de la conquête du Pays des Trois Lunes par la Cramoisie. Le Faravan, rouage essentiel du Conseil militaire et membre du Pacte, pourrait voir son poids mécaniquement amoindri par le recul de son alliance, au profit d'acteurs mieux disposés envers la Cramoisie et les propriétaires de « territoires non-autonomes. » Au contraire, l'éléphant dans la pièce serait ravi de gagner des marges de manoeuvre : c'est encore une fois le Grand-Kah, déjà allié à la Sochacia, aux rebelles gondolais, et bientôt peut-être à d'autres acteurs importants, qui y étendrait son influence.

Mais au-delà de cas géostratégiques particuliers, c'est au niveau global qu'un recul de l'O.N.D. bénéficierait à ses rivaux. En amenuisant ses stocks de munition, l'Organisation prend le risque de laisser une part croissante du rapport de forces militaire à la véritable force militaire mondiale : la Fédération d'Alguarena. Un état que certains jugent en état de « fossilisation », et qui, par sa neutralité fréquemment affichée, compte bien tirer les dividendes d'un affaiblissement de la coalition onédienne. Il faut, pour s'en convaincre, regarder le classement des puissances mondiales. Si Teyla se hisse à la quatrième place, l'Estalie, elle, dépasse ses concurrents et pourrait la rejoindre. Pendant ce temps, Velsna plane, le Grand-Kah s'étend, et au-dessus de la mêlée, l'Alguarena continue à faire la pluie et le beau temps sur le marché de l'armement. L'Alguarena, peu investie sur aucun dossier, ne devrait pas être vue comme apathique ou à la ramasse. C'est plutôt un choix calculé : celui de laisser ses concurrents s'épuiser, pour mieux dominer la scène globale. Une attitude attentiste et opportuniste qui la rapproche de ses partenaires de l'Organisation des Nations Commerçantes. Jumelle discrète et secrète de l'OND, l'Onacom pourrait être la véritable bénéficiaire d'un recul de l'O.N.D., en devenant le nouveau pôle de puissance non-communiste. Une bascule qui signerait la fin d'un ordre mondial basé sur le multilatéralisme, tant on connaît la jalousie avec laquelle les membres de l'Onacom défendent leurs intérêts, et la brutalité qu'ils s'autorisent pour mener piraterie, guerres de conquêtes et coups d'Etat régionaux. Les Jaguars du Paltoterra, la guerre civile mandrarikane ou l'écrasement du Chandekolza ne sont qu'un avant-goût de ce à quoi pourrait ressembler un ordre mondial dominé par l'O.N.C. Un ordre sans principe humanitaire, et sans égards pour le multilatéralisme ; un ordre encore plus façonné par la force brute, et émanant de la première puissance militaire mondiale, et de loin. Un ordre qui, finalement, ferait vivre un enfer aux petits pays et aux acteurs économiques qui critiquent aujourd'hui l'Organisation des Nations Démocratiques. En dénonçant l'« impérialisme » des Onédiens, le patronat maritime international, le Khardaz ou les Quatre-Vallées ne font que paver la voie d'un monde où ils seront les premiers à être dévorés.
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CARNAVALE INTERNATIONALE
13/12/2017


Il faut prendre au serieux les critiques contre l'OND : ou le rejet de son projet
réponse à Pascal Bonnebouille


Derrière les critiques contre l'OND : le rejet de son monde


J'ai lu avec une certaines circonspection les analyses de Pascal Bonnebouille. De mon point de vue, elles témoignent davantage de ses désirs que d’une vision objective de la réalité internationale : son tropisme tanskien se ressent dans chacune de ses lignes. Je ne le lui reproche pas, chacun voit midi à sa chapelle, mais je m'inquiète de voir les Tanskiens prendre avec tant de légèreté ce qui sont des critiques de fond, et non de forme. Non, chers amis de l'OND, vous n'êtes pas la cible d'une cabale injuste de pays arriérés, mais les premiers artisans et responsables de votre propre cornerisation.

Il ne suffit pas d’être un commentateur politique pour avoir quelque chose à dire sur la politique. Il faut aussi faire preuve de matérialisme et analyser les grandes dynamiques, ce qu’oublie de faire un peu trop souvent Bonnebouille qui ne perçoit les rapports de force que pour les déplorer, dans une perspective moralisante, typique de l’Organisation des Nations Démocratiques. Cette vision du monde saupoudrée de moraline prend trop souvent ses désirs pour des réalités et se retrouve malheureusement incapable d’analyser correctement les motivations de chacun et les rapports de force dans lesquels ils se sentent pris. L'OND est la seconde, sinon la première alliance mondiale en termes d'économie et de puissance militaire. Ses actions sont scrutées avec attention par les pays du monde entier qui tirent les enseignements de ses initiatives.

L'analyse de Pascal Bonnebouille a plusieurs angles morts. Pour lui, le soutien des nations à Carnavale s’expliquerait par leur volonté de « sortir de la misère et de l’isolement ». On en rirait si l’analyse n’était pas aussi affligeante car qui espère sincèrement sortir de l’isolement en se rapprochant de Carnavale ? Ces petites nations du monde entier n’auraient-elles pas, selon la logique de Bonnebouille, toutes les raisons au contraire de se placer dans le camp de l’OND pour en obtenir les faveurs, s’intégrer à son réseau et bâtir, avec elle, un ordre où leurs voix seraient entendues et respectées ? Mais pourquoi donc tant de pays s’opposent-ils à l’OND alors que, selon Bonnebouille, celle-ci serait la garante du respect des valeurs morales si chères au cœur du monde entier ? Il y a là comme un paradoxe que notre ami s'empresse de glisser sous le tapis, en taxant les autres pays d'irrationalité.

C’est que Bonnebouille, embarqué dans une perspective occidentale, ne comprend pas l’altermondialisme. Il ne comprend pas par exemple que des nations soient davantage attachées à leur propre souveraineté et à leur culture nationale qu’à de grands principes, très souvent abstraits et construits sur mesure pour servir les intérêts géopolitiques de l’OND. Bonnebouille ne voit pas que quand l’OND prétend lutter contre le colonialisme ou le génocide (faudrait-il encore définir ces notions), les nations du monde entier se rendent bien compte de l’hypocrisie qu’il y a à le faire sachant que la moitié des pays-membres de l’organisation sont eux-mêmes des empires coloniaux. Les valeurs prônées par l’OND ne sont pas un bouclier, ce sont des armes qu’elle manie pour légitimer de s’en prendre à des pays souverains ou s’accaparer, comme récemment en Leucytalée, le contrôle sur des morceaux d’océan, sans mandat ni légitimité.

Les nations du monde entier se rendent compte, à travers le cas de Carnavale, que l’OND se donne le droit d’intervenir militairement et sur des prétextes hypocrites, n’importe où dans le monde. Comme pour essayer de nous convaincre du bien fondé de ces interventions, Bonnebouille pousse l’aveuglement jusqu’à dépeindre un monde où l’ONC, sa rivale, aurait pris l’ascendant et s’imposerait par la force. Pour nous protéger de l'impérialisme de l'ONC ? L'OND bien sûr ! Une telle analyse est folle de dénie : qui aujourd’hui condamne et agresse les petits pays au nom de valeurs morales sinon l’OND ? Quand l’ONC a-t-elle envahit une nation souveraine pour la dernière fois ? Ce n’est pas l’ONC ni le Liberalintern qui imposent par la force leurs opinions et leurs visions de ce que doit ou ne doit pas être un régime politique. C’est l’OND.

L'OND est une alliance d'un genre nouveau : une alliance morale. Là où l'ONC défend ses intérêts économiques et soutient le commerce, là où le Liberalintern apporte son soutient aux peuples qui en font la demande, là où les plus petites alliances défendent un ordre régional sans autres prétentions, l'OND se place dans une autre catégorie. Elle s'autorise à attaquer, déclarer la guerre, mettre en place des blocus et des sanctions contre des pays qui n'ont rien demandé. Autrement dit l'OND s'autorise à décider à votre place ce qui est bon pour vous et la façon dont vous devriez gérer votre pays. Soudain, les pays du monde entier tremblent : l'arbitraire moral de l'OND peut s'abattre sur eux n'importe quand. N'importe quel prétexte fallacieux suffira à motiver l'hydre : si vous déplaisez à l'OND, vous êtes en danger. Aucune autre alliance ne fait peser une telle menace sur les nations du monde entier. L'OND bouscule l'ordre géopolitique parce qu'elle n'est pas seulement opportuniste : elle est idéologique.

Pascal Bonnebouille devrait comprendre la peur qui anime les nations du monde entier à l’idée de voir émerger un ordre mondial et des lois internationales sous la houlette de l’OND (et de ses idiots utiles : on pense à l’Azur, grand défenseur d’une législation internationale où le califat islamiste espère sans doute glisser un volet « charia » ni vu ni connu). Des gens qui se pensent et se rêvent maitres du monde, mais pas de n’importe quel monde : un monde qui leur ressemble ; et gare à ceux qui s’en éloignent, ceux-là devront être envahis ou sanctionnés, leurs économies asphyxiées, leurs populations prises pour cibles.

La destruction des ADM de Carnavale ne poursuit pas, comme le prétend l’OND, un but de sécurité pour ses pays-membres car Carnavale n'est une menace que lorsqu'elle est elle-même menacée. Ce que cherche à faire l’OND c’est priver des petites nations de moyens de se défendre contre les grosses alliances. On imagine l’angoisse de l’organisation en voyant Estham rasée : toute leur puissance, toutes leurs armes, tous leurs principes ne les ont pas protégés contre un petit pays isolé, sans alliés, au PIB vingt fois inférieur à ceux cumulés des états membres de l’OND… ce petit pays, la Principauté, seule, a pu leur tenir tête et ravager une de leurs capitales. Ce dont à peur l’OND, c’est un monde où chaque nation est souveraine, protégée par l’équilibre de la terreur. Comment dans un tel monde imposer ses valeurs si occidentales « démocratie » ; « liberté d’expression » et autres fariboles ? Si n’importe quel Etat peut regarder l’OND et lui dire : « tu ne me fais pas peur, si tu m’attaques, je tue deux millions des tiens » alors l’OND perd son pouvoir et sa raison d’être.

En agressant Carnavale comme elle l’a fait, l’OND tente de sauver les meubles d’un monde qui lui échappe. Voilà pourquoi la lutte contre la Principauté est existentielle pour elle, au point d’envoyer ses soldats se faire écharper dans la Cité noire. Si l’OND recule à Carnavale, elle ne sera plus qu’une alliance économique comme les autres. Elle ne pourra pas imposer ses valeurs et son modèle au reste de la planète. Ceux qui rêvent d’une législation internationale angoissent à cette idée : si nous ne sommes plus protégés par les lois morale, si chaque pays peut défendre sa propre souveraineté, alors qui nous protègera nous ? nous qui n’avons pour bouclier que notre seule morale d’esclave ? Sans la loi internationale et le jeu des alliances, nous allons devoir travailler, bâtir notre souveraineté, nous ne pourrons plus nous reposer sur des principes abstraits et confortables pour nous protéger de la violence du réel.

Pascal Bonnebouille a beau jeu de souligner que Velsna ou l’ONC tirent les marrons du feu. Sans doute, n’importe qui arriverait à la même analyse. Ce que ne voit pas Pascal Bonnebouille en revanche, c’est précisément que l’Alguarena ne bouge pas parce qu’elle n’en éprouve pas le besoin. Ce n’est pas l’idéologie des Alguarenos de devenir les gendarmes du monde, contrairement aux amis Tanskiens de monsieur Bonnebouille. Pris dans son tropisme ONDien, Pascal Bonnebouille s’imagine que tout le monde se prépare à dominer le monde : la vérité est plus simple, notre monde est multipolaire et chacun y trouve son compte. Tous souverains chez eux, tous maîtres sur leurs terres, les conflits armés (rares au demeurant) viennent occasionnellement disputer quelques morceaux de terre au voisin, sans plus de conséquences que cela. Velsna se renforce, l’ONC se renforce et cela n’inquiète personne. Pourquoi, Pascal Bonnebouille ? Parce que contrairement à l’OND, aucune de ses puissances n’a de volonté d’hégémonie mondiale. Voilà pourquoi l’OND est haie et pourquoi les autres blocs sont respectés. Le rêve mouillé d’un bureaucrate tanskien n’est rien de plus que le cauchemar du reste du monde.

Voilà pourquoi les navires gallésant continuent de ravitailler Carnavale. Voilà pourquoi des pays à l’autre bout du monde lui apportent leur soutien. Deux blocs se font face aujourd’hui. Pas trois. Pas quatre. Ils ne s’appellent ni « Pacte afaréen de Sécurité » ni « Liberalintern » ni « Organisation des Nations Démocraties ». Ils opposent ceux qui espèrent voir advenir un ordre mondial, dominé par le droit occidental, le droit de l’OND, et ceux qui comprennent dans quel nouveau genre d’impérialisme un tel ordre nous plongerait. Ceux qui n’entendent pas se soumettre aux désirs et aux valeurs de nations avec lesquelles ils ne partagent rien. Du Morakhan aux Quatre-Vallées, du Makota à l’Empire Xin, de la Polkême au Khardaz, des pays et des peuples aussi différents les uns des autres se dressent contre l’idée que leur politique puisse un jour être dictée depuis Manticore, Norja ou Bourg des Mahoganys.

Les nations courageuses se rejettent le projet de l’OND non pas, comme le pense Pascal Bonnebouille, par opportunisme et stupidité (on mesure chez le journaliste tout le paternalisme tanskien à l’œuvre) mais parce qu’elles savent qu’on monde où l’OND triomphe c’est un monde où l’OND viendra bientôt toquer à leur porte. « Vous n’êtes pas assez démocratique, pas assez libéral, vous n’autorisez pas le mariage homosexuel, vous n’ouvrez pas vos marchés à la concurrence, au tourisme, votre culture n’est pas assez marchandisée, remettez-vous en question ou nous vous y contraindrons. » Un monde où l’OND est maître du jeu est un monde où le bilatéralisme n’existe plus, ou il faudra sans cesse s’en remettre au bon vouloir de quelques juges-arbitres plein de bienpensance et de moraline, choisis et placés là par Tanska, Sylva, Teyla et leurs supplétifs. Qui rêve d’un monde dominé par la bureaucratie tanskienne ? Pascal Bonnebouille certainement, mais les peuples de la planètes, eux, sont dégoutés par cette idée et le font savoir.

Mais l’erreur de Pascal Bonnebouille n’est pas seulement son manque d'objectivité : c’est de ne pas accepter de voir le tableau complet. Car contrairement à ce qu’il affirme, c’est bien Carnavale qui a été attaquée. Carnavale qui a subi l’intrusion d’avions de l’OND dans son espace aérien. Carnavale qui, après avoir apaisé les tensions avec l’Empire du Nord en répondant au bombardement de ses silos dans les îles Marines, a offert à ce même Empire plusieurs missiles en signe d’amitié. Carnavale dont le sol est outragé, dont les civils sont pris pour cibles par Sylva. On peut reprocher bien des choses à Carnavale, mais pas d’être l’agresseur et cela les nations du monde l’ont bien compris. Car si on avait laissé Carnavale tranquille, si elle avait pu réaliser son projet millénariste sans qu’on l’interrompe, Estham vivrait encore. Les soldats de l’OND vivraient encore. Contrairement à l’OND qui, rappelons-le encore une fois, possède des colonies aux quatre coins du monde et s’autorise à intervenir sur des terrains étrangers et dans des mers où elle n’a aucun droit quand cela lui chante ; contrairement à l’OND, Carnavale n’a jamais agressé personne.

Combien de pays ont été attaqués par Carnavale ? Combien de nations ont eu à se plaindre de la Principauté ? Une seule à vrai dire : la Kabalie, paix à son âme. En quoi cela concerne-t-il l’OND ? En rien. Carnavale est un acteur paisible d’Eurysie occidental, un hub commercial et une plateforme boursière connue et reconnue, d’utilité internationale. Une nation atypique c'est vrai, étrange et dérangeante sans doute, culturellement influente, qui propose un modèle de société unique où les curieux trouvent leurs comptes et dont les dégoutés se tiennent éloignés. La Principauté de Carnavale une marchande d’arme tranquille qui vend à tout le monde, sans distinction de régime ou d'idéologie. Carnavale est l’antithèse de l’OND : un acteur paisible et autocentré, serviable, sans autres prétentions que d’exister selon ses propres lois et ses propres méthodes. La Principauté incarne le cauchemar de l’OND : un pays prêt à tendre la main à tous, sans leur faire de leçons de morale, prêt à vendre au meilleurs prix, qui accepte l’argent sans jugement, fourni des comptes bancaires, des stratégies de contournement des sanctions. Qui participe à l'écosystème international où chacun trouve son compte. Carnavale était l’ami de tous et l’incarnation d’une culture unique au monde, spectaculaire et souveraine. Parce que Carnavale s’opposait au projet de nouvel ordre mondial, l’OND tente de la détruire.

Voilà, monsieur Bonnebouille, pourquoi tant de nations se dressent aujourd’hui aux côtés de la Principauté. Des nations chez qui Carnavale n’avait ni chancellerie, ni ambassade. Des nations différentes, originales, iconoclastes qui d’un même élan unanime se dressent et disent : « le monde de l’OND, ce monde-là nous n’en voulons pas ! »

Inutile de les traiter d’idiotes, monsieur Bonnebouille, ces nations ont certainement bien mieux conscience de leurs intérêts que vous.

Un éditorial signé Hyppolicare Épithète.

Retour des épidémies de rage à Carnavale
Évitez tant que possible de caresser les rats


Carnavale Internationale
Le monde est compliqué, laissez nous vous l'expliquer.
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Réactions velsniennes officielles et officieuses
Au sujet de l'article de Pascal Bonnebouille, "L'OND est-elle l'homme à abattre"


Gouvernement communal: droit de réponse du chargé de communication du Sénat, le greffier Vincenzo Falcone



"Hier 14 décembre, nous avons été très surpris et déçus à la lecture de du dernier article du politologue renommé Pascal Bonnebouille. En effet, nous avons toujours considéré la revue du Petit Continent comme extrêmement qualitative, et participant au débat démocratique eurysien à sa manière, par des études sérieuses et rigoureuses. Toutefois, il a été mis à notre fait d'un certain nombre de raccourcis et de poncifs éculés à l'adresse, non seulement de l'action du Gouvernement communal de la Grande République, mais également du peuple velsnien et de toutes ses diapsporas. Il n'est pas la première fois de constater que des animateurs de la vie journalistique de certains pays empruntent des éléments de langage à leurs extrêmes droites locales pour essentialiser les velsniens en tant que groupe, mais nous en sommes d'autant plus déçus lorsqu'il s'agit d'acteurs réputés de ce milieu, pour lesquels nous avons toujours entretenu les meilleurs sentiments.

En effet, nous pensons que qualifier notre cité d'encline à ce que Bonnebouille appelle de "la duplicité", n'est pas un mot anodin, et qu'il relève de toute une tradition d’attributs péjoratifs et faux au sujet, non seulement de notre ville, mais de tous les velsniens. Au delà de ce terme que nous jugerions emprunté à un vocabulaire ouvertement raciste, nous ne pouvons qu'exprimer notre désaccord au sujet de ce que ce commentateur appelle de "la piraterie". Là encore, il est regrettable que monsieur Bonnebouille associe les opérations de maintien de l'ordre des différentes flottes de la Marineria à pareille activité, encore un terme lourd de sens et répréhensible utilisé à tort et à travers pour disqualifier notre action salvatrice dans bien des régions du monde. Ce dernier fait probablement mention, indirectement, de l'opération de maintien de l'ordre effectuée récemment au détriment de l’État voyou du Churaynn dans le cadre d'une opération de contrôle de routine ayant abouti au déroutage d'une partie de la flotte vers le Wanmiri et le territoire ushong, dans l'attente de voir ses dirigeants s'expliquer au sujet d'une très longue liste d'actions ayant suscité l'opprobre d'un grand nombre d'acteurs de la communauté internationale. Là encore, nous nous attendions mieux de la part d'une personnalité que nous estimons au sein de notre cité.

Au sujet d'une velléité de puissance quelconque de la part du Gouvernement communal, nous estimons là encore que monsieur Bonnebouille se méprend au sujet de nos intentions. D'hégémonique, il va de soi que la Grande République, au cours de son Histoire, n'a jamais eu la volonté d'imposer gouvernance et règles à qui que ce soit. De tous temps, nous avons été aux côtés du droit, et plus particulièrement du droit au commerce et au libre-échange. Or, la défense de cette position requiert l'existence d'un monde divisé en plusieurs pôles de pouvoir, tel que l'équilibre politique qui s'est instauré entre ONC, OND et Liberalintern le permet. Notre gouvernement, ainsi, n'aurait rien à gagner d'un (très hypothétique) affaiblissement onédien ou libertaire, et nous avons tout cœur à travailler avec toutes les forces volontaires qui nous aideront à rendre la Manche Blanche et l'Eurysie centrale plus sûre pour tous, car c'est là une condition essentielle du profit. Nous encourageons donc à toutes les parties prenantes de la crise en cours en Hotsaline à prendre leurs responsabilités et permettre la mise en place d'un dialogue pacifié bénéfique à chacun.

Au sujet du Jashuria, encore une fois, nous sommes dans l'obligation de prendre la défense de nos partenaires historiques au Nazum, dépeints par monsieur Bonnebouille comme une nation impérialiste et opportuniste, à la limite de qualifier son gouvernement de horde. Or, le Jashuria n'a jamais eu d'autre objectif sur le continent Nazumi que de permettre la bonne tenue du commerce et des échanges, indispensables au bonheur des entrepreneurs et des habitants. Le fait que malgré toutes ses saillies diplomatiques, la Confédération socialiste du Nazum et certains de ses membres comme la République Populaire du Morzanov n'aient pas déjà subit une volée de sanctions, devrait encourager les commentateurs politiques peu aguerris à revoir leurs positions sur le prétendu impérialisme de nos partenaires jashuriens. Là encore, la Grande République et ses alliés sont entièrement disposés à la collaboration inter-étatique avec les autres blocs de puissance afin de rendre le Nazum un endroit plus sûr.

Monsieur Bonnebouille a une fâcheuse tendance à confondre ses propres observations biaisées avec la réalité du terrain, et à prendre des raccourcis regrettables qui ne reflètent pas la position réelle de l'Organisation des Nations Commerçantes. A l'instar des remarques faites au sujet de l'opération militaire du Chandekolza, que le commentateur associe à un recul du multilatéralisme et du droit. Monsieur Bonnebouille oublie certainement de préciser que le régime en place au Chendekolza était le relais d'une puissance coloniale akaltienne qui ne disait pas son nom, et dont la gestion catastrophique de l'économie et des affaires courantes avaient transformé son pays en l'un des territoires les plus pauvres au monde, qui au passage, était laissé à l'abandon et au dénuement par le régime akaltien. A cet égard, le gouvernement communal velsnien ne dissocie pas son action salvatrice au Chandekolza, de la guerre menée en Carnavale par l'Organisation des Nations Démocratiques, dont nous reconnaissons la justesse de la cause, qui est celle du triomphe du droit et de la dignité humaine.

Enfin, nous avons à déplorer l'association malhonnête entre le gouvernement alguareno, dont la fiabilité et le respect du droit international n'est plus à prouver, avec un groupe de mercenaires dont la critique en question se résume à la simple évocation de leur activité, qui de surcroit représente probablement le groupe de mercenariat le plus réputé et le plus éthique actuellement en activité. Le Gouvernement communal et le Sénat des Mille n'entendent en rien exiger des excuses de tous ces éléments à charge, car nous pensons que l'erreur est là le lot du journalisme, l'important étant de ne pas la reproduire. Nous espérons donc seulement que monsieur Bonnebouille fasse preuve d'une plus grande éthique de travail à l'avenir, et nous tenons à sa disposition pour toute question éventuelle. A bon entendeur."


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Vincenzo Falcone


Messalie: droit de réponse adressé par le Comité contre le racisme anti-velsnien de Messalie (le CRAV)


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Membres du CRAV

"Monsieur Bonnebouille,

A la lecture de votre précédent article, un sentiment très précis nous a animé: celui d'une profonde injustice. Vous n'êtes pas sans savoir que dans certains pays, il a fallu énormément de temps pour que les locaux cessent de nous associer, nous, honnêtes travailleurs, honnêtes pères de famille loin de leurs pays d'origine, à certains des qualificatifs avec lesquels vous prenez vraisemblablement un malin plaisir à associer avec notre communauté d'origine. Pour beaucoup d'entre nous, l'intégration a été difficile, et n'a pas été sans insultes. A l'heure où nous vous adressons cette lettre, sachez qu'une formation d'extrême droite a finit en tête des dernières élections de Messalie, notre ville d'élection. Et les membres de cette formation politique usent des mêmes mots que vous pour nous décrire: "duplicité". Les stéréotypes ont la vie dure, et les mots ont un sens: les mots peuvent tuer, monsieur Bonnebouille, et nous ignorons si vous vous rendez compte de cette réalité, étant donné que vous n'avez jamais eu à subir pareille situation.

On ne vous a jamais traité injustement de voleur, de menteur, de fourbe, de mafieux, de DUPLICE, tout ça parce que vous n'êtes pas de la bonne origine. Sur ce point, nous pensons que vous manquez du recul pour comprendre, ce à quoi nous ne vous en voulons pas. En revanche, vous êtes tout à fait en droit de vous abstenir de ce genre de remarque à l'avenir, qui nuie non seulement à notre réputation en tant que communauté de gens honnêtes, mais qui met également notre sécurité en question dans des pays où ne pas appartenir à la communauté nationale est synonyme de quolibet, d'injure et parfois de passage à tabac.

Nous vous encourageons donc à ne pas réitérer pareille offense, et appelons à des excuses publiques de votre part. Il est tôt fait de finir dans le vieux port de Messalie à une heure tardive..."

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LE GLOBE DIPLOMATIQUE
Analyse géopolitique et entretien


LES CONDITIONS POUR UNE MÉDIATION NE SONT PAS RÉUNIES :

Pierre Lore revient en détail sur la crise actuelle en Eurysie Centrale et demande des garanties.


— ENTRETIEN —

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Pierre Lore, ministre des Affaires Étrangères du Royaume de Teyla.


Pierre Lore, Ministre des Affaires Étrangères du Royaume de Teyla. Membre du Gouvernement de Sa Majesté nous parle de la crise actuelle en Eurysie. Le Ministre de Sa Majesté y établit que les conditions pour une médiation ne sont pas encore réunies, une manière d'augmenter la pression sur la Grande République de Velsna ?

Honorable Ministre. Vous nous recevez, non pas à votre ministère, mais chez vous, quelque chose qui n'est pas commun chez les hommes politiques teylais. Pour nos lecteurs, vous nous recevez dans votre bureau dans lequel on voit un portrait de l'honorable Première Ministre Rose Mivèrgne, une femme de gauche et de votre mouvement politique, morte en deux mille deux à quatre-vingt-cinq ans. Que vous évoque l'honorable Rose Mivèrgne ?

PIERRE LORE : Elle m'évoque ce que sont les valeurs du Royaume de Teyla mais aussi les valeurs humaines dans un monde où l'idéal prend le pas sur notre monde actuel. Le parcours de Rose Mivèrgne m'inspire et je sais que par ma condition, par mon engagement politique aujourd'hui, j'ai le devoir et l'opportunité de perpétuer cet héritage. Elle a fait bien plus pour le Royaume de Teyla, les personnes LGBT, les minorités exclues de la société que les actes combinés des hommes qui l'ont précédée. Dès ses débuts, elle fut à l'avant-garde de ce que le peuple teylais a voulu instituer dans la constitution de mille neuf cent quarante-huit. Elle était la garante de ces "gens-là" comme le disait l'écrivain Lavalle en mille neuf cent trente-trois. Ces gens-là oubliés par le système et parfois même plus qu'oubliés, mais qui subissaient la violence de l'État au sens propre.

Lorsqu'elle monte pour la première fois à la Tribune de l'Assemblée nationale en tant que Première Ministre, les trois députés du Parti Royaliste, l'extrême droite, quittent l'hémicycle, démontrant leur haine de la femme et de la liberté des femmes. Rappelez-vous des mots qu'elle eut immédiatement à la Tribune ? Moi, oui "Que ceux qui quittent l'Hémicycle en cet instant soient marqués du sceau du déshonneur. Le déshonneur de refuser de siéger et de défendre les Teylais dans l'hémicycle, le déshonneur de tourner le dos aux aspirations de notre peuple au nom de préjugés venants du passé, au nom d'un sexisme et d'une misogynie."

Ces mots seront gravés dans l'histoire collective du Royaume de Teyla si ce n'est pas déjà le cas. Ces mots sont le sens de mon engagement politique, lutter contre ceux qui veulent détruire l'humain et notre humanité que ce soit par l'oppression économique, militaire, policière ou encore sociale. Elle luttait contre toutes ces oppressions et certains l'ont blâmée pour cela, la droite l'a blâmée. On lui a reproché d'être trop audacieuse, trop visionnaire, d'aller trop vite dans la reconnaissance des droits pour les plus vulnérables. Mais c'est précisément parce qu'elle dérangeait les pouvoirs établis qu'elle a marqué l'histoire. Elle a su se tenir debout quand tout le monde lui disait de s'asseoir. C'est cela que je veux tirer de son engagement. De son jusqu'au-boutisme dans son courage, dans son adversité à défendre ceux qui ont besoin d'être défendus face, non pas aux aléas de la vie, mais face à un système sciemment organisé.

Le portrait de cette femme que j'ai dans mon bureau ce n'est pas pour plaire aux admirateurs de cette femme pour l'interview. C'est un rappel constant pour moi que rien n'est jamais joué à l'avance dans la politique. C'est un rappel important pour faire vivre en nous l'espoir d'un monde meilleur pour nous et nos enfants.

Les médias vous décrivent comme un personnage difficilement cernable cependant proche et ami du Premier Ministre de Sa Majesté. Comment voyez-vous votre relation avec le Premier ministre de Sa Majesté ?

PIERRE LORE : Difficilement cernable, dites-vous ? Je crois savoir pourquoi vous dites ça (il sourit). Je sais bien que pour certains la politique est un théâtre dans lequel le rôle (il sourit) qu'il a est de jouer constamment. Je crois que cette attitude tue à petit feu la confiance des citoyens envers les politiques et même tue à terme la démocratie. Quand je me suis engagé auprès du Premier Ministre à savoir auprès aussi de la nation teylaise et de son peuple, je me suis engagé à être toujours sincère envers moi-même et plus important envers les citoyens et citoyennes qui ont fait confiance au Mouvement Royaliste et d'Union, aux partis d'opposition et ceux qui n'ont pas voté. Je n'écarte personne car la parole du politique ne doit écarter personne et nous nous devons nous rappeler constamment que le peuple n'est pas à notre service.

Quant à ma relation avec le Premier Ministre de Sa Majesté elle est cordiale et oui amicale. Une confiance s'installe forcément lorsqu'on mène des combats ensemble et qui ont pour but de rendre la vie meilleure. Nous partageons une vision commune sur la Couronne et sur ce que doit être le Royaume de Teyla. Quand le Premier Ministre m'a demandé de devenir ministre après le passage de Jean-Louis Gaudion, j'étais honoré d'une telle confiance de la part d'Angel Rojas. Il a démontré à plusieurs reprises qu'il était le Premier Ministre de la situation pour le Royaume de Teyla en toutes circonstances. Il cherche constamment à apprendre de nouvelles choses, à s'informer sur les sujets auxquels, en tant que Premier Ministre, il doit prendre une décision ou des sujets d'importance pour la nation teylaise. Je suis convaincu qu'il est l'un des rares bons Premiers Ministres de Sa Majesté pour le Royaume de Teyla.

Les rumeurs qui circulent dans certains médias, à savoir que le Premier Ministre de Sa Majesté réfléchit à ne pas se représenter pour un second mandat à la fonction suprême, sont-elles vraies ? Est-il vrai que votre nom circule de plus en plus en interne du Mouvement Royaliste et d'Union pour mener la prochaine campagne à venir ?

PIERRE LORE : Les rumeurs font la vie politique et démocratique du Royaume de Teyla. Permettez-moi avant de vous répondre d'émettre un avis sur ce sujet. En outre, ne trouvez-vous pas que les rumeurs sont un vrai sujet pour les démocraties ? Elles font et défont les sujets dans les médias et dans le débat public. Il revient à la société civile de se poser la question suivante : est-ce la société que nous voulons ? Ou bien voulons-nous réformer notre société comme les réseaux sociaux ou encore les médias et les rendre indépendants des milliardaires ? La question est cruciale. Votre question est frappante, elle ne se cache pas d'une reprise d'une rumeur, non pas pour servir la société, mais pour servir le nombre de clics sur l'article et avoir plusieurs déclarations fracassantes. L'information d'où elle provienne doit être utile au débat public, elle doit apporter des faits. Bien entendu, elle doit aussi apporter une pensée, une opinion, ce qu'on appelle les éditos. Mais les éditorialistes et journalistes doivent avoir une liberté totale. La loi actuellement en vigueur au Royaume de Teyla garantit-elle cette liberté ? Je ne le crois pas.

Quant aux rumeurs qui m'évoquent pour diriger la prochaine campagne du Mouvement Royaliste et d'Union, à l'évidence, je les entends. Comme je l'ai dit précédemment, elles sont inévitables dans l'environnement où j'évolue, à savoir la politique. Dans le contexte actuel de nos médias, elles sont inévitablement amplifiées. Ma réponse sera simple. Écoutez, si l'occasion de me présenter au poste de Premier ministre se présente, j'y réfléchirai, mais je n'irai pas sans avoir l'assurance que les conditions seront réunies. Je ne veux pas être celui qui soit au pouvoir coûte que coûte, mais bien au contraire, celui qui puisse réellement faire avancer notre Royaume avec le soutien du Parlement, de mon camp politique et à l'évidence des Teylais et des Teylaises.

Je n'irai pas à la conquête du pouvoir contre Angel Rojas qui est mon ami et qui, je le redis, est l'homme de la situation pour le Royaume de Teyla. Le Royaume de Teyla a connu une autre dimension sous sa direction. Il a su faire naviguer le Royaume entre deux conflits importants, la Principauté de Carnavale et l'Eurysie Centrale pour défendre notre allié et nation sœur l'Empire Parlementaire et Démocratique du Nord et pour défendre nos alliés en Eurysie Centrale. Nous y reviendrons durant l'interview, je ne vais pas m'attarder plus sur le sujet. Mais comprenez que nous avons un Premier Ministre qui sait ce qu'il fait.

Justement, Honorable Ministre. La proposition d'une médiation par la Grande République de Velsna est sortie dans la presse, une fuite qui semble être organisée. Savez-vous par qui fut-elle organisée si tel est le cas ?

PIERRE LORE : Non. Nous n'avons aucune information concernant la fuite. Après une enquête interne de plusieurs jours et mois, malgré l'assurance que nous avions dès le début, je peux vous affirmer que cette fuite ne provient probablement pas du Royaume de Teyla. Chaque recoin de l'administration teylaise qui aurait pu avoir accès à l'information a subi une enquête très stricte et professionnelle. Nous mettons un point d'honneur à ce qu'aucune missive ne fuite dans les médias pour des raisons de confiance avec nos partenaires. Et si un membre de l'administration teylaise avait eu la malheureuse idée d'exercer un tel acte répréhensible. Il aurait été dès maintenant devant un tribunal du Royaume de Teyla.

Cela amène deux questions, peut-être trois questions, importantes pour la résolution de la crise en Eurysie Centrale. Qui est l'instigateur de la fuite en Eurysie Centrale ? Quels étaient les objectifs derrière la fuite ? La troisième la plus importante de toutes : La confiance est-elle présente envers tous les acteurs pour que les acteurs présents aient la certitude que le contenu de la médiation ne fuitera pas pendant le sommet ? Pour les raisons et objectifs ayant poussé à cette fuite il y en a plusieurs possibles en fonction de l'identité de l'entité et de la personne derrière cette fuite. Mettre la pression sur les différents acteurs pour leur faire accepter coûte que coûte la médiation même si les conditions, de bon sens, ne sont pas réunies. La seconde possibilité que je vois est de forcer les acteurs à réagir, se positionner contre la médiation. Que cela soit pour, contre ou une position plus nuancée. N'oublions pas qu'une fuite est organisée si l'acteur faisant la fuite estime que la fuite lui permettra de bénéficier un avantage avant même la négociation. C'est un acte très grave et qui doit être discuté avant toute médiation parce que l'équité n'est pas respectée dans cette situation.

La manipulation du processus avant même son commencement est quelque chose d'inacceptable. C'est la fin d'une diplomatie constructive. Pourtant, la diplomatie constructive est une nécessité pour que le processus, une fois abouti et accepté par l'ensemble des acteurs, soit respecté par l'ensemble des acteurs. Nous attendons de la part de la Grande République de Velsna des garanties sur la sincérité du processus. Nous n'irons dans aucune médiation faussée à l'avance par un ou plusieurs de ces acteurs.

Quelles garanties ? Comment peut-on assurer la sincérité d'un processus ? Il est extrêmement difficile voire impossible de contrôler les sources dans des sommets diplomatiques, tout diplomates aguerris peuvent en témoigner.

PIERRE LORE : Il n'existe pas de garantie parfaite, je vous le concède aisément. Mais lorsque la sincérité et la neutralité d'un processus sont autant remises en cause à cause d'une action venant d'un acteur extérieur ou participant à la médiation, alors il est de notre devoir, en tant qu'acteurs responsables et souhaitant un dialogue égalitaire ou équitable et dont sur ce quoi il aboutira sera respecté de tous, d'exiger premièrement une clarification et deuxièmement des engagements fermes et clairs. Si jamais on nous répond comme vous "Que c'est une tâche difficile" nous n'accepterons pas la réponse. La recherche de la paix est une tâche tout autant difficile, voire plus compliquée. Si vous échouez à cette tâche importante et difficile qu'est la recherche d'un dialogue équitable/égalitaire alors vous ne pouvez négocier une paix.

Cette fuite, survenue avant même la déclaration de l'Estalie sur la question d'un changement de régime en Hotsaline, ouvrant la porte à un changement de régime en Hotsaline selon la clarification de l'opération Pâle Tempest, n'est sûrement pas un hasard. Les deux événements bien qu'éloignés sont liés par une même volonté, celle de voir aboutir un processus inégal en faveur des nations communalistes participant à l'attaque contre la République Hotsalienne. Il est très probable que la fuite de la missive destinée au Royaume de Teyla et à d'autres nations fut réalisée dans le but de sonder les réactions des uns, les esprits des autres afin de juger si une demande telle qu'un changement de régime, était possible et passerait auprès des diplomaties d'autres nations comme la Grande République de Velsna. La Grande République de Velsna n'a pas réagi vivement après la fuite d'une de ses missives, c'était là le bon comportement et le Royaume de Teyla aurait agi de la même manière, mais l'une des conséquences c'est que des nations ont cru pouvoir les demandes les plus absurdes et outrageantes en s'appuyant, et c'est là le plus grave, sur un processus faussé car inégal dès le départ. C'est cette inégalité que nous devons réparer.

C'est dans ce contexte que la question de la non-ingérence dans la gestion interne des États devient un point central de la médiation proposée par la Grande République de Velsna. La médiation est censée aboutir à un règlement du conflit par la négociation et la discussion et c'est très bien. Le Royaume de Teyla a accepté l'idée de la médiation mais pourtant il n'a pas accepté l'idée qu'une médiation pour la paix serve au final à la déstabilisation d'États de l'intérieur ou de l'extérieur. La déclaration de la Fédération des Peuples d'Estalie est en ce sens gravissime, plus que toutes les autres déclarations parce qu'elle vient confirmer l'hypothèse du Royaume de Teyla concernant l'objectif de la fuite de la missive velsnienne. Nous exigerons des garanties formelles de la part de la Grande République de Velsna et de toutes les parties impliquées, y compris les nations communalistes/communistes, que le cadre de la médiation sera strictement respectueux de la souveraineté des États et de leur droit inaliénable à choisir leur propre modèle politique.

Le Royaume de Teyla et le Gouvernement de Sa Majesté n'ont pas accepté le principe d'une médiation pour juger les régimes politiques des nations qui seront présentes. Bien au contraire, nous nous montrons respectueux du choix populaire de ces régimes et nous le respectons. C'est pourquoi nous serons autour de la table. Il est inquiétant de voir que ce n'est pas l'avis de la Fédération des Peuples d'Estalie. Elle préfère prendre en otage des innocents mais j'y reviendrai. Une médiation qui aurait pour objectif caché de remodeler les gouvernements ou de fragiliser les institutions existantes ne serait pas une médiation, mais une forme d'ingérence inacceptable, et le Royaume de Teyla s'y refuserait catégoriquement.

Des députés de la majorité d'Angel Rojas, l'honorable Premier Ministre de Sa Majesté se sont prononcés en faveur de la garantie d'une non-ingérence dans la gestion des États et des changements de régimes pendant la médiation. Est-ce que les députés auront à se prononcer sur ce sujet ?

PIERRE LORE : Le Gouvernement de Sa Majesté a réfléchi à la question. Nous ne voulons pas paraître auprès de la Grande République de Velsna comme l'élément bloquant de la discussion et de la médiation. Bien au contraire, nous sommes ouverts au dialogue, et nous voulons nous montrer constructif pour aider à la réussite de la médiation, c'est pourquoi le Gouvernement de Sa Majesté pose cette question. Toutefois, le Royaume de Teyla est une démocratie parlementaire. J'ai coutume de dire "la démocratie ne saurait rien refuser à celles et ceux qui, par leur action, la rendent concrète et l'incarnent". Plus le débat parlementaire dure et plus les députés montrent leurs envies de se prononcer avant un traité final, ce qui est compréhensible. C'est au Premier Ministre de Sa Majesté qu'il revient de décider. Toutefois, les députés peuvent déposer un projet de loi en ce sens que l'Assemblée nationale examinera avec la rigueur que nous connaissons de notre temple de la démocratie.

Quoi qu'il arrive, les députés auront à se prononcer sur la question de la non-ingérence dans les États. Si les députés estiment que la médiation est faussée dès le départ, que le traité s'ingère de manière trop importante dans la politique intérieure d'un État comme l'Hotsaline alors les députés auront à se prononcer en faveur ou en défaveur. N'oublions pas que les députés ratifient les traités au Royaume de Teyla. De manière générale le Royaume de Teyla et ses préoccupations doivent être entendues car nos inquiétudes sont légitimes face à un processus d'ores et déjà abîmé. Nous serions ravis d'aider la Grande République de Velsna et de travailler à ses côtés afin d'assurer l'équité et l'égalité durant cette médiation. Mon cabinet se montre entièrement disponible auprès de la Grande République de Velsna mais aussi de tous les acteurs y compris de la Fédération des Peuples d'Estalie, de la République Populaire et Sociale d'Illiré, des Communes Unies d'Altrecht et des Communes-Unies du Grand-Kah.

Vous avez vous-même avant cette interview fait une déclaration à la presse. Dans cette déclaration vous déclarez que le Royaume de Teyla ne participera à aucune médiation si le Royaume de Teyla n'a pas l'assurance de la libération desdits otages. Le Gouvernement de Sa Majesté fixe-t-il toujours cette condition ?

Oui, c'est là aussi une condition sur laquelle ne reviendra pas le Royaume de Teyla. Des innocents, des gens sans armes, des gens qui ont une famille et des enfants ont été pris en otage par un État qui cherche à satisfaire ses objectifs militaires. C'est très grave et cela ne peut être fait sous nos yeux sans que nous réagissions. La Fédération des Peuples d'Estalie utilise des otages teylais pour s'assurer de pouvoir continuer la guerre et donc continuer à tuer en toute innocence. C'est inacceptable et la position du Gouvernement de Sa Majesté est très ferme sur ce point. Nous remercions la Grande République de Velsna qui s'est positionnée, que cela soit sur l'Illiré ou l'Estalie, contre la retenue en otage de citoyens du Royaume de Teyla et de l'Organisation des Nations Démocratiques.

Je resterai évasif sur ce que je m'apprête à dire afin de respecter le secret diplomatique. Nous avons reçu des garanties avant que nous acceptions l'idée d'une médiation. Or, je peux vous dire que l'une des garanties n'est pas respectée à l'heure actuelle. Ce n'est point la faute de la Grande République de Velsna. Mais si la Grande République de Velsna souhaite nous montrer sa sincérité, sa neutralité et plus encore que sa parole compte, alors elle se doit de réagir avec la plus grande fermeté et ne pas se contenter d'une déclaration de principe. Je resterai évasif sur ce que je m'apprête à dire afin de respecter le secret diplomatique. Nous avons reçu des garanties avant que nous acceptions l'idée d'une médiation. Or, je peux vous dire que l'une des garanties n'est pas respectée à l'heure actuelle. Ce n'est point la faute de la Grande République de Velsna. Mais si la Grande République de Velsna souhaite nous montrer sa sincérité, sa neutralité et plus encore que sa parole compte, alors elle se doit de réagir avec la plus grande fermeté et ne pas se contenter d'une déclaration de principe.

Le non-respect de cette garantie est un grain de sable supplémentaire dans la rupture de confiance, l'inégalité que nous avons dans le processus engagé par la Grande République de Velsna. L'acteur qui ne respecte pas la garantie est sans hésitation dans une volonté de tester la Grande République de Velsna. Nous avons totale confiance en la Grande République de Velsna afin d'assurer la sincérité du processus engagé et nous attendons de la Grande République de Velsna un engagement ainsi qu'une réponse ferme face à un non-respect flagrant d'une des garanties fournies au Royaume de Teyla. N'engager aucune réponse à la hauteur serait là quelque chose d'inadmissible. Le Royaume de Teyla a répondu qu'il s'engageait dans le processus de la médiation sur la base des garanties fournies... Sans cette fermeté le Royaume de Teyla se verrait contraint de réévaluer sa participation, car nous ne pouvons nous permettre de cautionner un processus qui ne repose pas sur une intégrité irréprochable. La paix exige la vérité et le respect des engagements, dès le premier jour.

Nous avons proposé à la Grande République de Velsna un format que nous pensons bon. Il fut refusé, ce que nous acceptons et comprenons. Mais je crois que le non-respect d'une des garanties change fondamentalement la donne et nous referons cette proposition à la Grande République de Velsna dans ce contexte qui évolue de jour en jour.
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Quotidia, Le média de l'excellence conservatrice, informations offertes par le Groupe Falieri a écrit : 22 février 2018

Philosophie politique velsnienne et défaite carnavalaise: la démonstration de la résilience des sociétés


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La Bataille de velcal (1632, huile sur toile, Paolo Ascari)


L'année 2017 est à marquer d'une page noire dans l'Histoire eurysienne. En effet, après des années de tension entre l'organisation onédienne et la Principauté de Carnavale, l'Etat désormais considéré comme terroriste est passé à l'acte, et par le bombardement d'Estham, celui-ci ci s'est engagé dans une guerre totale avec l'organisation internationale, laquelle s'est trouvée le soutien de la majorité des acteurs mondiaux, tandis que Carnavale s'est confrontée à la condamnation et à la détestation d'une majeure partie de l'opinion publique. Un an plus tard, et alors que selon les rumeurs les plus récentes, la Principauté aurait acté sa défaite, l'heure est au bilan: quelles leçons nos élites politiques peuvent tirer de ce qui constitue selon toute vraisemblance la faillite des hautes sphères de la politique carnvalaise. L'aviation onédienne n'est pas la seule raison de la défaite carnavalaise: certes, la majorité des conflits dans l'Histoire ont trouvé leur issue dans la supériorité tactique et stratégique d'un camp sur un autre, mais la Principauté n'aurait-elle pas pu faire davantage en ayant point commis les erreurs qu'elle a commis. La supériorité numérique de onédiens n'est-elle pas à tempérer avec le manque de jugement des élites carnavalaises ? De leur inaptitude à la conclusion d'alliances ? De leur incompréhension profonde des grands mécanismes de relations internationales ? Si Etham n'avait jamais eu lieu, si Carnavale ne s'était pas condamnée elle même à devenir perso non grata auprès de la quasi totalité des ambassades mondiales, l'issue aurait-elle été différente ? Si Carnavale eut-été autre chose qu'un Etat dont la majeure partie de la population ne présente aucune appartenance ou affiliation à ses élites politiques ? Si la défaite de Carnavale est en apparence un évènement totalement étranger aux affaires de la Grande République, celle-ci devrait interroger ses élites en tous ces points, et nous interroger sur la résilience des sociétés: quels sont les facteurs qui déterminent cette résilience de toute une société et son aptitude à poursuivre le combat, même quand celui-ci paraît déséquilibré et demande une implication totale de la totalité des citoyens ? ironiquement, Velsna a déjà été confrontée à une telle menace existentielle, et a passé un tel test. Pour cela il nous faut revenir huit siècles en arrière.


Il était une fois Velcal: comment la résilience d'une société a déterminé le vainqueur des Guerres Celtiques

Nous sommes le 3 juillet 1219, à cinquante kilomètres au sud de la cité velsnienne. A la couchée du jour, dans une clairière située à quelques encablures au sud de la cité de Velcal, 30 000 velsniens gisent sur un champ de bataille s'étendant à l'horizon. Au cours d'un affrontement ayant duré moins de trois heures, le général achosien Erwys Gwyndel a détruit la totalité de l'armée velsnienne. Ce ne sont pas seulement des soldats que le chef de guerre a encerclé et massacré dans la plaine de Velcal: celui-ci a tué 30 000 citoyens, sur une ville qui en compte alors 150 000 en état de se battre dans l'exercice de leurs droits civiques. En un après-midi, Erwys Gyndel a décimé près de 20% de l'intégralité du corps civique velsnien, mais pas seulement... Ce ne sont pas simplement des citoyens qui gisent à l'orée de la nuit dans la plaine de Velcal, mais également toute une élite politique, cette élite qui valorise la guerre comme source de revenu et de légitimité: les tenants de cette élite, leurs enfants et leurs clients. La bataille de Velcal voit ainsi la disparition de 86 sénateurs, dont le chef de guerre achosien s'empresse d'envoyer les chevalières dans son pays, afin de faire valoir auprès du Sénat acosien la nécessité de disposer de renforts afin d'en finir définitivement avec la cité velsnienne. A la disparition d'une partie de l'aristocratie sénatoriale se double celle d'une grande partie de l'appareil militaire: cette armée comptait pour les trois quarts de toutes les levées militaires d'alors: la cité est sans défense. Être un soldat velsnien coûte cher et prend du temps: il faut non seulement se prévaloir de la citoyenneté, mais également pourvoir au financement de son propre équipement, et de disposer du temps de son entraînement. En parallèle de cette catastrophe, de plus en plus de cités de la plaine velsnienne commencent à remettre en cause leur loyauté à Velsna, et Umbra change de camp en faveur des achosiens. Erwys Gyndel, malgré l'avis de ses lieutenants qui proposent de fondre directement sur Velsna, envoie ans la soirée une proposition de paix humiliante à la cité sur l'eau.

A ce moment, tout porte à croire que Velsna n'a d'autre choix que d'accepter son sort, mais la réponse qu'obtiennent les achosiens est à l'opposé de leurs attentes: ceux-ci essuient un refus aussi laconique que catégorique. Au Sénat, une force inattendue a été à l’œuvre de ce revirement fondamentale de la guerre: la resilience des élites velsniennes face à la perspective de leur propre destruction a remplie son office, attitude dont un discours fameux du Sénateur Umberto Idilmo a immortalisé l'esprit:

"Jamais, ô grand jamais je n’émettrai de récrimination à l'égard de nos concitoyens vaincus, y compris les responsables de cette défaite. Ces questions nous affaiblissent, et il faut désormais nous poser les bonnes conclusions. A cette quête je répondrai ceci: si Velsna entend survivre il lui faut une nouvelle armée, dés maintenant. Nous trouverons des soldats n'importe où. Nous abaisserons l'âge requis pour l'enrôlement dans la Garde civique à 16 ans, nous abaisserons les qualifications requises pour intégrer l'armée, nous amnistierons les criminels et les prisonniers de guerre prêts à se battre pour notre cité, nous donnerons la citoyenneté à tous ceux, qui sous notre autorité ne la possède pas encore. Nous trouverons des soldats n'importe où, coûte que coûte. Nous utiliserons toutes nos ressources possibles. Et si pour se faire, il est nécessaire de dépouiller les basiliques et les églises des armes et des armures que nous avons offert à San Stefano et à Dame Fortune, alors nous le ferons. A ceux qui me diront qu'il s'agit là d'un sacrilège, je lui répondrai que ce n'est que bon sens, et que San Stefano considère davantage notre salut que des offrandes dont il n'aura pas d'usage. Oublions nos querelles, cessons de raisonner par nos interêts personnels, et nous mettrons ces barbares à genoux, bataille après bataille, combat après combat. L'enjeu de cette guerre n'est pas tant notre quête de prospérité que l'agonie ou la survie de Velsna en tant que cité."

Il est coutume de considérer cette prise de parole comme le tournant fondamental de la seconde guerre celtique: pas par un affrontement décisif, mais par la prise de conscience du changement de dimension de conflit. Ce que les achosiens ont conçu comme une lutte vengeresse visant à la réparation de leur défaite lors de la première guerre celtique, les velsniens réinterprètent cette guerre comme une lutte existentielle conditionnant l'avenir de leur cité. Nous connaissons la suite de l'Histoire: le Sénat achosien, qui ne perçoit le changement de nature du conflit, refuse l'envoi de renforts à Eerwys Gyndel, ce qui permet à Velsna de s'armer à nouveau, puis de renverser progressivement la vapeur de ce conflit malgré des pertes abyssales, et Achos est définitivement vaincue en 1233, à peine quatorze ans après la bataille de Velcal.

Les parallèles à faire avec la situation OND-Carnavale existent, et sont pertinents à énumérer. Mis bout à bout, ils permettent de dresser un tableau explicatif de la défaite de la Principauté de Carnavale.


La nécessité de l'appréhension de la nature profonde d'un conflit

Le premier constat à dresser de la situation réside certainement, comme dit, dans la bonne compréhension de la motivation de chaque belligérant. Ce fut certainement là une première erreur de jugement commise par les élites de la Principauté. L'enchaînement des décisions de la principauté, depuis le bombardement d'Estham jusqu'à l'acceptation des conditions de paix fixées par les onédiens constitue la démonstration de l'incompréhension que les responsables politiques carnavalais ont eu de cette guerre. En actant les évènements d'Estham, Carnavale a justifié la mobilisation d'une part importante des sociétés onédiennes dans l'optique de remporter le conflit, et leur a donné la légitimité nécessaire à une mobilisation considérable de tant de moyens humains et matériels. Là où la nécessité de remporter le conflit se s'est pas faite ressentir par la population carnavalaise, l'Empire du Nord a été frappé au cœur, et a donner à voir aux autres nations onédiennes la perspective d'une défaite. Tout comme le chef de guerre achosien qui a échoué à concevoir la seconde guerre celtique comme autre chose qu'un enchaînement de batailles visant à infliger des pertes aux velsniens, la Principauté a probablement estimé que le bombardement de Carnavale suffirait a acter un succès, ce qui en a résulté en une mobilisation de la société civile des pays onédiens. Les pertes militaires et humaines ne sont ainsi pas le seul facteur déterminant le vainqueur d'un conflit: la victoire se décide également par le degré d'acceptation de la violence par les populations: en ce sens, le bombardement d'Estham a eu les mêmes conséquences sur les onédiens que la bataille de Velcal en a eu sur les velsniens.


L'incapacité de l'assimilation des interêts de l'élite et du reste de la population carnavalaise:

La cohésion d'une société est d'une importance capitale dans la conduite d'un conflit moderne, dont l'issue se décide souvent par le soutien de l'opinion publique. A défaut d'un soutien généralisé, l'issue d'un conflit se décide lorsque la population est apte à tolérer un certain degré de coercition et de contrainte. Le plus souvent, il est nécessaire de mobiliser une cause fédératrice dont l'issue conditionne l'avenir d'un plus grand nombre d'individus possible. Dans le cadre de la Seconde guerre celtique, l'enjeu qu'a été la survie de la cité velsnienne a été suffisant afin de former un bloc uni, mené par les élites politiques velsniennes, lesquelles ont réussi à rallier une population qui s'est sentie concernée directement par le sort de leur ville. Cet enjeu a été si efficace qu'il conditionne encore aujourd'hui les relations achoso-velsniennes dans une certaine mesure, et que les achosiens sont encore perçus comme la personnification de "la menace barbare", qui entre le XIIIème siècle et aujourd'hui a été mobilisée à de nombreuses occurrences afin de justifier la politique extérieure de la Grande République. A chaque fois que les interêts de Velsna sont menacés, il est souvent un ou plusieurs sénateurs pour rappeler que l'issue du moindre conflit d’intérêt est aussi déterminante que l'ont pu l'être les Guerres celtiques en leur temps, que cela vrai ou non. Cet impérialisme dit "défensif" est devenu l'un des outils rhétoriques suscitant le plus de mobilisation des élites dans un contexte de guerre.

Dans le cadre de la guerre de Carnavale, il est difficile de concevoir comment les élites carnavalaises, à partir de l'incident d'Estham, puis dans le cadre de leur discrédit total à l'occasion du l'épisode sanglant de l'Armageddon't, auraient pu trouver le moteur de leur lutte vis à vis de reste de la société de la Principauté. Ou du moins, une cause permettant de justifier le degré de violence et de coercition qu'il est nécessaire d'exercer sur une population pour atteindre un but de guerre. Le bombardement d'Estham, un acte d'agression sur un sol étranger, n'a rien d'un évènement fédérateur semblable à ce que la bataille de Velcal a pu être en son temps. Les élites carnavalaises se sont retrouvées dans une position précaire dés leur entrée en conflit, de par cette mauvaise décision qui a complexifié l'intégralité de leur discours. La rhétorique anti-onédienne, qui d'ordinaire peut être perçue comme efficace dans un grand nombre de contextes, a ainsi beaucoup perdu en efficacité par ce statut d’État agresseur, alors même que l'image d'une Carnavale agressée et résistant aux assauts de toute une fédération de pays coalisés, aurait peut-être pu renversé le cours des choses de par le ralliement d'un grand nombre de pays à leur cause.

Les failles du narratif carnavalais, cependant, n'ont pas été le seul élément qui a fortement compliqué les choses pour la principauté: la difficulté majeure à laquelle les élites carnavalaises se sont confrontées est également à lier aux dysfonctionnements inhérents à la société carnavalaise, qui n'a pas permis aux élites de se servir du conflit pour fédérer leurs interêts à ceux de leur population. Pour vaincre Achos et mobiliser l'ensemble de la société velsnienne au XIIIème siècle, les élites sénatoriales ont été disposés à une transformation radicale de leur modèle politique visant à garantir des gains véritables à l'ensemble de la population de la cité: la disparition d'une partie non négligeable de cette élite a comme qui dirait créée un appel d'air à une nouvelle génération de citoyens évoluant à l'origine dans l'ombre de cette aristocratie, qui a pu se servir de la guerre avec Achos afin d'incarner une nouvelle élite, légitimée par le champ de bataille, dans ce que l'on peut appeler "une théologie de la victoire". Un tel renouvellement des élites n'est pas sans évoquer un parallèle avec l'Armaggedon't, mais il faut y voir les limites de l'exemple carnavalais: un simple renouvellement des élites ne suffit pas à sauver un modèle politique. Les velsniens ne se sont pas contentés de remplacer les pertes de leurs élites: celles-ci ont promis des gains à court et moyen terme à une très large partie de la population moyennant leur sacrifices. Ainsi, la citoyenneté velsnienne, qui avant les guerres celtiques était confinée aux seuls habitants de la ville de Velsna, a été étendue à l'ensemble des habitants du territoire de la République, donnant ainsi de nouvelles perspectives à toute une population auparavant en retrait de la vie politique, tandis que prisonniers et marginaux se sont vu donné l'occasion de servir dans la Garde civique velsnienne, avec la promesse d'une ascension sociale et politique à la clé. La comparaison avec l'Armageddon't qu'a connu Carnavale s'arrête là: cet évènement, qui aurait pu être l'occasion de rabattre les cartes de la société carnavalaise, a seulement permis le remplacement d'une élite par une autre, dont l'approche du conflit est restée identique. La population carnavalaise n'a vu poindre aucune promesse en échange des sacrifices qui lui ont été demandés par leurs élites, que ce soit en termes de gains politiques ou économiques. La société velsnienne fonctionne selon un principe de privilèges et de services rendus dans une forme de mythe méritocrate, tandis qu'il est difficile de déterminer ce qui peut motiver la population carnavalaise à s'engager corps et âme dans la défense des institutions d'une Principauté qui délaisse leurs besoins de reconaissance politique et sociale. Cette absence de perspective de gain a été à notre sens une entrave majeure aux efforts de guerre de Carnavale contre l'OND.


Ne jamais accepter les conditions d'un traité défavorable:

Si la nouvelle n'est pas encore confirmée par les sources journalistiques, nous nous devons d'évoquer la perspective de l'acceptation de la paix par la Principauté Carnavalaise, et en qui cela constitue la dernière erreur d'une série de mauvaises décisions dont ce conflit a été le théâtre. Après la bataille de Velcal, les velsniens, alors même que près de 20% de leur corps civique eut été décimé, ont catégoriquement refusé les conditions d'une paix humiliante. Il convient dés lors de rappeler les mots de ce même Sénateur Idilmo: "La guerre juste est préférable à la mauvaise paix.". Le ton est donné par le sénateur: la paix n'est préférable que dans des conditions que la défaite militaire ne permet pas. Cette optique à long terme favorise le sacrifice humain sur le temps court, pour des profits sur le temps long, et cette attitude détermine la manière dont la classe politique velsnienne envisage la conduite des guerres jusqu'à nos jours. Les rumeurs récentes sur une capitulation carnavalaise permettent de constater que son élite politique et économique n'a pas réussit à assimiler cette appréhension sur la conduite de la paix et de la guerre. Dans de telles conditions, il eut été préférable, au vu de l'ampleur du casus belli invoqué par l'OND, que Carnavale continue ce conflit coûte que coûte et quelque soit le coût humain qui le représente. Dans le cas de figure d'une invasion inévitable, la constitution d'un gouvernement en exil, et l'assurance de la sauvegarde d'une partie de l'appareil militaire eut été une priorité absolue, et le fait que Carnavale n'ait pas considéré cette option constitue une faute grave. La perspective d'une contnuation de la lutte, bien que paraissant plus douloureuse sur le court terme, eut été plus riche d’opportunités à l'avenir qu'une simple capitulation. De telles opportunités auraient pu se présenter plus tard, par le biais éternel des grands mouvements d'alliance mondiaux qui auraient pu permettre au gouvernement en exil carnavalais d'obtenir du soutien, tout lui permettant de poursuivre des opérations de guérilla dans sa métropole occupée, là où l'acceptation des conditions de paix le condamne à des conséquences défavorables sûres et certaines.


En ce sens, tous ces éléments sont révélateurs de la fragilité de la position initiale de la Principauté, pas tant sur le plan militaire que sur le plan rhétorique et politique, et la faillite de ses institutions dans la conduite de cette guerre. Il est bien entendu acceptable de reprocher à la supériorité numérique ennemie au moins une partie résultat de ce conflit, mais il est indéniable qu'en cas de victoire, le travail de l'OND a été grandement facilité par les failles profondes du système carnavalais, et par un ensemble de décisions maladroites dont les conséquences ont été grandes.
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Quotidia, Le média de l'excellence conservatrice, informations offertes par le Groupe Falieri a écrit : 19 mars 2018

Automobile: après des années de déclin, Vultra tente un redéploiement à l'international


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"Ce n’est pas une moto, mais plutôt une petite voiture à deux roues."


Historiquement, peu de marques dans le secteur de l'automobile sont autant associés à l'image de la cité velsnienne que Vultra. Fondée en 1922, la marque s'est depuis toujours focalisée sur le deux roues à un prix abordable, permettant à des générations de velsniens de profiter des avantages de la motricité et du transport personnel à moindre frais. Par dessus tout, l'image de Vultra est associée à son seul et unique modèle mythique du même nom: le scooter Vespa, un deux roues à l'identité visuelle distinctive ayant fait les heures de gloire de la marque. A son apogée dans les années 1960, 40% de la population velsnienne préférait ainsi le scooter de la marque à la voiture. Vultra a ainsi proposé, durant de nombreuses années, une alternative
low-coast aux voitures citadines dont son concurrent historique, Strama, s'était fait la spécialité. Toutefois, la marque a connu un reflux certain à partir des années 1970. La hausse globale du niveau de vie des velsniens, corrélée à une gamme vieillissante de scooters et un manque d'innovation ont condamné Vultra à évoluer dans l'ombre de Strama, puis plus tard de Steiner avec l'arrivée en masse de la concurrence raskenoise dans les années 1990. Il faut attendre 2011 pour voir une reprise de l'entreprise par le groupe Strama, son concurrent de toujours, pour voir une timide résurgence de la marque.

En 2018, après des années de restructuration (avec notamment la délocalisation de son usine historique dans la banlieue de Velsna pour la cité de Saliera, siège du groupe Strama), un rebranding et une modernisation de la gamme, Vultra semble prête, à en voir son offensive médiatique à Teyla, Sylva, Azur, Tanska et Rasken, à partir à la reconquête du terrain avec une approche bien différente de celle qui avait été la sienne, par un programme de publicité ciblée selon les pays et publics visés.

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Affiche publicitaire tout juste suggestive pour la Vultra 04 (marché raskenois)

A Teyla, exit la vision d'un scooter low-coast, Vultra vend un véhicule voulu "branché", destiné à une clientèle urbaine, diplômée, friquée et surtout, à la recherche d'une forme de reconaissance sociale. Vultra n'est plus low-coast, mais l'objet d'un exotisme et d'une manière de vivre, tout en hésitant pas à "draguer" la communauté LGBT de la capitale teylaise. Le groupe, sur ce marché, a prévu la sortie de pas moins de trois éditions limitées exclusives à Teyla, et qui ne bénéficieront même pas d'une sortie velsnienne. A Sylva, la publicité insiste sur la faible consommation et pollution du scooter, et d'une sortie d'une version électrique du modèle, dans un pays où la question du parc électrique s'est imposée depuis longtemps. Pour s'intégrer à ce marché fort concurrentiel dominé par les petites citadines qui sont sur un segment très proche, Vultra n'a pas hésité à adopter une stratégie de tarification agressive, quitte à vendre à perte sur ce marché. L'enjeu est pour le Groupe Strama, détenteur de la marque, de rénover une image au delà même du chiffre. A Rasken, l'absence d'alternatives low coast et de faible consommation a également été adoptée comme un argument marketing, bien que la saturation du marché raskenois ne le fait clairement pas apparaître comme une priorité. Pour finir, Vultra n'hésite pas à se lancer à l'assaut du marché afaréen avec un produit que l'entreprise pense parfaitement adapté au climat local.

Reste désormais à savoir si cette tentative permettra au Groupe Strama se revaloriser l'image d'une marque ayant souffert d'un délaissement relatif durant plus de deux décennies.
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REDDITION DE CARNAVALE : FIN D'UNE GUERRE MORALE ?

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Bienvenue dans cette toute première édition du Billet de Pascal, votre émission quotidienne de décryptage géopolitique et de billevesées toutologiques, avec votre serviteur. Au menu de ce jour, une nouvelle fois et c'est pas la dernière : la guerre à Carnavale, qui a connu un nouveau rebondissement ; est-elle sur le point de s'achever ? Mais surtout, est-ce, comme l'affirment certains, une guerre morale ? Au contraire, que viendrait faire la morale dans un conflit qui revêt de plus en plus d'enjeux technologiques ? On se pose ces questions ensemble. Asseyez-vous devant votre soupe, c'est parti pour le Billet de Pascal.


Générique


Le siège de Carnavale va-t-il bientôt finir ? La question est sur toutes les bouches depuis qu'une rumeur non démentie par les services concernés fait état d'une demande de reddition formulée, il y a quelques semaines, par les autorités de Carnavale, par Améthyste Castelage notamment. La « princesse » qui exerce l'essentiel du pouvoir dans la Cité Noire pourrait, si elle en décide, mettre ainsi fin à une guerre qui dure depuis un an et demi et qui a causé, au bas mot, plus de deux millions de morts, si l'on ne compte que les victimes du bombardement d'Estham, la capitale de l'Empire du Nord, dont est responsable la Principauté. Mais sans doute davantage, comme le rappellent les forces humanitaires stationnées dans l'agglomération infernale, qui font état de plusieurs centaines de victimes directes et indirectes ayant péri suite aux bombardements, au stress ou à l'exposition aux armes chimiques, un fait hélas courant dans les combats qui opposent l'Organisation des Nations Démocratiques à la Principauté de Carnavale. Alors, la vraie question est : la paix est-elle encore possible ? Et si oui, quelles formes pourrait-elle prendre ? Il est bien trop tôt pour y répondre, d'autant qu'on ne sait pas non plus comment l'Organisation va se positionner. La situation est donc toujours tendue, mais avec des perspectives d'amélioration, si l'on en croit ces rumeurs.


L'Organisation des Nations Démocratiques mène-t-elle une guerre morale ? Le débat, ou plutôt devrait-on dire la controverse, voire la polémique, a été relancée par l'un de mes contradicteurs sur les réseaux sociaux, je veux parler d'Hippolycare Epithète qui officie dans une publication carnavalaise et qui est donc naturellement porté à défendre la Principauté même avec des petits arrangements intellectuels qu'on ne lui reprochera pas. Alors, tout d'abord, je dois dire que l'échange de propos houleux est le propre des réseaux sociaux, mais qu'il m'aura permis de soulever un point qui me paraît important à débunker ; celui selon lequel l'OND mènerait contre Carnavale une « guerre morale », ce qui implique, implicitement, que cette guerre est injustifiée puisque au vingt-et-unième siècle, aucune guerre ne peut prendre prétexte de la moralité pour recourir à des pratiques généralement considérées comme immorales, tels que les bombardements, les sièges, etc. Alors, cette idée de « guerre morale », c'est d'abord une vieille rhétorique de la Principauté de Carnavale contre son adversaire, qui vise à inverser l'accusation portée contre elle par l'alliance de Bandarhan : « vous nous attaquez pour de mauvaises raisons », dit en substance la presse carnavalaise à son homologue onédienne, « parce que vous nous attaquez pour des raisons morales. » Alors, est-ce faux ? Certes, l'Organisation a précisé dans sa résolution 2003, et dans d'autres textes officiels ensuite, que l'un des objectifs de la guerre - pudiquement divisée en « opérations » - était notamment la destruction des armes chimiques de la Cité noire, un enjeu qui fait évidemment lien avec le bombardement chimique d'Estham. Pour autant, est-ce une clause morale ? Non, en fait, quoi qu'en dise l'inénarrable Hippolycare Epithète qui m'accuse de « prendre mes désirs pour des réalités » à l'image d'ailleurs de l'OND pour laquelle je ne travaille pourtant pas. Alors, guerre morale ? Pas guerre morale ?


L'Organisation des Nations Démocratiques est une alliance d'un genre nouveau : une alliance morale. J'aurais dû mettre des guillemets à cette phrase car là encore c'est Hippopotintamarre Episurlatête qui l'a commise, et je dois dire que ce n'est pas une observation trop éloignée de la réalité. Oui, l'OND est une alliance morale, car la démocratie, les droits de l'homme, eh bien ce sont des principes, et les principes sont des valeurs philosophiques ou éthiques qui appartiennent au registre moral. On sait bien qu'on ne peut rien attendre de Carnavale dans ce registre, étant un Etat qui s'est affranchi de tous les interdits moraux et qui s'en réclame publiquement comme un avantage comparatif sur le terrain de la recherche scientifique. En revanche, sa carnavalité n'empêche pas notre détracteur de s'abîmer dans un registre idéel finalement très imprégné de morale lorsqu'il nous explique que « deux blocs se font face », les « pays qui veulent un droit international occidental » et qui sont donc d'après lui des « impéralistes » - il compte dedans pêle-mêle l'OND, un califat, deux républiques populaires et pourquoi pas un tsarat nomade pour la route - faisant face à un second bloc, plus large selon lui et qui recueille sa préférence : « ceux qui n’entendent pas se soumettre aux désirs et aux valeurs de nations avec lesquelles ils ne partagent rien. » Alors, tout cela est très intéressant, mais il faudra dire deux choses. D'abord, s'il y a effectivement eu une vague de désapprobation du comportement de l'OND (je l'ai abordée et analysée dans un édito donné au Petit Continent), je maintiens que celui-ci est limité à des petits pays assez marginaux sur la scène mondiale. La Polkême s'éclaire au crottin de cheval. Le Makota compte plus de vaches que d'habitants. Les Quatre-Vallées sont tellement divisées qu'elles n'ont même pas un nom propre à elles pour se désigner. Et, sauf erreur de ma part, personne n'a cherché à forcer aucun de ces pays à « adopter le mariage homosexuel » comme le fantasme Monsieur Epithète... Allons, ressaisissez-vous, Hippolycare : vous qui vilipendez la moraline, n'allez pas nous faire une panique morale !


Regardons plutôt les grands faits structurels. C'est là que s'épuise l'analyse de personnes comme ce bon monsieur. Quand on analyse la politique mondiale à partir des intentions déclarées ou supposées des acteurs, on a en effet toutes les chances d'interpréter des « guerres morales » à tout bout de champ. Mais ce qu'il faut regarder, ce ne sont pas les discours, ce sont les chiffres. Et c'est là ma divergence fondamentale avec tout un pan des observateurs internationaux, qui font du conflit entre l'OND et Carnavale un conflit strictement limité à une double incrimination réciproque : d'un côté l'OND qui se vit comme agressée et chercherait à se venger, et de l'autre Carnavale, qui invoque un raisonnement en miroir. Une telle lecture de la situation a toutes les chances d'aboutir dans un cul-de-sac narratif où s'épuiseront les arguments des uns contre les arguments des autres, d'une manière parfaitement stérile puisque dans les faits, savoir qui de la poule ou de l'oeuf a bombardé l'autre le premier n'est pas très utile pour comprendre le conflit : à la fin, s'il y a un vainqueur, ce ne sera certainement pas celui qui aura la légitimité avec lui ; c'est celui qui aura le plus gros bâton.


Le rapport de forces était structurellement défavorable à Carnavale. Aujourd'hui, on peut le dire sans grand risque de se tromper ; entre les sept Etats membres de la coalition militaire onédienne qui proclament occuper près de 90 % du territoire carnavalais, et la Principauté elle-même, certes retranchée dans sa capitale et toujours debout, le rapport de forces est pour le moins inégal. Il l'est démographiquement, il l'est en matière de contrôle du terrain, il l'est aussi vis-à-vis des forces mystérieuses - chlorocratiques. Si la reddition de Carnavale est confirmée, l'on pourra dire que c'est une façon honorable de sortir d'un conflit qui, de toutes façons, semblait scellé depuis l'anéantissement par la Principauté de tout son arsenal balistique contre la ville d'Estham, la privant d'armes précieuses pour assurer ses arrières une fois son adversaire remis sur pied.


La guerre entre l'OND et Carnavale n'en est pour autant pas terminée. D'abord, sur un plan strictement militaire, les arbitrages ne sont pas soldés car Carnavale peut se prévaloir d'être inviolée. Si les combats devaient se poursuivre, il y à fort à parier que les combattants de l'Organisation se heurteraient à une guérilla urbaine plus compliquée à gérer que la saisie des ronds-points d'agglomérations périurbaines. De plus, avec des centaines de milliers de civils dans les pattes, une force humanitaire de plusieurs pays qui s'est déclarée « sans aucun lien de communication » avec l'opération onédienne, c'est un terrain semé de plusieurs embûches qui se présente à l'alliance - une lutte difficile, nécessaire sans doute s'il faut rayer la Principauté de la carte, mais dont le coût devrait faire réfléchir les états-majors. Si la rumeur de reddition se confirme, elle serait en effet bienvenue aussi pour l'Organisation elle-même, ainsi que pour les acteurs qui se tiennent en embuscade dans la ville : l'on a mentionné les milices Castelage, mais il faut regarder de près le comportement du clan Dalyoha qui n'en est pas forcément un allié ; d'autres forces locales, telles que celles articulées par des candidats à la mairie, pourraient avoir un poids relatif non négligeable ; et enfin, ce que j'appellerait « l'éléphant rouge dans la pièce », la base militaire kah-tanaise de la Citadelle, dont le basculement d'un côté ou de l'autre pourrait renverser le front.


Quelles perspectives maintenant ? Il faudra regarder de près le positionnement des états-majors de l'OND, et guetter la moindre confirmation d'une demande de reddition émanant de la Principauté, qui pourrait se signaler par une stabilisation du front voire un cessez-le-feu provisoire. Cependant, il faut avoir en tête que les grands enjeux du conflit passeront nécessairement par un accord profond et douloureux entre les deux parties, qui risque d'être au désavantage de l'une : s'il doit y avoir une reconnaissance du crime de guerre, voire un démantèlement des arsenaux chimiques, cela passera nécessairement par un contrat diplomatique dont les négociations sont complètement imprévisibles. Jusqu'ici, personne n'envisageait de résolution diplomatique de ce conflit, au risque que la guerre dure et s'achève dans le sang et les larmes par l'éradication définitive de la Principauté, au prix d'effroyables destructions. Si nous pouvons éviter cette issue, c'est sans doute pour le mieux, bien qu'une alternative plus souriante demeure une hypothèse assez improbable à l'heure qu'il est. Bref, comme disait le philosophe, le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur risquent de surgir des monstres inattendus, tels que des fanfictions développées par une jeunesse dégénérée, explorant des issues alternatives à une guerre qui passionne internet. Ouvrons l'oeil.



Générique

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OND-CARNAVALE : UNE PAIX IMPOSSIBLE ?

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Générique


La guerre entre l'OND et Carnavale peut-elle prendre fin ? On s'interrogeait la semaine dernière sur la possibilité d'un retour aux négociations après la reddition formellement proposée par Améthyste Castelage à l'Organisation des Nations Démocratiques. On y voyait sinon un début de processus de résolution du conflit, du moins une fenêtre d'opportunité pour un apaisement des combats et du siège qui commence à durer sur la métropole carnavalaise. A priori peu affectée par la perte du village d'Apagnan dans la localité de Roumongue-les-Brocolis (rapport aux petits hommes verts qui s'y étaient manifestés à la population locale), la Cité Noire pencherait désormais vers une solution moins maximaliste que la guerre à outrance. La confirmation d'une demande de reddition était venue rassurer les personnels humanitaires et les observateurs internationaux, qui pointent tous une dégradation dramatique de la situation pour les populations civiles et pour l'ambiance.


La réponse de l'Organisation vient doucher les espoirs d'une amorce facile. Le Secrétariat Général s'est sobrement contenté d'une exigence de reddition totale de toutes les forces militaires de la métropole, sans préciser les contours d'un éventuel cessez-le-feu espéré, ni laisser entrevoir de possibilité de négociation pour un accord de paix plus substantiel qui clôturerait convenablement la guerre. Selon tout état de cause, l'Organisation des Nations Démocratiques ne souhaite pas saisir la main à demi tendue par un régime qui, rappelons-le quand même, avait mis un terme à la précédente initiative de prise de contact diplomatique de l'Organisation. On avait identifié à l'époque l'impossibilité d'un accord portant par exemple sur l'arsenal balistique, renforcée par la détermination des deux camps à rechercher la victoire sur le terrain militaire. Six mois plus tard, on risque de se retrouver au même point ; avec un changement considérable dans les perspectives tactiques.


L'Organisation semble déterminer à écraser une Principauté aux abois. C'est ce que l'on peut interpréter de la réponse du Secrétariat Général, qui à vrai dire ne s'attend pas lui-même à une quelconque réactivation du dialogue, rendu extrêmement difficile par de nombreux facteurs. D'abord, l'avantage militaire de la coalition de Bandarhan s'est confirmée, et le territoire contrôlé par les Castelage et leurs alliés s'est réduit à la seule métropole, coupée de son arrière-pays et ravitaillée seulement par son extraordinaire système urbain où règne spoliation, esclavage et stratification de l'une des plus sévères sociétés de castes au monde, un système rendu possible par le recours à des technologies jugées immorales partout ailleurs et à une consommation effrénée des ressources. Un système qui pourrait se fragiliser, et que l'Organisation pense certainement capable de mettre à bas par de nouvelles frappes et des opérations urbaines. Hubris ou froide rationalité ? S'il est trop tôt pour le dire, on peut néanmoins discerner, même sans être informé de la teneur réelle des échanges internes dans les deux camps, un déficit considérable d'intention pacifique et la prédominance, dans un camp comme dans l'autre, de factions maximalistes déterminées à jouer la force plutôt que la diplomatie. On ne s'en étonnera pas pour Carnavale, qui aura prouvé ces dernières années une capacité d'isolement remarquable, y compris de pays qui lui avaient apporté un soutien inédit - l'esprit de l'aigle carnavalais semble planer un peu trop au-dessus des brebis du reste du monde, qui sont de plus en plus nombreuses à voir en elle — et en son excroissance cramoisienne, qui lui demeure intrinsèquement liée via les sectes lucifériennes et l'appartenance à la même nation — pis qu'une inquiétude : une menace. Carnavale est diplomatiquement isolée ; on l'a qualifiée souvent d'Etat paria, voire terroriste si l'on s'en réfère aux déclarations cependant non suivies d'effet de l'Illirée socialiste ; mais c'est désormais l'Organisation des Nations Démocratiques qui semble en peine d'imaginer une quelconque issue diplomatique à sa guerre de revanche.


La paix semble désormais plus que jamais impossible. Certains avaient averti il y a quelques temps déjà sur le risque d'une impossibilité de dialogue entre les deux camps, du fait d'un état d'esprit diamétralement, ontologiquement opposé. L'Organisation d'une part, ses articles et ses procédures, semble totalement hétérogène à un pays décrit comme fantasque, iconoclaste, aujourd'hui pour le pire, mais aussi pour le meilleur. Il ne faut pas oublier que Carnavale a longtemps été l'une des plus grandes puissances touristiques et culturelles du monde, que ce soit pour des séjours de santé, la visite de landmarks emblématiques du patrimoine mondial de l'Humanité, des visites d'affaires dans l'une des plus grandes places financières, et des dizaines d'histoires venues du monde entier pour explorer la ville : Carnavale a été, et demeure, malgré la guerre, le blocus, les crimes chimiques, un repère fondamental de notre monde déréglé et instable. Sans rien justifier de ses pratiques condamnables, on peut cependant déplorer que celle qui se complaît dans le surnom de « joyau noir de l'Humanité » devienne petit à petit le théâtre d'affrontements sans merci. Une réalité méritée, sans doute, mais déplorable indiscutablement.


La guerre ne tient pourtant pas à de mauvaises intentions. J'ai été critiqué, et je le serai encore, et sans doute de tous les côtés plutôt que d'un seul, pour avoir réfuté le caractère moral de la guerre OND-Carnavale. On m'a accusé, et on m'accusera encore, de prendre parti en faveur d'un camp contre l'autre. Pourtant, je suis l'un des seuls à avoir tenté une analyse factuelle et réaliste de la situation, partant des considérations économiques et stratégiques plutôt que des motifs idéologiques ou moraux pour comprendre le phénomène que je disserte dans ces épisodes. Que la morale existe, personne ne le nie, et elle existe des deux côtés ; dans la quête de justice après l'extermination d'Estham pour l'OND, et dans la défense de sa liberté du côté de Carnavale assiégée. Cependant, ce n'est pas la morale qui gouverne le conflit. J'ai esquissé des explications de compétition technologique et scientifique, d'affirmation d'une suprématie militaire et de rétablissement de la dissuasion stratégique, de positionnement vis-à-vis des autres acteurs internationaux, pour donner une autre interprétation des objectifs poursuivis par les belligérants.


La rivalité entre Carnavale et l'OND demeure, y compris en temps de guerre. La conquête du territoire carnavalais marque un point décisif gagné par l'alliance sur le plan militaire mais elle ne correspond pas aux objectifs fixés par le Conseil de Bandarhan, qui font du démantèlement de l'arsenal chimique et de l'abandon des programmes carnavalais de recherche et développement d'armes de destruction massive un point essentiel des opérations. Si les capacités balistiques carnavalaises semblent avoir été considérablement réduites dès le début du conflit, notamment après la saisie des Îles Marines soupçonnées d'abriter des réserves d'armement Obéron, rien ne permet de penser que la Principauté n'est pas encore en mesure d'assurer la production de telles armes, bien au contraire. La poussée industrielle et technologique de Carnavale à partir de 2016 se poursuit de manière effrénée, drivée par l'effort de guerre et les réformes du clan financier des Castelage, ainsi que par les mutations sociales et politiques dans l'enclave métropolitaine. Une force incontestable du système d'exploitation urbaine maximaliste que la littérature a abondamment décrite. Carnavale mène toujours la course en tête dans des secteurs-clés de l'économie et de l'industrie militaire ; intelligence artificielle, certes, mais surtout le développement de la robotique et des drones, ainsi que dans la conquête spatiale ou encore la recherche médicale, fleuron jalousement gardé par le clan Dalyoha. Des secteurs où l'Organisation des Nations Démocratiques, qui compte des puissances technologiques de niveau mondial comme Tanska, le Faravan ou le Duché de Sylva, escompte bien conserver et enchérir ses parts de marché. Bien fol celui qui croit à la moralité dans la guerre ; le fanatisme est un moyen, et non une fin.


Les combats vont débuter en ville, ouvrant de consternantes perspectives. L'anéantissement d'énergies et de ressources dans une guerre de compétition systémique sera un gaspillage certain qui affaiblira les deux camps, mais qui laissera le champ libre à leurs compétiteurs. Moins bien dotés, mais avides, ce sont moins les poids lourds du trio mondial — Alguarena, Grand Kah, Velsna — auxquelles il faut penser que des puissances émergentes telles que Karty, l'Azur, le Drovolski, le Jashuria ou encore l'Antérinie ; des puissances moyennes qui n'ont pas la taille de l'OND ou l'expérience de Carnavale, mais qui récoltent déjà les bénéfices d'un affrontement qui dure. Les pays que j'ai cité ont tous manifesté des prises de position qu'on pourrait qualifier d'agressives, et prometteuses. Emancipation de la tutelle teylaise et kah-tanaise pour Karty ; une puissance impériale s'affirme en plein coeur de l'Eurysie. Montée en puissance afaréenne et islamique pour l'Azur, qui fait de la gestion du dossier cramoisien sa prérogative au détriment du Liberalintern. Concentration de la filière des matériaux critiques dans les mains du Drovolski, devenu un noeud commercial dont la neutralité dissimule habilement l'influence croissante sur les industries des plus grandes puissances. Brutale conquête du Chandekolza pour le Jashuria, qui renforce son hégémonie incontestée sur la riche et populeuse région tributaire du Sud-Nazum. Lucratifs dividendes pour l'Antérinie, grâce à des investissements bien ciblés et un positionnement diplomatique feutré sécurisant la croissance assidue de son PIB. Je pourrai citer peut-être encore bien des exemples pour illustrer le fond de mon propos ; les belligérants d'un tel conflit hypothèquent leur avenir dans un réglage de comptes hasardeux et imprudent, dont les premières victimes sont, depuis le début à Estham, les populations civiles. La guerre ne pourrait être profitable qu'en purgeant la rivalité systémique de Carnavale et de l'OND. Les données actuelles sont en défaveur de la première.


La reddition refusée de Carnavale révèle que la paix est probablement impossible. A ce jour, les opinions publiques demeurent soudées à leurs autorités respectives. Plus le conflit avance, moins cette unité semble cependant garantie, au fur et à mesure des pertes sur le front, des images véhiculées dans le monde entier par internet, et des tactiques de plus en plus destructrices qui ne manqueront pas d'être déployées. Ce n'est jamais pour le plaisir que les états-majors recourent aux termes les plus expéditifs. Les objectifs de conquête de la métropole de Carnavale ne pourront être réalisés qu'après un nouveau franchissement de seuil dans la guerre, avec tous les risques qu'on imagine pour leurs auteurs. Quant à la Cité Noire, une pression continue ne manquera pas de la faire imploser. Je suis Pascal Bonnebouille, analyste et toutologue, et je ne suis pas là pour vous dire des choses qui vous font plaisir, mais pour vous tendre le miroir le plus juste possible, chers investisseurs, parieurs, observateurs libidineux. A la semaine prochaine !




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Quotidia, Le média de l'excellence conservatrice, informations offertes par le Groupe Falieri a écrit : 21 mai 2018

Automobile: La Révolution de l'airbag Venturi


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C'est un petit tremblement de terre qui secoue en ce moment le monde de l'automobile. Depuis la semaine dernière, les Strama 220, le modèle principal de la gamme citadine de la marque velsnienne, sont désormais équipés d'un tout nouveau système de sécurité conçu par l'entreprise Venturi, partenaire de longue date du groupe Strama dans ce secteur. Venturi est avant tout connue pour ses systèmes de coussins gonflables de sécurité (« airbags »), ceintures de sécurité, volants, protections pour enfants. L’avantage compétitif de Venturi ? La sortie d'un airbag dont la tarification est presque un tiers moins chère que son concurrent le plus proche sur ce segment. Interrogé sur cette évolution des prix, le PDG de Venturi se veut "malicieux": "Un bon cuisinier ne révèle jamais ses secrets."

La plaisanterie, toutefois, est de courte durée, puisque dans une grande transparence, le groupe n'a pas hésité à dévoiler plusieurs secrets de fabrication à l'occasion de la réunion des actionnaires du 20 mai 2018:

" Nous avons identifié les surcoûts inutiles, tout en nous appliquant à faire de la sécurité des passagers notre priorité la plus absolue. Dés le départ, nous étions persuadés que les substances actuellement utilisées sur le marché étaient non seulement plus couteuses que ce que nous proposons sous la forme d'une capsule de nitrate d'amonium, mais également que cette nouvelle formule de notre part était un composé plus stable."


Reste désormais à savoir si beaucoup de marques seront séduites par le projet de l'équipementier automobile dans le cadre des prochains appels d'offres des grands groupes. Venturi ne compte pas s'arrêter à Velsna et Steama, sa marque phare, mais compte sur une diffusion de ces airbags à d'autres marques à terme: Agouti, Steiner, Courvoisier et bien d'autres...

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29.06.2018

Votre demande de construction d'usine a été acceptée !

Merci d'avoir choisi le Deursoms pour installer Antel Data Center 2. Les profits perçus seront versés sur votre compte bancaire à la Banque Océane en fin de chaque trimestre (fin de chaque mois IRL).

Messalie remercie ses Bienfaiteurs.

Note : construire une usine crée de l'emploi dans le Deursoms, et donne un boost de faveur à la municipalité locale (L'Olivier) pour les prochaines élections.
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