EDITION EN DIRECT DU 11/12/2018extrait vidéo diffusé à 18h00
Adèle de Richebois: "Bonjour et bienvenue dans Le Débat de l’Info, une émission de i‑FM TV à suivre en direct tous les jours de 18 h à 20 h. Aujourd’hui, nous sommes en présence d’Alicia Blanco, présidente du Parti de l’Union Républicaine, et de Philippe de Guevaine, président du Parti nationaliste lermandien. Madame, monsieur, bonsoir."
Les deux intervenants: "Bonsoir."
Adèle de Richebois: "Aujourd’hui, nous allons débattre de la participation de la Lermandie à l’Alliance pour la Sécurité Économique Aleucienne. Depuis que la présidence de l’organisation est exercée par l’Union et Empire des Cités d’Akaltie, celle‑ci est marquée par une chose : l’inactivité de son rôle. Et dans le contexte où Akaltie a pris la présidence en juin 2016, elle n’a toujours pas cédé cette présidence. Madame Blanco, que pensez‑vous de l’état actuel de l’ASEA ?"
Alicia Blanco: "Franchement, étant donné que l’organisation n’a pas su agir à temps pour régler les crises majeures, telles que la rivalité entre le bloc lermando‑westalien et la Fédération de Sterus, ou encore l’attaque de la Principauté de Carnaval contre l’Empire du Nord, on peut clairement dire que l’ASEA est dans une situation inconfortable, et ce malgré les efforts entrepris par la Lermandie pour la réformer. Mais est‑ce que cela signifie qu’il faut abandonner l’organisation ? Je pense que…"
Philippe de Guevaine: "Je suis d’accord avec vous sur le constat, mais Akaltie, jouant sur plusieurs tableaux, est profondément hypocrite, surtout qu’elle n’a rien fait pour pousser tout le monde au dialogue, contrairement au représentant lermandien Jamie Marshal lors de la présidence lermandienne."
Alicia Blanco: "Bien sûr. Mais ce serait quand même dommage d’abandonner une organisation qui permet au moins le dialogue entre les principales nations d’Aleucie. C’est pourquoi il faut tenter de réunir tous les États membres pour discuter de l’avenir de l’ASEA."
Philippe de Guevaine: "Akaltie, dialoguer ? Sérieusement ? Akaltie n’est qu’un peuple de sauvages qui peut certes dialoguer d’un côté, mais déstabiliser d’autres nations aleuciennes de l’autre. Le cas de l’Empire d’Everia est un exemple de l’hypocrisie du gouvernement akaltien."
Alicia Blanco: "Et pourtant, le dialogue permet de résoudre les problèmes en les posant sur la table et en trouvant un terrain d’entente…"
Philippe de Guevaine: "Pour des États civilisés, oui, mais…"
Adèle de Richebois: "Monsieur de Guevaine, calmez‑vous. Madame Blanco, vous pouvez reprendre."
Alicia Blanco: "Je vous remercie, Madame de Richebois. Ce que je veux dire, c’est qu’il faut d’abord dialoguer avec nos adversaires. Et c’est dans le cas où l’on constate que le dialogue est figé que l’on pourra passer à l’autre étape, c’est‑à‑dire la sortie de la République de Lermandie de l’ASEA."
Philippe de Guevaine: "Mais Akaltie n’a que faire du dialogue. Ce qu’ils veulent, c’est faire plier notre civilisation à leur tyrannie en démolissant notre cohésion sociale et notre tissu économique."
Adèle de Richebois: "Et comment, monsieur de Guevaine, Akaltie ferait‑elle plier l’économie lermandienne ?"
Philippe de Guevaine: "C’est très simple : étant donné que l’économie lermandienne est protectionniste par nature, ces Akaltiens cherchent à tout prix à mettre la main dessus. Quoi de mieux que de faire s’effondrer l’ASEA en la paralysant ?"
Alicia Blanco: "Vous dites n’importe quoi. Les entreprises lermandiennes recherchent la stabilité politique pour investir à l’étranger, notamment dans les pays membres de l’ASEA. Ce n’est pas un complot akaltien, d’autant plus qu’Akaltie subit elle aussi les contrecoups des incertitudes de l’ASEA."
Philippe de Guevaine: "Bien sûr, bien sûr… Et l’ASNA ? L’agence spatiale affiliée à l’ASEA ? Celle qui s’est auto‑sabotée pour qu’Akaltie satisfasse les ambitions sterusiennes en frappant la marine westalienne en octobre 2016 ?"
Alicia Blanco: "Et le Président Duval a sanctionné Akaltie en retirant la Lermandie de l’ASNA. Que voulez‑vous de plus ? Envahir Akaltie ?"
Philippe de Guevaine: "Et pourquoi pas ? Leur armée, c’est de la pacotille. Ils ont une marine en barques du XVIIIᵉ siècle. Avec la coopération de Westalia, nous ferions taire leur insolence barbare. Non, plus sérieusement : un embargo économique, comme celui exercé contre les rouges vlastiques, serait une bonne chose. Après tout, la République de Lermandie et la Grande République de Westalia ont su répondre à des tensions fortes, comme la tentative d’intimidation martiale de la marine sterusienne, ou l’apport de soutien militaire et humanitaire à l’Empire du Nord."
Alicia Blanco: "Le gouvernement westalien refusera ce genre d’opération militaire complètement disproportionnée. Et ce n’est pas à coups de missiles ou d’embargos qu’on met quelqu’un à la table des négociations. C’est même la dernière des solutions."
Philippe de Guevaine: "En même temps, ça ne m’étonne pas de vos propos, vu vos origines…"
Alicia Blanco: "Pardon ?!"
Adèle de Richebois: "Monsieur de Guevaine, veuillez vous excuser. Je ne veux pas entendre de propos racistes sur ce plateau."
Philippe de Guevaine: "Veuillez m’excuser, Madame Blanco. J’ai débordé… Quoi qu’il en soit, étant donné que la diplomatie akaltienne est profondément hypocrite, rester dans l’organisation serait une perte de temps et d’argent du contribuable."
Adèle de Richebois: "Madame Blanco, je présume que votre position n’a pas changé ?"
Alicia Blanco: "Du tout. Les avantages de l’ASEA, quand elle fonctionne correctement, permettent à nos citoyens de circuler librement au sein des pays membres, de bénéficier des échanges universitaires, d’un pacte défensif, ainsi que de l’import‑export de marchandises. Et pour rétablir la stabilité de l’organisation, il faut que le gouvernement akaltien renonce à la présidence pour permettre une relance."
Adèle de Richebois: "Et dans le cas où Akaltie refuse de renoncer à cette présidence ?"
Alicia Blanco: "D’après la Première ministre Miller, le gouvernement envisage sérieusement de remettre sur la table la renaissance de l’Entente Aleucienne, qui permettrait de faire barrage aux nations hostiles aux États membres. Et concernant l’ASEA, cette ancienne organisation, ou plutôt ce traité militaire défensif, a déjà été mise à l’épreuve contre divers adversaires de la Lermandie, comme la Viétie aujourd’hui disparue, ou Vlastie."
Philippe de Guevaine: "Remettre sur la table l’Entente ? Mais c’est un traité anti‑communiste ! Comment voulez‑vous que le gouvernement westalien accepte ça ? Et, même si ça me fait mal de l’admettre, Akaltie n’est pas une menace pour nous."
Alicia Blanco: "Pas une menace directe, oui. Mais Akaltie, en tant qu’État autochtone, possède les moyens d’encourager des révoltes indigènes dans divers pays aleuciens qui refusent d’adopter ses positions. Et c’est suffisant pour que nos services de renseignement alertent la Première ministre et le Président. Ce n’est pas pour rien que le Président Duval voulait discuter avec les Kartiens pour remettre à jour le Traité d’Epsilon, aujourd’hui dissous, faute pour Karty d’avoir revu ses priorités."
Philippe de Guevaine: "Au moins, votre gouvernement reconnaît qu’Akaltie est une menace pour la Lermandie."
Alicia Blanco: "Et c’est pourquoi, ASEA ou non, la proposition de remettre l’Entente sur la table sera étudiée dans les prochains mois. Mais nous commençons doucement, avec le Sommet de Mielville‑Plage sur la sécurité en Mer Intérieure."
Adèle de Richebois: "Maintenant, changeons de sujet…"