08/10/2020
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Activités étrangères en Catholagne - Page 7

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Les nonnes de Volignon sont sur la brèche : Entre partage d'informations et légitime relâche, ou combien il est essentiel de savoir bien se récréer aux moments opportuns quand on fait œuvre de barbouzerie pour la sainte Cause.


Les sœurs Gaudeline et Lucienne, agentes de choc, rejoignent les sœurs Régine et Irmangarde pour s'offrir un peu de repos en bonne compagnie.
Les sœurs Régine et Irmangarde, agentes de renseignement, rejoignent les sœurs Gaudeline et Lucienne du service action pour une soirée.

Narration de l'Evénement

« Oui, oui, chacune amène quelque chose… Je sais, je sais que vous n’avez pas beaucoup d’argent, ma sœur, mais enfin, vous pouvez acheter un sachet de chips quand même ! Je compte sur vous pour 20 h, oui j’ai du vin… Du Château Volignon naturellement… plusieurs bouteilles ... À tout à l’heure. »

La sœur Gaudeline raccrocha. Elle se surprit à s’énerver contre sœur Régine qu’elle venait d’avoir au téléphone. Quelle pingre ! On n’était, certes, pas riche, c’est certain, mais enfin un paquet de chips, c’était quand même pas si difficile à trouver ; au besoin on pouvait le voler sur l’ennemi. À ce sujet, elle avait appris que la cantine ecclésiastique de Sancte était négligente dans sa surveillance des denrées et qu’il était donc facile d’en chaparder sans attirer l’attention. Cela dit, ce n’était certainement pas nécessaire, car sœur Gaudeline était persuadée que le duo de barbouzes avait reçu suffisamment d’argent pour leur mission mais que c'est par pure avarice qu’elles avaient l’audace de chercher à ne pas dépenser un seul denier pour leur soirée. Elles apporteront quelque chose, ne leur en déplaise ! se promit-elle intérieurement.

Cela était devenu en quelque sorte un usage dans le monde très particulier des agents d’influence de Volignon que de temps à autre, en cours de préparation de mission, l’on s’accordât une soirée de relâchement. Un moyen de décompresser. Ici, elles étaient quatre sur le coup - c'était un gros coup ! - avec une cinquième, la mère Mahaut, mais qui était partie discuter avec Stefano, le trouble-fête de la Dodécapole, pour lui faire entendre raison (mais la Mère Mahaut n'était pas des services, et il n'était de toutes façons pas question de l'inviter). Naturellement, entre sœurs de l’Ordre de Sainte-Régine, principal ordre monastique de Volignon, il était bien entendu permis de se détendre, mais toujours dans la mesure et la tempérance. Il n’était pas permis, par exemple, de boire ou de jouer aux cartes ou de se livrer à des intempérance plus grave encore comme elles allaient certainement le faire cette nuit. Il faut dire que les agents des services secrets de Volignon, s’ils étaient assurément de bons agents, n’étaient cependant pas, objectivement, de bons religieux, et les nonnes ne faisaient clairement pas exception dans le dispositif.

Quand elles ont loué leur chambre dans le petit hôtel miteux mais discret en bordure de Sancte, les sœurs Gaudeline et Lucienne ont naturellement pris qu’une seule chambre en prétextant des raisons d’économie budgétaire, mais se sont quand même assurées que cette chambre dispose d’un salon avec une vraie table et un minibar adapté. Cela leur permettait de recevoir plutôt que d’aller voir leurs consœurs ; ça peut sembler peu de chose, mais en organisant les réjouissances chez soi, on a la garantie que l’on ne se perdra pas sur la route du retour, en état d’ivresse avancée (on s’épargne ainsi pas mal de contrariétés insoupçonnées). Il serait peut-être plus prudent que personne ne reparte dans la nuit ; on pourrait se partager les lits, deux lits pour quatre, c’est largement suffisant, se dit-elle. Il faut dire que, pour en partager un avec sœur Lucienne depuis leur arrivée dans cet hôtel, elles ont pu constater par elles-mêmes que l’on dormait bien à deux dans un seul de ces lits une personne ; leurs invitées se serreraient un peu, voilà tout…

L’appartenance aux services spéciaux de Volignon offrait de surprenants privilèges tout à fait contraires aux lois les plus élémentaires de la morale prêchée par cette même église. Ainsi, dans la hiérarchie, personne n’a jamais trouvé à redire au fait que les sœurs Gaudeline et Lucienne vivaient de manière parfaitement maritale et de façon fort peu discrète — alors qu’il s’agit (mais est-il besoin de le rappeler ?) de deux femmes, et censément tenues à la chasteté par leurs vœux — et elles n’avaient aucune difficulté à obtenir l’absolution pour tous les désordres de leurs passions normalement tenues pour abominables par les autorités ecclésiastiques et vigoureusement poursuivies par le pouvoir séculier au Makota. La vérité était que Volignon n’attendait pas de ses portes-flingues qu’ils soient irréprochables, qu’ils se comportent en moines-soldats, qu'ils soient des saints, mais plutôt qu’ils fassent ce que l’on attend d’eux : sortir l’Église de l’embarras. Si les agents s’acquittaient des délicates missions qu’on leur confiait, alors la hiérarchie fermait les yeux sur tout, vraiment tout… D’ailleurs les sœurs Irmangarde et Régine, leurs invitées, n’étaient pas mieux loties qu’elles sur le plan des bonnes mœurs.

Gaudeline avait cru comprendre que ces deux agentes d’information n’étaient pas indifférentes au monde de la Nuit qui était leur territoire d’expertise informationnelle pour ainsi dire. D’ailleurs, il était vraisemblable qu’elles avaient été recrutées par les services précisément parce qu’elles s’étaient faites prendre à fréquenter ce monde (ce qui est beaucoup plus difficile à faire discrètement au Makota qu’ailleurs sur le globe). Elle savait donc, ou pensait savoir, qu’elle avait affaire à deux grosses noceuses débridées même si elle n’avait pas plus de détails sur leur vie. Cela dit, elle en aurait certainement beaucoup plus à l’issue de cette soirée, car boire, jouer et se détendre est un excellent moyen d’en apprendre plus sur ses collègues.

Elle se doutait bien qu’elles, pour leur part, en savaient certainement beaucoup plus long sur son dossier. Mais Gaudeline s’en moquait. Elle était droite dans ses bottes malgré les contradictions invraisemblables de sa situation. Elle était fille de vacher, passionnée depuis toujours des armes à feu et de l’équitation, et elle s’était découverte bien malgré elle un goût pour les femmes en côtoyant celle qui était sa camarade de classe et qui deviendrait sœur Lucienne ; et comme l’on fait au Makota dans ce genre de cas, elles avaient été placées toutes les deux en noviciat de complaisance et avaient rejoint les légions de religieux interlopes qui sont extrêmement nombreux au Makota, qui peut ainsi se vanter d’avoir un clergé pour le moins pléthorique (mais en réalité très défaillant). Naturellement, leurs désordres se poursuivirent comme attendu (il n'y avait aucune raison pour qu'ils cessent) ; cependant ils s’intensifièrent tellement que l’on songea à leur renvoi (ce qui aurait été une honte absolue pour leurs familles respectives). C’est dans cette situation précaire qu’elle et sœur Lucienne avaient été repêchées par les services.

Quand l’heure fut arrivée, qu’il fut 20 h, l’on frappa à la porte. C’étaient les sœurs Irmangarde et Régine. Et elles ne venaient pas les mains vides ! Elles apportaient les chips et même des petits saucissons d’apéritif. Gaudeline les fit entrer tandis que Lucienne mettait la table en rangeant quelques armes qui avaient été négligemment posées dessus :

« Allez, mes sœurs, ne restez pas sur le palier, venez. Ha, vous avez amené des saucissons… On est vendredi vous savez, il faudra donc attendre la tombée de la nuit, n’est-ce pas ? On n’aura qu’à prendre les chips pour commencer. » Dit-elle avec entrain.

Quand elles furent toutes les quatre attablées, le vin servi et les chips dans les bols, Gaudeline, en qualité d’hôte, prit les cartes et se chargea de faire le croupier pour la soirée. Rapidement, les premiers verres se vidèrent et l’on fumait beaucoup, cigarette sur cigarette, en riant, faisant des plaisanteries qui, à mesure que la soirée avançait et que l’alcoolémie allait croissant dans le sang de nos sœurs, se muaient en bouffonneries grotesques et gênantes. La partie de cartes allait bon train (on jouait au Barbu, le grand jeu de cartes du Makota) et l’on se serait davantage cru à une soirée de bidasses qu’à une réunion paisible de religieuses (peut-être parce que ces sœurs-là n’étaient finalement pas autre chose que des bidasses sous déguisement, un déguisement tellement crédible qu’elles y croyaient elles-mêmes).

Quand la nuit fut tombée et que l’on se trouvait donc liturgiquement rendu au jour suivant, il fut possible de manger de la viande ; elles sortirent donc le saucisson. Les bouteilles, elles, ne cessèrent pas de se vider. Tard dans la nuit, vers quatre heures du matin, il leur fallut mettre fin à la partie car Lucienne était endormie, ivre morte, sur la table. Difficile à dire qui menait aux points puisque celle qui était chargée de tenir les comptes dormait de tout son soûl depuis plusieurs manches. Elles convinrent donc qu’il était grand temps d'aller se coucher. Elles s’accordaient la matinée entière pour récupérer ; ensuite il faudrait revenir aux affaires sérieuses, à savoir la préparation de l'assassinat de Désiré, le faux cardinal de l’Église apostate qui menace la Sainte Église de Volignon. Pour l’heure chacunes allaient dans leur lit deux par deux : Gaudeline porta Lucienne dans le leur non sans difficulté et Irmangarde et Régine allaient dans l’autre, d’où elles se firent entendre longtemps après que la lumière fut éteinte. Naturellement, on négligea totalement le bréviaire… Ce qui était mieux, beaucoup mieux, que de songer à le dire… Il est capitale de savoir décompresser quand on est sur une opération importante. Qui sait si demain, la mort ne frappera pas un ou plusieurs membres du groupe ?

Effet en terme de jeu

Il s’agit d’un RP de préparation d’opération spéciale, en l’occurrence d’assassinat devant cibler Désiré. Pour le reste, j'informe les lecteurs que comme tout le monde, je joue clairement en surjeu pour le bien de l'histoire et la qualité des intrigues (on est en fiction je vous le rappelle), que les actions de mes personnages ne rendent absolument pas compte de mes opinions réelles et qu'en tout état de cause je ne crois pas aux méthodes violentes quelles qu'elles soient (et pas beaucoup plus à la politique non plus, d'ailleurs), je suis beaucoup trop pessimiste concernant la nature humaine pour être autre chose qu'un homme paisible (et largement désabusé), ce qui ne m'empêche pas de bien aimer (je me régale) mettre en scène des exaltés, des "Salafistes" en opération avec leur violence et leurs contradictions, rien de plus. Tout cela pour dire que je force un peu sur le cynisme comme d'autres forcent sur le burlesque (les deux ne s'excluant pas, d'ailleurs), rien d'autre. J'ai pensé que ce disclaimer serait utile pour éviter les incompréhensions et les discordes.
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Les nonnes de Volignon sont sur la brèche : Un nouveau Papabile entre en scène, il convient donc de mener l'enquête.


Les sœurs Régine et Irmangarde observent discrètement le papabile Frans Vol Szilveszter .
Les sœurs Régine et Irmangarde observent discrètement le papabile Frans Vol Szilveszter .

Narration de l'Evénement

Un nouveau candidat est à présent en course pour monter sur le siège de Catholagne. Une nouvelle enquête s’impose pour savoir à qui nous avons affaire et s’il est susceptible d’entraîner un changement de plan pour nos agents sur place. Nos nonnes spécialisées en collecte d'information, les sœurs Regine et Irmangarde, sont donc sur le coup. Rien ne doit échapper aux agents de Volignon, aucun danger potentiel ne doit être négligé. Le Conclave doit demeurer sous contrôle, il est capital que ce qui en ressorte soit conforme aux intérêts de la véritable papauté, celle de Volignon.

Une recherche internet, un peu de travail sur des articles de presse en sources ouvertes et quelques heures de filature adroitement menée permettent de saisir à gros trait le profil de l’individu. Il vient de Brann, une petite nation sous domination communiste jusqu'en 1945, soit après sa naissance. L’individu est vieux, plus de 90 ans. Il est clairement moderniste à un degré tel qu’il doit indisposer nombre de clercs parmi les Catholans eux-mêmes. Publiquement nicolaïte, il vit avec une femme, entretient des enfants qui seraient les siens, tient des propos incompatibles avec la foi, manifeste une impiété invraisemblable vis-à-vis des rites sacrés et de la discipline ecclésiastique. Il est cosmopolite et volontiers judaïsant et pratique sans vergogne la Libre Interprétation la plus libre et la plus assumée. En somme, il est incroyablement impie et moderniste. Il s’agit donc d’un candidat idéal, à mi-chemin entre ceux qui peuvent être élus et ceux qui sont tellement fous et hétérodoxes qu’ils en deviennent de précieuses aides pour la cause de Volignon.

Conclusion du dossier d’observation : Ce monsieur Vol Szilveszter doit impérativement être laissé tranquille voire soutenu car son élection, comme celle du travesti de Carnavale, serait une véritable bénédiction du Ciel pour Volignon, en ce qu'elle permettrait, une fois pour toute, de révéler l'imposture qu'est Catholagne.

Effet en terme de jeu

Volignon prend connaissance du profil de Vol Szilveszter et décide qu'il est urgent de ne rien faire contre lui...
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Quel stratégie Mon Père ?


À l'occasion du Conclave, Carlos de Salosse se rendait en Catholagne à bord de son jet.
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Avec lui, le Révérend Simone, les deux sont proches.
Simone est le confident de Carlos et don homme à tout faire, il est complice des manigances du cardinal san youtiens.
Par exemple, c'est Simone qui est chargée de l'achat de ce fastueux appareil.

Dans l'avion, Carlos à sa stratégie pour le conclave, plusieurs opportunités s'offrent à lui et sa main-mise sur l'Église du San Youté lui permet sans difficulté de choisir du vote des cardinaux san youtiens.
Il lui fallait alors choisir judicieusement ce qu'il allait faire.

La première chose à faire, la plus évidente, est de faire voter les cardinaux san youtiens en sa faveur.
Cependant, Carlos a beau être Cardinal preferito, il y a peu de chance qu'il finisse pape de Catholagne.
Une seconde option s'offre alors à lui : monnayer les voix des cardinaux san youtiens.
En effet, le Conclave est un rassemblement de ce que l'humanité peut faire de pire alors cette décision et loin d'être idiote.
De nombreux cardinaux seraient sans doute prêt à payer pour recevoir un soutien.
Une fois c’est stratégie exposé au Révérend, son avis était solliciter :

S - ”Et bien, vous connaissez deja mon opinion sur ce genre d’acte mais la n’est pas la question.
Je pense que vous pourriez solliciter quelques cardinaux qui vendrait leurs voix pour tater le terrain et si les retombées sont présentent alors pourquoi pas en vendre plus.”


C - ”Dans ce cas, tu sais ce qu'il te reste à faire mon cher révérend.
De mon côté, j'irais à la rencontre des autres cardinaux, voir si je trouve un favoris comme lors du dernier Conclave où simplement pour en apprendre plus.
Je pense aussi que notre Église va connaître plusieurs changements à mon retour.”
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Allô, c'est Son Éminence Juan, archevêque de Saint-Jacques-des-Mers, et je souhaiterai m'attirer les faveurs d'un ami qui ne sait rien de mes manoeuvres... Je me disais que pour quelques millions de talents d'or vous soutiendrez mon ami marcinois... J'ai une idée ! J'ai cru comprendre que deuxcardinaux de la Petite Brann ainsi que dix san youtiens seraient ravis de soutenir un preferito honnête et intègre, pour une rétribution des plus discrètes... évidemment. Oui, je sais... J'attends ma rétribution avec impatience... En revanche, je souhaite que vous brûliez les reçus bancaires et que vous soyez certains que les fonds transitent bel et bien par d'obscures comptes offshore... Un scandale serait des plus regrettables !
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Discussion avec Giovanni Spinelli à Sancte (neutralisée en Relations Internationales)
Il faut qu'on cause de ton attitude, Stefano. Ne t'inquiête pas, ça va bien se passer.


Mère Mahaut tappe à la porte
La Mère Mahaut tappe à la porte de Stefano, elle se fait connaitre et demande à lui parler, elle semble de mauvais poil et alcoolisée.

Narration de l'Evénement

La sœur ne cache pas son identité et dit d’une voix un peu forte où l’on sent toujours les relents d’alcool (et des intonations assez hommasses) tout en titubant légèrement :

« Je suis Mère Mahaut, supérieure des sœurs réginistes à Dakoraville, tu sais, on torche les orphelins qui errent dénutris et en guenilles dans les décombres dévastées au milieu des cadavres, vaste mission, ouf, on chôme pas, c'est pas de la mise en scéne comme dans tes tweets, et nous, tout le monde s'en fout et on a bien du mal à récolleter des fonds tellement tout le monde s'en fout ... et bien figure-toi que l'on m'a promis quelques subsides ... Evidemment ce n'était pas pour rien ... j’ai été dépêchée spécialement pour te parler, Stefano, à toi en particulier. Pour te faire comprendre certaines choses. Mais ... »

Elle lève les mains et tente de se montrer rassurante tout en continuant à tituber légèrement sous l’empire de l’alcool :

« Je ne suis pas armée et je ne vais pas te faire de mal, je le jure sur tout ce qu’il y a de plus sacré, et chez les Volignonistes ça veut dire quelque chose un serment. »

Elle sort malaisément et sans aucune grâce de sous le camail de sa guimpe une chaîne rustique qui se trouve autour de son cou et au bout de laquelle pend lourdement un petit reliquaire vitré en argent ouvragé d'assez belle facture :

« Tu vois ça, Stefano ? C’est une relique de sainte Régine, l’évangélisatrice du Makota, je suis pas certaine mais il me semble que c’est la seconde phalange de son oriculaire droit… enfin, on s’en fout. Je jure dessus que je ne vais pas porter la main sur Stefano, je ne vais pas lui faire du mal, il est en sûreté avec moi. »

Et elle accompagne ses mots par un geste de serment solennel sur la relique. Puis après l'avoir baisée d'un geste réflexe, elle range la relique dans son empilement complexe de linges blancs amidonnés et elle poursuit son monologue quelque peu confus et éthylique :

« Le taxi avait un peu de retard alors j’ai un peu abusé du whisky en l’attendant, j'ai discuté avec les gens du coin au bar, j'ai fais quelques bras de fer, tu vois ce que c'est, et les verres se sont multipliés... mais on a tous un péché mignon, n’est-ce pas ? J’aurai désaoûlé rapidement, c'est un entrainement, tu sais. Maintenant, on va avoir une discussion constructive concernant tes prises de position récentes vis-à-vis de Volignon. Ça nous a pas vraiment plu, tu sais, Stefano. Certains à Volignon s’en sont inquiétés et il y en a même qui sont vexés, c'est pas très bon pour toi, ça, Stefano. Heureusement, j'arrive à temps pour arrondir les angles. Mais on va parler calmement, j’ai juré, bien s’passer. Enfin, je pense que tu ne veux pas que l’on parle comme ça dans la rue, à la portée des oreilles indiscrètes, n’est-ce pas, Stefano ? Fais-moi entrer. On doit causer de ton attitude. Ça va bien se passer. »

Effet en terme de jeu

Néant (RP).
















Merci pour la cigarette, monsieur Spinelli, vous avez du feu ?


La Mère Mahaut, clope au bec, semble un peu moins furieuse que tout à l'heure.
La Mère Mahaut, clope au bec, semble un peu moins furieuse que tout à l'heure.

Narration de l'Evénement

La mère Mahaut entre, accepte la cigarette que lui tend son hôte, se la fait allumer puis, après avoir pris le temps d’une grande inspiration, suivie d’une longue expiration qui expulse beaucoup de fumée dans la pièce, elle répond :

— J'avais arrêtée, mais c'est comme l'alcool, il suffit que je quitte l'enfer du Dakora, que je me trouve quelques heures en Catholagne, pour que je sois en proie aux plus dégradants des péchés ... Et la liste n'est pas encore complète, je vous passe les détails... Cette ville est décidemment celle du diable, on y arrive en état de grace, plus ou moins et on ne tarde pas à rejoindre le rang des damnées. Les ruines de Dakoraville me réussissent bien mieux, le Smog est bien moins pervers que cette île maudite de Sancte et ses sollicitations contraire à la morale volignonaise et à l'état religieux ... enfin laissons cela, ça concerne mon confesseur et non vous. Je suis navrée de vous avoir vexé, Monsieur Spinelli, quand je bois un peu trop j’ai tendance à perdre le sens des conventions… Mais vous savez, tout le monde vous appelle Stefano chez nous, c'est même pas loin d'être affectueux. Votre saint patron vous colle à la peau mais je me garderais bien d'en tirer aucune conclusion désobligeante.

Enfin, il me semble que vous venez de tout dire. Il ne s’agit pas de nous aimer, vous et nous. Volignon et Catholagne n’ont plus rien en commun ; Catholagne a choisi de s’éloigner de ce qu’elle devait être pour devenir ce que l’on voit qu’elle est aujourd’hui… Pour répondre à votre question, notre Église se porte bien, elle est solide et unie et observe plus que jamais une orthodoxie des plus parfaites malgré les faiblesses ponctuelles et bien humaines de nombre de ses membres…

J’ai tenté de vous intimider, tout à l’heure, monsieur Spinelli ; manifestement ça n’a pas marché, il faut croire qu'en Dodécapole l'on connait aussi ces méthodes d'intimidation dont on fait grand usage au Makota, mais c’est sans importance puisqu’il semble que vous ayez bien cerné le problème qui est le nôtre vous concernant. Effectivement, votre discours belliqueux contre nous nous a beaucoup déplu, c’était vous faire des ennemis pour pas grand-chose. Je ne sais pas s’il y a des voix à gagner dans votre Conclave en affichant votre hostilité à notre égard… Enfin vous le savez assurément mieux que moi, je n'en doute pas. Vous me disiez que vous étiez disposé à nous ignorer… Ce serait pas mal… Vous avez évoqué des choses concernant ce que vous prévoyiez contre nous ? Pouvez-vous m'en dire plus ?

Voyez, monsieur Spinelli, nous discutons calmement. Tout va bien. J’attire cependant votre attention sur le fait que Volignon compte au bas mot cent millions de fidèles et un clergé pour le moins pléthorique ; nous ne nous portons pas mal, et même très bien. Le rapport n'est peut être pas celui que vous pensez. Nous savons, vous comme moi, que c’est Catholagne qui est chancelante. Ses bases sont ébranlées et je ne vois pas comment ça pourrait aller mieux dans l'avenir. Mais laissons ce vieux débat, il est sans importance ici et nous ne sommes pas dans votre salon, au milieu de la nuit pour parler de théologie ; je sais que je ne vous ouvrirai pas les yeux sur ce qu’est Catholagne et ce qu’elle n’est pas… Cependant, un pape de Catholagne capable de nous ignorer, d’ignorer la Sainte Église de Volignon, nous irait très bien… Voyez, monsieur Spinelli, nous pouvons nous entendre.

Effet en terme de jeu

Néant (RP).













Nous nous comprenons bien, monsieur Spinelli et j'ai toujours su que nous arriverions à nous entendre. Vous êtes un homme plein de bon sens.


La Mère Mahaut, clope au bec, semble un peu moins furieuse que tout à l'heure.
La Mère Mahaut, toujours clope au bec, semble à présent tout à fait détendue.

Narration de l'Evénement

La Mère Mahaut, qui malgré les illustrations piteusement réalisées par le narrateur de ce texte, n’est pas si vieille qu’on l’eût qualifiée spontanément de vieille dame, bien que ses traits hommasses lui interdisent depuis toujours la moindre revendication à la beauté et au charme (ce qui n’est pas très grave, n’est-ce pas, pour une religieuse), avait écouté attentivement et avec beaucoup d’intérêt chaque parole du cardinal Spinelli ; elle reprit la parole avec plus de calme que tout à l’heure, parlant avec décontraction entre de profondes bouffées de cigarette et des gestes un peu grotesque d'une virilité congénitale qui n'étouffait cependant pas une intelligence et une sensibilité certaines :

— L’Église de Volignon n’est pas beaucoup mieux lotie que celle de Catholagne, vous savez. Je suis bien placée pour vous le dire. Je devrais sans doute me taire, mais enfin, puisque vous avez été franc avec moi, je pense devoir être franche avec vous. Comme vous, nous avons le bon sens, ou plutôt l’instinct, de cacher nos turpitudes par tout un ensemble de subterfuges et de faux-semblants. Ici même, dans cette ville que nous méprisons, vous et moi, pour ses désordres, cette ville qui est la capitale de votre Église, je connais des religieuses volignonistes qui sont infiltrées dans votre Église et qui sont plus débauchées et immorales que des prostituées ou des travestis, et ça ne leur vient pas de Catholagne, elles ne le sont pas devenues sur place en côtoyant les membres de votre église, elles ont été envoyées ici parce qu’on pensait que leur perversité, qui nous était parfaitement connue, pouvait être utile à nos intérêts, et je pourrais vous donner les noms d'un nombre assez considérable de clercs de mon Église qui se sont rendus coupables de plusieurs meurtres ou que l'on suspect fortement d'être impliqués dans d’autres genres d’abus, car soyez assurés que Catholagne n’a pas le monopole de l’abjection.

Moi-même, comme vous me voyez, j’ai déjà eu la faiblesse, plusieurs fois durant ma vie de religieuse, de tomber amoureuse de consœurs et de pratiquer ce qu’il est d’usage chez nous d’appeler des amitiés particulières. Inutile de vous dire que tout cela incluait bien évidemment des choses tout à fait contraires aux lois de la nature et à la teneur de mes vœux… C’est la vie, c’est la condition humaine. Plusieurs fois je suis tombée amoureuse et plusieurs fois j’ai décidé de renoncer à cette amour pour reprendre le droit chemin, mais qui sait si demain, vaincue par les démons ou convaincue par eux de succomber définitivement, je ne retomberai pas, de nouveau, dans ce genre de vice damnable ? Ce n’est qu’à la mort que l’on peut enfin laisser les armes et cesser le combat. Et Dieu fasse que j’aie une bonne mort en état de grâce pour que mon âme éternelle soit sauvée plutôt que jetée en enfer…

Vous voyez, je vous l’ai dit, sur de nombreux points nous ne sommes pas si différents, Catholans et Volignonistes, et nous faisons peu ou prou les mêmes choses et sans doute plus ou moins de la même façon… En revanche, ce que ne fait pas Volignon, et c’est sa différence avec Catholagne, la différence qui change tout, c’est que ses clercs n’entendent pas abaisser sa doctrine, qui est la doctrine divine, celle du Christ, à la hauteur de leurs turpitudes. Nous avons conscience de ne pas être à la hauteur de notre mission mais jamais, au grand jamais, il ne sera question pour nous d’abâtardir notre mission pour nous la rendre plus facile, de changer une seule virgule de la loi de Dieu pour nous rendre meilleurs en abaissant les standards… Moi aussi j’aimerais que la vie soit plus facile, moi aussi j’aurais aimé que les choses soient plus simples… Mais la vie est un combat, monsieur Spinelli, vous devez le savoir aussi bien que moi, un combat pour le salut de nos âmes… Enfin, on s’en fout, on n’est pas là pour parler de théologie et je ne pense pas que je vous convertirai au Volignonisme, et je ne suis pas là pour ça.

Vous avez compris le problème, monsieur Spinelli, et vous avez apporté la solution. Si vous ne parlez plus de nous, que vous nous ignorez, que vous vous concentrez sur d’autres que nous, alors vous cessez d’être pour nous un danger et vous devenez un candidat acceptable, ce qui vous éloigne de fait de toutes listes rouges. Je partage votre inquiétude pour ce qui est de Désiré, et oui, si tout va bien, nous vous en débarrasserons. Je ne sais pas encore très bien de quelle façon, mais ça arrivera. Pour le Youslêve, en revanche, les hiérarques de mon Église ne sont pas persuadés du danger qu’il représente pour nous mais je suis certaine que si je leur dis que le compromettre servira nos intérêts alors cela sera fait certainement. Cependant je ne peux absolument pas le garantir. Ma question est celle-ci : si on écarte Désiré, vous en contenterez-vous ? Je vous préviens que nous imposer d'éliminer le yousléve c'est encourir le risque que nos autorités préfère vous éliminer vous, par simplicité, plutôt que lui... Je vous aime bien, monsieur Spinelli, je ne veux pas qu'une telle chose vous arrive.

Effet en terme de jeu

Néant (RP).









Formidable, monsieur Spinelli. Je savais que vous feriez le bon choix !


La Mère Mahaut, clope au bec, semble un peu moins furieuse que tout à l'heure.
La Mère Mahaut, toujours clope au bec, semble à présent tout à fait détendue.

Narration de l'Evénement

La Mère Mahaut, surprise d’apprendre que ses errements intimes n’intéressaient pas son hôte alors qu’ils intéressaient énormément, à l’ordinaire, ses confesseurs volignonais, éluda rapidement dans les grandes lignes cette partie de son argumentation qui servait, initialement, à illustrer la différence doctrinale fondamentale entre Volignon et Catholagne puis, après avoir achevé ses explications pratiques et obtenu de Spinelli l’accord qu’elle attendait de lui, elle le félicita chaleureusement. Elle l’aurait volontiers pris dans ses bras si la proximité physique avec les hommes ne la dégoûtait pas tant. Puis, se laissant raccompagner à la sortie de l’appartement, à présent beaucoup moins grise que tout à l’heure, elle reprit la parole :

« Je vous demanderai bien votre bénédiction, mais vous savez que je ne peux pas l’accepter compte tenu de votre état de schismatique publique Catholan. Je vous souhaite de réussir dans votre entreprise et pour la chose que nous avons convenue, vous et moi, je pense que vous serez très rapidement informé, et par vous-même, de sa réalisation. Et vous, n’oubliez pas de faire ce qui est convenu. Je pense que vous êtes un homme habile et intelligent, monsieur Spinelli, nous aurons certainement l’occasion de nous revoir dans l’avenir et pour parler d'autres choses que de ce genre d'affaires si sombres, peut-être aurez-vous alors le courage de m’avouer vos faiblesses comme je vous ai avoué les miennes. Dieu vous garde, monsieur Spinelli, je ne vais pas revenir en Catholagne avant un certain temps, je suis assez pressée de quitter ce pays et vous devinez assez facilement pourquoi, je pense. »

La nonne sort donc dans la rue et repart à pied, descend quelques pâtés de maisons pour ne pas être localisée à côté de chez Spinelli et appelle un taxi. Elle monte dedans, se fait conduire à l’aéroport d’où elle quitte le Territoire, direction Volignon, pour y rendre compte. Le cardinal Spinelli venait vraisemblablement de sauver sa vie en n’exigeant pas que l’on prenne celle du Youslêve. Reste à voir si Désiré sera bien mort avant le Conclave. C’est une chose que l’on ne tarderait pas à apprendre.


Effet en terme de jeu

Un accord secret est passé entre Spinelli et Mère Mahaut au nom de Volignon. Spinelli ne parle plus de Volignon, Désiré est écarté, tout le monde est heureux, et tout va bien pour tout le monde dans le meilleur des mondes.

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La statue sans visage

La Christ a dit "priez pour vos ennemis" et Ludivine Enfant d'ajouter "car c'est tout ce qui leur reste".

Dans la chapelle Saint Thomatthieu de Carnavale, la cardinale Ludivine Enfant a donné une messe pour les homophobes, transphobes et pour tous les réactionnaires du monde. "Puisse notre Père leur pardonner car ils ne savent pas ce qu'ils font."

Dieu n'a-t-il pas fait la femme à partir de la cote de l'homme ? Si la femme peut naitre de l'homme, alors la transition de genre est la voie de Dieu. Les femmes transgenres marchent dans les pas du Seigneur, elles sont sa création. Alleluia !

La Vierge Marie n'est-elle pas tombée enceinte par immaculée conception ? Dans ce cas pourquoi la femme transgenre ne pourrait-elle pas tomber enceinte à son tour ? Dieu nous enseigne que la vie ne dépend pas de l'acte sexuel qui est pêché, ainsi peu importe le genre car le divin est au dessus. Les voix de Dieu sont impénétrables, Alleluia !

Les anges ne sont-ils pas asexués ? Le plus haut niveau de sainteté n'est-il pas atteint par celle qui, marchant dans les pas de Dieu, renonce à son sexe et se dévoue toute entière à Sa parole ?

Le moine et la nonne, en renonçant à la chair, se dévouent corps et âme à Dieu. La chair mérite donc d'être laissée de côté et n'a pas d'importance aux yeux du Seigneur. Présentez vous à lui saint et repentant, femme ou homme, et accueillez Son message, Alleluia !

Heureux soient les PD, les gouines, les trans, les travestis, les enculés, les sales pédales, les brouteuses de minous, les fiottes, les avaleurs de sabres, les hommasses, les refoulés, à voile et à vapeur, les tantouzes, les gros cochons, les gourmands, la jaquette, les non-binaires, les indécis, les freaks, les weirds, les queers, les bizarres, les franchement chelous et tous les autres dégénérés, ils sont les enfants du Seigneur !
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Les nonnes de Volignon sont sur la brèche : De la vertu d'obéissance comme vertu héroïque ou comment le devoir sacré de servir l'Eglise de Volignon peut conduire à devoir protéger un vieux travesti.


Les sœurs Gaudeline et Lucienne disent leur chapelet tout en surveillant les alentours et en tachant de ne pas écouter leur VIP .
Les sœurs Gaudeline et Lucienne disent leur chapelet en surveillant les alentours et en tachant de ne pas écouter les blasphèmes de leur VIP .

Narration de l'Evénement

— Ce vieux dégénéré va brûler en enfer et nous on doit le protéger ! Vous m’expliquez, ma sœur, comment on en est arrivé là ?
— Il n’y a rien à expliquer ma sœur, ce sont les ordres, voilà tout…
— Putain de mission ! Enfin, je veux dire…
— J’ai mal à la tête, on a trop bu hier soir, c’était pas très judicieux.
— Ce n’est pas la seule chose non judicieuse que nous ayons faite hier soir, vous savez bien de quoi je parle…
— Oui, et on va parler d'autre chose, nous sommes dans une église ma sœur ...
— Le Seigneur nous punit de nos péchés en nous envoyant cette mission dégoutante, c’est certain.
— Il va commencer son sermon, vite, commençons le chapelet, pitié, je ne veux plus l'entendre, je préfère le fouet.


Gaudeline et Lucienne, nos deux tueuses professionnelles des services volignonais, venaient de finir une soirée difficile et mouvementée, pour le moins déréglée et contraire à leurs vœux et comportant plusieurs péchés mortels (mieux valait ne pas les compter). Mais il fallait bien faire redescendre la pression, et l’alcool et les débordements qu'il provoque étaient parfait pour ça. Cela dit l’ivrognerie restait l’ivrognerie, et la débauche la débauche, et maintenant, elles le savaient, il fallait payer ! Leur directeur spirituel (pour d’autres structures on appelle ça un agent coordinateur) les a réveillées aux premières heures du jour, alors qu’elles n’étaient pas encore tout à fait désaoûlées, pour leur faire savoir qu’en attendant de pouvoir refroidir Désiré, qui est le grand ennemi de l’Église, Volignon attendait d’elles un autre service d’importance capitale même si ça allait leur semblait révoltant : elles devaient impérativement protéger un vieux travesti abominable qui risquait bien de se prendre une balle ou bien d’être rossé par la foule si les choses suivaient leur cours.

Il ne fallait pas le faire parce que c’était bien, parce que le type le méritait, non, il fallait le faire parce qu’il en allait de l’avenir de l’Église : ce vieux travesti était capital parce qu’il incarnait en sa chair ce qu’était Catholagne, son vrai visage hideux et maléfique, et il devait vivre pour pouvoir offrir au monde ce spectacle horrifique. Idéalement, il faudrait même qu’il soit élu, mais ce n’était pas très probable et en tout cas ça ne dépendait pas d’elles. Elles, à qui on ne demandait pas leur avis du reste, avaient comme mission sacrée de protéger le vieux travesti par tous les moyens possibles. Et ce, en attendant qu’on les autorise à tirer sur Désiré (mais les préparatifs étaient encore en cours).

Manifestement, elles avaient dû en faire des belles cette nuit pour se retrouver avec une manifestation aussi implacable de la justice immanente de Dieu. Et le pire c’est qu’elles avaient beau prier, dire leur bréviaire et faire tous les exercices de piété possibles et imaginables qui allaient bien au-delà de leur pratique ordinaire (laquelle était, avouons-le, assez médiocre), jamais elles ne pouvaient se prémunir tout à fait du prêchi-prêcha terrifiant et insupportable du travesti, travesti qu’il, rappelons le, leur était strictement interdit de toucher. C’était un châtiment bien cruel que le leur, un Purgatoire ardent et anticipé. Oui, il fallait prier, encore et davantage, un seul rosaire ne suffirait pas, et demander au Ciel la force de ne pas porter la main à leur holster pour purifier le monde de cette abomination qu’elles ont le devoir de protéger. Définitivement, les voix du Seigneur sont impénétrables.

Effet en terme de jeu

Les deux assassines de Volignon doivent protéger le cardinal carnavalais en attendant la fin des repérages des deux agents de renseignement. Elles sont discrètes et se tiennent à genoux dans le fond de l'église. On les voit grimacer et montrer des signes d'une piété souffrante absolument remarquable (à défaut de tempérance et de chasteté, elles pratiquent admirablement bien la vertu d'obéissance ...).
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Intérieur de la Cathédrale d'Antrania. // Intérieur de la Catédrale de Milan (Duomo di Milano).

Le Concile des Cardinaux antérinophones.

Avant de pénétrer dans l’immense cathédrale antérinienne (protégée par quelques militaires), Désiré prit soin de respirer profondément, d’expirer lentement et de prier silencieusement. C’était bien la première fois qu’un cardinal marcinois se présentait à une élection pontificale, et c’était bien la première fois que ses puissants amis au gouvernement avait tout mis en œuvre pour rassembler l’intégralité des électeurs antérinophones. Et pourtant, malgré toutes ces intrigues menées en sous-main par les élites politiques marcinoises pour pouvoir placer l’un de leur compatriote sur le Trône de Saint Pierre rendaient anxieux Désiré ; rassembler des cardinaux est une chose facile, les convaincre de voter à l’unanimité pour lui relevait tout simplement du miracle… Il admira une dernière fois les arbres qui pointaient leurs branchages vers les cieux, comme pour intercéder en sa faveur auprès du Seigneur… Mais son attention fut distraite par un petit merle noir qui se mit à chanter ; il sourit béatement ; la Création était décidément bien faite… Et comme pour répondre par l’affirmative à sa remarque, les moineaux répondirent par leurs piaillements si caractéristiques, tandis que les quelques rouges gorges qui s’étaient posés sur les arbres se mirent aussi à chanter… Ce petit orchestre amusa encore plus le Marcinois, fasciné par la beauté presque surnaturelle de la nature. Tout cela ressemblait à un gigantesque concert ; les violons répondaient au basse, les basse au piano, le piano aux trompettes et les trompettes aux violons. Et dans cet apparent désordre, ce chaos de façade, cette illusion qui nous fait croire que l’homme est la seule créature vivante capable de mettre en place un semblant d’ordre, de discipline, de méthode, se cachait en vérité une certaine cohérence.

Rien n’était plus beau que ces chants spontanés, et rien n’était revigorant pour cet homme que ces « miracles du quotidien », comme il disait, ces merveilles de la Création qui nous rappellent que l’Homme n’est pas la seule créature capable de créer le Beau, et que ces petites bestioles, ces volatiles, ces piafs, pouvaient eux aussi faire preuve d’une certaine sensibilité artistique pour séduire les belles… Désiré était tout bonnement fasciné par tout cela ; il s’oublia, continua à sourire béatement durant quelques instants… Admira encore quelques minutes ces arbres décharnés qui paraissaient supplier le ciel, regarda quelques instants ces oiseaux s’installer sur ces voûtes artisanales, faites de bois et de branchages, écouta encore ces créatures former un chœur à la fois si harmonieux, et à la fois si disparate. Le Ciel, décidément, avait fait un beau cadeau à l’homme en lui livrant la Terre ; en lui offrant la beauté à l’état naturel, la magnificence même emballé dans une telle simplicité qu’il devenait facile de la détruire. Un présent fragile avait été fait à l’humain, une merveille à la fois si frêle et si forte. Le cardinal pensa immédiatement à ces femmes d’une grande beauté qui paraissent inaccessibles, fortes et emportées, et qui pourtant, derrière cette apparente grossièreté, se cachait un joyau d’une douceur et d’une chaleur inouïe. Il se perdit à admirer encore une dernière fois ces créatures ailées… Il oublia ses tracas, ses petits soucis personnels, il s’oublia lui-même devant cette œuvre musicale d’une si belle simplicité…

Mais alors qu’il se perdait dans ses pensées, son jeune assistant, un Marcinois aux traits aimables et à la figure avenante le rappela à la tragique réalité ; « vous devez y aller mon père. » lui fit-il tristement, en sachant pertinemment que son mentor, son protecteur, mais aussi son ami, allait devoir combattre un véritable nid de vipères ; la corruption de l’Église ne s’était pas arrêtée nette aux frontières antériniennes, malheureusement elle avait traversé l’intégralité des structures religieuses ; quelques évêques intègres ne pouvaient stopper ce char de malheur qui courrait à toute vitesse, ses auriges, Avarice, Cupidité et Luxure n’avaient aucun ennemi ; David avait une chance contre Goliath, David avait une fronde et Goliath était loin… Seulement, ces braves évêques ne pouvaient espérer qu’enrayer ce phénomène qui grignotait l’Église de l’intérieur ; mais en vérité leur action n’avait que des conséquences minimes. La plupart de ces Éminence n’aimaient qu’une chose ; l’argent, le service de Dieu ne les intéressaient plus vraiment, l’amour de l’autre n’était plus désintéressé, seul l’or, l’appât du gain poussait ces hommes à s’engager sur le chemin de la cléricature. Et le Marcinois ne connaissait que trop bien ces vices, ces passions malsaines et néfastes qui pullullaient au sein même de l’Église de Pierre, au sein même de cette institution qui promettait pourtant de guider les brebis égarées vers la vie éternelle. Et encore une fois, l’Église elle-même fut détournée par des hommes peu scrupuleux qui se comportèrent en parasite, ils sucèrent le sang et les capitaux de l’Église, péchèrent avec assiduité tant qu’ils pouvaient y gagner quelque chose, ils trahirent leurs vœux, Dieu et leurs ouailles pour quelques deniers ; ces Judas modernes étaient légions. Le vice appelant le vice, ce fut une génération toute entière de prêtres et d’évêques corrompus, traîtres à la foi, qui établirent leur nid… « Je le sais, ils m’attendent déjà. » soupira t’il, lassé par ce rôle qui commençait à lui peser sur les épaules.

Il entra dans l’immense bâtisse de marbre ; un colosse immaculé d’une munificence et d’un gigantisme incomparable ; la perle qui rappelait au monde entier ce dont était capable des générations d’hommes ayant conscience de servir quelque chose de plus grand qu’eux. Ces milliers de statues taillées avec une telle finesse, ces millions de blocs de pierre déplacés dans ces cages à hamster par des milliers d’artisans, des tailleurs, des verriers, des souffleurs, des mosaïstes, des sculpteurs, des menuisiers et puis des peintres et des artistes en tout genre qui donnèrent vie à ce monstre sorti de Terre, s’élevant vers les cieux pour la plus grande gloire de Dieu. Ces milliers de bras, ces dizaines de contremaîtres et d’architectes, ces centaines de financeurs n’ont pas vu la fin des travaux. C’était une mentalité bien particulière qui pouvait produire de telles œuvres ; cet effacement de soi au profit du Ciel, cette ferveur religieuse qui confinait au fanatisme habitait alors les bâtisseurs de cathédrales ; ces hommes qui offrirent à l’humanité et à leurs descendants ce présent destiné à rendre hommage au Père. Des prouesses ingénierie furent accomplies pour la gloire du Seigneur ! Et encore aujourd’hui la majesté de telles œuvres ne peuvent manquer d’impressionner ; voir ces flèches s’élever vers les cieux, ces gargouilles nous fixer, comme si elles avaient encore un quelconque souffle de vie qui faisait battre leur cœur de pierre, ces vitraux réverbérant une vive lumière colorée, ces portes immenses nous rappelant que nous ne sommes rien face au travail du temps, que nous sommes moins encore que la poussière face à ces travailleurs acharnés qui élevèrent ces flèches, ces vitraux, ces portes, ces statues pour la gloire d’un Dieu qu’ils ne voyaient pas, par amour d’un Fils qu’il ne connaissait que de nom, en l’honneur de créatures ailées qui n’existeraient pas…

Et pourtant dans cette folie des grandeurs il y avait une touchante sincérité ; dans cette course au Beau pour rendre hommage à un Dieu possiblement indifférent aux troubles qui agitent ces milliards de petits insectes peuplant la terre. Comment croire que des évêques, que des rois, que des grands banquiers acceptèrent d’investir pour une cathédrale qui ne serait même pas achevée à leur mort ; il fallait parfois des siècles pour voir un projet aussi gigantesque prendre fin. Et pourtant, ils acceptèrent de lâcher des millions de talents, de livres ou de couronnes pour alimenter l’élévation d’un tel édifice. Comment comprendre ces tailleurs qui insufflèrent à chacune des créatures qu’ils sculptaient un souffle de vie, ces sculpteurs qui firent de la Vierge et à son Fils des personnages tragiques presque vivants malgré leur éternelle immobilité. Cette ferveur quasi-mystique est ce qui donne à ces merveilles de l’architecture médiévale leur touche d’originalité ; c’est ce qui fait de ces bâtiments de pierre des œuvres magiques, infiniment plus profonde et sincère que ces palaces construits par des patriciens, des tyrans ou des despotes mégalomanes ; l’ouvrier qui élève ces monceaux de cailloux et de dorures travaille pour un homme pressé de jouir et d’en jeter plein la vue à ses visiteurs, tandis que l’artisan se livrant à un tel travail, acceptant de ne même pas en voir la fin, acceptant de voir ses apprentis le finir, ne travaillait même pas pour un prélat ou un riche monarque ; il travaillait directement pour Dieu. Il travaillait à la réalisation d’une œuvre commune qui le dépasse, qui dépassait même ses employeurs et ses maîtres. Une chose merveilleuse que de construire quelque chose qui sert les buts d’une mission quasi divine.

Malheureusement cet état d’esprit n’était pas vraiment partagé par les illustres Éminences qui s’étaient déplacées jusqu’à Antrania. La cathédrale avait été, temporairement, transformée en une salle de marché ; les cardinaux s’échangeant le cour actuel d’une voix ; on entendait même Monseigneur Juan, l’un des évêques hernandiens les plus corrompus hurler que la voix d’un cardinal peut s’acheter à 850 milles talents d’or ! Tandis que peu après il galvanisa ses troupes en affirmant que l’on pouvait aisément monter à un million de talents d’or la voix… Désiré ne put s’empêcher de souffler ; cette scène ne lui rappelait que trop bien celle du Marché du Temple, sauf que cette fois-ci ce n’étaient pas des marchands peu scrupuleux qui vendaient du poulet ou du poisson à des passants pressés, mais bel et bien des cardinaux qui décidaient du cour de la voix pour cette élection Ô combien décisive pour l’Église de Sanctee… L’avidité ne connaissait donc plus de limite ; voilà qu’au sein de la maison de Dieu l’on osait brader sa voix à ceux qui prétendent guider les agneaux de Dieu ; ce fut un véritable choc intérieur pour l’évêque afaréen. L’on osait donc trahir ainsi l’Église et Dieu en même temps sous Son propre toit. Quelle ignominie ; l’idée de mettre une baffe à ce roquet prétentieux traversa rapidement l’esprit du Marcinois, mais il dût se retenir ; il devait cultiver une image d’homme conciliant et affable, même si au fond de lui même il exécrait plus que tout cet homme, il devra malgré tout le rallier à son point de vue s’il voulait espérer recevoir le soutien tout entier du concile antérinophone qui rassemblait l’intégralité des cardinaux d’Antérinie, de Marcine, d’Hernandie et du Marcheburg. Mais, visiblement les hommes en soutane n’étaient pas tout seuls, à l’entrée de la Cathédrale deux hommes acceuillirent le preferito ; Aimé Bassé, ministre des affaires étrangères marcinoises ainsi qu’Aimé, l’un des prêtres attaché au service de Son Éminence.

- « Vous voilà enfin ! Regardez les, tous des enfants à tenter de se vendre un bout de chiffon sans valeur ! Comment l’Église a t’elle pu tomber si bas, la voilà qui s’est empêtrée dans une frange morale ; on dirait ces enfants nés dans la misère qui vivent dans la boue ; seulement ces bien estimés Éminence ont choisi de nager dans ce tas de cochonneries, dans cette immoralité généralisée et dans le péché ; ils s’y vautrent si bien qu’ils n’ont même pas honte de marchander leurs voix au plus offrant ! J’espère sincèrement, Éminence, que vous mettrez fin à ce désastre moral… J’en suis effaré et même outré ; à croire que la Réforme protestante aurait dû s’étendre jusqu’à l’Antérinie… Un drame immense qui me bouleverse profondément mon père. Un tel cynisme, comment a t’on pu permettre une telle chose, comment le Seigneur a t’il pu faire choisir de tels spécimens pour rejoindre les rangs du Conclave et de la Curie ; la tête même de l’Église, sauf votre respect mon père, est devenue folle, pire encore elle semble déterminée à se suicider, pour peu qu’ils y gagnent quelque chose… »

- « Je le sais mon fils… Je ne le sais que trop bien malheureusement ; je me vois réduits à tenter de sauver ce qu’il reste avant l’effondrement moral et complet de l’Église… Il va y avoir du travail et la question que tout le monde devrait se poser est : comment préserver l’Église d’elle-même ; de sa folie destructrice qui menace de tout emporter sur son passage. Mais tant que j’aurai encore, ne serait-ce qu’un souffle de vie, je vous promets de ne pas laisser tomber cette tâche quasi surhumaine qui m’attend.Que Dieu m’en soit témoin je purgerai si nécessaire l’Église de tout ces éléments corrompus ; et je ne crains que cela ne soit malheureusement pas suffisant… Et puis, je vous comprend ; même si les protestants sont fondamentalement dans l’erreur, que les pasteurs sont d’un ennui, que leurs temples sont des squats déguisés « églises » et qu’ils sont, de vous à moi, vraiment lassants avec leur manque de goût et leur capitalisme débridé, il n’en demeure pas moins qu’ils aient pu avoir des commentaires pertinents sur le délitement moral de l’Église… Ils sont même tout à fait pertinents… Et me voilà forcer d’essayer de leur donner tort par les faits…Que le ciel me vienne en aide, c’est une mission bien ardue que l’on m’a confié, mon fils. »

- « Je suis certain que les Marcinois et une partie des Antériniens vous soutiendront ; ils seront probablement ravis de pouvoir supporter le poulain du Royaume de Marcine si vous me permettez l’expression… Quant aux Hernandiens, il va falloir faire des concessions… »

- « Je le sais Aimé, je le sais. Et c’est bien cela qui m’ennuie ; comment pouvoir céder face à des gens que je méprise du fond de moi-même ; je ne crains que ce soit au dessus de mes forces, ils prostituent l’Église et je devrai quand même leur donner des garanties ; c’est infamant, c’est même humiliant, vous n’imaginez pas à quel point c’est incommandant que de s’acoquiner avec de tels phénomènes ; et je suis certain que cela est même au-dessus de mes forces ; ce serait une humiliation qui salirait mon nom à jamais… »

- « Souvenez des Evangiles mon père ; n’est-ce pas Jésus qui demanda à Dieu de pardonner les Rhêmiens alors qu’il était sur la Croix ; «Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » n’est-ce pas ce qu’a dit Jésus ? Après tout, même Ponce Pilate s’est repenti de son déicide ; n’est-ce pas la preuve que tout être humain peut se racheter pour ses mauvaises actions ? Et puis, vous n’avez pas le choix ; vous le devez, tant pour l’Église que pour l’honneur de votre nom. Que diront vos neveux et nièces en apprenant que vous avez refusé d’essayer de réformer l’Église parce que vous détestiez Juan de Làsàre ? Pensez-vous réellement qu’à l’heure où deux monstres se disent prêts à s’asseoir sur le Siège de Saint-Pierre alors qu’ils ne croient même pas en Dieu ; vous devez le faire Éminence ; c’est votre premier devoir en tant qu’évêque. Votre second devoir est de savoir se comporter en bon chrétien ; et pardonner Juan est une épreuve à subir. »

- « Puisque vous le dites… » soupira l’évêque marcinois, impressionné par la pugnacité de ce prêtre. Mais alors qu’il s’apprêtait à remercier son ami pour ces précieux encouragements, le doyen de cette sainte assemblée, qui n’avait plus grand-chose de sacré, prit la parole avec son ironie si caractéristique des vieux évêques désabusés, ayant compris la nature humaine en observant les pires hypocrisies, en écoutant les pires consciences et en pardonnant tout les excès sans même être capable de les nommer. Il était fatigué de tout cela ; de cette folie humaine, de cette course à la démesure et au blasphème qui semblait s’être emparé de l’Humanité tout entière ; et chacun de ses participants recevait l’absolution d’une Eglise devenue aveugle, incapable de mettre un point sur les « i » et de sévir lorsque cela était nécessaire ; une douce paresse s’était même emparé du Saint Siège et des pasteurs qui devaient guider le peuple de Dieu, combattre les hérésies et le mal partout où ils se présentaient ; et pourtant cette torpeur, si agréable soit-elle, avait plongé l’Église dans une forme d’apathie profonde ; elle n’était plus qu’un coffre qu’il fallait ouvrir pour profiter de largesses aveugles… Et cela l’évêque d’Antrania, l’un des prélats les plus respectés de cette assemblée l’avait compris depuis longtemps ; il était l’un des rares archevêques intègres, l’un des derniers représentants de l’Église telle qu’elle devait être, morale et honnête ; altruiste et généreuse :

- « Bien, messieurs les traders en soutane rangez les calculettes ! Maintenant mes frères, avant de commencer ce concile qui permettra de désigner de manière unanime le représentant de toutes les Églises du monde antérinien, nous devons nous recommander au Seigneur ; Notre Père qui est aux Cieux, que Ton nom soit sanctifié et que Ton règne vienne… » une fois le Notre Père terminé, le vieillard poursuivi : - « Demandons aussi à la Sainte Vierge de nous accorder sa protection:Je vous salue Marie, pleine de grâce… » dès que le Je vous salue fut conclue par l’Alléluia, le patron de l’Église d’Antérinie reprit : «  concluons avec une prière pour Saint Jérôme ; Toi Saint Jérôme, l’homme qui évangélisa les Antérinies, qui propagea ta foi avec la puissance du combattant et la bonté d’un prince excuse nos péchés, toi Saint Jérôme qui propagea ta foi avec la puissance d’un combattant et la bonté d’un prince donne nous la force de pourfendre l’hérétique et le païen, toi Saint Jérôme qui propagea ta foi avec la puissance d’un combattant et la bonté d’un prince donne nous la force de choisir avec discernement le nouveau Papabile qui représentera les clercs d’Antérinie, de Marcine et d’Hernandie. Toi Saint Jérôme, Saint Patron des soldats et des princes exauce-nous, nous te prions. » il marqua une pause, puis reprit : - « Cela dit, nous vous prions d’accueillir Monseigneur Anagonye ; candidat à l’élection pontificale qui se tiendra cette année, une fois notre prière commune réalisée… »

Et tandis que les évêques profitaient de ce silence pour continuer à faire grimper les prix ; on entendit même quelqu’un s’exclamer ; « un million cent mille la voix ! » au téléphone, une exclamation qui fut accueillie par un éclat de rire général ; sous le regard attristé des portraits de la Vierge à l’enfant et de Saint-Jérôme pourfendant le païen (ou le sans-culotte…) comme si ces peintures prenaient conscience du profond délitement de l’Église catholique dans son ensemble… Seul l’évêque d’Antrania leva les yeux au ciel comme s’il suppliait que ce dernier l’emporta loin de ces hommes.

Juan, ayant légèrement vieilli, même si son regard conservait son petit air de malice qui le caractérisait tant, chuchota à l’Archevêque Marcinois ; - « Quelle indignité, n’est-ce pas ? L’on ose ainsi brader nos voix pour élire celui qui devrait être choisi par Notre Seigneur Jésus le Christ Notre Sauveur ! C’est vraiment dramatique… », Désiré, connaissant le but de cette manœuvre sans pour autant savoir où venait en venir l’Hernandien répondit, affable, « n’est-ce pas ? » tout en repensant, non sans mépris aux instants où Monseigneur Juan avait rappelé le cours de la voix du cardinal à ses compères… Mais que pouvait-il faire d’autre si ce n’est acquiescé douloureusement tout ce que ce renégat disait… « Je vous jure, j’en suis scandalisé ! C’est vraiment immoral de faire ça, et si vous m’avez-vu faire ça, je ne faisais que m’en offusquer… Vous savez en Hernandie on s’offusque comme ça, et puis vous avez déjà voyagé là-bas, n’est-ce pas ? Et bien vous savez comment ça se passe, hein ? », le cardinal marcinois dût se forcer à répondre complaisamment ; « évidemment, je vous comprend Excellence… » son interlocuteur, sentant probablement qu’il avait le feu vert tacite de Désiré poursuivit : « Vous savez je vous soutiens totalement, à une seule condition ; que vous m’offrez une carrière à Sancte une fois que vous serez élu ; je sais pas, devenir Nonce m’intéresse… Je suis certain que je puis me révéler utile dans votre lutte contre la corruption, et la vingtaine de cardinaux que j’apporte avec moi seraient ravi de voter pour un homme aussi intègre, bon et généreux que vous… N’est-ce pas ? » le Marcinois pensa furtivement que c’était certain que Juan en connaissait un rayon sur la corruption… Puis il pensa rapidement ; avoir un homme comme ça au poste de Nonce apostolique n’était pas un problème ; dans tout les cas absolument personne ne contactait le Saint Siège, et puis si l’on pouvait dans un même temps s’attirer les faveurs des cardinaux plutôt corrompus, il ne fallait pas hésiter ; après tout il devait rassembler plus que diviser… Non ? Il répondit alors : - « Ce sont là vos seules exigences ? », son interlocuteur esquissa un bref sourire ; - « Pas tout à fait, mon âge et mon expérience dans ce genre d’affaires me donnent à penser que je peux être un atout pour votre équipe de campagne… Je suis certain que vous comprenez… Et puis on ne devient pas Nonce sans raison, n’est-ce pas ?», le Marcinois dût accepter ; il serait dommageable de s’aliéner un homme si influent chez les Hernandiens… - « Oui je comprends, mais rassurez-moi, pas de coups de fourrés, n’est-ce pas ? » Juan répondit simplement : - « Je suis l’honnêteté et la probité même Excellence ! », ce qui arracha un « Bien entendu » sarcastique au papabile…

- « Maintenant, mes frères, veuillez éteindre vos téléphones et oublier le cours de la voix pour entendre ce qu’a à dire Son Éminence Désiré Anagonye ; candidat à l’élection pontificale et favori de Marcine. » et tandis qu’Anagnoye s’avançait vers l’Autel il comprit qu’il fallait dorénavant séduire les Antériniens ; c’était de loin les plus exigeants qui réclamaient de solides garanties sur le dogme théologique et le refus de la compromission avec les sectes et les « déviances » les plus « malsaines ».

- « Mes frères, je ne suis qu’un homme. Un homme dans toute sa simplicité. Un homme qui a entendu l’appel de Dieu, comme bon nombre d’entre nous, et qui a décidé de le suivre. Un homme qui tente de guider les brebis égarées du Seigneur vers la vie éternelle pour Sa gloire. Un homme qui doit suivre à la lettre le mouvementé et tumultueux chemin de pasteur. Oui, ce n’est pas une tâche facile que la notre ; sauver de la damnation éternelle nos ouailles est une tâche difficile que nous prenons à bras le corps. Une tâche d’autant plus ingrate que nous avons nous-mêmes nos défauts ; nous ne sommes que des hommes et il nous est bien difficile de ne pas nous emporter, de ne pas imiter notre Seigneur Jésus le Christ en toutes circonstances… Oh oui nous avons à faire des choix difficiles, oh oui nous avons à défendre ce qui nous est cher.

Car voilà que notre mère l’Église Catholique Apostolique et Rhêmienne est menacée. Encerclée même. Assiégée par les hérésies qui se disent « catholiques » et qui se prétendent en plein accord avec nos Evangiles mais qui pourtant trahissent sans vergogne le message d’amour inconditionnel et absolu véhiculé par Jésus. La foi a été trahi par ces « Jésus » de Listonie et ces Archibald sortis d’on ne sait où… Ces pyromanes et ces athées qui ont été nommés cardinaux par on ne sait qui, ces païens qui se prétendent de la vraie foi et qui pourtant trahissent allègrement ses fondements même ; qui peut croire que Jésus, celui qui disait ; « aimez-vous les uns les autres » ait pu dire « brûlez-vous les uns les autres ! », comment croire qu’une machine qui défie l’ordre voulu par Dieu par son existence même peut diriger le Saint Siège ? Non je vous le dis, l’Église est encerclée par de faux prophètes ; par des Jezebel des temps modernes. Des prétendus hommes d’Église qui n’en ont que le nom et qui se déguisent en Homme d’Église pour leur intérêt personnel.

Mais malheureusement il y a pire ; l’Église a en ses rangs des traîtres ; l’Église est elle même trahi par des évêques, des diacres, des prêtres, des moines et des abbés. L’Église est volée, ses fidèles sont escroqués, ses principes sont liquidés et sacrifiés, et Dieu est trahi. Par qui me direz-vous ? Par des hommes de la cléricature ! Par des hommes qui nous ressemblent, qui parlent comme nous, qui nous imite, qui nous copient avec science, mais qui pourtant nous sont fondamentalement différents ; nous sommes bons et intègres, ils sont avides et cupides. Nous avons à cœur la santé spirituelle de nos ouailles, ils leur préfèrent la santé de leurs comptes offshore à Velsna ou à la Nouvelle Antrania ; Nous représentons l’Église dans sa pureté et ses contradictions, ils représentent les bassesses matérielles dans leurs splendeurs les plus tragiques. Nous incarnons l’Église, ils incarnent le Malin ! C’est hommes sont des traîtres qui brisent la confiance qui doit exister entre les prêtres et leurs fidèles.

Je ne prétend pas incarner la force morale de l’Église, je ne suis qu’un homme, avec de grands défauts, de terribles erreurs mais aussi avec des qualités. Je n’entend pas devenir un nouveau Grégoire, je n’entend pas non plus devenir le pourfendeur du mal et de l’hérésie. Je ne veux qu’une chose ; restaurer le lien de confiance qui doit exister entre chaque prêtres et chaque paroissien. J’entend rétablir un dogme plus pur, moins corrupteur peut-être, que celui qui a ouvert la porte aux pires escrocs ; nous ne pouvons admettre dans nos rangs des hommes qui se prétendent être le descendant direct de Dieu, des machines qui admettent croire en un Dieu oiseau, des monstres charcutés qui se disent « femmes » alors que ce sont des hommes ! Mais nous devons aussi châtier ces chapardeurs qui ne volent que pour eux ; ces brigands déguisés en moine qui ne servent que leurs intérêts propres. Je ne parle pas de nos frères de l’ordre de Saint Stéphano, mais des escrocs qui détournent les fonds de notre Eglise pour leur compte personnel, qui trahissent leurs vœux de pauvreté au détriment des nécessiteux, qui trahissent Dieu lui-même en mentant et en volant Ses fidèles !

Nous avons besoin d’une Eglise forte, nous avons besoin d’une alternative modérée représentant une Église moderne se préoccupant de tous. Car oui, l’Église doit aussi se tourner vers les oubliés ; souvenons-nous de ce que disait Jésus ; « Heureux les pauvres car les cieux sont à vous » ; n’oublions pas que le Sud global, encore en proie au paganisme a besoin de savoir que l’Église toute entière se souvient de nos frères de cœur qui vivent en minorité ; nous avons besoin de tourner les efforts évangélisateurs de l’Église vers l’Afarée, le Platoterra, le Nazum… Trop souvent nous nous concentrons sur l’Eurysie catholique ; mais trop souvent nous oublions les Jashuriens, les Talars, les Antériens où les Kah tanais ; trop souvent nous oublions que nous nous devons de soutenir nos frères de religion, unis dans l’amour du Christ.
 »

Il balaya l’immense salle d’un seul regard ; il étudia en quelque seconde les réaction de ses interlocuteurs ; Juan levait les pouces en l’air avec un grand sourire, les conservateurs antériniens hochaient de la tête, les progressistes aussi. Pour la première fois ils avaient trouvé un candidat capable de tenir les promesses de rigueur morale… C’était bien la première fois que l’on pouvait réunir ces deux bords irréconciliables… Malgré tout des regards suspicieux restaient ; cela se voyait que l’on ne pouvait pas les réunir tout de suite, que le en même temps social et écologique ne suffirait pas à satisfaire le en même temps conservateur… Certains espéraient bien que Désiré ferait un choix, à moins qu’ils ne préfère mener une politique du grand écart… Et alors que des murmures de désaprobation traversaient certains bancs ; mais voilà que Désiré de Marcine se leva et félicita publiquement le candidat ;

- « Bravo Votre Éminence, c’est avec des hommes comme vous que l’Église verra sa gloire passée restaurer ! Et puis, entre nous, merde à ces voleurs de Velsniens et à ces païens de Youslèves ! Ces coquins n’auront pas mes voix ! » Dès lors l’adhésion générale fût remportée ; le mépris vis à vis des rivaux séculaires de l’Empire triomphait sur les querelles partisanes… Les Hernandiens, menés par Juan de Làsàre se levèrent aussi pour applaudir ; le triomphe était complet ; une belle victoire pour Désiré Anagonye qui crut voir un sourire s’esquisser sur le visage de Monseigneur l’évêque d’Antrania. Au fond, Aimé Bassé applaudissait ; il espérait bien que le "poulain" marcinois remporterait cette course.

Effets :
-Les cardinaux antérinophones se liguent derrière Désiré Anagonye avec le bienveillant soutien du gouvernement marcinois.
- Bassé recrute un nouveau directeur de campagne, Juan de Làsàre, un homme à la moralité douteuse et aux pratiques pour le moins discutables...
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Les nonnes de Volignon sont sur la brèche : Quand Soeur Régine se confesse et rend compte de l'avancement du plan ou de l'importance de bien accuser ses péchés et d'être circonstanciée concernant ses préparatifs quand on est une tueuse au service de Volignon.


Soeur Régine se confesse à l'abbé Blondin, la liste des péchés est longue et fleurie ... Puis il faut faire le point sur la mission.
Soeur Régine se confesse à l'abbé Blondin, la liste des péchés est longue et fleurie ... Puis il faut faire le point sur la mission .

Narration de l'Evénement

Il y avait bien peu d’agitation à l’Église Sainte-Émérantine de Sancte. Vieille et petite église plus ou moins délabrée, elle n’intéressait personne car elle était située à très peu de distance d’églises en bien meilleur état et bien plus spacieuses. C’est grâce à ce large désintérêt et à la complicité du curé du lieu, un vieux catholan du nom de Père Jean, toujours catholan mais très favorable à Volignon, que cette petite église était devenue le lieu de culte officieux (mais sans doute pas si secret que cela) des Volignonistes en Catholagne. C’est donc tout naturellement là que nos nonnes de choc allaient pour obtenir les absolutions fréquentes que nécessitait leur vie pour le moins désordonnée (à décharge pour elles, aucune règle n’encadrait convenablement la pratique de barbouzeries ; elles n’étaient pas entièrement responsables de leurs turpitudes).

Il fallait cependant être prudentes, car on pouvait craindre la présence d’un agent catholan en la place. Cela dit, quand bien même un tel agent s’y trouvait, la nature même de l’Église de Volignon et son clergé religieux pléthorique faisait que les deux sœurs n’attiraient pas, en tant que telles, l’attention. Pour l’agent de renseignement, c’était seulement deux nonnes, sans doute ordonnées à quelques gardes d’enfants ou de malades relevant de la communauté. Au passage, rappelons que l’écrasante majorité des centaines de milliers de religieuses volignonistes ainsi que des prêtres, moines, moniales et religieux sont des gens tout à fait paisibles (et aux mœurs droites et irréprochables).

Les sœurs Régine et Irmangarde, nos deux agentes de renseignement, qui avaient passé la nuit que l’on sait avec leurs consœurs les assassines Gaudeline et Lucienne, avaient bien besoin d’une solide absolution pour rétablir l’état de grâce, même si naturellement, il devrait être perdu dans la journée comme cela arrivé la plupart du temps. Comme on a déjà eu l’occasion de le préciser, l’Église de Volignon était peu regardante sur la qualité de la contrition de ces pénitentes et la réparation de ces péchés car elle considérait, non sans raison, que nombre de ces écarts à la discipline étaient la conséquence logique et inévitable d’un mode de vie instable et contraire à la vie de religieuse et peu conforme au tempérament du sexe faible. Concrètement, leur confesseur, qui était aussi leur directeur spirituel et leur agent de liaison, avait donc reçu comme instruction de considérer ces fredaines comme relevant des péchés véniels et non mortels, malgré la matière grave et le ferme propos, car la liberté était clairement entachée par la débilité de leur constitution femelle.

Par ailleurs, la confession n’était pas qu’un sacrement pour nos agentes, c’était aussi l’occasion d’un entretien avec leur coordinateur, celui qui supervisait les opérations et qui faisait le lien avec les supérieurs. Ce coordinateur était actuellement un certain Abbé Blondin, naturellement un Makotan, au passé trouble puisqu’il avait été pendant des décennies plus ou moins un porte-flingue (ou un pistollero comme l'on dit) à la solde de grands ranchers comme cela se fait fréquemment au pays des vaches, et qui, après une conversion aussi surprenante qu'incompréhensible s'était fait prêtre sans renoncer pour autant à ses activités mais en les mettant au service de l'Eglise. C'était ainsi, à force de rendre des services appréciables à l’Église, qu'il était entré dans les petits papiers de la Secrétairerie d’État de Volignon et qu'il s'était fait sa place dans toutes les antichambres les plus sombres de cette église.

Toujours est-il que les deux sœurs allaient se relayer. L’une allait s’agenouiller sur un prie-Dieu au fond de l’église et surveillerait l'endroit tandis que l’autre allait se confesser et faire le point, puis les rôles s’inverseraient. Ensuite elles resteraient dans la nef le temps de faire leur pénitence, en général un chapelet, puis elles quitteraient les lieux pour retourner à leur mission sacrée, fortes d’un état de grâce retrouvé (pour quelques heures) et de nouvelles instructions pour mener à bien leurs barbouzeries. C’est sœur Régine qui commença ; elle se dirigea vers le confessional tandis que sœur Irmangarde alla s’agenouiller sur un prie-Dieu du fond de l’église et commença son chapelet en conservant ses sens en alerte.

Arrivée à la hauteur du confessional, sœur Régine alla s’agenouiller devant la grille, laquelle ne tarda pas à s’ouvrir partiellement par un bruit sec, révélant derrière le treillage symbolique le visage froid et taciturne du père Blondin. L’observateur attentif (et la sœur Régine était, du fait de sa profession, au nombre des gens attentifs) pouvait apercevoir posé à côté du bréviaire du prêtre, dans le casier du confessional, un revolver Lavacher 2020 flambant neuf indiquant que le prêtre avait manifestement pu faire les courses récemment en rentrant au pays.

— Bénissez-moi mon père parce que j’ai péché.

— Que le Seigneur soit dans votre cœur et sur vos lèvres, pour que vous confessiez bien tous vos péchés. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.

— Confiteor Deo Omnipotenti… etc. Ma dernière confession remonte à il y a six jours. Je m’accuse d’avoir commis l’impureté six fois dans le cadre d’une relation contre nature avec une autre femme ayant contracté des vœux sacrés et cela incluait également des mauvaises pensées, des mauvaises paroles, le tout associé à une promiscuité sciemment entretenue et aussi peccamineuse que coupable, à de l’ivrognerie et de la violence quatre fois, de la médisance envers plusieurs de mes sœurs deux fois, j’ai triché aux cartes beaucoup de fois dans la même soirée et j’ai prétendu ne pas l’avoir fait par désir de gagner car je recherchais une vaine gloire, j’ai mangé de la viande un jour maigre et j’ai omis le jeûne qui était exigé ce même jour et ce au mépris du commandement de l’Église, j’ai négligé mon bréviaire de nombreuses fois, tant pour les petites que les grandes heures, j’ai menti et trompé beaucoup de monde durant ces six derniers jours dans le cadre de ma mission. J’ai de nombreuses fois médité et désiré la mort de notre cible, le faux cardinal Désiré… je m’accuse également de tous les péchés de ma vie passée, surtout de ceux que j’ai oubliés, et de tous ceux dont je ne me souviens plus. J’en demande pardon à Dieu et à vous, mon Père, pénitence et absolution.

— Voyons ma fille, ce n’est pas un péché de vouloir la mort de ce diable sous peau humaine qu’est Désiré. Par contre, six fois cette semaine… L’air de Catholagne semble avoir sur vous un effet abominable. Il ne faudrait pas vous laisser plus de temps que nécessaire dans cette ville démoniaque, mais au moins vous avez un peu moins bu qu’à l’ordinaire et il y a un peu moins de violence, c’est un mieux ma fille. Comme pénitence je vous impose un chapelet. Misereatur tui… etc. Vade in Pace.

— Deo Gratias.

— Maintenant, ma fille, dites-moi où vous en êtes. J’ai détaché les sœurs Gaudeline et Lucienne à la garde de l’abomination carnavalaise car je suis certain que quelqu’un va chercher à le tuer ; je veux dire que si ce dégénéré avait été volignonais, il serait déjà mort, je vous le garantis, et par ma main au besoin. Mais il faut qu’il vive. Donc vous êtes toutes seules avec sœur Irmangarde pour préparer l’exécution de Désiré ; les deux autres ne vous rejoindront qu’au dernier moment pour appuyer sur la détente.

— Nous avons commencé les repérages aux alentours de la Basilique de Sancte et nous avons repéré de bons spots, dont une chambre d’hôtel de luxe. Elle donne sur une position idéale pour tirer sur les cardinaux et il se trouve qu’elle est censée être occupée par un vieil abbé qui finalement ne se déplacera pas. J’ai obtenu la clé de sa suite en m’approchant de très près d’une religieuse catholagnaise, si vous voyez ce que je veux dire
(haussement des épaules du prêtre). On utilise la clé, on prépare le matériel, la sœur Gaudeline ou Lucienne arrive et tire quand les cardinaux sont en procession pour entrer en Conclave. Puis elle évacue en profitant de la stupéfaction et de ce qu’on ne se méfie pas des religieuses. Ça sera le coup de quelques instants.

— Et s’il ne passe pas par l’entrée principale de la basilique ? Ce démon semble avoir un sixième sens pour repérer les embûches.

— J’y ai pensé. Dans ce cas, l’une de nos deux sœurs, celle qui n’est pas dans la chambre d’hôtel, sera tapie dans un buisson. J’ai un pass de sécurité pour la faire passer comme domestique dans le palais. Si le démon ne passe pas par l’entrée principale, celle de l’hôtel passe un message à celle du buisson qui tirera.

— Il n’y a donc plus qu’à prier pour qu’il ne passe pas par la fenêtre… Et pour l’exfiltration de celle du jardin ?

— On compte toujours sur le chaos pour s’exfiltrer, mais je ne vais pas vous cacher que ce sera plus difficile pour elle.

— Je vois. Continuez votre mission, vous pouvez sans doute améliorer le plan, on a encore un peu de temps. Bon travail, ma fille.


Puis sœur Régine et sœur Irmangarde permutèrent, l’une allant dire son chapelet de pénitence tandis que l’autre allait à son tour confesser ses péchés. Irmangarde s’accusa peu ou prou des mêmes péchés que ceux de sa compagne, et reçut la même pénitence et la même absolution puis subit le même interrogatoire où elle fit les mêmes réponses. En somme, ce fut la même chose. Puis quand elle eut fini sa pénitence, les deux religieuses quittèrent Sainte-Émérantine pour continuer leur travail d’influence dans la ville sacrée et paufiner l'assassinat de Désiré. Naturellement, le soir-même, en même temps qu’elles faisaient leur travail de renseignement dans le monde de la nuit (c’est leur milieu d’action pour rappel), elles retombèrent très exactement dans les mêmes péchés sensuels que ceux qu’elles venaient de confesser et pour lesquels elles avaient reçu l’absolution. Mais en bonnes filles de Volignon, elles n’omettraient pas d’accuser les péchés de la soirée lors de leur confession suivante et elles n’auraient aucun mal à se les faire de nouveau absoudre sans plus de difficulté si ça permettait d’améliorer le plan d’action.

Effet en terme de jeu

Le plan d'assassinat se dessine dans le détail contre Désiré. Pour l'heure, il est encore imparfait (il reste toujours quelques points à faire et de l'influence clandestine à gagner), mais au final, une fois l'opé spé posée, les dés décideront. Affaire à suivre. Je tiens à préciser, au passage, que je joue le role que je crois devoir être celui de Volignon, et que je ne joue pas contre Vador, par ailleurs ça ne me gêne pas de rater mon opération spéciale, en revanche, je veux pouvoir la faire et je veux avoir mes chances.
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Pour qui vont voter les cardinaux branns ? Réunion du Bíboros


Aujourd'hui était un grand jour pour l'Eglise Catholagne de Petite Brann puisque 6 cardinaux se rassemblent aujourd'hui pour déterminer des objectifs communs dans le cadre des votes du Conclave.
Comme chaque année, cette réunion appelée Bíboros, prend place dans la Cathédrale Eugène XII à Syltrua.
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La Cathédrale Eugène XII

Cette pratique instaurée en 1889 à su tenir les aléas du temps et les enjeux de l'Eglise qui a, depuis toujours, dû faire face à l'Église Impériale de Petite Brann.
Cette dernière est aussi l'occasion pour les cardinaux branns les plus influents d'utiliser leurs autorités à leurs avantages.
Aujourd'hui, c'est Gusztáv Gergő qui exerce cette fonction.

La Bíboros bénéficie aussi d'une importante protection puisque l'armée s'occupe de la sécurité des cardinaux et veille à ce que les cardinaux et leurs dires restent dans la plus grande des discussions.
D'ailleurs, cette Bíboros est l'occasion pour l'armée de tester certains de ces nouveaux engins et gadgets.
Aujourd'hui, c'est le Drónok-A1 qui est déployé
pour la troisième fois en condition réelle.
La plus grande menace qui pèse sur le Bíboros est le MLB qui pourrait profiter de l'événement pour exprimer ces revendications et mettre la pression sur le gouvernement.
Mais une autre menace qui pèse sur le Bíboros sont les tentatives d'espionnage de l'Eglise kaulthe brann qui ne cracherait pas sur une occasion de déstabiliser l'Eglise Catholagne brann.

Pour ce qui est de cette réunion, celles-ci commence par une prière, toujours présidé par Gusztáv Gergő et les discussions peuvent commencer :
”Mes très chers confrères, je suis fier d'annoncer le lancement de ce nouveau Bíboros.
Rappelons nous que nous sommes observer par Dieu et que tout ce que nous faisons doit le respecter lui et l'intégrité de notre Eglise.
Aussi, rappelons nous de respecter ce que nous avons dit lors du dernier Conseil des Cardinaux.
Les débats peuvent commencer.“


Par la suite, les cardinaux dressent une liste des Cardinaux Preferito de l'Eglise brann.
Ici, l'objectif est de dresser les profils à exclure et les profils à favoriser.
Il en ressort alors plusieurs noms, deux pour être précis :
  • Franz Von Szilveszter
  • Désiré Anagonye
Durant la journée, les débats se poursuivront, chaque cardinaux expliquant à tour de rôle les raisons qui poussent le choix du vote de chaque cardinaux.
Chacune des interventions est accompagnée d'un vote visant à mettre à jour la liste.

Les deux premiers cardinaux à prendre la parole apportent leurs soutiens à Désiré Anagonye :
”Nous proposons de céder notre confiance au cardinal Désiré.
Selon nous, il présente parfaitement les qualifications et les qualités requise pour diriger le Saint-Siège.“

D’un autre côté, les autres cardinaux préfèrent porter leurs dévolus sur le cardinal Franz Von Szilveszter, il est brann et selon certains, le digne héritier d'Eugène XII.
Seule chose à déplorer, aucune mesure contre les hérétiques voligiognistes.

Suite à ces discussions, le Bíboros peut prendre fin : prochaine destination, la Catholagne.
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Les nonnes de Volignon sont sur la brèche : Sœur Gaudeline se voue à sainte Cassiane pour mener à bien la tache sacrée qui est la sienne ou de l'importance de bien choisir à quel saint se vouer quand on doit assassiner un ennemi de l'Eglise.


Soeur Gaudeline fait oraison devant la chapelle de sainte Cassiane , vierge et martyre, en l'église Sainte-Émérantine de Sancte.
Soeur Gaudeline fait oraison devant la chapelle de sainte Cassiane ,vierge et martyre, en l'église Sainte-Émérantine de Sancte.

Narration de l'Evénement

Comme la protection du travesti ne semblait pas si difficile que ça et que le risque n’était finalement pas si grand qu’on se le figurait du côté des hiérarques de Volignon, dans le sens où il était peu probable que les Catholans, égarés qu’ils étaient dans leurs turpitudes morales, attentent à sa vie (en Volignon, il est clair qu’il serait déjà mort) et que nos deux assassines ne pouvaient pas se permettre de négliger davantage leurs devoirs religieux (car malgré les libertés que leur faiblesse leur faisait s’accorder, elles étaient malgré tout nonnes avant d’être barbouzes), elles décidèrent de se relayer à la garde de monsieur Enfant. Celle qui était libérée de cette tâche fastidieuse de veiller discrètement sur l’intégrité physique du vieux travesti pouvait se recentrer sur les exercices de piété qui s’imposaient à son devoir d’état, et ce d’autant plus que le coup que nos nonnes préparaient était d’une intensité telle qu’il n’y avait rien d’extravagant à chercher un secours particulier du Ciel en poussant un peu sur les dévotions surérogatoires.

C’est ainsi que sœur Gaudeline quitta l’église que profanait Ludivine Enfant de ses désordres, qu’elle laissa sous la bonne garde de la pauvre sœur Lucienne, pour se rendre de nouveau à Sainte-Émérantine. Naturellement, elle alla d’abord se présenter au Saint-Sacrement, le seul vraiment valide à Sancte (car les sacrements catholans sont invalides pour tout un tas de raisons techniques complexes qu’il n’est pas question de développer dans ce récit) et y fit quelques instants d’oraison. Elle aurait aimé pouvoir adorer mais cela requérait la présence d’un prêtre et à cet instant il n’y en avait pas. Seule une vieille religieuse, sans doute dans les quatre-vingts ans, faisait office de sacristine et passait mollement et presque symboliquement un coup de balai dans l’allée centrale de la nef, tout en veillant autant qu’elle le pouvait sur le Très Saint Sacrement conservé précieusement dans le tabernacle du Maître-Autel de l’église. Personne n’aurait songé à ôter le Saint Sacrement du Maître-Autel pour le cacher dans une chapelle latérale ; c’eût été ridicule en plus d’être impie car ça aurait sous-entendu que Dieu n’avait pas la place d’honneur en sa maison. Les chapelles latérales, donc, n’accueillaient pas le Saint Sacrement, ni non plus, à l’inverse, de matériels profanes et autres choses de rebut. Il n’y avait, outre la sacristie, les fonts et les confessionnaux, que ce qui était strictement utile à la piété des fidèles.

Il y avait peu de chapelles latérales car, comme on a eu l’occasion de l’indiquer dans les récits précédents, Sainte-Émérantine n’était pas une grande église. À gauche du Maître-Autel (c’est-à-dire à sa droite à lui si l’on se place du point de vue de Dieu, donc du Tabernacle) se trouvait la chapelle de la Mère de Dieu, et de l’autre côté une chapelle dédiée à saint Michel, l’archange qui vainc les démons. Sœur Gaudeline, après avoir achevé son oraison au Saint Sacrement, alla dire son chapelet devant la chapelle de la Mère de Dieu, au pied de la balustrade que les Volignonistes appellent banc de communion, puis, sans oublier la génuflexion devant le Saint-Sacrement, elle se rendit de l’autre côté de l’église, à la chapelle de saint Michel. Elle y dit le chapelet de saint Michel ou couronne angélique, qu’elle poursuivit par un petit exorcisme sur elle-même (car la jeune femme était convaincue que l’origine de ses mauvaises mœurs et de son vice contre nature résidait dans les attaques démoniaques contre sa vertu ; sans doute était-ce vrai du point de vue de Volignon, en partie tout du moins…). Tout cela accompli, et compte tenu du fait qu’elle était dans les temps pour son bréviaire, elle se dit qu’il convenait à présent de passer aux dévotions à proprement parler.

Elle se rendit donc dans la chapelle latérale qui l’attirait le plus bien qu’elle n’eût finalement pas vraiment eu le temps de s’y rendre autant qu’elle l’avait voulu. Il s’agissait de la chapelle de sainte Cassiane, vierge et martyre. Une sainte religieuse commune à Volignon et Catholagne car elle avait vécu bien avant le schisme. Cette sainte inspirait profondément Gaudeline ainsi que la plupart des religieuses de cette curieuse structure assez peu conforme à la foi et largement acanonique qu’était le service action de Volignon. Il s’agissait certainement de la sainte qu’elle aimait et vénérait le plus, après la Mère de Dieu, bien entendu. Sainte Cassiane était une nonne admirable qui avait pris l’épée d’un persécuteur pour défendre sa vertu menacée et qui avait préféré être tuée par l’ennemi plutôt que de consentir à lui donner son hymen. En vérité, sainte Cassiane et sœur Gaudeline étaient très différentes car Cassiane était pure et avait adopté une position défensive tandis que Gaudeline menait malgré tout globalement une vie déréglée (mais peut-on avoir une autre vie quand on est une barbouze ?) et était à l’offensive (car malgré tous les discours de la hiérarchie, c’était bel et bien Volignon qui attaquait ; l’attaque préventive n’est jamais une défense en conscience). Il n’empêche que sainte Cassiane était un idéal largement chimérique pour notre valkyrie volignonaise et qu’elle avait pour elle une admiration certaine et une affection profonde (pour ne pas dire plus). C’est donc tout naturellement qu’elle vint la prier, s’agenouillant sur un prie-Dieu devant la balustrade de sa chapelle, et qu’elle lui fit l’oraison que voici :

— Bientôt je vais chercher à tuer un homme, je vais chercher à le tuer de sang-froid, sans colère, sans haine, ni rien d’autre de semblable. Je vais devoir le tuer car c’est un ennemi déclaré de l’Église et donc de Dieu et de ses saints, ce qui vous inclut vous, sainte Cassiane. J'ai donc le droit de vous demander votre intercession. J’ai besoin de votre intercession pour obtenir du Ciel la grâce de l’abattre d’un coup précis, d’une balle bien placée entre ces deux yeux d’hérétique dangereux et malveillant. Vous savez, vous, que je dois le faire, que c’est ce que l’on attend de moi, que c’est ma mission sacrée pour sauver la Cité de Dieu. Désiré est un démon sous forme humaine, je le sais maintenant ; avant j’en doutais, mais maintenant je le sais, et il faut le chasser du monde matériel, le renvoyer en enfer. Je vous en supplie, sainte Cassiane, je vous baise les pieds, vos pieds si purs, et je vous baise les mains, celles qui ont porté l’épée, l’épée de la colère et du châtiment. Vous savez comme je vous aime, aidez-moi dans cette mission, aidez-moi pour administrer au monstre Désiré le châtiment qui doit être le sien pour sa faute impardonnable, son péché inexpiable, sa nature démoniaque qui ne peut connaître aucune rédemption. Et moi, je commanderai une grande statue de vous que je ferai mettre dans ma cellule et je vous vénérerai tous les jours, je baiserai vos pieds, vos mains, tout. J’ai un peu peur, j’ai besoin de votre courage. Que se passera-t-il si je rate mon coup ? Si la balle ne respecte pas ma volonté et va se ficher ailleurs que dans son crâne de suppôt de Satan méditant le mal ? Vous êtes avec moi, je le sais, je ne vais pas rater mon coup, je vais mettre dans le mille, je vais le faire, c’est ma mission…

Elle poursuivit encore son oraison de quelques autres considérations aussi déroutantes et du même tonneau. Ne doutons pas que si la Sainte penche pour Volignon, alors notre nonne aura été bien comprise ; si cependant elle penche (malheur à elle) pour Catholagne, alors il est fort probable que du haut de son Ciel éthéré, de son siège dans la Cour Céleste, elle se soit pris la tête entre les mains face à une telle dévotion. Toujours est-il que sœur Gaudeline finit par achever son oraison. Elle finit ses dévotions en allant brûler un cierge (sans le payer puisque ce sont des cierges catholans) à la statue de sainte Lucienne, la sainte patronne de sa sœur si aimée et si tendre, si proche. Elle l’aime tellement qu’elle ne survivrait pas s’il lui arrivait quelque chose au cours de leur mission. Non, elle ne survivrait pas si elle perdait son aimée. Elle pria donc longuement sainte Lucienne pour sa protection, laquelle, qu’elle fût d’obédience volignoniste ou même catholane, ne sut certainement pas comment se placer durant toute cette seconde oraison, nettement moins terrifiante que la première mais assurément beaucoup plus gênante…

Effet en terme de jeu

Sans doute le dernier récit de préparation de l'assassinat de Désiré. Je me réserve le droit, cependant, de pondre un autre récit si, l'ouverture du Conclave tardant, mes dépenses d'influences clandestines dépassent ce que j'ai budgété. Je vais pas le rappeler à chaque fois mais je me permet de le répéter encore, je désapprouve toutes formes de violences, seulement je joue des terroristes (de type salafiste mais avec un habillage chrétien) qui n'ont pas ce point de vue de refus de la violence qui est le mien (ce qui ne m'empêche pas d'user de ce RP à des fins cathartiques, le jeu sert aussi à ça).
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Annulé


Opération Exorcisme Solennel : Assassiner Désiré Anagonye, cardinal de l'Eglise de Catholagne, le jour de l'ouverture du Conclave.
Les soeurs Gaudeline et Lucienne à leur poste respectif.

Opération d'Assassinat visant Catholagne

Pays infiltrant: Makota (En réalité c'est Volignon mais la V3 n'existe pas encore, donc il n'a pas de moyens propres et il s'agit des moyens techniques des pays de la CNG : Makota, Dakora, Barbery)
Pays infiltré: Catholagne
Prévisionnel de la date (RP) de l'action clandestine : 30/05/2020 + 21 (je donne cette date pour l'organisation de l'administration mais l'action de déroulement à l'ouverture du conclave)
Prévisionnel de la date (HRP) de l'action clandestine : 25/08/2026 + 7
Type d’opération : Assassinat (Action à conséquence grave)


Province cible : #29835

Influence au 30/05/2020
(valeur temporaire, il faudra prendra la valeur actualisée au début du Conclave)
https://imgur.com/c5o9NAu

RECONTEXTUALISATION / FRISE CHRONOLOGIQUE DES EVENEMENTS PRE-OPERATION :

Le 7 mai : Le pape Augustin de l'Eglise de Catholagne meurt et un conclave est organisé pour lui donner un successeur. Des rumeurs arrivent aux oreilles des évêques volignonistes de Nouvelle-Gallouèse que des candidats à la papauté menacent l'Eglise Volignoniste dans le cadre de leur campagne d'élection au souverain pontificat.

Une opération de renseignement est alors lancée pour identifier les agents hostiles à l'Eglise Volignoniste, ici et ici ainsi que ici. Les renseignements pris, une action est décidée contre Désiré Anagonye, considéré comme le seul vrai danger de ce Conclave. Il y a bien le cardinal Spinelli de Dodécapole mais il est considéré comme moins dangereux du fait de son extravagance et, comme il parait raisonnable, on croit pouvoir le raisonner en y envoyant Mère Mahaut, la supérieure des Soeur Réginistes de Dakoraville et des discussions sont actuellement en cours ici puis ici.

Des repérages sont faits ici et on s'accorde une certaine relâche pour faire baisser la pression ici et ne pas oublier de se préparer spirituellement ici.

Cette opération se repose sur plusieurs forces et éléments concrets :
  • Volignon se sent menacé et doit agir en conséquence.
  • Sancte est dans un désordre relatif du fait de l'absence de chef et des affrontements des coteries antagonistes (les volignonistes ne sont que des intrigants parmi d'autres).
  • Le temps presse car il sera plus difficile (voir impossible) d'éliminer Désiré après le début de Conclave (et à plus forte raison après si il est élu).

Beaucoup de voyants sont donc au vert pour agir à Catholagne.


OBJECTIFS DE L’OPÉRATION
Le plan est simple et donc assez difficilement parable. Nos sœurs assassines sont parvenues à mettre la main sur les clés d’une suite attribuée à un vieux prélat qui ne viendra pas au Conclave mais qui a une vue idéale sur l’entrée de la Basilique de Sancte (techniquement ce sont les agentes de renseignement qui ont obtenu les clés en faisant jouer leurs relations dans les clubs de la nuit de la ville sainte puis les ont remises aux assassines sans entrer dans les détails…). Sœur Gaudeline, armée d'un fusil à lunette, se positionnera à la fenêtre de la suite d'où elle abattra Désiré quand il paraîtra sur la place de la basilique puis elle exploitera la sidération pour s’enfuir (et en profitant du fait que l’on ne s’attend pas à ce qu’une nonne soit le tireur). Mais comme on n’est pas certain que Désiré va passer par la grande entrée de la basilique et qu’on le suspecte de se méfier (à raison), sœur Lucienne (la deuxième tireuse) attend dans un buisson par l’entrée arrière de la basilique et elle a un fusil d’assaut. Si Désiré passe par l’arrière, elle l’arrose et s’enfuit comme elle peut (c’est une moins bonne configuration que le tir embusqué dans l’hôtel mais ça reste jouable). Cependant, comme le montrent les objectifs ci-dessous, la priorité est d’abord de ne pas être prises (pour ne pas aggraver la situation), et seulement dans un second temps de descendre Désiré.

Réussite majeure :
  • Sœur Gaudeline, la tireuse de la suite, ou bien sœur Lucienne, qui attend à l’autre accès de la Basilique, parvient à abattre Désiré quand il s’apprête à entrer au Conclave. La tueuse réussit à la perfection son coup et peut ensuite disparaître dans la nature. On ne sait pas qui a tué le cardinal, au besoin un innocent sera arrêté et, condamné sur la base de la seule vraisemblance, endossera l’intégrale responsabilité de ce crime.
Réussite mineure :
  • Nos deux sœurs, Gaudeline et Lucienne, ratent leur coup, mais elles ne psychotent pas et restent professionnelles, elles parviennent donc à se replier dans l’ordre et avec méthode. On ne saura jamais qui a voulu tuer Désiré ni pourquoi. Les échecs ça arrivent mais ça reste un travail de pro.
Échec mineur :
  • L’une des deux sœurs, à savoir sœur Gaudeline dans la chambre d’hôtel pour tirer ce qui entre devant la basilique et sœur Lucienne dans un buisson gardant l’accès arrière de ladite basilique, parvient à tuer le cardinal, mais l’une des deux se fait prendre et l’ensemble de l’opération sera découverte par les enquêteurs : l’identité des tueuses, le fait qu’elles soient au service de Volignon, l’existence de son service action et le noyautage de Sancte par des agents de Volignon.
Échec majeur :
  • Même chose que l’échec mineur, à savoir que les agents se font prendre, mais en plus Désiré s’en sort (il n’est pas touché ou bien est seulement blessé mais son pronostic vital n’est pas engagé).
LIMITES ET CONTRAINTES DE L’OPÉRATION
(ne pas hésiter à demander aux concernés l’ajout d’éventuelles contraintes supplémentaires)
Plusieurs limites et contraintes sont à prendre en compte dans l’arbitrage de l’opération :
  • Le temps est limité d'où le caractère un peu précipité de l'opération (préparatifs accélérés).
  • Les agents volignonistes sont nombreux mais malgré tout on reste en terre catholane, donc on ne peut pas agir totalement librement.
  • Elles ont beau haïr l'Eglise catholane, ça reste des nonnes, elles ne tueront pas des innocents et préfèreront renoncer au tir que de risquer de blesser des personnes qui ne sont pas ciblées.

Moyens engagés :
Deux assassines à savoir les sœurs Gaudeline et Lucienne (formellement des soldats pro du Makota puisque Volignon n'a pas d'atlas actuellement), un fusil à lunette pour sœur Gaudeline et un fusil d'assaut pour sœur Lucienne (formellement deux ALI NV11 du Makota). Il s'agit d'un "simple" assassinat, pas d'une opération militaire.
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Blason de l'Etat Pontifical d'Almaräg

A fraternitate ad fratres nostros Christianos de Sancte
Bulle Pontificale pour le bon déroulé du Conclave de Sancte

sa sainteté Karl IV

Episcopus Karl IV a écrit :"Mes frères, mes soeurs,
Je m'adresse aujourd'hui à vous en ce 20 Mai de l'an 2020 pour saluer un acte majeur du monde des enfants de Dieu. A l'heure où je vous parle, le pape Augustin de l'église de Catholagne de Sancte a vu son âme revenir vers Dieu. Cela marque ainsi la fin d'un pontificat dans cette église soeur du Christ, et bien que nous en sommes éloignés, nous nous devons d'honorer une de nos missions qui se doit de nous aimer les uns et les autres, et ainsi de veuillez sur les uns et les autres.

De ce fait, au nom de l'église catholique impériale, aussi nommée église impériale kaulthe, nous prions pour le bon déroulé du Conclave de Sancte, en qui ses membres sont aussi nos frères et soeurs chrétiens. La paix et la fraternité sont aujourd'hui nécessaire dans un monde exténué par les guerres et les tragédies de l'existence. Malgré nos divisions, nous restons tous et toutes des enfants de Dieu, et les disciples de notre seigneur Jésus Christ. Seul Dieu peut juger, à notre montée au ciel, si nous avons été de bons chrétiens. Que nous soyons orthodoxes, catholiques, catholiques impériaux, volignonistes ou protestants, aimons nous et souhaitons nous de suivre la voix de Dieu et de trouver un sens à l'existence à travers lui et sa mission confié au prophète Jésus Christ. Amen !

Par ceci, en ma qualité d'Episcopus du catholicisme impérial, représentant de la volonté divine sur terre par notre foi, je souhaite milles bons déroulés au conclave se tenant à Sancte afin de désigner un nouveau représentant pontifical à leur église.

Au nom du Père et de notre Seigneur Jésus, que la paix et la joie honorent les futurs jours de Sancte !
5007

Les nonnes de Volignon sont sur la brèche : Rien ne doit nous échapper ou petite enquête sur ce qu'il faut penser de ce jashurien, monsieur Jacob Kapoor, nouveau papabile.


La sœur Irmangarde, agente de renseignement de Volignon, approche l'entourage et intègre discrètement le personnel de monsieur Jacob Kapoor.
La sœur Irmangarde, agente de renseignement de Volignon, approche l'entourage et intègre le personnel de monsieur Jacob Kapoor.

Narration de l'Evénement

Monsieur Jacob Kapoor n’avait jamais fait les frais d’une enquête en bonne et due forme car il n’était jamais vraiment paru aux yeux du monde comme aux yeux des hiérarques de Volignon comme un cardinal au sens vrai et plein ( ce qui, compte tenu du peu d'estime que le clergé volignonais avait pour les catholans, était certainement un compliment). Sa discrétion et sa douceur associées à son absence déclarée et maintes fois prouvée de toute forme d’ambition démesurée avaient eut comme conséquence logique que l’on ne s’était jamais pris la peine d’aller éplucher sa vie, ses propos et ses contacts ; en somme, on ne l’avait jamais espionné. Ses ambitions nouvelles, cependant, qui faisaient de lui, mécaniquement, un papabile, rebattaient un peu les cartes. Une investigation devenait dès lors nécessaire. Mais l’on connaissait (ou l’on croyait connaître) l’individu et l’on se dit qu’une approche discrète associée à une collecte d’information en source ouverte (en un mot une enquête de routine) suffirait bien à apprendre ce que l’on voulait savoir, à savoir à quelle catégorie de papabile il appartenait.

Les services de Volignon avaient, en effet, monté toute une typologie, en réalité très simple, pour classer les cardinaux papabiles et organiser contre eux, le cas échéant, les opérations qui s’imposaient. Il y avait d’abord les dingues comme le travesti de Carnavale ou le Pyromane de Listonie ; ceux-là étaient une véritable bénédiction car s’ils étaient élus, ils montreraient la face sordide, mais réelle, de ce qu’était devenue Catholagne, cette fausse église odieuse. Il y avait également les crédibles, c’est-à-dire ceux qui avaient de bonnes chances d’être élus mais dont l’élection n’entraînerait que peu de changement et ne manifesterait que très imparfaitement l’horreur et l'abomination qu’était devenu la Catholagne apostate, et en réalité la plupart des candidats étaient au nombre de ces crédibles. Enfin il y avait les dangereux, ceux qui, énergiques et courageux, promettaient de rétablir la situation ; ceux-là, quand ils ne prenaient pas clairement parti ouvertement contre Volignon, étaient toujours des ennemis en ce qu’ils promettaient de masquer, par leur talent et leur dynamisme, la faillite morale de cette fausse église. Naturellement Kapoor n'appartenait absolument pas à la catégorie des dingues, c'était manifeste et il s'agissait très probablement d'un crédible mais on ne savait jamais, il aurait pu être un dangereux malgré tout, c’est pourquoi cette enquête s’imposait.

C’est ainsi que, tandis que les deux tueuses, les sœurs Gaudeline et Lucienne, protégeaient le travesti de Carnavale en attendant l’ouverture officielle du Concile et avec lui le droit d’abattre Désiré, et que la Mère Mahaut travaillait activement à raisonner monsieur Spinelli concernant Volignon, l’abbé Blondin, qui était le grand chef du renseignement volignonais à Sancte, missionna les sœurs Irmangarde et Régine, agentes de collecte d’information, pour mener cette enquête sur Kapoor. Comme nous avons déjà eu l’occasion de le préciser, nos sœurs collecteuses d’information étaient des personnes très peu fréquentables qui menaient une double vie, c’est le moins que l’on pût dire, dans laquelle la moitié consacrée à la vie religieuse avait une tendance certaine à diminuer progressivement et invinciblement face à l’autre moitié, celle qui consistait à s’infiltrer dans les clubs libertins et LGBT de Sancte et en particulier ceux réservés à son clergé (notons, pour ne pas accabler Catholagne sur ce sujet, que si nos deux barbouzes sont comme des poissons dans l’eau dans ce milieu pour le moins abominable aux yeux de Volignon, c’est bien dans ce même genre de clubs, mais en Volignon, qu’elles ont été recrutées, car ils y existent tout autant…).

Enfin l’appartenance à ce réseau que la morale volignonaise qualifie d’abominable rend quand même bien service à la vraie Église (celle de Volignon) puisque c’est ainsi que sœur Irmangarde a pu gagner quelques heures de service dans les appartements de Kapoor. Naturellement, il n’était pas question de faire autre chose que de l’observer avec affabilité (de toutes façons ces agentes de renseignement n’étaient pas capables d’avoir une arme dans les mains sans paniquer). Et tandis que sœur Irmangarde infiltrait gentiment l'intimité de Kapoor, sœur Régine lisait les articles le concernant dans les archives pour assurer la collecte des sources ouvertes. Il s’avéra rapidement que Kapoor était au nombre des crédibles ; on le soupçonnait, il est vrai, mais il fallait en être sûr. De tempérament doux et calme, et animé par un désir de conciliation qui le rendait inoffensif. Par ailleurs, son modernisme (car le progressisme est le cache-sexe du modernisme pour les Volignonistes) en faisait un candidat très prometteur qu’il convient de ne pas perturber dans sa campagne. Il a en réalité peu de chances d’être élu mais son élection, si elle advenait malgré tout, serait une bonne chose pour la vraie Église, celle de Volignon. Voilà ce que conclut l’enquête de nos deux nonnes interlopes, qui purent ainsi rapidement retourner à leurs clubs et réseaux qu’elles fréquentent, naturellement, par pur dévouement et pour la seule cause de Volignon…

Effet en terme de jeu

Le cardinal catholan Jacob Kapoor a été espionné subtilement par Volignon qui l'a classé comme un candidat dont l'élection ne serait pas inintéressante pour la cause. Aucune action ne sera donc entreprise contre lui (en l'état actuel du dossier en tous cas).
3602

Les nonnes de Volignon sont sur la brèche : Sœur Irmangarde et sœur Régine, nos deux sulfureuses agentes de renseignement prennent connaissance de la bulle de Karl IV et rendent compte à la hiérarchie.


 Les sœurs Irmangarde et Régine trouve la bulle en fouillant les papiers d'un officiel de Sancte.
Les sœurs Irmangarde et Régine trouve la bulle en fouillant les papiers d'un officiel de Sancte.

Narration de l'Evénement

Nos deux agentes de renseignement aux mœurs pour le moins dissolues se trouvaient à faire le ménage dans le bureau d’un officiel de Sancte (et donc à l’espionner, car nos deux nonnes ne sont pas du genre à faire la poussière ou quelle qu'autre discipline liée aux arts ménagers autrement que dans le cadre d’une mission d’espionnage) quand elles tombent par hasard sur un document officiel de l’Église autocéphale schismatique de Khaulte. Naturellement, la bulle, car le document en question est une bulle, est publique et l’avoir découverte n’est pas en soi une grande trouvaille, mais enfin, elles ont instruction de récupérer tout ce qui est intéressant et peut servir, or la bulle du schismatique Karl IV était assurément de ce genre de documents.

— Vous êtes certaines, ma sœur, que l’on doit le prendre ? Il va le remarquer si ça a disparu de sa pile. Et il n’est pas bête, il saura que ça vient de nous…

— Il ne saura rien du tout, ma sœur, puisque nous allons photocopier ce document et le remettre à sa place.

— Ce serait tellement plus simple de les photographier au téléphone…

— Oui, mais les téléphones sont restés à la sûreté, et avec ce qu’on y trouve, c’est pas plus mal, il ne faudrait vraiment pas que l’on soit pincées avec ça… La photocopie ira bien, personne ne nous suspectera.

— Lui, il va nous suspecter.

— Lui ? Il prend le café trois étages en dessous avec toute sa clique, il ne remontera pas avant cette après-midi. Allez, c’est le coup de cinq minutes. Vous allez voir, ma sœur, ce sera vite passé.


Et effectivement, elles sortirent du bureau et se rendirent à la photocopieuse qu’elles activèrent dans l’indifférence générale. Puis l’une d’entre elles plia la photocopie du document et la glissa dans l’une de ses poches tandis que l'autre remit l'original à sa place. Elles finirent rapidement le nettoyage du bureau (qui du reste était déjà globalement propre avant même qu’elles n’entrent en action) et quittèrent l’administration du Saint-Siège. Là, se rendant dans l’un des nombreux clubs dont elles étaient des habituées, elles s’installèrent dans un petit box discret, commandèrent deux bières bien fraiches, s’allumèrent des cigarettes puis se collèrent l'une à l'autre dans une promiscuité de corps telle qu’elle ne laissait planer aucun doute sur la nature réelle de leurs relations, puis elles devisèrent tranquillement, sans presque plus de marques du surmoi manifesté précédemment dans l’institution catholane :

— Ça va vraiment intéresser l’abbé ça, tu penses ? C’est simplement un document de prêchi-prêcha moderniste…

— Je te l’ai déjà dit, bécasse, on ramasse tout et ensuite on voit. Et oui, ça va intéresser l’abbé parce qu’on y voit que les impériaux reconnaissent implicitement les Catholans.

— Mais par relativisme, pas par adhésion ! Tu vois bien qu’au fond il s’en fout l’impérial de savoir si le Bozo de Sancte est le vrai pape ou non, il se contente de faire des politesses par pur respect humain.

— On s’en fout, on fait notre boulot et c’est tout.

— Comme tu veux. On va où ce soir ?

— On est attendues nulle part, je me suis bien organisée, donc on va où tu veux. Mais on va déjà commencer par reprendre deux bières, t’as pas assez bu donc tu es encore un peu trop chiante à mon goût.


C’est ainsi que commença une soirée encore mémorable et pour le moins peu compatible avec la vertu de religion. Le lendemain matin, de bonne heure et avec une gueule de bois mais un habit blanc sans aucun pli et parfaitement amidonné, les deux religieuses se rendront à Sainte-Émérantine pour y faire leur confession, accuser leurs péchés, recevoir leur absolution et donner la bulle de Karl IV à un abbé Blondin qui, naturellement, en avait déjà eu connaissance mais qui félicita ses deux ouailles avant de leur demander de retourner, de nouveau, dans l’administration du Saint-Siège pour une journée qui serait certainement assez semblable à la précédente.

Effet en terme de jeu

Néant. C'est une opération de routine.
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