26/05/2020
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Activités étrangères en Catholagne - Page 7

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Les nonnes de Volignon sont sur la brèche : Entre partage d'informations et légitime relâche, ou combien il est essentiel de savoir bien se récréer aux moments opportuns quand on fait œuvre de barbouzerie pour la sainte Cause.


Les sœurs Gaudeline et Lucienne, agentes de choc, rejoignent les sœurs Régine et Irmangarde pour s'offrir un peu de repos en bonne compagnie.
Les sœurs Régine et Irmangarde, agentes de renseignement, rejoignent les sœurs Gaudeline et Lucienne du service action pour une soirée.

Narration de l'Evénement

« Oui, oui, chacune amène quelque chose… Je sais, je sais que vous n’avez pas beaucoup d’argent, ma sœur, mais enfin, vous pouvez acheter un sachet de chips quand même ! Je compte sur vous pour 20 h, oui j’ai du vin… Du Château Volignon naturellement… plusieurs bouteilles ... À tout à l’heure. »

La sœur Gaudeline raccrocha. Elle se surprit à s’énerver contre sœur Régine qu’elle venait d’avoir au téléphone. Quelle pingre ! On n’était, certes, pas riche, c’est certain, mais enfin un paquet de chips, c’était quand même pas si difficile à trouver ; au besoin on pouvait le voler sur l’ennemi. À ce sujet, elle avait appris que la cantine ecclésiastique de Sancte était négligente dans sa surveillance des denrées et qu’il était donc facile d’en chaparder sans attirer l’attention. Cela dit, ce n’était certainement pas nécessaire, car sœur Gaudeline était persuadée que le duo de barbouzes avait reçu suffisamment d’argent pour leur mission mais que c'est par pure avarice qu’elles avaient l’audace de chercher à ne pas dépenser un seul denier pour leur soirée. Elles apporteront quelque chose, ne leur en déplaise ! se promit-elle intérieurement.

Cela était devenu en quelque sorte un usage dans le monde très particulier des agents d’influence de Volignon que de temps à autre, en cours de préparation de mission, l’on s’accordât une soirée de relâchement. Un moyen de décompresser. Ici, elles étaient quatre sur le coup - c'était un gros coup ! - avec une cinquième, la mère Mahaut, mais qui était partie discuter avec Stefano, le trouble-fête de la Dodécapole, pour lui faire entendre raison (mais la Mère Mahaut n'était pas des services, et il n'était de toutes façons pas question de l'inviter). Naturellement, entre sœurs de l’Ordre de Sainte-Régine, principal ordre monastique de Volignon, il était bien entendu permis de se détendre, mais toujours dans la mesure et la tempérance. Il n’était pas permis, par exemple, de boire ou de jouer aux cartes ou de se livrer à des intempérance plus grave encore comme elles allaient certainement le faire cette nuit. Il faut dire que les agents des services secrets de Volignon, s’ils étaient assurément de bons agents, n’étaient cependant pas, objectivement, de bons religieux, et les nonnes ne faisaient clairement pas exception dans le dispositif.

Quand elles ont loué leur chambre dans le petit hôtel miteux mais discret en bordure de Sancte, les sœurs Gaudeline et Lucienne ont naturellement pris qu’une seule chambre en prétextant des raisons d’économie budgétaire, mais se sont quand même assurées que cette chambre dispose d’un salon avec une vraie table et un minibar adapté. Cela leur permettait de recevoir plutôt que d’aller voir leurs consœurs ; ça peut sembler peu de chose, mais en organisant les réjouissances chez soi, on a la garantie que l’on ne se perdra pas sur la route du retour, en état d’ivresse avancée (on s’épargne ainsi pas mal de contrariétés insoupçonnées). Il serait peut-être plus prudent que personne ne reparte dans la nuit ; on pourrait se partager les lits, deux lits pour quatre, c’est largement suffisant, se dit-elle. Il faut dire que, pour en partager un avec sœur Lucienne depuis leur arrivée dans cet hôtel, elles ont pu constater par elles-mêmes que l’on dormait bien à deux dans un seul de ces lits une personne ; leurs invitées se serreraient un peu, voilà tout…

L’appartenance aux services spéciaux de Volignon offrait de surprenants privilèges tout à fait contraires aux lois les plus élémentaires de la morale prêchée par cette même église. Ainsi, dans la hiérarchie, personne n’a jamais trouvé à redire au fait que les sœurs Gaudeline et Lucienne vivaient de manière parfaitement maritale et de façon fort peu discrète — alors qu’il s’agit (mais est-il besoin de le rappeler ?) de deux femmes, et censément tenues à la chasteté par leurs vœux — et elles n’avaient aucune difficulté à obtenir l’absolution pour tous les désordres de leurs passions normalement tenues pour abominables par les autorités ecclésiastiques et vigoureusement poursuivies par le pouvoir séculier au Makota. La vérité était que Volignon n’attendait pas de ses portes-flingues qu’ils soient irréprochables, qu’ils se comportent en moines-soldats, qu'ils soient des saints, mais plutôt qu’ils fassent ce que l’on attend d’eux : sortir l’Église de l’embarras. Si les agents s’acquittaient des délicates missions qu’on leur confiait, alors la hiérarchie fermait les yeux sur tout, vraiment tout… D’ailleurs les sœurs Irmangarde et Régine, leurs invitées, n’étaient pas mieux loties qu’elles sur le plan des bonnes mœurs.

Gaudeline avait cru comprendre que ces deux agentes d’information n’étaient pas indifférentes au monde de la Nuit qui était leur territoire d’expertise informationnelle pour ainsi dire. D’ailleurs, il était vraisemblable qu’elles avaient été recrutées par les services précisément parce qu’elles s’étaient faites prendre à fréquenter ce monde (ce qui est beaucoup plus difficile à faire discrètement au Makota qu’ailleurs sur le globe). Elle savait donc, ou pensait savoir, qu’elle avait affaire à deux grosses noceuses débridées même si elle n’avait pas plus de détails sur leur vie. Cela dit, elle en aurait certainement beaucoup plus à l’issue de cette soirée, car boire, jouer et se détendre est un excellent moyen d’en apprendre plus sur ses collègues.

Elle se doutait bien qu’elles, pour leur part, en savaient certainement beaucoup plus long sur son dossier. Mais Gaudeline s’en moquait. Elle était droite dans ses bottes malgré les contradictions invraisemblables de sa situation. Elle était fille de vacher, passionnée depuis toujours des armes à feu et de l’équitation, et elle s’était découverte bien malgré elle un goût pour les femmes en côtoyant celle qui était sa camarade de classe et qui deviendrait sœur Lucienne ; et comme l’on fait au Makota dans ce genre de cas, elles avaient été placées toutes les deux en noviciat de complaisance et avaient rejoint les légions de religieux interlopes qui sont extrêmement nombreux au Makota, qui peut ainsi se vanter d’avoir un clergé pour le moins pléthorique (mais en réalité très défaillant). Naturellement, leurs désordres se poursuivirent comme attendu (il n'y avait aucune raison pour qu'ils cessent) ; cependant ils s’intensifièrent tellement que l’on songea à leur renvoi (ce qui aurait été une honte absolue pour leurs familles respectives). C’est dans cette situation précaire qu’elle et sœur Lucienne avaient été repêchées par les services.

Quand l’heure fut arrivée, qu’il fut 20 h, l’on frappa à la porte. C’étaient les sœurs Irmangarde et Régine. Et elles ne venaient pas les mains vides ! Elles apportaient les chips et même des petits saucissons d’apéritif. Gaudeline les fit entrer tandis que Lucienne mettait la table en rangeant quelques armes qui avaient été négligemment posées dessus :

« Allez, mes sœurs, ne restez pas sur le palier, venez. Ha, vous avez amené des saucissons… On est vendredi vous savez, il faudra donc attendre la tombée de la nuit, n’est-ce pas ? On n’aura qu’à prendre les chips pour commencer. » Dit-elle avec entrain.

Quand elles furent toutes les quatre attablées, le vin servi et les chips dans les bols, Gaudeline, en qualité d’hôte, prit les cartes et se chargea de faire le croupier pour la soirée. Rapidement, les premiers verres se vidèrent et l’on fumait beaucoup, cigarette sur cigarette, en riant, faisant des plaisanteries qui, à mesure que la soirée avançait et que l’alcoolémie allait croissant dans le sang de nos sœurs, se muaient en bouffonneries grotesques et gênantes. La partie de cartes allait bon train (on jouait au Barbu, le grand jeu de cartes du Makota) et l’on se serait davantage cru à une soirée de bidasses qu’à une réunion paisible de religieuses (peut-être parce que ces sœurs-là n’étaient finalement pas autre chose que des bidasses sous déguisement, un déguisement tellement crédible qu’elles y croyaient elles-mêmes).

Quand la nuit fut tombée et que l’on se trouvait donc liturgiquement rendu au jour suivant, il fut possible de manger de la viande ; elles sortirent donc le saucisson. Les bouteilles, elles, ne cessèrent pas de se vider. Tard dans la nuit, vers quatre heures du matin, il leur fallut mettre fin à la partie car Lucienne était endormie, ivre morte, sur la table. Difficile à dire qui menait aux points puisque celle qui était chargée de tenir les comptes dormait de tout son soûl depuis plusieurs manches. Elles convinrent donc qu’il était grand temps d'aller se coucher. Elles s’accordaient la matinée entière pour récupérer ; ensuite il faudrait revenir aux affaires sérieuses, à savoir la préparation de l'assassinat de Désiré, le faux cardinal de l’Église apostate qui menace la Sainte Église de Volignon. Pour l’heure chacunes allaient dans leur lit deux par deux : Gaudeline porta Lucienne dans le leur non sans difficulté et Irmangarde et Régine allaient dans l’autre, d’où elles se firent entendre longtemps après que la lumière fut éteinte. Naturellement, on négligea totalement le bréviaire… Ce qui était mieux, beaucoup mieux, que de songer à le dire… Il est capitale de savoir décompresser quand on est sur une opération importante. Qui sait si demain, la mort ne frappera pas un ou plusieurs membres du groupe ?

Effet en terme de jeu

Il s’agit d’un RP de préparation d’opération spéciale, en l’occurrence d’assassinat devant cibler Désiré. Pour le reste, j'informe les lecteurs que comme tout le monde, je joue clairement en surjeu pour le bien de l'histoire et la qualité des intrigues (on est en fiction je vous le rappelle), que les actions de mes personnages ne rendent absolument pas compte de mes opinions réelles et qu'en tout état de cause je ne crois pas aux méthodes violentes quelles qu'elles soient (et pas beaucoup plus à la politique non plus, d'ailleurs), je suis beaucoup trop pessimiste concernant la nature humaine pour être autre chose qu'un homme paisible (et largement désabusé), ce qui ne m'empêche pas de bien aimer (je me régale) mettre en scène des exaltés, des "Salafistes" en opération avec leur violence et leurs contradictions, rien de plus. Tout cela pour dire que je force un peu sur le cynisme comme d'autres forcent sur le burlesque (les deux ne s'excluant pas, d'ailleurs), rien d'autre. J'ai pensé que ce disclaimer serait utile pour éviter les incompréhensions et les discordes.
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Les nonnes de Volignon sont sur la brèche : Un nouveau Papabile entre en scène, il convient donc de mener l'enquête.


Les sœurs Régine et Irmangarde observent discrètement le papabile Frans Vol Szilveszter .
Les sœurs Régine et Irmangarde observent discrètement le papabile Frans Vol Szilveszter .

Narration de l'Evénement

Un nouveau candidat est à présent en course pour monter sur le siège de Catholagne. Une nouvelle enquête s’impose pour savoir à qui nous avons affaire et s’il est susceptible d’entraîner un changement de plan pour nos agents sur place. Nos nonnes spécialisées en collecte d'information, les sœurs Regine et Irmangarde, sont donc sur le coup. Rien ne doit échapper aux agents de Volignon, aucun danger potentiel ne doit être négligé. Le Conclave doit demeurer sous contrôle, il est capital que ce qui en ressorte soit conforme aux intérêts de la véritable papauté, celle de Volignon.

Une recherche internet, un peu de travail sur des articles de presse en sources ouvertes et quelques heures de filature adroitement menée permettent de saisir à gros trait le profil de l’individu. Il vient de Brann, une petite nation sous domination communiste jusqu'en 1945, soit après sa naissance. L’individu est vieux, plus de 90 ans. Il est clairement moderniste à un degré tel qu’il doit indisposer nombre de clercs parmi les Catholans eux-mêmes. Publiquement nicolaïte, il vit avec une femme, entretient des enfants qui seraient les siens, tient des propos incompatibles avec la foi, manifeste une impiété invraisemblable vis-à-vis des rites sacrés et de la discipline ecclésiastique. Il est cosmopolite et volontiers judaïsant et pratique sans vergogne la Libre Interprétation la plus libre et la plus assumée. En somme, il est incroyablement impie et moderniste. Il s’agit donc d’un candidat idéal, à mi-chemin entre ceux qui peuvent être élus et ceux qui sont tellement fous et hétérodoxes qu’ils en deviennent de précieuses aides pour la cause de Volignon.

Conclusion du dossier d’observation : Ce monsieur Vol Szilveszter doit impérativement être laissé tranquille voire soutenu car son élection, comme celle du travesti de Carnavale, serait une véritable bénédiction du Ciel pour Volignon, en ce qu'elle permettrait, une fois pour toute, de révéler l'imposture qu'est Catholagne.

Effet en terme de jeu

Volignon prend connaissance du profil de Vol Szilveszter et décide qu'il est urgent de ne rien faire contre lui...
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Quel stratégie Mon Père ?


À l'occasion du Conclave, Carlos de Salosse se rendait en Catholagne à bord de son jet.
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Avec lui, le Révérend Simone, les deux sont proches.
Simone est le confident de Carlos et don homme à tout faire, il est complice des manigances du cardinal san youtiens.
Par exemple, c'est Simone qui est chargée de l'achat de ce fastueux appareil.

Dans l'avion, Carlos à sa stratégie pour le conclave, plusieurs opportunités s'offrent à lui et sa main-mise sur l'Église du San Youté lui permet sans difficulté de choisir du vote des cardinaux san youtiens.
Il lui fallait alors choisir judicieusement ce qu'il allait faire.

La première chose à faire, la plus évidente, est de faire voter les cardinaux san youtiens en sa faveur.
Cependant, Carlos a beau être Cardinal preferito, il y a peu de chance qu'il finisse pape de Catholagne.
Une seconde option s'offre alors à lui : monnayer les voix des cardinaux san youtiens.
En effet, le Conclave est un rassemblement de ce que l'humanité peut faire de pire alors cette décision et loin d'être idiote.
De nombreux cardinaux seraient sans doute prêt à payer pour recevoir un soutien.
Une fois c’est stratégie exposé au Révérend, son avis était solliciter :

S - ”Et bien, vous connaissez deja mon opinion sur ce genre d’acte mais la n’est pas la question.
Je pense que vous pourriez solliciter quelques cardinaux qui vendrait leurs voix pour tater le terrain et si les retombées sont présentent alors pourquoi pas en vendre plus.”


C - ”Dans ce cas, tu sait ce qu'il te reste à faire mon cher révérend.
De mon côté, j'irais à la rencontre des autres cardinaux, voir si je trouve un favoris comme lors du dernier Conclave où simplement pour en apprendre plus.
Je pense aussi que notre Église va connaître plusieurs changements à mon retour.”
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Allô, c'est Son Éminence Juan, archevêque de Saint-Jacques-des-Mers, et je souhaiterai m'attirer les faveurs d'un ami qui ne sait rien de mes manoeuvres... Je me disais que pour quelques millions de talents d'or vous soutiendrez mon ami marcinois... J'ai une idée ! J'ai cru comprendre que deuxcardinaux de la Petite Brann ainsi que dix san youtiens seraient ravis de soutenir un preferito honnête et intègre, pour une rétribution des plus discrètes... évidemment. Oui, je sais... J'attends ma rétribution avec impatience... En revanche, je souhaite que vous brûliez les reçus bancaires et que vous soyez certains que les fonds transitent bel et bien par d'obscures comptes offshore... Un scandale serait des plus regrettables !
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Discussion avec Giovanni Spinelli à Sancte (neutralisée en Relations Internationales)
Il faut qu'on cause de ton attitude, Stefano. Ne t'inquiête pas, ça va bien se passer.


Mère Mahaut tappe à la porte
La Mère Mahaut tappe à la porte de Stefano, elle se fait connaitre et demande à lui parler, elle semble de mauvais poil et alcoolisée.

Narration de l'Evénement

La sœur ne cache pas son identité et dit d’une voix un peu forte où l’on sent toujours les relents d’alcool (et des intonations assez hommasses) tout en titubant légèrement :

« Je suis Mère Mahaut, supérieure des sœurs réginistes à Dakoraville, tu sais, on torche les orphelins qui errent dénutris et en guenilles dans les décombres dévastées au milieu des cadavres, vaste mission, ouf, on chôme pas, c'est pas de la mise en scéne comme dans tes tweets, et nous, tout le monde s'en fout et on a bien du mal à récolleter des fonds tellement tout le monde s'en fout ... et bien figure-toi que l'on m'a promis quelques subsides ... Evidemment ce n'était pas pour rien ... j’ai été dépêchée spécialement pour te parler, Stefano, à toi en particulier. Pour te faire comprendre certaines choses. Mais ... »

Elle lève les mains et tente de se montrer rassurante tout en continuant à tituber légèrement sous l’empire de l’alcool :

« Je ne suis pas armée et je ne vais pas te faire de mal, je le jure sur tout ce qu’il y a de plus sacré, et chez les Volignonistes ça veut dire quelque chose un serment. »

Elle sort malaisément et sans aucune grâce de sous le camail de sa guimpe une chaîne rustique qui se trouve autour de son cou et au bout de laquelle pend lourdement un petit reliquaire vitré en argent ouvragé d'assez belle facture :

« Tu vois ça, Stefano ? C’est une relique de sainte Régine, l’évangélisatrice du Makota, je suis pas certaine mais il me semble que c’est la seconde phalange de son oriculaire droit… enfin, on s’en fout. Je jure dessus que je ne vais pas porter la main sur Stefano, je ne vais pas lui faire du mal, il est en sûreté avec moi. »

Et elle accompagne ses mots par un geste de serment solennel sur la relique. Puis après l'avoir baisée d'un geste réflexe, elle range la relique dans son empilement complexe de linges blancs amidonnés et elle poursuit son monologue quelque peu confus et éthylique :

« Le taxi avait un peu de retard alors j’ai un peu abusé du whisky en l’attendant, j'ai discuté avec les gens du coin au bar, j'ai fais quelques bras de fer, tu vois ce que c'est, et les verres se sont multipliés... mais on a tous un péché mignon, n’est-ce pas ? J’aurai désaoûlé rapidement, c'est un entrainement, tu sais. Maintenant, on va avoir une discussion constructive concernant tes prises de position récentes vis-à-vis de Volignon. Ça nous a pas vraiment plu, tu sais, Stefano. Certains à Volignon s’en sont inquiétés et il y en a même qui sont vexés, c'est pas très bon pour toi, ça, Stefano. Heureusement, j'arrive à temps pour arrondir les angles. Mais on va parler calmement, j’ai juré, bien s’passer. Enfin, je pense que tu ne veux pas que l’on parle comme ça dans la rue, à la portée des oreilles indiscrètes, n’est-ce pas, Stefano ? Fais-moi entrer. On doit causer de ton attitude. Ça va bien se passer. »

Effet en terme de jeu

Néant (RP).
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La statue sans visage

La Christ a dit "priez pour vos ennemis" et Ludivine Enfant d'ajouter "car c'est tout ce qui leur reste".

Dans la chapelle Saint Thomatthieu de Carnavale, la cardinale Ludivine Enfant a donné une messe pour les homophobes, transphobes et pour tous les réactionnaires du monde. "Puisse notre Père leur pardonner car ils ne savent pas ce qu'ils font."

Dieu n'a-t-il pas fait la femme à partir de la cote de l'homme ? Si la femme peut naitre de l'homme, alors la transition de genre est la voie de Dieu. Les femmes transgenres marchent dans les pas du Seigneur, elles sont sa création. Alleluia !

La Vierge Marie n'est-elle pas tombée enceinte par immaculée conception ? Dans ce cas pourquoi la femme transgenre ne pourrait-elle pas tomber enceinte à son tour ? Dieu nous enseigne que la vie ne dépend pas de l'acte sexuel qui est pêché, ainsi peu importe le genre car le divin est au dessus. Les voix de Dieu sont impénétrables, Alleluia !

Les anges ne sont-ils pas asexués ? Le plus haut niveau de sainteté n'est-il pas atteint par celle qui, marchant dans les pas de Dieu, renonce à son sexe et se dévoue toute entière à Sa parole ?

Le moine et la nonne, en renonçant à la chair, se dévouent corps et âme à Dieu. La chair mérite donc d'être laissée de côté et n'a pas d'importance aux yeux du Seigneur. Présentez vous à lui saint et repentant, femme ou homme, et accueillez Son message, Alleluia !

Heureux soient les PD, les gouines, les trans, les travestis, les enculés, les sales pédales, les brouteuses de minous, les fiottes, les avaleurs de sabres, les hommasses, les refoulés, à voile et à vapeur, les tantouzes, les gros cochons, les gourmands, la jaquette, les non-binaires, les indécis, les freaks, les weirds, les queers, les bizarres, les franchement chelous et tous les autres dégénérés, ils sont les enfants du Seigneur !
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Les nonnes de Volignon sont sur la brèche : De la vertu d'obéissance comme vertu héroïque ou comment le devoir sacré de servir l'Eglise de Volignon peut conduire à devoir protéger un vieux travesti.


Les sœurs Gaudeline et Lucienne disent leur chapelet tout en surveillant les alentours et en tachant de ne pas écouter leur VIP .
Les sœurs Gaudeline et Lucienne disent leur chapelet en surveillant les alentours et en tachant de ne pas écouter les blasphèmes de leur VIP .

Narration de l'Evénement

— Ce vieux dégénéré va brûler en enfer et nous on doit le protéger ! Vous m’expliquez, ma sœur, comment on en est arrivé là ?
— Il n’y a rien à expliquer ma sœur, ce sont les ordres, voilà tout…
— Putain de mission ! Enfin, je veux dire…
— J’ai mal à la tête, on a trop bu hier soir, c’était pas très judicieux.
— Ce n’est pas la seule chose non judicieuse que nous ayons faite hier soir, vous savez bien de quoi je parle…
— Oui, et on va parler d'autre chose, nous sommes dans une église ma sœur ...
— Le Seigneur nous punit de nos péchés en nous envoyant cette mission dégoutante, c’est certain.
— Il va commencer son sermon, vite, commençons le chapelet, pitié, je ne veux plus l'entendre, je préfère le fouet.


Gaudeline et Lucienne, nos deux tueuses professionnelles des services volignonais, venaient de finir une soirée difficile et mouvementée, pour le moins déréglée et contraire à leurs vœux et comportant plusieurs péchés mortels (mieux valait ne pas les compter). Mais il fallait bien faire redescendre la pression, et l’alcool et les débordements qu'il provoque étaient parfait pour ça. Cela dit l’ivrognerie restait l’ivrognerie, et la débauche la débauche, et maintenant, elles le savaient, il fallait payer ! Leur directeur spirituel (pour d’autres structures on appelle ça un agent coordinateur) les a réveillées aux premières heures du jour, alors qu’elles n’étaient pas encore tout à fait désaoûlées, pour leur faire savoir qu’en attendant de pouvoir refroidir Désiré, qui est le grand ennemi de l’Église, Volignon attendait d’elles un autre service d’importance capitale même si ça allait leur semblait révoltant : elles devaient impérativement protéger un vieux travesti abominable qui risquait bien de se prendre une balle ou bien d’être rossé par la foule si les choses suivaient leur cours.

Il ne fallait pas le faire parce que c’était bien, parce que le type le méritait, non, il fallait le faire parce qu’il en allait de l’avenir de l’Église : ce vieux travesti était capital parce qu’il incarnait en sa chair ce qu’était Catholagne, son vrai visage hideux et maléfique, et il devait vivre pour pouvoir offrir au monde ce spectacle horrifique. Idéalement, il faudrait même qu’il soit élu, mais ce n’était pas très probable et en tout cas ça ne dépendait pas d’elles. Elles, à qui on ne demandait pas leur avis du reste, avaient comme mission sacrée de protéger le vieux travesti par tous les moyens possibles. Et ce, en attendant qu’on les autorise à tirer sur Désiré (mais les préparatifs étaient encore en cours).

Manifestement, elles avaient dû en faire des belles cette nuit pour se retrouver avec une manifestation aussi implacable de la justice immanente de Dieu. Et le pire c’est qu’elles avaient beau prier, dire leur bréviaire et faire tous les exercices de piété possibles et imaginables qui allaient bien au-delà de leur pratique ordinaire (laquelle était, avouons-le, assez médiocre), jamais elles ne pouvaient se prémunir tout à fait du prêchi-prêcha terrifiant et insupportable du travesti, travesti qu’il, rappelons le, leur était strictement interdit de toucher. C’était un châtiment bien cruel que le leur, un Purgatoire ardent et anticipé. Oui, il fallait prier, encore et davantage, un seul rosaire ne suffirait pas, et demander au Ciel la force de ne pas porter la main à leur holster pour purifier le monde de cette abomination qu’elles ont le devoir de protéger. Définitivement, les voix du Seigneur sont impénétrables.

Effet en terme de jeu

Les deux assassines de Volignon doivent protéger le cardinal carnavalais en attendant la fin des repérages des deux agents de renseignement. Elles sont discrètes et se tiennent à genoux dans le fond de l'église. On les voit grimacer et montrer des signes d'une piété souffrante absolument remarquable (à défaut de tempérance et de chasteté, elles pratiquent admirablement bien la vertu d'obéissance ...).
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Intérieur de la Cathédrale d'Antrania. // Intérieur de la Catédrale de Milan (Duomo di Milano).

Le Concile des Cardinaux antérinophones.

Avant de pénétrer dans l’immense cathédrale antérinienne (protégée par quelques militaires), Désiré prit soin de respirer profondément, d’expirer lentement et de prier silencieusement. C’était bien la première fois qu’un cardinal marcinois se présentait à une élection pontificale, et c’était bien la première fois que ses puissants amis au gouvernement avait tout mis en œuvre pour rassembler l’intégralité des électeurs antérinophones. Et pourtant, malgré toutes ces intrigues menées en sous-main par les élites politiques marcinoises pour pouvoir placer l’un de leur compatriote sur le Trône de Saint Pierre rendaient anxieux Désiré ; rassembler des cardinaux est une chose facile, les convaincre de voter à l’unanimité pour lui relevait tout simplement du miracle… Il admira une dernière fois les arbres qui pointaient leurs branchages vers les cieux, comme pour intercéder en sa faveur auprès du Seigneur… Mais son attention fut distraite par un petit merle noir qui se mit à chanter ; il sourit béatement ; la Création était décidément bien faite… Et comme pour répondre par l’affirmative à sa remarque, les moineaux répondirent par leurs piaillements si caractéristiques, tandis que les quelques rouges gorges qui s’étaient posés sur les arbres se mirent aussi à chanter… Ce petit orchestre amusa encore plus le Marcinois, fasciné par la beauté presque surnaturelle de la nature. Tout cela ressemblait à un gigantesque concert ; les violons répondaient au basse, les basse au piano, le piano aux trompettes et les trompettes aux violons. Et dans cet apparent désordre, ce chaos de façade, cette illusion qui nous fait croire que l’homme est la seule créature vivante capable de mettre en place un semblant d’ordre, de discipline, de méthode, se cachait en vérité une certaine cohérence.

Rien n’était plus beau que ces chants spontanés, et rien n’était revigorant pour cet homme que ces « miracles du quotidien », comme il disait, ces merveilles de la Création qui nous rappellent que l’Homme n’est pas la seule créature capable de créer le Beau, et que ces petites bestioles, ces volatiles, ces piafs, pouvaient eux aussi faire preuve d’une certaine sensibilité artistique pour séduire les belles… Désiré était tout bonnement fasciné par tout cela ; il s’oublia, continua à sourire béatement durant quelques instants… Admira encore quelques minutes ces arbres décharnés qui paraissaient supplier le ciel, regarda quelques instants ces oiseaux s’installer sur ces voûtes artisanales, faites de bois et de branchages, écouta encore ces créatures former un chœur à la fois si harmonieux, et à la fois si disparate. Le Ciel, décidément, avait fait un beau cadeau à l’homme en lui livrant la Terre ; en lui offrant la beauté à l’état naturel, la magnificence même emballé dans une telle simplicité qu’il devenait facile de la détruire. Un présent fragile avait été fait à l’humain, une merveille à la fois si frêle et si forte. Le cardinal pensa immédiatement à ces femmes d’une grande beauté qui paraissent inaccessibles, fortes et emportées, et qui pourtant, derrière cette apparente grossièreté, se cachait un joyau d’une douceur et d’une chaleur inouïe. Il se perdit à admirer encore une dernière fois ces créatures ailées… Il oublia ses tracas, ses petits soucis personnels, il s’oublia lui-même devant cette œuvre musicale d’une si belle simplicité…

Mais alors qu’il se perdait dans ses pensées, son jeune assistant, un Marcinois aux traits aimables et à la figure avenante le rappela à la tragique réalité ; « vous devez y aller mon père. » lui fit-il tristement, en sachant pertinemment que son mentor, son protecteur, mais aussi son ami, allait devoir combattre un véritable nid de vipères ; la corruption de l’Église ne s’était pas arrêtée nette aux frontières antériniennes, malheureusement elle avait traversé l’intégralité des structures religieuses ; quelques évêques intègres ne pouvaient stopper ce char de malheur qui courrait à toute vitesse, ses auriges, Avarice, Cupidité et Luxure n’avaient aucun ennemi ; David avait une chance contre Goliath, David avait une fronde et Goliath était loin… Seulement, ces braves évêques ne pouvaient espérer qu’enrayer ce phénomène qui grignotait l’Église de l’intérieur ; mais en vérité leur action n’avait que des conséquences minimes. La plupart de ces Éminence n’aimaient qu’une chose ; l’argent, le service de Dieu ne les intéressaient plus vraiment, l’amour de l’autre n’était plus désintéressé, seul l’or, l’appât du gain poussait ces hommes à s’engager sur le chemin de la cléricature. Et le Marcinois ne connaissait que trop bien ces vices, ces passions malsaines et néfastes qui pullullaient au sein même de l’Église de Pierre, au sein même de cette institution qui promettait pourtant de guider les brebis égarées vers la vie éternelle. Et encore une fois, l’Église elle-même fut détournée par des hommes peu scrupuleux qui se comportèrent en parasite, ils sucèrent le sang et les capitaux de l’Église, péchèrent avec assiduité tant qu’ils pouvaient y gagner quelque chose, ils trahirent leurs vœux, Dieu et leurs ouailles pour quelques deniers ; ces Judas modernes étaient légions. Le vice appelant le vice, ce fut une génération toute entière de prêtres et d’évêques corrompus, traîtres à la foi, qui établirent leur nid… « Je le sais, ils m’attendent déjà. » soupira t’il, lassé par ce rôle qui commençait à lui peser sur les épaules.

Il entra dans l’immense bâtisse de marbre ; un colosse immaculé d’une munificence et d’un gigantisme incomparable ; la perle qui rappelait au monde entier ce dont était capable des générations d’hommes ayant conscience de servir quelque chose de plus grand qu’eux. Ces milliers de statues taillées avec une telle finesse, ces millions de blocs de pierre déplacés dans ces cages à hamster par des milliers d’artisans, des tailleurs, des verriers, des souffleurs, des mosaïstes, des sculpteurs, des menuisiers et puis des peintres et des artistes en tout genre qui donnèrent vie à ce monstre sorti de Terre, s’élevant vers les cieux pour la plus grande gloire de Dieu. Ces milliers de bras, ces dizaines de contremaîtres et d’architectes, ces centaines de financeurs n’ont pas vu la fin des travaux. C’était une mentalité bien particulière qui pouvait produire de telles œuvres ; cet effacement de soi au profit du Ciel, cette ferveur religieuse qui confinait au fanatisme habitait alors les bâtisseurs de cathédrales ; ces hommes qui offrirent à l’humanité et à leurs descendants ce présent destiné à rendre hommage au Père. Des prouesses ingénierie furent accomplies pour la gloire du Seigneur ! Et encore aujourd’hui la majesté de telles œuvres ne peuvent manquer d’impressionner ; voir ces flèches s’élever vers les cieux, ces gargouilles nous fixer, comme si elles avaient encore un quelconque souffle de vie qui faisait battre leur cœur de pierre, ces vitraux réverbérant une vive lumière colorée, ces portes immenses nous rappelant que nous ne sommes rien face au travail du temps, que nous sommes moins encore que la poussière face à ces travailleurs acharnés qui élevèrent ces flèches, ces vitraux, ces portes, ces statues pour la gloire d’un Dieu qu’ils ne voyaient pas, par amour d’un Fils qu’il ne connaissait que de nom, en l’honneur de créatures ailées qui n’existeraient pas…

Et pourtant dans cette folie des grandeurs il y avait une touchante sincérité ; dans cette course au Beau pour rendre hommage à un Dieu possiblement indifférent aux troubles qui agitent ces milliards de petits insectes peuplant la terre. Comment croire que des évêques, que des rois, que des grands banquiers acceptèrent d’investir pour une cathédrale qui ne serait même pas achevée à leur mort ; il fallait parfois des siècles pour voir un projet aussi gigantesque prendre fin. Et pourtant, ils acceptèrent de lâcher des millions de talents, de livres ou de couronnes pour alimenter l’élévation d’un tel édifice. Comment comprendre ces tailleurs qui insufflèrent à chacune des créatures qu’ils sculptaient un souffle de vie, ces sculpteurs qui firent de la Vierge et à son Fils des personnages tragiques presque vivants malgré leur éternelle immobilité. Cette ferveur quasi-mystique est ce qui donne à ces merveilles de l’architecture médiévale leur touche d’originalité ; c’est ce qui fait de ces bâtiments de pierre des œuvres magiques, infiniment plus profonde et sincère que ces palaces construits par des patriciens, des tyrans ou des despotes mégalomanes ; l’ouvrier qui élève ces monceaux de cailloux et de dorures travaille pour un homme pressé de jouir et d’en jeter plein la vue à ses visiteurs, tandis que l’artisan se livrant à un tel travail, acceptant de ne même pas en voir la fin, acceptant de voir ses apprentis le finir, ne travaillait même pas pour un prélat ou un riche monarque ; il travaillait directement pour Dieu. Il travaillait à la réalisation d’une œuvre commune qui le dépasse, qui dépassait même ses employeurs et ses maîtres. Une chose merveilleuse que de construire quelque chose qui sert les buts d’une mission quasi divine.

Malheureusement cet état d’esprit n’était pas vraiment partagé par les illustres Éminences qui s’étaient déplacées jusqu’à Antrania. La cathédrale avait été, temporairement, transformée en une salle de marché ; les cardinaux s’échangeant le cour actuel d’une voix ; on entendait même Monseigneur Juan, l’un des évêques hernandiens les plus corrompus hurler que la voix d’un cardinal peut s’acheter à 850 milles talents d’or ! Tandis que peu après il galvanisa ses troupes en affirmant que l’on pouvait aisément monter à un million de talents d’or la voix… Désiré ne put s’empêcher de souffler ; cette scène ne lui rappelait que trop bien celle du Marché du Temple, sauf que cette fois-ci ce n’étaient pas des marchands peu scrupuleux qui vendaient du poulet ou du poisson à des passants pressés, mais bel et bien des cardinaux qui décidaient du cour de la voix pour cette élection Ô combien décisive pour l’Église de Sanctee… L’avidité ne connaissait donc plus de limite ; voilà qu’au sein de la maison de Dieu l’on osait brader sa voix à ceux qui prétendent guider les agneaux de Dieu ; ce fut un véritable choc intérieur pour l’évêque afaréen. L’on osait donc trahir ainsi l’Église et Dieu en même temps sous Son propre toit. Quelle ignominie ; l’idée de mettre une baffe à ce roquet prétentieux traversa rapidement l’esprit du Marcinois, mais il dût se retenir ; il devait cultiver une image d’homme conciliant et affable, même si au fond de lui même il exécrait plus que tout cet homme, il devra malgré tout le rallier à son point de vue s’il voulait espérer recevoir le soutien tout entier du concile antérinophone qui rassemblait l’intégralité des cardinaux d’Antérinie, de Marcine, d’Hernandie et du Marcheburg. Mais, visiblement les hommes en soutane n’étaient pas tout seuls, à l’entrée de la Cathédrale deux hommes acceuillirent le preferito ; Aimé Bassé, ministre des affaires étrangères marcinoises ainsi qu’Aimé, l’un des prêtres attaché au service de Son Éminence.

- « Vous voilà enfin ! Regardez les, tous des enfants à tenter de se vendre un bout de chiffon sans valeur ! Comment l’Église a t’elle pu tomber si bas, la voilà qui s’est empêtrée dans une frange morale ; on dirait ces enfants nés dans la misère qui vivent dans la boue ; seulement ces bien estimés Éminence ont choisi de nager dans ce tas de cochonneries, dans cette immoralité généralisée et dans le péché ; ils s’y vautrent si bien qu’ils n’ont même pas honte de marchander leurs voix au plus offrant ! J’espère sincèrement, Éminence, que vous mettrez fin à ce désastre moral… J’en suis effaré et même outré ; à croire que la Réforme protestante aurait dû s’étendre jusqu’à l’Antérinie… Un drame immense qui me bouleverse profondément mon père. Un tel cynisme, comment a t’on pu permettre une telle chose, comment le Seigneur a t’il pu faire choisir de tels spécimens pour rejoindre les rangs du Conclave et de la Curie ; la tête même de l’Église, sauf votre respect mon père, est devenue folle, pire encore elle semble déterminée à se suicider, pour peu qu’ils y gagnent quelque chose… »

- « Je le sais mon fils… Je ne le sais que trop bien malheureusement ; je me vois réduits à tenter de sauver ce qu’il reste avant l’effondrement moral et complet de l’Église… Il va y avoir du travail et la question que tout le monde devrait se poser est : comment préserver l’Église d’elle-même ; de sa folie destructrice qui menace de tout emporter sur son passage. Mais tant que j’aurai encore, ne serait-ce qu’un souffle de vie, je vous promets de ne pas laisser tomber cette tâche quasi surhumaine qui m’attend.Que Dieu m’en soit témoin je purgerai si nécessaire l’Église de tout ces éléments corrompus ; et je ne crains que cela ne soit malheureusement pas suffisant… Et puis, je vous comprend ; même si les protestants sont fondamentalement dans l’erreur, que les pasteurs sont d’un ennui, que leurs temples sont des squats déguisés « églises » et qu’ils sont, de vous à moi, vraiment lassants avec leur manque de goût et leur capitalisme débridé, il n’en demeure pas moins qu’ils aient pu avoir des commentaires pertinents sur le délitement moral de l’Église… Ils sont même tout à fait pertinents… Et me voilà forcer d’essayer de leur donner tort par les faits…Que le ciel me vienne en aide, c’est une mission bien ardue que l’on m’a confié, mon fils. »

- « Je suis certain que les Marcinois et une partie des Antériniens vous soutiendront ; ils seront probablement ravis de pouvoir supporter le poulain du Royaume de Marcine si vous me permettez l’expression… Quant aux Hernandiens, il va falloir faire des concessions… »

- « Je le sais Aimé, je le sais. Et c’est bien cela qui m’ennuie ; comment pouvoir céder face à des gens que je méprise du fond de moi-même ; je ne crains que ce soit au dessus de mes forces, ils prostituent l’Église et je devrai quand même leur donner des garanties ; c’est infamant, c’est même humiliant, vous n’imaginez pas à quel point c’est incommandant que de s’acoquiner avec de tels phénomènes ; et je suis certain que cela est même au-dessus de mes forces ; ce serait une humiliation qui salirait mon nom à jamais… »

- « Souvenez des Evangiles mon père ; n’est-ce pas Jésus qui demanda à Dieu de pardonner les Rhêmiens alors qu’il était sur la Croix ; «Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font » n’est-ce pas ce qu’a dit Jésus ? Après tout, même Ponce Pilate s’est repenti de son déicide ; n’est-ce pas la preuve que tout être humain peut se racheter pour ses mauvaises actions ? Et puis, vous n’avez pas le choix ; vous le devez, tant pour l’Église que pour l’honneur de votre nom. Que diront vos neveux et nièces en apprenant que vous avez refusé d’essayer de réformer l’Église parce que vous détestiez Juan de Làsàre ? Pensez-vous réellement qu’à l’heure où deux monstres se disent prêts à s’asseoir sur le Siège de Saint-Pierre alors qu’ils ne croient même pas en Dieu ; vous devez le faire Éminence ; c’est votre premier devoir en tant qu’évêque. Votre second devoir est de savoir se comporter en bon chrétien ; et pardonner Juan est une épreuve à subir. »

- « Puisque vous le dites… » soupira l’évêque marcinois, impressionné par la pugnacité de ce prêtre. Mais alors qu’il s’apprêtait à remercier son ami pour ces précieux encouragements, le doyen de cette sainte assemblée, qui n’avait plus grand-chose de sacré, prit la parole avec son ironie si caractéristique des vieux évêques désabusés, ayant compris la nature humaine en observant les pires hypocrisies, en écoutant les pires consciences et en pardonnant tout les excès sans même être capable de les nommer. Il était fatigué de tout cela ; de cette folie humaine, de cette course à la démesure et au blasphème qui semblait s’être emparé de l’Humanité tout entière ; et chacun de ses participants recevait l’absolution d’une Eglise devenue aveugle, incapable de mettre un point sur les « i » et de sévir lorsque cela était nécessaire ; une douce paresse s’était même emparé du Saint Siège et des pasteurs qui devaient guider le peuple de Dieu, combattre les hérésies et le mal partout où ils se présentaient ; et pourtant cette torpeur, si agréable soit-elle, avait plongé l’Église dans une forme d’apathie profonde ; elle n’était plus qu’un coffre qu’il fallait ouvrir pour profiter de largesses aveugles… Et cela l’évêque d’Antrania, l’un des prélats les plus respectés de cette assemblée l’avait compris depuis longtemps ; il était l’un des rares archevêques intègres, l’un des derniers représentants de l’Église telle qu’elle devait être, morale et honnête ; altruiste et généreuse :

- « Bien, messieurs les traders en soutane rangez les calculettes ! Maintenant mes frères, avant de commencer ce concile qui permettra de désigner de manière unanime le représentant de toutes les Églises du monde antérinien, nous devons nous recommander au Seigneur ; Notre Père qui est aux Cieux, que Ton nom soit sanctifié et que Ton règne vienne… » une fois le Notre Père terminé, le vieillard poursuivi : - « Demandons aussi à la Sainte Vierge de nous accorder sa protection:Je vous salue Marie, pleine de grâce… » dès que le Je vous salue fut conclue par l’Alléluia, le patron de l’Église d’Antérinie reprit : «  concluons avec une prière pour Saint Jérôme ; Toi Saint Jérôme, l’homme qui évangélisa les Antérinies, qui propagea ta foi avec la puissance du combattant et la bonté d’un prince excuse nos péchés, toi Saint Jérôme qui propagea ta foi avec la puissance d’un combattant et la bonté d’un prince donne nous la force de pourfendre l’hérétique et le païen, toi Saint Jérôme qui propagea ta foi avec la puissance d’un combattant et la bonté d’un prince donne nous la force de choisir avec discernement le nouveau Papabile qui représentera les clercs d’Antérinie, de Marcine et d’Hernandie. Toi Saint Jérôme, Saint Patron des soldats et des princes exauce-nous, nous te prions. » il marqua une pause, puis reprit : - « Cela dit, nous vous prions d’accueillir Monseigneur Anagonye ; candidat à l’élection pontificale qui se tiendra cette année, une fois notre prière commune réalisée… »

Et tandis que les évêques profitaient de ce silence pour continuer à faire grimper les prix ; on entendit même quelqu’un s’exclamer ; « un million cent mille la voix ! » au téléphone, une exclamation qui fut accueillie par un éclat de rire général ; sous le regard attristé des portraits de la Vierge à l’enfant et de Saint-Jérôme pourfendant le païen (ou le sans-culotte…) comme si ces peintures prenaient conscience du profond délitement de l’Église catholique dans son ensemble… Seul l’évêque d’Antrania leva les yeux au ciel comme s’il suppliait que ce dernier l’emporta loin de ces hommes.

Juan, ayant légèrement vieilli, même si son regard conservait son petit air de malice qui le caractérisait tant, chuchota à l’Archevêque Marcinois ; - « Quelle indignité, n’est-ce pas ? L’on ose ainsi brader nos voix pour élire celui qui devrait être choisi par Notre Seigneur Jésus le Christ Notre Sauveur ! C’est vraiment dramatique… », Désiré, connaissant le but de cette manœuvre sans pour autant savoir où venait en venir l’Hernandien répondit, affable, « n’est-ce pas ? » tout en repensant, non sans mépris aux instants où Monseigneur Juan avait rappelé le cours de la voix du cardinal à ses compères… Mais que pouvait-il faire d’autre si ce n’est acquiescé douloureusement tout ce que ce renégat disait… « Je vous jure, j’en suis scandalisé ! C’est vraiment immoral de faire ça, et si vous m’avez-vu faire ça, je ne faisais que m’en offusquer… Vous savez en Hernandie on s’offusque comme ça, et puis vous avez déjà voyagé là-bas, n’est-ce pas ? Et bien vous savez comment ça se passe, hein ? », le cardinal marcinois dût se forcer à répondre complaisamment ; « évidemment, je vous comprend Excellence… » son interlocuteur, sentant probablement qu’il avait le feu vert tacite de Désiré poursuivit : « Vous savez je vous soutiens totalement, à une seule condition ; que vous m’offrez une carrière à Sancte une fois que vous serez élu ; je sais pas, devenir Nonce m’intéresse… Je suis certain que je puis me révéler utile dans votre lutte contre la corruption, et la vingtaine de cardinaux que j’apporte avec moi seraient ravi de voter pour un homme aussi intègre, bon et généreux que vous… N’est-ce pas ? » le Marcinois pensa furtivement que c’était certain que Juan en connaissait un rayon sur la corruption… Puis il pensa rapidement ; avoir un homme comme ça au poste de Nonce apostolique n’était pas un problème ; dans tout les cas absolument personne ne contactait le Saint Siège, et puis si l’on pouvait dans un même temps s’attirer les faveurs des cardinaux plutôt corrompus, il ne fallait pas hésiter ; après tout il devait rassembler plus que diviser… Non ? Il répondit alors : - « Ce sont là vos seules exigences ? », son interlocuteur esquissa un bref sourire ; - « Pas tout à fait, mon âge et mon expérience dans ce genre d’affaires me donnent à penser que je peux être un atout pour votre équipe de campagne… Je suis certain que vous comprenez… Et puis on ne devient pas Nonce sans raison, n’est-ce pas ?», le Marcinois dût accepter ; il serait dommageable de s’aliéner un homme si influent chez les Hernandiens… - « Oui je comprends, mais rassurez-moi, pas de coups de fourrés, n’est-ce pas ? » Juan répondit simplement : - « Je suis l’honnêteté et la probité même Excellence ! », ce qui arracha un « Bien entendu » sarcastique au papabile…

- « Maintenant, mes frères, veuillez éteindre vos téléphones et oublier le cours de la voix pour entendre ce qu’a à dire Son Éminence Désiré Anagonye ; candidat à l’élection pontificale et favori de Marcine. » et tandis qu’Anagnoye s’avançait vers l’Autel il comprit qu’il fallait dorénavant séduire les Antériniens ; c’était de loin les plus exigeants qui réclamaient de solides garanties sur le dogme théologique et le refus de la compromission avec les sectes et les « déviances » les plus « malsaines ».

- « Mes frères, je ne suis qu’un homme. Un homme dans toute sa simplicité. Un homme qui a entendu l’appel de Dieu, comme bon nombre d’entre nous, et qui a décidé de le suivre. Un homme qui tente de guider les brebis égarées du Seigneur vers la vie éternelle pour Sa gloire. Un homme qui doit suivre à la lettre le mouvementé et tumultueux chemin de pasteur. Oui, ce n’est pas une tâche facile que la notre ; sauver de la damnation éternelle nos ouailles est une tâche difficile que nous prenons à bras le corps. Une tâche d’autant plus ingrate que nous avons nous-mêmes nos défauts ; nous ne sommes que des hommes et il nous est bien difficile de ne pas nous emporter, de ne pas imiter notre Seigneur Jésus le Christ en toutes circonstances… Oh oui nous avons à faire des choix difficiles, oh oui nous avons à défendre ce qui nous est cher.

Car voilà que notre mère l’Église Catholique Apostolique et Rhêmienne est menacée. Encerclée même. Assiégée par les hérésies qui se disent « catholiques » et qui se prétendent en plein accord avec nos Evangiles mais qui pourtant trahissent sans vergogne le message d’amour inconditionnel et absolu véhiculé par Jésus. La foi a été trahi par ces « Jésus » de Listonie et ces Archibald sortis d’on ne sait où… Ces pyromanes et ces athées qui ont été nommés cardinaux par on ne sait qui, ces païens qui se prétendent de la vraie foi et qui pourtant trahissent allègrement ses fondements même ; qui peut croire que Jésus, celui qui disait ; « aimez-vous les uns les autres » ait pu dire « brûlez-vous les uns les autres ! », comment croire qu’une machine qui défie l’ordre voulu par Dieu par son existence même peut diriger le Saint Siège ? Non je vous le dis, l’Église est encerclée par de faux prophètes ; par des Jezebel des temps modernes. Des prétendus hommes d’Église qui n’en ont que le nom et qui se déguisent en Homme d’Église pour leur intérêt personnel.

Mais malheureusement il y a pire ; l’Église a en ses rangs des traîtres ; l’Église est elle même trahi par des évêques, des diacres, des prêtres, des moines et des abbés. L’Église est volée, ses fidèles sont escroqués, ses principes sont liquidés et sacrifiés, et Dieu est trahi. Par qui me direz-vous ? Par des hommes de la cléricature ! Par des hommes qui nous ressemblent, qui parlent comme nous, qui nous imite, qui nous copient avec science, mais qui pourtant nous sont fondamentalement différents ; nous sommes bons et intègres, ils sont avides et cupides. Nous avons à cœur la santé spirituelle de nos ouailles, ils leur préfèrent la santé de leurs comptes offshore à Velsna ou à la Nouvelle Antrania ; Nous représentons l’Église dans sa pureté et ses contradictions, ils représentent les bassesses matérielles dans leurs splendeurs les plus tragiques. Nous incarnons l’Église, ils incarnent le Malin ! C’est hommes sont des traîtres qui brisent la confiance qui doit exister entre les prêtres et leurs fidèles.

Je ne prétend pas incarner la force morale de l’Église, je ne suis qu’un homme, avec de grands défauts, de terribles erreurs mais aussi avec des qualités. Je n’entend pas devenir un nouveau Grégoire, je n’entend pas non plus devenir le pourfendeur du mal et de l’hérésie. Je ne veux qu’une chose ; restaurer le lien de confiance qui doit exister entre chaque prêtres et chaque paroissien. J’entend rétablir un dogme plus pur, moins corrupteur peut-être, que celui qui a ouvert la porte aux pires escrocs ; nous ne pouvons admettre dans nos rangs des hommes qui se prétendent être le descendant direct de Dieu, des machines qui admettent croire en un Dieu oiseau, des monstres charcutés qui se disent « femmes » alors que ce sont des hommes ! Mais nous devons aussi châtier ces chapardeurs qui ne volent que pour eux ; ces brigands déguisés en moine qui ne servent que leurs intérêts propres. Je ne parle pas de nos frères de l’ordre de Saint Stéphano, mais des escrocs qui détournent les fonds de notre Eglise pour leur compte personnel, qui trahissent leurs vœux de pauvreté au détriment des nécessiteux, qui trahissent Dieu lui-même en mentant et en volant Ses fidèles !

Nous avons besoin d’une Eglise forte, nous avons besoin d’une alternative modérée représentant une Église moderne se préoccupant de tous. Car oui, l’Église doit aussi se tourner vers les oubliés ; souvenons-nous de ce que disait Jésus ; « Heureux les pauvres car les cieux sont à vous » ; n’oublions pas que le Sud global, encore en proie au paganisme a besoin de savoir que l’Église toute entière se souvient de nos frères de cœur qui vivent en minorité ; nous avons besoin de tourner les efforts évangélisateurs de l’Église vers l’Afarée, le Platoterra, le Nazum… Trop souvent nous nous concentrons sur l’Eurysie catholique ; mais trop souvent nous oublions les Jashuriens, les Talars, les Antériens où les Kah tanais ; trop souvent nous oublions que nous nous devons de soutenir nos frères de religion, unis dans l’amour du Christ.
 »

Il balaya l’immense salle d’un seul regard ; il étudia en quelque seconde les réaction de ses interlocuteurs ; Juan levait les pouces en l’air avec un grand sourire, les conservateurs antériniens hochaient de la tête, les progressistes aussi. Pour la première fois ils avaient trouvé un candidat capable de tenir les promesses de rigueur morale… C’était bien la première fois que l’on pouvait réunir ces deux bords irréconciliables… Malgré tout des regards suspicieux restaient ; cela se voyait que l’on ne pouvait pas les réunir tout de suite, que le en même temps social et écologique ne suffirait pas à satisfaire le en même temps conservateur… Certains espéraient bien que Désiré ferait un choix, à moins qu’ils ne préfère mener une politique du grand écart… Et alors que des murmures de désaprobation traversaient certains bancs ; mais voilà que Désiré de Marcine se leva et félicita publiquement le candidat ;

- « Bravo Votre Éminence, c’est avec des hommes comme vous que l’Église verra sa gloire passée restaurer ! Et puis, entre nous, merde à ces voleurs de Velsniens et à ces païens de Youslèves ! Ces coquins n’auront pas mes voix ! » Dès lors l’adhésion générale fût remportée ; le mépris vis à vis des rivaux séculaires de l’Empire triomphait sur les querelles partisanes… Les Hernandiens, menés par Juan de Làsàre se levèrent aussi pour applaudir ; le triomphe était complet ; une belle victoire pour Désiré Anagonye qui crut voir un sourire s’esquisser sur le visage de Monseigneur l’évêque d’Antrania. Au fond, Aimé Bassé applaudissait ; il espérait bien que le "poulain" marcinois remporterait cette course.

Effets :
-Les cardinaux antérinophones se liguent derrière Désiré Anagonye avec le bienveillant soutien du gouvernement marcinois.
- Bassé recrute un nouveau directeur de campagne, Juan de Làsàre, un homme à la moralité douteuse et aux pratiques pour le moins discutables...
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