14/08/2019
20:18:21
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Activités étrangères en Fortuna - Page 7

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Tirer pour tuer

La flotte velsnienne s'agite


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Son excellence, l'Amiragglio-Sénateur Gian Galleazo Baarisi, dit "le boucher du Chandekolza"


Au loin, sur les rivages, un petit groupe d'hommes et de femmes, les uns en uniformes de marins, et les autres en bleu de travail et en tenues de soldats, tous s'alignent devant la vague qui enfle, encore et encore par ce sale temps. Une femme parcourt leurs rangs, les cheveux blonds et ondulés qui viennent brutalement casser l'unité des couleurs froides qui règnent en maître ici. Elle pavoise, marque des pauses, eux ne disent rien, et la fixent dans une attente interminable. Un rituel folklorique, une cérémonie religieuse d'un monde ancien qui n'existe plus que pour se rappeler à une légitimité quelconque. La jeune jeune s'arrête, le dos à son auditoire, et la face tournée vers l'océan. Elle ne parle pas, elle hurle, elle vide ses poumons comme pour s'adresser à elle. A elle. La seule, la puissance féconde et destructrice d'une marée salée.

" Dame Fortune ! Regarde moi ! Ecoute moi ! Regarde les, écoute les. Guide nous comme tu as guidé l'armée des esclaves sur la lagune de Fortuna. Parle moi, parle nous. Je ne demande point la générosité, tu n'en as guère. Je ne demande pas ta pitié, seuls ceux qui ne t'ont jamais sollicité et qui en paient déjà le prix y ont recours. Je ne demande point le courage, point le malheur de nos ennemis, rien de toutes ces affaires qui ne sont pas de ton ressort. Je ne demande que la chance, car il n'existe aucune autre force véritable que celle là pour gouverner l'univers. Les qualités et les défauts ne sont rien. Nul n'est récompensé et nul n'est puni pour ses actes. La fortune et l'infortune ne sont guère de notre ressort, car il n'y a que toi qui tire les dés. ô Fortuna, fait vibrer ta corde, et fais nous tomber du bon côté. Signe ce contrat avec nous, et nous nous donneront entièrement. Dame Fortune ! Regarde moi ! Ecoute moi ! Regarde les, écoute les."


L'audience répond, à l'unisson, d'une voix rauque, impérative, et prompte à faire remonter une sensation de frisson tout du long de la colonne de tous ceux qui assisteraient à ce moment.

"Dame Fortune ! Regarde moi ! Ecoute moi ! Regarde les, écoute les."


La jeune femme renchérit.

" Dame Fortune: pas vu, pas pris."


Et l'audience répète, encore une fois.

"Dame Fortune: pas vu, pas pris."

Ces cérémonies désuètes, elles n'ont pas toujours existées ici, dans cette base. De telles manifestations n'auraient pas eu lieu lorsque la Classis III était sous le commandement de son excellence, la sénatrice Sofia Di Saltis. Mais les chose sont changé, et une nouvelle tête a pris la tête de la flotte dés lors que sa prédécesseur a fait son entrée au gouvernement. Loin de Velsna, la politique prévaut, encore et toujours.


L'air est frais ici, et humide. La pluie est tombée il y a peu, et sur les quais de maintenance, le personnel de la base a disposé des chemins de planche sur le bitume, pour ne pas glisser. Peine perdue, une autre averse est tombée quelques heurs plus tard; et le bois est désormais plus glissant encore que le ciment. Nous sommes loin de Velsna, à des milliers de kilomètres de la cité, et pourtant, ce qui se dit là bas se répercute ici bas dans la minute qui suit. La base de Port-Ponant, ou plutôt en des termes officiels "le centre de maintenance technique de Pal Ponantaise", havre portuaire pourtant secondaire dans le dispositif stratégique de la Marineria, est sans dessus le sous. Les ingénieurs font face à une activité inédite qui n'avait pas été atteinte depuis...c'est vrai depuis quand ? Peut-être en 2017, lorsque la base servait de port d'attache à plusieurs navires de la Classis III, qui avait participé à la camapagne du Chandekolza. La classis III: il est de nombreuses flottes velsniennes de la Marineria, au nombre de sept en tout, mais la Classis III, avec peut-être sa congénère de la Classis II, située en Achosie du Nord, sont ses flotes les plus prestigieuses, les plus puissantes, les plus grandes, celles qui assurent le va et vient perpétuel des marchandises vers le coeur de la Manche Blanche. La base, elle, l'est beaucoup moins, et ne sert que d'arrière boutique d'une flotte, dont les principaux ports sont plus au nord, à Mesolvarde et sur l'île de Tercera. Inlassablement, les navires vont et reviennent de patrouillent, dans des eaux grisâtres, obscurcies par des jours sans soleil, et par les pollutions résiduelles ramenées depuis Drovolski par les courants.

Sous le filet d'eau qui tombe sans s'interrompre, un jeune aide de camp manque de glisser sur les planches, puis d'entraîner avec lui plusieurs marins suivant le chemin inverse.

Excusez moi messieurs. Je suis pressé, laissez moi passer !


L'homme en bel uniforme de la Marineria n'avait pas plus de vingt cinq ans peut-être. Les splendides épaulettes et le lin de son beau costume étaient ruinés par l'averse, sur ces quais pourtant si peu fréquentés à l'accoutumée. L'officier enjambe à grosses foulées, un souffle sortant des poumons de cet air trempé, jusque dans l'intérieur des ateliers de maintenance des sous-marins de la flotte, qu'il s'arrête pour admirer en d'autres occasions que celle-ci.

Il monte les escaliers quatre à quatre, puis parvint finalement devant une porte fermée, dont il hésite à toquer.

" Fabio. Entre. Ne reste pas derrière la porte, elle ne va pas t'inviter en rendez vous."

" Oui excellence-Amirraglio."


L'Amrraglio, il entendu le bruit de ses pas derrière la porte. La faute aux escaliers de métal, mais aussi et surtout, à une ouïe bien développée. L'amirraglio est un Homme attentif au détail, qui ne ironiquement aux cérémonies implorant Dame Fortune, calcule la chance à tout bout de champ. Fabio passe le pas de la porte, qu'il referme derrière lui avec une grande délicatesse. Son excellence ne réagit pas, et a les yeux rivés sur le document qu'il est en train de signer, avec un trait vif qui caractérise sa griffe.

" Tu as participé à la cérémonie ?" lui demande t-il

" Non excellence, pas cette fois-ci. Mais je tâcherai de m'y rendre en même temps que vous.

" Ce n'est pas un concours de loyauté, Fabio. C'est un concours de foi. Quelle est donc la raison "impérieuse" de ta venue ? Es-tu là pour m'annoncer une autre nouvelle désobligeante qui mettrait à l'épreuve la bonne image que j'ai de toi ?"


La dernière suggestion de Fabio, pourtant, avait été bonne. Déplacer le siège administratif de l'amirauté de la Classis III de Mésolvarde à Port-Ponant avait été une décision forte, mais nécessaire: son excellence Amirraglio Gian-Galleazzo Barisi tenait le lieu en horreur, et son air malsain de rouille et de souffre le rendait malade, comme beaucoup des hommes de l'état-major. Alors il avait troqué la maladie pathologique contre la maladie pulmonaire. L'air de Port-Ponant était froid, humide et venteux, mais il n'impliquait pas d'autre maladie désobligeante que la pneumonie.

" Je ne sais pas encore si c'est une bonne ou une mauvaise nouvelle, excellence-Amirraglio. C'est...c'est une nouvelle, en tout cas. Le commandement de la base de Tercera nous a informé de mouvements de flotte importants de la part de la Portoscovie, dans le nord-Nazum. "


La Poetoscovie ? Une mauvaise nouvelle donc. Le passif entre la Classis III et la "Nation littéraire" existait, et était frais. Déjà au Chandekolza, lorsque Gian Galleazo n'avait pas encore arboré le tricorne de l'Amirraglio, l'affrontement armé avait été évité de peu, sous les conseils sagaces des alliés jashuriens. Encore une fois, dans le Nord-Nazum, la nations des "bouquineurs" avait improvisé un plan de déstabilisation de la Moritonie et des gouvernements de la Confédération socialiste, et encore une fois les marins de la Classis III "Fortuna Patres" avaient répliqué par la menace, qui avait failli tourner à l'affrontement. La Poetoscovie était rarement associée à une bonne nouvelle en quoi que ce soit, et amenait avec elle ce que les intérêts velsniens redoutaient le plus: le désordre. Une épine dans le pied d'un Sénat des Mille qui ne concevait l'existence de ce pays que comme une gêne malheureuse dont il avait à cœur de se passer, par un moyen ou un autre. L'occasion ne s'était pas encore présentée jusque là, peut-être était-ce le moment...

" Des mouvements de quelle nature, Fabio ?" demanda son excellence.

" Des mouvements...maximalistes, pour ainsi dire. C'est là le seul qualificatif que je leur ai trouvé, de là à y voir une opportunité heureuse en advenir, je pense que nous avons les cartes en mains, excellence. La nation littéraire a détaché une flotte importante. Nous ignorons encore vers quelle destination en absence d'un communiqué officiel. Mais nous connaissons la direction qu'ils prennent: potentiellement vers le détroit mésolvardien, et si ce n'est pas le cas, par la Manche Blanche. Encore que...si nous sommes malchanceux, ce pourrait être la Classis II de son excellence l'Amirraglio Sorrentino qui pourrait l'intercepter en Aleucie. Les effectifs sont importants: peut-être la moitié de toutes les forces navales poetoscoviennes. Un tel effectif ne peut signifier qu'une intervention militaire imminente. Peut-être terrestre. "


Il était difficile de lire et décrypter les pensées du gouvernement de la nation littéraire, dont les manifestations de l'impérialisme ont de tous temps été erratiques et imprévisibles. Une telle manœuvre, toutefois, était de l'ordre de l'inédit, et correspondaient dans le temps, à des prises de position récentes. Son excellence Barisi ne tarda pas à en faire le parallèle, de la pointe de sa langue fourchue.

" Nos amis poetoscoviens n'abandonneront donc jamais leur idée d'imposer des normes... Ils aiment bien ces mots mignons: "droit international", "normes", "règles"... Quelle région du monde est donc marquée par le non droit ces temps ci ? Je me le demande... J'ai mon idée, mais cela ne nous intéresse guère. Il est intéressant toutefois, d'envisager de nous débarrasser durablement de cette patrie bien gênante dans le Nord-Nazum, et qui n'existe que pour tourmenter nos analystes. Que propose tu donc, Fabio. Tu as mon oreille, mais gars à toi de me susurrer que les idées dignes de toi et de ta réputation de misérable petit intriguant."


Audacieux était de la part des poetoscoviens d'imaginer pouvoir passer par la région du détroit mésolvardien et du Nord-Nazum en ces temps où la Classis III y faisait la police des mers dans le cadre de la guerre retsvienienne, et peut-être y avait-il là un intérêt à faire un exemple flamboyant du "respect des règles". Si toutefois sa flotte prenait bien le chemin du pays gris.

" Nous avons le pouvoir de les intercepter, excellence, mais seulement s'ils daignent passer par le Détroit. C'est une bonne occasion de faire prévaloir votre autorité, et les règles ayant été édictées durant l'opération Veau marin, excellence. Or, la Poetoscovie est le candidat parfait à une telle démonstration. Et puis, il faut montrer au Sénat la bonne décision qu'a été de vous mettre à la tête de cette flotte. Il vous faut le prestige et la gloire militaire nécessaire à ce que vous soyez renouvelé à ce poste, et je pense que le Sénat ne sera que trop heureux de faire d'une pierre deux coups: un exemple de fermeté dans le Détroit, et la neutralisation d'une nation nous vouant des sentiments "ambigus". Nous avons le pouvoir de la faire, donnez m'en l'ordre, et ce sera chose faite."

Gian Galleazzo réfléchit longuement, plus longtemps que d'habitude. Alléchante était l'offre, mais ile ne pouvait se permettre d'agir dans un aval.

" Fais donc, mais occupe toi d'annoncer au Sénat des Mille, qu'une flotte fort menaçante et potentiellement hostile se dirige vers nous, et que nous n'aurons fait que nous défendre. Ce qui nous aura malencontreusement obligé à détruire l'intégralité de leur flotte. Et à exécuter leurs marins jusqu'au dernier. "


L'aide de camp sourit, montrant toutes ses dents jaunâtres, avant que l'Amirraglio ne renchérisse.

" Nous ne pouvons permettre d'agir seuls, même si je le voudrais pour ma propre gloire. Alors tu vas envoyer le message suivant à toutes les amirautés des autres flottes de la Marineria, qu'une flotte hostile de la Poetoscovie, qui a déjà accompli plusieurs attaques sur des navires civils, se dirige potentiellement vers eux. Que ces derniers s'arment et se préparent: la Classis I et II à Nowa Velsna, la nôtre dans le détroit, la classis Afarea vers le golfe alguareno. Comme cela, même si le Sénat y serait réticent, il sera contraint à l'affrontement par la Marineria elle-même."

" Cette couverture sera t-elle suffisante pour intercepter la flotte, excellence ?"

" Pas tout à fait. Nous devons nous parer à tout. Et il me vient l'idée de solliciter nos frères du sud. Envoie donc un message à Déria.."


Déria. Le nom qui ne devait pas être prononcé, et qui était même tabou pour ce magouilleur de Fabio, qui éprouva cette sensation, qu'il lui était si peu familière, celle de la peur. Déria était synonyme de Scaela: le tyran, le putschiste, l'indigne, le tueur, celui qui voulait se faire roi. Aussi, qu'un homme tel que l'amirraglio daigne dire ces deux syllabes était un terrible aveu: celui d'une complaisance vis à vis d'un ennemi à peine voilé du Gouvernement communal velsnien.

" Déria ? Excellence, êtes vous certain de vouloir associer notre action à cet individu ? Au diable Déria qui héberge en sa maison les Scaela ? Le démon-homme d'état lui-même ?"

" Nécessité fait loi, Fabio. Veux tu que nous pourrissions dans cette région infame jusqu'à la fin de nos jours ? Ou souhaite tu voir ton nom être scandé par la foule lors de notre victoire ? Va écrire ce message, et dis à Déria: que l'homme qui m'aidera à détruire cette flotte aura mon amitié, et que je deviendrais son obligé et son abonné pour tout ce qu'il intente de faire à Velsna. Qu'il occupe de sa flotte la Leucytalée et ses alentours en échange."


L'aide de camp ravala sa salive, et attendit que la boule lui montant le long de sa gorge se soit évacuée dans son souffle avant de répondre:

" Ce sera fait, excellence. Avez vous des recommandations particulières concernant d'éventuels prisonniers."

"Fais les tuer jusqu'au dernier, qu'il ne reste aucun d'entre eux pour me reprocher ce qui va se produire."


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Le Grand Tour de Bernaba di Albirio

Une invitation au voyage



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Bernaba s'ennuie...


Qu'est-ce qu'un "Grand tour". Le nom rappelle une idée maximaliste, une invitation à "un voyage total", tant intérieur qu'extérieur. Il faut tout faire ! Il faut tout voir ! Il faut tout lire, tout manger, tout écouter et profiter de tout. Mais il y a là bien davantage qu'un slogan de carte postale formulé à des touristes kah tanais naïfs et en quête de sensations fortes. Le Grand tour est une pratique aussi ancienne que la ville de Velsna elle-même. Enfin, peut-être, je ne sais pas...on ne conserve de trace de ces exercices qu'au XIVème siècle, alors partons du principe que cela remonte à très très très loin. A l'origine, il désigne la pratique commune des gens de l'aristocratie, souvent de jeunes gens, de tout abandonner le temps d'une année pour effectuer un tour complet de la Leucytalée, à la rencontre de ses curiosités remontant à la plus haute des antiquités, se quérant des dernières œuvres en vogue à Fortuna et à la cour du grand Charles Grain de Youslévie, rendre visite aux plus grands professeurs de rhétorique et de philosophie de Théodosine, avant de visiter quelque ruine antique sortant de terre, et finalement rentrer chez soi avec un souvenir. Cette pratique, dans la cité velsnienne, au sein de son aristocratie ne s'est jamais véritablement perdue. Les destinations ont changé: l'Alguarena, le Kah, le Jashuria et tout ce qui paraissait autrefois lointain et sans interêt sont devenues des endroits de prédilection devant permettre à l'aristocratie sénatoriale de s'encanailler loin de la cité velsnienne. Certains de ces voyages furent légendaires, à l'image du fameux "Tour de Youslévie" par Giacoppo Dangelo, homme de lettres du XVIIIème siècle ayant finit par en dresser une chronique qui est toujours éditée et populaire de nos jours parmi les amoureux des romans d'aventure.

Mais loin d'un simple loisir isolé, le "Grand Tour" a finit par se graver dans la pratique du pouvoir politique à Velsna. Financés sur les deniers propres des sénateurs en étant à l'origine, ces voyages ont fini par se transformer en ambassades diplomatiques ambulantes, dans le cadre d'initiatives privées organisées par de grandes figures. Ces voyages ne sont pas l'affaire de trois voyageurs, loin de là: ils se constituent en une démonstration de pouvoir. On a ainsi comparé les suites de ces sénateurs et hommes illustres comme des "cours royales itinérantes". Un Grand Tour, mené par une excellence illustre, peut atteindre en certains cas, plusieurs centaines de participants, voire dépasser aisément le millier, et être dans le beosin d'une logistique telle qu'elle rappelle une armée en campagne.

Pour les pays et les contrées que cette troupe sans armes traverse, cela peut constituer l'occasion ou jamais de se rapprocher de personnalités importantes de la cité velsnienne présentes dans le cortège: grand industriels, financiers, chefs de corporations commerçantes, magistrats de la République... Un Grand Tour, c'est avant tout l'occasion de nouer pour ces pays, de nouveaux contrats avec la cité velsnienne, traités et alliances, négocier des transferts bancaires, avoir une chance d'investir dans un entreprise cotée à a bourse de Velsna. Bref, une fenêtre ouverte sur un monde, qui qui ne cesse de se déplacer, et qu'il ne faut pas louper.

Mais quel est le rapport entre cette démarche profondément humaniste, ouverte sur le monde, et Bernaba Albirio ? A première vue, pas grand chose. Un grand homme a autrefois décrit le Patrice de Velsna comme "une personne très moyennement intéressée par l'art, la musique, le chant, le cinéma et toute autre manifestation culturelle susceptible de stimuler le cortex d'un cerveau humain.". Peu flatteur à première vue il est vrai, mais cet auteur fréquentant les salons velsniens a omis un trait de caractère propre à Bernaba Di Albirio, aka "le large": il s'ennuie. Pour un Homme qui était habitué à voyager, mais pour se battre, le changement de "compagnon de route de Di Grassi" à Patrice de Velsna a été rude. L'immobilisme, le mandat de Patrice, s'il l'eut accepté pour rendre service à l'ancien Maître de l'Arsenal, se révéla rapidement être une prison dorée. Une fonction au pouvoir inexistant, servant simplement de devanture de luxe à la République. A la vérité, Bernaba Di Albirio, en ce moment, était probablement le plus malheureux des Hommes (si l'on excepte la totalité des êtres humains vivant dans des pays du tiers monde, ça et les pauvres, de manière générale).

Le Patrice ruminait donc sa frustration de cette bonne nuit, devant l'un des nombreux feux de cheminée des appartements du Palais des Patrices. Parfois, il tapait nerveusement du poing sur l'accoudoir du fauteuil, sans raison apparente. D'autres fois, il faisait les cent pas, comme un lion en cage. A ses côtés, Bernardo, son domestique, était comme une ombre irritante ne le lâchant pas d'une semelle. Celui-ci vint se mettre entre lui et la cheminée, comme un vulgaire canidé réclamant de l'attention. Il montra au bout de chaque bras, deux peignoirs:

" Excellence illustre. Rouge ou bleu ?"

" De la même couleur que le peignoir de ta mère, Bernardo !"


Il ne faisait pas bon être le domestique d'un Albirio mal luné, et cela tombait bien: il l'était toujours. La question du domestique paraissait avoir déclenché chez lui un électrochoc. Il se redressa vivement de son fauteuil, comme frappé par la foudre, piqué au vif jusque dans sa dignité par une question aussi banale, aussi...médiocre.

"Il suffit ! Je suis Bernaba Di Albirio: mes ancêtres se sont battus contre les celtes à Vadimon, sur l'Arna, dans les Grandes Plaines, et toi sombre connard, tu m'emmerdes avec tes foutus peignoirs ?! J'ai fait la guerre de l'AIAN, espèce de sac à merde couvert de parfum ! J'ai débarqué à Umbra avec DI Grassi, je me suis battu à Hippo Reggia et à Vatluna. J'ai été en mission contre la Rache en pays slave, oui ou non ? OUI OU NON, Bernardo !?"

"Euh. Oui ?"

" Il suffit. Je me sens mourir à petit feu dans cette chaise, à perdre ma journée à écouter les maîtres de bureaux au conseil communal, et à faire semblant de m'intéresser à la réglementation de la taille des serviettes dans les restaurants ! A m'accoutrer avec une cape d'hermine ridicule, et un couvre-chef en forme de chibre à chaque fois que je sors comme si j'étais au carnaval de San Stefano ! Oui ! Il suffit ! C'est moi, Bernaba Di Albirio qui pour fuir les hommes de main de cette petite catin de Scaela pendant son coup d'état, a plongé à poil dans le Grand Canal ! Oui ou non ?!"

"Comment l'oublier, excellence illustre..."

"Je ne tiens plus ! Si je ne sors pas de ce palais, je vais devenir fou. Je déteste tout ce qui existe et qui respire dans cette putain de ville, Bernardo. Je.veux.voyager."

" Un voyage..."

"Oui, tu m'as entendu, Bernardo: un voyage. N'importe où mais loin d'ici, loin des Altarini, des Rufinus, des Ascone, de tous ces sénateurs qui passent leur vie à se regarder en chiens de faillence. Si je pouvais les étrangler un par un..."



Le domestique reposa les deux peignoirs et se recomposa. Il était certes de modeste condition, mais la condition de son intelligence surpassait quant à elle nettement celle de son maître.

" Excellence illustre. Peut-être pourriez vous réussir à concilier votre envie de voyage avec l'intérêt de l'Etat ?"

"Arrête d'essayer d'utiliser des mots compliqués pour essayer de m'impressionner Bernardo. Et dis moi ce que t'as en tête."

" Peut-être pourrions nous transformer votre envie soudaine en une imense fête, en un évènement politique qui ferait du Patrice de Velsna, non pas une simple figure protocolaire de l'ombre, mais la plus belle des vitrines de notre cité. Il existe des endroits fabuleux dont vous ne soupçonnez pas l'existence, excellence..."

"Tu sous entends que je suis inculte là ?"

" Non pas du tout ! Je disais, des endroits fabuleux et riches, qui sont encore vierges d'investissements d'entreprises velsniennes à la recherche de débouchés, et qui en retour, eux, cherchent à nus atteindre, à toucher...votre cœur, excellence. Ce serait une occasion de découvrir tant et tant de coses extraordinaires: les pyramides d'Axis Mundis, les atolls alguarenos, les confins du Jashuria, les grandes lignes à haute vitesse du Grand Ling !"

"Et les festins de la grosse Catherine !"

"Oui ! Exactement excellence ! La grosse Catherine ! Nous pouvons transformer votre lubie du moment en une fantastique fenêtre d'opportunité, à la fois pour notre cité, mais pour les nations de l'étranger qui voudraient apprendre à nous connaître, et à nous apprécier pour ce que nous sommes."

"Des gars futés ?"

"Exactement excellence. Des "gars futés"."

" Bon. Tu as gagné, je signe. Mais d'abord, veux tu m'amener un froc. Je commence à avoir froid là où ça me démange."

" Bien entendu excellence."



Règles de l'évènement: Le Patrice de Velsna organise à ses frais son "Grand Tour" avec une suite de près de 1 000 velsniens, l'élite politique, économique et culturelle de la cité. Tous ceux qui postuleront à cette évènement pourront avoir la visite de l'immense cortège du Patrice, ce qui leur permettra de nouer des liens diplomatiques avc Velsna, mais aussi des contrats avec des grandes entreprises velsniennes, ainsi que la mise au point d'échanges culturels, partage de technologie et j'en passe !

La suite de Bernaba Di Albirio a écrit :

Attention, le Grand Tour n'est pas qu'une simple visite diplomatique, c'est avant tout une fenêtre ouverte sur l'élite velsnienne, qui arrivera en grand nombre chez vous si vous postulez, près de 1 000 velsniens en tout et pour tout, avec parmi eux:
  • Le Patrice accompagné d'une trentaine de sénateurs de tous les groupes politiques du Sénat velsnien.
  • Une centaine de greffiers sénatoriaux chargés de répertorier les faits et gestes de chacun dans le cadre de ce voyage, pour la postérité.
  • Des chefs d'entreprise, de grands groupes et de corporations velsniennes. (possibilité de conclusion de traités de libre échange, de contrats d'armement, accords commerciaux divers etc...)
  • Des chefs militaires et d'anciennes gloires de la cité.
  • Des artistes: cinéastes, troupe de théâtre et d'opéra, des musiciens, et Gian-Maria Bigetti, humoriste préféré du Patrice de Velsna.
  • Des acteurs du monde scientifique velsnien.
  • Des centaines de "membres du personnel", petites mains, domestiques et logisticiens chargés d'assurer le confort de ce périple.


REMPLIR LE FORUMULAIRE SUIVANT


[justify]Au Patrice de Velsna [u]Bernaba Di Albirio[/u], dit "le large",

Par ce formulaire, nous, (insérer nom du gouvernement, de l'institution ou de la personne privée), formulons solennellement le vœu d'accueillir [u]son excellence illustre Bernaba "le large" Di Albirio[/u], de lui faire hospitalité et de partager avec lui le fruit de l'excellence, de la perfection et de l'ingéniosité de notre nation, ce pour une durée de trois jours.

[u]Motif de l'invitation:[/u] (exemples: achat d'armement, recherche de partenariat stratégique, transferts culturels, entente commerciale, le plaisir de rencontre le Patrice de Velsna etc...).[/justify]
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Bureau du Maître des balances



Drapeau

Rapport: Stratégie de développement économique et commercial dans le Stato da mar fortunéen



Conformément aux attentes du Sénat des Mille, j'adresse à ses membres un rapport à sa demande, quant aux perspectives de profit et d’investissements dans le cadre d'une éventuelle stratégie de déploiement des partenaires publics et privés liés à la Grande République et à la cité des velsniens. En second lieu, je tiens également à souligner dans ce rendu, les nombreuses opportunités nouvelles qui permettraient d’intégrer la Grande République à un marché immense et sur lequel elle n'a pour l'instant que peu de relais, que ce soit directs ou indirectes. Moi, son excellence sénateur Rocco Ascone, Maître des Balances de la Grande République, signe ainsi la rédaction de ce document, et tout ce que celui-ci implique.


Contexte géopolitique et économique:

Bien que nos liens avec la Sérénissime sont évidents, les évènements récents se doivent d'être expliqués afin de comprendre la démarche présente d'implantation et de conservation des intérêts velsniens au sein du territoire fortunéen. En effet, si jusqu'il y a peu, la cité fortunéenne était de l'avis de tous nos observateurs: politiques, philosophes, sociologues... un modèle à suivre d'une ville parfaite, dont les institutions étaient marquées par une grande stabilité, peut-être le régime le plus ancien et le plus durable d'Eurysie occidentale, la Séranissime et son gouvernement ont connu depuis quelques années une suite d'évolutions que nous pourrions qualifiés de défavorables, premièrement en terme de stabilité institutionnelle, mais de ce fait, à josinterêts économiques.

Alors que le gouvernement fortunéen reposait traditionnellement sur un équilibre entre plusieurs pouvoirs: entre l'aristocratie civique représentée par le Sénat et le pouvoir du Palais des Doges qui en était dépendant, les problèmes de santé de la Dogessa auraient provoqué une profonde rupture entre le pouvoir politique incarné par cette dernière, et son pendant militaire dont le visage est celui du Custodes Francisco Di Déria. La Marine fortunéenne étant en elle-même un pouvoir parallèle à celui du Sénat des nobles et illustres familles, la situation a tourné en l'espace de quelques semaines à l'avantage de Di Déria, et de son agenda, que nous pourrions qualifier de sécuritaire. De plus, le parti dit "aristocratique" (appellation donnée par les analystes velsniens à l'entourage de la Dogessa Di Fortuna) a accusé une série disparitions peu fortuites qu'il nous est difficilement concevable de laisser au simple hasard. En l'état actuel des choses, aucune preuve concrète n'a été formulée à l'encontre du Custodes de la flotte, mais les relations d'intérêts font qu'il est l'acteur politique de la cité à avoir probablement le plus profité de l'affaiblissement des autres contre-pouvoirs fortunéens dus à ces morts soudaines.

Ainsi, les relations actuelles entre la cité velsnienne et la cité fortunéenne, pour le moment, sont grandement conditionnées par l'existence de cet acteur dont la présence est devenue écrasante sous tout rapport et quelque soit la nature des contacts pouvant être faits avec la cité-mère. Cette situation n'est en rien idéale au Gouvernement communal de la Grande République, qui depuis des années à conscience que Francicsco Di Déria est le champion d'une faction radicalement opposée à nos intérêts, et qui sert de porte-étendards à de nombreux ennemis de la République. En effet, la conception verticale du pouvoir du Custodès ferait de lui dans n'importe qu'elle circonstance, un tyran institutionnel. Déria paraît avoir subverti ou aliener la majeure partie des corps intermédiaires de la cité fortunéenne proprement dite, ne laissant que peu de marge de manœuvre à ses potentiels adversaires. Ainsi, si nous ne pouvons qu'espérer à un succès d'un parti "progressiste-aristocratique" réuni autour de son excellence Neverini, celui-ci apparaît en position de faiblesse, et il n'est pas concevable d'attendre une victoire de sa cause dans le court-terme.

Toujours dans cette logique politique, Francisco Di Déria et ses préférences locales à Velsna penchent de manière logique pour une défense des traîtres scaeliens et autres tyrans qui se sont refugier en grand nombre à Léandre et à Fortuna, sous sa protection et sa clientèle. Cela comprend, nous le pensons, Dino Scaela lui-même. En l'état, les leviers d'action des scaeliens et de leurs alliés landrins, nous le pensons, sont peu nombreux à Velsna, mais la Segreda velsnienne a fait part dernièrement au Bureau de la Garde de son excellence Carlos Pasqual, d'une suspicion d'activités occultes se développant dans la cité velsnienne. Diverses théories du complot populaires, sans conformation formelle de leur existence, ont aboutit à la création du mythe de la "Cinquième colonne landrine", il est vrai favorisée par nos propres services. Il n'est toutefois pas connu de véritable réseau de sympathie constitué.

C'est donc dans ce contexte géopolitique que doivent être considérées les relations commerciales actuelles entre Fortuna et Velsna, un cadre loin d'être idéal, mais dont le volume d'échanges et notre implication économique en Sérénissime peuvent contribuer à faire évoluer.


Opportunités commerciales dans le Stato da Mar fortunéen:

Dans ce cadre difficile, nous ne saurions conseiller davantage aux partenaires privés de la Grande République, non pas à une suspension des activités d'échanges commerciaux qui serait funeste, autant pour la cité fortunéenne que pour la cité velsnienne, mais à une déportation de nos intérêts sur des points autrefois négligés du trafic commercial fortunéen. En effet, nous estimons que nos partenaires ont encore suffisamment de marge de manœuvre sur le territoire de la cité qui sombre, de par la grande superficie de ce que l'on nomme le stato da mar, ainsi que par la diversité des acteurs politiques sur ces territoires. Dans les faits, et pour des causes d'éloignement du pouvoir central, le Stato da Mar se constitue en une myriade d'entités politiques semi-autonomes, la plupart des cités-états sous protection de la cité fortunéenne, et qui pourraient incarner un contre-pouvoir de nuisance face à l'autorité grandissante du parti de Déria, et sa main mise sur la Leucytalée.

La puissance fortunéenne dispose de point d'appui aux quatre coins du globe, particulièrement dans la région du Triangle d'or de l'Esperance, et qui selon nous, ne semblent pas exploités à la hauteur de leur importance. Si en l'état, leur mise en valeur économique reste fragile, ces cités représentent une opportunité, en cas de rapprochement de Velsna avec les cortès de ces entités, de grapiller des parts de marché dans le secteur du transport naval, et ce dans un contexte où l'état velsnien investit énormément à l'heure actuelle. La restructuration de la Compagnie de l'Occident velsnien ainsi que la bonne santé financière du Groupe Laurenti Alfonso, et de manière générale, la croissance continue du secteur du transport maritime velsnien, nous pousse à croire qu'il existe une fenêtre d'action dans ce domaine de la part de nos acteurs privés, particulièrement dans l'espace géographique du Stato da Mar fotunéen.

Ainsi, le commerce pourrait constituer selon nous une porte de sortie crédible permettant de concilier nos vues politiques et économiques. Le tissage de liens avec les possessions fortunéennes éloignées de la Leucytalée, et donc par extension, du contrôle de Déria, sont des options à étudier sérieusement afin, par l'influence du commerce, avoir une influence sur le jeu des équilibres politiques de la cité fortunéenne, et permettre d'entrevoir à long terme des interlocuteurs plus fiables et moins opposés au Gouvernement communal que le Custodes. Nous pourrions ainsi conclure des accords avec des cités et entités déjà opposées d'une manière ouverte ou non aux ambitions de Déria et son parti, tout en développant nos propres interêts dans le Triangle d'or et au Nazum fortunéen. La mise en place de tarifs douaniers préférentiels dans les ports de ces régions auprès des autorités locales pourraient non seulement permettre à nos partenaires privés de s'implanter durablement dans un marché de 70 millions d'habitants, dans un territoire faisant lien entre différentes et actives parties du monde, mais aussi d'y avancer les pions préparant la chute future de Francisco Déria. Dans la perspective la plus idéale, ce serait des droits d'exploitation de certaines lignes commerciales du Triangle d'or dont nous pourrions faire la demande en échange d'un tel soutien, le scénario rêvé, mais qui pour le moment est loin d'être assuré. En effet, il revient à la Segreda et à nos services diplomatiques de sonder les territoires qui seraient les plus opposés à Déria, et donc les plus enclins à de tels accords. Inutile de mentionner par exemple, qu'une implantation commerciale dans le territoire de Rio de Canossa, baston conservaeur, serait difficile à concevoir.

Nous laissons cette reflexion sur l'imbrication des intérêts politiques et commerciaux de notre engagement en territoire fortunéen du Stato da Mar à l'adresse de ces excellences du Sénat des Mille de la Grande République, en esperant que celle ci aboutisse à des mesures concrètes.



Par l’émission de ce document, je prie le Triumvirat et le Sénat de continuer à accorder sa confiance au Conseil Communal et à son Maître des balances.


Ainsi a été fait ce courrier à la date du 23 juillet 2019 par le Maitre des Balances de la Grande République,
Son excellence honorable, Rocco Ascone, Sénateur.



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Compte-rendu : Réunion du gouvernement communal (27 juillet 2019)

La question landrine



Membres du gouvernement communal présents:
  • Patrice Bernaba Albirio
  • Maîtresse de l'Arsenal Sofia Di Saltis.
  • Maîtresse du Grand commerce et des étrangers Maria Ganzaga.
  • Maître des balances Rocco Ascone.
  • Maître de la Garde et des polices Carlos Pasqual.

  • Sénateur Matteo Di Grassi (présence consultative).

  • Deux greffiers communaux (auxiliaires).



Greffier communal: Mes excellences. Je crois que tout le monde est présent dans le cadre de cette séance partielle consacrée, selon l'ordre du jour qui me vient, à la "question landrine". Je vais désormais lister les participants...

Patrice Bernaba Albirio: Abrège veux tu Bernardo... On a pas toute la journée.

Sénateur Matteo Di Grassi: Puis-je au moins connaître la raison de ma convocation, Bernaba ? J'ai démissionné du Gouvernement communal l'année dernière, je te le rappelle.

Patrice Bernaba Albirio: Je sais bien Matteo, mais je sujet que nous traitons aujourd'hui concerne un domaine s'expertise dont tu es le maître: ce fils de putain de Dino Scaela. Je te prie de croire qu'on en t'a pas forcer à laisser en plan ton jardinage de choux-fleurs en Achosie du Nord pour rien. Tu es là à titre consultatif uniquement.

Sénateur Matteo Di Grassi: La question n'était elle pas close ?

Maître Rocco Ascone: C'est ce que je m'évertue à dire à ton ami...euh je veux dire..."Son excellence sénateur et Patrice de Velsna Bernaba Albirio". J'ai souvenir que c'est vous qui avez poussé pour sa candidature au Patriciat, voilà donc le fruit de votre labeur... *ironise tout en levant sa coupe de vin à l'adresse de Di Grassi*

Patrice Bernaba Albirio: Ferme la Rocco, et n'oublie jamais à quel point ta sœur est passée entre les mains de toute l'aristocratie sénatoriale d ela cité avant de parler... ET NON, l'affaire n'est pas clause Matteo.

Sénateur Matteo Di Grassi: Comment cela ? N'avons nous pas gagner une guerre ? *sceptique*

Maître Carlos Pasqual: De plus en plus de rumeurs enflent, Matteo. Les services de la Segreda nous signalent une activité de plus en plus importe de groupes de nostalgiques et d'admirateurs de Scaela. Si nous ne pouvons nous avancer sur le nombre de leurs sympathisants, nous sommes quasiment certains qu'ils existent.

Sénateur Matteo Di Grassi: Et donc ? Que pouvons nous y faire ? Il est facile de détrôner un tyran, mais déraciner ses idées prennent du temps.

Maître Carlos Pasqual: En l'occurrence, je dirais que les racines commencent à prendre de la place... Je pense que ses partisans survivants ont toujours été plus ou moins là depuis 2014, mais nous devons nous méfier qu'ils ne prennent pas leurs aises et s'imaginent avoir une fenêtre d'action politique. Leur résurgence est probablement liée à la montée en puissance de Francisco Déria à Fortuna. Son existence leur assure une base arrière où ils peuvent se réfugier, se financer, avant de chercher de nouveaux partisans.

Patrice Bernaba Albirio: C'est de notre faute Matteo ! On aurait dû tous les tuer quand on en avait l'occasion ! Lui et toute sa putain de famille pour que sa race de catin n'engrosse plus jamais personne ! On aurait dû finir le travail !

Sénateur Matteo Di Grassi: Tu as la mémoire courte Bernaba. Nous n'avions pas le choix à l'époque: c'était ça ou nous couper définitivement de Fortuna, et nous ne pouvions pas nous le permettre avec les onédiens à nos portes. J'estime que Scaela est une nuisance, mais qu'en l'état des choses, il n'est pas notre priorité absolue. Nous avons bien d'autres problèmes au Nazum et en Eurysie de l'est, par exemple...

Maître Carlos Pasqual: Matteo. Je ne serais pas aussi catégorique. Si on peut présumer que la présence des traîtres scaeliens est résiduelle à Velsna dans le meilleur des scénarios, ce n'est pas le cas de partout ailleurs en Manche Blanche, et en Dodécapole. Il ne serait pas étonnant que Déria tisse en ce moment même un réseau de fidélité dans toutes les cités sœurs, autour d'alliés de prédilection. Salvatore Lograno par exemple.

Patrice Bernaba Albirio: Ah ! Tu vois ! Carlos est de mon avis !

Sénateur Matteo Di Grassi: Et que proposes tu à ce conseil, Bernaba ? As-tu l'intention de monter une flotte et déclarer la guerre à Déria sur base d'une présomption d'ingérence en Manche Blanche ? Tu imagines les répercussions sur nos partenaires océniens ? As-tu le moindre plan ?

Patrice Bernaba Albirio: Bien sûr que j'en ai un ! Ne me prends pas pour plus stupide que je ne le suis...

Maître Rocco Ascone: ...Ah bon ? *continue de siroter son vin*

Patrice Bernaba Albirio: Il faut couper la tête du serpent de manière définitive Matteo. Finir ce que nous avons commencé. Ce que nous avons été forcés de faire... Tu me l'as dit toi-même en Achosie, il y a presque trente ans de cela: quand on commence une guerre, il faut la terminer jusqu'au bout.

Sénateur Matteo Di Grassi: La guerre est finie, Bernaba.

Patrice Bernaba Albirio: *Frappe violemment du poing sur la table* Non ! La guerre ne sera terminée que lorsque le cadavre de Dino Scaela pourrira à l'entrée de l'Arsenal de Velsna avec des mouches autour des yeux. Nous allons demander à la Segreda de terminer le travail: Scaela et le fils qui lui reste, ils y passeront tous les deux dans un canal fortunéen.

Sénateur Matteo Di Grassi: Le Sénat ne te suivra pas, et moi non plus... Nous n'avons pas passé des années à réparer nos relations avec les élites fortunéennes pour tout ruiner maintenant.

Patrice Bernaba Albirio: Au diable les élites fortunéennes ! Au diable l'aristocratie landrine ! Depuis quand tu te soucies de ces gens !? Nous nous sommes construits contre eux, nous nous sommes élevés contre eux, et nous avons prit leur place ! Tu te rends compte de ce que tu dis ? Scaela a fait massacrer ton propre frère et l'a fait jeter dans le Grand Canal. Il a fait massacrer nos amis, nos familles sous les yeux de la foule ! Autour de cette table, nous avons quasiment tous perdu quelqu'un par sa faute. Et maintenant, voilà que tu privilégies des pacotilles diplomatiques sur l'honneur ? Notre honneur ! Je les veux morts, le père et la gamine.

Sénateur Matteo Di Grassi: Quel âge a la gamine ? Pas plus de treize ans sans doute... Avons nous envie de devenir des tueurs d'enfants ? C'est exactement pour cette raison que nous avons fait exiler ma propre fille de la ville. Scaela a déjà payé pour Francesco: il m'a pris un frère, je lui ais pris une épouse et deux enfants.

Patrice Bernaba Albirio: *visage couleur écarlate* Oh je t'en prie ! Ne nous donne pas ta pudeur de gazelle en spectacle. Tu sais très bien comment ça se passe, tu l'as fait toi-même: cette "cinquième colonne landrine" ne s'arrêtera que lorsque tous les Scaela seront morts. SI on en laisse un en vie, quelque soit son âge, il reviendra se venger dans dix ans. Tu crois qu'il est passé à autre chose lui ? Scaela ? Tu crois qu'il se satisfait de sa petite terrasse et de ses cocktails depuis sa retraite landrine !? Tu penses qu'il ne va pas se sentir pousser des ailes avec tous les Déria et les Vera ?

Sénateur Matteo Di Grassi: Tu te souviens de ce que nous avait conseillé le Doyen Zonta ? De savoir lâcher prise.

Patrice Bernaba Albirio: Zonta est mort, et de ce que je sache, les morts n'ont pas voix au chapitre ici.

Sénateur Matteo Di Grassi: Je pense que ma présence est inutile ici. Mes excellences. Au revoir. *tourne les talons*

Patrice Bernaba Albirio: Ne me tourne pas le dos, Matteo ! Ce sont les membres du Gouvernement communal qui ont le pouvoir de congédier, pas un vieux général qui a perdu ses couilles !

*la porte claque*

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