10/04/2019
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[Relations Extérieures] La Khaïma - Page 7

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BARTHOLOMÉON DE PETIPONT

Bartholoméon de Petipont

Chers Althaljirs,

Vous parlez en poèmes et en métaphore. Autrement dit le langage des hommes car vous êtes ma sœur en humanité. Je conçois la répulsion que vous inspire mon pays et la difficulté qu'il peut y avoir à converser avec moi. Mais CRAMOISIE© est l’œuvre des hommes, et elle doit être chérie en tant que telle.

Rencontrons nous bientôt, je me fais fort de vous convaincre que nous ne sommes pas si antagonistes que vous ne le pensez.

Je reste à votre disposition,
Son Excellence Monseigneur Bartholoméon de Petipont.CRAMOISIE©
CRAMOISIE©
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Communiqué solennel du Grand Royaume du Roi des Rois Kémimide
Maître de nombreuses nations, Souverain des peuples d’Afarée, des rives du Nadir aux hauts-plateaux de Tembouk, et des confins du monde

À l’attention de toutes les satrapies extérieures, enfants de l’Afarée

Peuples afaréens, souverains et conseils des royaumes et républiques qui bordent nos fleuves et nos montagnes, écoutez la parole qui émane du Trône : le Roi des Rois vous adresse, une invitation dont la dignité impose d’elle-même le respect, car elle procède de la responsabilité que nous partageons envers l’Afarée tout entière. Que nul n’y voie une main qui s’impose sur sa juridiction : vous demeurez extérieurs à l’Empire dans l’exercice de vos lois et de vos sceptres ; mais vous n’êtes pas étrangers à sa protection, car l’Empire vous tient en satrapies extérieures, membres reconnus d’un même corps historique et moral que le Roi des Rois s’est juré de garder. C’est en cette qualité, qui n’amoindrit ni votre honneur ni votre souveraineté, que Sa Majesté vous convie, avec solennité et bienveillance, à vous joindre sous son égide pour délibérer ensemble de ce qui, désormais, exige l’attention unanime de l’Afarée : le destin de la Kabalie.

Depuis des mois, la Kabalie endure l’épreuve, et chacun sait, sans qu’il soit besoin d’en noircir davantage l’encre, que la main de Carnavale pèse sur elle avec une brutalité dont le souvenir souillera quiconque aura détourné le regard. La Kabalie n’est pas une marge lointaine ni un litige d’érudits : elle est une part sensible de notre monde, un pivot de nos mémoires, un peuple dont la voix s’affaiblit sous la poussière des ruines et le vacarme des armes. Quand la Kabalie s’étiole, c’est l’Afarée qui se disperse ; quand la Kabalie est menacée, c’est la personne même du Roi des Rois qui est atteinte, car le souverain impérial n’est pas un simple monarque de frontières, il est le protecteur sacré des siens. Dès lors, persister dans le mutisme ou la solitude serait trahir l’évidence : aucun État afaréen ne peut, sans se renier, laisser ce peuple affronter seul la nuit qui se referme.

C’est pourquoi Sa Majesté vous invite à paraître, par délégation dûment accréditée, à une grande réunion tenue sous l’autorité du Trône, afin que l’Afarée, rassemblée, parle d’une seule voix. Il ne s’agit pas d’une tribune eurysienne (creuse) ni d’un décor de protocole, mais d’un moment grave où les souverains, dirigeants et leurs envoyés prendront, face et avec le Roi des Rois, la mesure des devoirs qui s’attachent aux liens de parenté politique que nous revendiquons depuis des siècles. Chacun sera entendu dans l’ordre, chacun exposera sans feinte la vérité de sa position, et tous, à la fin, auront à cœur d’ordonner leurs volontés pour que, de l’assemblée, sorte une parole ferme : une parole qui fixe la ligne d’action commune, qui établisse le secours immédiat, qui dessine la restauration possible, qui préserve la Kabalie des appétits étrangers et l’enracine, après l’orage, dans l’espace naturel de l’Afarée. Ainsi, l’on ne se contentera pas de commenter la douleur ; l’on se disposera à la soulager, par des voies concrètes de soutien humanitaire, de coordination logistique, d’accueil raisonnable des familles déplacées, de protection des routes, des ports et des greniers, et, si la sagesse collective l’ordonne, par l’appui diplomatique et économique susceptible de rompre l’étau qui l’écrase.

Que nul ne s’inquiète cependant d’y voir un empiètement sur ses prérogatives : l’Empire ne revendique ni vos sceaux ni vos lois ; il affirme la primauté d’un devoir de protection, et rappelle la hiérarchie morale qui unit l’Afarée autour du Trône et de vos indépendances. Cette hiérarchie n’humilie personne : elle ordonne, elle stabilise, elle garantit que la parole du Roi des Rois, lorsque les temps sont dangereux, demeure le point fixe vers lequel se tournent les regards. En conséquence, les échanges relatifs à cette réunion devront être adressés directement à Sa Majesté, selon le protocole impérial, dans les formes respectueuses qui sont dues à son rang ; pour ce qui touche à la sûreté des déplacements, à l’acheminement des délégations, à l’usage éventuel et strictement neutre des ports impériaux, il reviendra au Triumvir de la Guerre, Baruk Altemar, d’en fixer les modalités pratiques ; pour l’hébergement, l’intendance et la comptabilité des dépenses, le Triumvir du Trésor, Zakhna Mendel, arrêtera les dispositions nécessaires ; et pour l’ordre public, la circulation, la tenue des salles et la police des cérémonies, le Triumvir de l’Intérieur, Hadrien Sulkar, veillera, avec ses services, à ce que rien ne vienne troubler la dignité des travaux. Vous recevrez, en temps utile, les indications de date, de lieu et de rite, transmises par la diplomatie, et chacune de vos chancelleries saura reconnaître, dans l’invitation scellée du Sceau d’Or, l’empreinte du Trône.

D’ici là, Sa Majesté vous enjoint, avec la fermeté douce d’un père à ses enfants, de préparer la substance de vos positions : non des slogans, mais des engagements ; non des prudences qui masquent l’inaction, mais des offrandes de bonne volonté qui puissent être tenues sans péril pour vos peuples. Il s’agira d’envisager, avec lucidité, l’accueil provisoire d’une part mesurée des déplacés kabaliens selon les capacités de chacun, l’ouverture de couloirs humanitaires sous garantie commune, la création de fonds d’assistance placés sous la garde conjointe des satrapies extérieures et de l’Empire, la préservation absolue de la neutralité des zones mises à disposition par l’Empereur, neutralité sans laquelle toute aide se transformerait en prétexte de discorde, et enfin l’harmonisation des démarches diplomatiques afin que l’Afarée ne parle pas en chœur dissonant, mais comme une seule puissance aux voix multiples. Que nul n’ignore, en outre, que la dignité de cette œuvre tient à l’attitude de chacun : la courtoisie entre délégations sera observée avec une rigueur comparable à celle que l’on exige sur un champ de manœuvre ; toute offense au Trône, au peuple kabalien, ou à l’un quelconque des peuples afaréens, sera tenue pour une faute contre l’unité.

Si l’on vous invite, c’est parce que l’instant n’admet plus les demi-mesures. L’Afarée est plus grande que l’addition de ses frontières ; elle est une famille politique, un espace spirituel et historique dont le Roi des Rois est le garant. Répondre à cet appel, c’est vous hisser à la hauteur de votre propre histoire ; y manquer, c’est vous résigner à voir se défaire, morceau par morceau, ce que des générations ont patiemment bâti. Que chacun vienne donc avec l’assurance de son rang, avec l’humilité de celui qui sait ce qu’il doit à plus vaste que lui, avec le courage tranquille des gouvernants qui préfèrent la charge du devoir aux commodités de l’inaction. La Kabalie nous regarde ; l’Afarée nous regarde ; et le monde, qui nous observe, apprendra aujourd’hui si notre unité est un mot d’apparat ou une réalité capable de secourir les siens.


Scellé sous l’autorité de Sa Majesté le Roi des Rois, Protecteur des Peuples d’Afarée.


" Scellé sous mon autorité, "
Sa Majesté le Roi des Rois

Le Corps des Scribes transmet et porte foi au présent communiqué, et demeure à la disposition des satrapies extérieures pour toute correspondance relevant du protocole Impérial.
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BARTHOLOMÉON DE PETIPONT

Bartholoméon de Petipont

Chers Althaljirs,

Je garde un souvenir convaincu de notre rencontre. Nous avons parlé avec la rudesse de la franchise, pour cela je vous remercie. Vous n'ignorez certainement pas que trois nations ont pris l'initiative de fonder un Pacte afaréen de sécurité. Une idée que nous suspectons d'être intéressée mais dont le fond nous convient. Les valeurs mises en avant sont tout à fait conformes avec le luciférisme de CRAMOISIE© et je suis persuadé qu'une alliance autour de ces fondements serait profitable aux nations du continent, menacées encore aujourd'hui par l'ombre des impérialismes et de l'inégalité entre les races.

Si certaines hypocrisies de ce pacte m'interpellent (notamment la présence de l'Antérie et celle du Churaynn) je sais faire preuve d'opportunisme quand nécessaire. La RAC© a ratifié le pacte en signe de bonne foi et témoignage de sa bonne volonté à l'égard des autres nations de l'Afarée. Ou nous nous intégrerons, ou nous porterons au cœur du PAS le débat quant à la légitimité de notre présence.

Pour un tel dessein, la présence d'une alliée serait bienvenue. La voix de l'Althalj porte et est écoutée, si vous parlez avec nous au nom de la paix, les autres nations d'Afarée écouteront. Voilà la chance d'avorter la guerre avant que les vents mauvais ne soufflent sur le désert. Comme au Mont Caucase en CRAMOISIE© j'espère avoir su trouver les mots pour vous convaincre.

Je reste à votre disposition,
Son Excellence Monseigneur Bartholoméon de Petipont.CRAMOISIE©
CRAMOISIE©
68
Conseil actionnarial de CRAMOISIE©
édition février 2018


Invitation

Je clique !
1628
sigle

Au sujet de la Cramoisie

A l'attention de la Khaïma.

Que la Paix d'Allâh soit sur vous.

Excellences,

Le Diwan souhaite pouvoir avoir avec vous l'échange indispensable qui nous permettra de clarifier une situation malheureusement opaque et tendue depuis l'extermination des Qabaliens par le régime colonial de l'entité cramoisiste, ses provocations incessantes contre les populations afaréennes, et la constitution contre lui d'un Pacte afaréen de sécurité ambitionnant de réunir les pays du continent pour résoudre une à une les crises de façon concertée - à commencer par la mère d'entre elles, celles de la Cramoisie.

Les Tamurt N'Althajj sont une puissance ancienne et grande qui a veillé sur l'Afarée pendant des décennies. Le Diwan espère de tout coeur qu'ils pourront se rallier à la vague d'espoir soulevée par la création du Pacte, et que nous pourrons bénéficier de leur sagesse au moment crucial où une solution diplomatique audacieuse a été proposée par les membres du Pacte : la paix et l'amnistie des crimes, en échange du départ de leurs auteurs vers la planète Mars où ils prospéreront. Cette solution, qui n'est que le pendant magnanime d'un programme qui tient dans deux mains - l'une généreuse, l'autre implacable - peut, je le crois, être effectivement réalisée pour le bien de tous, l'économie des ressources et du sang des hommes, et l'avancée commune vers un monde pacifique et juste.

J'espère que la Khaïma pourra renforcer notre espérance de voir le continent uni et ses tourments bientôt apaisés. Pour cela, je ne peux que vous inviter à contacter le président actuel de notre organisation, qui est le Roi du Finejouri, à défaut d'un secrétariat officiel de l'organisation qui ne pourra être mis en place que dans quelques temps encore.

Au plaisir de travailler avec vous, Excellences.

Avec l’optimisme du travail,
signature
Houria Ben-el-Teldja
Ministre des Affaires étrangères de plein exercice
03.04.2018
10519
BALSILEK ISHAK

BALSILEK ISHAK

Chers Althaljirs,

Je m'adresse à vous en tant que nouveau PDG-Protecteur de CRAMOISIE©, succédant à l'infecte Printempérie. Les actionnaires, et vous en faites partie, m'ont offert ce mandat au nom de mes origines et de mon statut dans la société traditionnelle kabalienne pour réconcilier l'Afarée au luciférisme. Je m'y emploierai donc désormais et mon premier geste est adressée à la Khaïma Althaljir, incarnation de la sagesse et de la tempérance, quand le monde s'abaisse trop souvent au bruit et à la brutalité. Les observateurs de CRAMOISIE© ont eut tout le loisir d'écouter les tartuferies azuréennes, dont les mensonges et les falsifications s'abattent décidément sur nous avec la constance des gouttes de pluie.

Votre patiente lucidité aura su souligner avec diplomatie les basses manœuvres qu'assument désormais d'employer nos ennemis. Aussi lourd que me pèse ce mot, je les qualifie ainsi car ils osent maintenant nous menacer. Voyez comme parle l'Azur : "l'Afarée", "notre continent". Qu'il faut être présomptueux pour s'arroger ainsi le droit de les gouverner tous. L'Azur n'est rien de plus qu'un Etat Afaréen de l'est, et nous sommes nous autres de l'ouest. Je ne vois pas au nom de quel droit, sinon celui des armes, cette petite nation tente de se faire la porte-parole autoproclamée d'un continent. Pour parler vrai, la Kabalie a davantage de contacts avec certains eurysiens de Leucytalée comme la Manche Silice, qu'avec une nation persique enclavée à l'autre bout du monde. A quelques kilomètres près, nous sommes mêmes plus proches géographiquement de Carnavale que de l'Azur. Contrairement à ce que peuvent s'imaginer ceux qui ne possèdent qu'une façade océanique (sans vous faire offense), la Leucytalée est davantage un pont pour les hommes qu'un mur entre les nations. Il est d'ailleurs sans aucun doute plus compliqué de traverser le grand désert qui nous sépare des Azuréens et du sud de l'Afarée, que les quelques brasses d'eau qui nous rapprochent de l'Eurysie. La Kabalie a tout autant, si ce n'est plus, à voir avec l'Eurysie qu'avec l'Afarée. Voilà à quelles réflexions nous mènent les absurdités du PAS, qui prétend découper le monde en suivant la ligne de ses côtes. Ne faut-il jamais avoir été marchand ou caravanier pour envisager les frontières avec autant d'étroitesse d'esprit ?

Qu'il y ait le mot "afaréen" dans le nom du PAS ne lui donne d'ailleurs aucune légitimité particulière, sinon l'Empire du Nord règnerait en maître sur toute la partie supérieure de l'équateur. Appartenir au même continent ne vaut pas un blanc-sain pour y agir partout et à son humeur. La Polkême doit-elle ingérer à Teyla sous prétexte que ces deux nations partagent une même masse de terre ? Le Drovolski se sent-il solidaire de Fortuna ? L'Estalie défendra-t-elle Tanska si celle-ci se fait agresser, au nom de leurs racines eurysiennes communes ? Tout cela est une construction arbitraire et opportuniste. L'Azur a eu deux millénaires pour unifier l'Afarée, il est cocasse de voir qu'elle ne s'est découvert une communauté de destin avec elle seulement que depuis hier.

Il faut écouter comme ils en parlent : "L'Afarée n'a pas besoin d'être tirée vers le haut par les lucifériens de Carnavale, qui feraient bien de retourner d'où ils viennent. Notre continent est fier de lui-même. Il est heureux de ses richesses considérables et de son avenir, promis à de brillantes réalisations." Mais que connait un Azuréen du grand désert de Kabalie ? Que connait-il des montagnes de l'Althalj ? Des forêts du Gondo ? Des rivages de l'île d'Anna ? Rien. L'Azuréen connait l'Azur et pense que toute l'Afarée doit lui ressembler. En cela il n'est pas humaniste. En cela il est de la graine des tyrans. Qui est donc cet Azur qui prétend parler pour les Kabaliens ? Qui prétend défendre à notre place nos terres et décider pour nous de notre destin ?

L'Azur ment, le PAS ment ou bien, et cela m'inquiète presque autant que s'ils étaient malveillants, ils sont incapables de mettre en place une diplomatie cohérente et stable. Le PAS nous a proposé un plan "M", applicable jusqu'en 2020, plan que feu Son Excellence Bartholoméon de Petipont avait accepté sans ambiguïté et respecté scrupuleusement. Il n'est pas un seul point de ce plan M où nous n'ayons failli, alors faute d'avoir réussi à nous prendre en défaut, voilà que les Azuréens reviennent sur leur parole, se parjurent et abandonnent toute idée de diplomatie. Il faut être ferme et clair : on ne dialogue pas avec des girouettes qui affirment quelque chose le matin et s'assoient dessus le soir. Le Pacte Afaréen de Sécurité s'était déjà tristement illustré pour ses errements administratifs, son arbitraire et son deux poids deux mesures quant au respect de son propre règlement. Voilà que désormais ils rompent unilatéralement leurs engagements et leurs traités.

A ce stade, le PAS n'est plus à nos yeux qu'une coquille vide et belliqueuse qu'il faudra soit faire évoluer vers quelque chose de mieux organisé (peut-être avec votre aide ?), soit abandonner faute de lui trouver des débouchés utiles. L'Afarée se déshonore à voir son nom accolé à de pareilles institutions qui dissimulent bien mal un projet militaire illégitime. De quel droit une nation éloignée de nous de milliers de kilomètres déciderait-elle à notre place, au nom d'une unité continentale artificielle, montée de bric et de broc et improvisée dans la panique et la maladresse ? Tout cela n'est décidément pas sérieux et ne vise qu'à cacher les intentions expansionnistes de l'Azur et de ses pantins afin de mettre la main sur les ressources de notre territoire, déchirer de nouveau la société cramoisienne et abattre ses acquis humanistes. La vérité est que le PAS craint le potentiel économique du désert rouge et un mode de gouvernance progressiste concurrent de leurs modèles archaïques et religieux.

Ne nous y trompons pas : le soucis des dictatures et des théologies n'est pas le respect d'un droit qu'ils bafouent sous nos yeux, mais bien l'écrasement dans l’œuf d'un contre-modèle de société fondé sur l'égalité entre les êtres humains, quelles que soient leurs origines et leurs idées. L'Azur se fiche bien des colons, elle n'a pas dit un mot contre l'Empire du Nord, pas un mot contre Velsna, contre Grisolia ou contre le Grand Kah. L'Azur en a après CRAMOISIE© et son hypocrisie est si visible qu'elle a abandonné toute idée de le cacher. Je reprendrai toutefois sa formule : "Notre continent est notre maison, il n'est qu'à ceux qui l'habitent." Cela est vrai. Considérez dès lors les Carnavalais comme nos invités, et avec davantage de patience, comme nos frères. Les Kabaliens sont maîtres chez eux et ils ouvriront la porte à qui bon leur semble, n'en déplaise aux fâcheux qui ne rêvent que d'unicité ethnique et d'un islam conquérant, au lieu de l'islam des Lumières, celui qui voit en chaque homme une créature de Dieu.

Entendez les parler de guerre, entendez les dire "la force est de notre côté". Est-ce ainsi que parlent des frères en humanité ? Des pacifistes ? L'Azur enverra-t-elle ses avions parcourir les 7 000 kilomètres pour se faire abattre au dessus du désert, au nom de la "dignité afaréenne" ? La dignité serait de rester chez soi, et de laisser la RAC© souveraine. Je le dis en tant que Kabalien : l'Azur n'est pas la bienvenue en Kabalie. Qu'elle reste sur sa côte est et pèse de son poids sur ses voisins, si l'impérialisme l'enchante. En ce qui nous concerne, nous n'avons rien à dire à des étrangers belliqueux.

Tamurt n Althalj, je te demande ton aide. Les lucifériens sont des humanistes, mais certains sont aussi des Carnavalais, ce qui n'est pas sans risque. Des voix s'élèvent, peu nombreuses encore heureusement, pour nous demander de modifier notre doctrine balistique. La RAC© ne se laissera pas menacer éternellement, ni par ses voisins, ni par des étrangers qui ne partagent rien avec nous. Si l'Azur ou le Finejouri veulent la guerre, nous avons malheureusement les moyens de la porter sur leur sol. Je ne le souhaite pas. Le pape noir ne le souhaite pas. Et la majorité des lucifériens non plus. Mais nous ne sommes pas des enfants de cœur et je crains que ces menaces réitérées n'aboutissent à une nouvelle et tragique escalade. Personne ne souhaite un nouvel Estham.

Tamurt n Althalj, tu peux mettre fin à cet engrenage. Ta voix porte et ta diplomatie rayonne. Le Grand Kah s'aligne sur tes positions. Parle et tes mots raisonneront. Discutons accords, diplomatie et commerce, et que par notre exemple nos voisins oublient leurs ambitions militaires et reviennent à la raison. La RAC© s'est déjà engagée sur le chemin de la réparation. En adoptant une Constitution universaliste et humaniste, elle se donne les moyens d'avancer sereinement, dans le respect des différences qui composent désormais son peuple. Par la science et par le progrès, elle offre à qui le souhaite la santé, le luxe et la volupté. Il existe, c'est vrai, des réfractaires sur notre sol. Ceux-là arpentent le désert, inconsolables, mais il n'est pas dans nos moyens de rendre à la Kabalie son état d'antan. Nous pouvons accepter des convois humanitaires (et à quoi serviront-ils ? ceux qui veulent être sauvés l'ont été, ceux qui ont refusé les soins ne peuvent être sauvés d'eux-mêmes) à la condition qu'ils soient désarmés et opèrent sous notre supervision.

Maintenant je me ferai la voix de mon peuple, mon peuple tout entier, eurysien ou afaréen : il est hors de question de brader notre souveraineté au profit de nations sans légitimité sur nos terres et sur nos vies. Nul autre que les habitants de CRAMOISIE© ne seront autorisés à faire justice chez eux. Je ne laisserai pas des policiers étrangers, supposément légitime en vertus de quoi ? leur couleur de peau ? leur religion ? Partager un continent n'autorise pas à jouer les gendarmer et entrer en notre demeure et prélever sans notre accord des frères et des amis. Il n'y aura aucune justice internationale en Kabalie car la Kabalie est souveraine et n'a pas besoin de justicier autoproclamés pour régler ses tensions et réparer ses injustices. Quant à nos armes chimiques, elles sont à l'heure actuelle la seule chose qui nous protège réellement d'une invasion coordonnée. Nous envisagerons de les abandonner quand nos ennemis auront donnés des garantis acceptables à nos yeux, et que le désert rouge aura reconstitué ses propres forces militaires autonomes. D'ici là, nos missiles resteront pointés sur ceux qui nous menacent d'une annexion.

Je serai honnête sur l'état actuel de nos réflexions : entourés de prédateurs ou de prétendus alliés mais vrais parjures et tartufes, la RAC© n'a aujourd'hui aucune garanties territoriales ou de souveraineté. Aussi paradoxal que cela soit, aussi incompréhensible que cela sonne aux oreilles des porte-paroles autoproclamés de l'Afarée, notre meilleur partenaire économique est à ce jour Carnavale. Nous ne pouvons raisonnablement demander à 90% de notre population active de quitter le désert rouge. Les Carnavalais apportent des capitaux, du savoir faire, une expertise, des médecins, des soldats et armes. Mieux : ils le font avec une certaine forme de sincérité car, contrairement aux sangsues internationales qui lorgnent sur nos ressources et rêvent d'implanter chez nous leurs succursales, les lucifériens ont un désir sincère de faire société chez nous. Ce ne sont pas des capitalistes voraces venus ponctionner nos richesses mais des citoyens, dans toute leur bizarrerie et leur exotisme, contribue à l'économie et à la société kabalienne. Renvoyez-les, tuez et la Kabalie mourra une seconde fois. Nous ne sommes guère nombreux à être encore en vie. Nous ne le resterons pas longtemps si on prive notre petit pays de la majorité de sa population.

Tamurt n Althalj, toi et le Grand Kah pouvait faire désescalader la situation. Donne nous des garantis et nous t'en donnerons en retour. Assure nous de ta bienveillance et je m'engage à faire de ce désert rouge un havre de paix. Ce jardin ne sera peut-être pas complètement afaréen, ni complètement eurysien non plus, mais il sera sincère et il y fera bon vivre. S'il faut renommer ce pays la Kabalie, s'il faut donner davantage de représentation aux natifs, je n'ai aucune raison de m'y opposer et je crois même que personne ici ne s'y opposera. Mais nous ne laisserons pas une coalition de dictatures et de théocraties poser un seul pied dans le sable rouge. La Kabalie appartient aux Kabaliens, et nous en ferons ce que nous voudrons, dû-ce cela déplaire au Calife d'Azur ou au Roi du Finejouri.

Ainsi parle Balsilek Ishak,
PDG-Protecteur de CRAMOISIE©CRAMOISIE©
CRAMOISIE©
7049
Khasserat de l'Al Dayha Banairah

A l'intention d'Ijja Shenna, Qari de l'Althalj et des peuples Althaljirs


Profond respect et cordiales salutations à Iija Shenna, Qari de l'Althalj et des peuples Althaljirs, ainsi qu'à ses vénérables consœurs.

Votre soutien indéfectible à l'égard de notre politique nous fera toujours chaud au cœur, ainsi qu'à l'ensemble de celles et ceux œuvrant à sa conception et sa réalisation. De ce fait, nous en profitons pour vous remercier encore pour ces années de collaboration mutuellement bénéfique avec votre nation. Nos mandats respectifs se termineront certes bientôt, mais il est évident que cet état d'esprit est bien trop partagé par les citoyens banairais pour qu'il soit abandonné aux prochaines élections. Soyez donc assurée de la constance de notre démarche dans les années à venir.

Nous partageons vos inquiétudes au sein de l'Ambe comme du Khasserat sujet de la montée du Pacte Afaréen de Sécurité. Ce pacte nous semble être bien trop juridiquement faible pour qu'il puisse se prémunir de dangereuses contradictions, à commencer par l'adhésion d'entités bafouant allègrement les principes promus par ce traité. Le paradoxe va d'autant plus loin qu'un des fondateurs et rédacteurs de ce pacte n'est autre que la fédération d'Antérie, pourtant connue pour ses discriminations ethniques institutionnalisées et encouragées par les pouvoirs publics, son passif colonialiste et ses récentes exactions militaires dans la région. Ces derniers événements attristent d'autant plus Abunaj du fait du statut de membre du FCAN de l'Antérie, qui prouve un manquement de la part de l'ensemble des officiels du forum à relever l'Antérie de ses problèmes structuraux dévastateurs pour sa population comme celle de la région toute entière. Les intentions belliqueuses des adhérents proéminents de ce pacte ne sont plus cachées depuis bien longtemps, révélant une logique jusqu'au-boutiste de rétablissement d'un ordre pré-colonial plus ou moins fantasmé. Si l'Al Dayha condamnera toujours fermement le colonialisme sous toutes ses formes, elle ne cautionnera pas une logique va-t-en-guerre apportant plus d'incertitudes et de dommages collatéraux que de solutions long terme. Toute opération militaire se doit d'être savamment justifiée afin de s'assurer de la réalité de ses bénéfices, et cet exercice de pensée ne semble pas avoir été envisagé par les concernés, et ce d'autant plus concernant le cas de la Kabalie occupée par les forces lucifériennes.

D'un point de vue purement rationnel, au-delà des aspects moraux d'une reprise des violences dans la région ou d'un abandon, ressenti ou réel, des populations sur place, une guerre ouverte avec la république actionnariale de Cramoisie est loin d'être désirable. Cette dernière sera appuyée en toute certitude par la Principauté de Carnavale en cas de conflit, ce qui embourbera les belligérants dans une guerre d'attrition et de missiles interposées mondialisée dont les premières victimes seront les civils de l'ensemble des pays y participant, à l'image du massacre d'Estham. Dans un tel contexte, l'instabilité et les pertes humaines et matérielles résulteraient très probablement en une fragilisation institutionnelle et économique de nombreux pays afaréens pour de nombreuses années. Un tel calcul ne peut être en aucun cas gagnant, et il est fort à parier que l'attitude interventionniste du PAS trouve ses raisons en partie dans une logique politicienne et électorale, ainsi que des intérêts idéologiques et économiques, plutôt que dans une logique de résolution des crises du continent. Autrement dit, il est probable mais pas sûr que ces pays viennent à bout de leur logique. Cependant, cette situation reste de toute évidence urgente et à surveiller. Pour toutes ses raisons, en plus de la redondance institutionnelle que pose le PAS vis-à-vis du FCAN, l'Ambe ainsi que le Khasserat ont décidé de ne pas faire adhérer la République Directe au Pacte Afaréen de Sécurité. Le statut de membre observateur que vous évoquez pourrait être cependant envisagé mais reste à débattre de notre côté.

Votre franchise est fort appréciée, et nous comprenons votre approche de la situation. Il va de soi que nous n'interférerons pas avec vos initiatives de gestion de cette crise avec l'entité Cramoisie, en notre qualité d'allié et de partenaire. Toutefois, si nous concevons votre approche, Abunaj ne prendra pas de son côté le risque de s'associer d'une quelconque manière avec cette entité, et ce afin d'éviter d'envoyer un mauvais message à la population banairaise ou à celles des partenaires de l'Al Dayha. L'Ambe évitera quoi qu'il en coûte tout doute quant à la relativisation ou acceptation des crimes carnavalais en terre kabalienne, par soucis de cohérence avec sa politique générale mais aussi de conservation de la qualité de ses relations avec la République de Kabalie. Cependant, loin d'être contradictoires, nos approches respectives sauront, nous n'en doutons point, se compléter grâce à l'échange d'informations que vous nous offrez gracieusement, et dont nous remercions chaleureusement vous et vos services.

Quoi qu'il en soit vis-à-vis de ces méthodes de positionnement, nous partageons votre position quant à l'acceptation d'un conflit : toute initiative sans consultation du FCAN sera vouée à l'échec. Le génocide kabalien concerne l'ensemble du continent, le redressement de la région et la résolution de la crise se doit donc d'être effectuée collégialement avec l'ensemble des autorités légitimes concernées. A ce sujet, le conseil du FCAN doit avoir pour première priorité de discuter d'un plan de réflexion et d'action clair au sujet de la Kabalie, allant de la condamnation des responsables du génocide à la gestion des zones touchées par la pollution. Nous ne pouvons pas décemment laisser le PAS devenir la tête de proue de cette crise, autrement nous exposerons l'ensemble du continent à une spirale infernale d'escalade militaire sans aucune réponse satisfaisante au désastre kabalien, en plus de décrédibiliser le FCAN et sa capacité à promouvoir le dialogue et le développement serein et fraternel des peuples du continent. Les crises gondolaises et antériennes ont déjà trop entamé l'espoir et la confiance des opinions publiques à cet égard, et comme vous le soulignez si bien, l'aspect partiellement redondant du PAS ne ferait qu'aggraver ce problème.
C'est dans ce contexte que nous avons prévu d'entamer un dialogue exhaustif avec les autorités de la République de Kabalie afin de mieux nous rendre compte de la situation régionale et des solutions à apporter, par le Banairah comme par le FCAN dans son ensemble. Nous vous tiendrons au courant des pourparlers, d'autant plus que les autorités kabaliennes contacteront probablement le FCAN dans les jours à venir pour les mêmes raisons.

Une rencontre à Icemlet pourrait en effet être une bonne idée afin de discuter cela en tête à tête, ainsi que d'autres sujets. Nous sommes en tout cas ravis des nouvelles culturelles que vous nous faites parvenir. Les Althaljirs sont toujours les bienvenues au sein de nos cursus, et nous espérons que ceux-ci seront se montrer à la hauteur des espérances des nouvelles convaincues. Nos sincères félicitations aux artisanes althaljirs pour leur travail à Ilfiku ! Notre ambassadrice au Tamurt n Althalj serait honorée de pouvoir participer à son inauguration. N'hésitez pas par ailleurs à mettre en lien les services concernés althaljirs avec leurs homologues banairais si vous souhaitez une quelconque collaboration quant au prêt d'œuvres de la part de notre réseau de musées nationaux et communaux, par exemple. Cela nous permettra de faire honneur aux démarches similaires dont ce dernier a bénéficié concernant ses sections d'arts althaljirs.
N'hésitez pas à revenir vers nous dès que possible concernant notre prochaine rencontre. Nous pourrons profiter de cette dernière pour parler de sujets moins angoissants et faire un tour des dernières actualités concernant nos deux pays. Il est possible que le Qasse ait quelques propositions à vous faire dans divers sujets économiques, scientifiques et éducationnels.

Paix et prospérité à nos sœurs occidentales,


Sincèrement.



Saroud Al'Tenhè, Khasser du Banairah
Siriam Amza, Ministre des Affaires Extérieures au Banairah

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Bureau des Affaires Etrangères du Royaume de Finejouri

Très chers homologues ,

Au nom de Sa Majesté le Roi Louis II et du Royaume de Finejouri, nous souhaitions nous adresser à vous dans un esprit de franchise, de respect mutuel et de responsabilité régionale.

La situation actuelle en Afarée, marquée par des tensions persistantes, des incompréhensions diplomatiques et des dynamiques instables, suscite chez nous une préoccupation croissante. Ces évolutions, si elles ne sont pas traitées par le dialogue et la concertation, risquent d’affecter durablement l’équilibre et la sécurité de notre région commune.

Dans ce contexte, le Royaume de Finejouri souhaiterait savoir si l’Althalj serait disposé à envisager l’organisation d’une rencontre diplomatique, dont les modalités, le format et le calendrier resteraient bien entendu à définir conjointement. L’objectif de cette rencontre serait d’ouvrir un espace d’échange sincère et constructif afin d’aborder les facteurs d’instabilité actuels, d’évaluer les risques à moyen terme et d’explorer des pistes permettant de préserver la paix régionale.

Nous considérons l’Althalj comme un acteur sérieux, respecté et essentiel dans toute démarche visant à favoriser la stabilité et le dialogue en Afarée. C’est dans cet esprit que nous vous adressons cette proposition, convaincus que la concertation reste le moyen le plus efficace d’éviter les malentendus et les escalades inutiles. Nous restons naturellement à votre disposition pour échanger sur cette initiative et en préciser les contours, selon ce qui vous semblerait le plus approprié.

Veuillez recevoir, Très chers homologues, l’expression de notre haute considération.

Le Bureau des Affaires étrangères sous la supervision de Mdm Linehart.
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Bureau des Affaires Étrangères Du Royaume de Finejouri

Très chers homologues,

Nous sommes ravis de voir que vous acceptez la tenu de la rencontre proposé. Nous attendrons la venu de votre délégation avec impatience .

En espérant que cette rencontre sois le début d'un renouveau pour notre région.

Mdm Linehart Conseillère au prêt de Sa Majesté sur les affaires étrangères
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BALSILEK ISHAK

BALSILEK ISHAK

Chers Althaljirs,

Contrairement à ce que maugréent les fabulateurs impérialistes, la Kabalie n'a pas vocation à mettre sous le tapis les crimes et les réparations nécessaires qu'ils incombent. Les lucifériens ont, dès l'Armageddon't carnavalais, adopté une posture radicalement humanite et égalitaire, qui dicte depuis les réformes internes de Bartholoméon de Petipont, dans la continuité desquelles mon gouvernement s'inscrit désormais.

Mais nous sommes également pragmatiques et savons que les dictatures d'Afarée, réunies au sein du PAS, lorgnent sur nos terres en prennent un crime pour prétexte de commettre un autre crime. Nous ne l'accepterons pas. Les Kabaliens doivent être souverains sur leurs terres et à eux seuls revient la responsabilité de choisir leur destin et de réclamer justice dans les modalités qui leurs conviennent. Nous ne tolérerons pas que des étrangers qui ne connaissent rien au désert parlent en notre nom et dévoient nos luttes.

Pour l'heure, notre destin est clair : paix avec nos voisins, égalité entre les hommes, reconstruction écologique. Trois points que le PAS et ses alliés entendent contester en portant chez nous la guerre, la discrimination raciale fondée sur les origines, et en empêchant le chantier urgent, nécessaire et salvateur de remodélisation du désert. Pour nous, cette menace est existentielle : si le PAS atteint ses objectifs, alors il n'y aura bientôt plus personne de vivant en Kabalie, car le désert n'est pas habitable en l'état, et qu'il faudra plus que des déclarations mondiales pour rendre vivables les dunes chimiques.

En tant qu'actionnaire minoritaire, vous êtes en Kabalie rouge chez vous, comme l'est tout être humain qui a l'humanité en amour et la paix pour objectif. Nous accueillerons vos observatrices avec joie, comme des sœurs. Il ne vous sera rien caché et vous pourrez visiter les communautés qui tentent de rendre habitables le désert, autant que nos métropoles populeuses. Je demanderai également à monsieur Ambroise Crogère, le représentant de la Dalyoha Compagnie dans le désert rouge, de vous expliquer ses plans de reconstruction écologique à courts, moyens et longs termes.

Les discussions organisées à la Khaïma avec le Pacte Afaréen de Sécurité auront fait la démonstration de l'agressivité de cette organisation, qui se prétend justicière décoloniale loin de chez elle, mais n'a pas eu un mot pour les colonies du Churaynn, pourtant l'un de ses membres fondateur. Cette organisation, qui s'est parjurée par deux fois, ne peut être considérée autrement que comme le cheval de Troie de l'impérialisme et du néocolonialisme afaréen. Le Kabaliens sont un peuple du désert, nous avons appris à observer en silence et à patienter. Les Carnavalais, quant à eux, n'ont pas besoin de grands discours. Leur science parle pour eux, elle s'impose comme un fait et non comme une opinion. S'il nous faut discuter de nouveau avec le PAS, nous le ferons comme nous discuterions avec des serpents : en les tenants éloignés de nous avec un bâton, les sachant prêts à mordre à chaque instant.

Dès qu'ils ont ouvert leurs canaux diplomatiques, nous avons pris contact avec nos voisins de l'ouest, en dépit de leur posture agressive et de leurs prétentions territoriales. Si l'Althalj se faisait à la fois médiatrice et garante des négociations entre nos deux nations, nous pourrions je pense nous donner les gages de confiance et de respect mutuels, nécessaires pour clarifier et apaiser la situation.

Ainsi parle Balsilek Ishak,
PDG-Protecteur du désert rougeCRAMOISIE©
Kabalie rouge
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BALSILEK ISHAK

BALSILEK ISHAK

Chers Althaljirs,

C'est avec gravité que je vous appelle aujourd'hui. Le PAS multiplie les provocations, au mépris de ses propres engagements et alliés, cherchant manifestement la guerre et l'escalade. L'Azur a violé notre espace aérien, nous conduisant à abattre deux de leurs aéronefs. J'ai pu m'entretenir avec le Finejouri qui confirme l'illégalité totale de cette opération et a pris l'initiative d'immobiliser les soldats et le matériel azuréen et churaynn présent sur son sol.

Néanmoins, cette intrusion marque un tournant dans la situation. Tandis que nous nous appliquons à apaiser les tensions en ouest-afarée, la faction la plus belliciste du PAS, je veux parler de l'Azur et du Churaynn, cherchent à embraser la région hors de toute légitimité ou tout soutient des puissances.

Nous devons répondre avec la plus grande fermeté : les faiseurs de guerre doivent être renvoyés chez eux.

Je vous propose donc de signer dès aujourd'hui un accord de collaboration aérienne, afin que nos efforts diplomatiques ne soit pas écrasés par les porteurs de guerre. Nous sommes en mesure d'accueillir sur notre sol des aéronefs de l'Althalj, afin de travailler avec nous à sanctuariser l'espace aérien de la Kabalie rouge, mais également s'il le demande, celui du Finejouri, dont je crains que la pression exercée par ses "alliés" ne se retourne contre lui. Le Churaynn et l'Azur montrent qu'ils sont intenables. Il est de notre responsabilité de préserver en Afarée de l'ouest.

Ainsi parle Balsilek Ishak,
PDG-Protecteur du désert rougeCRAMOISIE©
Kabalie rouge
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BALSILEK ISHAK

BALSILEK ISHAK

Chers Althaljirs,

Nous travaillons depuis 48h à contenir et résorber la menace que fait peser la montée des tensions dans la région. Nous pensons avoir réussi à la contenir du côté du Finejouri, qui se range à nos conclusions sur la responsabilité de l'Azur et du Churaynn. Reste à voir ce que décidera la Républiqe de Kabalie. Si nous parlions tous les quatre d'une même voix, l'ingérence étrangère serait obligée de reculer, faute de légitimité à agir en Afarée de l'ouest.

Mais la diplomatie ne saurait suffire face à l'Azur et au Churaynn qui ont chacun à leur manière démontré leur volonté d'outrepasser les canaux de dialogue et d'en appeler aux armes pour nous menacer. Il nous faut également travailler à la construction d'une architecture défensive commune, qui dissuadera les porteurs de guerre de tenter de nouvelles provocations. Je me réjouis que nous nous rejoignions sur ce point.

En ce qui concerne les réformes engagées dans le désert rouge, nous renouvelons notre proposition d'accueillir des observateurs althaljirs, kabaliens de l'ouest et finejourilles afin de rencontrer les populations natives et de constater par leurs yeux la mise en place d'un traitement égalitaire, ainsi que de certaines exceptions juridiques en leur faveur à des fins de réparation.

Je doute cependant que ces gestes suffisent au Churaynn, notoirement dictatorial et agressif, ni à l'Azur, qui n'a pas hésité à mentir ouvertement à son peuple pour masquer ses crimes. Je crains qu'il ne soit pas possible de considérer ces deux acteurs comme fiables, bien que nous n'ayons rien à perdre à tenter (encore une fois) de faire preuve de diplomatie avec eux. L'Azur et le Churaynn ne comprennent que le rapport de force, il est nécessaire de leur faire comprendre qu'une escalade des tensions en Afarée de l'ouest leur sera préjudiciable. Pour cela, nous allons travailler à obtenir des garanties militaires de la part des nations progressistes du monde et accélérer la constitution d'une armée défensive, notamment en nous munissant de DCA et de radars.

Nous avons d'ores et déjà fait le choix du Grand Kah, dont les communes exclaves sont une porte d'entrée précieuse vers l'Afarée, et nous serions rassurés de pouvoir compter sur vos escorteurs lors des prochaines livraisons, qu'elles se fassent par avion ou par navire. Il ne fait aucun doute que l'Azur ou l'OND ne renonceront pas à tenter d'intercepter ces convois, leur seul objectif étant de garder la Kabalie rouge vulnérable afin de préparer à son invasion. La collaboration du Grand Kah, de l'Athlaj, et je l'espère du Finejouri et de la République de Kabalie devrait, je l'espère, suffire à bâtir l'architecture de défense dont notre région a besoin.

Ainsi parle Balsilek Ishak,
PDG-Protecteur du désert rougeCRAMOISIE©
Kabalie rouge
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sigle

Clarifications

Que la Paix d'Allâh soit sur vous.

Althajirs,

Le 7 octobre 2016, des déflagrations inconnues jusqu'alors ont ébranlé la terre et les cieux : le projet Cramoisie était concrétisé dans le sang et les flammes, à quelques kilomètres de votre territoire. Une terre brûlée s'étendant à l'infini, des survivants traqués armes à la main par des « commandos de nettoyage », et méthodiquement assassinés. Un espace entièrement dévasté, réinvesti par des opportunistes venus de l'étranger, des actionnaires, des colons, pour tirer parti des ressources d'un territoire qui ne leur avait jamais appartenu, sur lequel ils n'ont jamais eu aucun droit, et dont ils ont sciemment massacré les habitants : voilà ce qu'est la Cramoisie.

En 2017, l'effondrement de Carnavale et l'indépendance proclamée de l'entité coloniale n'ont mené qu'à la pérennisation de la structure actionnariale parasitaire en Cramoisie. Se convertissant à une lubie en vogue, le « luciférisme », les colons se sont adonnés à un racisme plus délicat et plus fourbe. Sous couvert d'assimilation, ils ont fait des survivants kabaliens des fétiches dérisoires. Tapisseries de train aux motifs orientaux, lancer de paraplégique kabalienne dans l'espace, sexualisation des mineurs ont été une oppression il est vrai plus douce que le meurtre systématique ; pour autant l'honneur du peuple kabalien a continué d'être bafoué, son indépendance niée, sa liberté condamnée, et son territoire occupé illégalement.

En 2018, la perversité des actionnaires de la R.A.C. est arrivé à son paroxysme par la désignation de Balsilek Ishaq au poste de PDG-Protecteur de cette coquille politique qu'est la République actionnariale : comme son nom l'indique dans un tel système le pouvoir appartient aux actionnaires. Et à quels actionnaires !

Balsilek Ishaq a rejeté la troisième offre diplomatique formulée par l'Azur, après que les deux précédentes aient été enterrées par Camille Printempérie et l'Archevêque Petipont : refusant la non-agression, refusant le Plan M, refusant désormais de faire justice aux Kabaliens par la Déclaration mondiale, l'entité coloniale change de nom, de drapeau, de dirigeant mais elle ne change ni de nature ni d'actionnaires. Aujourd'hui, la Maison Dalyoha développe en toute connaissance de cause de nouveaux instruments de mort et de conquête, les organismes génétiquement modifiés, à travers un projet de dissémination biokamikaze de ce matériau capable de corrompre jusqu'au Vivant lui-même.

L'ensemble de ces constats relève de simples faits, non de procès d'intentions. L'Azur est doué d'yeux pour voir et d'oreilles pour entendre. C'est cette simple sensibilité au réel qui le rend, sans doute de manière exceptionnelle, particulièrement engagé dans la lutte contre les poisons de la Maison Dalyoha. Poisons chimiques, biologiques, éthiques, philosophiques, mentaux même, au moment où l'on repeint les victimes pour des agresseurs.

Les faits, toujours, montrent que là où certains le voient comme un agresseur, l'Azur n'a tué personne, jamais, ni à Carnavale ni même à Cramoisie, alors que les propriétaires de la R.A.D. ont multiplié les crimes de guerre et les crimes contre l'Humanité, et qu'ils persévèrent de manière enthousiaste dans la création d'un biotope à leur image : mortel, artificiel, sans limite. Dans ce biotope, rien n'a de place : ni l'Azur, ni l'Althaj, ni les arbres, ni les dunes, ni les roches, ni les chansons, toutes choses que le luciférisme se propose d'oublier dans son culte d'un hypothétique surhomme.

En ce qui nous concernent, nous avons acté la déclaration de guerre à notre encontre manifestée par la Maison Dalyoha et nous mèneront notre défense selon les moyens qui s'imposent. Nous commencerons par limiter autant que possible les dégâts sur notre continent commun, en intervenant prioritairement à Carnavale. La Maison Dalyoha verra ses activités interrompues jusqu'à ce qu'elle réponde de ses crimes et respecte la dignité humaine. Les humains n'ont à être ni ses cobayes, ni ses esclaves, ni ses clients, ni ses sbires. L'Azur s'occupera, avec ses partenaires et seul s'il le faut, de le rappeler à la Maison Dalyoha.

Au coeur de cette lutte se trouve l'Afarée, enjeu de conquête et de propriété coloniale pour la Maison Dalyoha. Depuis tout ce temps, l'Althaj a contemplé sans rien faire la pérennisation de la coquille vide institutionnelle qu'emploient les Dalyoha et leurs nains lucifériens pour continuer à exploiter et occuper la Kabalie. L'Althaj a au contraire refusé de se joindre aux initiatives continentales, telles que le Pacte afaréen de sécurité, la Déclaration sur la Cramoisie ou la Reconnaissance de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de la République Unie des Peuples de Kabalie. Un sommet en Althaj a conclu que la seule préoccupation tangible de la Maktaba semblait être la sécurité des colons. La justice pour les Kabaliens, la sécurité écologique et sanitaire des Azuréens et de tous les Afaréens, ont été reléguées au second plan et l'Althaj n'a envisagé aucune solution pour que ces principes puissent être promus.

L'Azur n'a pourtant tué ni menacé personne, mais la Maison Dalyoha vient d'abattre deux aviateurs azuréens, ce 29 décembre dernier. Ces courageux jeunes hommes n'ont pris personne pour cible et ont été attaqués par surprise, avec des moyens très supérieurs à leur modeste mission de reconnaissance et de surveillance.

Morts en martyrs, ces deux aviateurs ont cependant permis au Diwan d'identifier la responsabilité d'une puissance étrangère dans l'armement de la R.A.D. : l'Union des Communes du Grand Kah a effectivement mené une coopération logistique et livré à la R.A.D. du matériel sensible, comme nous l'avons observé grâce aux éléments produits par nos aviateurs et par d'autres moyens de surveillance déployés dans la région. Ce fait est très grave, car le Grand Kah est un partenaire essentiel de l'Azur pour assurer la stabilité de l'Afarée. Engagé depuis deux siècles pour la dignité humaine selon ses propres principes idéologiques, le Grand Kah semble être victime d'une tentative d'infiltration et d'entrisme de la part des Carnavalais. Nous ignorons jusqu'à quelle profondeur le parasite carnavalais s'enracine dans l'appareil d'Etat kah-tanais, mais en toute hypothèse, jamais les Kah-Tanais n'ont accepté de servir d'instrument à une République actionnariale génocidaire qui occupe illégalement un territoire dont elle a sciemment exterminé la population.

L'Azur a confiance dans le courage de la population kah-tanaise et dans son discernement. Entre le capitalisme nihiliste de la Maison Dalyoha et les militants de la cause kabalienne, aucune équivalence ne peut être décemment dressée. L'Althaj doit également en prendre conscience. Il n'est plus supportable que le token kabalien manipulé par les actionnaires carnavalais soit pris au sérieux alors que les actions légitimes et sincères des amis de la Kabalie sont reléguées au rang de « manoeuvres agressives. »

Les faits interdisent cette idée. Seules les manipulations mentales du régime cramoisien et de ses alliés sont à l'origine d'un renversement de situation qui ne supporte pas l'examen par les faits : l'Azur n'a tué personne, alors que les Laboratoires Dalyoha en ont tué plusieurs millions. L'Azur ne cherche à conquérir personne, alors que les actionnaires s'arrachent les cheveux pour conserver leurs profits, leurs propriétés illégales et les étendre. L'Azur n'a aucun projet malveillant, alors que les Dalyoha, qui entretiennent un zoo humain, un parc de mères pondeuses de clones réduites en esclavage, des batteries de cobayes vivants, des projets de génomique innommables, au vu et au su de tous, ont démontré le peu de cas qu'ils faisaient de la dignité de ceux qui tombent entre leurs mains.

Que le Grand Kah envisage de soutenir notre ennemi est effrayant. Que l'ennemi non seulement de l'Azur, mais de toute l'Afarée et de toute l'Humanité, puisse recevoir l'appui d'un Etat aussi puissant est inquiétant. Que d'autres partenaires de la R.A.D. et de ses actionnaires existent est possible. L'attitude de chacun doit être ajustée à ce risque.

L'Althaj a l'histoire, la mémoire, les moyens et la force de participer à la résistance contre la Maison Dalyoha par les moyens qui s'imposent. La tergiversation de la Maktaba à ce sujet ne relève désormais plus, selon nous, que d'une manoeuvre dilatoire. Déjà Carnavale célèbre son programme de dissuasion balistique ; bientôt, lorsque celui-ci sera prêt, toutes les âmes damnées des Dalyoha prétexteront du risque de représailles pour ne rien faire et laisser impunis les crimes coloniaux menés par la R.A.D.

En janvier 2019, il est très tard pour demander à l'Afarée de se tenir à l'écart et se porter seule garante de la crédibilité du token kabalien qu'utilise la R.A.D. en guise de porte-parole : Balsilek Ishaq a pourtant déjà déclaré devant la presse internationale qu'il protégerait les milices, ex-commandos de nettoyage ; qu'il protégerait les intérêts de la Maison Dalyoha et de ses actionnaires ; et qu'il promouvrait la révolution culturelle luciférienne pensée comme l'ultime effacement de la culture kabalienne indigène. Tout ceci il l'a déclaré tranquillement à la télévision. Peut-être que l'Althaj ne regarde pas la télévision ?

L'Azur considère avec circonspection les appels à la retenue dans un moment pareil, qui sont rarement doublés de condoléances pour ses deux jeunes aviateurs lâchement assassinés par la R.A.D. Au contraire, il se rend compte que les appuis de la R.A.D. pourraient être plus nombreux que prévus.

Il est temps pour l'Althaj de nous clarifier sa position et sa pensée. Cette année 2019 est celle de toutes les surprises : désormais nous sommes prêts à entendre que l'Althaj n'a aucun plan ni aucune intention de faire justice aux Kabaliens et de résoudre le problème là où il se trouve : dans la Maison Dalyoha. A moins que nous nous trompions, nous sommes malheureux de voir que cette conclusion est la seule à laquelle les faits nous permettent d'arriver.

Le Diwan espère moins des mots que des actes désormais : il faut interdire à la R.A.D. tout réapprovisionnement en armes, et obtenir la fin de toute activité de la Maison Dalyoha en Afarée. Voilà ce que la bienveillance réelle exigerait de ceux qui se préoccupent des victimes et de l'Humanité. De bienveillance le Diwan est pétri. C'est par bienveillance qu'il n'a à ce jour tué personne et toujours répondu présent pour le dialogue. Mais vous savez comment on dit : trop bon, trop con.


L’écureuil dit : multiplie tes cachettes, et ta vie sera longue.
Proverbe tamasheq
https://i.imgur.com/HgV3HhF.pngAmastan Ag Amenay
Ministre des Affaires étrangères
06.01.2019
8447
sigle

Une proposition constructive

Que la Paix d'Allâh soit sur vous.

Althajirs,

Tout d'abord, je vous prie de bien vouloir recevoir mes sincères remerciements. Votre réponse, à sa manière, apporte les clarifications dont le Diwan avait besoin pour ajuster ses actions.

Vous écrivez que « l'Azur n'est pas un interlocuteur stable et crédible », aux yeux de l'entité. Ce point n'est pas de détail. Il nous renseigne sur l'état d'esprit des Tamurt N'Althaj, qui privilégie donc la perception de l'entité responsable des crimes que vous reconnaissez à la perception de l'Azur. Il n'y a aucune malice dans ce constat, mais il faut pourtant le poser : l'Althaj ne semble pas préoccupé par l'Azur dans cette situation. Notre vision ne vous intéresse pas plus que le travail abattu pour résoudre la crise sur un plan diplomatique. Dans ma missive précédente, j'énumérais les initiatives entreprises depuis des années et des années. A chaque fois, nous avons proposé à l'Althaj de s'y joindre, évidemment en toute bonne foi, sur cette affaire ainsi que sur d'autres. Rappelons, je vous prie, ce que l'Azur a réellement entrepris avant d'être ainsi méprisé et relégué sur le banc des agresseurs.

Le 22 avril 2015, nous avons alerté l'Althaj sur la recrudescence de la guerre au Gondo. Cette alerte n'a été suivie d'aucun effet ; pourtant garant des accords d'Icemlet, l'Althaj n'a rien entrepris pour interrompre le conflit civil sanglant mené entre des factions communalistes surexcitées et un Etat sous influence néocoloniale.

Le 13 août 2016, nous avons sollicité l'Althaj pour répondre ensemble aux provocations outrancières de l'Ouwanlinda, qui venait d'agresser son puissant voisin en assassinant le Président Idi Amar dans un bombardement. Il fallait empêcher une escalade et réaffirmer l'ordre diplomatique afaréen face à un régime qui allait en venir aux pires extrémités. Nous n'avons eu aucune réponse, et nous avons réglé la crise sans vous.

Le 2 décembre 2016, le Finejouri vous a proposé, en notre nom et ainsi qu'avec l'Antérie, de rejoindre le Pacte afaréen de sécurité non sur la base d'une adhésion complète, mais d'un rapprochement progressif et négocié avec transparence et sincérité sur la base d'une charte écrite. Vous n'avez pas répondu à ce courrier, ni cherché de rapprochement concret avec le Pacte afaréen de sécurité, alors qu'il s'est étoffé pour compter aujourd'hui quatorze Etats membres, parmi lesquels vous avez toute votre place.

Le 21 mai 2018, enfin, pour la première fois à votre initiative, des échanges ont pu se tenir. Ils ont abouti à une seule chose : l'Althaj, autant qu'il a déploré l'existence de la Cramoisie, a suggéré qu'il ne ferait rien pour en atténuer la réalité ; il n'a cherché qu'à dissuader les Afaréens non seulement de rechercher à faire justice, mais aussi de renoncer à la solution diplomatique du Plan M, que l'Archevêque Petipont avait pourtant acceptée !

Depuis, l'Azur estime avoir grandement fait sa part pour qu'un travail commun puisse émerger, et aussi pour qu'une solution diplomatique soit trouvée au problème de la colonisation et du génocide. Vous avez écrit : « l'Ecarlate est indéniable dorénavant », ce qui est votre manière sibylline d'exprimer que la Cramoisie doit être acceptée comme telle, avec son occupation illégitime du territoire, ses milices génocidaires, ses actifs illégaux, ses intentions malveillantes et ses projets déments. Cela revient à reconnaître la Cramoisie comme un interlocuteur.

Cramoisie ou Kabalie rouge : deux faces d'une même République actionnariale. De cette pustule néocoloniale nous ne nous accommoderons pas. Votre reconnaissance de son existence est le seul recul notable qu'on puisse imputer à un pays afaréen ; du reste, notre continent a été remarquablement soudé pour réaffirmer qu'il n'accepterait pas l'inacceptable et que la République actionnariale devrait rendre des comptes. Car des comptes, elle rendra assurément.

« Qui se hâte trébuche » : mais l'Azur ne se hâte nullement, il arrive à point. L'historique des étapes précédentes démontre l'ouverture du Diwan au dialogue, sa patience et ses contributions constructives, structurées, coordonnées avec le plus d'acteurs possible ; véritablement, voici une pratique collective et démocratique pour une solution pacifique et négociée. Nous n'avons décidément pas de leçons à recevoir, fût-ce de la Qari.

C'est bien sans flagornerie ni hypocrisie aucune que j'adresse aujourd'hui au Tamurt N'Althaj une bonne nouvelle : malgré les raisons objectives qui nous pousseraient à défendre notre sécurité contre la République actionnariale par des arguments plus « matériels » que des missives diplomatiques, le Diwan est prêt à soutenir une nouvelle initiative diplomatique portée par l'Althaj.

Vous avez écrit que vous assumeriez la responsabilité d'une « mission d'observation » : c'est bien, c'est intéressant. C'est tardif, après l'échec des plans précédents, mais c'est aussi audacieux : peut-être, s'il faut vous croire, les conditions sont-elles aujourd'hui propices à une décolonisation de la Kabalie occupée grâce à une action diplomatique de l'Althaj. Loin de rechercher « le renversement des institutions », « l'émigration massive » ou « la prise de territoires » par le « voisin » kabalien, nous savons que cette mission se bornerait à informer ; sans qu'on sache ce qui sera fait de cette information. Néanmoins, l'Azur est prêt à soutenir une telle initiative : de la transparence des informations dont nous disposerons émergera sans aucun mal la politique que tout acteur censé pourra soutenir. Ainsi, je vous prie de noter que l'Azur se pose une fois de plus du côté de la solution plutôt que du problème.

Il faut que cette mission serve à quelque chose. Conformément aux objectifs que vous lui avez donné dans votre missive, nous voyons que les points suivants devraient être nécessairement inscrits à la lettre de mission de cette enquête ; ils n'ont rien d'extravagant, ils sont juste plus précis, plus clairs et plus concrets que de vagues promesses. Ainsi, il serait nécessaire pour cette mission :
  • qu'elle établisse l'ensemble des faits liés au génocide des Kabaliens dans leur totalité ;
  • qu'elle établisse la liste des personnes impliquées et responsables du génocide et des maltraitances subséquentes infligées aux Kabaliens, ainsi que dans d'autres crimes survenus ailleurs ;
  • qu'elle constate les peines juridiquement et réellement encourues par ces personnes ;
  • qu'elle identifie les sites de production, de stockage et de lancement d'armes non-conventionnelles, a fortiori d'armes chimiques ;
  • qu'elle constate l'état réel du désarmement chimique de la R.A.D. ;
  • qu'elle identifie le mode d'occupation du territoire et la distribution des bénéfices produits par les actifs qui se sont développés dans la R.A.D. ;
  • qu'elle qualifie l'état réel de dépendance de la R.A.D. vis-à-vis de puissances étrangères étatiques ou financières ;
  • qu'elle qualifie les conditions réelles d'existence des Kabaliens autochtones dans la R.A.D., notamment en matière d'accès aux ressources, de droits réels à l'intégrité physique et mentale, et à l'autodétermination ;
  • qu'elle conclue sur le caractère colonial de la R.A.D. telle qu'elle existe aujourd'hui ;
  • qu'elle évalue la coopération de la R.A.D. avec la commission d'enquête ;
  • qu'elle délivre ses conclusions avant la fin de l'année 2019, et qu'elle publie un rapport d'étape avant la fin du premier semestre 2019 ;
  • qu'elle appuie le Conseil afaréen de sécurité, ainsi que l'Althaj d'ailleurs, dans son positionnement diplomatique par ces informations pendant toute sa durée d'existence et ensuite.


Dans la mesure où les points précités seraient vérifiés, je vous confirme que l'Azur soutiendra de toutes ses forces la mission d'observation althajo-finejourie, et qu'il fera toute sa part pour qu'elle puisse se réaliser sereinement. Pour cela, il est prêt à trois concessions majeures.

Premièrement, nous acceptons que la mission ne compte aucun scientifique ou personnel azuréen, de sorte que la République actionnariale ne s'en prévale aucunement pour réfuter la sincérité de la mission ; alors même que nous placerons notre confiance en vous, malgré les réserves que nous ne vous cachons pas.

Deuxièmement, nous nous engagerions à une non-agression totale, afin de garantir, en ce qui nous concerne, une situation pacifique propice à la réalisation de la mission d'observation. Cette non-agression pourrait être prolongée au-delà de l'échéance de la mission d'observation, rendant inutiles toute manoeuvre dilatoire visant à la faire durer et durer encore ; qu'elle s'achève rapidement et donne ses conclusions, nous serions encore prêts à ne pas prendre de mesure militaires d'aucune sorte pour que la diplomatie continue de faire son oeuvre.

Troisièmement, nous soutiendrions une éventuelle refonte du Pacte afaréen de sécurité, sur le principe suivant : la possibilité pour les Etats afaréens de recomposer leur organisation continentale selon leurs besoins, et si nécessaire, en donnant des engagements concrets en matière de non-intervention azuréenne dans la péninsule d'Afarée occidentale.

Si l'ensemble des points que nous avons cités plus haut sont réalisés à travers la mission d'observation de la Kabalie rouge, nous prendrons les engagements qui rendront cette mission possible. Notez bien et en toute transparence que tant que ces points ne sont pas actés, nous ne prenons aucun engagement ; et que par ailleurs, nous ferons le nécessaire pour assurer notre sécurité face à une entité malveillante telle que la Maison Dalyoha.

Il serait en effet pertinent que l'Althaj, et la communauté internationale en général, prennent conscience de la gravité des crimes de la Maison Dalyoha et des milices, et de la nécessité d'y apporter une réponse efficace, qui ne soit une énième hypocrisie de pure forme. Au moins avec l'Azur l'hypocrisie n'est pas de mise.

Qu'Allâh vous guide.


L’écureuil dit : multiplie tes cachettes, et ta vie sera longue.
Proverbe tamasheq
https://i.imgur.com/HgV3HhF.pngAmastan Ag Amenay
Ministre des Affaires étrangères
12.02.2019
3956
Le diplomate d'Azur avait été convoqué à la Maktaba, fait extrêmement rare.

Le quartier des ambassades était fait de ces maisons qariennes, hautes de trois étages, accolées les unes aux autres, où les briques ocres s'alignaient parfaitement avec les moulures de pierres permettant quelques larges ouvertures dans la pénombre des ruelles et de petites lucarnes aux éléments exposées au soleil.

Les ruelles étroites laissaient des rigoles de parts et d'autres des pavés creusés par les âges et autrefois quelques charrettes. En s'éloignant du quartier des ambassades, la densité restait la même toutefois certaines maisons laissaient place à de petits jardins ombragés, des oasis au sein d'une ville d'ordinaire sous les nuages les trois quarts de l'année et sous un soleil de plomb l'autre quart. Au milieu de ce quartier lumineux dans une ruelle tout aussi étroite que celles du quartier des ambassades, des journalistes siégeaient presque constamment en face d'une maison presque commune et quelconque. Organisées sous des toiles tendues entre les blocs de maisons entourant ce qui était plus une allée qu'une ruelle, les journalistes attendaient patiemment sur des tabourets traditionnels d'Asefsaf pour la plupart.

L'étonnement fut palpable, toutefois le professionnalisme prit suite.
En Eurysie, les foules de journalistes auraient alpagué et obstrué. Ici, la distance était de mise, le silence bercé de multiples cliquetis des appareils photos argentiques et des notes prises chiffonnées. Ce romantisme de l'ancien et du respect laissait aussi place à une sécurité qui abhorrait l'utilisation de quelques technologies outre-Althalj à proximité de ce bâtiment gouvernemental.

Le véhicule s'était arrêté en amont de l'allée et le diplomate et son escorte parcoururent le chemin dans un silence de convenance vers les portes du bâtiment. Là, l'escorte laissa le diplomate rentrer et les portes se refermèrent sans annonce aucune, pourtant ordinaire.

Le diplomate fut reçu par une qqari d'Asefsaf, déléguée officielle à Azur au sein d'Icemlet et notamment le bras droit de la qari Sofines Berek.
La symbolique était forte, le diplomate comprenait parfaitement la situation. L'Althalj répondait déjà à la dernière missive d'Azur.

Dans une salle ventilée par un homme habillé de blanc, permettant un va et vient d'un long tissu rectangulaire encadré d'un bois local avec une pédale de la même matière et une corde tressée, la diplomate prit place sur un siège finement travaillé par les artisanes d'Acilmum et des montagnes de l'Altilal Almujamada.

Le protocole diplomatique et salutations suivirent et la qqari commença.



La Qari Ijja Shenna a insisté sur le fait que les différences culturelles et linguistiques ont sûrement pesé dans la situation qui est nôtres, en ces lieux peu accoutumés à recevoir des instances étrangères.

Icemlet a souligné le danger de l'équilibrisme entre la diplomatie et le fait de tordre le bras ou de poser un ultimatum.

La Maktaba s'est étonnée de votre compréhension de nos dires quant à Azur, sa stabilité et sa crédibilité. La Qari Ijja Shenna n'a aucunement fait part du point de vue des Tamurt n Althalj, mais bien de celui de la Kabalie Rouge afin de permettre à Azur d'obtenir du contexte quant à la difficulté de communication et de transparence entre l'Ecarlate et la nation du Levant.


La qqari saisit une copie retranscrite à l'encre sur un papier texturé et soyeux et la donna au diplomate délicatement.


La suite de votre missive met peut être en exergue le manque de compétences de nos services de traduction.
Ainsi nous vous remercions de vérifier l'authenticité du message que vous souhaitez véhiculer avant que nous puissions continuer le travail qui semble commun à nos nations, celui de sauver l'Afarée.


La qqari prit une autre copie de la missive et descendit le contenu avec patience, ses doigts caressant les écritures Alth. Elle ne laissa transparaître aucune émotion et reprit avec le même ton neutre qui sied.


La Qari Ijja Shenna et la qari Sofines Berek attendront votre confirmation.

Il est tout à fait possible qu'Azur souhaite peaufiner le contenu de cette missive.

Si de manière inopinée il advenait que la Qari Ijja Shenna n'eusse pas été claire quant aux intentions des Tamurt n Althalj et de la volonté d'expliquer le pourquoi de l'impasse de la planification structurée et constructive et ce, afin de permettre au Diwan d'utiliser un contexte potentiellement égaré, nous vous enjoignons à nous en faire part.

Nous avons préparé un panier garni pour vous et votre détachement.

Ilâhat vous garde.


La qqari se leva et accompagna le diplomate vers la sortie. Les journalistes interloquées continuaient leur travail.



الدبلوماسية
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