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Presse de Velsna: actualités et informations - Page 7

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LegislaTV, Journal parlementaire et généraliste de la Grande République a écrit : Vicenzo Patra, 11 juillet 2018

"Nous ne pourrons pas construire éternellement des flottes de destroyers pour la simple satisfaction des va t-en guerre.": A Velsna, conservateurs et opposition sur la piste d'un droit maritime en Manche Blanche.



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Le destroyer de classe Antipater "Silistra", pointé comme une illustration de la démesure des moyens accordés à la Marineria


Il est rare de constater des points d'accords entre des membres des différentes factions conservatrices soutenant le Gouvernement communal et les groupes d'opposition sénatoriaux. Après un début de mandature marqué par un travail législatif relativement peu soutenu comparé à ce qui ft décrit comme une "frénésie" légaliste, les représentants les plus proches des interêts de la Marine velsnienne sont depuis peu sous le feu des critiques, depuis l'annonce, en l'occurence, du lancement d'une nouvelle classe de destroyer à compter de l'année 2018. Si ces navires étaient sur la planche à dessin depuis la fin de la guerre civile, c'est le lancement effectif du premier d'entre eux prévu pour début Aout 2018, le "Silistra", qui sème la zizanie sur les bancs du Sénat des Mille.

Pour les uns, le Silistra est devenu le symbole de la "déraison" budgétaire et des largesses "bien trop généreuses" accordées à la Marineria. Pour les autres, il est la démonstration du déploiement de l'appareil militaire velsnien comme un "outil de répression doté d'une capacité d eprojection". Si opposition et une partie d ela majorité se retrouvent sur la critique, l'argumentaire ne relève donc pas de la même nature. Certes, notre rédaction s'était habituée à voir l'opposition systématique des eurycommunistes à tout projet de nature militaire, ou du moins "des projets qui sont voués à réprimer les peuples et à s'accaparer leurs biens", mais la nouveauté réside indéniablement dans le renouvèlement de cet argumentaire lié à une tendance de fond qui a été pointée du doigt par le biais du "Silistra".

En premier lieu, avec le Silistra, ce sont les "privilèges" de la branche maritime de l'armée qui soulèvent de plus en plus de critiques. En effet, il est de notoriété commune que la Marineria, non contente d'être la branche la plus financée et la plus soutenue au sein du système de défense nationale, s'est imposée au fil des années comme un groupe d’intérêt puissant. Contrairement à l'armée républicaine, composée en grande partie de Gardes civiques constituées de citoyens mobilisés temporairement selon les besoins, la Marineria est un corps entièrement professionnel, organisé selon certains observateurs comme une corporation de métier à part entière, doté de leviers politiques importants et tenant à la défense d'un "pré-carré" et de "particularismes". Illustration de la puissance de la Marineria: deux membres du Gouvernement communal actuel ont figés ou figurent toujours dans leurs rangs. Cette puissance politique n'a pas été sans attirer de plus en plus la préoccupation et la défiance d'une part importante de la classe politique. Les demandes incessantes de ma Marineria matière de dotation et de financements n'a fait que renforcer une rupture entre les trois factions conservatrices principales: les "achosiens" et les "affairistes", soucieux de développer la marine, les uns pour satisfaire les inquiétudes des cités d'outre-mer quant à leur défense, les autres pour satisfaire les besoins sécuritaires consécutifs à l'ouverture de routes commerciales vers le Nazum. Face à eux, les "constitutifs", entendent freiner des quatre fers ce mouvement de fond, dans leur politique traditionnelle de développement économique de la métropole, bien davantage que pour les "aventures extérieures".

Si cette tension existe depuis toujours, les récents aléas de la géopolitique régionale de la Manche Blanche ont donné à ce conflit latent une toute autre dimension. Il n'est désormais plus seulement question des dotations de la Marineria, mais du rôle de ma Marine au sein même de la société velsnienne, et d'un triste constat sur les mécanismes des relations internationales. Frederico Scapini, analyste international, explique:

" Si pendant longtemps le pouvoir politique a considéré la guerre et le conflit comme un prolongement, certes malheureux de la diplomatie, mais naturel, quelque chose a changé ces dernières années: les flottes sont devenues de plus en plus grandes, elles coutent de plus en plus d'argent aux budgets des états riverains de la Manche blanche, et elles mobilisent un personnel de plus en plus nombreux. Cette tendance à la militarisation de la Manche Blanche s'est observée chez de nombreux pays: Velsna, Teyla, Tanska, Rimaurie...personne n'a l'air de faire exception. Une part importante de la société velsnienne se trouve bloquée dans un cercle vicieux potentiellement destructeur: d'un côté, il faut apporter des débouchés au secteur de la construction navale militaire qui est tout puissant à Velsna, de l'autre chaque construction de navire renforce la militarisation de la Manche Blanche, qui alimente d'elle même le besoin de posséder une flotte encore plus importante, et ainsi de suite. Le problème est que ce changement de dimension des moyens militaires résulte en une prise de proportion sans précédent de la moindre crise politique ou incident diplomatique, qui eut éclater en un conflit pouvant potentiellement mettre le feu à la Manche Blanche toute entière, par les divers mécanismes d'alliance qui régissent la région. Nous sommes désormais dans la situation ou la moindre sollicitation d'alliance peut conduire à une guerre de dizaines de milliers de morts, et à des niveaux de destruction qui auraient été impensables il y a encore vingt ans. Et la classe politique velsnienne est partie prenante et en partie coupable, à l'instar de toutes les autres, de ce phénomène."

L'avertissement est donc lancé: pour Scarpa, la perpétuation de ce mécanisme devrait finir par conduire à une catastrophe politique qui n'épargnera personne. Dans un contexte de crise en Hotsaline qui a pu faire apparaître certains de ces mécanismes infernaux, et qui ont fait craindre un embrasement généralisé d'un conflit local, certains sénateurs commencent à réfléchir ouvertement à ma création d'un organe de régulation du droit maritime en Manche Blanche, chargé de tempérer les aspects les plus pervers de cette situation. L'analyste reprend:

" Il existe plusieurs moyens de constituer un organe puissant, et doté de prérogatives utiles: la constitution de routes maritimes sécurisées et libre de tout convoi militaire, une meilleure définition des eaux territoriales de chaque État riverain de la Manche Blanche, voire même la limitation d'un tonnage autorisé à la circulation en Manche Blanche, tout cela pouvant être acté de manière collégiale dans le cadre d'une organisation dépassant le simple clivage multipolaire ONC/OND/Liberalintern/Pays "neutres". Sans de telles dispositions, ce n'est qu'une question de temps avant que la Manche Blanche ne devienne le théâtre d'un affrontement de masse provoqué par ce système d'alliance. Nous pourrions faire avaliser de telles décisions par la création d'un système de représentation par alliance au sein de cet organe hypothétique: deux voix pour l'OND et affiliés (Teyla, Tanska, Caratrad, Nordlig Kors), deux voix pour l'ONC et affiliés (Velsna, Rasken, Dodécapole), deux voix pour le Liberalintern (Altrecht, Khorne, Slaviensk) et une voix représentant les nations non alignées."

Si ce dernier reste lucide quant à l'évolution des tonnages militaires des différents pays en Manche Blanche, Scarpa est satisfait de constater un début d'infléchissement des mentalités parmi la classe politique velsnienne: les intérêts de la Marineria ne paraissent plus aussi intouchables qu’auparavant.

"Il ne reste plus qu'à espérer qu'il existe chez nos voisins des individus volontaires qui partagent ce constat. Mais je suis pessimiste quant à un certain nombre de pays."

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LegislaTV, Journal parlementaire et généraliste de la Grande République a écrit : Vicenzo Patra, 20 juillet 2018

"Un geste symbolique certes, mais qui marque d'une pierre la liberté de la Nouvelle-Kintan.": A Velsna, la Maîtresse de l'Arsenal Sofia Di Saltis élogieuse du gouvernement de la cité-état aleuco-eurysienne.



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Sofia Di Saltis


Grands changements au sein de la cité voisine de Nouvelle-Kintan. Autrefois colonie de l'Empire anti-colonial, la ville se targue désormais de sa prise d'autonomie au sein du nouvel ensemble territorial ayant émergé l'année dernière: le Condominium natif. En effet, ce 20 juillet aura été marqué par une annonce officielle du gouverneur de la ville, réaffirmant l'indépendance de fait d ela petite cité-état, actée le siècle dernier, mais remise sur le devant de la scène dans un contexte de désengagement progressif de la métropole coloniale akaltienne, dont le démantèlement de la base devrait être acté sous peu, suivant les termes du traité de Nouvelle Kintan signé l'an dernier. La nouvelle Maîtresse de l'Arsenal de la Grande République, Sofia Di Saltis, n'a pas été avare en compliments de suites de la nouvelle:

"Nous ne pouvons qu’espérer que ce geste soit le premier d'une longue qui permette à la Nouvelle Kintan d'ouvrir la voie vers une prise d'autonomie complète. Nous ne pouvons qu'encourager la ville à se doter de sa propre force armée, ce qui est le principal instrument de la souveraineté sur ce continent. Qui sait...cela pourrait être plus efficace que les sarbacanes et les lances-pierres akaltiens."


La réaction semble partagée par une bonne part de la classe politique velsnienne.
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Le velsnien libéré, la social-démocratie au cœur ! informations offertes par le Groupe industriel Falieri a écrit : Lucrezia Azurro, 22 juillet 2018

Insolite: comment l'ancien secrétaire général de la Loduarie est devenu une figure héroïque dans la culture velsnienne


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"Révolution", opéra mettant en scène la jeunesse de Lorenzo donné ce 22 juillet à l'Opéra Falieri (Velsna)


A minuit pétante, la sortie de salle de l'opéra Falieri ne se fait pas sans les applaudissements d'une foule conquise devant les salutations d'une troupe épuisée, mais souriante et soulagée d'une séance ayant apparemment fait des heureux, et bien peu de critiques. Pourtant le thème de la pièce relevait au départ d'un pari risqué devant un public tiré à quatre épingles, cette bonne bourgeoisie velsnienne fréquentant habituellement les abords de la Place San Stefano, ou encore les beaux quartiers de San Ciro. Aussi, le succès retentissant de cette pièce, consacrée à la jeunesse et les faits de la vie de celui que l'on simplement "Lorenzo", grande figure de la Révolution loduarienne et de la politique eurysienne du début du XXIème siècle, n'a été que d'autant plus surprenant. Si surprenant que cela ? Peut-être pas tant: lumière sur cette "Lorenzomania", qui depuis la mort du célèbre dirigeant, n'a jamais été aussi vive. Ironique de constater que l'Homme, clivant à l'international, n'a jamais été aussi populaire à Velsna que depuis son décès. Vincenzo Espero, metteur en scène de la poèce "Révolution", nous en dit plus.

"Finalement, l'ancien dirigeant de la Loduarie porte en lui toutes les caractéristiques d'une figure tragique. Cette dimension n'a fait que se renforcer avec sa mort. En mal ou en bien, personne n'est indifférent avec le personnage de Lorenzo. C'est ce qui fait sa popularité, je pense. Alors ça semblait tout tracé de le choisir comme le sujet de ma dernière pièce."

Au programme, la jeunesse méconnue et l'ascension au pouvoir du dictateur loduarien, pour finalement conclure par un dernier acte sur la lutte vaine du "Grand timonier" de Lyonnars contre les forces de l'OND. L'inspiration de Vincenzo Espero n'est pas survenue de nul part, et s'inscrit dans une réévaluation générale de la vie de ce personnage on ne peut plus polémique, qui aura rythmé l'existence du continent eurysien pendant près de quinze années.

"Il existe, je le pense, une grande fascination d'une bonne partie de la population velsnienne pour Lorenzo. Non seulement des eurycommunistes qui l'identifient à un libérateur, mais sa personne parle également à notre imaginaire, à la définition que l'on se fait d'un héros tragique, qui malgré tous ses efforts semble déterminé à échouer. Il est porteur d'un grand nombre de valeurs que les velsniens ont tendance à estimer: l'initiative personnelle, une certaine ambition, une audace et une attitude qui tranche d'avec le comportement de la plupart des élites politiques eurysiennes. Quelque part il y a un côté "self made man" et général victorieux. On entre pleinement dans le coté figure héroique, qui est très présent dans toute la littérature velsnienne. C'est ce qui permet à un public à priori ni communiste, ni en accord avec le fond du personnage, de tout de même le rattacher à des figures connues, et d'éprouver une forme d'empathie à son égard."

Loin du domaine de la culture, c'est en effet tout le milieu politique velsnien qui a été marqué par la figure du dictateur, qui n'est pas sans rappeler d'autres personnages ayant marqué l'Histoire de la ville, à savoir ce que l'on nomme des "princes", ces figures qui s'affranchissent des institutions de la ville pour tenter d'imposer leurs vues singulières, la plupart traitées en tyrans, mais qui suscitent l'interêt des politologues, qui y voient un grand sujet d'étude sur le thème de l’émergence des figures dites providentielles, et leurs risques.

Ce sont également les milieux proches de l'armée qui ont fait de Lorenzo l'objet d'un interêt, où le chef d'état loduarien, voit ses succès et ses echecs être analysés sous le prisme de la stratégie militaire, et de sa contribution à l'évolution des tactiques et compositions des armées eurysiennes du XXIème siècle. Il est ainsi l'un des premiers généraux à avoir pensé la nécessité du développement d'une capacité de projection importante en Eurysie, de même que ses echecs au Mokhai ont amené les états majors à penser l'utilité du trouple aviation/terrestre/naval dans un objectif de couverture commune.

La pièce Révolution sera donnée à l'Opéra Falieri jusqu'en décembre 2018 à tarifs modiques.


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LegislaTV, Journal parlementaire et généraliste de la Grande République a écrit : Vicenzo Patra, 11 juillet 2018

"Celui qui bloque le détroit mésolvardien deviendra notre ennemi": le gouvernement communal hausse le ton face à la montée des conflits en Eurysie de l'est et au Nazum occidental



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Son excellence Carlos Pasqual, Maître de la Garde et des polices de la Grande République


Encore une fois, ce début de législature ne sera pas de tout repos pour le gouvernement communal, qui vient de débuter sa mandature il y a deux mois à peine. Si sur le plan interne, la société civile velsnienne semble relativement stable en ces premiers mois de "règne" des conservateurs, sans que l'opposition sénatoriale ne parvienne à reprendre son souffle sur des dossiers sociaux, c'est encore une fois l'actualité internationale qui donne des sueurs froides à ce gouvernement. En cause, les sénateurs ont apprit, non sans une certaine inquiétude, l'engagement officiel de l’État rimaurien dans le cadre de la guerre civile retsvinienne. Ce conflit, qui jusqu'à présent est passé sous les radars en raison, de la place marginale de la petite nation de l'est dans le concert international, et l'absence d'enjeu dans son contrôle territorial, vient de prendre pour la classe politique velsnienne une importance toute autre, puisque l'une de ses conséquences vient se heurter à la politique très regardante de la République vis à vis de la circulation navale et aérienne en Manche Blanche, surtout lorsqu'il s'agit du transfert d'une armée de 20 000 hommes de part et d'autre de l'étendue d'eau que le Sénat considère comme le centre d’intérêt de toute son action politique depuis toujours.

C'est le 12 juillet au matin que le corps expéditionnaire rimaurien aurait commencé à déposer des premières avant-gardes en soutien à la junte militaire locale, laquelle se confronte depuis de longs mois à une guérilla communiste. En difficulté et ayant perdu le contrôle effectif du quart de son territoire, la petite dictature se serait naturellement tournée vers qui serait volontaire pour sauver un régime autocratique mineur d'Eurysie de l'est, en l'occurence, une Rimaurie qui est confrontée depuis toujours à la problématique d'un isolement diplomatique certain, conséquemment à la nature même du régime en place à Hahnmann. Toutes ces considérations et ce contexte n'a pas eu l'air d'émouvoir les sénateurs de la majorité, comme ceux de l'opposition, les uns dénonçant la remise en cause de la sécurité de la principale artère commerciale de la cité velsnienne, quand d'autres crient à l'impérialisme, et appellent au soutien des rebelles rouges.

Dans les rangs de la majorité sénatoriales, on s'inquiète déjà des possibles retombées économiques que l'extension d'un conflit en Retsvinie pourrait provoquer. L'intervention rimaurienne, si elle n'inquiète guère le commandement naval de la Manche Blanche orientale basé à Mesolvarde, pourrait bien être le premier domino qui inciterait d'autres acteurs internationaux à se ruer sur l'occasion d'avancer des pions dans cette région stratégique, qui a toujours été au centre des préoccupations de tous les gouvernements velsniens successifs. En effet, il faut rappeler que la cité velsnienne repose une grande partie de sa croissance sur la consommation de produits d'import, dont une part substantielle transite par le détroit. Aussi, il est hors de question pour le gouvernement communal de voir émerger un conflit touchant d'aussi près à la "prospérité de notre ville", en témoigne le Maître de la Garde et des polices, Carlos Pasqual, qui a adressé un avertissement aux gouvernements qui seraient tenté de perturber davantage "l'écosystème local de la Manche Blanche orientale", une menace à peine voilée envers l’État rimaurien:

" A ce que l'on m'a dit, la Retsvinie était devenue le nouveau lieu de villégiature préféré de tous les gouvernements voyous, et toutes les milices fascistes et communistes en mal d'action. En dehors du fait de trouver un vrai travail, je ne saurais leur donner qu'un seul conseil: restez loin de la circulation des biens et des marchandises. Restez loin de la liberté de navigation. Restez loin de toute velléité d'aventure lointaine, et occupez vous de vos nations barbares plutôt que d'amener la barbarie chez les autres. Battez vous pour les pommes de terre de la Retsvinie si vous le voulez, mais c'est à vos risques et périls si ces combats devaient s'étendre au dessus ou sur la Manche Blanche. Nous n'aurons aucune retenue à l'interpellation, ou à la frappe contre des flottilles qui viendront répandre le désordre dans ces eaux, empruntées par tout le monde, et vitales pour tout le monde. Nous ne composerons ni avec les groupes terroristes et les milices, ni avec les états-voyous. Voyez le Chandekolza, pour avoir un aperçu de ce qui se produit dés lors que quelque chose se dresse envers et contre la perspective saine du profit."


Le Maître de la Garde n'a pas gardé longtemps le secret des intentions du Gouvernement communal quant à cette affaire:

" Avec concertation de la Maîtresse de l'Arsenal, nous allons immédiatement mettre en place des mesures coercitives contre tout contrevenant à la paix du détroit, qu'importe l'appartenance à un bloc de puissance ou non. Bien entendu, nous n'agirons pas sans l'accord des puissances locales et de nos partenaires historiques. Nous ne pouvons prétendre assurer sans la collaboration des locaux la sécurité des flux. Nous comptons proposer aux gouvernements mesolvardiens, jashuriens et banaihrais un plan d'action coordonné et efficace. Nous reviendrons présenter le tout devant le Sénat."

L'appel aux partenaires nazumi du Jashuria n'est en rien anodin, car la Retsvinie n'est pas le seul point de crispation de la région. En effet, le Nazum occidental paraît ces derniers mois en proie à une rivalité latente entre le gouvernement de la Condédération socialiste du Nazum, et le Beylicat Akhanide et leurs vassaux, qui forment deux blocs antagonistes que tout semble destiner à une confrontation, quant bien même la classe politique velsnienne ne semble pas saisir tous les tenants et les aboutissants de ce "duel de regards", qui porte en lui bien davantage des considérations idéologiques que des motifs stratégiques pertinents (quasi absence de frontière commune entre les deux blocs, interêt économique minime quant à un éventuel conflit etc...). Ces deux espaces de conflit émergeant que sont la Nazum occidental et l'Eurysie de l'est sont par ailleurs liés par l'engagement d'acteurs nazumi en Retsvinie, à l'instar des légionaristes khardaz dont l’activité a été recensée de l'autre côté de la mer. Une situation qui n'est pas irriter le gouvernement communal velsnien, qui envisage des moyens d'empêcher les légionaristes de passer d'un continent à l'autre par le biais de contrôles maritimes plus stricts. L’implication et l'inquiétude similaire de la Troisième République du Jashurian n'est dans ce contexte pas étonnante. Cette puissance, qui s'est toujours improvisée comme la "puissance protectrice de la paix" du continent oriental, semble voir d'un très mauvais œil également la perspective d'un conflit dans la région. Une action commune des deux gouvernements, auquel devrait se rajouter celui du Banairah, est donc à prévoir. Reste à savoir quelle forme prendront cette série de mesures, et quel degré d'investissement ces États seront prêts à engager dans la sécurité du Nazum. Pour le moment, aucune source ne confirme que des solutions entre les trois partenaires ont été abordées.

Quoi qu'il en soit, il semblerait que ces évènements aient précipité la volonté du gouvernement velsnien de procéder à l'adoption d'une nouvelle loi de programmation militaire, dopant le budget de l'armée républicaine, jusqu'ici le parent pauvre des forces armées de la cité. Le Sénat velsnien a en effet voté la semaine dernière l'adoption d'un nouveau budget spécifiquement dédié à la constitution d'une force motorisée se voulant être la plus performante et la mieux dotée d'Eurysie, dans un contexte de reprise de la course aux armements. Pour la première fois, le tissu industriel velsnien devrait travailler de concert dans le cadre d'un partenariat avec les industries jashuriennes, algurenaises et ushong, dans l'optique de la livraison de 1 000 camions, 1 000 véhicules blindés en tout genre, ainsi que plusieurs milliers de tonnes de matériel en tout genre. Alors que depuis quatre ans, la cité s'était tournée exclusivement vers des acteurs internes pour honorer ses commandes, l'année 2018 devrait donc marquer le retour des appels d'offre internationaux. La raison n'est pas tant politique que pratique, puisque malgré le fait de posséder le troisième parc industriel mondial, l'effort des entreprises velsniennes est déjà accaparé par l'agrandissement constant des flottes, tandis qu'une grande entreprise de renforcement du secteur aérien est en cours. Le choix de la raison, donc, mais qui pourrait très bien avoir pour résultat la création de davantage de ponts diplomatiques et commerciaux avec les partenaires océniens de la République.

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Quotidia, Le média de l'excellence conservatrice, informations offertes par le Groupe Falieri a écrit : 21 aout 2018

Programme de modernisation des armées: coopération inédite de "la quadriplice" actée à l'occasion du "sommet de la défense 2018"


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"Quadriplice". C'est le terme que l'on voit apparâitre ici et là sur les réseaux sociaux depuis hier, et une annonce qui n'était plus vraiment une surprise tant les rumeurs l'avaient avalisé depuis déjà plusieurs semaines dans les rangs mêmes du Gouvernement communal velsnien: l'officialisation d'un partenariat trans-national dans l'objectif d'équiper une armée velsnienne opérante de 100 000 hommes à compter de l'année prochaine. Ce 19 aout se réunissait comme chaque année à Velsna les grandes pontes du complexe militaro-industriel velsnien: au programme les annonces des résultats financiers de la Société des honnêtes armateurs velsiens, tout comme des diverses entreprises nationales d'armement terrestre, et comme plat de résistance, la présentation de l'AP-02, futur avion multirôle adopté par les forces aériennes, et qui devrait entrer en service au début de l'année 2019. Mais dans les coulisses du salon, des invités plus attendus encore ont fait leur apparition, en la personne de représentants éminents des Industries Marbone et du Groupe Benca, géants de l'armement alguarenos. Si il n'est en rien étonnant de voir de croiser ces entreprises au salon, déjà fournisseurs de la cité velsnienne en ce qui concerne certains matériels, la portée de l'accord annoncé est inédite, ne serait-ce que par le nombre d'acteurs impliquées.

Les termes de l'accord "Quadriplice" quant au programme de réarmement de la Garde civique velsnienne, impliquant le Gouvernement velsnien, le secteur de l'armement national, Benca, Marbone, ainsi que les gouvernements jashuriens et ushong sont lourds de symbolique: derrière les poignées de mains et les sourires communicatifs, c'est l'alliance sans précédent entre quatre complexes militaro-industriels parmi les plus développés au monde qui se joue. Standardisation des équipements, harmonisation des coûts sur les critères alguarenos et collaboration constante entre une multitude de pôles de production sont le cadre d'une transaction historique d'armement dont le montant est estimé à près de 70 milliards de florius velsniens. Si la nature exacte des équipements affectés par l'accord a été gardée relativement floue par le Gouvernement communal, les dernières remontées des acteurs nationaux de la défense ne laissent guère d'illusion sur le fait que ce marché ait été réalisé avant tout dans l'optique de satisfaire les besoins logistiques d'une armée terrestre que l'on présente souvent comme le parent pauvre de la République, comme le présente Vincenzo Lotaro, chargé de communication pour la Société des Honnêtes Amuriers velsniens (SHAV).

" Nous avons pour objectif de permettre à nos forces armées d'assurer leur mission première: la défense de l'intégrité de la Grande République, et ce dans un contexte où la plupart des grandes puissances eurysiennes consacrent davantage de moyens que nous dans l'équipement d'une force armée terrestre. Cet accord a été signé en pleine connaissance de cause par les partenaires privés de la défense que nous sommes, pour la simple raison que la demande en matière d'armement de la part du Gouvernement communal pousse nos capacités à saturation. Le complexe militaro industriel velsnien étant déjà pleinement mobilisé dans un programme parallèle de constitution d'une nouvelle force aérienne, tout en devant faire avec le poids immense du lobby des armateurs navals , recourir au partenariat étranger est donc notre seule alternative afin de satisfaire nos besoins."

Loin de se plaindre de la concurrence étrangère, les acteurs du secteur national de l'armement ont donc accueilli l'annonce du programme "Quadriplice" non sans un certain soulagement, le carnet de commande des entreprises velsniennes étant déjà saturé. Mais il ne faut pas penser que l'accord trouvé n'est qu'un simple achat comme il y en a eu de nombreux entre 2012 et 2014, sous le gouvernement Dandolo. Vicenzo Lotar explique:

" La constitution du programme Quadriplice s'est faite parce que nous pensons que malgré toute leur force de frappe, ni nos entreprises, ni les entreprises alguarenos auraient pu s’acquitter de cette commande dans un délais que nous jugions raisonnable. Nous avons donc décidé de procéder à un véritable travail de reflexion dans la conception d'un équipement standardisé à la fois dans ses caractéristiques, mais dans sa tarification, qui permet une tant une simplification dans l'intégration de cet équipement au sein de l'armée que dans la plus grande minimisation possible des couts de production. Ce partenariat pourrait se vouloir pionnier dans le cadre de l'Organisation des Nations Commerçantes en matière de collaboration inter-étatique et inter-entreprise, et nous pensons que ce modèle pourrait se répliquer en dans le cadre de commandes futures. L'ampleur de la commande est massive, et tous ses acteurs sont parvenus à un accord commune en ce qui concerne la tarification, là encore c'est une première historique."


La Quadriplice, en dehors des partenaires océniens, a également vu la signature du gouvernement impérial ushong. Si cet état est déjà partenaire diplomatique et économique de la Grande République sur de nombreux points, c'est probablement la première fois que le très récemment cnstitué complexe militaro industriel ushong réalise une opération d'exportation de grande ampleur: un défi pour le pays dont l'essor économique fulgurant depuis le début des années 2010 l'a propulsé sur le devant de la scène politique nazumi. Une opération réussie pourrait signifier pour ces derniers le début d'une ambition exportatrice à échelle mondiale.Plusieurs voix appellent d'ores et déjà ce procédé de production segmenté à se généraliser dans le cadre de l'ONC. Affaire à suivre.


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LegislaTV, Journal parlementaire et généraliste de la Grande République a écrit : Vicenzo Patra, 27 aout 2018

Crime organisé: Le Bureau de la Garde et des polices annonce la création des "Carabinieri de Pasqual"



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Son excellence Carlos Pasqual, Maître de la Garde et des polices de la Grande République


" Je ne composerai jamais avec le crime. Je n'accepterai jamais de compromis avec le crime. Je n'engagerai jamais de dialogue avec eux. Je refuserai toujours la défaite de l'état de droit, face à une bande de voyous qui ont infiltré toutes les strates de la société ! Nous n'amnistierons jamais les voyous ! Nous les combattrons, et nous les mettrons hors d'état de nuire !"


Il ne fallait pas davantage de mots pour illustrer la position du Gouvernement communal sur la question, de plus en plus pressante du phénomène du Grand banditisme sur le territoire velsnien, et au delà. La session sénatorial du 27 aout 2018 a été l'occasion d'un règlement de compte entre la majorité sénatorial conservatrice et les oppositions, qui se sont mutuellement renvoyer la balle quant au manque d'entrain supposé du pouvoir communal face à la recrudescence des crimes associés à la grande criminalité. Le sénateur eurycommuniste Marco Pizarro s'est ainsi targué en pleine session, dans le cadre des questions aux gouvernement adressées au Maître de la Garde, d'une "inégalité dans le traitement du crime".

"Le Gouvernement communal trouve plus confortable de persécuter des syndicalistes, et trouve davantage ses aises dans le fait de réprimer de manifestants, plutôt que de s'attaquer aux trafiquants, aux détourneurs de fonds et à...j'ose le dire: la mafia. Car c'est face à quoi nous faisons face, une société parallèle entièrement tournée vers le crime comme moyen d'enrichissement, qui imite la violence de nos codes sociaux, et qui les détournent à leur profit. La mafia, c'est simplement le miroir de la violence à laquelle nous avons nous-même recours dans nos interactions avec le peuple. Le Gouvernement communal est entièrement responsable de la situation actuelle, et pire que tout, il ferme les yeux, car cette organisation ne les dérange pas tant que cela, finalement."

Depuis la fin de la Guerre des Triumvirs, sous pression de la société civile et de l'opposition, les conservateurs sont sommés à la réaction face à l’émergence et la prise de puissance d'un phénomène de grand banditisme d'une ampleur sans précédent depuis plusieurs décennies sur le territoire velsnien. En effet, la tension est à son comble depuis la révélation de plusieurs statistiques préoccupantes par le Bureau de la Garde et des Polices, et qui révèle le pourrissement des affaires liées à ce que l'on nomme "la grande criminalité":
  • Le taux d’homicide par balle dans la cité velsnienne est estimé, en 2018, être le plus élevé de toutes les capitales d'Eurysie de l'est. Il en va de même pour le nombre de crimes possiblement liés à des règlements de compte ou encore du nombre d'armes en circulation dans la capitale velsnienne.
  • Une augmentation alarmante du nombre de saisies de narcotiques en provenance de Paltoterra.
  • Une augmentation des faits de corruption d'agents publics.
  • Une augmentation sans précédent des faits de racket, de chantage, d'extorsion de fonds et d'enlèvements.
En conséquence, le Gouvernement communal a été accusé ces dernières années, de fermer les yeux sur ce phénomène, certains sénateurs de l'opposition allant même jusqu'à insinuer l'existence d'un système de "cohabitation mutuelle" entre le Gouvernement et le monde de la Mafia, la ùmajorité conservatrice "tolérant" l'existence de ce monde parralème. Argument rejeté en bloc et avec vigueur par les sénateurs de la majorité, qui accusent là "une invention d'une bande d'eurycommunistes soucieux de salir les honnêtes gens". malgré ces bravades toutefois, force est de constater que les pressions multiples exercées toutes ces années, ont finalement convaincu le Gouvernement communal de répondre à la question, ou du moins de fournir une esquisse de plan général de lutte contre la grande criminalité, plan d'ensemble qui de l'aveu même de Carlos Pasqual, "manquait cruellement jusque là".

C'est donc par l'intermédiaire du Bureau de la Garde et des Polices, qu'a été proposé au Sénat la création des "Carabinieri de Pasqua", une unité de police chargée exclusivement de la traque et de la résolution des crimes liés à la Grande criminalité. Ce service, tel qu'il a été présenté par le Maître de la Garde, présenterait un certain nombre de particularités qui le distingue de la chaîne de commandement des services de police actuels, parmi ceux-ci:
  • Les Carabinieri seraient une force dite confédérale, qui aurait tout le territoire velsnien pour juridiction. Une situation rare dans un ensemble territorial où chaque cité libre dispose de ses propres forces de police. Cette ambition, bien que compréhensible sur le plan de l'efficacité, risque de heurter l'attachement aux particularismes de chaque cité libre, dont le monopole partiel de la violence pourrait être considéré comme remis en question.
  • Les carabinieri seraient sous les ordres exclusifs du Bureau de la Garde et des Polices, sans le moindre intermédiaire.
  • Un délit "d'association mafieuse" serait spécifiquement crée en complémentarité de la création des carabinieri, et le moindre soupçon permettrait la perquisition de tout domicile u lieu associé à une enquête ouverte pour crime d'association mafieuse.
  • Les carabinieri se dédoubleraient en deux brigades; une brigade d'intervention de terrain, et une brigade financière indépendante des services de police existants.

Si certains sénateurs, majoritairement alliés au gouvernement communal ont noté un "effort considérable", l'opposition eurycommuniste a pointé certaines faiblesses de ce dispositif, en particulier le lien plus qu'étroit entre les carabinieri et l'administration directe de Carlos Pasqual, figure controversée de la politique velsneinne. Volontiers provocateur, l'eurycommuniste Mario Pizarro s'est fendu d'un commentaire:

"Ce n'est pas en appointant un mafieux en chef d'une brigade anti-mafia que l'on va chasser des mafieux."


Au delà des accusations de corruption, de bafouillement des particularismes des cités libres et d'autoritarisme, c'est l'aspect financier de la future organisation policière qui se démarque des anciennes initiatives prises contre le crime organisé. En effet, la résurgence récente du phénomène mafieux à Velsna s'explique en partie par un changement de méthodes de la part de ces groupes occultes, qui ne font plus uniquement usage de lanrue pour s'enrichir, mais agissent directement dans le domaine de la criminalité en col blanc.

Après avoir pendant des décennies nié l'existence de la Mafia, la classe dirigeante velsnienne ne l'a abordée que sous l'angle de la menace à l'ordre public à partir des années 1980. Avec les guerres entre clans semant la mort dans les rues velsniennes, les intimidations et les assinats de journalistes, hommes politiques et magistrats, le "problème" de la mafia menaçait avant tout la solidité des institutions, mais pas la santé de l'économie du pays. Ce n'est que récemment qu'ont débuté les études quant au poids des activités de la mafia dans l'économie de la cité. Et le constat semble implacable.

Le chiffre d’affaires des organisations mafieuses, toutes activités confondues, rien que pour ce qui connu des services financiers de la Grande République, s’élève à 90 milliards de florius velsnien par an, correspondant ainsi à 10% du produit intérieur brut de la cité velsnienne, selon une étude publiée récemment par le Bureau des Balances du Gouvernement communal. Ces activités touchent certains secteurs plus que d'autres, dont certains que l'on qualifierait d'essentiels: transport routier, entreprises de fret naval et aérien, société de ramassage d'ordures, entreprises de travaux publics, industrie du jeu et du pari. Ajouté à cela, des activités certes "traditionnelles", comme le racket, mais qui dans certaines régions ont prit une ampleur inouïe ces dernières années. Ce serait ainsi 60 000 commerçants qui feraient l'objet de chantage et d'extorsion chaque année sur le territoire velsnien. Carlos Pasqual n'a pas été avare de termes au ton dramatique pour qualifier la situation devant le Sénat:

" La mafia parasite l'économie de la cité: chose inacceptable. l’infiltration des organisations criminelles de caractère mafieux dans le tissu économique va en grandissant d'année en année. Si la mafia affaiblit notre cité, alors la mafia doit disparaître."


Ces déclarations pourraient ainsi être le coup d'envoi d'une guerre entre le Gouvernement communal et le grand banditisme velsnien...
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LegislaTV, Journal parlementaire et généraliste de la Grande République a écrit : Vicenzo Patra, 30 juillet 2018

Crime organisé: Les carabinieri face à leurs premières difficultés devant les prérogatives des cités libres



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Suite à l'annonce de leur création par son excellence, le sénateur et Maître de la Garde et des Polices Carlos Pasqual, l'unité des carabinieri, spécialisée dans la lutte contre le grand banditisme et les mafias, toutes les réactions sur le sujet n'ont pas étaient empruntes de positif. En effet, en certains aspects, les prérogatives exceptionnelles accordées aux carabinieri entrent en contradiction notable avec les privilèges juridiques, jalousement gardés des cités de droit fortunéen, ou encore de droit occitan. Si pour ke cas des cités de droit velsnien, la législation locale ne semble pas entrer en contradiction, celles ci ne composent que 20% des unités administratives de la Grande République, et la plupart des grandes agglomérations du territoire sont de droit fortunéen. Un statut privilégié qui accorde aux détentrices une autonomie élargie dans un grand nombre de domaines de la vie public, dont l'exercice de la loi et e la gestion des tribunaux de première instance en premier lieu. Cela signifie que les forces de police de la Garde civique de ces cités n'ont théoriquement aucune obligation de collaborer avec les carabinieri velsniens, sauf période de Triumvirat, synonyme de crise des institutions comme cela a pu être le cas durant la Guerre des Triumvirs, en 2013-2014.

En conséquence, les cités de Vatluna, Saliera et d'Umbra ont d'ores et déjà annoncé leur intention de ne communiquer en aucun cas sur les dossiers judiciaires en cours qui puissent avoir un rapport avec de quelconques suspicions d'activité mafieuse, ce qui n'a pas été sans irriter le Gouvernement communal velsnien. Il en va de même pour les tribunaux de ces villes, qui se sont refuser à instruire tout dossier sur base d'une enquête menée par les carabinieri. Le Bureau de la Garde et des Polices de la cité velsnienne aurait donc théoriquement la charge, en communication avec le Bureau des jugements, de l'intégralité des dossiers d'instruction à l'encontre des suspects pour association mafieuse, et d'une totale absence de collaboration des services locaux, qu'ils soient policiers ou juridiques. Certains sénateurs de la ville d'Umbra ont même été jusqu'à déclarer leur intention de chasser les carabinieri qui tenteraient d'opérer sur le territoire de leur cité. Si les magistrats locaux de ces villes paraissent bien conscients des problèmes posés par la prolifération des activités liées au crime organisé sur leurs territoires respectifs, le caractère unilatéral de la manoeuvre de Carlos Pasqual n'a pas été sans réveiller de vieilles velléités autonomistes faisant partie intégrante de l'identité des cités de droit fortunéen et de droit occitan.

Le Maître de la Garde et des Polices a d'ores et déjà communiquer sa volonté de se "plier au exigences locales", et a invité des magistrats de toutes les cités de droit fortunéen ou occitan à la tenue d'une conférence, ayant pour but, selon l'intéressé, "d'harmoniser à l'échelle confédérale la lutte contre le Grand banditisme".

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Quotidia, l'excellence conservatrice a écrit : Vicenzo Patra, 3 septembre 2018

Mondial du football: défaite velsnienne ou triche youslève ?



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Catastrophe pour les fans de la squadra de la cité velsnienne ce weekend dans le cadre de ces huitièmes de finales. A domicile, l'équipe youslève ne paraît avoir laissé aucune chance à la sélection de la cité sur l'eau, qui accuse au terme de 90 minutes de jeu un score de 5-0: une punition méritée dirons certains, tandis que d'autres pointent du doigt un arbitrage litigieux clairement orienté visant à favoriser les hôtes de la compétition. Oui peut-être est-ce finalement une explication mêlant ces deux causes, c'est en tout cas l'avis de notre rédaction sportive au soir d'un match cauchemardesque, à la fois pour la sélection velsnienne, mais aussi de notre humble avis, pour le ballon rond tout entier.

En effet, si certains ont pu crier à la triche dés la mi-temps, avec par exemple, l'expulsion du milieu offensif Torrisi à avant la rentrée aux vestiaires, il s'agit également d'être lucide quant à l'écart de niveau que les deux formations ont montré, triche ou pas. On savait la formation velsnienne fragile depuis les éliminatoires de la compétition, où l'équipe s'était qualifiée de justesse pour les phases finales. Un premier tour avec des prestations en dents de scie n'avaient fait que renforcer le constat, montrant une équipe opportuniste qui si elle est parvenue à se tirer des phases de groupe avec les honneurs, accusait de nombreuses lacunes à presque tous les postes. Malgré ces signaux mi-figue mi-raisin, les supporters étaient toujours en droit de rêver, ne serait-ce qu'à bousculer une Youslévie archi-favorité. Mais ce n'est pas ce qui s'est passé, et ces 90 minutes ont dû paraître terriblement longues pour les spectateurs ayant fait le déplacement. Si la première période a vu l'ouverture du score par l'équipe youslève, il y avait pourtant du positif à tirer de la sélection...jusqu'à l'expulsion de Torrisi. Le seconde période n'a été qu'un long chemin de croix qui a vu le filet velsnien être planté à quatre reprises: résultat logique d'une équipe réduite à dix, et qui s'est tout bonnement éffondrée à mi-parcours. Le bilan sportif donc, est globalement négatif pour une équipe qui a montré les limites, à la fois de ses capacités techniques, mais aussi de la tactique générale du bloc ultra-défensif en cattenaccio, favorisée par un sélectionneur qui n'avait toruvé que cette solution pour limiter les faiblesses techniques des rosso.

Mais si le sportif a été à la peine, inutile de dire que la sélection velsnienne a eu à porter le fardeau d'un autre boulet au pied, qui est celeui du contexte même de la rencontre. Conformément à la tradition, en premier lieu, les heurts dans les tribunes, qui sont monnaie courante en Youslévie, ont relancé le débat des conséquences du hooliganisme sur le sport, contre lequel les autorités du mondial sont impuissantes, ou bien complices en fermant les yeux sur ce phénomène inquiétant qui a davantage pourri une rencontre laborieuse. Mais ce qui s'est produit hors terrain s'est également couplé à des commentaires dés la fin de la rencontre concernant la qualité d'un arbitrage jugé déplorable, et qui a nourri les spéculations quant à une rencontre volontairement truquée visant à favoriser l'hôte de la compétition. Hormis le carton rouge infligé à Torrisi, c'est l'ensemble de l'exercice qui vient poser question, avec en particulier, des hors-jeux inexistants et un pénalty imaginaire accordé aux youslèves en début de seconde période. A ce stade, il n'est pas encore possible d'affirmer si l'affaire restera sans suites, ou si la Fédération velsnienne de football envisage de porter l'affaire devant les autorités internationales du sport.

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L'Unité, organe de presse officiel du Parti Eurycommuniste Velsnien a écrit :

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Marina Zeffereli, 18 septembre 2018



Journée de grève solidaire en appui à l'opération de pacification loduarienne de l'Antares


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Grève au terminal de fret du Port d'Umbra


Si la classe politique velsnienne, pour sa plupart, est pour l'instant restée silencieuse quant aux dernières annonces en provenance de la frontière loduaro-antarienne, les travailleurs velsniens semblent, eux, avoir déjà choisi leur camp. A l'appel des syndicats en réaction à l'intervention de la Loduarie communiste dans un contexte de guerre civile en Antares, plusieurs secteurs de l'économie velsnienne ont été touchés par une journée de démonstration de la capacité de réaction et d'organisation de la classe ouvrière velsnienne, en anticipation de la r"action officielle d'un gouvernement communal ayant toutes les chances de condamner l'opération militaire en cours. En cause, l'intervention est défendue par ces syndicalistes comme étant "une réaction logique à une situation de guerre civile à quelques dizaines de kilomètres du berceau de l'eurycommunisme mondial", tandis que d'autres arguent plus simplement que la révolte populaire actuellement en cours dans l'Antarès capitaliste constitue une justification suffisante en vue d'une intervention.

Dans les rangs du PEV, les responsables du parti semblent avoir déjà acté l'opération loduarienne, qualifiée de "pacification nécessaire" par certains cadres, tandis que si l'ensemble du pays est loin d'être paralysé, certaines industries et secteurs clés sont touchés par un mouvement qui puise sa force au sein des bastions historiques eurycommunistes. Ainsi, c'est pas moins de 70% des employés des installations portuaires et de fret maritime de la cité de Velsna qui se sont déclarés en grève ce lundi, tandis que les usines du Groupe Strama ont pour trois des quatre ensembles sur le territoire velsniens été contraints à l'arrêt, à raison de 60 à 80% de grévistes sur certaines chaînes de montage. Un mouvement social éphémère qui, au delà de la solidarité internationale pour l'intervention loduarienne, a également pour but de rappeler aux autorités patronales et au Gouvernement communal que le mouvement syndical velsnien reste mobilisé en toutes circonstances, une manière de bander les muscles face à toute forme de menace vis à vis du droit du travail et du droit syndical, voire à préparer une nouvelle série de revendications pour l'année 2018.


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Quotidia, l'excellence conservatrice a écrit : Vicenzo Patra, 23 septembre 2018

Le retour en force de l'artisanat du marbre et du bronze dans la cité velsnienne, avec les Ateliers Mizzo



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Depuis sa fondation, la cité velsnienne a toujours abritée en son sein une dynamique industrie de marbrerie, de verrerie et du travail du bronze. Foyer de la Renaissance parmi d'autres à partir du XVème siècle, Velsna a été frappée de plein fouet de la fièvre de la nostalgie du passé rhémien du continent, d'autant plus que la cité a toujours su rester au contact culturel du foyer leucytalien, où certaines pratiques du travail du marbre n'ont jamais vraiment disparues. On estime ainsi qu'à l'apogée de la profession, il y a pu avoir au détour de l'an 1600, près de cinquante ateliers de marbrerie répartis dans la vielle ville de Velsna. La corporation des marbriers formait alors un groupe d’intérêt puissant disposant d'une certaine influence politique permettant de valoriser un peu plus leur activité. Encore aujourd'hui, rares sont les rues de la vieille ville de Velsna au moins un fronton de maison n'est pas décoré par l'une de ces sculptures parmi les plus communes de ce style renaissance: madonne litta, San Stefano tenant une bourse dans sa main, achosien avec un pied sur sa gorge... De cette période du XVIème-XIXème siècle, on garde également une quantité faramineuse de bustes et statues commandées par les membres des grandes familles sénatoriales, que ce soit au privé ou au public, afin d'immortaliser des personnalités importantes de ces lignées, et faire valoir leur légitimité à gouverner au peuple velsnien.

Mais cette industrie connait par la suite un coup d'arrêt. Dans un contexte de Révolution industrielle, les codes culturels changent, de même que les méthodes de production ou la manière de représenter le pouvoir. Avec l'avènement de la photographie et du cinéma, le pouvoir velsnien et ses détenteurs trouvent d'autres moyens de représentation du pouvoir, à la fois moins onéreux, plus efficaces et grand public: les commandes publiques ralentissent avant de se réduire au strict minimum, tandis que l'usage domestique du marbre décroit avec le développement de matériaux de construction moins onéreux. Les décorations en marbre cessent d'être produites au rythme des grandes évolutions architecturales qui tendent vers la simplification, si bien qu'au début du XXème siècle, il reste plus que quatre ateliers de marbrerie dans la ville de Velsna. Le collège des marbriers de la ville, qui regroupait alors tous les artisans marbriers est dissous dans les années 1920 par manque de membres, et le travail du marbre et du bronze tombe peu à peu dans le confidentiel, sans disparaître complètement pour autant.

Un siècle plus tard, la situation pourrait bien être en passe de changer. En effet, sous l'office d'un petit groupe de jeunes artisans déterminés, l'Atelier Mizzo, situé dans le quartier de l'Arsenal, fermé en 1953, a rouvert ses portes en début d'années, grâce aux efforts du petit-fils du dernier "Grand Maître marbrier" de l'atelier, Giovanni Mizzo. Ces ateliers, que l'on pouvait presque comparer à une manufacture à son apogée, constituaient jusqu'à leur fermeture le plus important centre de production de sculpture sur marbre de la capitale, que cette petite équipe d'artisans tente actuellement de reconstituer. Giovanni Mizzo témoigne:

"Depuis que je suis petit, je voulais rouvrir les ateliers de mon grand-père. Alors dés que j'ai été en âge, j'ai été à Fortuna pour faire une formation d'apprenti marbrier, auprès des maîtres qui fournissent à des gens comme Francisco Déria des œuvres qui demandent un degré de technique qui existe nul part ailleurs. Je suis revenu quelques années plus tard avec ce bagage, et j'ai branché des amis qui étaient intéressés par une reconversion. Je les ai formé, un par un, et maintenant on forme une bonne équipe capable d'honorer des commandes qui demandent une grande technique."


Dés leur réouverture, les ateliers Mizzo ont ainsi accusé la réception d'une dizaine de commandes, dont certaines sont encore en cours de réalisation. Parmi elles, une reproduction miniature de la statue géante de Polémarque de Fortuna, commandée par un sénateur dont Giovanni Mizzo n'a pas daigné dévoiler l'identité. Mizzo cependant, précise que son projet a en partie été financé par plusieurs sénateurs. Dés lors, il est permis de spéculer sur les accointances politiques du projet. En effet, les ateliers Mizzo ne semblent pas se résumer à une démarche d'artisan apolitiques, et Giovanni Mizzo ne cache pas l'orientation politique de certaines de ses créations:

" L'art se doit d'être engagé, bien sûr. Nous ne faisons pas de la sculpture dans le vide: on sculpte ce que l'on pense. Nous avons refusé des commandes car elles provenaient de personnes sur lesquelles nous n'avions aucune sympathie. A l'inverse, nous nous faisons une joie de travailler pour la visibilité de sénateurs que nous pourrions qualifier de patriotes et de gens sincèrement intéressés par le bien de la cité. Altarini, par exemple."


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Cette reproduction de la statue du Polémarque ne va pas se faire toute seule...

Le milieu de la culture de la capitale n'a pas tardé à s'intéresser à ce phénomène du retour en force du travail du marbre, et de la multiplication des commandes de la part des élites politiques de la ville. La politologue Henrietta Mazzari, qui a longuement étudié la thématique de la représentation du pouvoir dans la cité velsnienne, commente ainsi:

" A Velsna, la monumentalisation de l'espace public n'est que rarement du fait de l'Etat: ce sont avant tout des citoyens fortunés qui font des dons au Sénat, qui charge le Bureau des évergètes d'ordonner des nouvelles constructions. Or, dans le contexte de la croissance économique des récentes années, les sommes investies par certains sénateurs ont été de plus en plus importantes, et l'aménagement public est devenu sujet à une concurrence féroce entre certains acteurs politiques, qui sont obsédés à l'idée de laisser une trace, et d'occuper l'espace public. C'est comme des panneaux publicitaires, finalement, mais en marbre. Et la dernière de ces modes consiste à signaler qui a financé la construction d'un bâtiment en apposant à chacun d'entre eux une statue marbre de son commanditaire. Cette situation a logiquement contribué au retour en force de l'industrie du marbre à Velsna."

Les affaires ne semblent donc pas être prêtes de s'arrêter pour les ateliers Mizzo, qui ont reçu il y a quelques jours encore une commande pour le moins inédite en provenance de la cité de Volterra: une statue d'une hauteur d'une vingtaine de mètres dont Giovanni Mizzo a encore une fois tenu à conserver l'anonymat, à des fins commerciaux. En effet, la concurrence est rude, et chaque commande peut-être soumise à rude compétition dans les appels d'offre.

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Storiavoca, l'entretien historique et archéologique a écrit :

Histoire et mystification identitaire: quand les îles marquises deviennent subitement celtes

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Maria Cecilia Landrini, spécialiste du monde celtique et membre de la Société des Honnêtes historiens velsniens


Il est 9h, bienvenue sur Storiavoca, votre cours d'Histoire, présenté par Paolo Bastiano.



Bastiano: Chers auditeurs bonjour, et bienvenue à notre rendez vous hebdomadaire avec l'Histoire, toujours en lien avec l'actualité du moment: connaître l’Histoire pour mieux comprendre le monde d'aujourd'hui. A l'heure où les guerres du présent hantent le continent eurysien comme un éternel mouvement de pendule, jamais l'appel au passé, en effet, n'aura été outil plus puissant afin de justifier les revendications identitaires, nationalistes et/ou politiques. L'Histoire agit ainsi non comme le carburant de la guerre, mais comme un comburant à des fins d'usage politique. Le dernier exemple du moment nous permet ainsi de nous focaliser sur un territoire méconnu et périphérique de ce continent, où la guerre OND-Carnavale est venue raviver d'antiques questions sur le peuplement ancien et présent de l'archipel. Avec nous pour décrypter ce phénomène nous accueillons une historienne spécialiste du monde celtique médiéval, Maria Cecilia Landrini. Bonjour Maria.

Landrini: Bonjour.

Bastiano:
Vous êtes membre de la Société des honnêtes historiens velsniens, Maîtresse de conférence à l'Ecole de philosophie politique de Velsna. Vous êtes également détentrice d'une thèse, à partir de laquelle vous avez récemment publiée un ouvrage: "L'Achosie velsnienne: l'intégration des élites celtiques au monde fortunéen". Votre concours sera utile afin de comprendre un phénomène frappant récemment les Marquises: la redécouverte par certains habitants d'un héritage culturel celte, que les partisans de cette thèse clament tenir d'une migration ancienne remontant pour certaines versions au moyen-âge central. Avant toute chose, nous ne pouvons pas comprendre l'origine de ces revendications identitaires sans appréhender ce qu'est le monde celtique, les grands mouvements de migrations qui le marque, plus particulièrement vers la fin de cette période médiévale qui est charnière pour la définition d'une identité culturelle proprement"celtique". Maria, qu'est-ce donc que ce monde celtique ?

Landrini: En premier lieu, le monde celtique est un espace géographique marqué par plusieurs singularités, culturelles, mais surtout politiques. Le monde celtique est un espace qui est très loin d'être homogène, et qui regroupe en réalité plusieurs familles de langues. A la veille des guerres celtiques au XIIème siècle, on pourrait y distinguer deux zones politico-culturelles distinctes, qui recouvrent environ les deux tiers nord de l'île celtique proprement dite. D'une part, au nord, on assiste au XIème siècle à une dynamique de centralisation du pouvoir qui aboutit à l'unification de plusieurs principautés que l'on pourrait qualifier de proto-féodales, et qui donneront par la suite ce que qu'on appelle la "Première République d'Achos". D'une autre part, à sa frontière sud, se trouve ce que l'on appelle le "pays menkien", qui demeure extrêmement fragmenté jusqu'au XIVème siècle, et où le féodalisme et l'urbanisme connaissent un développement beaucoup plus laborieux. A la veille des guerres celtiques, ces proto-menkiens sont encore des populations semi-sédentaires regroupés au sein de chefferies qui se forment à partir de plusieurs cellules familiales: des structures politiques que l'on pourrait qualifier de "simples". La frontière du monde celtique pourrait être située à la frontière entre ces chefferies et le royaume saxon de Caratrad, dont les limites semblent se fixer définitivement vers le Xème siècle. A compter de cette date, on peut dire que l'espace celtique se stabilise, à la fois territorialement et politiquement.

Bastiano: Vous décrivez Achos comme la région la plus dynamique de cet espace. C'est bien loin de l'image que nous avons ordinairement d'une région que nombre de vos prédécesseurs décrivent comme étant "périphérique", voire arriérée.

Landrini: Oui, en effet. Achos connait un fort développement à partir du XIème siècle, et en réalité, on a affaire à une zone qui est très connectée au continent, dotée d'une culture matérielle dont nous avons énormément de témoignages. Ce qui a longtemps desservi l'image d'Achos en tant que culture, c'est peut-être l'arrivée tardive d'une culture écrite, qui ne permet pas de nous passer de l'archéologie quand on s'intéresse à l'Achos pré-velsnienne. Et l'Achos pré-velsnienne s'improvise puissance économique majeure en Manche blanche à cette période, c'est d'ailleurs ce qui va indirectement provoquer cette grande confrontation que sont les guerres celtiques. L'enjeu de la première guerre celtique, c'est justement la question du monopole commercial: qui des deux pôles de cet espace que sont Velsna et Achos aura la main haute sur ces échanges. La seconde guerre celtique, elle, permet de parachever la conquête territoriale de cet espace par les velsniens.

Bastiano: Dans votre ouvrage, vous décrivez les guerres celtiques comme le moment où je cite "l'espace celtique et l'espace fortunéen procèdent à leur fusion". Que voulez vous dire par là ?

Landrini:
On a souvent décrit les guerres celtiques comme un affrontement entre deux puissances radicalement différentes, totalement étrangères l'une de l'autre, un scénario qui omet le fait que l'espace velsnien et dodécaliote était déjà très largement connu des achosiens et inversement. Dés le XIème siècle, Achos et Velsna sont imbriqués dans un même espace économique qu'est celui de la Manche blanche occidental. Et ces échanges se font dans les deux sens,si bien qu'encore aujourd'hui en fouille, on retrouve quantité d'importation velsniennes à Achos qui datent d'AVANT les guerres celtiques: les élites achosiennes étaient largement accro à des produits de luxe et de prestige, vaisselle, orfèverie, vêtements. Inversement, les velsniens importaient d'Achos d'énormes quantités de bois de chêne qui était indispensable pour la construction navale. Ce sont donc deux élites qui se connaissent parfaitement, qui commercent et échangent de longue date, et c'est justement pour ça que je parle des guerres celtiques comme de l'élément qui finalement, parachève politiquement la fusion de ces deux espaces. La Première République d'Achos cesse, au terme de cette guerre de constituer une réalité politique, mais cette fusion des interêts des élites velsniennes et achosiennes, on estime qu'elle a débuté un siècle avant ces évènements, au moins. A l'inverse, la conquête velsnienne ne fait pas disparaître les spécificités culturelles achosiennes, loin de là, car c'est à partir de cet instant que cette culture achosienne va être revendiquée comme un marqueur d'opposition à Velsna.

Bastiano: Justement, c'est là que nous pouvons relier votre description de ce monde celtique, qui à partir du XIIIème siècle entre partiellement dans l'orbite de Velsna, et les revendications récentes de la "minorité celtique" des Marquises. Ainsi, certaines de leurs thèses proposent un peuplement de l'archipel à partir de cette période, et conséquemment à la conquête velsnienne. Pourtant, vous vous insurgez contre cette hypothèse, que vous réfutez complètement.

Landrini: En effet. Cette thèse qui est avancée par un certain nombre de charlatans, principalement motivés par des biais ayant lien avec le nationalisme celtique, part du principe que la conquête velsnienne aurait provoqué un mouvement migratoire important dans les années suivant le conflit. Or, nous savons depuis plusieurs décennies que cette thèse a été battue en brèche par un certain nombre d'éléments. D'une part, sur le plan archéologique, nous n'observons pas de transition brutale entre avant et après la conquête. Sur la plupart des sites de la période, il y a une continuité de l'habitat, voire une densification du réseau urbain en certains endroits, particulièrement sur les côtes qui sont les régions les plus connectées au commerce de la Manche blanche. Cela est souligné par des sources écrites, qui nous permettent d'avoir un aperçu de l'approche que les velsniens ont de leur conquête. A vrai dire, une fois la seconde guerre celtique terminée, le pouvoir velsnien ne sait pas quoi faire de sa prise. Cela peut sembler étrange, mais Achos suscite un certain embarras: c'est un territoire éloigné de la métropole, peu peuplé, pauvre en ressources et donc peu rentable. Si bien que Velsna s'investit très peu: on assiste pas à une transformation radicale dans le tissu urbain avant plusieurs décennies, et les premières années de l'occupation, les velsniens semblent faire confiance à des relais locaux, tout en maintenant des garnisons sur place, comme à la frontière menkienne par exemple. L'un de mes collègues historiens a ainsi dit que c'était comme si Velsna se contentait de "garder le cadavre", sans en faire quoi que ce soit. Et cette conquête n'est maintenue que dans l'optique de s'assurer qu'Achos ne redevienne jamais une réalité politique, et c'était l'obsession des élites velsniennes d'alors, qui est justifiée par le fait que les guerres celtiques ont été si sanglantes qu'elles ont provoquer ce que l'on appelle un "traumatisme civilisationnel" chez les élites.

Jusqu'au XVème siècle, les velsniens ne fondent ainsi que trois cités en Achosie, et le territoire semble "laissé de côté". Ce n'est qu'avec la découverte de l'Aleucie que s’amorce une véritable colonisation, avec une modification profonde du tissue urbain et des structures politiques locales. Et à ce moment là, on assiste à un redécoupage des cadastres et l’émergence de grandes propriétés foncières tenues par des velsniens venus du continent. Mais ce mouvement se fait bien trop tard pour venir appuyer la thèse d'un peuplement des Marquises remontant au moyen-âge central. D'autant que les techniques de navigation ne sont pas assez avancées à cette période pour justifier ce peuplement, et que ce n'est qu'avec la découverte de l'Aleucie qu'une colonisation de l'archipel prend son sens, car cela place enfin le Marquises sur un circuit commercial en tant que point de relais entre l'Eurysie et le nouveau monde.


Bastiano: Outre cette thèse, qui est l'une des plus répandues, on a aussi évoqué une hypothèse plus tardive que sont les révoltes serviles en Aleucie velsnienne au XVIème siècle comme étant le point de départ d'une vague de migration de réfugiés politiques aux Marquises, fuyant les colonies velsniennes. Parlez nous de ces révoltes serviles, et les raisons pour lesquelles vous réfutez également cette hypothèse.

Landrini: Les guerres serviles sont un ensemble de conflits qui sont caractérisés par des rebellions d'une classe sociale qui se forme dans les colonies velsniennes partir du début du XVème siècle, et que l'on appelle les "serfs pour dettes". Il s'agit le plus souvent de paysans libres endettés qui acceptent contre rétribution de leurs impayés, d'être attachés à une parcelle pour une certaine période, le plus souvent dans des régions relativement peu peuplées afin de les mettre en valeur. C'est le cas de l'Aleucie, où des milliers de serfs pour dettes achosiens ont été envoyés. Leurs conditions d'existence ont aboutit à plusieurs révoltes, dont la pmlus célèbres a eu lieu dans les années 1520. Et si on en croit les tenants de l’hypothèse des réfugiés politiques du servage pour dettes aux Marquises, c'est encore là une thèse qui ne tient pas debout à mon sens. Les travaux les plus récents ont indiqué qu'uil y a bien eu des serfs pour dettes qui se sont réfugiés à l'étranger, mais rien qui ne les relie concrètement aux îles marquises, où on ne recense aucune trace de leur présence. Aussi, ce n'est pas tant une hypothèse fausse qu'elle est invérifiable à l'heure actuelle.

Bastiano: Il nous reste donc l'hypothèse d'un peuplement plus ancien encore qui est défendu par certains "nationalistes celtes" des Marquises. Là encore, j'ai cru comprendre que vous bottiez en touche.

Landrini: En effet. Je ne vais pas revenir sur la difficulté de rallier les Marquises sans des conaissances en matière de navigation qui n'ont été acquises qu'à la période des grandes découvertes, d'autant que les Marquises ne sont situées sur aucun tracé de courant marin qui pourrait faciliter le fait de les atteindre. Je vais plutôt pointer du doigt l'absence manifeste de la moindre trace de peuplement sur le plan archéologique avant le XVème siècle au moins. Comme vus le savez, on peut diviser l'histoire celtique en plusieurs "périodes archéologiques", en absence de véritable culture écrite jusqu’au XIIIème siècle, et qui se caractérisent entre autres par des approches de l'architecture et de certaines pratiques décelables par l'archéologie. Par exemple, de la fin de l'antiquité tardive jusqu'à la conquête velsnienne, on se trouve au sein d'une longue période architecturale que les archéologues ont baptisé à postériori la "culture des cabanes en merde". Or, les premiers habitats que l'on a découvert aux Marquises, et qui datent du XVème siècle, peut-être XIVème, ne sont pas caractéristiques de cette culture archéologique, ce qui remet en cause tout scénario de peuplement ancien. A priori, les premiers occupants de l'île semblent être des groupes de baleiniers et pêcheurs de morue des côtes ouest-eurysiennes faisant escale vers l'Aleucie: un peuplement qui est longtemps resté temporaire. Là encore, je pense que nous pouvons faire une croix sur cette hypothèse.

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"Oh oui Cecilia, parlez nous encore des cabanes en merde !"


Bastiano: Pourtant, aujourd'hui, malgré toutes ces explications, comment se fait-il que l'on se retrouve dans une situation où des hbaitants des Marquises se revendiquent comme celtiques ? Ils existent bien ces gens, non ?

Landrini: Aujourd'hui, la plupart des études penchent pour un peuplement très récent et relativement marginal, que l'on peut relier à une longue dynamique de crise interne au monde celtique entre les XVIIIème et début du XXème siècle, et qui correspond à des périodes de famines qui ont considérablement dépeuplé l'île celtique durant la Révolution industrielle, ce qui a résulté en une séries d'importantes vagues migratoires vers l'étranger. C'est l'explication la plus plausible à l'heure actuelle. En bien des aspects, les thèses de peuplements anciens relèvent donc d'une manière pour ces populations de légitimer des revendications politiques actuelles portant sur l'indépendance de cet archipel, quand bien même les populations celtiques sont loin d'être les seules actuellement présentes sur l'archipel, ce qui est le résultat d'une longue politique d'ouverture migratoire de la part du Kah depuis l'acquisition d'une partie de l'archipel. Nous avons affaire là, à une entreprise de manipulation historique des plus banales, mais qui peut-être efficace, en témoigne l'omniprésence de groupe politique à échelle locale.

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Storiavoca, l'entretien historique et archéologique a écrit :

Scaela, Déria, Lograno, Youslévie, bientôt la Messalie: Le monde fortunéen et le populisme, une Histoire ancienne ?

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Il est 9h, bienvenue sur Storiavoca, votre cours d'Histoire, présenté par Paolo Bastiano.



Bastiano: Chers auditeurs bonjour, et bienvenue à notre rendez vous hebdomadaire avec l'Histoire, toujours en lien avec l'actualité du moment: connaître l’Histoire pour mieux comprendre le monde d'aujourd'hui. Populisme, c'est un mot qui marque depuis toujours l'imaginaire politique velsnien, et plus largement du monde fortunéen dans son ensemble. Comment définir ce mouvement ? Dans quelles circonstances apparaît-il ? Doit-on parler d'un courant politique unique ou davantage d'un mode d'action politique ? Quels enseignements pouvons nous tirer de nos régimes politiques lorsque nous voyons la récurrence à laquelle ces figures charismatiques émergent, que ce soit à Velsna ou Fortuna ? Aujourd'hui encore, le populisme semble nous rattraper: des personnages comme Altarini, Déria ou Lograno en seraient les dernières itérations d'un grand mouvement de fond historique, et Messalie pourrait bien en être la dernière victime en date, avec l’apparition du mouvement politique de l'Olivier. Avec nous pour décrypter ce phénomène nous accueillons un historien, Theodoros d'Apamée, auteur de l'ouvrage "Quand Fortuna a inventé le populisme", publié l'année dernière aux éditions PAF.

D'Apamée: Bonjour Paolo, c'est un plaisir d'être ici aujourd'hui.

Bastiano:
Vous êtes Maître de conférence à l'université civile d'Apamée et avez consacré une bonne partie de votre carrière à cette thématique. Quand on voit les évènements qui ont secoué Velsna en 2014, puis Fortuna, la Dodécapole et Messalie aujourd'hui, vous devez trouver un grand interêt à suivre la politique, je me trompe ?

D'Apamée: *rire* Oui, bien sûr. On ne peut pas nier que les phénomènes que l'on observe aujourd'hui sont le résultat d'évolutions politiques, qui pour certaines se font sur le temps long, voire très long. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il s'agit là d'une tradition politique, étant donné qu'on peut s'interroger sur la pertinence du concept même de tradition, mais on peut tout à fait relier la manière dont des personnages politiques récents conçoivent la politique, à cette série de mouvements velsniens et fortunéens que l'on a associé au populisme.

Bastiano: En premier lieu, et pour partir sur de bonnes bases, nous pourrions nous interroger sur la définition que l'on donne au populisme, et comment celui s'est matérialisé dans la cité velsnienne depuis ses origines. Quand on prend, mis out à bout, des individus d'actualité comme Lograno à Volterra, l'Olivier en Messalie, Déria à Fortuna ou Scaela à Velsna, pouvons nous parler de véritable mouvement politique unifié ?

D'Apamée: Le populisme qu'est-ce que c'est... On va commencer par la réponse simple, et qui dans le fond ne répond pas à toutes vos questions. Dans les grandes lignes, cela désigne un ensemble de discours, de pratiques et de mouvements mettant en avant une distance entre le pouvoir en place et le "peuple". Il s'agit avant tout de pointer du doigt la dysmétrie des interêts de ce peuple, ce mot ayant un grand nombre de significations, et les élites politiques qui sont les représentants de ce système. Ce type de mobilisation repose le plus souvent sur le sentiment que le peuple serait exclu de l’exercice effectif du pouvoir politique par des élites politiques, économiques, médiatiques, culturelles et intellectuelles. Alors, cette définition, certes, elle correspond dans les grandes lignes aux pratiques politiques des personnages que vous venez de citer, mais comme vous le voyez, il nous manque des éléments de réponse: on ne peut pas mettre Déria, Scaela, Lograno et Altarini dans un même sac et dire: "c'est les mêmes". Ce qui intéresse en premier lieu, c'est de savoir ce qui permet l'ascension de ces personnages, et surtout, de savoir pourquoi c'est dans nos pays: Velsna, Fortuna, Youslévie, Messalie... qu'il existe une vraie tendance à l’émergence de ces figures politiques.

Bastiano: Dans votre ouvrage, vous dires en effet que ce que vous nommez le "populisme fortunéen" ne date pas d'hier, et qu'il est concomitant du caractère profondément verrouillé du système politique de la cité fortunéenne, telle qu'elle existe à Fortuna, Velsna etc...

D'Apamée: Oui tout à fait, il est possible de remonter la naissance des populismes à Velsna au lendemain des Guerres celtiques par exemple, où on note l’apparition de grandes figures tribuniennes qui viennent soulever des problématiques sociales existantes et auxquelles le Sénat velsnien ne semble pas avoir la réponse, c'est le cas du problème récurrent de la distribution des terres très inégales ayant suivi la conquête de l'Achosie, et qui provoquent une révolte généralisée en plaine velsnienne que l'on nomme "Guerre sociale". Il ne s'agit pas de la seule cause du conflit, il y aussi la question de l'obtention de la citoyenneté velsnienne à l'ensemble des cités soumises au Sénat des Mille, mais c'est la Guerre sociale qui démontre de manière magistrale le rôle du peuple dans la République, et son pouvoir, surtout. En effet, si le populisme a un si grand succès sous nos latitudes, c'est avant tout parce que le système politique fait tout pour favoriser son apparition, même si celle-ci bien entendue, est involontaire. Le système politique, que ce soit à Velsna, Fortuna ou en Messalie, est marqué par une très forte méfiance envers les masses populaires, et on peut tout à fait affirmer que l'Oligarchie, si elle n'est pas exclusive à toutes les cités, y est le mode de gouvernance dominant, quoi qu'on dise des réformes récentes à Velsna. Cette incapacité de représentation d'une partie du peuple velsnien, fortunéen ou messalien, beaucoup de citoyens en ont conscience, et ils vont donc devoir trouver une parade au fait que leurs interêts ne semblent pas pris en compte. C'est là où le peuple a une toute autre fonction à Velsna qu'il n'en a dans les pays onédiens, par exemple. Il y a une tendance naturelle pour les citoyens velsniens à s'organiser en contre-société afin de préserver au mieux leurs interêts, et cela, des figures politiques comme Altarini l'ont très bien compris.

Bastiano: Pourtant, des gens comme Altarini, socialement parlant, paraissent aux antipodes des électeurs qui suivent le plus ce genre de personnes qui sont issues elles-mêmes des élites politiques qu'elles dénoncent la plupart du temps ?

D'Apamée: Oui, vous avez raison, mais l'un n'empêche pas l'autre. Finalement, cela fonctionne comme un contrat entre deux interêts différents, mais qui se rejoignent au moins de manière momentanée: un groupe sous-représentant se cherche un porte-voix, et un aristocrate franc-tireur se cherche une base de pouvoir qu'il pourra construire à partir de ce groupe. VOus prenez l'exemple d'Altarini, qui est symptomatique du phénomène. Il s'agit d'un membre de la très vieille aristocratie sénatoriale aux discours quasi-réactionnaires, mais son mode de communication politique prend totalement à rebours les autres membres de cette élite conservatrice: Altarini est tout aussi conservateur qu'eux, mais sa base de pouvoir est complètement nouvelle, quasi révolutionnaire. Il ne va pas changer d'un iota son programme, mais son mode d'action se tourne quasi entièrement vers le peuple. Altarini fait très peu de discours au Sénat, et montre peu de respect vis à vis des instances existantes: il court-circuite ces dernières en éliminant les intermédiaires entre lui et le "peuple". Et cela, c'est la caractéristique principale de TOUS les populismes existants dans le monde fortunéen.

Bastiano: Cela rejoint vos propos dans votre ouvrage, arguant que le populisme fortunéen finalement, n'est pas tant un parti qu'un mode d'action...

D'Apamée: Du moins c'est l'enseignement que j'en tire: un mode d'action servant à court-circuiter les institutions légales de manière systématique, avec en option, un discours à la portée sociale qui puisse permettre de dresser le peuple comme un contre-pouvoir efficace. On peut le dire: Lograno et Altarini par exemple, n'ont absoluement pas la même ligne politique. Altarini entend user la fibre populiste dans un agenda réactionnaire, et ses discours sous-tendent presque une volonté de restaurer un état passé de la République. Lograno, lui, ce n'est pas du tout sa priorité: lui veut se faire système lui-même, et il revendique la refondation totale de toutes les structures politiques qu'il touche de près ou de loin, autour de sa personne. Les populistes ne constituent pas un parti politique au sens moderne du terme, mais une tendance au sein du clivage majeur animant les luttes politiques et sociales fortunéennes, permettant aux acteurs politiques de se situer face au conservatisme de leurs institutions. A Velsna, c'est ce que l'on appelle les "princes", qu'importe leur ligne programmatique. Que l'on se le dise, le populisme n'est absolument pas exclusif à Fortuna, on trouve ces mouvements dans la plupart des pays eurysiens, mais c'est sa manifestation qui est singulière. Ce qui rend le populisme fortunéen caractéristique, c'est l'exacerbation outre mesure du césarisme, de la recherche obsessionnelle de l'Homme providentiel, qui viendra sauver la cité de ses errements. A l'étranger, ce césarisme se couple de la mise en avant d'idéologies comme le fascisme, mais l'évolution politique des cités fortunéennes fait que cette option n'est pas forcément viable dans des sociétés où le concept d'état-nation n'existe pas, et où les particularismes locaux et sociaux sont la règle. Le idéologies qui font donc usage du populisme sous nos latitudes sont donc des fourres-tout que l'on construit autour d'un individu salvateur, et qu'ils peuvent re-théorisé encore et encore lorsque la situation évolue. C'est bien différent de ce que l'on peut voir en Eurysie de l'est, avec les régimes fascistes et communistes dont l'approche de la politique est beaucoup plus rigide. Si demain, Salvatore Lograno changeait radicalement de programme, je ne pense pas que l'on verrait la différence: l'Homme et sa "vision" comptent bien davantage qu'une quelconque plateforme de propisitions concrètes.

Bastiano: Dans votre ouvrage, vous mentionnez en dernière partie le fait que la Messalie pourrait bien être la prochaine victime de ces mouvements. Pourquoi donc ?

D'Apamée: La Messalie, je pense, porte en elle les conditions idéales de la constitution d'un régime populiste tel qu'il est conçu dans le monde fortunéen. En premier lieu, on a là un régime de nature oligarchique et censitaire, qui de plus, évolus dans un contexte de crise sociale et politique latente. Un régime, donc, dont la légitimité prête à question auprès d'une part non négligeable de la population, qui est de plus en plus frusteée, et dont la frustration n'a aucun moyen d'expression politique réelle. C'est exactement les conditions qui ont permis à des Lograno ou des Scaela d'émerger, et ils e trouve que pour le moment, c'est l'Olivier, qui en a le plus profiter, et qui est en train de s'improviser contre-société. Face à ce mouvement, on a un groupe d'individus au pouvoir qui estime que la Messalie, en tant que régime, n'a absoluement aucun problème, et que le régime censitaire en place n'a aucune raison d'évoluer, qui fonctionne très bien comme il est. Le problème, justement, c'est que ces conservateurs, qu'ils soient au Parti réformateur ou au Parti démocrate chrétien, ne portent en eux aucune contre-proposition concrète, aucun modèle de société alternatif, aucun horizon autre que celui de conserver un système dont 30% de la population messaliote semble exclue. Nous avons donc deux groupes radicalement opposés, les uns porteurs de propositions, les autres sur la défensive. Or, dans cette configuration, ce n'est bien souvent qu'une question de temps pour que le groupe sur l'offensive n'impose son narratif au reste du spectre politique. Le populisme messaliote peut prendre plusieurs formes: un régime crypto-fasciste avec l'Olivier, ou bien un régime plus proche du populisme traditionnel fortunéen ou velsnien, avec une forme de régime césariste à l'idéologie plus "elastique". Dans tous les cas, sauf revirement du comportement des élites, ce sera soit l'une ou l'autre de ces issues qui s'imposera.

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Quotidia, Le média de l'excellence conservatrice, informations offertes par le Groupe Falieri a écrit : 11 octobre 2018

Croissance: Légère embellie prévue pour la fin d'année 2018 sur fond d'inquiétudes sur l'avenir


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Bonne nouvelle: alors que la plupart des précédentes estimations de la Zecca di Velsna prévoyaient un tassement de la croissance velsnienne sur le dernier trimestre de l'année 2018 aux alentours des 2%, le gendarme financier de la cité velsnienne semble avoir revu à la hausse les perspectives de l'économe velsnienne, qui devrait effectuer un rebond sur le dernier trimestre, portant ainsi la croissance annuelle à 4,4%. Une situation inattendue et bienvenue pour les acteurs de l’économie de la cité, dont la plupart avaient anticipé un ralentissement depuis la fin de l'année dernière. Bien entendu, si la nouvelle revêt du soulagement, cette bonne statistique cache, selon le Grand Argentier de la Zecca Bernardo Donati, une réalité beaucoup moins reluisante qu'il n'y paraît. Le "premier banquier du pays" ne cache pas ses inquiétudes quant à des faiblesses structurelles majeures de l'économie velsnienne:

" 4,5% c'est un bon chiffre, voire un très bon chiffre au vu de la situation politique actuelle, et c'est là qu'il faut en revenir en premier lieu. L'économie velsnienne a bien entendu des atouts: une monnaie forte qui nous permet de disposer d'une devise de référence dans la plupart des échanges, une population jeune et active dont le boom démographique permet de disposer d'un marché intérieur dynamique. Mais celui-ci en parallèle, demeure toujours très limité au vu de la faiblesse de la population velsnienne, et cette situation nous force à dépendre énormément du commerce extérieur pour maintenir une croissance forte similaire à l'Alguarena ou le Grand Kah. Cette dépendance à la bonne santé du marché extérieur rend l'économie velsnienne extrêmement sensible à tout évènement géopolitique ayant un risque d'affecter nos échanges. La panique financière s'empare des marchés dés lors qu'une puissance tierce entreprend une manoeuvre militaire dans le Détroit mésolvardien. Or, l'incertitude est l'ennemi absolu de la croissance.

Mais cette faiblesse structurelle qui n'a pas vraiment de solution sur le court terme à mon sens est un facteur qui se combine à d'autres données qui provoquent l'inquiétude. En premier lieu, cette croissance repose sur un nombre de secteurs restreints: haute-technologie, construction navale et aéronautique... qui sont des moteurs de croissance puissants, mais qui sont dans le même temps l'arbre qui cache la forêt, qui cachent en l'occurence la stagnation, voire la régression d'autres industries clés: on observe ainsi une chute de la production automobile durant les deux derniers trimestres de l'année 2018, plus particulièrement sur le marché intérieur. Ce qui nous mène à un autre problème qui est celui du ralentissement de la consommation des velsniens, et qui tire la croissance vers le bas. Si cette tendance devait se poursuivre, et dans le cas où les secteurs porteurs de croissance devaient rencontrer des difficultés, la stagnation, voire la recession pourrait devenir un risque réel pour 2019. Cette situation s'explique en partie par une hausse importante de l'endettement des ménages ces cinq dernières années, et au coût de la vie.

Un autre facteur de risque réside dans la situation politique en Eurysie centrale. En effet, Velsna importe 80% de sa consommation en pétrole et en gaz naturel depuis Rasken. Cette situation, pour l'instant, permet à Velsna de bénéficier d'un prix du baril imbattable, mais si un jour le robinet Raskenois rencontrerait des problèmes, à tout hasard par le biais d'une crise politique avec ses voisins hotsaliens, une éventuelle hausse des prix aurait des conséquences catastrophiques sur le court et moyen terme. Une bonne solution serait de diversifier les sources d'approvisionnement en pétrole, afin d'éviter un pareil scénario et rassurer les acteurs économiques.

Enfin, autre problème de taille: le sous-investissement public chronique de la part de la cité velsnienne, qui vient d'une doctrine de longue date adoptée par nos élites, davantage intéressées par la probité budgétaire que la perspective de développement de grands projets et d'infrastructures, car c'est là un rôle qui à Velsna est traditionnellement accordé au secteur privé. Le problème est que ce même secteur privé ne semble pas être en mesure de planifier un effort industriel et économique de manière coordonné, et que le gouvernement communal velsnien daigne toujours étendre ses prérogatives au domaine économique. Avoir un endettement public est une bonne chose dans la théorie, mais ce n'est pas forcément bon signe. La faiblesse budgétaire de l'état velsnien, qui ne dispose que de très peu de sources de financement, bloque de fait toute tentative d’investissements publics ambitieux, et les rares efforts de cet acabit sont le plus souvent exceptionnels. Or, une partie de la croissance velsnienne de ces dernières années reposait sur les efforts de reconstruction post-guerre civile que l'état velsnien assumait en partie, à titre exceptionnel. Cette période semble se fermer, et plusieurs acteurs privés se retrouvent détenteurs d'infrastructures qu'ils n'ont pas forcément d’intérêt direct à entretenir, quand ils ne veulent tout simplement pas en assumer le financement malgré leur importance. Bref, je pense que c'est tout notre mode de pensée qu'il s'agirait de revoir afin d régler ce problème. Un travail qui demande du temps."



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LegislaTV, Journal parlementaire et généraliste de la Grande République a écrit : Vicenzo Patra, 27 octobre 2018

Le XXIème siècle vu par les diplomates velsniens: les yeux et les oreilles du Sénat



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Il y a quelques mois, le politologue polémique (en partie pour ses prises de position de nature raciste contre les velsniens) Pascal Bonnebouille s'était fait remarqué pour un papier faisant état des équilibres mondiaux selon l'intéressé, dans le cadre d'un exercice intellectuel de funambule, un "classement des puissances". Si l'article en question a eu droit à son lot de polémiques, une foule de commentateurs politiques pointant du doigt un certain nombre de choix qualifiés de douteux (on se souviendra le 44ème place du Kah, ou encore de la première puissance mondiale alguareno juste derrière), ce dernier a été remarqué à Velsna, autant par la réaction véhémente du comité anti-raciste du CRAV, fort présent à Messalie, que par la place que le politologue a accordé à la cité velsnienne: première sur plus d'une cinquantaine de nations classées selon un niveau d'influence mondiale subjective prenant plusieurs critères en compte. Parmi ceux ci, les aspects économiques, culturels et diplomatiques de la puissance, et c'est bien ce dernier critère qui fait aujourd'hui l'objet d'un article. Le politologue/polémiste messaliote entend en effet mettre un accent sur la capacité de la cité velsnienne à s'ingérer dans le jeu géopolitique mondial, et à s'adapter à ses interlocuteurs. Malgré le ton de la flatterie, il est toutefois dommage que l'article du messaliote ne fasse qu'effleurer le sujet avec une énumération de constats (dont certains seraient à rediscuter), tout en n'identifiant pas les raisons profondes, ou le contexte de ces succès diplomatiques: le réseau des ambassadeurs velsniens. Bonnebouille évoque l'esquisse d'un sujet important, en omettant, par inadvertance, maladresse ou manque de place dans un article très généraliste et grand public. Pourtant, Velsna ne serait rien sans un réseau diplomatique constitué d'une manière pour le moins singulière parmi le concert des nations d'Eurysie de l'ouest. Lumière sur le corps des ambassadeurs, dont les membres déterminent pour beaucoup la ligne de conduite de la cité sur l'eau dans bien des affaires.

Par bien des aspects, le système politique velsnien diffère de celui de la majorité de ses voisins directs, ce qui n'a pas été sans conséquences sur la vision géopolitique de la cité et sur l'identité de ceux qui incarnent les yeux et les oreilles de la cité sur l'eau dans des contrées situées à des milliers de kilomètres de celle-ci. Dans l'Eurysie de l'ouest du XXIème siècle, il nous est donné de partir de ce premier constat simple: la plupart des pays de ce microcosme sont structurés selon des systèmes qui tirent entre le modèle semi-présidentiel en vigueur de manière officieuse à Teyla, où la tête régnante bénéficie d'un pouvoir et d'une visibilité médiatique importante, tandis que certains pays, tels Tanska ou Caratrad tirent davantage vers un parlementarisme classique. La cité velsnienne, dans ce contexte, se trouve être légèrement en dehors de ce spectre (tout comme quelques pays isolés comme la Loduarie communiste): il s'agit probablement de l’État où le pouvoir législatif dispose des prérogatives les plus importantes. Velsna est une cité gouvernée depuis des siècles dans la peur du pouvoir personnel et des monarques, dont il a été rappelé à nos souvenirs collectifs la réminiscence à l'occasion de la Guerre civile des Triumvirs, avec l'image d'un Dino Scaela ayant réussi à instituer le temps de quelques mois, une tyrannie de fait qui a expliqué la raison pour laquelle les velsniens, depuis longtemps, ont fait le choix d'un parlementarisme qualifié par certains observateurs politiques "d'absolu".

La cité velsnienne, à contrario de la plupart des autres régimes représentatifs, vit davantage au gré du bon vouloir du Sénat des Mille que du Gouvernement Communal, qui est son éternel tributaire. C'est entre autres le Sénat qui a la responsabilité de la nomination des membres de ce gouvernement, tout comme c'est bien le Sénat qui détermine de la conduite de la guerre ou de la paix (avec l'assentiment des assemblées comiciales intermédiaires). Le Sénat dispose également d'un contrôle étroit des armées républicaines, et possède son mot à dire dans la nomination de son plus haut commandement. Le Maître de l'Arsenal, pour toute demande de nature militaire, doit en effet en référer en permanence à ses bons conseils, et surtout, ses instructions. Cela, il est un fait bien connu de la plupart des commentateurs politiques, mais il en va de même pour une autre expression de la puissance de la cité: son corps diplomatique. Si dans la théorie, le réseau d'ambassadeurs velsniens en réfère à la coordination générale déterminée par le Gouvernement communal, et sont dépendants du Bureau du Grand commerce et des étrangers, dans les faits, la totalité des ambassadeurs velsniens sont des sénateurs nommés à ce poste, tout comme des sénateurs occupent des fonctions dans les rangs de l'armée. La chambre législative de la cité n'est pas seulement vue comme une instance législative, mais comme un réservoir de profils qualifiés pour un grand éventail de tâches, parmi lesquelles la guerre et la diplomatie ont une place centrale dans le système de prestige et de réputation dans les rangs du Sénat, que l'on nomme également "dignitas", parmi ces excellences. La diplomatie y est donc vue comme un moyen d'ascension politique, et les postes d'ambassadeurs sont plus ou moins prisés selon la situation du pays-sujet. Ainsi, les places d'ambassadeurs de puissances comme Teyla ou le Grand Kah sont particulièrement prisées, quand les relations avec des nations plus périphériques dans le grand jeu géopolitique mondial, sont trustées par des sénateurs plus jeunes, mais aux dents tout aussi longues, et qui n'ont qu'une envie: profiter de leur mandat temporaire pour effectuer un coup d'éclat, et progresser dans la hiérarchie interne et officieuse du Sénat dans le but final d'intégrer un jour un Gouvernement communal ou prendre le commandement d'une armée.

Dans le cadre de leur mandat, ce que l'on appelle les sénateurs-ambassadeurs bénéficient d'une autonomie plus large que ce qui est considéré comme étant la norme dans les cercles diplomatiques internationaux. Les sénateurs nommés faisant la plupart du temps partie de la majorité sénatoriale soutien du gouvernement communal, on leur fait confiance afin de mener leur mission dans la plus grande des largesses. Être ambassadeur velsnien est certes une place convoitée en raison des possibilités de tremplin politique, c'est également une fonction qui demande un investissement personnel. Hormis l'affectation d'un service d'ordre et de greffiers sénatoriaux devant les assister dans leur tâche, les sénateurs-ambassadeurs sont totalement en charge du recrutement de leurs autres collaborateurs dont il est estimé qu'ils représentent un atout dans telle ou telle situation. Le sénateur-ambassadeur est intégralement responsable de la gestion budgétaire de son service. Ces agents, toutefois, se doivent de recevoir une formation approfondie à la chancellerie du Bureau des étrangers, là encore sur le compte du sénateur-ambassadeur pour lesquels ils travaillent.

Dans le même temps, si son autonomie est importante, il est attendu de lui d'être les yeux et les oreilles du pouvoir sénatorial, de délivrer au Sénat un certain nombre d'informations sur leurs interlocuteurs qui sortent du cadre normal de la pratique de la diplomatie. Ce que l'on attend d'un sénateur-ambassadeur, est de proposer des analyses condensées de la situation de leur pays d'élection, avec le concours d'experts économiques et diplomatiques. A l'origine de cette attente, l'origine même de la diplomatie velsnienne encourage au phénomène. Une autre caractéristique de la diplomatie velsnienne, en effet, est qu’à l’origine, la politique étrangère a été identifiée à la politique commerciale. Les premiers représentants de la République n’ont ainsi pas été des ambassadeurs ou des personnes investies d’une fonction politique, mais des "consuls" avec des fonctions commerciales et administratives. Les premiers représentants consulaires, appelés "comito", sont déjà documentés au XIIIe siècle à Fortuna, Léandre ou en île celtique. Au XIVe siècle, leur présence est documentée dans tous les ports d'Eurysie occidentale avec les fonctions propres de recteurs, à savoir de juges pour la communauté des marchands. C'est de ce substrat qu'est née une diplomatie dont le but est en grande partie axé sur la perspective de gains économiques de la République dans les activités des ambassades.

Cette attitude mettant un accent particulier sur les interêts de la classe marchande de la cité, bien plus qu'en vertu des logiques de blocs de puissance qui désormais, structurent la géopolitique internationale, ont permis, comme le souligne Bonnebouille dans son article, à la Réublique d'adopter des positions politiques de prise de hauteur, et de disposer d'un éventail large de relations diplomatiques avec des nations appartenant à des blocs qui sur le papier, paraissent antagonistes. Ainsi, quelques jours après la Révolution de l'Altrecht, le Gouvernement communal velsnien a obtenu plusieurs contrats d'ouverture économie vis à vis des produits velsniens auprès du gouvernement communaliste révolutionnaire, en échange d'une reconnaissance internationale du nouvel État. Cette approche pragmatique de la diplomatie suit une logique implacable: profiter d'une situation présente plutôt que tenter d'instaurer une situation voulue. Une attitude qui contraste fortement avec celle des autres grandes chancelleries des grandes puissances du Liberalintern ou de l'OND, qui entendent diffuser un modèle politique et économique, là où la République propose des alternatives de négociation moins contraignantes, quitte à dialoguer avec des gouvernement aux structures politiques radicalement opposées aux siennes.

Les sénateurs-ambassadeurs ont cette vision du monde au XXIème siècle: un étang où cohabitent et se confrontent un grand nombre d'acteurs, et dont la République peut faire office d'interface de négociation de par des prises de position prudentes, bien que non dénuées d’intérêts égoistes, le tout en affichant une certaine franchise dans ce que la République est et ce qu'elle n'est pas: à savoir une puissance cultivant son autonomie stratégique, tout en étant rattachée de fait à un bloc libéral, et en ne cachant pas ses ambitions économiques à l'échelle du monde. Et lorsque la République trouve en un point une opposition trop marquée, ses services repartent en quête d'un autre point sensible du globe où le niveau de risque est moins élevé. C'est cette approche prudente de la diplomatie qui a ainsi permis l'ouverture d'une fenêtre d'intervention au Chandekolza, qui n'aurait peut-être pas eu lieu si le Liberalintern et l'OND n'étaient pas entrés en conflit ouvert en Hotsaline, en plus d'un conflit carnvalais qui accapare l'attention de ses voisins onédiens directs. Ce que les autres puissances perçoivent comme des "zones mortes" sont perçues par le Sénat comme les véritables zones d’intérêt politique et économique, là où les zones de forte activité diplomatique, typiquement des conflits inextricables comme celui opposant Carnavale à l'OND, sont observés avec une certaine distance, et sans que la République n'y investisse beaucoup. Un exemple particulièrement frappant est celui de l'Empire Xin, qui est le cas d'école de l'investissement diplomatique velsnien dans une zone géographique pourtant considérée de peu d’intérêt par les autres puissances mondiales. Pourtant, les diplomates velsniens ont perçu les potentialités économiques de l'Empire des années en amont de son miracle économique, ce qui a permis de négocier l'instauration de zones économiques franches avant toutes les autres nations, et avec un gain financier à long terme extrêmement important.

Pour finir; à l'instar des puissances onédiennes et libertaires, l'intervention militaire est également un recours possible, mais là encore employée avec parcimonie dans des contextes où son emploi représente un coût en moyens matériels et humains dérisoires, ainsi qu'en capital politique. Plusieurs observateurs ont ainsi spéculer sur un jeu des seot différences entre Velsna et la diplomatie d'autres pays de l'OND et du Liberalintern, en particulier sur l'affaire carnvalaise. Certains n'hésitent pas à imaginer un scénario pù Velsna eut été à la place de l'Empire du Nord dans le cadre de cette crise, ce à quoi un sénateur anonyme a répondu que pas un seul missile aurait été tiré dans ce cas là...

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LegislaTV, Journal parlementaire de la Grande République a écrit : Fabrizio Santora, 10 mai 2018

XVIIIème congrès du Parti Eurycommuniste velsnien: entre condamnation des courants "révisionnistes", soutien aux camarades du Gotterland et à la guerre en Antarès, le PEV renoue avec le loduarisme orthodoxe.


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Comme tous les trois ans, a lieu à Saliera, bastion eurycommuniste ce qui parait être la "grande messe" du PEV. Après plusieurs années d'une grande alliance électorale inédite entre le PEV et les autres formations de la gauche velsnienne, et d'une élection sénatoriale jugée réussie en tant que test électoral, l'heure est au bilan pour le principal parti d'opposition du pays. Nous aurions pu nous attendre à un congrès sans surprise, il n'est en réalité rien de tout cela, puisque pour la première fois depuis trente ans, la ligne actuelle de la direction du parti, portée par le secrétaire général Géorgi Marcos a été mise en minorité par sept des onze fédérations figurant au congrès. Situation qui aurait parue totalement inconcevable il y a quelques mois de cela. En cause, malgré le succès électoral, est pointé du doigt, dans un contexte de réémergence de l’État loduarien, le manque de soutien de la direction actuel au "socialisme mondial", et la "contamination de la direction" par une dynamique d'abandon de l'avènement du loduarisme par des voies révolutionnaires.

En effet, l'adoption du jeu électoral velsnien par le PEV, l'alignement programmatique du parti sur les formations communalistes et sociales-démocrates du CCC et du SDB dans le cadre de la coalition du Cartel des gauches, a été considéré par un certain nombre de ses militants comme le reniement de l'un des fondements de la ligne historique du parti, qui se voit comme une formation à la "politique" et "para-politique", une position partagée par Elena Diestri, sénatrice et l'une des meneuses de la ligne d'opposition dite "orthodoxe", dont le texte d'orientation a surpassé la liste de la direction au congrès:

" Camarades: nous pouvons appeler le fatras idéologique que vous avez constitué de tous les noms possible. "Loduarisme à visage humain", "transition douce vers le loduarisme", "loduarisme réformiste". Cela ne change rien au caractère profondément bancal de cette ligne, qui nous éloigne des principes mêmes du loduarisme sans avoir la pudeur d'abandonner clairement ce nom. Il n'existe qu'un seul loduarisme, le loduarisme de la lutte, qui ne confond pas l'utilisation des structures capitalistes à des fins électorales et adhésion sincère à ces dernières. Le loduarisme ne peut être compatible avec ces institutions, et se satisfaire de celles-ci, sans quoi, nous pourrions tous prendre nos cartes au SDB. On ne vote pas PEV pour simplement adoucir les existences, on vote PEV pour remplir un rôle de radicalité auquel seul le loduarisme, pris comme tel et dénué d'aménagements confortables et de déguisements, peut constituer une voie vers l'avènement de Velsna en tant que cité socialiste."

Si la ligne d'Elena Diestri ne s'en prend pas ouvertement à l'accord électoral signé entre le PEV, le CCC et le SDB, celle ci a clairement délimiter le terrain quant aux concessions programmatiques, jugées grop grandes qui ont été accordées aux deux autres formations du cartel, qui le rappelle t-elle, sont des "acteurs minoritaires de la coalition. Il est donc prévisible qu'une renégociation des termes de l'alliance ne vienne sur la table ces prochaines semaines.

Mais la pomme de discorde ayant conduit à ce spectaculaire changement de direction n'est pas tant relatif aux divers revirements idéologiques de Géorgi Marcos qu'à l'effacement progressif du PEV en tant que voix alternative dans le monde socialiste depuis la mort de l'ancien secrétaire général de la Loduarie:

" Dans le contexte de l'agression impérialiste dont la Loduarie doit se défendre à l'égard de l'Antarès, dans celui d'une lutte armée asymétrique que nos camarades au Gotterland mènent, nous devons nous montrer impitoyables, non seulement avec le monde capitaliste, mais avec nous-même. Il nous faut reconnaître nos échecs et reconsidérer notre stratégie, tout en n'abandonnant jamais du vue que la Révolution loduariste dépasse le simple cadre national. La solidarité internationale est à double sens, et il nous faudra, dans ces deux cas, discuter de la possibilité de remettre sur pied un système de brigades internationales en soutien à ces deux causes dans le cadre d'une lutte globale."

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Elena Diestri, nouvelle secrétaire du Parti Eurycommuniste velsnien

Au terme du congrès, c'est donc le profil atypique d'Elena Diestri qui a été choisi pour devenir la nouvelle occupante de la fonction de secrétaire général du parti. Secrétaire administrative au sein du Groupe automobile Strama et pendant trois ans secrétaire de la section PEV de l'entreprise, le jeune femme de 36 ans a rapidement gravit les échelons au sein du Comité central. Décrite par tous comme une "loduariste ultra-orthodoxe" sincère, qu'elle qualifie elle-même de "ligne centriste au sein du parti", l'arrivée de sa ligne à la direction préfigure très probablement une conflictualité ravivée avec le Gouvernement communal conservateur, le retour du PEV dans le cadre des grandes affaires internationales, la remise en avant de la notion d'avant-gardisme au sein du parti, et d'un soutien inconditionnel renouvelé aux actions politiques de la Loduarie communiste.

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