
20/05/2008
La Station d'Accueil Diplomatique ouvrait ses portes pour la seconde fois afin d’accueillir une nouvelle délégation. Et comme la première fois, l'effervescence se sentait allègrement dans le quartier.
Ajoutons que la rencontre se déroulait en plein conflit interne de l'Arcanie contre le fascisme, et que le sujet interressais énormément le peuple priscylliens, encore ému par le sort de Fara El Hairy, tout juste guérie de ses blessures reçu dans le conflit arcan.
Idriss Koliman était au balcon, fumant un petit cigare aromatisé à la menthe des bois, ses préférés. Il regardait attentivement la foule qui s'étalait sur l'esplanade. La plupart des porte-paroles attendaient déjà dans l'hémicycle l'arrivée de la délégation arcane, qui devait arriver d'un moment à l'autre par la longue avenue des cortèges.
Le dispositif de sécurité était encore une fois renforcé, l'Arcanie étant un pays en guerre. Aucun risque ne devait être pris.
Dans sa tête, Idriss se répétait pathétiquement les formules de politesse classique, qu'il n'avait pas pour habitude d'utiliser dans la vie courante. Il avait conscience que la diplomatie Priscyllienne n'était qu'un grand théâtre sans grand intérêt, et il exprimait régulièrement un certain ennui à sa tâche de rapporteur de l'assemblée générale. Lui, c'était un révolutionnaires, un combattant, un franc-tireur, un bagarreur, un provocateur, pas un homme costumé et guindé, usant d'une habilité éloquente pour convaincre quelques ennemis politiques de devenir ses amis sans autre raison qu'une paix qu'il ne souhaitait pas vraiment. Mais il obéissait au peuple, à l'assemblée générale, et tel était son souhait : il accueillerait avec franchise, honneur et cordialité la délégation arcane, dont la tête de cortège se profilait d'ailleurs au bout de l'avenue, provoquant un frémissement dans la foule à ses pieds.
- Au boulot, Idriss, se dit-il à lui même en rentrant dans le bâtiment.