26/03/2016
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Agence Gallèsante de la Presse - Page 3

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LE DUCHÉ VA ENTRER DANS L'U.N.I.L.

Le gouvernement viens de déposer une demande officielle pour intégrer l'Union des Nations Indépendantes et Libres, tout juste créée, en tant qu'État-partenaire. Ce serait la première fois que la Gallouèse s'associerait à une organisation internationale de son Histoire.


L'annonce du ministre des affaires étrangères (hrp : Laurent Bili)
Le ministre des affaires étrangères, Gwetran de l'Hairdre de Kergouël, annonce le dépôt de la demande, 20 janvier 2011, AGP.

Qu'a-t-il bien pu se passer dans la tête de Michal Trëvenon pour que s'opère un tel changement de politique ? On se souvient tous de son discours d'investiture, en mars 2002 : "Le Duché doit quitter le giron des puissances étrangères, la Gallouèse doit s'émanciper ! La Gallouèse va s'émanciper !". Ces mots ont formé la ligne, pendant huit ans, de Michal Trëvenon. Ils ont dicté sa conduite. Tout à été fait pour ça. Le peuple est le seul commandeur, donc l'État est le seul commandeur. Et pourtant. Le 20 janvier 2011, le Président du Conseil des Ministres a déposé une demande officielle du Duché de Gallouèse pour devenir État-partenaire de l'UNIL. C'est lui, "l'indépendantiste" comme le surnommait Schwarzwald (1995 - 2002), lui qui a interdit les bananes et l'huile de palme, lui qui le premier liera la Gallouèse à un traité qu'elle n'a pas rédigé. La décision, prise en conseil des ministres jeudi dernier et annoncée dans le courant de la semaine, n’est pour l’instant que l’ébauche d’un projet. Mais l’objectif affiché par le gouvernement est de devenir membre à part entière de cette toute nouvelle organisation.

Le 15 janvier 2011 - c’est à dire il y a à peine plus d’une semaine - l’Union des Nations Indépendantes et Libres a vue le jour à Neffies, en Milouxitanie. Après plusieurs jours de débats, les représentants de plusieurs pays sur tous les continents ont convenus de la création d’une organisation indépendante dans un esprit de mouvement "non-aligné" mettant en avant la paix et la liberté. On retrouve notamment la République de Sainte-Marquise, membre fondateur de l’Organisation des Nations Commerçantes, qui a quitté l’institution par référendum le 23 juillet 2009 en lui reprochant son bellicisme affiché. Les autres membres fondateurs sont des pays attachés aux droits humains. Au total, l’UNIL regroupe 6 États : le Royaume de Fjollskot, la République de Sainte-Marquise, la République Démocratique Travienne, la République Laïque et Fédérale de Milouxitanie, la République de Malévie et l’Organisation Étatique des Terres Australes de Shuharri.

« Ce Traité de Neffies est vide en réalité », indique Bastien Lorvegeant, consultant en géopolitique du Clëron. « Il ne contient aucune mesure, aucune promesse et même pas vraiment de ligne politique. Mais il institue une organisation qui agira selon un principe de coopération, de facilitation des échanges. En l’état, l’UNIL tient plus du forum que de l’union. Reste à voir pour l’avenir, mais c’est ce qui a du plaire à Trëvenon. Il a constaté ces dernières années un vrai isolement géostratégique, qui a de quoi effrayer et qui est un vrai problème ». En effet, ces deniers temps, la Gallouèse a pâti de son isolement géopolitique : le pays s’est montré dans l’incapacité de faire face à des menaces directes : son commerce maritime a été perturbé par le sous-marin du capitaine pharois Hymveri, puis par l’exercice de l’ONC dans le détroit de Leucytalée, suivi de peu par celui de l’UNCS et du conflit que l’on connaît, sans que le Duché ne puisse sauver ses intérêts. Par la suite, les dangereuses manœuvres militaires que la Loduarie dictatoriale de Geraert-Wojtkowiak, officiellement en bons termes avec le Duché, a tenu à organiser dans la région de Doline et uniquement à cet endroit, ont achevé de détruire le sommeil de l’état-major. « Aujourd’hui, la Gallouèse doit chercher des partenaires, c’est évident. Mais que l’initiative soit de Trëvenon n’est d’ailleurs pas si surprenant. » En effet, le Président des Ministres a mené plusieurs tentatives pour nouer des partenariats militaires défensifs, deux pour être précis, depuis 2006 : l’Alliance Eurysienne (2006) et l’Entent Stratégique Eurysienne (2007). « Or ceux-ci ont toujours été cantonnés à l’Eurysie, ce qui est une erreur quand on voit la poudrière de c’est. » Et c’est là justement le grand attrait de l’UNIL, première organisation internationale incluant un pacte de défense stratégique mais se gardant formellement de tout bellicisme. C’est d’ailleurs ce volet défensif qui est le seul clairement établi par le Traité de Neffies.

À 11 heures, le ministre des affaires étrangères nouveau en poste, Gwetran de l’Hairdre, a annoncé la décision du conseil des ministres devant les journalistes. Il a défendu le changement de cap Trëveniste avec les mêmes arguments. « Nous n’intégrons pas l’UNIL pour l’instant, et nous ne l’intègrerons pas si des contraintes trop dures se mettent à peser sur les États-Membres. Mais cette union symbolise parfaitement le combat dans lequel les services diplomatiques de mon prédécesseur se sont toujours investis : promouvoir le pacifisme et la démocratie auprès de tous les pays du Monde. »

Mais ne nous emballons pas. Pour l’instant, il s’agit seulement pour la Gallouèse de devenir partenaire de l’union. Le duché aurait alors accès à des partenariats économiques plus intéressants et aux programmes d’échanges universitaires. Et là encore, rien est fait. La candidature doit être discutée puis validée par le Conseil Décisionnel, qui n’a pas encore été réuni.
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dimanche

TRIBUNE


HUIT MOIS APRÈS, L’UNIL EST-ELLE DEVENUE UNE COQUILLE VIDE ?

« Après le Traité de Neffies, qui a déclenché la poêlade de tous les juristes du Monde, l’Union des Nations Indépendantes et Libres (UNIL) n’a pris aucune mesure, elle n’a fait que témoigner de sa faiblesse », dénonce le chroniqueur Ludovic Boucher dans une tribune délicieusement acide pour L’Objecteur.


Drapeau
Le logotype officiel de l’Union.


Le 22 mars, la petite cité de Port-Hafen a été l’objet d’une attaque inqualifiable de l’Empire Listonien, touchant en premier lieu les civils et les fonctionnaires de ce qui avait été auparavant une micro-nation indépendante. Or depuis le 5 février, c’est-à-dire plus d’un mois avant, le territoire s’était vu rattaché sous un statut spécial à la République voisine de Sainte-Marquise, devenu alors le garant de sa sécurité et de sa protection. Malgré quelques subtilités juridiques, il s’agit donc une agression caractérisée du Saint-Empire Platan envers St.Marquise. Sans même s’attarder sur la réponse de la Demeure Jaune à cet événement, que d’aucun qualifierait de laxiste, il convient de noter que depuis le 15 janvier, le pays est membre de l’Union des Nations Indépendantes et Libres, par le Traité de Neffies.

Certes, ce traité souvent moqué pour son aspect lacunaire, ne contient aucune mesure de défense mutuelle ou de coordination militaire. Mais le silence de l’UNIL, deux mois après l’explosion de la mairie de Port-Hafen et l’assaut de la Legio Mortis, en aurait étonné plus d’un. Ils savaient, tous avaient prédits comme l’écrivain fortunéen Bernardo Ricardo Lévérini, que l’UNIL risquait un faux départ. Et là pourtant, on aurait ironiquement pu rêver meilleur circonstances ! Ces milliers de morts auraient au moins pu servir à une chose : souder l’UNIL autour d’un projet, amorcer le mouvement. Mais non.

Il a fallu que les responsables de l’UNIL, et ils sont légion ces hommes et femmes politiques, s’abstiennent de tout commentaire et de toute action. Sainte-Marquise devra agir seule. Seule, vraiment ? Un contingent de 138 soldats pharois sont pourtant déployés dans la ville, et la Fédération d’Alguerena aurait, selon certaines rumeurs, approché Port-Hafen pour fournir à son tour une aide militaire. Ainsi, l’UNIL qui avait été créé comme un bloc non-aligné, a immédiatement failli à sa mission première. À peine mise à l’épreuve, l’Union échoue à extraire Port-Hafen de la dualité ONC-Liberalintern. L’attaque de Port-Hafen devrait concerner en premier lieu l’UNIL, dont le rôle est justement d’éviter que chaque événement géopolitiques ne soit récupéré par une faction ou l’autre pour servir ses intérêts. D’autant lorsque l’événement est une attaque directe d’un pays membre sur son sol.

Que pouvons-nous dire du reste ? L’Union a-t-elle été un pur échec ? Je crois, oui. Car outre les événements hafenois qui ont eu de quoi préoccuper Isabelle Deprey, cheffe de l’exécutif st.marquois, l’UNIL s’est avérée totalement incapable de proposer la moindre mesure, malgré un élargissement de 6 à 8 membres. La réponse officielle au questionnement légitime sur une telle inactivité est que la mise en place des institutions et l’accueil de nouveaux États-Membres occupe la majorité du temps de travail des fonctionnaires unilois. Cependant, l’organisation compte 5 bureaux de travaux différents. Aucun d’entre eux n’a lancé de réflexion, promu d’action, écrit de communiqué. Actuellement, l’UNIL apparaît comme un bébé mort-né, une coquille vide. Après le Traité de Neffies, qui a déclenché la poêlade de tous les juristes du Monde, l’Union n’a pris aucune mesure, elle n’a fait que témoigner de sa faiblesse.

Et la Gallouèse dans tout ça ? État-partenaire depuis le 25 mars, le Duché ne dit rien. Patients, nos dirigeant semblent attendre de voir si la graine de paix et de liberté plantée par la Milouxitanie, St.Marquise, le Fjollskot, la Travie, la Malévie et le Shuharri va un jour sortir de terre, ou si le germe est déjà mort, étouffé par le mauvais terreau où on l’avait semé.

Ludovic BOUCHER
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logotype de la Gazette Gallo

Michal Trëvenon : « l’OND a tenté de corriger les critiques faites à l’UNIL, ce sera un échec. »

Entretient : le President du Conseil des ministres qui vient de fêter ses 10 ans de gouvernance revient sur plusieurs sujets d’actualité, dont la polémique sur le Traité de Manticore, la crise neo-cananéenne et le pouvoir d’achat, dans un entretient exclusif, le premier accordé à la presse depuis un an.

Michal Trëvenon à son bureau
Le Président du Conseil des Ministres Michal Trëvenon à son bureau du Quai de Ligor, 22 mars 2012, AGP.

- Monsieur le président, vous n’avez pas accordé d’interview depuis un an, est-ce que vous craignez une rupture du gouvernement avec le peuple ?

Si longtemps ! J’ai été beaucoup occupé ces derniers temps, mais j’ai continué à dispenser des conférences de presses gouvernementales, parce que le lien avec les citoyens est essentiel dans la vie démocratique. J’ai toujours été proche des gallèsants, mais la période a ralenti la fréquence et je m’en excuse. Cependant, il n’y a aucun manque de transparence, aucune rupture, aucune crise. Le lien est fort entre le peuple et le gouvernement, dans le respect de la représentation nationale.

- Pourtant de nombreuses personnalités ou son reproché de confisquer le pouvoir, du fait de votre longévité au gouvernement…

Oui, ça a souvent été dit. Et bien sûr je réfute, 10 ans ce n’est pas si long. c’est justement cette à long terme qui m’a permis de travailler au bien-être du pays. Nous avons achevé dernièrement le plan anti-inflation, le désenclavement de la Rhetairie, la réforme sur la concurrence aussi. Nous travaillons et notre travail porte ses fruits. Nous avons réussit à maintenir l'inflation sous ce seuil essentiel de 2% pendant maintenant près d'un an et demi pour permettre un retour à la normale du pouvoir d'achat des gallèsants. Et les chantiers à venir restent nombreux ! C'est pour ça que le lien avec les citoyens est essentiel et il est loin d'être brisé. Mais, oui, voilà, la Gallouèse rentre dans la stabilité, la normalisation démocratique. Ça fait 24 ans, il est temps de s'y faire ! Dans ce cadre, le niveau de vie en Gallouèse est un objectif primordial : le pays est peuplé et son niveau de vie n'est pas à la hauteur de son industrie. Nous allons réformer tout ça. Il s'agit de reprendre une discussion avec les partenaires économiques pour libérer les échanges, dans la mesure du raisonnable bien sûr. Mais il n'est pas normal que nous vivions une croissance si faible. Le plein emploi est possible, et il viendra.

- En attendant ce jour, le gouvernement agira-t-il ? Le gouvernement n'est-il concentré que sur le long terme, la vie présente des gallèsantes et gallèsants lui importe-t-il vraiment ?

Mais je ne vous laisserait pas dire le contraire ! Nous avons mené une lutte acharnée pour rétablir un service de transport viable et ce dans des délais très courts, avec des retours qui ont favorables dans tous les comtés. Par ailleurs, il y a eu le Projet Culturel, la réforme Revalorisons l'Éducation... Nous agissons au quotidien et à toutes les échelles. Et là encore, je voudrais annoncer un nouveau plan gouvernemental. L'inflation a été contenue, mais le porte-monnaie des particuliers ne s'en est pas encore remis. Il y aura donc un plan "Prix bas pour tous" déployé dans les mois à venir, le projet a été soumis à la commission du budget. Il concernera tous les "biens de vie" comme définis par l'INC [Institut National de la Concurrence, ndlr] à savoir nourriture, déplacement, etc. Dans le même plan, il y aura la réduction de la facture énergétique rendu possible par la mise en service des centrales nucléaires de Jervigny et Chouassé-sur-Loge et du plan éolien d'Arassints.

- Au sujet des élections qui arrivent...

Il n'est pas de mon ressort de les commenter. Le candidat du Parti Social pour la Liberté se déclarera bientôt, il aura évidemment mon soutient inconditionnel. Ce qui ne m'empêche pas de continuer à travailler cordialement avec monsieur Farche, que je voudrais remercier pour ces trois ans de cohabitation tout à fait pacifique. Et au sujet d'une candidature commune avec les communistes, je ne peux rien vous dire, d'autant que leur congrès a lieu bientôt.

- Vous parliez de collaboration avec monsieur Farche, les sujets de politique extérieure ont été légion ces derniers temps. Comment le binôme exécutif l'a-t-il abordé ? Le trinôme en fait même.

Plus que vous le croyez ! [de sujets de politique extérieure] On a beaucoup bossé à l'internationale , c'est vrai. Nous re-candidatons pour le FIC, nous adhérons à l'UNIL, il y a eu le blocus... Pour revenir à votre question, je crois qu'il n'y a pas eu de conflit sur la gestion du "qui fait quoi" entre monsieur Farche et moi. Le gouvernement a géré tout ce qui était de l'ordre indirect, comme l'adhésion à l'UNIL qui sera bientôt bouclée - une date devrait être fixée prochainement - et le cabinet tout ce qui était direct, comme le blocus cananéen ou les attaques de pirates pharois en mer. Pour le défensif enfin, tout se fait en concertation. Bref, si c'était votre question, cette Constitution de 1991 est vraiment bien foutue, même en cas de cohabitation.

- Quand même, tout a été toujours si rose ente vous ?

Je ne dit pas que nous n'avons pas eu nos désaccords, mais ils se sont réglés. Il y a eu des tensions, certaines séquences médiatiques le prouvent. Vous avez vu le montage vidéo de moi qui tourne sur l'internet ou je met des baffes à monsieur Farche et lui m'assomme avec un balai ? Elle est drôle ! Bon. Mais tout s'est réglé dans le cadre prévu par la loi fondamentale et aucun problème n'est resté sans solution.

- Au sujet de la crise du blocus loduarien, pourquoi la Gallouèse n'a-t-elle pas réussit à s'imposer comme médiateur ? L'expérience de Vanwe Piotroff manque-t-elle au ministère des affaires étrangères ?

Il est clair que la Théocratie de Nouvelle-Canaan a privilégié des interlocuteurs plus..., plus UMT on va dire. Et c'est dommage, et je le déplore comme vous. Mais pourquoi avec cette fois ci non alors qu'avec le Royaume de Bratolia oui ? Le ministre, monsieur De l'Hairdre, m'avait donné une analyse très pertinente : avec le Bratolia, nous avions un interlocuteur central avec qui nous pouvions faire affaire, en Nouvelle-Canaan nous traitons avec un clergé, collégial et dont les décisions sont dictées par la prière. Dès lors, il est plus difficile d'en appeler à la voie de la raison et d'empêcher que ceux qui se ressemblent s'assemblent...

- Craignez-vous les démonstrations de force toujours plus agressives de la Loduarie ?

Notre travail, c'est de faire en sorte que nos concitoyens n'aient pas à les craindre. Donc d'un on discute avec eux, de deux on organise les forces de l'ordre, auquel je rend hommage pour leur professionnalisme remarquable. Ne vous inquiétez pas, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles.

- Un évènement qui est resté très discret, c'est la rencontre entre le Secrétaire-Général loduarien Lorenzo Geraert-Wotjkowiak, et l'Ambassadeur de Gallouèse en Loduarie. Pouvez-vous nous en dire la teneur ?

Non.

- Dans ce binôme exécutif que vous formez avec Majëul Farche, un troisième homme semble s'être invité très récemment...

Vous parlez de cette polémique sur les propos de Son Excellence sur l'OND [Organisation des Nations Démocratiques, ndlr] ! Sachez que j'ai discuté avec lui depuis. Ses interventions dans la vie diplomatique sont tout à fait prévues par la Constitution et je ne saurais m'y opposer. D'autant qu'il y a du vrai dans ses paroles. D'abord, je tient à exprimer ma sympathie aux États démocratiques qui on signé puis ratifié la charte de Manticore sur l'OND. Mais il est vrai qu'il existe un risque d'usurpation de la cause démocratique et surtout pacifiste. Ces pays signataires partent d'un constat, fallacieux s'il en est : l'UNIL est un échec. C'est faux, et pourquoi ? Eux pensent que l'UNIL est trop molle, ils valorisent donc une sorte de volontarisme, une forme de puissance en fait. Et ça donne le risque de noyer le pacifisme dans le bellicisme de la stabilité, comme a manqué de la faire l'ONC, et ainsi de dénaturer les belles valeurs que l'UNIL s'est jurer de défendre. Et on voit que cette "délégitimation" comme l'a dit Son Excellence a déjà commencé, puisque l'Empire du Nord est signataire. Comprenez-moi bien. L'Empire du Nord est une nation que nous respectons et nous reconnaissons les mérites de son gouvernement. Mais il n'empêche qu'ils ont des comptes à rendre et des justifications à apporter sur la gestion de leurs affaires intérieures comme extérieures. C'est donc en ça que l'OND est fautive, n'est pas nation démocratique qui veux ! L'Empire a un long chemin à accomplir, il aurait dû, en attendant que des commissaires confirment que les réformes ont été faites, leur donner un statut spécial de "en cous d'adhésion" ou je ne sais pas quoi. Et c'est là que les signataires deviennent fautifs : ils ne semblent pas réaliser l'importance des valeurs démocratiques et pacifistes et les utilisent comme des mots-excuses. Ils les dénaturent, et leur mission démocratique s'annonce donc déjà compromise : l’OND a tenté de corriger les critiques faites à l’UNIL, et ce sera un échec. Ils auraient dû plutôt rejoindre l'UNIL, où tout restait à faire, à construire ! Ils ont choisi la division. Alors comme ces pays sont démocratiques et que l'Empire du Nord est en transition, évidemment ils resterons des partenaires privilégiés et respectés le cas échéant. L'OND est une belle entreprise que je salue ! Attention ! Mais elle est partie sur de mauvaises bases, car c'était l'UNIL qui, en réalité était parti sur de bonnes bases. On veut tous la prospérité, non ? C'est ça, le but ultime ? Eh ben voilà.

Propos recueillis par Denise Garzinier
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Un scandale colonialiste frappe le ministre des affaires étrangères et remet au centre la question de la responsabilité.

Nos confrères du journal L’Objecteur ont révélé hier que Monsieur Gwetran de l’Hairdre de Kergouël serait impliqué dans un trafic douteux au Gondo. Si les faits reprochés sont minimes et que l’accusation est limitée, cette affaire remet néanmoins la question du souvenir colonial au cœur de nos sociétés.

rencontre entre le Général Hinz-Inäbit et le Général Nlandu Sr.

Carles Hinz-Inäbit, alors Premier Ministre de la Gallouèse, rencontre le Général Thémond Nlandu père, membre de la junte gondolaise, le 19 mars 1971.

« Le gouvernement dans la tourmente », « Un scandale colonialiste éclabousse le Quai de Ligor », « De l’Hairdre Tout Court, le Sanguinaire »… la presse à sensation a multiplié, depuis hier, les titres provocateurs, alors que le journal controversé L’Objecteur révélait l’implication du ministre des affaires étrangères dans des accords louches en Afarée Équatoriale. Gwetran de l’Hairdre de Kergouël, ministre social-libéral du gouvernement Trëvenon III est issu du corps diplomatie et n’a qu’une petite expérience politique. Il a occupé plusieurs postes en Afarée, fort de son expérience familiale. En effet, comme son patronyme l’indique, sa famille vient de l’aristocratie bretonnante de la Péninsule de Kergouël, au Gondo. C’est là qu’il aurait conservé certains liens, d’après nos confrères, avec des réseaux légaux ou non. Une attitude qualifiée par certains de néo-coloniale.

Replaçons d’abord les choses dans leur contexte avec un peu d’Histoire. Le Gondo est une ancienne colonie gallèsante, l’une des plus riches et dynamiques parmi celles d’Afarée Occidentale. À partir des années 1920, elle entre en conflit contre le Duché pour son indépendance, conflit qui une se réglera qu’en 1958. Mais jusqu’à cette date, la tournure des événements laisse croire à l’élite coloniale qu’elle pourra rester sur place. C’est dans ce contexte de guerre bientôt perdue que naît De l’Hairdre, en 1950 à Port-Yves (Sud-Est). La ville d’abord au centre des tumultes est désormais pacifiée et représente l’un des derniers bastions gallèsants au Gondo, d’où le gouvernement organise dès 1953 le retour des pieds-noirs. Attachée à sa terre natale, la famille De l’Hairdre de rentre par paquebot qu’en 1960. Le futur maire de Trouffles n’a alors que 10 ans. Difficile de l’imaginer fricoter avec la pègre locale à cet âge. Son père reste sur place jusqu’à de que les événements l’en chassent, en 1962.

D’après les révélations de L’Objecteurs et leurs sources auxquelles nous avons eu accès, le père De l’Hairdre continue à faire affaire avec les likras, peuple indépendantiste de la péninsule de Kergouël, jusqu’en 1980 au moins. Selon ces même sources, l’actuel ministre des affaires étrangères du PSL serait également impliqué dans plusieurs transactions avec Amir Boudié, homme d’affaire gondolais dont l’implication dans l’orpaillage illégal n’est plus à démontrer. La teneur des transactions auxquelles Gwetran de l’Hairdre à participé est inconnue, mais tout porte à croire leur nombre limité. Le ministre n’a pas encore réagi, mais son entourage rapporte une atmosphère « sereine, sans affolement ». Il n’aurait « rien à se reprocher, la conscience tranquille ».

Cet événement reste encore très flou et son impact politique risque d’être mineur, malgré la période électorale en cours. En effet, De l’Hairdre n’est pas une figure centrale du parti de ´90, et le cabinet exécutif n’est pas tenu de surveiller l’irréprochabilité des membres du gouvernement. La candidate sociale-libérale aux élections exécutives, madame Sophale Bardiou, a déclaré n’être au courant de rien et « laisser son collègue et ami se justifier au rythme qui lui convient ». En revanche, il soulève la question de la mémoire, et de la responsabilité des gallèsants dans le colonialisme, rappelant que la grande époque de l’impérialisme est bien présente de nos jours.

Si le Duché a cessé tout contact avec le Gondo depuis plusieurs décennies, ce n’est pas le cas de ses habitants. Selon une enquête de l’institut Dësonnant, 6% des gallèsants auraient échangé des biens au Gondo entre 2000 et 2010, notamment immobiliers. Beaucoup de franciens ont notamment eu un jour ou l’autre un contact avec le Gondo. Faire mémoire du Gondo s’est donc bien sûr faire mémoire des morts parmi les indigènes, faire mémoire des gallèsants conscrits tombés pendant la guerre ; mais c’est aussi surtout se questionner sur la responsabilité de notre société eurysienne. Avons-nous fait le deuil de la décolonisation ? Faire ce deuil, c’est assumer pleinement un passé honteux, et le regarder en face, pour dire enfin que, oui, c’est du passé. Rien que du passé.

Et aussi...

Élections exécutives : Bardiou et Farche dans un mouchoir de poche.

La candidate PSL Sophale Bardiou et donnée de peu gagnante avec 27% d’intentions de vote favorables. Le Président sortant Majëul Farche la talonne avec ses 25%. Derrière, on retrouve la nationaliste Clairvie Thibalte (VN) crédité de 15% d’intentions de vote légèrement devant Vivian Manuel, président du Mouvement Unitaire, et le candidat surprise Théare Szcielsitz, ancien polémiste sur la chaîne privée Inernet. Enfin, le régionaliste francien démocrate Luc Lambrois complète le tableau d’une élection encore indécise.

Le Front Syndicaliste des usines LMA accepte de rencontrer monsieur Pourtier Lundi.

Le front uni intersyndical qui défend les salariés de l’usine LMA du Minier, dans les Contreforts, a finalement accepté de discuter avec le directeur de l’entreprise automobile. Après 4 semaine de grève générale où les syndicats avaient refusé de céder la moindre demande face une direction « qui ne les écoute plus depuis longtemps », les délégués rencontrerons le corps administratif Lundi, à huis-clos, au siège de LMA-groupe.

  • Le FIC réfléchit à la prochaine ville hôte, le pays valletois suspendu à sa décision.

  • Dans le Picadins, le projet d’autoroute a laissé des fractures.

  • L’Île de Dhavalae après, l’éruption du Kamath, (sur)vivre dans des ruines.

  • Football : crise au SCN d’Angriély après le renvoie de son directeur sportif.
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L’IRRÉSISTIBLE ASCENSION DE MME BARDIOU, ÉLUE PRÉSIDENTE DU CABINET

Après une campagne tendue qui lui a été favorable, l’ancienne ministre sociale-libérale du mouvement Flashβaque a été élue à la tête du Conseil Exécutif par 53% des voix au second tour, a annoncé la Commission Électorale cette nuit. Elle met fin à une période de cohabitation peu fructueuse du PSL avec le PRC. Sa première décision sera de renouer le dialogue avec le Royaume de Teyla.


Guenièvre Sasset - pôle politique

Mme Bardiou salue les militants de Sphornes
La candidate aux exécutives Sophale Bardiou (PSL) salue les militants venus l'écouter à Sphornes, octobre 2012, AGP.

Au quartier général de campagne de Sophale Bardiou, l'ambiance était à la fête toute la nuit, à partir de 11h du soir - quand l'Institut Dësonnant a annoncé la victoire probable de l'ancienne ministre aux élections exécutives de 2012. On a cependant très peu vu la candidate intronisée par le Parti Social pour la Liberté (PSL) hier, qui a répondu à beaucoup d'appels, puis s'est couchée tôt pour "préparer la dure journée de demain" d'après un proche. En effet, ce matin, la Présidente-élue du Conseil Exécutif a fait une déclaration où elle se félicite pour sa victoire, salue le travail de son prédécesseur Majëul Farche, et annonce ses premières préoccupations pour le mandat à venir. Elle écrit : "Nous avons fort à faire pour rétablir la légitimité de cette formidable institution et rétablir la confiance ente le Duché et ses partenaires ou partenaires potentiels, et signifier qu'un vent nouveau souffle sur la diplomatie du Duché de Gallouèse."

Des propos qui ont fait réagir dans tout le spectre politique, voilà ce qu'on attendait de la "jeune" élue sociale-libérale, connue pour bousculer les codes jusqu'à la provocation. Elle ressemble en cela à son prédécesseur du Parti Radical-Chrétien (PRC), qui a tout de même remporté 47% des voix au second tour, mais dont le ton insolent avait provoqué l'indignation de la maison royale teylaise et lui a peut-être même couté la victoire. Car ces mots sont évidemment dirigés envers le président du PRC, dont la dernière action en poste aura été d'étendre la crise diplomatique teylo-loduarienne à la Gallouèse. De ce point de vue, la conjecture a probablement été le moteur de cette campagne, au départ indécise, et serrée jusqu'au bout.

Le ton de la campagne aura été apaisé, malgré le caractère des favoris antagonistes. Finalement, le verbe des outsiders aura été plus incisif, à commencer par celui de Vivian Manuel (8%), très remonté contre la gestion de la crise récente, tant par le Cabinet en place, le gouvernement socialiste ou la Maison dè Draunes. Clairvie Thibalte (11%), candidate de l'extrême-droite, n'a pas retenu ses coups non plus envers "les candidats de l'establishment". Mais ni l'un ni l'autre non égalé en acidité le candidat surprise de cet élection. Théare Szcielsitz était jusqu'en mai dernier une figure controversée de la chaîne de télévision privée Inernet. Mais il a surtout été le meneur d'une campagne audacieuse, souvent même agressive, menée avec son microparti Tous Sensés (TS) et soutenue par le milliardaire Thémond Glaon ainsi que par le parti complotiste d'extrême-droite Gallouèse Réveillez !. Donné en juillet à 15% des intentions de vote et devant Mme Thibalte après un engouement médiatique massif, il a finalement récolté 9% des suffrages exprimés, juste devant le candidat libéral du MoU.

Sa candidature, jugée "inquiétante" par le Président du Conseil des ministres Michal Trëvenon, n'a cependant pas fini de faire couler de l'encre. La campagne à peine achevée, S.E. le Duc délivré de son devoir de réserve s'est positionné contre les propos du candidat qui sortent selon lui d'un "cadre démocratique acceptable". Le candidat avait décrit la Révolution comme "incomplète" et "insuffisante", en se gardant toutefois de tout révisionnisme et en se considérant comme un démocrate. "M.Szcielsitz est la révélation de ces élections, si on se désintéresse d'un duel gauche-droite certes serrés, parce qu'il nous informe sur l'avenir et permet une analyse plus fine" estime Dr. Rémien Korolev, politologue. "Sa candidature nous révèle une montée du révisionnisme dans une frange de la population, celle qui ne se sent plus représenté par le consensus post-révolutionnaire, très ancré à gauche. Une demande irrésistible d'alternance qui vire au pire lorsque, dans un scrutin comme celui-ci, le jeu des alliances électorales empêche toutes les tendances d'être représentées. Cette fois ci, la droite traditionnelle s'est rangée derrière un candidat centriste qui reflète de moins en moins leurs attentes. Mais rien ne présage un tel constat aux prochaines législatives." Pour l'instant, d'après nos informations, le Comité de Droite et le Parti Conservateur n'envisagent pas rompre l'alliance avec le PRC.

Les analyse plus traditionnelles que l'on peut porter relèvent bien sûr des victoires de tendances, puisqu'une fois encore c'est le choix d'un candidat à la droite du PSL qui s'est révélé être une stratégie gagnante pour le Parti de '90. Avec une ligne assez proche de la gauche du PRC, le mouvement Flashβaque réussit comme en 2004 à surpasser le candidat radical-chrétien. Parfois vue comme la disciple de Yahnick Kard (ministre de l'énergie et du développement durable, président-fondateur de Flashβaque), qui a occupé ce poste de Président du Cabinet (2004-2008), Mme Bardiou défend un certain durcissement de la politique migratoire, un assouplissement de la politique économique et des relations internationales plus ouvertes que dans la doctrine trëveniste, particulièrement restrictive. "On pourrait corréler la demande d'alternance et ces stratégies du PSL comme un rejet de plus en plus grand du trëvenisme", estime même Dr.Korolev.

Lorsque Mme Bardiou entrera en fonction en janvier, elle sera la première femme à occuper un poste de décision officiel dans l'histoire de la Gallouèse. La première bien sûr à occuper le siège inauguré par Francien Léquerre, grand résistant, au Quai de Ligor. Elle poursuit également un parcours fulgurant, confirmant ceux qui la voyaient déjà en 2003 dans les plus grandes sphères de l'État. Après avoir été une des plus jeunes députées du Parlement en entrant à l'Assemblée en 1998, puis la plus jeune Présidente de l'Assemblée du Peuple de 2005 à 2010, et enfin ministre de l'intérieur de 2010 à 2012, ses talents d'orateurs la portent toujours plus loin. Yahnick Kard se fait vieux en politique, alors si le trëvenisme n'a plus le vent en poupe et si le PRC perd sa crédibilité, jusqu'où pourra-t-elle aller ?
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L ' I N D U S T R I E . D U . M O T E U R, . P A R E N T . P A U V R E . D U . T R Ë V E N I S M E

par Aurvoit Labbès



La longue grève aux usines LMA a sérieusement impacté le secteur, qui se remet difficilement des commandes titanesques de l'armée. Dans le même temps, la concurrence sitade est rude : le géant Rotos a progressé de 3 points dans les parts de marchés au cours des cinq derniers mois. La politique protectionniste de gauche du gouvernement actuel semble délaisser ce secteur, cible facile pour la concurrence étrangère.


La grève nationale des ouvriers dans le milieu de la fabrication de moteurs et d'automobiles aura mis le secteur à genoux, c'est le moins que l'on puisse dire. Le « Front Syndicaliste » qui a entretenu la grève générale au sein du groupe Le Minier Automobile six longues semaines durant n'aura représenté que le noyau dur - et l'agitateur - d'un mouvement social de trois mois. Trois mois pendant lesquels les quelques usines ayant pu tourner au ralenti pouvaient s'estimer heureuses de réaliser le maigre chiffre d'affaire permis par les commandes d'État. Ces commandes, qui ont explosé au cours des deux dernières années, visent à équiper les quelques 200 nouveaux véhicules blindés de l'armée gallèsante, et produire 500 autres utilitaires qui équiperont les forces publiques à partir de l'année 2013. Ce grand chantier requiert une production de pointe (on ne plaisante pas avec la sécurité !), et pourtant tous les produits seront achetés au rabais par l'État, comme l'expliquait monsieur le ministre de l'économie et des finances Dernien Parzampach le 2 janvier.

Le secteur de l'automobile gallèsante, et en particulier du moteur, accuses donc un certain manque à gagner, et de ce fait, un retard inquiétant sur la concurrence étrangère. Monsieur Jean-Philippe Pourtier, directeur-général de LMA-groupe, déclarait vendredi dernier à la presse que la grève dans ses usines allait provoquer un trou de trois milliards de crépies dans ses caisses, alors que l'entreprise-mère rencontre déjà des difficultés financières et que sa filière de Recherche & Développement estime son retard de deux ans sur le géant de l'automobile cantais Henlein. « La perte de totale dur l'ensemble du secteur pourrait se chiffrer en dizaines de milliards d'ici la fin de l'année » a même estimé monsieur Pourtier, qui préside aussi l'Association des constructeurs automobiles (ACA). Pendant ce temps, les négociations de sortie de grève ont entériné la fin du plan de licenciements prévu par le groupe, alors que ce même plan était jugé nécéssaire il y a dix mois par le conseil d'administration pour garantir sa compétitivité.

La mainmise sitade dans l'engin agricole

Car le secteur du moteur est de plus en plus concurrentiel en Gallouèse. Si le gouvernement de Michal Trëvenon peut se targuer d'avoir équipé l'intégralité de sa marine, de sa police et de son armée avec des moteurs LMA, les particuliers se tournent de plus en plus vers l'automobile cantaise et ses leaders Henlein et Kurrat. Mais l'enjeu dépasse le véhicule particulier. Les usines du site de production gallèsant remplissent un peu plus chaque année le carnet de commande du mastodonte sitade Rotos. Si les machines-outils tournent toujours majoritairement grâce au moteur Velos-B de LMA, plus de cent cinquante moteurs Rotos ont été commandés en 2012 pour de nouvelles installations industrielles, ou simplement pour rafraîchir les anciennes. À cela s'ajoute la domination naissante des Konzerne sitades dans l'équipement agricole. Grâce à ses prix incroyablement bas, Rotos a progressé de trois points dans les parts de marché nationales au cours des cinq derniers mois, et équiperait près d'un agriculteur sur trois dans la région productiviste de Rhétairie, d'après une enquête Dësonnant. Aujourd'hui, 52,89% des engins agricoles seraient de fabrication étrangère, dont 74% de conception sitade.

Ce chiffre cache autre chose que la suprématie naissante des moteurs Rotos sur les engins poids-lourds. L'entreprise qui domine le marché de l'outillage agricole à l'heure actuelle est également basée en Sitadie : Calocatanes équiperait 60% des paysans de Réthairie selon ce même sondage, toujours grâce à des prix quasiment déloyaux. Mais quand bien même le gouvernement voudrait commencer à chanter le refrain de « la qualité avant la quantité », apanage des nations à la peine industrielle, il ferait fausse route. Car les agriculteurs qui restent attaché à la qualité, comme ceux de Sophirnie, privilégient les marques sitades Aballon et Cevix à 31,04%. Les récentes vidéos qui fleurissent sur le web moquant les performances parfois décevante et une supposée tendance à la panne des moteurs sitades ne découragent pas les acheteurs, preuve pour l'économiste Therry Marvalot de la bancalité de ces accusations. « Les attaques contre la production sitade sont infondées et n'ont qu'une vertu perverse : persuader les dirigeants de notre pays qu'il est inutile d'investir dans l'industrie du moteur. Ce qui est faux ! » ajoute le spécialiste.

La politique trëveniste a créé une situation suspendue où le libre marché est remis en question, « un entre-deux insupportable qui empêche d'adopter une vision économique claire » comme le déplorait le député Vivian Manuel, candidat libéral (Mouvement Unitaire) aux élections exécutives l'année dernière. Et ce même politique d'ajouter : « même les communistes ont un système plus performant ! ». Or ce sytème délaisse injustement des secteurs porteurs : « tout ce qui n'est pas nationalisé est laissé à l'abandon » déplore Therry Marvalot. La peur du déclassement est réelle chez les responsable du secteur des moteurs. Plus de 80% des cadres de ce milieu expriment leur crainte de sombrer face à la concurrence étrangère, si rien n'est fait. Le « colloque de la dernière chance » organisé par le dirigeant Thémond Glaon à Arrassints en mars n'a pas levé toutes les inquiétudes, trop tourné sur les questions d'équipement informatique et d' « e-voiture » d'après ses protagonistes.

Perspectives et prospective

Alors, quelles perspectives pour le moteur gallèsant ? Si l'on peut attendre que la fin des commandes d'États (l'armée se concentre actuellement sur sa filière nucléaire) et des grèves permette un retour en force de l'industrie automobile dans les prochains mois, il ne sera sans doute pas suffisant sans volonté politique de soutenir le secteur. Le ministre de l'économie et des finances n'a pas souhaité s'exprimer sur le sujet. C'est compréhensible : son parti a joué la défense des ouvriers contre le patronat dans le conflit social des usines LMA, il n'allait prendre le contrepied de la position majoritaire. Pourtant, la conjecture actuelle est au moins mauvaise, sinon dramatique. Le plan de licenciement annoncé puis annulé « sera probablement à nouveau d'actualité dans un futur proche, peut-être très proche » prévient un cadre de LMA-groupe. L'entreprise pourrait en outre afficher un déficit de 0,4% en 2013, du jamais-vu depuis 1950 pour le leader national, alors que dans le même temps, les exportations de Rotos en Eursyie occidentale pourraient progresser de 70% sur la même année.

Récemment, les dirigeants du secteurs se sont réunis pour signer une tribune d'appel au secours dans nos colonnes (L'économiste d'avril 2013, n°125). Ils prévoient la fin de la souveraineté automobile de la Gallouèse à l'horizon 2020, et, plus grave, la fin des moteurs gallèsants dans les usines à l'horizon 2050, à ce rythme. Une perspective qui devrait alarmer l' « indépendantiste » Michal Trëvenon, et non pas conforter sa mollesse. Les concernés attendent du changement, et une prise en considération. Bien sûr, la meilleure solution reste de sortir de ce sytème absurde et d’embrasser le libre marché. Mettre fin à l'injustice concurrentielle pour permettre au secteur de se relancer sans la contrainte des entreprises d'États, dont aucune n'est active dans l'automobile, fait suffisamment rare pour le souligner. Il y a urgence.
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Une du numéro 1245 du Clëron, c'est-à-dire l'édition du 22 septembre 2013 : Gallouèse : 12,5ȼ                                       — « défendre la Vérité, clamer la Vérité » —         n°1245 - 22 septembre 2013                         LA LODUARIE PRÊTE À LA GUERRE◊L’armée loduarienne est en exercice depuis le 1er septembre sur tout son territoire◊ Cet exercice mobilse aussi bien aviation et armée de terre que marine du pays eurycommuniste◊ Le gouvernement teylais a été prévenu, mais pas celui du Duché, au grand dam de Michal Trëvenon◊ Le Leader loduarien entend montrer les muscles après l’escalade de Zladingrad◊ Le pays est en crise diplomatique avec les pays de l’OND, et en particulier son voisin Teyla         — pages 3 à 5Les troupes loduariennes sont en exercice depuis presque un mois (C.Lagrange pour l’Agence de Presse Loduarienne).Agriculture :<br>Une fin de moisson tardive en Rhétairie, synonyme d’une année trop douce, et déjà un premier bilan.    — page 7Rugby :<br>La saison débute mal pour le ROC de Poifflins, avec trois défaites de rang, après une victoire en coupe la saison dernière.Assemblée du Peuple :<br>Le groupe PRC présente une proposition de réajustement budgétaire lors de sa niche, encore rejetée par les sociaux-libéraux.Comunaterra<br>La situation humanitaire inquiète<br>Différentes ONG alertent sur la difficulté pour les civils d’échapper au conflit, alors que les autorités communistes insistent pour une guerre totale face au Kah.  — page 2ÉCONOMIE  Le gouvernement embêté par une perte de vitesse<br><br>La balance commerciale gallèsante, priorité du gouvernement social-libéral de Michal Trëvenon, peine à repartir dans le vert après une période de remous. L’inflation, grand thème de l’exécutif PSL depuis les législatives de 2007, revient aujourd’hui d’un nouveau plus-haut historique. Les responsables du Parti radical-chrétien montent au créneau et se placent dans les sondages comme champions de la « rigueur budgétaire et économique ». Après avoir fait campagne sur le thème d’une inflation contenue, la gauche voit son bilan remis en cause. Les ménages et les entreprises ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts.          — suite page 6Éditorial :<br>Face à la Loduarie, choisir le camp de la démocra—tie. - page 13Cuisine<br>Dix recettes d’automne, entre gibier, marrons grillés et potirons, pour redécouvrir le plaisir de la campagne.Enquête<br>Comment le Festival International de Cinéma a échappé trois fois à l’Agglomération de Vallètez, en 2006, 2008 et 2012. Le maire de Vallètez, T.Lebritton, pas assez impliqué.
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Gallouèse : 12,5ȼ                                       — « défendre la Vérité, clamer la Vérité » —         n°1245 - 22 septembre 2013                         KRONOS : MEROLLA ÉLU PRÉSIDENT◊ Le candidat du Renouveau Kronien libéral remporte le scrutin avec 54,7% des suffrages◊ Le dictateur Calabraise avait été renversé par le groupe armé secret « Blackhawk »◊ Les putchistes, anonymes, ont déjà convoqué quatre scutins et expédient les affaires courantes◊ Leur chef est l’objet de toutes les attentions et pourrait faire de l’ombre à un pouvoir encore fragile◊ Le président élu dispose de la majorité parlementaire et promet de rétablir les libertés   — pages 2 à 4Affaire Dufranc :<br>Le procès du lobbyiste Délanda-Éstcartagaux et de trois autre personnes débute aujourd’hui à Ligert pour « corruption d’officier ducal ». L’affaire des laboratoires Dufranc avait éclaboussé le gouvernement Trëvenon en 2006. Aucune poursuite pour les ministres de l’époque— page 5International<br>Le Colisbourg à l’heure des choix<br>Le nouveu souverain a choisi de convoquer des référundums pour revenir sur la politique étrangère du pays, la classe politique conteste leur légitimité.<br>               — page 4La police kronienne intervient face à des manifestations pro-calabrise, signe d’un exécutif fonctionel au main des putchistes (Crédit : KRONEWS).Sports<br>Le point sur les saisons de football, rugby, handball, berhouz, tennis, etc. dans Le Clëron des SportsPOLITIQUE  Le Parti communiste rejoint l’UICS et fracture le gouvernement<br><br>Le Parti communiste de Gallouèse devrait rejoindre la toute nouvelle Union International du Communisme et du Socialisme (UICS), a annoncé le secrétaire-général du parti Loïc Trémeneur. Ce nouveau-venu de la diplomatie mondiale, voulu par le leader loduarien, entend remplacer les tentatives d’internationales jugées « incomplètes » (Liberalintern ou UNCS), mais regroupe surtout des régimes proches de la Loduarie. Le gouvernement social-libéral dont fait parti le PCG s’en retrouverait ébranlé, alors que le Président Trëvenon a fait de la lutte contre les ingérences étrangères sa marque de fabrique.<br>                                 — suite page 6Éditorial :<br>La défense de la Gallouèse passe par l’investiss-ement Terrorisme :<br>Le ministère de l’intérieur alerte les collectivités sur une activité inhabituelle des réseaux indépendantistes nostriens près de la Loduarie — page 12Pêche :<br>La pêche électrique en passe d’être interdite pour préserver la diversité de la faune marine, les syndicats en colèreSanté :<br>Alors que les épidémies de Chat-GPT se multilient dans le Monde, le ministère de la Santé s’organise<br>             — page 7
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Flash Spécial : vers une guerre mondiale ?

L'émission s'interrompt. Les locaux du journal télévisés apparaissent à l'écran après un jingle "flash spécial". Devant le présentateur vedette du journal de vingt heures, Petro Poivrot-d'Abord, un bandeau s'affiche, qui dit :

LA CRAINTE D'UNE MARCHE À LA GUERRE MONDIALE


le croiseur amiral loduarien en feu
Impressionnante image du croiseur-amiral loduarien, "Geraert-Wotjkowiak", en proie aux flammes après les bombardements sylvois, 8 décembre 2013, AGP.



Petro Poivrot-d’Abord, Présentateur :

« Panique dans les États-Major de l'Eurysie et du monde ce matin, le croiseur Geraert-Wotjkowiak, vaisseau amiral loduarien, a subi les bombardements de l'aviation sylvoise vers xx heures. Un incendie s'est notamment déclaré à bord, et une opération de sauvetage est prévu. Le feu a donc été ouvert entre Sylva et la Loduarie, rendant plausible le scénario d'une guerre mondiale entre l'UICS et l'OND. Si les appels à la détente sont nombreux, la guerre est toujours le scénario le plus probable à ce stade. Reportage de nos envoyés spéciaux. »

Voix off :

« Il flotte toujours. Peut-être pas pour longtemps. À xx heures, un incendie s'est déclaré à bord du croiseur loduarien Lorenzo Geraert-Wotjkowiak, naviguant dans le Golfe de Francie, au large des côtes loduariennes. Le navire avait été la proie de frappes de missiles par l'aviation du Duché de Sylva quelques minutes plus tôt. Les motivations de ces frappes, leurs conséquences matérielles, et toutes les informations précises ne sont pas encore connues. Pourtant, le secrétaire général de la Loduarie, qui porte le même nom que le vaisseau naufragé, s'est empressé de faire une déclaration publique. Enclenchant ainsi le processus "qui c'est qu'à tiré le premier ?", qu'on pourrait aussi être tenté d'appeler marche à la guerre mondiale.

Le leader loduarien Geraert-Wotjkowiak a tout de suite prononcé une allocution, dans laquelle il fournit des détails qu'aucun expert n'a été en mesure de vérifier. Il déplore 72 morts, 248 blessé dont la "pacha" du bâtiment, la Vice-amirale Aube Thora, conjointe du dictateur et enceinte de son enfant. Il attribut la primauté de la frappe à l'aviation sylvoise, ce qui n'a là encore pas pu être vérifié. Enfin, fait assez notable pour le souligner, il déclare refuser la guerre.

"Je me suis engagé, pour mon peuple, il y a de cela plusieurs mois, à ne pas déclencher de guerre avec l'OND. [...] Mais cela ne veut pas dire que nous passons l'éponge. Nous exigeons, la Loduarie exige, que cet affront meurtrier soit payé. Nous exigeons que les pilotes qui ont tué des nôtres soient mis aux arrêts, et envoyés immédiatement en Loduarie pour être jugés, pour meurtre et attaque à l'encontre de la Nation Loduarienne. Nous exigeons que la nation Sylvoise dédommage notre pays pour les dégâts qu'elle a commis. Les dégâts matériels, et les dégâts psychologiques. Nous exigeons que cet affront soit payé, ou nous le ferons payer, tôt ou tard, au prix fort."

Malgré ces paroles, les nouveaux alliés du pays eurycommuniste sont exhortés à prendre parti pour le pays considéré comme agressé. Du côté sylvois, aucune déclaration n'a été faite, mais tout laisse penser que l'OND sera impliquée si un conflit venait à éclater. Face à ce risque majeur aux portes de notre pays, le Conseil Exécutif s'est immédiatement exprimé. Mme Bardiou a convoqué les journaliste dans la cour du Quai de Ligor.

"On va pas chercher la petite bête maintenant, alors qu'on ne sait rien pour le moment. Le Duché ne prend parti ni pour un camp ni pour l'autre, pas en l'état. En revanche, nous condamnons toute escalade des violence qui pourrait suivre, je dis bien toute, et dans cette optique nous félicitons vivement la Loduarie et son gouvernement pour sa réaction mesurée alors qu'objectivement, sans chercher de coupable, des actes de guerre ont été commis. Nous appelons le Duché de Sylva, qu'ils soient agressés ou agresseurs, à suivre cette ligne, à répondre à l'appel loduarien, quitté à en redéfinir les termes. [...] Nan et puis aussi, heu, tout ceci ne serait pas arrivé s'il n'y avait pas eu de livraison d'arme de Tey-, heu de Sylva vers Teyla. La responsabilité d'une guerre, elle va pas se chercher dans l'événement déclencheur d'un conflit, elle va se chercher avant. Là, je suis désolée, mais la responsabilité elle est dans les deux camps. [...] S'il doit y avoir un conflit, pour l'instant vu les informations dont nous disposons, le Duché sera parfaitement neutre.

L'inquiétude demeure, mais les responsables politiques refusent de prendre la parole. Monsieur Farche, leader du Parti Radical-Chrétien, se retient "par pudeur". Quant au secrétaire-général du Parti communiste, il décline toute demande d'interview. Il a fait savoir qu'il partirait pour la Loduarie demain matin. »

Petro Poivrot-d’Abord, Présentateur :

« Voilà vous l'avez compris, les temps sont troublés. Mais le gouvernement tient à appeler la population au calme, d'après les acteurs économiques publiques et privés réunis ce matin, il n'y aura pas de conséquences majeures sur les rayons des supermarchés. »
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Gallouèse : 12,5ȼ                                       — « défendre la Vérité, clamer la Vérité » —                   n°1298 - 5 février 2014                        LE PHAROIS INTÈGRE ALBIGARQUE◊ La 1ère puissance économique et 2nde puissance mondiale change encore une fois de régime◊ Les pirates du Nord enfoncent un peu plus la Commune d’Albigarque dans leur giron◊ La fédération Pharovigeoise place à sa tête un aristocrate et universitaire albigeois,   M.Rasanen◊ Le nouvel homme fort du pays, proche de M.Maino, cache peut-être un collège décisionnel plus grand◊ Doit-on s’attendre à plus d’ordre ou à plus de piraterie après la chute du Capitanat ?<br>                  — pages 2 à 4De gauche à droite : S.Bardiou (Présidente du Conseil), Y.Kard (Officier chargé de la continuité) et  M.Van Breetnz (chargé de la sécurité)  (CRÉDIT : Cabinet exécutif).Marine :<br>La CGTM achète ses 1ers navires de conception pharoise, Trëvenon dénocne un « sale coup » du PDG  Cassenta  — page 6Sécurité :<br>Attentat déjoué à Lamotte-Bavez, deux supects interpellés, l’un d’eux est un ancien membre du Parti CH’OAZH.— page 8Accidents de chasse :<br>La mort d’un jeune agriculteur à Vaez, blessé par une balle perdue d’un chasseur, pose des questions sur la sécurité de cette pratique. — page 11Velsna<br>Conéquences d’une reddition<br>L’armée du triumvir Scaela, commandée par M.Tomassino, a rendu les armes hier 4 févier. Retranché à Velsna, Scaela attend l’armée   de son adversaire Di Grassi— page 2POLITIQUE  Le Conseil exécutif s’installe, le Parlement laisse faire<br><br>Le Conseil Exécutif est aux affaires depuis bientôt six mois et         les négociations au point mort en Translavie n’arrangent pas l’affaire. Après s’être acquitté (avec brio) de la tâche sanitaire pour laquelle il avait été réuni, le « Cabinet de crise du Conseill Exécutif » reste sous les projecteurs en expédiant les affaires courantes. Profitant d’un status quo et d’un Parlement indifférent, le Cabinet au profil peu politique mais très resseré autour de l’aile droit du PSL continue de gouverner. De son côté, le gouvernement suspendu dont la continuité n’est assurée que par M.Kard (Flashßaque) reste atone, du moins en public. Son chef Trëvenon serait revenu à Ligert et multiplierait les réunions. <br>                                   — suite page 5Éditorial :<br>Comment revitaliser notre parlement-<br>arisme <br>- page 13Grand format<br>Nos armées en Translavie, une mission militaire et humanitaire réussie mais qui s’appuie largement sur les capacités de projection onédiennes. Vers un rapprochement stratégique ?Analyse<br>Pendant que le gouvernement est ajourné, les ministres suspendus multiplient les réunions. Le trëvenisme en pleine réinvention pourrait chambouler l’agenda d’une Sophale Bardiou qui occupe plus que jamais le devant de la scène.
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Deux Translavies, et un échec cuisant pour la Diplomatie Gallèsante

Les négociations viennent de s'achever entre les forces coalisées qui avaient envahi la Translavie en 2013. Le pays sera bien partagé en deux, avec une zone d'occupation eurycommuniste. Pour la diplomatie gallèsante et son représentant Vanwe Piotroff, c'est un camouflet sans nom. L'armée ducale restera encore quelques mois sur place.


On a souvent entendu dire que Vanwe Piotroff briguerait la présidence du Parti Social pour la Liberté (PSL) en 2014, pour viser la tête de la file sociale-libérale aux élections législatives de 2015. À l'heure qu'il est, ses opposants doivent se frotter les mains. Le baroudeur de la politique gallèsante, considéré comme "plus vieux cadre" (69 ans) du Parti de '90, rentre bredouille de Translavie où le ministre de la Santé et des affaires sociales avait été désigné comme négociateur par le Cabinet. Dans ce pays de l'Eurysie Orientale, les forces de la Défense Nationale avaient mené une coalition qui a déposé le régime totalitaire responsable de la crise de Klialine - cette centrale nucléaire dont l'explosion avait mis l'Eurysise sous la menace d'un nuage radioactif. L'ancien ministre des affaires étrangères (2002-2010), qui avait été choisi pour ces talents de négociateur, était parti avec une feuille de route contenant l'unification de la Translavie, la garantie d'une autodétermination, et la récupération de criminels de guerre. Sur ces trois points, seul le dernier a été rempli.

Les négociateurs se sont en effet quittés hier, sans signer de déclaration commune. Le pays était occupé jusque là selon la logique des zones libérées, avec un espace contrôlé par la Loduarie communiste et les rebelles eurycommunistes, et un espace occupé par les forces alliées de l'Organisation des Nations Démocratiques (OND) avec l'appui du Duché. Le pays restera donc a priori dans cette configuration. Le premier point, rejeté. Mais le deuxième aussi : le Parti Eurycommuniste Translave (PET) ayant déjà fait main basse sur la partie contrôlée par l'armée populaire du plénipotentiaire Geraert-Wotjkowiak. Et même pour la partie restante, l'autodétermination n'est pas garantie, certains experts craignant la tentation d'un "onédisme botté", pour reprendre l'expression de Jules Guirard, géopolitologue et auteur de Plutôt la guerre que la paix : une histoire de la diffusion des modèles démocratiques dans le monde (2012, Léëque, 19¢). « Le risque est celui d'un impérialisme culturel, la volonté d'imposer son modèle politique, donc culturel, à une région du monde qui ne le connaissait pas préalablement. On a souvent vu cela dans l'histoire engendrer un vif rejet des valeurs démocratiques, comme en République Libre du Prodnov » ajoute le spécialiste.

C'est en effet le risque quand on lit les premières déclaration - unilatérales logiquement - qui sortent des chancelleries depuis la fin des négociations. La République Fédérale de Tanska a ainsi annoncé « reconnaître la République Fédérale de Translavya comme successeur de la République Sociale Fédérative de Translavya », calquant inconsciemment son propre modèle sur celui d'un pays étranger, ce alors que le peuple translave n'a pour le moment pas été consulté, d'un côté comme de l'autre de la ligne de démarcation. Une source que Palais des Capucins nous confirme que ni le Duché ni ses alliés n'ont discuté de l'établissement d'un régime fédéral (même si ce régime était déjà celui du précédent État, nuance la source). L'absence de discussion en Translavie pourrait aussi avoir des conséquences plus graves : les deux camps qui semblent se constituer, l'un eurycommuniste et l'autre capitaliste libéral, se sont quittés sans accord préalable ; cela signifie que la ligne de démarcation n'est pas démilitarisée et que la non-agression n'a pas été érigée en principe. Cela signifie aussi que la déclaration tanskienne consacre la revendication de la Translavie onédienne sur le terrioire communiste. Pour faire simple, la Translavie est plus que jamais une cocotte-minute qui peut siffler à tout moment.

Le tableau est sanglant pour le gouvernement de Michal Trëvenon. Ce dernier, avec la vraie décisionnaire Sophale Bardiou et le reste de son parti, avait surpris en annonçant l'opération gallèsante, et avaient donc promis une intervention propre, sans dérives militaire, ni déstabilisation de la région visée, ni impérialisme de quelconque allié, et un retour rapide des soldats du Duc au pays. L'expédition s'est éternisée, la guerre contre un régime totalitaire à apporté son lot de boucherie (enfant-soldats, terrorisme, kamikazes... comme l'a révélé l'ONG Amnistie Mondiale), la Translavie a le couteau des puissances étrangères sous la gorge et la région est déstabilisée, et pour longtemps puisque elle deviendra à coup sûr le théâtre de la "guerre froide" que se livrent la Loduarie et l'OND depuis l'incident du croiseur amiral LGW. Et si elle ne devient pas ce proxy, c'est que la guerre entre les deux blocs aura éclaté, alors que la paix entre ces deux camps est la raison même de vivre de la diplomatie trëveniste.

La politique étrangère du président Trëvenon et de monsieur Piotroff vient donc de perdre toute sa crédibilité. L'épouvantail était celui d'un nouveau Prodnov, et ils ont fait un nouveau Prodnov. La date de retour de nos forces armées n'est pas encore connue. La Gallouèse a contribué à légitimer une opération qui aura plongé des millions de translaves dans la dictature eurycommuniste. Le Duché de Trëvenon, de l' "indépendantiste", de l'anti-impérialiste par excellence, qui aura été jusqu'à mandater un fonctionnaire pour assister à la très controversée conférence anti-impérialiste de Velcal, aura participé à une guerre dont l'issue est celle d'une conquête impériale. Il reste à espérer pour le PSL que le procès des huit dignitaires translaviques qui seront rapatriés dans la semaine soit exemplaire, pour donner une légitimité à cette inqualifiable déroute.
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nouveau logotype du Clëron ?

AU PARTI COMMUNISTE, LE DUR DOSSIER DE LA TRANSLAVIE

Le sujet de la Translavie coupée en deux avec une zone d'occupation loduarienne au Nord opposée à un territoire soutenu par la Gallouèse au Sud est sensible pour le PCG. Le Secrétaire Général du Parti, réputé proche du dirigeant loduarien, est mis en difficulté par les courants minoritaires et pourrait être tenté de revoir sa ligne. Des révélations exclusives.


Guenièvre Sasset - pôle politique

Olivier Faure avant un Congrès du Parti Socialiste en 2024
Loïc Trémeneur, leader du PCG, arrive au Palais des Plutirces, septembre 2014, AGP.

Il est attaqué de toutes parts. Sur les plateaux de la TVG nationale ou ceux d'Inernet - la chaîne politique réputée pro-business et libertarienne de l'entrepreneur Thémond Glaon - matin, midi, et soir, la droite, l'extrême-droite et le centre républicain défilent pour poser publiquement la question qui fâche au Secrétaire Général du Parti Communiste en Gallouèse (PCG). « Monsieur Trémeneur, les Loduariens sont-ils vos alliés ? » l'a interpellé le député du Parti Conservateur Frédéric Crocaux dimanche soir lors de l'édition politique du service public. Loïc Trémeneur, député de Lanweneoc et chef de la file socialiste depuis une dizaine d'années, est en effet réputé proche de Lorenzo Geraert-Wotjkowiak, le dictateur de la Loduarie Communiste. Or depuis l'échec des négociations au sein de la coalition de « riposte et neutralisation du risque translavique » (dénomination officielle du gouvernement), les troupes gallèsantes et loduariennes se font face de part et d'autre de la ligne de démarcation, et la partition agressive jouée à la fois par les eurycommunistes et l'Organisation des Nations Démocratiques (OND) rend l'hypothèse d'un affrontement direct toujours plus probable.

Quand on ajoute à cela les différentes crises qui se sont succédées, comme celle de Zladingrad qui a vu le Duché rappeler son ambassadeur en Loduarie (il n'y est retourné qu'épisodiquement depuis), ou celle du « croiseur amiral LGW » durant laquelle le Duché a pris ses distances avec la Loduarie en s'associant à une initiative de médiation zélandienne, on peut douter de l'état des relations entre le Duché et la Démocratie Communiste, toujours qualifiées de « cordiales » par le ministères des affaires étrangères. Or M.Trémeneur, candidat malheureux aux élections exécutives à deux reprises (2008 et 2012), avait fait du rapprochement avec la Loduarie l'un de ses thèmes de campagnes. En 2008, quand l'Organisation des Nations Commerçantes (ONC) avait affirmé l'existence de camps de concentration en Loduarie, le candidat Trémeneur s'était fendu d'un tweet rejetant les accusations. Il avait défendu jusqu'au bout le « rapprochement avec cet État à la fois démocratique et communiste » comme l'une de ses « priorités en matière diplomatique ».

Depuis, les événements sont venus assombrir ce tableau. Les résultats électoraux n'ont pas été au rendez-vous lors des précédents scrutins, et le manque de fidélité de Trémeneur envers son allié social-libéral (le Parti Social pour la Liberté, PSL) a été sanctionné d'un renvoi de tous les ministres eurycommunistes du gouvernement en 2010. Il semblerait que politiquement, le leader communiste gallèsant ait tout intérêt à rompre avec le Parti Communiste de Loduarie, désormais désigné par la droite comme « nos ennemis ». Un récent sondage de l'INIP au sujet de l'intervention en Translavie révélait ainsi un chiffre parlant : 69% des gallèsants estiment que la Loduarie représente une menace pour la sécurité du pays. Mais malgré ce rejet en bloc du régime de Geraert-Wotjkowiak, qui a valu au chef du PCG des dizaines d'agressions physiques et verbales depuis 2012, il semble que Tréméneur soit empêché de rompre avec la Loduarie.

Tout d'abord, les deux leaders rouges sont proches - ou en tout cas, le Secrétaire Général loduarien entretient une relation de confiance vassalique avec son homologue gallèsant. Nous avons ainsi appris que les deux hommes s'étaient téléphonés le jour même de l'explosion de Klialine, et encore le lendemain de l'échec des négociations en Translavie. Des contacts courts mais réguliers existeraient entre eux depuis 2008 et la première campagne exécutive du Gallèsant, d'après une source qui restera anonyme. Si cette proximité est de notoriété publique, M.Tréméneur était plus discret à son sujet depuis quelques années. L'absence de partage de ce contact avec le gouvernement de Michal Trëvenon, et l'absence de collaboration tout court avec le gouvernement depuis 9 ans qu'il le soutient, est un des griefs le plus forts que le PSL entretient à l'encontre de Loïc Trémeneur, toujours d'après la même source.

Ensuite, le rapport de force interne. Si la Loduarie apparaît de plus en plus comme un repoussoir pour les électeurs (même si la Gallouèse reste le pays non-communiste d'Eurysie Occidentale ou la côte du dictateur est la plus élevée), elle est un facteur fédérateur au sein du Parti communiste. Le Parti eurycommuniste gallèsant, microparti très minoritaire au sein du congrès socialiste, ne cesse de voir son nombre d'adhérents grossir. Or l'assise de Trémeneur au congrès et au bureau central repose avant tout sur son propre courant, le courant communiste traditionnel (mené par Edgar Thudualde, doyen, ministre de l'éducation et de la culture, qui avait insulté Trémeneur en direct le soir des dernières législatives) et le courant eurycommuniste, laissant les socialistes, les réalistes et les communalistes en position de « courants minoritaires ». Enfin, cette proximité politique de Trémeneur avec le grand manitou des eurycommunistes, alors que le bretonnant n'est lui-même pas eurycommuniste, a un prix. Le PCG recevrait ainsi des fonds conséquents et réguliers de la part du PCL, ce depuis le campagne de 2008 largement financée par des fonds loduariens, nous apprends la source. Si cette information n'a pas été confirmée, elle demeure troublante. Répondant à nos sollicitations, Trémeneur a déclaré, ni agacé ni surpris : « ne rentrez pas dans ce jeu-là, c'est le même depuis des semaines, ils ne savent pas quoi inventer pour me salir ».

Cette dernière déclaration a de quoi surprendre : le dirigeant loduarien serait-il présenté comme un boulet pour le PCG ? De nombreux témoignages évoquent de grandes discussion en cours entre les membres du Bureau Politique du PCG afin de redéfinir la ligne du parti. Loïc Trémeneur et Edgar Thudualde se seraient rencontrés en marge d'un meeting pour les municipales, à Sphornes (fief du PSL). Les deux hommes auraient discutés, entourés chacun de leur soutiens, de l'avenir du parti. Rien n'a fuité de leur discussion. Le Parti communistes va-t-il changer d'attitude vis-à-vis de la Loduarie après la crise translavique ? L'équation est complexe. Mais ils ne seront pas les seuls à en chercher la résolution, puisque dans le même temps, le gouvernement garde un ton conciliant envers le régime autoritaire voisin, et reste incapable de dire ce qu'il fera si les boys loduariens ouvrent le feu sur nos garçons à l'autre bout du monde.
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Législatives gallèsantes de 2015 : quels enjeux ?

Décryptage : Les élections législatives se tiendront en Gallouèse en novembre 2015 en même temps que les municipales, a annoncé le ministère de l’intérieur. L’occasion pour la Gazette de donner quelques clefs de compréhension du scrutin, qui entraînera la nomination d’un nouveau gouvernement : conséquences ? Candidats ? Alternance ?

Électeurs français pendant les européennes à Fougère (crédit : Ouest-France)
Des électeurs votent pour les élections exécutives & municipales de 2012, à Guimpait (Molins), AGP.

De quelles élections parle-t-on ?

Les élections qui se dérouleront en novembre 2015 (date précise à définir) sur l’ensemble du territoire national concernent deux scrutins : les législatives et les municipales. Les élections législatives ont lieu tous les cinq ans et visent à renouveler l’intégralité de la chambre basse du Parlement, l’Assemblée du Peuple. L’Assemblée est celle qui élit le Président du Conseil des Ministres, c’est-à-dire le chef du gouvernement. Ce scrutin est véritablement le principal enjeu des élections de novembre 2015. Les députés de l’Assemblée conçoivent et votent la loi, et le gouvernement dirige l’administration du pays.
L’autre scrutin de 2015 est celui qui vise à renouveler l’intégralité des collèges municipaux du pays. Élus pour un mandat de trois ans, les collégiens municipaux élisent le maire de chaque ville, composent son gouvernement et votent pour les décisions relevant de l’administration municipale.

Comment se déroulent les élections ?

Les élections législatives fonctionnent selon le système dit du « premier arrivé » [first past the post], ou officiellement « scrutin uninominal majoritaire à tour unique ». Le territoire est réparti en 443 circonscriptions, c’est-à-dire autant que de sièges à pourvoir, et au sein de chaque circonscription, un nombre variable de candidats s’affrontent. Celui qui remporte le plus de voix est élu député. Voilà pour la théorie. En pratique, les candidatures sont coordonnées nationalement par les partis politiques. Ces partis tiennent des congrès durant l’année qui précède les élections pour arrêter un programme politique, qu’ils promettent d’appliquer si leurs candidats remportent le plus de sièges. En effet, un parti qui rassemble une majorité de sièges a travers le pays à le pouvoir de nommer le futur gouvernement. Dans cette optique, les congrès partisans s’accordent aussi sur un nom, celui du candidat au poste de premier ministre. Souvent choisi parmi les candidats à la députation, ce candidat est appelé « chef de file ».

Les élections municipales se déroulent localement, selon le sytème du scrutin proportionnel. Chaque groupe de citoyen désirant gouverner sa mairie (gallèsant pour « municipalité ») peut déposer une liste de citoyens éligibles et riverains comprenant autant de noms que de postes de collégiens à pourvoir dans la mairie. Les sièges municipaux sont ensuite répartis proportionnellement aux résultats.

La situation héritée du dernier scrutin

Les dernières élections législatives remontent à 2010. Elles avaient été remportées par le Parti Social pour la Liberté (PSL), file de Michal Trëvenon, qui avait échoué à obtenir une majorité. Pour gouverner, le parti de gauche modérée avait fait alliance, pour la deuxième fois, avec le Parti communiste (PCG). Le gouvernement « social » avait poursuivi la politique mise en place par le Président Schwarzwald en 1995. La principale opposition était la coalition « Les modérés », dirigée par le Parti Radical-Chrétien (PRC) avec le Parti Conservateur (PaCon) et les autres partis de droite. La reconduction, ou non, de ses alliances passées dans le cadre électoral constituent la principale inconnue du scrutin.

Quelles alliances et candidatures prévues à gauche ?

À gauche, il y a déjà deux candidats déclarés pour le poste de premier ministre. Fidèle à la ligne qu’il suit depuis 2008, le secrétaire général du Parti communiste et chef de la file socialiste, Loïc Trémeneur, candidatera au poste de Président. Cependant, il a dit ne pas exclure de nouer une alliance électorale avec le PSL, c’est-à-dire de ne pas présenter de communistes face à des candidats socio-libéraux et inversement. Le scénario le plus probable à ce stade reste néanmoins des campagnes séparées, comme c’était d’ailleurs le cas en 2010. Cette situation avait à l’époque largement bénéficié au PSL.

L’autre principal Parti de gauche engagé est le Parti Social pour la Liberté, dont le chef de file déclaré est déjà Michal Trëvenon, depuis le congrès du 8 janvier. Ce congrès avait été convoqué relativement tôt, car il était question de désigner un nouveau candidat à la place du Président du parti. Mais c’est finalement bien Trëvenon, 60 ans, ministre depuis 1995 et premier ministre depuis 2002, qui tentera de rempiler pour cinq années supplémentaires. Annoncé fatigué, légèrement dépassé et soucieux d’assurer un minimum d’alternance politique, Michal Trëvenon envisageait d’abord de laisser sa place de n°1 du parti de 90. Mais face aux risques engendrés par une guerre de succession qui s’annonçait tendue, le chef du gouvernement a finalement renoncé. Selon nos sources, les difficultés rencontrée par le ministre de la santé Vanwe Piotroff (69 ans) depuis quelques mois, candidat favori de Trëvenon pour sa succession, ont compté pour beaucoup dans ce choix.

Quelles alliances et candidatures prévues à droite et au centre ?

Aucun des principaux partis de droite n’ont encore tenu de congrès à ce jour. Le chef de la file du PRC (centre-droit) sera probablement le président du parti, Majëul Farche (Président du Cabinet de 2008 à 2012). Mais rien n’assure en revanche qu’il conduira une coalition à programme unique de toute la droite comme c’était le cas en en 2005 et 2010. La faute aux ambitions du chef de file conservateur Frédéric Crocaux. Souhaitant incarner une droite plus affirmée, en vraie opposition du PSL, il a déploré en 2011 que le PRC se soit dit ouvert à négocier une grande coalition (PSL-PRC). S’il est presque sûr de s’allier avec son petit frère de droite, le Comité de Droite (CD), et avec le petit parti de Loïc Palu, le Pari parti Conservateur n’a pas acté d’alliance avec le centre. Crocaux espère notoirement pouvoir conduire une file de droite unifiée, et peut-être se contenter d’une deuxième place, derrière le PSL et devant le PRC. Les quelques prudents sondages à six mois du scrutin ne lui donnent pas raison pour le moment.

Au centre, le Parti Centriste ne s’est pas encore positionné sur une éventuelle alliance. Il est toutefois probable que la formation centriste-corporatiste de Jehan Baillê se range à nouveau sous la houlette du PRC. C’est en revanche chose inconcevable pour le parti centriste libéral Mouvement Unitaire (MoU), qui a toujours assuré ses arrières seul. Le chef de file déclaré est déjà Vivian Manuel.

Quid des autre bords politiques ?

Peu de changements attendus du côté de la droite extrême et radicale. Les partis de cette mouvance, comme la Voix Nationalë (VN), Gallouèse Réveillez ! (GR!) et le Mouvement Traditionnel (MoT) concourront à part. Mais le microparti Tous Sensés (TS) du chroniqueur Théare Szcielsitz, qui avait contre toute attente recueillis 9% des voix aux exécutives de 2012, entend aussi avoir sa part du gâteau. Le mouvement GR!, qui soutenait Szcielsitz en 2012, ne reproduira pas la manœuvre : favorisé par le mode de scrutin d’une présidentielle, TS a peu de chances de passer l’épreuve du « premier arrivé » des législatives, où l’ancrage territorial est essentiel. Le polémiste ultraconservateur pourrait en revanche concourir sous la houlette de GR!.

Côté régionalistes, le PARD, en conflit ouvert avec le gouvernement, espère améliorer ses scores. Il n’a pas de candidat déclaré pour le poste de premier ministre, et refuse d’en proposer un. Ce n’est pas le cas des régionalistes françisc, emmenés par le centriste Luc Lambrois. Enfin, chez les bretonnants, la campagne sera sous tensions. Le Parti C’Hoazh est sous le coup d’une enquête de la DDS (Direction Ducale de la Sécurité) pour des faits de terrorisme. Branche politique historique du mouvement indépendantiste armé C’HOAZH, les régionalistes pourraient pâtir de cette mauvaise publicité.

Quelles conséquences politiques ?

Le principal changement radical qui pourrait arriver serait une victoire d’un camp des « modérés » uni, vu que le PSL reste sur la même ligne. S’ils arrivent au pouvoir, les modérés entendent repousser l’État-cocon de Trëvenon « là où il devrait être, en retrait » (M.Farche, 2014) : fin du dirigisme économique multisectoriel, redéfinition des priorités nationales, limitation du SONB, report de l’âge de départ à la retraite, réforme monétaire, fin du protectionnisme total et de l’isolationnisme, et intégration progressive de l’Organisation des Nations Démocratiques (OND).

D’autres changements mineurs pourraient survenir, comme une recentration de la politique Trëveniste si le PSL rompait son alliance avec le PCG. Un même décentrement serait à prévoir si la configuration de la nouvelle assemblée impose de trouver une solution par grande coalition. Dans un tel scénario, il semble plausible d’envisager un retrait de Michal Trëvenon au profit d’une figure plus à droite du PSL. Sophale Bardiou n’a pas précisé jusqu’à présent si elle envisageait de démissionner de son poste de présidente du cabinet pour briguer le palais des capucins.

Pour résumer

Si les acteurs en lice restent les mêmes qu’en 2010, la configuration de la nouvelle assemblée pourrait changer radicalement le profil du prochain gouvernement. La construction d’une file ne reflète qu’un projet provisoire, nécessairement rediscuté dans le cadre de coalitions. Michal Trëvenon et Majëul Farche sont les favoris. Si les les électeurs ne tranchent pas, le dirigeant gallèsant pourrait être un tiers larron.
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AGENCE GALLÈSANTE DE LA PRESSE

Résultats des élections législatives
4 novembre 2015

Les élections législatives se sont déroulées hier 3 novembre 2015 sur l’ensemble du territoire gallèsant, en même temps que les élections municipales.

D’après l’ensemble des des résultats dévoilés par l’Institut national de l’information publique (le ministère de l’information), le Parti social pour la liberté arrive en tête de la projection de siège et du nombre de voix, avec une fourchette allant de 185-200 à 190-210 sièges sur 443. Le président du parti, Michal Trëvenon, a revendiqué la victoire dans un discours à ses militants en fin de soirée. Il a demandé à être reçu pour constituer un quatrième gouvernement.

Le parti arrivée second, et de loin, est le Parti radical-chrétien, qui rassemble avec ses alliés de la droite et du centre (« Les Modérés ») un contingent allant de 120-150 à 130-145 députés. Le président du PRC, Majëul Farche, a appelé à respecter les règles du jeu démocratique, mais a toutefois mis en garde : « la gauche n’est pas en position d’hégémonie ».

Le large écart entre ces deux formations et leurs rivales fait dire à Carles Râves, directeur national de l’information publique, que le paysage politique gallèsant rendrait petit à petit vers le bipartisme.

Les autres groupes politiques sont en effet loin derrière. Le parti arrivée en troisième position, la formation d’extrême-droite Voie Nationalë, ne compte plus que 33 sièges, devant le Mouvement Unitaire (centre républicain) et le Parti communiste dans un mouchoir de poche (resp. 27 et 25 sièges). Tous ces partis diminuent leurs scores.

Un certain nombre de cadres de la gauche ont avancé dans la presse leur souhait d’éviter la reconduction d’une coalition PSL-PCG. Le futur gouvernement demeure donc une inconnue. Il pourrait s’agir d’une grande coalition PSL-PRC, qui n’a encore jamais existé dans l’histoire du pays.
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LA GENÈSE DE TRËVENON IV, UNE FOLLE SEMAINE PARLEMENTAIRE

Le nouveau gouvernement, minoritaire, qui vient de se constituer, est assuré de rester aux affaires après avoir arraché l’élection du parlement. Le président du Conseil Michal Trëvenon dirigera donc la Gallouèse pour les années à venir, laissant planer le doute sur son choix de garder le pouvoir, ou non, jusqu’à la fin des cinq ans de son mandat.


Guenièvre Sasset - pôle politique

Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, et Emmanuel Macron, de l’économie, chantent la Marseillaise debout dans l’hémicycle de Versailles après les attentas de 2015 (source: BBC)
Etienne Mitron, directeur du cabinet présidentiel, Michal Trëvenon, président du Conseil, et Victorine Puydebas, ministre déléguée aux finances publiques (de droite à gauche), assistent à l’élection de leur gouvernement par l’Assemblée du Peuple, 12 novembre 2015, AGP.

Des vivas retentissent dans l’Amphithéâtre. Quelques huées aussi descendent des bancs parlementaires, à droite de la tribune où siège monsieur le Président Ploutre. Au palais de Plutrices de Ligert ce 12 novembre, un nouveau gouvernement vient d’être élu par les députés. Conformément à la tradition, les comtes qui seront réunis demain ne devraient pas s’opposer à cette nomination. Michal Trëvenon, qui dirige le Duché depuis 2002, rempile donc pour un mandat supplémentaire, mais sans l’assurance de durer pour autant. Et discrètement, sans montrer joie ou colère, sans regarder leurs collègues ni les caméras et témoins dans le poulailler, les élus du Parti communiste (PCG) sortent dans la Salle des Déambulations. Conformément à une consigne de vote discutée à huis-clos quelques heures auparavant, les vingt-cinq nouveaux députés de la gauche marxiste se sont abstenus, garantissant au gouvernement Trëvenon IV la majorité des suffrages.

Pourtant, le groupe présidé par Thémond Hallau-Mari ne participera pas au nouveau gouvernement. « Monsieur Hallau-Mari, qui était ministre encore jusqu’à hier soir, balaye les traditions démocratiques et donne un blanc-seing à un gouvernement auquel il prétend s’opposer. C’est de l’antiparlementarisme ! » abonde Frédéric Crocaux, le chef du Parti conservateur (PaCon). Il en veut d’autant plus au PCG que le seul gouvernement majoritaire possible se structurait, à ses yeux, autour de son parti, comme il n’a eu de cesse de le rappeler ces derniers temps. À droite, il est cependant le seul à se préoccuper des hésitations du parti rouge. Le Parti Radical-Chrétien (PRC) et ses alliés, réunis au sein d’un groupe « modéré » au parlement, ont constaté avec désarroi, mais impuissance, que leur allié électoral, le Parti centriste, participerait au gouvernement. Retournement d’alliances, tractations qui avaient débuté bien avant le jour des législatives... L’élection de Michal Trëvenon est un vrai coup de poker parlementaire.

Lorsque les journalistes de Gallondes ont demandé au chef de file centriste, Jehan Baillê, s’il considérait avoir rompu avec Les modérés, celui répondit que non. « La coalition électorale portait des valeurs et un programme que nous continuerons de défendre au parlement et, désormais, au gouvernement », s’est défendu celui qui vient d’être nommé ministre de l’agriculture. Quelques jours plus tard, la secrétaire générale du PRC, Valérie Jacques, confirmait que le Parti centriste resterait au sein du groupe parlementaire radical-chrétien. En réalité, la manœuvre était prévue depuis quelques semaines, et avait fini par être tolérée par Majëul Farche, leader de la droite gallèsante, autour de la mi-septembre. Après s’être rencontré dans une brasserie du Vieux Ligert, MM. Farche et Baillê ont convenu qu’un tel choix ne pourrait pas nuire à leur alliance, et même pousserait nécessairement le Parti Social pour la Liberté dans les bras du PRC, pour un « grande coalition » centriste dont, dit-on, certains radicaux rêvent depuis des années. Cela n’a apparemment pas été suffisant, puisque le gouvernement Trëvenon IV ne fera finalement pas appel à la droite pour gouverner.

Pour remettre les choses dans leur contexte, le principal enjeu de ses négociations secrètes, qui ont commencé à l’été 2015, était de savoir si Michal Trëvenon resterait au pouvoir. Le PSL, ayant frappé un grand coup vers le centre en tendant la main à l’Organisation des Nations Démocratiques (OND) et en intervenant militairement en Translavie, était pressenti pour rafler la majorité. Mais depuis 2014 et la révélation des lien étroits entre le PCG et le Parti communiste de Loduarie, l’abandon de la coalition sociale aurait été souhaité par la direction du PSL. D’après nos sources, c’est Étienne Mitron, le directeur du cabinet de M.Trëvenon, qui aurait convaincu ce dernier de remettre la barre au centre. Le chef du gouvernement, dont les relations avec le chef actuel des communistes Loïc Trémeneur sont à leur plus bas niveau, a fini par l’accepter. Le défi pour les trëvenistes était alors de remporter une large première place, qui empêcherait leur ligne d’être remise en cause par la droite du parti souhaitant constituer un gouvernement centriste. C’est un succès. Les 195 députés socio-libéraux sont le premier trophée de Trëvenon.

Toutefois, beaucoup à droite espéraient que le barycentre du Parti de ‘90 se déplacerait bel et bien, permettant la constitution d’un tout nouveau gouvernement. Afin de trouver un remplaçant au PCG qui empêcherait Trëvenon de perdre la main, la gauche tenta un grand coup : constituer un agrégat de « petits » prêts à rejoindre le gouvernement. En août, Trëvenon envoie Serge Lecanië, son conseiller spécial, et Théotiffan Lebritton, secrétaire général du PSL, arpenter le territoire pour discuter d’éventuels soutiens d’élus indépendants. L’objectif : arriver à former un gouvernement majoritaire. En septembre, premier gros coup : Lebritton convainc Luc Lambrois, le chef des régionalistes franciens, de rallier le gouvernement. Du pain béni : les cinq élus de ce parti ont la certitude d’être réélus. Puis, plus rien jusqu’aux élections. Des discussions exploratoires sont menées, notamment avec le Mouvement traditionnel et le Parti centriste, mais la situation de confrontation électoral gèle les négociations.

Une fois les résultats tombés, c’est l’euphorie au QG social-libéral. Un nette avancée assure à Trëvenon de ne pas être contesté dans son camp, et d’être appelé en premier à constituer un gouvernement. Le dimanche soir, un décret du Quai de Ligor demande au citoyen Trëvenon de proposer un gouvernement au Parlement. La semaine sera intense. Théotiffan Lebritton doit d’abord convaincre son parti, d’obédience centralisatrice, de nouer une alliance avec des régionaliste, pour qui le bilinguisme franco-gallo est une marotte. Ensuite, Serge Lecanië doit extirper le Parti centriste de son alliance pour former un gouvernement à gauche, dans lequel le PSL serait prépondérant : face au 195 sociolibéraux, les neuf centristes et les cinq députés du Parti démocrate de Françisc (PDF) font figure de roue de secours. Profitant des espoirs de la droite dans un recentrement du PSL, Lecanië y parvient le mardi. Reste le plus grand défi : maintenant que les résultats sont connus et les alliances possibles sont tissées, l’arithmétique (195 plus 9 plus 5 font moins que 222, la majorité absolue) impose de faire élire un gouvernement minoritaire.Il faut donc gagner la confiance des alliés d’hier, les communistes.

La rupture entre le PSL et le PCG, alliés improbables mais solidaires pendant dix ans (2005-2015), a été décidée en avril 2015. Au parti de ‘90, on argue que le courant majoritaire de Loïc Trémeneur est trop ambigu sur la question loduarienne et pas assez collaboratif avec le gouvernement, tandis qu’à Nonques, on soutient en coulisse que le parti, contestataire, s’est usé sur les bancs du gouvernements et gagnerait à retourner dans l’opposition. En effet, depuis 2010 et des élections catastrophiques, le PCG est en perte de vitesse sur tous les plans. Alors, exit le formidable coup de maître du jeune Trëvenon, qui s’extirpait en 2005 de la rigueur économique du Front démocrate en faisant adopter un jugement de blocage. Le nouveau « coup », ce serait de permettre au PSL de gouverner sans majorité. Bien sûr, le Parti centriste a exigé de couper dans les dépense de l’État, qui ont explosé sous les trois mandats de Trëvenon. Mais son poids est risible.

Derrière, il faut s’assurer que les communistes ne votent pas la censure pour autant. C’est Trëvenon lui-même qui s’y attelle. Il salue d’abord les « dix ans de collaboration fructueuse pour le bien du pays ». Il entre ensuite en discussion avec Edgar Thudualde, le doyen des communistes et celui dont il est le plus proche. Celui qui est alors encore ministre de l’éducation pour quelques jours entreprend d’arracher un soutien sans participation au groupe socialiste. Les discussions s’éternisent, mercredi, jeudi, vendredi... et ce n’est que ce samedi, à 13 heures, que la motion est adopté par le groupe, lors d’une réunion à huis-clos. Une sources communiste nous rapporte la teneur des débats : « il s’agissait surtout de convaincre les anti-PSL que Trëvenon IV les dédouanerait de leur participation à Trëvenon II et III, et de convaincre les plus idéalistes que le pays ne s’en porterait que mieux. Et puis, il y avait la question de l’Internationale socialiste, mieux valait un gouvernement qui ne s’y opposait pas ».

Par ses discussions organisées en amont, mûrement réfléchies et exécutées avec adresse, Michal Trëvenon a broyé dans l’œuf toute coalition alternative. Il s’est assuré de gouverner pour quelques année encore. Mais dans son discours d’investiture, le chef du gouvernement a reconnu être en sursis, et a ouvertement émis l’hypothèse que sa mission ne durerait pas jusqu’en 2020. De quoi laisser du temps à ses adversaires pour trouver une coalition alternative avec la même assemblée, et éviter un jugement de blocage lorsque l’ère Michal Trëvenon s’achèvera.
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