

La loi relative au renforcement de la réglementation et à la professionnalisation des métiers de l’artisanat encolanaltèque, adoptée le 16 décembre dernier, offre un cadre amélioré pour l’exercice des activités artisanales. Définitivement entériné à l’issue d’un vote largement majoritaire, où seules les tendances radicales ont manifesté une réticence suffisamment palpable pour être relevée, le texte de loi vient en effet amorcer une série de mesures salvatrices pour ce secteur d’activité où de nombreux artisans non diplômés s’invitent dans les professions et tirent les prix des prestations vers le bas.
Plusieurs mesures ont donc été annoncées, telles que la mise en place de certaines qualifications professionnelles obligatoires avant de permettre l’installation d’un professionnel de l’artisanat. Les personnes n’ayant actuellement pas les diplômes nécessaires auront une dérogation sur 5 ans pour se mettre en conformité et des attributions automatiques de diplômes seront faites aux professionnels justifiant d’une certaine expérience devant un jury mandaté par le ministère du travail. Bien qu’elle constitue une contrainte, la possession de qualifications professionnelles minimales à l’exercice d’une activité d’artisan est un pré-requis indispensable et protecteur pour les futures générations d’artisans, qui verront leur savoir-faire valorisé à travers l’attribution d’un diplôme spécifique à chaque profession.
La ministre du Travail et de l’agriculture Eduarda Alcabú, a cependant reconnu que tout cela ne serait possible qu’à la condition de dresser un cahier des charges précis autour des qualifications professionnelles requises, pour ne pas voir se développer d’autres pratiques frauduleuses, notamment parmi les organismes de formation chargés de développer et de décerner ces qualifications professionnelles. Certains éléments de langage ont également été retravaillés, comme la suppression du terme d’artisan qualifié, un propos flou qui pouvait inconsciemment soutenir l’idée que tous les artisans ne l’étaient pas. Avec la détention obligatoire de certaines qualifications professionnelles, ces éléments de langage sont rendus obsolètes et disparaîtront de la réglementation actuelle et à venir.
Car en effet, l’administration en charge du commerce veillera désormais à ce que chaque dépôt de dossier portant création d'entreprise soit accompagné d’une série de documents dont un des diplômes professionnels qui seront prochainement énoncés par un décret.
“Le gouvernement a jugé indispensable la justification de diplômes précis, pour tous les professionnels désirant s’installer à leur compte en qualité d’artisans. Une sommation qui n’est pas anodine puisque parallèlement, les moyens dédiés aux organes de contrôle, seront renforcés afin de permettre davantage de contrôle, tant sur le plan administratif lors de l’étude des demandes de création d’entreprise, que sur le terrain avec la recherche et l’identification de commerces non enregistrés auprès des administrations publiques” prévient d’emblée Paccò Munöz, directeur de l’office centrale pour la lutte contre les fraudes de Jacalbulco.