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Presse de Velsna: actualités et informations - Page 4

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Quotidia, Journal généraliste a écrit : Victoria Cavali, 9 novembre 2014

De l’armée républicaine à l’armée digrassienne : analyse des transformations de l’armée entre 2012 et 2014


Composante quelque peu oubliée de la défense de notre cité la plupart du temps, le gouvernement du Conseil Communal s’attèle depuis trois ans à une politique de reconstruction et de réorganisation complète de l’organisation de ce que l’on appelle la « Gardia », mais que l’on surnomme volontiers désormais une armée « Digrassienne ». Pourquoi cette réforme ? Quels objectifs géopolitiques remplit-elle ? Comment justifier une telle hausse des dépenses militaires ? Comment décrire les changements de doctrine ayant eu lieu, dans la plus officieuse des manières et en l’absence d’un grand texte d’orientation de la part du Sénat, à contrario de la Marineria qui y fait l’objet de toutes les attentions.


I) Une sélection des cadres de plus en plus exigeante : l’influence de DGrassi dans la nomination du personnel

En premier lieu il convient de décrire ce qu’est l’armée républicaine avant de faire état de ses évolutions récentes. L’armée velsnienne est avant tout l’expression du besoin de défense corps civique de la République. 80% des effectifs réguliers de l’armée sont temporaires et levés qu’en cas de guerre, autrement dit, à l’heure actuelle il n’y a que sur 70 000 soldats théoriques, qu’environ 10 000 qui l’ont choisi pleinement pour carrière, formant un noyau dur professionnel. L’armée est indissociable de la classe censitaire à laquelle le citoyen appartient, car c’est en se fondant sur sa classe que l’on détermine la place du velsnien ayant effectué son service militaire, dans sa structure. Autrement, c’est traditionnellement les moyens que l’on est prêt à mettre dans la chose militaire qui détermine le rôle que l’on y aura, ce qui résulte d’une vénalité des charges et de la force du phénomène de cooptation et de clientélisme comme moyen de recrutement des officiers. Par exemple, il est en théorie obligatoire d’être sénateur, en plus d’être au-dessus d’un certain seuil de revenu pour obtenir un poste supérieur à celui de commandant de régiment. Telle est la première règle organisationnelle de l’armée de la cité.
Du moins c’était le cas, car depuis l’épreuve de la guerre civile et l’avènement du gouvernement Visconti, un certain nombre d’évolutions ont été observées. L’organisation de l’encadrement militaire telle que décrit, a été respecté à la lettre dans les armées du Triumvir Scaela et celle du Triumvir Vinola. Mais il se trouve que la victoire est revenue à Frederico DiGrassi. Pourquoi ? C’est la question que l’on s’est posé dans le milieu de la chose militaire au pays. Technologiquement, les troupes digrassiennes n’avaient pas un réel avantage, si ce n’est le concours d’alliés. En terme d’effectifs, l’armée digrassienne était relativement égale en effectifs à l’armée scaelienne. Il n’y avait pas non plus un écart abyssal dans la qualité de l’entraînement, qui était sensiblement la même dans les trois armées, avec un léger avantage pour DiGrassi dans ce domaine nonobstant. Fondamentalement, nous avons eu une guerre entre trois armées dont la plupart des effectifs était conscrite et temporaire. Ou mercenaire, ce qui est également courant dans l’usage que les velsniens font de la guerre.

Et si l’une des causes de la victoire n’était pas tant les effectifs des hommes du rang que composaient les armées que ceux de son encadrement ? Car dés le déclenchement du conflit, force est de constater une différence fondamentale dans la composition du commandement militaire de DiGrassi et de Scaela. Scaela a donné carte blanche à Andrea Tomassino pour l’organiser comme il l’entendait. Tomassino est un commandant d’armée respecté certes, mais qui s’appuie sur une ossature traditionnelle d’une armée velsnienne. Autrement dit, ce dernier a dû ménager les sénateurs nommés aux postes du commandement par le Sénat, alors sous la coupe des scaeliens, et leur confier des responsabilités qui parfois, étaient bien au-dessus des compétences de parlementaires qui pour beaucoup n’avaient jamais eu d’expérience de la guerre (le dernier conflit de la République remontant aux années 1990). Tomassino est conséquemment parti avec un désavantage qui allait de pair avec l’omniprésence des sénateurs : la lutte des égos et du placement des clientèles respectives de ces derniers dans le corps des officiers de l’armée paraît avoir lourdement handicapé son action.

Qu’en était-il en face de l’armée digrassienne ? Paradoxalement, il se pourrait bien que le fait qu’une petite minorité de sénateurs ait rejoint les rangs de son armée, ait été en réalité bénéfique. DiGrassi a été pour ainsi dire débarrassé, sans même le vouloir, du poids du Sénat dans les décisions militaires. Certes, il a respecté le rang de ceux qui l’ont rejoint, leur confiant souvent des postes à responsabilité (Les deux tiers des régiments étaient toujours commandés par des sénateurs dans l’armée digrassienne), mais la décision finale lui revenait toujours dans la nomination de son personnel encadrant et de ses officiers, qui étaient fidèles à lui, et non au Sénat, malgré la revendication d’en incarner l’autorité légitime. Ironiquement, pour se défendre de la revendication de Scaela d’accéder à une forme de plein-pouvoir sur la République, nous avons ainsi assisté à la montée en puissance de DiGrassi en matière de nomination des hauts cadres de l’armée velsnienne. Et cela a entraîné une grande mutation dans la hiérarchie militaire. Là où autrefois le Sénat se partageait les différents postes de l’armée au gré des différentes propositions du conseil communal, c’est maintenant le Maître de l’Arsenal qui a la main quasiment pleine et entière en raison de son influence au sein du gouvernement communal. DiGrassi a ainsi, nommé à des postes à responsabilité des citoyens qui dans le système républicain ordinaire, n’auraient pas eu l’occasion, en particulier au sein des officiers du rang, sans tenir compte de leur appartenance à une classe censitaire distincte. Cela a trois conséquences : une montée de gamme du commandement de terrain, la formation d’une « élite militaire » parallèle à l’aristocratie sénatoriale et la main mise désormais absolue de Matteo DiGrassi sur tout ce qui touche aux affaires militaires au sein de la Grande République. Paradoxalement à ce contrôle, DiGrassi s’est attaché à laisser à ces derniers une grande marge de manœuvre dans le cadre des opérations, privilégiant les prises d’initiative individuelle. N’hésitant parfois pas à couvrir certains d’entre eux en cas d’erreurs tactiques, sauf lorsque ces erreurs, répétées, laissent apparaître une forme d’incompétence.

Curieusement, DiGrassi ne semble pas prendre avantage du contrôle accru que le Bureau de l’Arsenal exerce désormais sur l’armée au profit du Conseil Communal, harmonisant volontiers ses ambitions personnelles avec celles des autres membres du gouvernement, là où il aurait en théorie assez de pouvoir pour écraser toute opposition au sein de ce dernier. De même, DiGrassi paraît de plus en plus absent aux grands débats animant le Sénat, comme s’il opérait progressivement un retrait politique de toutes les questions qui ne concernent pas le domaine de compétence de sa fonction de Maître de l’Arsenal, ayant même accepté de céder une partie du portefeuille de la diplomatie au Bureau nouvellement formé du « Grand Commerce et des étrangers ». Si les multiples réformes dans ces autres domaines que connait le pays depuis l’élection du gouvernement actuel étaient comprises dans le « pack » de propositions de DiGrassi, ce n’est désormais plus lui qui les met en avant, se contentant d’une position de gardien des institutions républicaines. Il est loin le temps où des sénateurs isolés pouvaient déclarer des guerres à eux seuls.


II) Modernisation et massification de l’équipement : pour quelle raison ?

Nul n’ignore au gouvernement le poids considérable de la dépense militaire le budget de l’Etat velsnien. Cependant, cela n’a pas toujours coïncidé avec une montée en gamme de la qualité des effectifs, en particulier à cause de la corruption longtemps inhérente à cette institution. Les choses, là aussi, ont bien changé. Les effectifs de l’armée velsnienne n’ont pas simplement triplé en deux ans, mais la dotation en équipement à, elle aussi, suivi les demandes du Bureau de l’Arsenal. Commencé dés le gouvernement Dandolo, le Bureau de l’Arsenal n’a jamais cessé les commandes pour satisfaire l’armée terrestre, la Marineria s’appuyant toujours sur les productions nationales, conformément aux demandes du Sénat. Si vous croisez un soldat velsnien ou même un garde civique, il y a de fortes chances qu’au moins 70% des équipements qu’il porte sur lui soit issu d’une importation alguareno ou kah tanaise, ces deux pays ayant remplacé progressivement tous les autres fournisseurs dans un besoin de standardisation du matériel, qui a posé certains problèmes au cours de l’année 2012.

Nous sommes tous au fait de ce réarmement massif de la Grande République, mais quels buts remplit-il ? Et pour quelle armée ? Pendant des décennies, l’armée velsnienne a été confinée à un rôle de contre-terrorisme dans le cadre des actions de l’AIAN en Achosie du nord, et était parfaitement adaptée au combat asymétrique. Mais il faut être lucide : la nature du matériel, parfois de l’artillerie lourde et dédiées à de l’infanterie lourdement motorisée, n’est pas faite pour ce type de combat. De ce point de vie, il semblerait que l’armée velsnienne a profondément évolué, passant d’une armée de maintien de l’ordre et de défense statique à petite échelle, à ce qui ressemble à une armée motorisée, dont le matériel se raccorde davantage à des opérations fondées sur la vitesse d’exécution, et dont les effectifs permettent désormais l’occupation à long terme de territoires vastes. En d’autres termes, l’armée velsnienne paraît prête pour une guerre. Mais contre qui ? L’armée velsnienne et le Bureau de l’Arsenal, sont des institutions particulièrement opaques, mais nous sommes en droit d’émettre des suppositions. Nous pourrions par exemple penser que la conception de la guerre par DiGrassi a connu une évolution avec le conflit du Triumvirat. La défense par l’attaque préventive, tel que conçu par l’OND, paraît avoir eu une influence sur ce dernier.







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LegislaTV, Journal parlementaire de la Grande République a écrit : Fabrizio Lograno, 10 mai 2015

XVIIème congrès du Parti Eurycommuniste velsnien: quel bilan pour le premier parti d'opposition de Velsna ?


Fin du congrès du PEV ce 10 mai 2015 à Saliera. Pas de surprise à la tête du bureau politique: Géorgi Marcos reste secrétaire général, élu pour la quatrième fois. Il en va de même pour les autres membres du bureau. Mais se pourrait-il que cette situation au niveau national ne soit pas en réalité l'arbre qui cache la forêt. Car si le national n'a été que peu affecté par les grands débats traversant l'appareil du parti, il en va tout autrement pour la composition du comité central, parlement du parti. Les dosages ont dû y être savants: on rapporte ainsi qu'un grand nombre de secrétaires de fédérations qui composent le comité ont eu à subir un certain nombre de démissions, d'évictions ou de recadrage. Sammy DiMaio pour la fédération d'Aula, Elena Pauli pour la Strombolaine et l'Achosie du nord, Patrizio Di Meo pour la fédération des usines de Laurenti Alfonso, Daniela Zamickei pour Saliera, la plus grande fédération du pays. Même le directeur de l'école des cadres du Parti Eurycommuniste n'aura été épargné. Voilà une liste non-exhaustive des noms que l'on ne verra plus au Comité central, ceux-ci ayant été radiés par une majorité des autres secrétaires de fédérations qui composent le parlement du PEV.

Mais pour comprendre cette saignée, il faut nous rappeler les grands sujets qui ont animé ces trois jours de congrès. Alors que le mouvement social touchant le pays semble s'éterniser, c'est la première fois que le PEV a eu à interagir avec les autres formations politiques constituant l'opposition de gauche, que certains membres ne supportent définitivement pas. D'autant plus depuis l'annonce d'une coalition avec le CCC et le SDB au Sénat de Saliera. En effet, évènement inédit: Géorgi Marcos fait depuis quelques mois l'objet de critiques de la part d'une opposition interne débordant sur sa gauche, composée de loduaristes ultra-orthodoxes refusant toute alliance électorale avec les sociaux-démocrates du SDB et les communalistes du CCC, n'hésitant pas à qualifier ce rapprochement de "social-traîtrise", malgré l'assurance du secrétaire général que cette manœuvre était avant tout une stratégie politique.

Mais si ce n'était que cela... En effet, en dehors de ces préoccupations électorales ayant attrait à la stratégie politique, la place que prend le PEV dans le cadre de l'UICS génère des débats, non pas en vertu de la pertinence de cette participation, mais sur l'étendue des moyens du parti devant être alloués à ces efforts. Il faut rappeler que le bureau politique a été accaparé par le sujet de l'adoption de la constitution translavye, qui a nécessité l'expertise des théoriciens du parti, de même que les investissements de propagande faramineux dédiés à l'Unità. Sur ce sujet, c'est le courant droitier des "socialistes velsniens" qui a eu le plus à redire, arguant que les priorités du PEV étaient avant tout de se préoccuper des travailleurs velsniens avant ceux de l'international, brandissant au passage les statuts du Parti et la théorie du loduarisme dans un seul pays. Peine perdue: Géorgi Marcos a clairement délimité le terrain lors de son allocution finale:

" Ces camarades ne sont pas réélus car ils sont en désaccord, et que ceux-ci, conformément à nos statuts, doivent être exprimés au sein de la direction. Hors, nous avons constaté que cela n'a pas été le cas."

Le message est clair et la cause entendue. Le programme est inchangé, de même que la fidélité aux statuts du Loduarisme, le secrétaire général est fidèle au poste et le coup de collier de Marcos est clair: le PEV se place dans une perspective d'alliance électorale plus large dans un seul but: la conquête du pouvoir.
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L'Unité, organe de presse officiel du Parti Eurycommuniste Velsnien a écrit :

Drapeau

Marina Zeffereli, 25 mai 2015



A l'ombre du XVIIème congrès du Parti eurycommuniste, la gauche velsnienne signe un accord électoral historique



Il est 4h du matin à la Géode, le siège du Parti Eurycommuniste Velsnien à Saliera, lorsqu'en sortent enfin deux hommes et une femme, cernes aux yeux et sourires béats. Géorgi Marcos salue ses deux homologues sur le porche avant de rentrer, goguenard au siège. Le premier secrétaire du SDB, Umberto Falcone lui, s'éloigne les mains dans les poches, un lourd dossier sous le bras avant de filer dans sa Strama grise. Quant à la coordinatrice du Comité des citoyens communalistes, Bianca Lodi, elle s'en va rejoindre ses camarades déjà réunis autour d'un cendrier en pleine nuit d'hiver, et s'en va fêter avec eux dans la nuit.

Cette scène, qui pourrait paraître anecdotique constitue un réalité un moment de bascule qui a le potentiel pour devenir une soirée historique. En effet, dans une déclaration commune qui a suivi peu après cette réunion, et réunissant trois portes paroles des formations du PEV, du CCC et du SDB, ceux-ci on annoncé la signature d'un pacte électoral autour d'un programme commun, qui prend la forme d'une synthèse des grandes lignes des axes de campagne respectifs des partis de gauche aux élections sénatoriales de 2015. Au prix de concessions de part et d'autre, c'est ainsi que se concrétise un rapprochement qui a débuté à l'occasion du grand mouvement de grève qui a secoué la Grande République en début d'année, et au cours duquel les liens et les dialogues se sont multipliés. Les trois formations se sont ainsi mises en accord afin de présenter une liste commune aux prochaines sénatoriales, prévues en 2019.

Mais quid de l'intérêt de chacun. Car en politique velsnienne, il ne faut pas s'attendre à ce que l'ascenseur ne se renvoie pas entre ces acteurs au corpus idéologique parfois très contradictoire. Pour les camarades du PEV, nous pourrions nous pousser la question de la pertinence de s'associer avec deux formations qui ne totalisent pas à elles deux les 30 sénateurs. Il s'agit donc avant toute chose, d'instaurer au sein de l'opinion publique une image plus lissée du PEV qui permettrait à un électeur ne se retrouvant pas dans l'offre électorale, de consentir à leur donner son bulletin de vote. Briser le plafond de verre qui sépare les eurycommunistes du pouvoir semble être devenu au fil de ces dernières semaines, une obsession du Bureau politique du PEV. Au vu des rapports de force actuels, inutile de dire que le PEV en a profité pour se tailler la part du lion dans ces accords, trustant 700 des 1000 noms retenus pour intégrer la future liste commune de la gauche velsnienne. Le CCC, dont on reconnait une influence certaine dans des milieux urbains éduqués, au capital social élevé mais au revenu relativement faible, s'est arrogé 150 noms sur la liste. Reste le SDB qui décroche les 50 dernières signatures. Pour ces deux formations, il est indéniable que cette candidature commune a pour but de montrer davantage de visibilité, ce qui a gravement manqué à la dernière échéance électorale.

Des concessions, le programme qui a été présenté dans la matinée qui a suivi en déborde: si l'abolition du cens électoral est une mesure défendue par tous, la question de la réforme des autres institutions a posé un certain nombre de dilemmes. Mais ce qu'il transparaît du texte semble dégager plusieurs tendances: le PEV renoncerait à court terme à l'instauration d'une démocratie communiste loduariste, du moins dans la forme présente en Loduarie. Une concession de taille faite aux deux autres formations, lesquelles se sont mises d'accord pour l'instauration d'une proportionnelle intégrale au Sénat des Mille. Le remplacement des magistratures sénatoriales par des fonctionnaires élus sur base d'un grand concours de la fonction publique, est également un grand axe décidé entre les trois formations.

Ce que le PEV a cédé en matière de réformes politiques, il l'a bien rendu à ses futurs partenaires dans le cadre de la direction de l'économie, avec un programme massif de nationalisations: les secteurs de l'armement, du transport, de la construction navale, de l'énergie, des établissements bancaires et d'un grand nombre d'autres secteurs seraient ainsi concernés. Me SDB a ainsi concédé le principe d'économie planifiée et centralisée, qui devrait devenir la boussole de ce programme commun en matière d'économie.

En matière de travail, le PEV et le CCC ont également mis le SDB en minorité, en invoquant une rénovation complète du droit du travail, la diminution du volume horaire de travail, une augmentation générale des salaires, l'instauration systématique des comités d'entreprise, contrebalançant l'abolition des grandes corporations patronales qui régentent la vie économique du pays. Le CCC a également obtenu du PEV la mise en autogestion d'une petite liste d'entreprises, lesquelles constitueraient une expérience en vue de l'établissement de coopératives ouvrières. Cette mesure semble concerner toutefois la petite et la moyenne entreprise uniquement. L'établissement de congés maternité et paternité, inexistants à Velsna, est également souvent revenu.

Le CCC a quant à lui exercé une pression constante afin de procéder à la création d'un grand moratoire vis à vis du droit des minorités, qui a été un angle mort du PEV durant la dernière campagne sénatoriale. Le respect du droit des minorités ethniques en outre-mer y a été évoqué à de nombreuses reprises, ainsi que la poursuite des réformes actuelles du gouvernement velsnien vers l'institution du droit complet d'union matrimoniale et d'adoption pour les couples homosexuels.

Toutefois, c'est sur le plan de la politique internationale que le PEV a réussi à tirer toute la couverture pour lui, renonçant à l'instauration d'une démocratie communiste loduariste en échange d'une adhésion immédiate à l'UICS et d'un soutien complet à tout mouvement indépendantiste dans un cadre colonial (de l'accord des trois formations). Nul doute que le PEV espère participer à la transformation de l'UICS en alliance militaire de plein droit, semblable à ce que peuvent être le Liberlintern ou l'OND.


Mais si établir ce programme paraît avoir été une lutte de tous les instants, reste à savoir si cette manœuvre s'avérera payante en vue de la prochaine échéance électorale...



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Rapides et furieux, l'émission du Samedi soir !
Episode 24: virée en Achosie



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Le générique s'ouvre sur un grand plateau où son assis l'un en face de l'autre les trois présentateurs de l'émission, dans des sièges baquets réarrangés en fauteuils. Les applaudissements de la foule sont vifs, et s'arrêtent une fois que le prompteur l'indique.


Tolomei: Bonsoir à tous pour cette émission de Rapides et furieux ! Toujours avec vos bons serviteurs, au premier rang desquels...moi-même: Guiliano Tolomei. Comme tous les samedi, je suis assisté de l'inénarrable amoureux de l'automobile raskenoise Riccardo Hammodo. Un mot sur cette lubie aussi étrange qu'inexcusable, mon cher ami ?

Hammodo: Comment ça inexcusable ? Actuellement, dans le monde, je te mets au défi de me trouver une compagnie qui fait des voitures plus fiables que Steiner.

Tolomei: Oui c'est sûr...mais bon, je préfère avoir une voiture qui tombe en panne une fois dans l'année qu'une voiture que je ne peux même pas sortir dans la rue parce que ses 47 roues dépassent sur la voie de droite.

rires du public

Tolomei: Et comme toujours, faites un tonnerre d'applaudissements à notre 17ème roue du carrosse, celui qui pense que les voitures icamiennes ont un avenir autre que de servir de cendrier géant aux SDF et aux junkies qui furètent à côté des casses: notre bien cher Jacoco Mayo. Un mot pour nous Jacopo ?

Mayo: Allez tous vous faire mettre.

applaudissements du public

Tolomei: Merci de ta précieuse intervention, Jacopo. Ce soir tombe bien car nous allons avoir besoin de ton très fin esprit d'analyse car ce soir, nous allons dans un pays bien trop souvent ignoré de nos interventions dans le domaine de l'automobile. Un pays qui finalement est tout proche de nous, mais qu'on fait bien de tous ignorer pour ne pas l'entendre. Je vous laisse deviner lequel c'est avant de lancer notre "reportage".

Hammodo: Un pays proche de nous ? Cela nous laisse...que des mauvaises réponses j'ai envie de dire... Après tout Rasken est un peu loin...

Tolomei: Mais arrête avec Rasken ! Je vais finir par croire que Steiner te paye pour couler cette émission. Non, un pays qui nous est directement voisin.

Hammodo: Bah Teyla alors. J'ai entendu dire que la dernière Courvoisier était vraiment pas mal...

Tolomei: Courvoisier...Si j'ai envie de parler de teylais qui fabriquent des voitures...Non, il vaut mieux pas que j'en parle...disons que certaines personnes sont plus douées dans une cuisine qu'avec leur nom flanqué sur le museau d'une voiture qui casse tous les vingt kilomètres.

*Clin d’œil de la part du présentateur principal devant un public riant*

Mayo: On va parler d'Achos, Giuliano. Pourquoi est-ce qu'on fait durer le suspense ? C'est le titre de l'épisode !

Tolomei: Je te remercie une ruiner une nouvelle fois l'une de mes introductions, Jacopo... Mais oui, tu as bien deviner: Achos. L'un d'entre vous a des observations préalables à faire sur l'état de l'industrie automobile de nos "glorieux" voisins ?

Hammodo: *Silence insistant* ...Les achosiens ont découvert la voiture ?

*rires du public et des autres présentateurs*

Hammodo: Je veux dire...On en aurait parlé si c'était le cas ! J'imaginais qu'un type allait s'amener chez moi en habits de héraut, faire sonner une cloche et me dire "Oyez oyez ! Achos a découvert le moteur thermique !" avant de repartir. Imaginez un peu le drame que c'est: vous êtes un achosien et vous vous réveillez un matin en vous rappelant que vous êtes achosien.

*rire généralisé*

Tolomei: Toujours est-il qu'une entreprise achosienne semble avoir réussi cet exploit. Du moins, ils le clament, et c'est ce que nous allons immédiatement voir. Pour vous public, nous nous sommes rendus en Achosie afin de vous faire découvrir un monde que vous ignoriez...et que nous ignorions aussi j'ai envie de dire.




Le reportage s'ouvre sur les trois compères prenant la voiture, une Strama velsnienne blanche, et passant la frontière achosienne, sous l'augure du narratif de Tolomei. Sur la plaque d'immatriculation, il est écrit des initiales dans la langue caratradaise, et qui forment une injure: "FUK.ACHOS."

Pour vous public, nous sommes partis au delà de la frontière qui trace la limite entre la civilisation et la bestialité. A notre grande surprise, la route était toujours goudronnée lorsque nous sommes passés de l'autre côté. Les légendes que l'on me contait étaient elles vraies ? Les achosiens avaient-ils apprit à construire des moteurs ? C'est ce que semblaient me dire ces infrastructures flambant neuves. Mais on peut également se tromper et penser qu'ils ont été aidés pour faire des routes...

On voit la petite équipe s'amuser à circuler dans les rues étroites de Coningsby en arborant fièrement leur plaque d'immatriculation sous des regards choqués.

On dirait bien que nous avons attiré l'attention des indigènes. Il est étonnant qu'ils aient survécu aussi longtemps en se nourrissant exclusivement de pommes de terre et de racines. Mais quoi qu'il en soit, nous sommes bel et bien tombés sur des automobiles. Majoritairement des modèles étrangers et eurysiens mais également une marque locale: Afon-Ardal Grŵp. J'en conviens: c'est strictement imprononçable et je postillonne dans mon micro à chaque fois que je dois le dire. Mais jetons un oeil à leur dernier modèle. Pour vous public, nous nous sommes procurés un exemplaire, en plus de la location d'une piste d'essai. Naturellement, il a fallu communiquer avec les achosiens pour acheter la voiture: le moment le plus dur de notre voyage. Ils sentent souvent le whiskey passé les 10h du matin.

L'équipe arrive finalement sur une piste d'essai, un ancien aérodrome où leur est présentée a voiture qui sera l'objet de l'essai du jour. Le but est toujours le même: tester la voiture, mettre sa mécanique à l'épreuve et (surtout) la malmener autant que possible.

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Hammodo: Elle a l'air pas mal. J'aime beaucoup les portières papillon.

Tolomei: Attends d'entendre ce que je vais t'en dire, Riccardo. Moteur 3,2 litres, 216 nm de couple pour....130 chevaux... Carrosserie en acier "inoxydable", qui rouille tout de même facilement pour mériter ce qualificatif. Et le plus honteux...Une tonne trois à la balance. Elle est toujours belle cette voiture ? Comment on peut être incompétent et stupide au point de ne pouvoir développer que 130 chevaux pour un moteur de cette taille ? Nos voisins n'ont pas fini de nous étonner.

Hammodo: Bon. Testons donc cette saucisse.

*Pendant de longues minutes, les trois compères malmènent la voiture au point que l'une des jantes se décroche la roue avant-gauche. Tolomei, en train de la conduire, n'est pas avare de critiques acerbes à l'égard du véhicule*


Tolomei: En fait...je crois que je commence à comprendre le concept autour de cette voiture. Mon hypothèse est que les achosiens ont voulu construire une voiture à l'image de leur pays. Trop lourde à l'image de leur "gastronomie", si on peut appeler une ensemble de tripes de mouton entassées dans une saucisse de la "gastronomie". Cette chose se traîne comme un escargot, pour être honnête j'ai rarement conduit quelque chose avec aussi peu de répondant. Accrochez vous, car cette version est la meilleure qu'on ait: c'est à dire avec une boîte manuelle à cinq rapports. Mais figurez vous qu'il existe des modèles avec...trois rapports en automatique. J'ose même pas imaginer cette horreur.

Rien n'est bon à propos de cette chose: une consommation au 100 d'entre dix et quinze litres...quinze litres ! Quinze litres, c'est ce qu'on attend de la consommation d'une voiture de sport nerveuse, pas d'une calèche de 130 chevaux. Et sans parler de la finition...

*Tolomei pointe du doigt les divers défauts de finition, et commence à décoller le cuir du siège passager:*

Tolomei: Regardez moi ça...pas étonnant qu'ils aient perdu deux guerres. Apparemment ils étaient trop occupés à faire la sieste plutôt que de coudre de vulgaires sièges. Un grand gâchis, c'est l'impression que me fait cette voiture. C'est comme un étron emballé dans un beau paquet cadeau: les lignes sont sublimes, l'aspect est sportif...mais l’intérieur est une sorte de coquille vide. Un V6 pour 130 chevaux...J'en reviens toujours pas. Et le pire, c'est que l'on m'a dit que même du point de vue de la fiabilité, cette voiture était une catastrophe. Même une strama des années 50 ferait mieux. Bref, je ne vois pas 36 solutions pour essayer de "sauver" cette monstruosité.

*Une fois le test terminé, l'équipe se réunit autour de la voiture et Jacopo Mayo avance dans le champ au volant d'une grosse pelle.*


Tolomei: Comme vous le voyez, cher public. Nous avons été le plus neutre possible dans notre jugement, et je gage que vous devez nous faire confiance. J'ai rarement assisté à une arnaque comme celle là. C'est l'histoire d'un crapaud qui se rêve prince charmant, mais qui échoue même à être un crapaud. Mais dans l'équipe de notre émission, nous savons à quel point l'acier est une denrée précieuse, et nous savons également à quel point nos voisins achosiens sont dans le besoin. C'est pour cela que nous allons devoir prendre la mesure suivante.

*Jacopo Mayo commence à broyer la voiture à l'aide de la pelle, sous les cris de joie de ses deux compères. Après une courte élipse, on retrouve les restes de la voiture, compactée en cube sur un eplace de parking, non loin du parlement achosien à Koningsby.*

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Quotidia, Journal généraliste de l'excellence a écrit : Victoria Cavali, 26 décembre 2015

Création du Comité anti-raciste velsnien (CAV): quand l'immigration s'organise à l'international


C'est une scène pour le moins insolite qui prend place dans une petite salle des fêtes de la capitale sylvoise. Autour d'une petite scène, un attroupement de quelques dizaines de personnes se rassemble, non sans avoir auparavant prit part à des rites qui ressemblent à ceux que l'on observerait lors de fêtes de quartier: dégustation de vins du pays et de charcuterie parfumée aux raisins et à l'échalote, embrassades et poignées de main fermes, discussions intenses et parfois, réconciliation de facade... Cela a l'air de rien, de notre point de vue de métropolitains d'Eurysie, mais la diaspora velsnienne à l'étranger s'organise. Quelques milliers à Teyla et en Alguarena, quelques centaines à Sylva...l'immigration velsnienne est certes peu nombreuse, mais elle agit bien souvent en communauté soudée, et toujours régie par certaines habitudes du pays, qui permettent sa cohésion. Mais pour quelle raison et à quelle fin s'organise t-elle ? C'est probablement Don Pietro Geonovese, affectueusement surnommé par ses proches "Donny main lourde", qui en parle le mieux.


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Pietro Genovese

Depuis bien trop longtemps, nous, velsniens de l'étranger, nous subissons toute une série de calomnies, de mauvais traitements et d'insultes. Je n'en veux pas nécessairement aux gens des pays dont nous avons élu domicile, ce n'est pas de leur faute. Mais ils ont été totalement ravagés par de la propagande savamment organisée par une bande de réactionnaires. Je voudrais simplement leur dire que toute cette haine est simplement le résultat d'une multitude de faits divers qui représentent nullement la majorité d'entre nous, ni la richesse de notre culture et de notre patrimoine. Moi qui vit à Sylva depuis presque dix ans, ma vie est devenue un enfer depuis cette affaire Toni Herdonia. C'est la même chose pour beaucoup de velsniens qui ont élu domicile dans ce pays. Vous savez quoi ? ça suffit ! Il est temps de remettre les pendules à l'heure, de faire valoir notre poids et notre voix en s’élevant contre ces attaques systématiqu....systémiques. C'est ce même genre de d'acte qui a coûté la vie au journaliste Pascal Tiago, en 2012 au Wanmiri, alors qu'il n'y faisait que son travail. Le racisme tue, et ce que nous faisons ici n'est pas une farce.

Il ne se passe pas un jour sans que l'on me traite de mafieux, que l'on m'associe aux sociétés de coraggiosi et que l'on me menace. Non, je ne fais pas partir d'une mafia, non, je n'ai jamais fait de fraude fiscale, non, je n'ai jamais participé au moindre coup d'état ou vengeance personnelle sur mon prochain. Est-ce que c'est bien clair pour tout le monde ? *air menaçant*



Homme naturellement enjoué dont la bonne humeur est presque contagieuse, Don Genovese reçoit une ovation bien méritée avant de daigner répondre à nos questions, non sans nous avoir adressé une chaleureuse bise.

Cavali: Je vous remercie d'avoir accepter de nous recevoir ici, monsieur Genovese...

Don Genovese: Je vous en prie, appelez moi juste "Don".

Cavali: Avant que nous évoquions le cœur de votre combat, pouvez vous m'en dire plus sur vous ? Quel est le profil type d'un immigré velsnien à Sylva ?

Don Genovese:
Bosseurs et respectueux, Victoria, bien évidemment. Nan...plus sérieusement, comme tous les velsniens qui sont partis à l'étranger, je n'ai pas commencé avec grand chose. Je suis originaire de la petite cité de Petite-Fortuna, pas loin d'Umbra. Et comme beaucoup de gens, j'ai voulu découvrir ce qu'était le rêve paltoterran: gagner mon argent à la sueur de mon front. Quand je suis arrivé, je n'avais rien, et désormais, je suis l'honnête propriétaire d'une entreprise de ramassage d'ordures, de trois boîtes de nuit, d'un casino et de plusieurs avoirs immobiliers, avec des affaires en Alguarena et à Sylva. Et pour raboter les fins de mois, j'ai récemment conclu une belle affaire dans l'agriculture traditionnelle avec des associés caribénos: parce que je considère le retour à la nature comme important, et de fait, l'agriculture durable et responsable. Je suis fier de dire que beaucoup de velsniens comme moi s'en sont bien sortis ici, avec honnêteté et intégrité. Et pourtant, aujourd'hui, on vient reprocher toutes sortes de choses horribles à mes semblables, sous prétexte que je partage la même nationalité que Toni Herdonia, ou Dino Scaela. On nous prend à partie au nom de quelques faits divers frauduleux. On se casse le cul à essayer de devenirs des sylvois respectables, et on nous rabaisse en permanence, on nous renvoie à des origines fantasmées, et ça...bah ça se fait pas.

Cavali: Et face à cette situation, quelles actions concrètes voudriez vous engager ? Sans compter que vous semblez avoir des moyens relativement limités...

Don Genovese: Déjà, augmenter notre présence dans le débat public, et mettre sur la table le sujet de l'immigration et son traitement à Sylva. Et ça, on y arrivera pas tout seuls: il faut sortir dans la rue, manifester sur place publique... Pour ce faire, nous avons mis en place un comité de coordination, et de bons amis à moi nous ont prêté une imprimerie pour les tracts. *L'intéressé montre à la caméra un prospectus mentionnant le slogan suivant "Ni mafieux ni fraudeurs.*

Pour ce qui est des moyens financiers, je pense que nos humbles affaires peuvent le financer. Et puis, j'ai mes réseaux...

Cavali: Eh bien je vous remercie de nous avoir acceuilli, et bon courage !

Don Genovese: Vous également ma belle.


Note: Les ventes de ce journal serviront à financer les action du C.A.V, pour la protection des intérêts de la diaspora velsnienne à l'étranger.


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L'Unité, organe de presse officiel du Parti Eurycommuniste Velsnien a écrit :

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Édito de Géorgi Marcos, secrétaire général du Parti Eurycommuniste velsnien, 16 janvier 2016



Mourir pour la grosse Catherine ? Non !



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Chaque jour qui passe nous rapproche un peu plus du précipice, les puissances bourgeoises n'attendaient que cela. Ils le voulaient, ce moment opportun de se débarrasser définitivement de ce qu'ils considèrent comme des nuisances : nous, et nos revendications. Nous les ouvriers, nous les employés, nous les professions intermédiaires, nous les gagne petits et les mange-misère. La guerre a toujours été un outil du capital, l'outil de dernier recours, l'instrument idéal pour se débarrasser des revendications ouvrières, pour nous envoyer au front pour faire leurs guerres à leur place. Nous ne payons pas seulement leur modèle de production par notre sueur, loin de là: nous en faisons les frais en versant notre sang pour des causes qui ne sont pas les nôtres. Nous sommes des frères et des sœurs, des camarades de tous les pays du monde, qui sommes contraints de livrer bataille pour attiser l'appétit de quelques nantis, qui se calfeutrent dans les sphères politiques, tant du gouvernement velsnien que des autres puissances.

Nous arrivons, je l'estime, à un point de bascule. Partout, le conservatisme et la réaction semblent l'emporter. Le conseil communal velsnien se compromet chaque jour un peu plus avec des régimes droitiers, à la limite de l'idéologie fasciste. L'OND s'est vendu à des puissances esclavagistes et réactionnaires pour quelques espèces. 50 000 opposants politiques exilés par le régime kartien ? Peu importe, ces vies ne valent rien car elles ne servent pas un narratif idéal. Sylva pactise avec la dictature antégrine ? Peu importe, ce dictateur là est dans le bon camp après tout, il achète et vend au bon endroit. L'ethno-état hotsalien et « l'entreprise » Rasken s'engagent dans une escalade dangereuse pouvant détruire des milliers de vies ? Mettons donc quelques billes sur chacun d'entre eux pour voir qui survit. Le capitalisme, dans la nature de son fonctionnement, a la faculté de détruire ses propres forces de travail, et la guerre n'en est que le prolongement naturel. Les seules occasions pour lesquelles ces forces bourgeoises se battent pour la paix, c'est pour défendre un régime mafieux au Gondo et l'empêcher de s'effondrer devant la force de son propre peuple ! Le profit avant tout, là est la malheureuse réalité des gens qui nous gouvernent. Leur système est condamné à semer la guerre, aussi sûr que le nuage apporte l'orage.

Aujourd'hui, une fois de plus, nos gouvernements nous emmènent un peu plus dans cette abîme. Rien de nouveau en soi, mais ce qui change, c'est l'ampleur du massacre dont nous allons au devant, et la détermination de nos gouvernants à appliquer un tel agenda belliciste et destructeur. La démocratie communiste loduarienne a toujours été la justification idéale à toutes les attitudes guerrières, la cause parfaite de toutes les dépenses et toutes les extravagances budgétaires, qui devraient être consacrées à nous sortir collectivement de la misère: de la faim, de la pauvreté, de l'analphabétisme. Que le gouvernement teylais impose déjà à son propre peuple des cadences de travail infernales, les trois huit, la barbarie et la prédation organisée par le patronat...tout cela est déjà suffisamment abominable, de voir les travailleurs aliénés au point que certains ouvriers, au devant de leurs patrons, baissent la tête et disent simplement « merci ». Mais voilà que désormais, à défaut d'imposer la prédation à sa propre population, à ses propres masses prolétaires, voilà que ces derniers entendent imposer la mort et néant à leurs voisins. De quel droit devrions nous tous être affectés par cette folie, nous les travailleurs, nous les velsniens, les teylais, les tanskiens, les gallouèsants ? Devrions nous mourir pour la grosse Catherine ? Non ! Existe t-il d'autres alternatives qui éviteraient un massacre ? Oui, évidemment. Seulement, ce n'est pas là le souhait des gouvernements bourgeois, cela n'a jamais été le cas.

Ceux ci se pensent engagés dans un bras de fer à mort avec les loduariens, et la simple existence de ce régime, à toute évidence, leur paraît être une insulte. Alors que des loduariens OSENT faire des transferts aériens dans des zones neutres...vous imaginez bien que l'occasion était trop belle, trop tentante, pour ne pas la laisser passer. Une flottille aérienne sans défense ? Pourquoi ne pas la détruire après tout: cela respecte un agenda fixé de longue date, qui s'inscrit dans un harcèlement à outrance du moindre fait et geste du gouvernement loduarien à l'étranger, et qui permet par dessus tout de justifier la militarisation massive dont la plupart des pays eurysiens sont responsables. Et tout cela pourquoi ? Pour satisfaire les égos des états majors onédiens en mal de leçons à donner de victoires symboliques ? J'ose dire les mots aux ouvriers teylais qui liraient ceci : le gouvernement qui a été élu à la tête de ce pays se comporte comme une bande de bouchers et de criminels de guerre en puissance ! Car c'est là, la seule manière qu'ils connaissent d'envisager un rapport de force. C'est là le moment pour eux de se débarrasser définitivement d'une alternative politique, quoi que l'on pense d'elle en en bien ou en mal, qui donne un contre-exemple à cette débauche de régressions sociales, de dérégulations, de catastrophes humaines dont les hommes et femmes qui se sont succédé dans le cabinet ministériel teylais sont responsables ! Il se plaignent des conséquences dont ils chérissent les causes, à l'instar des événements survenus à Valinor, sans se poser la question de savoir pourquoi des individus, en voyant le monde qu'ils sont en train de construire, se disent « Non, je ne veux pas de cela. ». Et tout le monde suit : la bourgeoisie velsnienne a emboîté le pas et mobilise son aviation, celle de Tanska également.

Aussi, je dis ceci: si nos gouvernements sont incapables, et n'ont pas la volonté de se battre pour la paix, nous, communistes, socialistes, anarchistes, libertaires...nous, nous sommes prêts à faire peser notre parole, en embrasant sur notre sillage toute la classe ouvrière et laborieuse d'Eurysie et du reste du monde. Vous avez réussi à vous entendre pour ne pas vous battre au Gondo ? Très bien, car nous voulons la même chose en Eurysie, même si cela répond beaucoup moins à vos priorités et vos ambitions mortifères.

Nous appelons donc, notre rédaction, toutes les forces sociales et démocratiques, désireuses de tordre le bras d'une monarchie poussiéreuse et putride, afin que la paix perdure entre les peuples et les travailleurs. Nous souffrons bien assez dans nos ateliers, dans les rayons de vos supermarchés, dans les centrales d'achat, dans les ports et les gares. Nous appelons l'ensemble de la société civile velsnienne, teylaise, tanskienne, et même au delà, au Grand Kah, à l'organisation de grandes marches de la paix et du désarmement. Pour que les armes cessent de circuler au prix de la baguette de pain, pour que les individus au pouvoir aient la décence, pour une fois de leur, de se comporter comme des bêtes. Un front uni des travailleurs contre cette folie, voilà ce que nous voulons ! Camarades ! La vie est à nous !



Les ventes de ce numéro serviront à financer des cagnottes de manifestation dans tous les pays d’émission de ce numéro: Velsna, Teyla, Tanska, Valinor, Loduarie et Grand Kah. Cet article a été traduit du velsnien vers le syncrétique, teylais, valinoréen, loduarien et tanskien.




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LegislaTV, Journal parlementaire de la Grande République, informations offertes par le Groupe industriel Laurenti Alfonso a écrit : Fabrizio Lograno, 7 Mars 2016

Sea Street journal: "les menaçants velsniens", réactions entre indifférence et indifférence


International: depuis plusieurs jours, un article d'un journal étranger, chose rare dans notre cité, a quelque peu fait parler de lui. Pas tant au sein de la population, qui demeure avant tout focalisée sur les applis de rencontre et les matchs de football animant les rivalités entre les cités libres de la République, mais bien davantage en revanche, au sein de la classe politique au sein de l’hémicycle sénatorial. C'est d'abord en commission parlementaire des affaires étrangères que le papier a fait parler. Naturellement, les représentants des groupes eurycommunistes et communalistes ont sauté sur l'occasion pour dénoncé une énième fois "les extravagances et les élucubrations d'une bande d'onédiens paranoïaques.", ce à quoi la majorité conservatrice au pouvoir a tenté, encore une fois, de temporiser et d'appeler au calme. Non, ce n'est pas dans ces disputes et ces débats que nous trouveront une réponse à notre question du jour: qu'est-ce que ces excellences sénateurs ont pensé de cet article ? Pour répondre à cette interrogation, il a fallu en prendre à part certains, car il est de notoriété commune que la franchise est une denrée rare, en particulier dans le cadre de questions traitant de politique internationale. Par chance, nous sommes tombés sur le Doyen du Sénat, son excellence de 92 ans, Gabriele Zonta, qui n'a pas fait montre d'une très grande émotivité à l'annonce de la parution de cet article:

Zonta:Tanskoi ? Tanski ? Ah oui...ça ? Maintenant que vous le dites, j'ai souvenir d'avoir lu un truc dans ce genre là jeune homme. Ce que j'en ai pensé ? Eh bien, je pense que nos amis tanskiens ont l'air de se faire beaucoup de soucis pour pas grand chose. Ce n'est pas là quelque chose de nouveau à mon sens. Je suppose que c'est lié au régime politique dans lequel ils se sont forcés à évoluer. En plus de soixante ans que j'occupe une place au Sénat, j'ai pu comprendre que le cadre politique dans lequel nous vivons détermine beaucoup de nos choix, de même que notre vision du monde. Par exemple, les tanskiens: le modèle ultra-étatiste qu'ils se sont fixé a probablement affecté leur manière de traiter avec l'étranger. Je pense...qu'ils sont terrorisés par ce qu'ils ne peuvent pas contrôler, ou sur ce quoi ils n'ont pas de prise. C'est un sentiment naturel, je l'accorde, et des membres de notre Sénat l'ont également, je le sais fort bien. Mais la lecture de cet article fait clairement apparaître que les tanskiens, du moins leur classe politique, ont beaucoup de mal à accepter de partager la scène internationale avec les pays sur lesquels ils ne peuvent exercer une influence, ou dont le système de valeurs est différent. Cette volonté d'hégémonie culturelle, cela peut potentiellement donner lieu à des tendances interventionnistes préoccupantes. Mais là encore, nous n'avons que faire de voir les tanskiens se promener à l'autre bout du monde avec des M16. SI c'est là ce qui leur plait, nous y sommes indifférents. Le simple fait que Tanska dispose d'une liste d'ennemis attitrés devrait les questionner sur leur capacité à donner des leçons de sécurité au reste du monde, et sur leur propre degré de paranoïa. Notre cité, elle, n'a pas d'ennemis, pas plus qu'elle n'a d'alliés. Nous avons des partenaires commerciaux que nous traitons comme des partenaires commerciaux. Ni plus, ni moins. Le gouvernement tanskien s'est engagé dans une croisade quelconque, stérile et inintéressante, et qui par bien des aspects fait plus de mal que de bien à leur propre cause... Mais lorsque ceux ci auront fini avec leurs enfantillages et leurs aventures lointaines, peut-être accepteront t-ils d'entendre que Velsna est prête à leur offrir leur amitié à leur demande.

Journaliste:Qu'avez vous à dire sur les observations de l'évolution du budget annuel de la Garde civique ? Le document n'était pas tendre avec vous...

Zonta:Des critiques, notre cité en a toujours eu. C'est bien, cela signifie que notre politique est efficace. Je pense sur ce point, qu'il y a une incompréhension fondamentale entre notre gouvernement et le gouvernement tanskien, dans la manière de concevoir notre défense, mais rien n'est insurmontable. Tanska est habituée à se reposer sur un réseau d'alliances complexe, qui rend ses opérations moins couteuses et plus simples sur bien des plans. C'est là tout à leur honneur d'avoir cédé une partie de leur souveraineté à une organisation internationale, et cela comporte là des avantages indéniables. Nous, velsniens, avons fait un choix différent, plus difficile certes, mais plus gratifiant pour nos personnes, et c'est peut-être là un début d'explication sur les raisons qui pousserait le gouvernement tanskien à envisager Velsna comme un adversaire plutôt que comme un partenaire. L'armée tanskienne est conçue pour agir de concert, en coordination avec d'autres États. Ce que Tanska ne peut se permettre, alors c'est Teyla ou Caratrad qui le pourra. L'armée velsnienne, elle, est pensée pour agir en autonomie, et par conséquent, ne doit son propre salut qu'à elle même. Cela explique grandement les écarts de dépenses militaires: dans le monde actuel, jeune homme, j'ai bien peur que nous ne pouvons considérer agir en toute indépendance sans disposer d'une force armée capable de pouvoir à notre propre défense. Nous devons disposer de tout, en stock et en quantité, pour que ce corps civique que nous avons constitué il y a plus de mille ans continue d'agir de son propre chef et disposer de sa liberté de commerce, et sans interférence de l'étranger. Nous avons toutes les amitiés du monde pour nos amis tanskiens, et cela me fend le cœur de devoir expliquer à ces derniers que nous n'avons jamais rien eu contre eux, et que nous n'avons jamais entretenu d'hostilité d'aucune sorte avec ces derniers. Pourtant, et je l'ignore pourquoi, ces derniers semblent persuadés du contraire. D'ailleurs, une partie de nos sénateurs sur ces bancs ne savent pas où est Tanska, ce qui est un bon signe de notre volonté de bonne entente. En général, on aime ce qui est loin de cœur, et j'ai trouvé dans cet article, que l'élément le plus rassurant était indéniablement l'indifférence de certains députés tanskiens vis à vis de notre cité. C'est exactement le type de relation que nous aimerions entretenir avec ce gouvernement: une indifférence respectueuse. J'entends que cela devienne réalité dans les prochaines années.


Journaliste: Le journal mentionne pourtant l'opération de sécurisation de couloir aérien qui a eu lieu il y a quelques semaines en Baie de Teyla...C'est peut-être à cela qu'ils font référence, non ?


Zonta: Certes. Cette opération, sans prendre en compte son contexte, semble être prise comme disproportionnée, mais lorsqu'on y regarde de plus près, nous ne pouvons que soutenir une telle initiative. Savez vous à combien de kilomètres se situe Valinor de nos côtes, jeune hommes ? AU plus près ?


Journaliste: Euh...non ?


Zonta: 197 kilomètres. Presque assez pour pouvoir apercevoir leurs côtes de loin. Dans le contexte où nous assistons à l’émergence d'un régime communiste à nos portes, je pense qu'aucune réaction n'est disproportionnée. Et ce n'est pas Tanska qui dira le contraire, tant ils prennent cette affaire à cœur. Je trouve cela assez injuste, compte tenu que nous nous sommes engagés auprès de leurs alliés dans le sens d'une victoire politique indéniable de l'OND, et que nous n'avons jamais cessé de contacter Teyla et la Loduarie dans l'espoir d'obtenir une issue pacifique à cette crise. Même auprès de Tanksa: le commandement militaire de la Grande Tribune de la plaine velsnienne a fait preuve d'un sérieux et d'un professionnalisme à toute épreuve, en maintenant constamment un contact diplomatique avec nos partenaires tanskiens lors de cette crise, leur détaillant la totalité de nos itinéraires de patrouille, en montrant patte blanche à chacune de leurs demandes. Mais là encore, cela doit paraître insuffisant pour eux, et ceux ci ne semblent tout simplement pas accepter l'existence de Velsna comme entité politique. Voilà tout.

C'est la même histoire au sujet des importations: Je trouve le deux poids deux mesures de Tanska assez consternant: Velsna n'aurait pas le droit de se pouvoir en armes à l'étranger tandis que dans le même temps, les achats d'armes de leurs alliés teylais pour l'année 2015 ont été largement supérieurs aux nôtres ? Cet argument de l'importation d'armes pour justifier le danger n'a pas de sens. Contrairement aux armées onédiennes, l'armée velsnienne n'a jamais fait son entrée dans le territoire souverain d'un autre pays sans l'autorisation de son gouvernement légal. Bien entendu, j'évoque là le cas du Vaikonenland, situation pour laquelle l'ancien gouvernement communal n'avait donné son aval que sur le bout de sa langue au vu de la nature criminelle des rebelles,et dans un soucis de faire montre de notre bonne foi à nos voisins onédiens. Là encore, cela ne suffit pas pour eux, on dirait. Et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres: si nous étions hostiles au peuple de Tanska, pourquoi diable nous n'aurions été les contacter afin qu'ils puissent servir de médiateurs dans le cadre d'une négociation avec le gouvernement achosien ? Non. Je plains le peuple de Tanska, car je pense qu'il y a là au sein de leur gouvernement, soit des individus qui ne sont guère assez alertes pour constater nos appels du pied à l'amitié et à la bonne entente, soit des individus de mauvaise foi. J'aime à croire que la première option est la bonne, car je ne désespère jamais de la nature humaine. Certainement mon côté utopiste...



Journaliste: Que pensez vous des remarques faites sur les perspectives économiques des échanges entre Tanska et Velsna ?


Zonta: Comme nous l'avons déjà dit, nous sommes toujours ouverts à une amitié franche et honnête avec nos voisins tanskiens, et cela inclut également leurs entreprises. Si d'aventure ces dernières veulent échapper à un enfer fiscal qui n'a rien à envier à la Loduarie communiste en termes de perspectives de libre entreprise, ces derniers sont libres de traverser la mer et de s'implanter dans notre plat pays, à leur guise nous sommes toujours disponibles. Il n'est pas un secret que cela fait des années que c'est Teyla qui porte la croissance onédienne, pas Tanska, et ce n'est pas sans raison. Cela a indéniablement un lien avec l'influence socialiste de plus en plus prégnante dans ce gouvernement. J'ai la plus profonde admiration pour ces chefs d’entreprise qui doivent être, là bas, une espèce en voie de disparition. Peut-être que ces hommes et ces femmes comprendront qu'il n'est pas dans leur intérêt de nourrir la croissance d'un pays qui pratique des politiques de taxation liberticides à l'égard des producteurs de sucre, au point de tuer le commerce pour la seule raison qu'il ne joue pas dans leur sens.


Son excellence Sénateur Zonta est sans doute le parlementaire qui avait le plus à dire de cette affaire, et il ne nous a pas été permis, dans cet hémicycle, de recueillir davantage de témoignages de la situation, du moins parmi la majorité, dont l'attitude officielle reste éternellement prudente. Néanmoins, il y a un autre groupe social qui a paraît avoir été affecté, et auquel, dans notre métropole, nous ne pensons peu: les velsniens de l'étranger, et plus particulièrement les velsniens installés à Tanska. En effet, un certain nombre d'entre eux paraît parvoir été choqué par un article "faisant une promotion indirecte du racisme banalisé envers les velsniens". C'est en tout cas l'avis de Dom Pietro Genovese, expatrié lui même et fondateur du Comita anti-raciste velsnien (CAV). Ce dernier ne s'est pas fait prié de son intention de porter plainte contre le journal auprès de la jsutice tanskienne.



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Pietro Genovese



" Les velsniens indignes de confiance ? Qu'est ce que ça insinue exactement, hein ? Que l'on seraient fourbes par nature ? Voleurs ? Menteurs ? Cet article est une insulte à l'égard de tous les velsniens. Je ne sais pas si ses auteurs s'en rendent compte, mais la seule chose que je vois au travers de ce torchon, c'est que des pseudo journalistes répandent des légendes et des stéréotypes depuis leurs canapés. C'est de la banalisation de la haine pure et simple !"


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Quotidia, Le média de l'excellence, informations offertes par le Groupe Falieri a écrit : 8 Mars 2016

Insolite: l'internet velsnien répond à Sea Street Journal par la moquerie


C'est une vidéo bien curieuse, au titre aussi obscure que mystérieux, qui semble depuis deux jours sur les réseaux sociaux velsniens, avant de contaminer lentement l'internet tanskien. Caméra posée sur une table de jardin, bouteille de "Prosceo" (célèbre alcool velsnien à base d'anis) d'un côté, bol de pistaches de l'autre, un certain "Marco", se décrivant comme un "célibataire endurci" et "ancien alcoolique", lance un défi face caméra:

"Alors. C'est pour répondre à toute la rédaction d'un certain journal de l'autre côté de la mer, qui dit qu'on est tous des menteurs. Je l'ai pris assez personnellement pour reprendre mon ancienne carrière de buveur légendaire... Moi je vous demande si un type qui est capable de descendre 1 litres 5 de Prosceo est un chicaneur...je ne pense pas. On va voir si je vais finir cette bouteille avant que le fonctionnaire tanskien moyen puisse terminer une note de service sans se relire dix sept fois. Aller...à la santé du colonel."

L'homme commence à descendre cul sec un grand verre de 50 centilitres, non sans emmètre des remontées entre chaque pause. On peut ressentir la finesse, la maitrise, l'art et la manière, la gestuelle, dans la prise en main de ses pistaches.

"C'est un peu serré quand même hein...mais on va le faire...on a pas le choix...on s'est engagé. Deuxième verre..."

La performance est légendaire. L'esprit Coubertin se ressent tout du long, la main du maitre ne tremble pas. Marco est décidément cet exemple de résilience et de persévérance que l'on connait. Lunettes de travers, les aigreurs d'estomac et les vertiges se font ressentir, mais celui-ci n'abandonne pas.

"Dernier verre. Celui là on va le faire à la santé du budget militaire velsnien. Impeccable...on va essorrer quand même...pour pas tricher. Après tout, on est des menaces pour la sécurité tanskienne. Pistache pour éponger."

Un dernier rot pour route, Marco fanfaronne: "Si Un tanskien veut bien me défier...il peut égaliser. Tous ceux qui veulent essayer..ils peuvent. Si il y en a qui égalise je tenterai avec la version 4 litres 5, avec beaucoup d'entraînement..."


La légende

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Quotidia, Le média de l'excellence, informations offertes par le Groupe Falieri a écrit : 26 Mars 2016

Renouvellement des élites: comment la guerre civile a changé le visage de notre classe politique



Cavali, Albirio, Ascone...Il y a encore deux ans, tous ces noms étaient pour le moins inconnus, du moins pour ceux qui ne s'intéressent pas à la politique locale de telle ou telle cité. Mais nous voilà en 2016, et tous ces noms sont désormais propulsés au devant de la scène. Ils se promènent dans les couloirs de l'antique institution du Sénat alors que leurs familles respectives n'avaient jamais donné, jusque là le moindre sénateur dans l'Histoire de la cité. Ils assistent aux séances du Conseil Communal, qu'ils dirigent désormais d'une main de fer. Ils parlent quelques fois avec des accents étranges qui nous rappellent en permanence qu'ils ne viennent pas d'ici, qu'ils sont avant tout des citoyens de leurs cités libres respectives avant d'être des velsniens de la grande ville. La Grande République n'a pas changé de nom, son système politique a été préservé, tout en recevant des ajustements et quelques menues réformes. On a même laissé entrer des communistes au sénat, chose impensable jusqu'il y a peu. En apparence, Velsna n'a pas changée d'un poil, mais c'est lorsque l'on assiste aux débats parlementaires que l'on se rend compte que les transformations que notre cité a subie depuis deux ans ont été les plus grandes. Nous avons donc assisté la semaine passée à l'une de ces discussions: celle d'un sujet aussi banal qui soit, en l’occurrence une question de ces excellences sénateurs au Maître des canaux dans le cadre du désenvasement (supposé annuel) des canaux de la ville, et qui n'a pas été fait depuis avant cette guerre. En effet, la plupart des sénateurs s'occupant du financement de ces opérations étaient des scaeliens, et sont désormais morts ou en exil. De plus, le corps des ouvriers des canaux, la corporation en charge de cette opération récurrente, a elle aussi été désertée depuis deux ans, laissée en friche. Et devant la diminution du nombre de personnel, le savoir antique qui conditionne la compréhension du bien fondé de cette tâche n'a pas été transmis du maître, qui n'est plus là, à l'apprenti. L'un des nombreux aspects qui ont rendu la chute du tyran scaelien des plus compliquée à gérer pour ses successeurs. Mais je digresse, car le sujet de la discussion n'est pas ce débat, même si nous pouvons établir un lien évident avec mon propos. Ce n'est pas tant le thème de discussion qui m'a interpellé que la façon dont les sénateurs abordent la question.

Nous avons passé plusieurs heures à suivre l'intégralité de cette séance, du haut de notre balcon. L'acoustique y est toujours aussi excellente, et le verbe de ces excellences sénateurs circule toujours aussi bien. Mais là encore, l'acoustique n'est pas en cause dans le sentiment de gêne permanent qui m'a été donné d'assister à cette série de discours. J'ai toujours aimé, depuis petite, assister à ces sessions, et c'est là ce qui m'a en partie donner la vocation du journalisme, plus particulièrement de la vie politique. Je pouvais passer des heures, du haut de mes dix ans, à écouter les saillies et la gestuelle extraordinaire de Gabriele Zonta, qui siège encore aujourd'hui dans sa chaise curule d'honorable doyen du Sénat. J'avais plaisir à écouter chaque mot avec une soif irrassasiable, à entendre la rhétorique s'échapper de la bouche de ces maîtres de la parole comme un musicien laisse échapper les notes de son instrument. Mais lorsque j'y suis retournée, et à ma grande surprise, j'en fus sortie complètement vide, et peinant à me rappeler qui avait parlé, qui avait répondu... Où sont passés les sénateurs s'exprimant dans un fortunéen ou un landrin classique parfait ? Où sont les excellences qui prennent la parole des heures durant, pour ne plus la lâcher ? Le Sénat est devenu un endroit fade où les représentants communistes, sans culture ni manière, font preuve d'une outrance permanente et grossière. Ceux-ci vocifèrent comme des porcs à la moindre prise de parole, conspuent, insultent, le tout sans la moindre référence ou renvoi à l'identité politique de notre cité, comme si ils étaient des étrangers à toutes nos coutumes. En face d'eux, les Hommes du Patrice aussi, ont changé. Qu'un sénateur eurycommuniste se refuse ou soit incapable de s'exprimer dans la langue des fortunéens ou des landrins, c'est une chose, qui compte tenu de leur appartenance sociale, ne devrait pas nous étonner. Qu'en revanche, les hommes du gouvernement qui sont censés représentés le grand et le beau, soient également incapables, ou n'ont plus la volonté de le faire, cela en est une autre: un signal très inquiétant sur les transformations durables que notre patrie a subie depuis la fin de la tyrannie scaelienne.

Pour comprendre l'ampleur de la catastrophe, il nous faut retourner trois ans en arrière, et même avant, pour identifier certains des facteurs de l’affaiblissement de la grande culture classique qui est supposée former le tronc commun de nos élites. Avant même la guerre civile, nous pouvions déjà le sentir que le monde extérieur était en train de rentrer dans cet hémicycle qui devrait représenter la résistance au changement. Les élites velsniennes, issues des diverses vagues de migrations ayant touché notre cité: fortunéenne, puis landrine, était un groupe soudé, où ceux en faisant partie du dit groupe se reconnaissaient via une série d'attitudes, qui définissent l'appartenance. On construisait sa parole sur celle de ses pairs plus âgés, qui transmettaient un art de la rhétorique que eux seuls possédaient. On parlait la langue des anciens fortunéens, comme pour se situer dans leur suite, on admirait les mêmes œuvres, on citait les mêmes références dans l'Histoire et les arts. Être membre du Sénat velsnien, ce n'était pas seulement prendre sa place une fois par semaine dans l'assemblée sacrée: c'était reconnaître son appartenance à une toute petite catégorie de personnes, tout comme onr retrouve ce principe de groupe d’intérêt soudé dans les corporations de métiers. Être sénateur velsnien, c'était appartenir à un monde, qui puisait ses racines loins au sud, dans la mer de Leucytalée. Pourtant, la flamme faiblissait déjà, par plusieurs causes: forcément, l'éloignement de Fortuna, la baisse de son influence dans l'économie et les échanges commerciaux de notre cité, puis la politique de plus en plus ouverte des alliances matrimoniales des vieilles familles de l'aristocratie sénatoriale, et la pression culturelle de plus en plus forte du monde extérieur, tout cela faisait que nous nous dirigions déjà vers un déclin de la culture classique, de l'amour des grands auteurs au profit de films et œuvres étrangères. Mais cela n'avait rien de visible; tout au plus, cela se voyait dans des strates plus basses de la population, qui puisaient déjà leurs références culturelles ailleurs que dans les œuvres de Di Canossa, ou dans les poèmes de Philinius de Velcal.

La guerre mis au jour ce changement profond, qui sommeillait depuis longtemps, qui avait déjà fait pourir la base pour en en grignoter le sommet: oui, la guerre civile ne fut qu'un accélérateur de ces tendances. Car lorsque Scaela fit son coup d'état le 2 mai 2013, ce ne fut pas seulement des sénateurs ainsi que leurs familles qu'il fit massacrer, c'était des maillons irremplaçables de la chaîne de transmission du savoir du grand et du beau. 51 sénateurs tués ce jour là, ainsi qu'un partie de leurs familles respectives, parmi les lignées les plus prestigieuses de la cité: chacun d'entre eux était le détenteur d'une tradition familial, chacun d'entre eux était le porteur d'une culture propre à l'aristocratie sénatoriale. La Grande République est toujours vivante, avec le concours du Maître de l'Arsenal Matteo DiGrassi, certes: mais ce dernier n'a pas pu empêcher ce changement de s'opérer, et certains de ses actes l'ont encore amplifié.

En effet, l'élite velsnienne de la capitale, cette même élite qui est porteuse de la culture fortunéenne et landrine ancienne, a massivement ralliée Scaela après sa prise de pouvoir, que ce soit par adhésion ou par peur. Di Grassi, lui, était en exil, loin, avec une toute petite minorité l'accompagnant. Or, c'est la nature de ses compagnons d'infortune qui allait radicalement transformé le visage de nos élites. Cavali, Albirio, Ascone...tous ces noms au gouvernement, n'y figurent pas parce que leur lignée est longue: ils y figurent parce que le parti conservateur s'est fondamentalement restructuré autour du groupe qui a suivi Di Grassi durant son épisode afaréen. Qui étaient donc ces hommes et ces femmes qui ont risqué leur vie à ce moment là. La première chose à noter, est que très peu étaient issues de la plus haute des élites, celle qui tirait son origine de liens prestigieux avec Léandre et Fortuna. Il y avait bien sûr des noms comme Gabriele Zonta, mais ceux ci étaient rares et minoritaires. Non, si l'aristocratie sénatoriale n'a suivie Di Grassi qu'en minorité, la plupart des autres étaient, tout comme lui, lointain achosien du nord qu'il était, de cette notabilité locale des cités libres de la province, de ces petites aristocraties foncières locales, qui contrairement aux velsniens de la capitale s'enrichissant de commerce, reposent leur fortune sur l'exploitation de propriétés qu'ils possèdent. Un élite certes, mais différente: moins riche, moins en lien avec les cousins fortunéens et landrins, plus pauvre en capital social et intellectuel, et en revanche beaucoup plus liée au métier des armes. Julia Cavali était l'épouse d'un sénateur d'Umbra, et a rejoint Di Grassi après son débarquement dans la plaine velsnienne, et le meurtre de son mari par Scaela. Une petite élite locale. Albirio, l'un des lieutenants les plus fidèles de Di Grassi, était un gamin des rues qui a vu sa promotion sociale permise par le biais de l'armée. Ce ne sont là que deux exemples parmi tant d'autres des profils qui ont juré fidélité à Di Grassi.

La guerre comme moyen d'ascension sociale d'une petite élite quelque peu appauvrie: voilà ce qui pourrait décrire à la perfection la manière avec laquelle le Sénat a été radicalement transformé. Les changements sont visibles, en premier lieu par le nombre de primo sénateurs aux élections de 2014, non seulement par leur existence mais aussi par l'importance qu'ils ont pris dans le gouvernement communal, au sein duquel les deux tiers se comptent parmi ces représentants néophytes. Le Conseil Communal, mais pas seulement: car au sein de l'armée, la plupart du personnel qui a su profiter de la victoire des républicains, logiquement, y figurait en grande majorité des partisans de Di Grassi, qui ont combattu avec lui, qui ont souffert avec lui. Aujourd'hui, environ 70% des officiers supérieurs de régiments actifs au sein de l'armée civique velsnienne, ont été sur les plages d'Umbra, ou se sont battus dans les faubourgs d'Hippo Reggia. Et je pense, plus que quiconque, que nous pourrions définir Di Grassi comme le modèle type de cette élite provinciale désargentée qui a su s'emparer de ce nouveau sénat. Pas forcément moins instruite que l'aristocratie sénatoriale traditionnelle, mais beaucoup moins marquée par l'influence de la culture classique et simple par les mœurs, et son existence. Concrètement, le profil d'un sénateur digrassien, en 2016, pourrait ressembler à cela: un notable peu argenté, souvent issu de la province, voire de l'outre mer, faisant reposer sa fortune sur la propriété foncière, peu lié aux traditions fortunéennes et landrines, souvent promus socialement grâce à un passage dans l'armée. Avec cette remise en contexte, nous comprenons mieux ce qui est advenu de la rhétorique classique fortunéenne dans l'hémicycle: elle a disparue, ou pas tout à fait... Elle a plutôt été mise en retrait. Elle a été effacée, mais n'a pas disparue totalement.

En effet, le renouvellement des élites, bien entendu, ne s'est pas fait sur base d'un remplacement total du personnel dans les institutions. Il y a toujours des sénateurs d'anciennes familles dans les rangs, tout particulièrement dans les différents groupes conservateurs de l'hémicycle. Tous les membres de l'ancienne élite n'ont pas perdu leur fortune, ont été exilés ou tués. Dans les faits, ils composent encore une part importante du Sénat, mais il sont avant tout victimes d'un mécanisme de falsification des élites. Il y a toujours au Sénat de grands orateurs, mais les classes dirigeantes velsniennes se calent sur l'identité de ceux au pouvoir pour juger de ce qui la norme ou pas, de ce qui est dépassé et qui ne l'est pas. Et il se trouve que le Conseil Communal et sa composition sont symptomatiques de ce changement: il n'y a presque exclusivement que digrassiens, dont certains ont perdu des proches, ou ont payé un tribut quelconque de la guerre civile. Conséquemment, la façon dont les élites communiquent est lourdement influencée par ces gens qui font moins de l'étalage ostentatoire de leur richesse un mode de communication, par ces gens pour qui la qualité de la prose ou la connaissance de grands classiques de la littérature velsnienne n'est plus un critère de reconnaissance sociale. Ou qui pour la plupart ne savent pas parler le fortunéen classique, alors que c'était jusqu'il y a peu la seule langue d'usage dans l'administration velsnienne.

C'est là, la liste des raisons pour lesquelles nous en sommes arrivés là, et à ma sortie des tribunes des observateurs du Sénat, inutile de dire que j'en fus bouleversé: d'entrer dans cet édifice sacré et de ne pas y percevoir la langue prestigieuse des réfugiés langrins arrivés sur nos côtes au XVème siècle, d'entrer dans cet édifice sans entendre la langue des fondateurs de notre cité. Non, nous avons préféré nous abâtardir par la langue vulgaire des gens du commun, de ceux qui ont été conquis par nos ancêtres. La langue velsnienne commune est belle certes...vous me direz. Mais combien de grands poèmes de notre littérature ont été prononcés dans cette langue ? Combien d'auteurs illustres s'en sont servi comme support ? Si vous avez des difficultés à me répondre, c'est tout à fait normal: il n'y en a pas. Non pas que le velsnien standard soit laid, mais il n'a tout simplement pas été fait pour prononcer de grands discours, ps plus que l'achosien a été fait pour être prononcé par des humains ordinaires. Le fortunéen, lui, puise toute sa noblesse dans un Histoire millénaire, il est la langue par laquelle toutes les choses grandes de cet univers ont été faites. Oubliez le velsnien, oubliez le teylais, oubliez le tanskien, si tant est que l'on puisse appeler cela une langue. La vision du monde que l'on adopte se fait par ce que l'on identifie avec ses mots. Si nous parlions achosien, nous ne verrions probablement le monde que par le prisme d'un barbare assoiffé de sang. De la même façon, le velsnien est une langue dévolue au commerce, à l'agriculture et à nos problèmes du quotidien: c'est la raison pour laquelle elle s'est constitué, c'est là que son lexique est le plus riche, que son utilité est la plus grande. Elle sera toujours moins pratique pour son locuteur que le fortunéen, qui lui a été fait pour la grandeur de son verbe, dans un cadre sénatorial.

C'est ainsi que j'alerte sur l'impensable, qui est en train de se produire, et qui est l'évolution logique de tout ce que j'ai pu observer: la langue fortunéenne, à moyen ou long terme, dans les paramètres actuels d'une élite devenue insensible à sa beauté, est condamnée à disparaître. Ce serait là un drame qu'il convient d'éviter avec absolue nécessité, non seulement pour les raisons que j'ai évoqué, mais parce que je considère que la langue fortunéenne est l'une des quelques choses qui nous reste de nos aïeux, qui ont fondé notre cité bien bâtie. Oublier une langue, c'est comme se voir fermer une part de notre compréhension du monde, et que l'on ne saurait atteindre avec notre seule langage maternel. J'appelle donc solennellement nos élites, afin que celles ci se réveillent, et lancent un programme ambitieux de préservation du fortunéen classique, à la fois dans l'espace public, mais également dans le système éducatif.

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