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Agence Gallèsante de la Presse - Page 5

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MAIS OÙ SONT DONC PASSÉS LES CHEFS ?

Édito : Depuis 2015 et la dernière réélection de Michal Trëvenon, le paysage politique gallèsant donne l’impression d’avoir perdu ses chefs de file. Un spectre plus divisé qui peine pourtant à faire émerger une nouvelle génération, voilà les conséquences paradoxales du « présidentialisme » naissant.


Guenièvre Sasset - pôle politique
28 octobre 2018


Jean-Marc Ayrault (attention peut-être de l'IA, ces jours-ci on ne peut plus savoir, merci AI overview)
L'ancien président Urvoit Nàsier, quelques jours avant la passation de pouvoir avec Majëul Farche.

Urvoit Nàsier est seul. Il déambule dans les allées fraîchement balayées du jardin présidentiel, derrière le Palais des Capucins. Il porte sa veste fermée et sa cravate nouée, malgré la douceur de cette fin d'octobre. Dans quelques heures, c'est Majëul Farche qui va prendre sa place derrière le bureau de bois brésil. Dans quelques heures, il sera officiellement le président du Conseil des ministres le plus éphémère de l'Histoire gallèsante, avec un règne de moins de six mois. Certes, M.Nàsier n'est pas très loin du précédent record d'Yves Ronclant (huit mois), mais après les huit ans de service de Carles Schwarzwald et les seize ans de Michal Trëvenon, il fait pâle figure. D'autant plus qu'il hérite de la même législature que son prédécesseur, avec laquelle celui-ci s'était maintenu trois ans.

Pourtant, la période n'est pas à l'instabilité politique. Ce serait même le contraire : après vingt ans de majorité de gauche, les électeurs viennent de donner une majorité absolue à la droite, dans une logique d'alternance qui a fait ses preuves dans bien d'autres pays. Mais ici, il se teinte inexplicablement d'une perte de repères. Comme ci, en fin de compte, le pays n'avait plus de tête. Et c'est là où, en y réfléchissant, la question devient obsédante : mais où sont donc passés nos chefs ? L'élite politique du pays est elle désormais incapable de proposer de vrais leaders, d'authentiques chefs de file, à ses électeurs ? Ou est, au Parti social pour la Liberté (PSL), le digne successeur du charismatique Trëvenon ? Où sont les Léquerre, les Benfer, les Dè Draune ?

On me dira que les chefs de file sont là, comme à chaque élection, et que c'est d'ailleurs un vieux briscard qui a remporté les dernières. Majëul Farche est actif en politique depuis presque aussi longtemps que Trëvenon, c'est dire. Il dirige le PRC depuis de très longues années. Les Modérés, c'est une coalition qu'il a bâti et patiemment mené vers la victoire. Oui mais voilà, Majëul Farche, dont la cote de popularité ne rivalise pas avec celle des précédents cités, ne peut prétendre à la même aura politique, même s'il réussit ce que Trëvenon n'a jamais pu accomplir. Pourquoi ? Parce qu'il n'est pas seul.

Michal Trëvenon a vampirisé l'espace politique, surtout l'espace politique de gauche, pendant seize ans. Et sans nous en rendre compte, nous nous sommes accoutumés à l'omniprésence d'une figure, ou de deux. Disons une par couleur politique. Dix ans de suite, les élections exécutives et législatives ont présenté quasiment les même têtes d'affiche : Trémeneur, Trëvenon, Farche, Manuel et Thibalte. Au PSL, il a parfois fallu faire tourner les postes, mais ailleurs ? Une idée, une tête, voilà ce qui s'est peu à peu ancré dans nos esprits. Ainsi, quand de nouvelles figures émergent, elles occupent nécessairement un espace politique conséquent.

Ce système trouve d'ailleurs ses racines dans les premiers temps de notre régime politique. Dè Draune a été une figure d'autorité marquante, et s'il a rédigé une constitution dans laquelle il tente d'abolir le césarisme, en rendant le gouvernement tricéphale, il se peut que cela n'ait été qu'une parenthèse. La culture gallèsante serait-elle en train de prendre le dessus ? En tout cas, S.E. Bastien II est un exemple de cette disparition des chefs. Lui qui devrait toujours être là, ne jamais s'effacer après la Révolution, reste muet quand le gouvernement annonce le rattachement de son duché à l'OND. On connaît pourtant l'hostilité qu'il voue à son égard.

Revenons à nos chefs de file, à qui nous avons confié tout pouvoir dans nos imaginaire au cours des dernières décennies. Et bien, depuis quelques années, les leaders établis semblent s'effacer. Le Duc, nous l'avons dit. Mais aussi Thibalte, qui ne cesse de régresser dans les sondages. Trémeneur en plein naufrage avec la famille Geraert-Wojtkowiak. Vanwe Piotroff, la relève attendue au PSL, qui fait pchitt. De l'autre côté, des figures ont émergé, sans parvenir à se pérenniser ou remplacer les anciennes. Théare Szcielsitz, à l'extrême droite, ou Frédéric Crocaux, à droite. Là encore, ces gens sont présents depuis longtemps dans le débat public.

Et puis à gauche, la fin de l'hégémonie de Trëvenon n'en finit pas de donner sa chances à des successeurs qui tous attendent leur heure. Sophale Bardiou, Drian Yvimpt, Yahnich Kard... Or, comme les personnes incarnent désormais les idées, le paysage politique s'en retrouve toujours plus fracturé. Tous les éléphants veulent leur place au soleil, et chacun s'affirme seul comme une hypothèse crédible, au lieu de construire avec ses voisin un projet majoritaire. Voilà comment, avec un électorat décis, on obtient l'impression d'un paysage fragmenté, en crise.

Le dernier facteur est bien sûr la gérontocratie, car enfin, peut être retrouverions-nous des chefs s'ils pouvaient être plus jeunes. Mais la jeune génération, celle de Bardiou, Yvimpt ou du conservateur Xavier Malpassë, se surajoute à la précédente sans prendre sa place. La faute à la ténacité de ses éléphants de mer. Au Parti communiste, c'est Hallau-Mari qui remplace Trémeneur. Théotiffan Lebritton est toujours secrétaire général du PSL. Frédéric Crocaux (PC) et Bernard Raboteaux (CD) sont indéboulonnables. Décidément, il leur faut peut-être tous vivre échec comme celui d'Urvoit Nàsier. L'ancien ministre de Trëvenon, après plusieurs décennies de bons et loyaux services, aurait semble-t-il prévu de se mettre au vert. Il n'a plus communiqué dans les médias depuis sa remise de fonctions.
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