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[CULTURE] Registre culturel et sociétal de la Fédération d'Alguarena - Page 7

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HISTOIRE

SPATIAL : LA PERIODE D'APRES-GUERRE ET L'AMORCE D'UN PROGRAMME SPATIAL



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La guerre entre l'Albel et l'Alguarena a permis de débuter un programme de dissuasion balistique renforcé qui a permis de donner naissance aux fusées spatiales alguarenas.


LA NAISSANCE DU PROGRAMME SPATIAL ALGUARENO

L'invasion albelaise de 1951 à 1952 et la modernisation de l'armée fédérale de 1955

La grande guerre albelo-alguarena des années 1950 se veut à l'esprit de beaucoup d'historiens le point de départ d'un projet spatial muri, c'est-à-dire valablement soutenu par un budget fixe, débattu et tourné vers des objectifs palpables et mesurables. Là où certains budgets de la défense étaient jusqu'ici décidés "à l'oeil", le gouvernement alguareno entend désormais se fixer des objectifs et programmes de remilitarisation, autant sous des aspects quantitatifs que qualitatifs. Il faut dire que le débarquement des forces albelaises sur le territoire alguareno en août 1951 a sonné le glas d'un sentiment de sécurité, bouleversant profondément la Fédération et son rapport à une stratégie de défense globale. Le bilan est effroyable, l'ennemi s'en est retourné mais laisse un territoire exsangue, empreint de villes détruites et de réseaux d’approvisionnement à terre. De lourdes pertes humaines et matérielles dont l'incarnation la plus marquée est à Wilster où les aviations albelaise et alguarena se sont affrontées avec acharnement avant des affrontements terrestres. Une bataille, matérialisant le traumatisme collectif que le gouvernement fédéral de l'époque s'est ensuite pressé de convertir en désir de renforcement du secteur de la défense, pour ne plus subir une menace aussi dure que celle essuyée à cet instant de l'histoire. La population soutient un projet de réarmement et de réappropriation de la force légitime, toujours meurtrie mais convaincue par la nécessité d'un prochain sursaut technologique ainsi que militaire.

C'est donc sous cette dynamique que le gouvernement fédéral débute en 1955 un plan que l'on qualifierait d'ambitieux avec en ligne de mire la modernisation des forces armées par l'intégration de technologies de pointe stratégiques. Une démarche bornée par le président fédéral de l'époque Fernando Castellanos, nouvellement élu en 1955 pour sortir de crise un pays heurté par la réalité d'une géopolitique létale et dictée par le voisin albelais. L'armée profite alors d'un budget extraordinaire mais conditionné à la réalisation de certains objectifs, notamment tourné vers la recherche scientifique. Un plan quinquennal qui commence par souhaiter la reconstruction immédiate des bases militaires afin de restaurer l'étanchéité de la défense des territoires de l'actuelle Felicizie, envahie par les forces albelaises aux abords de Wilster.

Le prototypage de missiles balistiques de moyenne et longue portée de 1960.

Parmi les programmes de modernisation figure des projets de développement des missiles balistiques de moyenne et longue portée. Des armes nouvelles, stratégiques, qui se font les éléments fondamentaux de la dissuasion et de la souveraineté. Avec ces projets, l'armée fédérale n'entend gagner les conflits, elle entend les prévenir. La sphère militaire intègre alors davantage de blouses blanches parmi ses uniformes kakis et une cellule de projets dédiée aux armes spéciales et la recherche spatiale voient le jour, sous des degrés de confidentialité que seul l'Etat-major fédéral et quelques privilégiés peuvent observer. Un jalon qui laisse déjà entendre que la conquête du ciel compte bien se faire la clé des conflits futurs. Aux laboratoires de développement se mêlent nécessairement des infrastructures logistiques et autres plateformes techniques à la marge. La création d'un nouveau centre d'essais balistiques sur la côte arcoane fait sens, car on l'estime à l'époque suffisamment éloigné pour prévenir une attaque surprise albelaise et suffisamment proche pour entamer une riposte balistique rapide face à toute nouvelle agression albelaise sur un territoire alguareno. Les recherches militaires données à ce projet permettront le prototypage de plusieurs missiles de moyenne et longue portée nourrissant le développement en 1960, l'aboutissement d'une arme dissuasive au travers d'un stock de missiles balistiques de nouvelles générations.

Un projet où le groupe de travail combinant des ingénieurs militaires et des scientifiques civils soumis au secret est sollicité. Craignant que le projet ne brise la paix fragile entre l'Albel et l'Alguarena, les premières années du projet balistique sont tenues au secret jusqu'à la tenue des premiers essais, se faisant partie intégrante de l'effet dissuasif recherché auprès des autorités albelaises. L'amélioration des technologies de propulsion à réaction ouvre une porte que le monde de l'aéronautique ne sera alors pas prête de refermer, associant les découvertes technologiques conférées aux missiles balistiques aux futurs projets de développement de l'aéronautique militaire et civile...

1962, vers la recherche d'un emploi civil de la fusée.

La paix entre l'Albel et l'Alguarena étant maintenant consommée, les projets associés au volet spatial bénéficie d'une visibilité inégalée. Des chercheurs civils apprivoisant le phénomène des propulsions à réaction déployées sur les nouvelles générations des missiles balistiques théorisent les premiers emplois civils de ces innovations. Pour porter le sujet, la présidence fédérale mandate le Général Julio Moncárda qui profitera pour cela de toutes les largesses nécessaires à la constitution de son équipe. L'introduction d'un militaire en chef de projet avait vocation à permettre un certain contrôle sur les informations sensibles qui y seraient développées afin de ne pas permettre d'avancées technologiques aisées à des puissances étrangères qui auraient des facilités à infiltrer le groupe de travail, pour partie composé de civils. S'il fallait s'attarder sur le cas du Général Julio Moncárda plus spécifiquement, son positionnement en qualité de chef de projet se lie à son profil issu des officiers de l'artillerie. Il est à l'époque retenu pour son esprit visionnaire et sa pensée convaincue de voir les fusées étrangères à un usage militaire.

Sa contribution aux précédents projets de développement à vocation militaire lui confère aussi une certaine maitrise scientifique du sujet, en plus de considérer les jalons à délimiter pour que ce projet à destination civile n'ait pas de contre-effets, comprenez par là d'effets indésirables pour la sécurité nationale... Car c'est là tout l'enjeu du développement des programmes de recherche civiles, c'est qu'ils sont plus facilement infiltrés par des intérêts étrangers. Par ailleurs, la vocation civile d'un projet de fusée spatiale, serait de nature à déconsidérer un certain nombre de risques qui pourraient découler de sa conception initiale, si elle n'était pas mise en relation et coordonnée par une figure éminente de l'état major fédéral. Les fusées à propergols solides sont les éléments de base donnés au démarrage du projet, à ceci près qu'il importait désormais de prototyper une fusée de sept mètres de haut pour une masse d'environ une tonne dont la portée s'est volontairement vue limitée à une trentaine de kilomètres. Le but de ces essais n'était effectivement pas d'envoyer une première fusée dans l'espace mais de réussir des opérations de maîtrise autour de la propulsion et du guidage de ladite fusée, celle-ci devant être considérée à terme comme un projectile habité. Bien entendu, aux premiers prototypes se sont naturellement associés les premiers échecs. Des échecs spectaculaires, voulus par l'explosion en vol ou encore les trajectoires que l'on qualifierait d'erratiques pour certaines des premières fusées. Cependant, chaque essai raté apporte son lot de leçons à retenir pour le suivant, engageant l'amélioration successive des prototypages à designer par la suite.

La première fusée dans l'espace et le développement des fusées-lanceurs de 1962.

Le 17 novembre 1962, le groupe de travail du Général Julio Moncárda confirme ses essais et dispose désormais des compétences et savoir-faire nécessaires à la fiabilisation des trajectoires de ces fusées spatiales dont la première franchit l'atmosphère pour entrer en orbite. Une démonstration de la pleine maitrise des techniques de propulsion associées aux dernières innovations. La nouvelle fait grand bruit dans la presse écrite et les journaux télévisés de l'époque, au point de capter l'attention d'autres groupes de chercheurs engagés au sein des universités, dont l'une des plus réputées sur le domaine : l'Escuela Superior de Ingeniería Aeronáutica y Espacial de Jacalbulco, en coordination avec certains chercheurs mathématiciens et physiciens de l'Universidad Internacional de Ciencias de Dolonito. Animée par le chercheur Camilo Vargassà, la délégation soumet au gouvernement et au groupe de chercheurs du Général Julio Moncárda la possibilité de développer des lanceurs-fusées visant placer d'autres objets en orbite. L'idée ne manque pas d'ambition et séduit le président fédéral Fernando Castellanos, qui entend achever son mandat (1955-1965) avec des réussites données à tout jamais à l'Histoire. Il faut dire que la recherche spatiale est un sentier nouveau sur lequel les jalons posés promettent outre des avancées technologiques dans les télécommunications et la défense, une notoriété indélébile à quiconque s'y est investi.

Mais de prime abord, le cercle militaire associé au projet se montre relativement sceptique, peu enclin à prêter des fonds pour un programme qui n'intervient pas directement dans les projets de la défense. Mais considérant des échanges nourris entre les chercheurs du docteur Camilo Vargassà et l'état-major fédérale, ayant pour intermédiaire le Général Julio Moncárda, il est convenu que partie des recherches civiles données à la possibilité de mettre en orbite des objets soit dévolue à un usage militaire. Le groupe de chercheurs du docteur Camilo Vargassà temporise et acte le compromis. Les fonds alloués à la Défense sont débloqués, le développement de lanceurs spatiaux débute sous la supervision d'une commission mixte pour l'Espace, chargée d'étudier la faisabilité de ce programme de lanceurs et la détermination d'objectifs qui gagent de satisfaction à la partie militaire et civile.
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