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[PRESSE] Journal du Kongoinko | Maison des Lettres du Savoir

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Journal National du Kongoinko
Maison des Lettres du Savoir

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Le Kongoinko est un quotidien national officiel, principalement de relais journalistique, publié par la Maison des Lettres du Savoir sous le contrôle direct de l'État de Maronhi. En tant qu'organe officiel, sa mission est de communiquer de manière transparente et précise les décisions gouvernementales, les nouvelles nationales ainsi que les expositions officielles des faits qui impactent la communauté maronhienne. Le Kongoinko relaye essentiellement des articles de journaux indépendants contre paiement. Il s'agit de plus du principal canal par lequel les Maronhiens peuvent accéder aux décisions prises au plus haut niveau de l'État. La Maison des Lettres du Savoir s'engage à fournir des informations complètes sur les politiques, les lois et les réformes qui façonnent la Maronhi. Des nouvelles économiques aux avancées technologiques, en passant par les initiatives culturelles, le journal du Kongoinko couvre un large éventail de sujets nationaux. Contrairement aux presses locales qui sont souvent le théâtre de débats et d'opinions diverses, le Kongoinko maintient une approche unifiée. En tant que média national officiel, il est dédié à présenter une voix claire et cohérente en ce qui concerne les positions et les perspectives du gouvernement maronhien.

Note HRP :

Vous ne trouverez pas d'articles de presse en dehors de ce journal sur le RP de la Maronhi, et notamment de contenus de journaux d'opinions, principalement par aversion pour l'exercice de pastiche de pensées, mais également par pur désintérêt. Cela ne signifie cependant pas que ceux-ci soient inexistants. Ainsi, la production d'articles n'est en aucun cas censée être représentative de la diversité journalistique en Maronhi.

Maison des Lettres du Savoir : Journal du Kongoinko
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Sécurité : 23 puits d'orpaillage clandestin détruits

22 août 2007




Trente infrastructures détruites, huit individus appréhendés, deux militaires morts. L'opération Forêt Nette a coûté ce qu'elle a rendu. C'est le prix, désormais assumé, d'une guerre souterraine que la République mène depuis des décennies contre ceux qui viennent piller l'or national.


Dans une opération d'envergure visant à mettre fin aux activités d'orpaillage illégal dans le secteur reculé des criques du Haut-Matahou, près de 200 miliciens sont parvenus à détruire 23 puits et 7 galeries clandestines, selon le communiqué du secrétaire général de la Milice publié hier après-midi. Cette action, baptisée Forêt Nette, a mobilisé des spécialistes du génie militaire sur une zone d'accès extrêmement difficile, nécessitant l'utilisation de 850 kilogrammes d'explosifs. Depuis le déploiement des forces de sécurité le 20 juillet dernier, les autorités ont par ailleurs saisi du matériel de premier ordre : 750 000 Ikkō en numéraire — l'équivalent monétaire couramment utilisé dans les échanges liés à ces activités illicites —, trois véhicules tout-terrain, 240 grammes d'or brut et quatre armes à feu. À l'issue des interrogatoires, cinq personnes ont été placées en détention provisoire et trois autres soumises à un contrôle judiciaire. L'ensemble des individus appréhendés se trouvaient en situation irrégulière sur le territoire de la République. Cette opération n'a cependant pas été exempte de tragédie. Le 17 juillet, deux militaires du génie ont perdu la vie accidentellement dans une galerie lors d'une opération préparatoire similaire. Selon les premiers éléments de l'enquête, une intoxication au monoxyde de carbone est soupçonnée, les gaz toxiques ayant pu se propager depuis une galerie communiquant avec le lieu des décès à la suite de deux explosions antérieures. Une enquête pour homicide involontaire a été ouverte, et le procureur Kaï Fiaba a confirmé que l'affaire était toujours en cours d'instruction. Le secrétaire général de la Milice a rendu hommage aux deux hommes lors d'une cérémonie sobre tenue dans l'enceinte du quartier général de Siwa, en présence du chef de département de la Sécurité Intérieure, Madame Matsui Tori.

Pour comprendre l'ampleur de l'opération Forêt Nette et la détermination des autorités à la conduire jusqu'à son terme malgré les pertes humaines, il convient de replacer cette action dans le contexte plus large de la lutte contre l'orpaillage illégal en Maronhi — une lutte qui dure depuis plusieurs décennies et dont l'histoire est indissociable de celle du Grand Bois lui-même. L'or du plateau maronhien a fait rêver bien avant l'arrivée des premières jonques burujoises. Dès le XVIe siècle, des rumeurs de rivières d'or et d'émeraude attiraient les plus téméraires des colons vers l'intérieur des terres, remontant les affluents de l'Opaya au mépris des rapides et des crues. Les premières concessions minières officielles — Iwako pour le fer et l'argent dès 1573, Kouhou pour l'or en 1598 — structurèrent rapidement l'économie de la colonie burujoise et financèrent jusqu'à la cour impériale de Karaimu. Le Grand Bois, dès cette époque, fut moins un sanctuaire qu'un gisement en attente d'exploitation. Avec l'instauration du Shogunat Susano puis de la Première République, l'État maronhien tenta de rationaliser l'exploitation aurifère en imposant des concessions réglementées et en prélevant une part des bénéfices. Mais la dispersion des filons sur des centaines de kilomètres de criques inaccessibles rendit toujours cette régulation partielle. Des orpailleurs clandestins — étrangers pour la plupart, attirés par la rumeur de l'or facile — s'infiltraient dans les provinces de l'Intérieur dès que le contrôle de l'État se relâchait, s'installant dans des zones que ni la milice ni les gardes forestiers ne pouvaient surveiller en permanence. La révolution de 1962 et l'instauration de la République nationale-socialiste sous Khoro Kouyouri marquèrent une tentative de reprise en main. La nationalisation des entreprises minières étrangères et la création d'un secteur d'extraction supervisé directement par l'État devaient, dans l'esprit du premier Gran Man, mettre fin à l'exploitation sauvage et redistribuer les bénéfices aurifères à l'ensemble de la population. Les premières décennies du régime virent effectivement une réduction sensible de l'orpaillage clandestin. Mais à partir des années 1980, le relâchement progressif du contrôle étatique sur les marges forestières, conjugué à la hausse du cours mondial de l'or, redonna vie à des réseaux d'orpailleurs clandestins toujours plus organisés et toujours mieux équipés.

Site d'orpaillage illégal en fonctionnement, photographie, 2007. / Chasseurs forestiers encerclant un camp d'orpaillage illégal, photographie, 2007.
(Gauche) Site d'orpaillage illégal en fonctionnement, photographie, 2007.
(Droite) Chasseurs forestiers encerclant un camp d'orpaillage illégal, photographie, 2007.

C'est dans ce contexte que s'inscrit ce que les archives du Département de la Sécurité Intérieure désignent comme la troisième crise de l'orpaillage illégal, débutée en 1994 et dont les conséquences se firent sentir jusqu'en 1996. Cette période constitue, dans la mémoire institutionnelle maronhienne, le point de bascule qui précipita les autorités vers une doctrine plus offensive. En 1994, une recrudescence brutale de l'orpaillage clandestin fut enregistrée dans les bassins du Matahou et du Yawara. Les réseaux en cause, composés en grande majorité d'étrangers en situation irrégulière, avaient perfectionné leurs méthodes : galeries creusées à plusieurs mètres de profondeur, usage du mercure pour amalgamer l'or fin, rotation rapide des équipes pour limiter les risques d'interception. L'État maronhien, pris de court par l'ampleur du phénomène, tardait à mobiliser des effectifs suffisants dans des zones que l'absence de routes rendait presque inatteignables autrement que par pirogue ou par voie aérienne. L'année 1996 marqua un tournant dramatique. Une intoxication massive au mercure frappa les populations des villages riverains du Matahou moyen, dans la province d'Ahminikya. Plusieurs dizaines de personnes — dont une majorité d'enfants et de femmes — présentèrent des symptômes neurologiques sévères consécutifs à la consommation de poissons contaminés. Les communautés Awanapis et Ikikwés, qui dépendent des ressources halieutiques du fleuve pour une part essentielle de leur alimentation, furent les plus touchées. Cet épisode, resté dans les mémoires comme l'empoisonnement du Matahou, provoqua une onde de choc dans l'opinion publique maronhienne et força le gouvernement à réagir avec une brutalité nouvelle. La Gran Man Awara Kouyouri, qui venait d'hériter d'un pays profondément marqué par cet épisode lors de son investiture en 2002, en fit l'une des priorités de son mandat : l'orpaillage illégal ne serait plus traité comme un simple délit administratif, mais comme une atteinte directe à la souveraineté nationale et à la sécurité des populations du Grand Bois.

C'est dans la continuité de cette doctrine que s'inscrit l'opération Forêt Nette. Le recours à des spécialistes du génie militaire pour détruire physiquement les infrastructures clandestines — puits, galeries, canaux de déviation des criques — constitue une évolution significative par rapport aux opérations de saisie et d'expulsion qui avaient prévalu jusqu'alors. Il ne s'agit plus seulement d'arrêter des individus, mais de rendre les sites inexploitables pour une durée suffisamment longue pour décourager toute réinstallation. L'utilisation de 850 kilogrammes d'explosifs sur un seul théâtre d'opération témoigne de l'ampleur des infrastructures souterraines que les orpailleurs clandestins avaient eu le temps de construire. Certaines galeries, selon les éléments communiqués par le secrétaire général de la Milice, descendaient à plus de douze mètres de profondeur et comportaient des systèmes de ventilation rudimentaires — ce qui explique, précisément, la tragédie du 17 juillet. Les gaz produits par les explosions préparatoires, du monoxyde de carbone en particulier, peuvent se propager sur des dizaines de mètres dans un réseau de galeries communicantes avant de se dissiper. Les deux militaires du génie qui ont perdu la vie ce jour-là travaillaient dans un tronçon que les relevés de surface n'avaient pas identifié comme communicant avec la zone de tir. L'enquête devra déterminer si cette méconnaissance résulte d'une insuffisance de reconnaissance préalable ou d'une erreur de protocole. Ces deux morts ne doivent pas occulter l'ampleur de ce qui a été accompli. La destruction de 30 infrastructures clandestines représente plusieurs mois de travail et des investissements considérables pour les réseaux qui les finançaient. Les saisies — 240 grammes d'or, 750 000 Ikkō, trois véhicules, quatre armes — donnent un aperçu partiel de la valeur économique en jeu, sans préjuger des quantités d'or déjà extraites et acheminées hors du territoire avant l'intervention. Les huit personnes appréhendées constituent, selon les enquêteurs, la partie visible d'un réseau dont les ramifications dépassent vraisemblablement les seules criques du Haut-Matahou.

Au-delà des chiffres de l'opération, c'est une question de fond que l'orpaillage illégal pose à la République nationale-socialiste de Maronhi : celle de l'exercice effectif de sa souveraineté sur un territoire dont 85 % est recouvert d'une forêt équatoriale dense, traversée de fleuves souvent impraticables au-delà des premiers rapides. La devise nationale — Elle est du grand bois et partira avec lui — rappelle que la forêt n'est pas seulement une ressource économique, mais le fondement même de l'identité maronhienne. L'orpaillage clandestin, avec ses amalgames au mercure qui empoisonnent les criques pendant des années, ses déboisements sauvages qui ouvrent des cicatrices dans la canopée, et ses réseaux criminels qui ignorent souverainement les frontières et les lois, constitue une atteinte à ce pacte fondateur entre la nation et son Grand Bois. Les autorités l'ont bien compris : c'est moins l'or lui-même qui est en jeu que la capacité de l'État à faire respecter ses règles dans les zones les plus reculées de son territoire. En ce sens, l'opération Forêt Nette, avec ses succès et ses deuils, n'est qu'un épisode dans une lutte qui ne prendra fin que lorsque les ressources et les moyens de surveillance seront à la hauteur de l'immensité du Grand Bois.

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Environnement : excès de mercure sur l'Opaya

24 août 2007



Des concentrations de mercure* supérieures à la norme en vigueur ont été relevées chez les habitants du fleuve Opaya.

Les activités d'orpaillage depuis la fin du XIXème siècle sont responsables de rejets importants de mercure dans l'environnement estimés à plusieurs centaines de tonnes et en particulier au niveau du fleuve Opaya. Ceci est la conséquence de l'utilisation de la méthode d'amalgamation au mercure où l'or est séparé du mercure élémentaire (Hg) par chauffage en circuit ouvert. Le mercure déposé sur le fond sédimentaire s'accumule dans la chaîne alimentaire et constitue ainsi la source majeure d'exposition chronique des populations.

Selon deux enquêtes conduites par la cellule d'épidémiologie parmi les populations de l'Opaya et en 2003, les concentrations moyennes de mercure sont de 5,4 µg/g (micro-grammes de mercure par gramme de cheveux) alors que la valeur maximale de mercure tolérable dans l'alimentation avait été réduite en 1991 de 7,2 µg/g à 2,8 µg/g.

Ainsi, une étude sur un éventuel excès de malformations congénitales chez habitants du fleuve doit démarrer le 5 septembre prochain, précise la cellule d'épidémiologie. Déjà, une première enquête, menée en 1995 par le Bureau national de la santé publique, avait montré que près d'un cinquième de la population dépassait la valeur recommandée de 2,8 µg/g de mercure total dans les cheveux. Cette étude avait permis de mettre en évidence une exposition au mercure excessive de la population liée à la consommation de poissons contaminés. En 1997, une autre enquête alimentaire, sur l'exposition au mercure, avait confirmé ces moyennes (6,3 µg/g), puis en 1998 une étude avait alerté sur les risques neurotoxiques chez l'enfant, et mis en évidence des troubles neurologiques et des problèmes sanitaires.

En février dernier, la communauté scientifique avait préconisé d'entreprendre sans délai les mesures propres à assurer une réduction de l'exposition au mercure de ces populations.

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Mercure liquide, photographie, 2007.


*Le mercure déposé sur le fond sédimentaire des rivières est transformé en mercure organique (méthylmercure) par l'action bactérienne, l'état actuel des connaissances sur les processus mis en jeu, sur les rendements et sur la localisation des réactions de méthylation biologique étant très limité et faisant l'objet de nombreuses controverses. Le méthylmercure est ensuite absorbé par les organismes situés à la base des réseaux trophiques (espèces végétales/producteurs primaires), ce qui constitue le premier maillon du processus de bioamplification dans la chaîne alimentaire aquatique. Les poissons herbivores consomment les producteurs primaires avant d'être eux-mêmes la proie des poissons carnivores. Cette bioamplification du mercure dans la chaîne alimentaire est considérable, résultant essentiellement des transferts cumulatifs de la forme méthylée du métal. Ainsi, les concentrations les plus élevées sont détectées chez les poissons prédateurs, qui peuvent être de plusieurs millions de fois supérieures à celles mesurées dans l'eau (quelques ng/L dans l'eau et plusieurs mg/kg dans les organismes prédateurs).


La Patrie ou la Mort, nous vaincrons.

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Anniversaires : Jour de la Libération

29 août 2007



Trente-deux ans après que les derniers coups de feu se furent tus dans les rues de Siwa, la date du 29 août reste la plus chargée du calendrier maronhien. Non pas la fête d'une victoire, mais le souvenir d'une dette — celle que les vivants contractent envers ceux qui ont fait aujourd'hui.


Le peuple de Maronhi a célébré avec fierté et émotion la fête nationale le 29 août, commémorant l'entrée de l'Armée nationale et populaire dans la ville de Siwa en 1962, marquant ainsi la naissance de la République Nationale-Socialiste de Maronhi. Cette date est le témoignage d'une lutte acharnée pour la libération du peuple maronhien contre l'exploitation étrangère et la complicité des puissants. Le discours prononcé par Khoro Kouyouri lors de cette journée reste gravé dans les mémoires, dénonçant les abus et l'oppression subis par le peuple maronhien au nom de la liberté — « les libéraux, abusant du drapeau de la liberté, ont violé notre terre et opprimé nos compatriotes », avait-il déclaré devant près d'un million d'habitants rassemblés sur les Champs-Pourpres. La célébration du 29 août a également été l'occasion pour le peuple de rendre hommage aux héros tombés au combat et de se remémorer une période historique cruciale pour le pays. Les rues étaient décorées de drapeaux maronhiens, apportant une explosion de couleurs rouge et or à travers tout le territoire. Le point d'orgue de cette journée fut le défilé militaire qui se déroula sur les Champs-Pourpres. Plus de 6 000 personnes ont participé à cet événement, dont 5 000 militaires et miliciens, ainsi que 1 000 civils vêtus de tenues traditionnelles pour la danse rituelle en hommage aux esprits des combattants tombés pour la patrie. Près de 75 000 spectateurs étaient présents, mais selon les organisateurs, cet afflux de personnes ne suffisait pas à rendre justice à l'importance de l'événement. Le défilé a été marqué par des moments d'une grande solennité, illustrant la force et la détermination de la nation maronhienne. Les troupes militaires défilaient avec une discipline impeccable, arborant fièrement leurs uniformes et leurs insignes. Des véhicules blindés, des chars d'assaut et des pièces d'artillerie étaient également présents, témoignant de la puissance militaire de Maronhi. Les avions de chasse survolaient les Champs-Pourpres, laissant derrière eux des traînées de fumée aux couleurs nationales. Le point d'orgue du défilé fut la performance d'une chorale composée de 150 lycéens militaires, qui entonnèrent avec ferveur l'hymne national. Leurs voix puissantes et harmonieuses résonnèrent dans tout le pays, renforçant le sentiment d'unité et de fierté nationale.

Pour comprendre ce que représente cette journée au-delà du spectacle militaire, il faut revenir à ce qu'elle commémore : non pas un jour isolé, mais l'aboutissement d'une lutte de quatorze ans qui transforma en profondeur le visage de la Maronhi. La guerre civile qui s'acheva le 29 août 1962 avait commencé dans les montagnes des Lances du Ciel en 1948, lorsque des groupes d'intellectuels et de militaires dissidents, nourris par des décennies de pensée socialiste et nationaliste maronhienne, prirent les armes contre le régime de la Nouvelle Main Dorée. Ce régime, incarné depuis 1941 par le président Itachi Nakamura, s'était distingué par une corruption généralisée, une répression brutale des opposants et une soumission aux intérêts économiques étrangers qui laissait la majorité de la population dans la pauvreté. Les compagnies étrangères contrôlaient les industries du sucre, de la banane, du riz et du tabac ; les grandes propriétés terriennes étaient aux mains d'une poignée de familles liées au pouvoir ; la liberté d'expression n'existait que dans la clandestinité. Pendant onze ans, la guérilla tint dans les forêts et les montagnes, changeant plusieurs fois de forme, s'étendant progressivement de l'arrière-pays vers les villes côtières. C'est en 1959 que le cours de la guerre bascula irrémédiablement. Le massacre de Kayawa — dont la commémoration est inscrite dans le calendrier national au 18 août, soit onze jours avant la fête nationale — vit les forces républicaines abattre plusieurs dizaines de civils dans cette ville de la province de Jingyu, soupçonnée de sympathies insurrectionnelles. Cet épisode, longtemps dissimulé par le régime Nakamura, finit de retourner l'opinion publique. Des unités entières de l'armée régulière rejoignirent les rangs des insurgés. La chute du régime n'était plus qu'une question de temps. Le 29 août 1962, l'Armée nationale et populaire entrait dans Siwa. Khoro Kouyouri, fils d'Arata Kouyouri et de Miho Okada, trente-neuf ans, ancien officier rallié à la cause insurrectionnelle dès 1951, prononçait depuis les Champs-Pourpres le discours fondateur de la nouvelle République. Devant un million de Maronhiens massés dans les rues de la capitale, il traçait les lignes de ce que serait la Maronhi nouvelle : anti-impérialiste, souveraine, socialiste dans ses structures, animiste dans son âme.

 Discours de Khoro Kouyouri à Siwa, photographie, 1962. / Gardes forestiers en tenues d'apparat lors de la parade militaire du 28 août, photographie, 2007.
(Gauche) Discours de Khoro Kouyouri à Siwa, photographie, 1962.
(Droite) Gardes forestiers en tenues d'apparat lors de la parade militaire du 28 août, photographie, 2007.


Mort en 2002, après quarante années à la tête de la République, Khoro Kouyouri reste la figure tutélaire de chaque 29 août. Son portrait orne les façades des bâtiments publics de Siwa à Fujiao, de Lawao-Heiyan à Uminomon, aux côtés du drapeau rouge et or. Les discours officiels le citent systématiquement. Les lycéens apprennent ses textes. Ce n'est pas seulement la nostalgie d'un fondateur. C'est la conscience que la légitimité de la République repose encore largement sur la mémoire de cet homme qui sut incarner, pendant six décennies, une idée simple et puissante : que la Maronhi pouvait se gouverner elle-même, protéger ses ressources et ses habitants, et exister dans le monde sans se soumettre aux diktats des puissances extérieures. Kouyouri avait défini sa politique comme « profondément anti-impérialiste » et affirmait que « le plus insidieux et efficace des impérialismes est celui qui naît dans la pensée » — une formule qui résonne encore dans les discours d'Awara Kouyouri, sa petite-fille, qui lui succéda à sa mort. Le défi d'Awara Kouyouri est précisément celui que chaque 29 août met en lumière : gouverner dans l'ombre d'une figure quasi mythique, encensée par la population, sans se laisser écraser par ce poids. Les réformes qu'elle a conduites depuis 2002 — régularisation des relations avec le Grand Kah en 2007, réouverture vers l'Empire Burujoa en 2009, fondation de l'Union Médiane des Traditionalistes en 2008 — témoignent d'une volonté d'inscrire l'héritage kouyourien dans un monde qui a changé, sans en trahir l'esprit.

Ce qui distingue le 29 août des fêtes nationales de nombreux autres pays, c'est la dimension proprement spirituelle que lui confère l'Ōkinakishintō, l'animisme maronhien. La journée n'est pas seulement politique et militaire : elle est aussi une cérémonie d'hommage aux esprits des combattants tombés, dont on croit qu'ils continuent à veiller sur la République depuis l'autre côté du Grand Bois. La danse rituelle des 1 000 civils vêtus de tenues traditionnelles qui clôture le défilé n'est pas un spectacle folklorique. C'est un rite codifié, encadré par les chamanes des sanctuaires de la capitale, dont la fonction est d'ouvrir une communication avec les esprits des morts de la guerre civile et de leur témoigner que leur sacrifice n'a pas été vain. Les mouvements des danseurs, les rythmes des tambours, les fumées d'encens qui montent des braseros disposés aux quatre coins des Champs-Pourpres : tout obéit à une grammaire rituelle précise, héritée des pratiques maronhos et réinterprétée dans le syncrétisme de l'animisme nazumi-paltoterran qui constitue la religion d'État depuis 1962. Le Gran Man joue dans cette cérémonie un rôle de « gardien des valeurs » : c'est à lui qu'il revient d'organiser et de financer les grandes fêtes animistes, d'entretenir les sanctuaires, et de présider les moments de communion collective entre les vivants et les esprits protecteurs de la nation. En ce sens, le 29 août est peut-être le moment où la fonction spirituelle du Gran Man s'exprime avec le plus de force — davantage encore que les cérémonies ordinaires du calendrier des soixante micro-saisons.

Au-delà des festivités, cette journée demeure un rappel poignant de l'histoire maronhienne et de la lutte pour la liberté et l'indépendance. Mais elle est aussi, pour les Maronhiens qui regardent défiler les lycéens militaires et entendent leurs voix résonner sur les Champs-Pourpres, une projection vers l'avenir. Ces jeunes gens qui chantent l'hymne sont nés après la mort de Khoro Kouyouri. Pour eux, la République n'est pas un héritage fragile à défendre : c'est un fait acquis, un cadre dans lequel ils ont grandi, appris, travaillé. La Maronhi de 2010 n'est plus celle de 1962. Son économie s'est ouverte, ses alliances diplomatiques se sont diversifiées, sa population a crû et sa classe moyenne s'est étoffée. Les défis qu'elle affronte — l'orpaillage illégal dans le Grand Bois, les tensions avec ses voisins, la question jamais close de l'intégration des nations maronhos dans les institutions républicaines — sont différents de ceux qu'affrontaient les guérilleros des Lances du Ciel. Mais la devise nationale reste la même, gravée sur les frontons des mairies de province et sur les murs des écoles : Elle est du grand bois et partira avec lui. Une phrase qui dit à la fois l'enracinement et la fragilité, l'orgueil et la conscience que tout ce qui a été construit peut, si l'on n'y prend garde, disparaître avec la forêt qui lui a donné naissance. C'est peut-être cela, en définitive, que commémore le 29 août : non pas seulement une victoire militaire, mais le rappel constant que la République est un organisme vivant, qu'elle a besoin d'être entretenue, défendue et transmise — comme on entretient un sanctuaire, comme on transmet une langue, comme on sculpte un banc dans un tronc unique pour que quelqu'un puisse s'y asseoir après vous.



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Sécurité : saisies de stupéfiants avant un vol

3 septembre 2007



Une opération anti-stupéfiants menée lors d'un contrôle avant l'embarquement d'un vol Air Maronhi a permis de déjouer une tentative de trafic de drogue. Sur les 53 passagers prévus pour le vol, seuls 49 ont été autorisés à embarquer, suite aux saisies de stupéfiants effectuées par les forces de l'ordre. Le procureur du Tribunal d'Etat, chargé de l'affaire, a expliqué que le choix du vol était complètement aléatoire, dans le but initial de mesurer l'ampleur du problème posé par les mules de drogue sur le territoire. L'opération a été menée le 1er septembre par une vingtaine de membres des forces de l'ordre de la zone sud-est, conformément à une réquisition judiciaire. Le bilan de cette opération est significatif, avec quatre personnes placées en garde à vue pour trafic de stupéfiants et utilisation de faux documents. Environ 2 kg de cocaïne ont été saisis dans les bagages de ces individus. De plus, neuf autres personnes soupçonnées de complicité ont fait l'objet d'un arrêté prescrivant une interdiction temporaire de voyager. Cette opération anti-drogue témoigne de l'engagement des autorités maronhiennes dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. La découverte et la saisie de cette quantité importante de cocaïne ont permis de prévenir l'acheminement de drogues illicites vers une destination potentielle, préservant ainsi la sécurité et le bien-être de la population.

Le trafic de drogue représente une menace sérieuse pour la société, avec des conséquences néfastes sur la santé des individus, la stabilité des communautés et l'économie nationale. Les autorités de Maronhi demeurent déterminées à combattre ce fléau en renforçant les contrôles et en poursuivant les responsables. Cette opération anti-stupéfiants avant le vol a également souligné l'importance de la collaboration entre les différentes forces de l'ordre pour garantir la sécurité des passagers et prévenir toute tentative de trafic de drogue à travers les frontières. Les équipes de sécurité aérienne ont joué un rôle essentiel en assurant un contrôle minutieux des passagers et de leurs bagages, démontrant ainsi leur vigilance et leur efficacité dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Les saisies de stupéfiants et les arrestations effectuées lors de cette opération témoignent de la fermeté des autorités maronhiennes face aux activités criminelles liées à la drogue. La justice sera rendue dans cette affaire, et les personnes impliquées devront répondre de leurs actes devant les tribunaux.

Avion de vol intérieur sur la piste de Lawao, photographie, 2007.
Avion de vol intérieur sur la piste de Lawao, photographie, 2007.


Cette réussite dans la lutte contre le trafic de drogue démontre l'engagement résolu de Maronhi à protéger ses citoyens et à maintenir la sécurité sur son territoire. Les autorités continueront de redoubler defforts pour démanteler les réseaux de trafic de drogue et prévenir toute tentative de passage de stupéfiants par les voies aériennes. L'ampleur de cette saisie met en lumière l'importance de la coopération internationale dans la lutte contre le trafic de drogue. Maronhi travaille en étroite collaboration avec ses partenaires internationaux pour échanger des informations et renforcer les contrôles aux frontières, afin de freiner la propagation des drogues illicites à travers les différents pays. En parallèle aux efforts de répression, les autorités maronhiennes accordent une grande importance à la prévention et à la sensibilisation. Des campagnes de sensibilisation sont régulièrement menées pour informer la population des dangers de la consommation de drogues et de l'impact néfaste qu'elle peut avoir sur la santé et la société. Des programmes de prévention sont également mis en place dans les écoles et les communautés pour éduquer les jeunes sur les risques liés aux drogues et promouvoir des modes de vie sains.

Cette opération anti-stupéfiants souligne également l'importance des contrôles de sécurité stricts avant l'embarquement sur les vols aériens. Les compagnies aériennes et les autorités aéroportuaires doivent rester vigilantes et continuer à mettre en œuvre des procédures rigoureuses pour détecter toute tentative de transport de drogue à travers les voyages aériens. Enfin, il convient de souligner le courage et le professionnalisme des forces de l'ordre maronhiennes qui ont mené cette opération avec succès. Leur détermination et leur engagement à lutter contre le trafic de drogue sont essentiels pour assurer la sécurité et la tranquillité des citoyens. La saisie de stupéfiants avant le vol est une étape significative dans la lutte contre le trafic de drogue. Cependant, il est important de rester vigilant et de continuer à renforcer les mesures de sécurité afin de contrer les nouvelles méthodes utilisées par les trafiquants. Les autorités de Maronhi restent fermement engagées dans cette lutte sans relâche pour protéger la société et garantir un avenir sûr et sain pour tous.


La Patrie ou la Mort, nous vaincrons.

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Environnement : tortues marines attaquées

15 septembre 2007



Le Bureau national de l'environnement lance une mise en garde urgente à l'attention des propriétaires de chiens vivant le long de la côte. Une campagne d'affichage du Département de l'environnement vise à sensibiliser sur les dangers que représentent les chiens errants pour les tortues marines, notamment pendant la période de ponte. Chaque année, sur la péninsule Inoha, des tortues biwa (tortues luth hors Maronhi) et leurs œufs sont victimes d'attaques de chiens errants, mettant en péril ces espèces en voie de disparition. De plus, ces chiens peuvent également être porteurs de maladies dangereuses pour les humains. Les autorités rappellent que les chiens errants sont capturés par la fourrière et placés en chenil. Si un chien n'est pas identifié ou réclamé dans un délai de 14 jours, il est considéré comme abandonné et devient la propriété de la fourrière. À ce stade, l'animal est pris en charge par un refuge et peut être proposé à l'adoption ou remis à une association de protection animale. En dernier recours, si aucune solution n'est trouvée, l'euthanasie peut être envisagée. Les propriétaires de chiens errants encourent une amende allant de 7 800 à 15 000 ikkōs. Cependant, les conséquences sont encore plus sévères pour les propriétaires de chiens ayant attaqué une tortue marine ou un nid. Ces personnes risquent une amende de 20 000 000 d'ikkōs et une peine de travaux forcés d'un an et demi.

La protection des tortues marines est d'une importance capitale pour préserver la biodiversité marine et maintenir l'équilibre des écosystèmes côtiers. Ces créatures majestueuses jouent un rôle clé dans la préservation des récifs coralliens et contribuent à maintenir la santé de nos eaux. Cependant, leur population est en déclin en raison de diverses menaces, dont les attaques de chiens errants pendant la période de ponte. Il est essentiel que chaque propriétaire de chien prenne ses responsabilités et veille à ce que son animal ne divague pas en liberté le long des plages et des zones de ponte des tortues marines. Il est recommandé de garder les chiens en laisse ou de les maintenir dans des enclos appropriés pour éviter tout contact préjudiciable avec la faune marine. Les autorités locales sont mobilisées pour renforcer les mesures de contrôle et de prévention. Des patrouilles régulières sont effectuées sur les plages pour dissuader les propriétaires négligents et protéger les tortues marines. De plus, des campagnes de sensibilisation sont organisées afin d'informer et d'éduquer la population sur l'importance de la conservation des tortues marines et de la nécessité de prévenir les attaques de chiens errants.

Tortue biwa remontant une plage du golfe pour la ponte, photographie, 2007. / Chiens kureoru vagabondant seuls sur une plage su golfe, photographie, 2007.
Tortue biwa remontant une plage du golfe pour la ponte, photographie, 2007.
Chiens kureoru dits "arboriers maronhiens" vagabondant seuls sur une plage su golfe, photographie, 2007.


La protection de nos écosystèmes marins est une responsabilité collective. En tant que citoyens conscients de l'importance de la préservation de la biodiversité, nous devons tous contribuer à la sauvegarde des tortues marines et de leur habitat naturel. Il est primordial de signaler tout comportement suspect ou toute attaque de chiens errants envers les tortues marines aux autorités compétentes. En signalant ces incidents, nous aidons les responsables à prendre des mesures immédiates pour protéger ces espèces en danger. En outre, il est essentiel d'éduquer les propriétaires de chiens sur les conséquences néfastes de la divagation de leurs animaux le long des côtes. Les campagnes de sensibilisation doivent mettre en avant l'importance de tenir les chiens en laisse, de les garder sous surveillance et de les maintenir à distance des zones de ponte des tortues marines. Les propriétaires de chiens doivent être conscients que leurs actions peuvent avoir un impact direct sur la survie de ces espèces précieuses.

Au-delà des mesures de prévention, il est également essentiel de renforcer les efforts de conservation des tortues marines. Les initiatives de protection des habitats côtiers, les programmes de recherche et les actions de restauration des zones de ponte sont autant d'éléments qui contribuent à assurer la survie à long terme de ces espèces emblématiques. La protection des tortues marines contre les attaques de chiens errants nécessite donc une coopération étroite entre les autorités, les propriétaires de chiens et la communauté dans son ensemble. Nous devons tous agir ensemble pour mettre fin à ces agressions et préserver nos écosystèmes marins pour les générations futures. Rappelons-nous que chaque geste compte. En veillant à notre environnement, nous contribuons à préserver la richesse naturelle de nos côtes et à garantir la survie des tortues marines, ces joyaux fragiles de nos côtes.



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Festivités : les fantômes sauvages approchent

1er octobre 2007



En octobre, la Maronhi retient son souffle. Les lanternes s'allument une à une aux façades des maisons, les chamans sortent leurs talismans, et les troupes d'opéra chargent leurs costumes sur des pirogues. Les esprits arrivent. Il vaut mieux être prêt.



En ce début d'octobre, une période empreinte de mystère et de traditions ancestrales s'ouvre à nous : le mois des fantômes. Il est temps d'avertir ces esprits errants de notre hospitalité en suspendant une lanterne devant nos maisons. Ne les décevons pas, car les fantômes ont toujours eu un appétit vorace. Pour nos jeunes lecteurs qui pourraient être moins familiers avec cette coutume, il est important de rappeler que pendant ce mois spécial, les esprits retenus dans les enfers sont temporairement libérés sur terre. Ils sont ceux qui n'ont pas reçu de culte approprié, ou qui n'ont pas pu trouver la paix en raison d'une mort violente ou de leur mauvaise conduite de leur vivant. Ces fantômes sauvages se voient offrir des repas copieux et des cérémonies somptueuses pour les aider à trouver la délivrance. Dès ce matin, les communes ouvriront les espaces de culte pour accueillir les offrandes destinées aux esprits. Les chamans veilleront à disposer les talismans près des offrandes au fur et à mesure du déroulement des festivités. Et ce soir même, une troupe d'opéra traditionnel offrira un spectacle captivant, à la fois aux morts et aux vivants, à Siwa, avant de parcourir tout le pays pour le reste du mois, répandant ainsi l'esprit festif et spirituel de cette période singulière.

Le mois des fantômes tel que le célèbre la Maronhi contemporaine est l'une des manifestations les plus frappantes du syncrétisme qui caractérise l'Ōkinakishintō, l'animisme maronhien. Il mêle en une seule fête des traditions venues des quatre coins du monde nazumi et des profondeurs du Grand Bois, brassées par cinq siècles de vie commune sur le plateau. Du côté nazumi, la fête trouve ses racines dans le Obon ylmasien et jinuien, cette période annuelle pendant laquelle les esprits des ancêtres reviennent rendre visite aux vivants et où les familles se rassemblent pour les accueillir, nettoyer les tombes et allumer des lanternes flottantes sur les fleuves pour guider les âmes errantes vers leur repos. Dans les provinces de Sunga et de Jingyu, dont les populations sont majoritairement créoles ylmasiennes et jinuiennes, le Obon est célébré depuis les premiers temps de la colonisation avec une fidélité remarquable aux traditions du Nazum : danses du bon odori dans les cours des temples bouddhiques, encens brûlé devant les autels familiaux, flottilles de lanternes lâchées sur l'Opaya au soir du dernier jour. Mais la Maronhi n'est pas le Nazum, et les esprits qui peuplent son Grand Bois ne ressemblent pas tout à fait à ceux que les premiers colons avaient connus sur leurs îles d'origine. La cosmologie des nations maronhos avait ses propres défunts errants, ses propres catégories d'esprits insatisfaits : ceux morts sans descendance pour les honorer, ceux emportés par la violence d'une guerre ou d'un jaguar, ceux dont le corps n'avait pas reçu les rites funèbres appropriés et qui erraient entre les arbres, incapables de rejoindre le monde des esprits protecteurs. Les chamanes maronhos — les kaamo des nations ahminis, les piayes des communautés kwanés — avaient développé depuis des générations des pratiques précises pour négocier avec ces entités dangereuses : offrandes déposées aux carrefours des sentiers, invocations récitées au bord des criques, danses destinées à apaiser les esprits les plus agités. Lorsque les deux traditions se rencontrèrent, au fil des siècles de cohabitation coloniale puis républicaine, elles se fondirent naturellement dans ce que l'Ōkinakishintō a retenu sous le nom de mois des fantômes : une période d'un mois entier — et non plus de quelques jours comme dans le Obon nazumi — pendant laquelle les frontières entre le monde des vivants et celui des morts s'amincissent jusqu'à devenir presque transparentes, et où la société tout entière s'organise pour faire face, collectivement, à cette porosité du réel.


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(Gauche) Déguisement de démon à cornes pour le mois des fantômes, photographie, 2006.
(Droite) Autel familial aux esprits avec offrandes, photographie, 2006.


La question mérite d'être posée. Dans la plupart des traditions qui célèbrent le retour des morts, la fenêtre temporelle est courte — trois jours, une semaine au plus. Le mois entier de la tradition maronhienne est une particularité qui a longtemps intrigué les ethnologues étrangers. L'explication tient en partie à la géographie. La Maronhi est un pays immense, dont 85 % du territoire est recouvert d'une forêt que les voies de communication pénètrent difficilement. Dans les provinces de Kwanetipi, d'Ahminikya et de Teyoteko, les villages les plus reculés sont séparés des centres urbains par des jours de pirogue ou de marche. Une fête de trois jours serait à peine entamée avant d'être terminée dans ces communautés de l'Intérieur. Le mois entier est une nécessité logistique autant qu'un choix spirituel : il donne le temps aux troupes d'opéra, aux chamanes itinérants et aux officiants des communes de toucher l'ensemble du territoire avant que les lanternes soient éteintes et les offrandes retirées. Il tient aussi à la conception maronhienne du temps des esprits. Contrairement aux traditions qui imaginent les défunts comme des visiteurs pressés, toujours sur le point de repartir, l'animisme maronhien leur prête une temporalité plus lente, plus forestière. Un esprit qui marche dans le Grand Bois ne se presse pas. Il suit les criques, s'arrête aux fourches des chemins, écoute le bruit des tambours qui lui parviennent de loin. Le mois est la durée minimale pour qu'il puisse, s'il le souhaite, trouver le chemin de votre maison, manger à votre table et repartir apaisé.

Le mois des fantômes est souvent considéré comme une période dangereuse. En effet, en plus de leur propension à jouer de mauvais tours, la nature farceuse des esprits insatisfaits peut avoir des conséquences néfastes sur la santé des vivants — insomnies, malaises inexpliqués, accidents domestiques que l'on attribuera avec une certaine logique à une présence invisible ayant décidé de manifester son mécontentement. C'est pourquoi la tradition conseille de les distraire autant que possible. Pendant trente jours, les communes organisent des banquets, des parades et des feux d'artifice pour amuser et satisfaire les esprits les plus espiègles. Les chamanes disposent les offrandes avec un soin particulier : du couac fraîchement préparé, des fruits tropicaux disposés en cercle, du cachiri versé dans des bols en bois, et parfois — dans les communautés maronhos de l'Intérieur qui conservent les pratiques les plus anciennes — quelques feuilles de tabac sacré dont la fumée est censée ouvrir un canal de communication direct avec les esprits. Les repas sont généreux par principe. Un fantôme bien nourri est un fantôme tranquille. Un fantôme qui a trouvé table vide, en revanche, est un fantôme rancunier — et la tradition populaire regorge d'histoires édifiantes sur les maisonnées qui ont négligé leurs obligations et ont eu à le regretter pendant les onze mois suivants. Certains d'entre nous, peut-être les plus courageux ou les plus farceurs, se mettent même en scène en se déguisant en tengu, en maskilili ou autre yōkai pour tenter d'effrayer les esprits les plus malicieux. Le principe est simple : un esprit qui se croit face à une créature plus effrayante que lui préfère généralement passer son chemin. Cette pratique, venue des traditions ylmasiennes où les masques de démons servaient à chasser les mauvais esprits lors du Setsubun, a été adoptée avec enthousiasme par les Maronhiens de toutes origines — et il n'est pas rare, dans les quartiers populaires de Siwa ou de Fujiao, de voir défiler des processions de masques hybrides, mi-yōkai nazumi mi-créatures du Grand Bois, inventions spontanées d'une culture qui ne résiste jamais longtemps à l'envie de mélanger ce qu'elle a hérité.

La grande troupe d'opéra qui ouvre ce soir ses représentations à Siwa est l'institution culturelle la plus attendue du mois des fantômes. Sa tournée annuelle — qui la conduira pendant les trente jours à venir dans les villes et les bourgs du pays, de Siwa à Fujiao, de Lawao-Heiyan à Uminomon, et jusque dans certains villages de l'Intérieur accessibles par voie fluviale — est l'une des rares occasions où la culture vivante pénètre véritablement jusqu'aux marges du territoire. Le répertoire des troupes du mois des fantômes est spécifique à cette période : pièces mettant en scène des revenants, des chamanes en dialogue avec les morts, des histoires d'amour traversant la frontière entre les vivants et les défunts, des comédies dans lesquelles des fantômes particulièrement maladroits sèment le chaos dans des familles trop bien rangées. Ce théâtre-là n'est pas uniquement un divertissement. Il remplit une fonction rituelle : en représentant les esprits sur scène, en leur donnant voix et corps, les acteurs les honorent autant qu'ils les amusent. Les esprits sont dans le public autant que les vivants. On joue pour tous. En cette période, il est crucial de ne pas rester seul et de prendre soin de soi. Restons vigilants et participons avec enthousiasme aux festivités, honorant ainsi les esprits et nous protégeant de leur espièglerie. Car comme le dit si bien l'adage, repris par les grands-mères de Kwanetipi comme par les marchands de Siwa : les fantômes ont toujours eu gros appétit. Mieux vaut qu'ils trouvent votre lanterne allumée et votre table garnie. La crique attend ses lanternes. Le Grand Bois retient son souffle encore un peu. Bonne fête à tous — et aux autres.


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Anniversaire : Journée de la paix

17 novembre 2007



"45 ans de paix en Maronhi", affiche, 2007 : Journée de la paix.
"45 ans de paix en Maronhi", affiche, 2007.

Demain, le 18 septembre, le pays se prépare à célébrer le 45e anniversaire de la Journée de la Paix en Maronhi. Cette journée revêt une signification particulière, nous rappelant la valeur inestimable de la paix et l'importance de la préserver. En cette occasion, un appel solennel est lancé à tous les Maronhiens pour prendre conscience de la situation mondiale et pour rendre hommage aux esprits des vaillants combattants qui ont sacrifié leur vie sur les champs de bataille, ainsi qu'à ceux qui pourraient encore tomber demain. C'est un devoir pour nous tous, que nous soyons parents, enseignants, élèves, étudiants, membres d'associations, ou encore ouvriers, d'accorder une importance capitale à cette journée et de promouvoir la paix au sein de notre entourage et au-delà. La Journée de la Paix est l'occasion de se rappeler et de faire preuve de compassion envers les victimes des conflits passés et présents. C'est un moment propice pour réfléchir aux conséquences dévastatrices de la guerre, et pour encourager la coopération, le dialogue et la compréhension mutuelle entre les nations.

En cette journée mémorable, nous sommes invités à déposer une offrande aux esprits des soldats tombés au combat, une marque de respect et de gratitude envers ceux qui ont défendu notre pays et notre droit à vivre en paix. C'est aussi l'occasion de soutenir activement les initiatives visant à prévenir les conflits et à favoriser la réconciliation. La paix ne doit pas être simplement considérée comme l'absence de guerre, mais comme un état de société où règnent la justice, la liberté, le respect des droits humains et l'égalité des chances pour tous. En tant que membres de la société civile et militaire, nous avons la responsabilité de construire un environnement pacifique pour les générations présentes et futures. Il est crucial de sensibiliser les jeunes générations à l'importance de la paix et de leur transmettre la dignité et le respect mutuel. La célébration de la Journée de la Paix doit être un moment de réflexion, mais aussi d'action. Chacun d'entre nous peut contribuer à promouvoir la paix à son échelle, en favorisant la résolution pacifique des conflits, en soutenant les initiatives de dialogue et de médiation, et en encourageant la coopération internationale. Ensemble, en cette journée symbolique, engageons-nous à construire un monde meilleur, où la paix est une réalité palpable. Que chaque geste, chaque parole et chaque action que nous posons contribuent à renforcer les fondations de la paix durable en Maronhi et ailleurs.


La Patrie ou la Mort, nous vaincrons.

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Sécurité : enquête sur le trafic de cocaïne

24 novembre 2007



Au cours des sept dernières années, les saisies douanières de cocaïne en Maronhi ont doublé, mettant en évidence la croissance alarmante du trafic de drogue dans le pays. La cocaïne est transportée par des voyageurs, dissimulée dans des valises ou même ingérée, puis revendue sur le territoire national, en particulier dans les villes frontalières. Cette drogue est introduite sous différentes formes, cachée dans les bagages, les vêtements, la nourriture, voire même dissimulée dans des objets. La cocaïne, qu'elle soit sous forme solide ou liquide, est parfois avalée par des "mules" travaillant pour de l'argent sale.

Ces affaires de trafic de drogue se multiplient et ont atteint une ampleur quasi-industrielle. Les enquêtes sur l'origine de cette drogue laissent supposer qu'elle serait produite en Aleucie, puis acheminée en Maronhi par le biais de transporteurs de différentes nationalités agissant comme des "mules". Sur chaque liaison entre la Maronhi et l'étranger, que ce soit par voie maritime ou aérienne, il est estimé que jusqu'à 15 transporteurs de drogue tentent de passer inaperçus. Afin de lutter contre ces trafics, de nouveaux scanners sont actuellement en cours d'étude. Dans l'attente de la mise en place de ces dispositifs, les contrôles seront renforcés sur toutes les liaisons internationales.

Sachet de cocaïne retrouvé dans un fruit
Cache de cocaïne, photographie, 2007.


Face à cet afflux sans précédent de dossiers, les magistrats du Tribunal d'État ont renforcé leur arsenal répressif en optant pour des jugements immédiats. Malgré les efforts déployés par l'État pour combattre ce fléau, la proximité territoriale avec les pays producteurs de drogue rend la mission encore plus complexe, d'autant plus que les quantités de drogue introduites sur le marché continuent d'augmenter de manière significative. Les autorités maronhiennes sont déterminées à lutter contre le trafic de cocaïne et à mettre un terme à cette menace pour la société. Des mesures de sécurité renforcées et une coopération internationale accrue sont nécessaires pour enrayer ce trafic illicite et protéger la population. En parallèle, des initiatives de prévention et de sensibilisation sont mises en place afin d'informer les citoyens des dangers liés à la consommation de drogues et de les encourager à signaler tout comportement suspect aux autorités compétentes.

Il est essentiel de souligner que la lutte contre le trafic de drogue ne peut être menée uniquement par les autorités. L'implication de la société dans son ensemble, à travers une prise de conscience collective et une coopération active, est indispensable pour contrer cette menace grandissante. Il est temps de se mobiliser contre le trafic de cocaïne et de faire de la lutte contre les drogues une priorité nationale. Seule une approche globale, combinant répression, prévention et traitement, permettra de combattre efficacement ce fléau et de protéger les générations futures des ravages de la drogue.


La Patrie ou la Mort, nous vaincrons.

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Musique : titres les plus écoutés de 2007

29 novembre 2007



Voici la liste des cinq premiers titres du classement musical reflétant la popularité des musiques les plus vendues et écoutées de l'année 2007 en Maronhi. Comme le veux la tradition, les chanteurs, chanteuses, orchestres et groupes seront appelés pour participer au Grand Concert du solstice d'hiver.

  • 1
  • Toki Ko - L'homme de la nuit

  • 2
  • Kichi Kupuaku - Mémoire

  • 3
  • Kimi Ara - Sakura

  • 4
  • Hyakuten - Épouvantail

  • 5
  • Koïa Yamawa - Malédiction


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    Travaux publics : la Cité des Sports

    16 décembre 2007



    La construction de la Cité des Sports avance à grands pas, et les travaux publics se poursuivent avec efficacité et détermination. Depuis le lancement des travaux en septembre 2002, une grande partie des équipements destinés à cette future référence en matière d'infrastructures sportives sont déjà construits, et certains projets ambitieux émergent de terre, tels que le village athlétique et le centre aquatique. Le Département de l'habitat et de l'urbanisme prévoit de livrer l'ensemble des infrastructures d'ici mi-2008, confirmant ainsi la progression encourageante du projet. « Nous sommes assez sereins quant à la date de livraison du projet », se réjouit le chef du Département de l'habitat et de l'urbanisme. Actuellement, près de 5 000 personnes sont mobilisées sur les chantiers des différentes infrastructures, dont près d'un millier travaillent activement sur le village athlétique. « Nous sommes dans les temps et avons également veillé à respecter scrupuleusement les règles environnementales et sociales », ajoute-t-il avec fierté.

    Situé entre les villes de Yeonju, Fujiao, Siwa et Uminomon, le village athlétique sera capable d'accueillir près de 8 000 athlètes et leurs accompagnateurs à partir de la fin de l'année 2008 et au début de l'année 2009. L'annonce de la future ligne 7 du métro, qui reliera les différents sites sportifs entre les quatre villes, constitue une avancée majeure pour faciliter les déplacements des participants et des spectateurs. Le développement de la Cité des Sports marque une étape significative dans l'essor sportif et urbain de notre région. Les autorités locales et les entreprises engagées dans ce projet colossal ont travaillé main dans la main pour concevoir des installations modernes répondant aux normes internationales les plus exigeantes. En plus du village athlétique, le centre aquatique est également en cours de construction, et d'autres infrastructures sportives remarquables verront le jour prochainement. L'impact économique de la Cité des Sports ne doit pas être négligé. La création de milliers d'emplois dans le secteur de la construction ainsi que les retombées économiques générées par les futurs événements sportifs et les activités liées au tourisme sportif apporteront un souffle nouveau à notre région. Outre les aspects purement sportifs, la Cité des Sports s'engage également à promouvoir le respect de l'environnement et à préserver notre patrimoine naturel. Des mesures ont été prises pour minimiser l'impact des travaux sur les écosystèmes locaux, et des initiatives de développement durable seront mises en place pour garantir la durabilité de ces infrastructures sur le long terme. La Cité des Sports sera un symbole fort de notre engagement envers le sport, le développement urbain et la qualité de vie de nos citoyens. Elle offrira un environnement propice à la pratique sportive, favorisera l'émergence de nouveaux talents et contribuera à renforcer notre rayonnement international.

    Maquette du plan du nouveau stade de sumo sans son dohyō, modélisation 3D, 2007. / Chantier du complexe sportif de la zone Est de la Cité des Sports, photographie, 2007.
    (Gauche) Maquette du plan du nouveau stade de sumo sans son dohyō, modélisation 3D, 2007.
    (Droite) Chantier du complexe sportif de la zone Est de la Cité des Sports, photographie, 2007.


    Cette cité sportive de renommée internationale sera dotée d'installations modernes et polyvalentes, conçues pour accueillir des compétitions sportives de haut niveau, des événements culturels et des activités récréatives. Les infrastructures seront à la pointe de la technologie, offrant des équipements de pointe pour les athlètes, les entraîneurs et les spectateurs. Le village athlétique, qui pourra accueillir près de 8 000 athlètes et leurs accompagnateurs, sera le cœur vibrant de la Cité des Sports. Doté de logements confortables, d'espaces d'entraînement et de détente, ainsi que de services de soutien, il offrira un environnement propice à la performance sportive et à l'épanouissement des participants. Le centre aquatique, quant à lui, sera un joyau architectural dédié aux sports aquatiques. Doté de piscines olympiques, de bassins d'entraînement, de zones de relaxation et de soins, il offrira aux nageurs et aux plongeurs un cadre exceptionnel pour atteindre leurs objectifs sportifs. Mais la Cité des Sports ne sera pas seulement un lieu de compétition. Elle sera également un espace de loisirs et de bien-être pour les habitants de la région et les visiteurs. Des espaces verts, des aires de jeux, des pistes cyclables et des installations sportives accessibles à tous seront aménagés, favorisant ainsi la pratique sportive et le développement d'un mode de vie sain.

    La création de la Cité des Sports représente également une opportunité économique majeure pour notre région. Les compétitions sportives d'envergure internationale attireront des athlètes, des spectateurs et des médias du monde entier, stimulant ainsi le tourisme et générant des retombées économiques significatives. Les commerces locaux, les hôtels, les restaurants et les services liés au tourisme bénéficieront de cet afflux de visiteurs. En parallèle, la Cité des Sports s'engage à promouvoir des valeurs importantes telles que le respect de l'environnement, la durabilité et l'inclusion sociale. Des mesures ont été prises pour minimiser l'impact écologique des infrastructures, en favorisant par exemple les énergies renouvelables et en mettant en place des systèmes de gestion des déchets efficaces. Des programmes d'éducation et de sensibilisation seront également mis en œuvre pour promouvoir la protection de l'environnement auprès des athlètes, des visiteurs et de la communauté locale. Dans quelques mois, lorsque les portes de la Cité des Sports s'ouvriront officiellement, nous pourrons célébrer ensemble cette réalisation exceptionnelle. La Cité des Sports de Yeonju-Fujiao sera bien plus qu'un simple ensemble d'infrastructures sportives, elle incarnera l'esprit du sport, la fierté de notre.



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    Festivités : grand concert du Ruissellement Argenté

    22 décembre 2007



    Le Grand Concert du Ruissellement Argenté illumine la nuit de la capitale. Hier soir, la ville tout entière était plongée dans une ambiance musicale envoûtante à l'occasion du trente-huitième Grand Concert du Ruissellement Argenté. Les mélodies les plus populaires de l'année ont résonné dans le magnifique cadre du Jardin des délices, transportant le public dans une expérience musicale exceptionnelle. Cet événement annuel tant attendu a une fois de plus su captiver les cœurs et les esprits des spectateurs, offrant une soirée inoubliable placée sous le signe de la musique. C'est la talentueuse Toki Ko qui a eu l'honneur d'ouvrir la première partie du concert avec son titre emblématique "L'homme de la nuit". Accompagnée d'élèves des écoles de la capitale, la chanteuse a livré une prestation captivante, mêlant voix envoûtante et harmonies enchanteresses. Le public était transporté par l'énergie et la magie qui émanaient de la scène, créant une atmosphère féerique propice à l'évasion.

    La deuxième partie du spectacle a été marquée par la présence du talentueux et humble Kichi Kupuaku. Sa performance a été saluée par les applaudissements chaleureux de la foule, qui était totalement immergée dans les mélodies envoûtantes de l'artiste. La magie s'est poursuivie avec l'apparition de la talentueuse chanteuse Kimi Ara, qui a offert au public une interprétation émouvante de son tout dernier morceau intitulé "Trayeuse". La voix puissante et les paroles profondes de la chanteuse ont su toucher les cœurs et susciter l'émotion chez les spectateurs. Mais la soirée ne s'est pas arrêtée là. Les interludes musicaux et les démonstrations de chorales ont ajouté une dimension supplémentaire à l'événement, créant des moments de partage et de communion entre les artistes et le public. La jeune prodige Kaïa Yamawa a eu l'immense privilège de clôturer le concert en beauté. Sa voix cristalline et sa présence scénique captivante ont conquis les spectateurs, qui ont vibré au rythme de ses performances énergiques et entraînantes. Tout au long de la nuit, une atmosphère mystique régnait dans le Jardin des délices. Le public était plongé dans l'obscurité totale, tandis que la scène était faiblement éclairée par une succession de lumières chaudes, créant une ambiance magique et intimiste. Chaque note, chaque accord, chaque voix était porteur d'une émotion particulière, transportant les auditeurs dans un voyage musical unique.

    Toki Ko sur la scène du Grand Concert du Ruissellement Argenté, photographie, 2007. / Familles profitant de l'activité commerçante des alentours du Grand Concert, photographie, 2007.
    (Gauche) Toki Ko sur la scène du Grand Concert du Ruissellement Argenté, photographie, 2007.
    (Droite) Familles profitant de l'activité commerçante des alentours du Grand Concert, photographie, 2007.


    Le Grand Concert du Ruissellement Argenté est bien plus qu'un simple événement musical. Il représente un moment de partage, de rassemblement et de célébration de la musique dans toute sa splendeur. Cette soirée exceptionnelle restera gravée dans les mémoires et continuera d'inspirer les mélomanes de notre patrie. En cette période, le Grand Concert du Ruissellement Argenté revêt une importance toute particulière. Alors que les températures baissent et que les nuits s'allongent, la musique se révèle être un réconfort précieux pour l'âme. Le concert d'hier soir a permis à chacun de s'évader et de se laisser emporter par les mélodies envoûtantes, offrant un véritable baume au cœur en cette période festive. Au-delà de l'aspect purement musical, le Grand Concert du Ruissellement Argenté est également l'occasion de célébrer le talent des artistes locaux et de mettre en lumière la richesse culturelle de notre pays. Les différents artistes présents sur scène ont su captiver l'audience par leur présence charismatique, leur voix exceptionnelle et leur interprétation magistrale. Ils ont démontré l'étendue de leur talent et leur capacité à transmettre des émotions profondes à travers la musique.

    Ce concert a également permis de rassembler les habitants de la capitale autour d'une même passion, créant ainsi un sentiment d'unité et de solidarité. Les spectateurs, venus en famille, entre amis ou en couple, ont partagé des moments de joie et d'émerveillement, tissant des liens précieux au sein de notre communauté. La musique a su créer une atmosphère de convivialité et de partage, rappelant que l'art a le pouvoir de rassembler les individus et de transcender les différences. L'organisation sans faille de cet événement d'envergure mérite d'être saluée. Les équipes dévouées qui ont travaillé en coulisses ont permis que tout se déroule dans les meilleures conditions. De la scénographie aux éclairages en passant par la sécurité, chaque détail a été soigneusement pensé afin d'offrir une expérience immersive et inoubliable aux spectateurs. Le professionnalisme de tous les acteurs impliqués a contribué au succès de cette soirée magique. Le Grand Concert du solstice d'hiver est une véritable célébration de la musique et de l'art dans toute leur diversité. Il offre une plateforme aux artistes émergents et permet de mettre en lumière la richesse et la créativité de notre scène musicale. Cette édition a permis à de jeunes talents de se faire connaître et de partager leur passion avec le public. Cela témoigne du dynamisme de notre industrie musicale et de l'importance de soutenir et de promouvoir nos artistes locaux.



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    Célébrités : mort de Miyo Nakawa

    28 décembre 2007



    Elle avait grandi dans les livres avant que les livres ne grandissent avec elle. Miyo Nakawa est morte comme elle avait vécu : dans la discrétion de Kyugawa, loin des honneurs qu'elle avait toujours regardés avec une légère ironie. Elle laisse derrière elle une œuvre qui survivra longtemps au bruit de ce jeudi matin.



    Ce jeudi 27 décembre, Miyo Nakawa, écrivaine et poétesse de renom, est décédée à l'âge de 93 ans des suites de causes naturelles, dans sa maison de Kyugawa. Sa disparition a suscité de profonds hommages de la part de nombreuses personnalités de la littérature et de la classe politique. À travers tout le pays, une vague d'hommages s'est élevée dès la matinée pour rendre honneur à cette grande dame des lettres, figure emblématique de la littérature maronhienne et symbole des valeurs traditionnelles et familiales que la République s'est efforcée de porter depuis sa fondation. La Gran Man Awara Kouyouri a été l'une des premières à s'exprimer publiquement, dans un communiqué lu depuis le Palais des Lucioles en début d'après-midi : « Miyo Nakawa a grandi dans les livres, et les livres, tout comme nous, ont grandi avec elle. C'est avec une grande émotion que nous lirons, interpréterons et aimerons désormais ses plus belles œuvres. Nous perdons plus qu'une écrivaine exceptionnelle, nous perdons une deuxième mère, une femme forte qui, par sa sensibilité et son style, semblait si proche de nous et nous guidait à chaque instant... Miyo, vers un autre soleil. » Ces derniers mots — reprise du titre du quatrième et dernier volume de sa tétralogie — résonnent comme un adieu intime autant que comme une formule officielle, et disent mieux que n'importe quel discours la place singulière qu'occupait Miyo Nakawa dans le cœur des Maronhiens.

    Née le 18 juillet 1915 à Ukabumachi, sur l'île d'Urawa-Jima, Miyo Nakawa n'avait pas choisi le lieu le plus propice aux rêves littéraires. Urawa-Jima était alors — et demeure aujourd'hui — une île hautement contrôlée, abritant une importante base militaire et une ville dont la vie sociale gravitait entièrement autour des casernes et des quais. Son père, sous-officier de marine et explorateur occasionnel, y commandait une unité du génie naval. Sa mère mourut quelques jours après sa naissance, des suites d'une fièvre contractée pendant l'accouchement. C'est donc dans un monde d'hommes, entre les cartes marines de son père et les récits des matelots qui revenaient de l'Océan Carmin, que grandit la petite Miyo. Elle apprit à lire avant de savoir nager, et à écrire avant que son père ne lui eût appris à tenir un cap. Les officiers de la base, intrigués par cette fillette silencieuse qui dévorait tout ce qui portait des mots, lui prêtèrent leurs bibliothèques. Elle lut les classiques nippo-ylmasiens, les chroniques de la colonisation burujoise, les récits de voyage de Lei Zhen-Kang, les poèmes de la cour du Shogunat Susano. À dix ans, elle tenait déjà un journal qu'elle ne montrait à personne. À dix-neuf ans, en 1934, elle publia à compte d'auteur un premier recueil de poèmes intitulé Marées — un titre qui disait tout de son enfance insulaire et de sa relation au mouvement des eaux. Le recueil circula d'abord dans les cercles littéraires de Siwa avant d'atteindre Fujiao et Lawao-Heiyan. Les critiques de l'époque, peu accoutumés à une voix féminine aussi assurée dans ses images et aussi peu soucieuse de plaire, furent partagés. Certains saluèrent une voix nouvelle. D'autres s'interrogèrent sur la bienséance de certains poèmes. Miyo Nakawa, qui avait vingt ans, s'en moqua royalement et commença son premier roman.

    Le pays qui ne s'aimait pas, publié en 1938, est aujourd'hui considéré comme l'un des romans fondateurs de la littérature maronhienne moderne. C'est l'histoire d'une famille créole de la province d'Ogata sur trois générations, racontée depuis le point de vue d'une femme que les hommes de sa famille n'ont jamais tout à fait prise au sérieux — jusqu'au moment où il est trop tard. Le roman était aussi, à travers cette histoire familiale, un portrait impitoyable de la société maronhienne des années 1920 et 1930 : la corruption rampante, la dépendance économique aux intérêts étrangers, la misère des classes populaires contrastant avec le luxe ostentatoire d'une petite élite liée au régime de la Nouvelle Main Dorée. Le livre fut immédiatement populaire et immédiatement suspect aux yeux des autorités. Il ne fut pas interdit — Nakawa n'appelait pas ouvertement à la révolte, et ses armes étaient trop littéraires pour être saisies par une censure peu habituée aux ellipses —, mais son auteure fut placée sous surveillance discrète. Elle s'en aperçut, dit-on, à la régularité avec laquelle son courrier arrivait légèrement décacheté. Lorsque la guerre civile éclata en 1948, Miyo Nakawa avait trente-trois ans, deux enfants et une réputation littéraire solidement établie. Elle choisit de suivre l'Armée nationale et populaire dans sa progression vers Kouhou, non pas comme soldate — elle n'avait aucun goût pour les armes — mais comme témoin. Elle tenait un carnet. Elle écoutait. Elle parlait avec les combattants le soir autour des feux, avec les femmes des villages traversés, avec les kaamo qui bénissaient les troupes avant les opérations. Puis, alors que la guerre s'éternisait et durcissait, elle se retrancha au sanctuaire d'Iyo, dans la chaîne des Lances du Ciel. Elle y passa plusieurs années, qu'elle décrivit plus tard comme « la période la plus dure et la plus féconde de ma vie ». Elle s'occupa de la terre, médita, écrivit, et éleva ses enfants dans la forêt d'altitude, loin du fracas des combats qui se rapprochaient des plaines côtières. Ce qu'elle produisit pendant ces années d'exil volontaire ne fut publié que bien plus tard, sous forme de carnets et de poèmes épars rassemblés dans un volume posthume — mais on en sent la trace dans toute la tétralogie qui suivit.

    (Gauche) Miyo Nakawa, photographie, 1941. /
    (Gauche) Portrait de Miyo Nakawa, photographie, 1941.
    (Droite) Enterrement de Miyo Nakawa, photographie, 2007.

    De 1964 à 1972, Miyo Nakawa publia les quatre volumes de ce qui constitue son œuvre maîtresse : Bouillonnements sous le soleil, L'Ange en décomposition, L'Œuf de l'Ange et À un autre soleil. La tétralogie couvre la première moitié du XXe siècle maronhien, des dernières années du régime oligarchique de la Première République jusqu'aux lendemains de la Libération, à travers les destins croisés d'une dizaine de personnages appartenant à toutes les couches de la société — un capitaine maronhos du Haut-Matahou, une institutrice de Jingyu, un officier de l'armée républicaine qui finit par déserter, une marchande de Siwa qui survit à tout. La tétralogie fut reçue comme un événement littéraire et politique majeur. Dans un pays qui sortait à peine de la guerre civile et cherchait à se raconter une histoire cohérente d'elle-même, Nakawa offrait quelque chose de plus précieux et de plus dérangeant qu'un récit héroïque : une fresque humaine, nuancée, qui ne désignait pas clairement les bons et les méchants mais montrait comment les hommes et les femmes ordinaires se débattent dans l'histoire sans toujours en comprendre le sens. Certains membres du gouvernement de l'époque apprécièrent modérément cette complexité. Khoro Kouyouri lui-même, dit-on, lui aurait confié lors d'une rencontre en 1969 qu'il avait lu les deux premiers volumes « avec admiration et un léger malaise ». Elle avait répondu que c'était exactement l'effet qu'elle cherchait. Les prix s'accumulèrent. Les traductions aussi, dans les pays du tiers-monde avec lesquels la Maronhi entretenait des liens diplomatiques. Le nom de Miyo Nakawa circula dans des cercles littéraires que ni elle ni ses lecteurs n'auraient imaginés lors de la publication confidentielle de Marées, en 1934.

    Après la tétralogie, Nakawa ralentit sans jamais s'arrêter. Elle s'installa définitivement à Kyugawa, ville côtière de la province de Hué, dont le port de pêche et les mangroves lui offraient la double présence de l'eau et de la forêt qu'elle avait toujours réclamée. Elle alternait entre de longues périodes d'isolement — parfois des mois sans recevoir personne — et des voyages en mer sur des embarcations de pêcheurs, dont elle payait le passage en aidant aux filets. Elle continua de publier : des recueils de poèmes, des chroniques, deux courts romans, un livre de mémoires partiel et délibérément lacunaire qu'elle intitula Ce que je ne dirai pas. Elle refusa systématiquement les postes officiels qu'on lui proposa à plusieurs reprises, les jurys de prix littéraires et les comités culturels. « Je suis un écrivain, pas un monument », disait-elle à ceux qui insistaient. À 93 ans, elle est morte comme elle avait vécu : sans bruit, dans sa maison face à la mer, entourée de ses livres et de quelques proches. La cérémonie d'adieu aura lieu dans les prochains jours à Kyugawa, dans le strict respect des rites animistes auxquels elle tenait depuis sa retraite au sanctuaire d'Iyo — un feu, des chants, et l'espoir que les esprits du Grand Bois reconnaissent l'une des leurs. Miyo Nakawa restera à jamais une voix singulière de la littérature maronhienne — non pas celle qui célèbre, mais celle qui regarde, qui note, et qui trouve dans les mots ordinaires la force tranquille de dire ce que personne d'autre n'avait su formuler. Ses livres resteront. Le reste n'a jamais eu beaucoup d'importance pour elle.



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    Festivités : Nouvel An

    1er janvier 2008



    Alors que nous entrons dans une nouvelle année, les Maronhiens se préparent depuis plus d'un mois pour les festivités du Nouvel An. Les rues se parent de magnifiques décorations, créant une atmosphère joyeuse et festive. Mais cette période n'est pas seulement l'occasion de célébrer, elle est aussi propice à la purification et au renouveau. Traditionnellement, les Maronhiens profitent de cette période pour procéder à un grand nettoyage de leur intérieur, de leurs vêtements et de leur environnement. C'est une manière symbolique de laisser derrière eux les soucis et les impuretés de l'année écoulée, et de se préparer à accueillir la nouvelle année avec un esprit clair et pur. Les Maronhiens profitent également de cette occasion pour acheter des cadeaux pour leurs proches. La tradition veut que l'échange de cadeaux symbolise l'amour, l'affection et les vœux de bonne fortune pour l'année à venir. C'est une manière de montrer son appréciation envers ses proches et de renforcer les liens familiaux et amicaux.

    Ce soir, dans chaque commune, auront lieu les cérémonies en mémoire des anciens. C'est un moment de recueillement où l'on rend hommage aux générations passées, en se remémorant leurs enseignements et leur sagesse. C'est aussi l'occasion de se réunir en famille, malgré les éventuels différends, et de partager un repas traditionnel placé sous le regard bienveillant des ancêtres. Pour ressouder les membres de la famille qui pourraient être en froid, un invité incontournable de la saison est le délicieux bouillon d'awara. Ce plat traditionnel, préparé avec soin et amour, symbolise l'harmonie et la réconciliation. Partager un repas autour de ce bouillon peut contribuer à apaiser les tensions et à renouer les liens familiaux.

    Feux d'artifice, Étang de Nemui, Nouvel An maronhien, photographie, 2008.
    Feux d'artifice, Étang de Nemui, Nouvel An maronhien, photographie, 2008.


    Les villes de Maronhi seront le théâtre de nombreuses célébrations et événements festifs jusqu'au 3 janvier. Les rues s'animeront de danses traditionnelles, de parades colorées et de magnifiques jetés de lanternes illuminant le ciel nocturne. Des spécialistes et des artistes locaux présenteront leur talent et leur savoir-faire pour divertir les foules. Il est recommandé de se tenir informé auprès du Bureau des événements le plus proche afin de connaître précisément les activités disponibles près de chez soi pour les prochains jours. Il y en aura pour tous les goûts, que vous soyez intéressé par la musique, la danse, les arts traditionnels ou les jeux amusants.

    En cette nouvelle année, nous formulons nos vœux de chance, de bonheur et de prospérité pour tous les Maronhiens. Que cette année apporte la réalisation de vos rêves, la santé, la réussite et de merveilleux moments en compagnie de vos proches. Puissions-nous tous travailler ensemble pour construire un avenir meilleur et une société plus harmonieuse. Bonne année à tous ! Que cette nouvelle année soit remplie de joie, de paix et de prospérité.


    La Patrie ou la Mort, nous vaincrons.

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    Gran Man : grossesse déclarée

    16 janvier 2008



    Pour la première fois depuis longtemps, une grossesse se prépare au sommet de l'État. La nouvelle, confirmée hier par la Gran Man devant une question qu'elle n'avait jamais eu à trancher : comment un pays gouverne-t-il lorsque sa chef d'État devient mère sans quitter ses fonctions ?


    C'est un événement exceptionnel qui suscite à la fois surprise et enthousiasme : la chef d'État, Awara Kouyouri, va devenir mère pendant son mandat. En tant que première femme à diriger le gouvernement de Maronhi, la Gran Man, surnom donné à Awara Kouyouri depuis son investiture en 2002, est en passe de réaliser un véritable exploit. Cette annonce inattendue mais prometteuse marque un tournant dans l'histoire du pays. L'annonce de la grossesse de la Gran Man a été accueillie avec étonnement et admiration par la population. C'est la première fois qu'un chef d'État en exercice dans le pays attend un enfant. Cette nouvelle prouve que la maternité et les responsabilités politiques peuvent se concilier, ouvrant ainsi la voie à une plus grande représentation des femmes dans les postes de pouvoir. Awara Kouyouri, toujours souriante, a affirmé que son mari assumerait les tâches liées à la maternité, comme les changements de couches et les pleurs du bébé. Elle est déterminée à poursuivre ses fonctions de Gran Man avec la même énergie et la même dévotion. Pour elle, être mère n'est pas un obstacle, mais une source de motivation supplémentaire pour veiller sur les Maronhiens, comme elle le ferait pour son propre enfant. La naissance est prévue pour la mi-août, ce qui signifie que la Gran Man était enceinte depuis le début du mois de décembre. Au cours des derniers mois, elle a été interrogée sur ses plans concernant une éventuelle grossesse et sur la manière dont elle concilierait son rôle de chef d'État avec la maternité. Elle a répondu avec assurance : « Je ne me laisserai pas abattre lorsque le moment viendra. Quant au reste, je veillerai toujours sur les Maronhiens comme sur mon propre enfant. Il me suffit simplement de trouver une personne de confiance à qui déléguer les tâches les plus physiques. » Pour répondre aux préoccupations concernant une éventuelle vacance du pouvoir, Awara Kouyouri a annoncé lors d'une entrevue privée la veille qu'elle prendrait un congé maternité de quatre semaines après la naissance. Pendant cette période, elle sera remplacée par la secrétaire générale du Haut conseil, Dame Hatsue Yanuwo. Elle a toutefois précisé qu'elle resterait « joignable et disponible » à tout moment, tout en continuant à superviser la politique générale.

    Au-delà de l'émotion suscitée par la nouvelle, cette grossesse pose une question institutionnelle que la Constitution de 1965 et ses amendements n'avaient jamais eu à envisager concrètement : celle de la continuité du pouvoir mannal en cas d'absence temporaire de son titulaire pour une raison autre que la maladie ou le décès. Les pouvoirs personnels du Gran Man — recours au plébiscite, autorité sur l'armée, droit de veto sur les lois — ne se délèguent pas facilement, et le choix de confier l'intérim à la secrétaire générale du Haut conseil plutôt qu'à un membre de l'Assemblée des Man a suscité, dans les jours qui ont suivi l'annonce, plusieurs commentaires prudents au sein des cercles politiques de Siwa. Dame Hatsue Yanuwo, qui occupe la fonction de secrétaire générale du Haut conseil depuis plusieurs années et jouit d'une réputation de rigueur et de discrétion, a été décrite par l'entourage de la Gran Man comme « la garante naturelle de la continuité » pendant cette parenthèse de quatre semaines. Son rôle ne consistera pas à gouverner au sens plein, mais à assurer l'expédition des affaires courantes et à transmettre à la Gran Man, qui reste joignable, les décisions nécessitant son arbitrage personnel. Les pouvoirs soumis à l'initiative de l'Assemblée des Man — nomination des chefs de département, droit de grâce, convocation de sessions extraordinaires — demeurent suspendus jusqu'au retour officiel de la Gran Man à ses fonctions pleines et entières. Plusieurs juristes consultés par la presse de Siwa ont souligné que cette situation, bien qu'inédite, ne constitue pas à proprement parler un vide constitutionnel : la loi fondamentale de 1965 prévoit déjà des dispositions souples pour l'empêchement temporaire du Gran Man, conçues à l'origine pour couvrir les cas de maladie passagère ou de déplacement diplomatique prolongé. C'est la première fois, toutefois, que ces dispositions s'appliquent à une circonstance aussi heureuse.

    Awara Kouyouri, entrevue officielle, photographie, 2008.
    Awara Kouyouri, entrevue officielle, photographie, 2008.



    Cette grossesse revêt, en Maronhi, une dimension qui dépasse largement la sphère privée. Awara Kouyouri est la petite-fille de Khoro Kouyouri, le père fondateur de la République, dont elle a hérité la charge en 2002 à la mort de celui-ci. Or, la légitimité de la dynastie Kouyouri à la tête de l'État, bien que validée à chaque succession par l'Assemblée des Man conformément à la Constitution, repose en grande partie sur la continuité d'un lignage que la population perçoit comme le garant de l'héritage révolutionnaire de 1962. L'arrivée d'un enfant — dont le sexe n'a pas été révélé à ce stade, par discrétion délibérée du Palais des Lucioles — relance ainsi, dans les conversations informelles de Siwa à Fujiao, la question de la pérennité de cette lignée pour les décennies à venir. Si la Constitution n'impose aucune transmission héréditaire automatique du titre de Gran Man — la succession nécessitant la désignation du titulaire en exercice puis l'approbation de l'Assemblée des Man — la tradition kouyourienne, depuis 1962, n'a jamais connu d'autre famille à sa tête. Beaucoup d'observateurs notent que cet enfant, qu'il soit destiné ou non à occuper un jour la fonction suprême, sera élevé sous le regard de toute une nation, comme l'a été Awara Kouyouri elle-même avant lui.

    Sur les marchés de Siwa, dans les ateliers de Fujiao et jusque dans les villages reculés des provinces de l'Intérieur, la nouvelle a été commentée avec un mélange de tendresse et de fierté qui tranche avec la gravité habituelle des annonces institutionnelles. Plusieurs commerçantes interrogées ce matin par la presse locale ont salué le fait que la Gran Man « n'ait pas eu à choisir entre sa famille et son pays » — une lecture qui, dans une société où la maternité demeure une valeur cardinale et où le célibat après trente ans reste mal vu, résonne profondément. Les autorités religieuses de l'Ōkinakishintō ne sont pas non plus restées silencieuses. Plusieurs sanctuaires de la capitale ont spontanément organisé, dès l'annonce connue, de courtes cérémonies de bénédiction pour la grossesse de la Gran Man, dans la tradition des rites de protection qu'on adresse habituellement aux femmes enceintes des familles ordinaires. Le fait que ces cérémonies aient inclus, dans la même journée, la chef de l'État et plusieurs dizaines de futures mères anonymes a été perçu par de nombreux commentateurs comme un symbole supplémentaire de cette proximité que la Gran Man cultive avec son peuple depuis son investiture. Reste à savoir comment, dans les mois qui viennent, la Gran Man conciliera dans la pratique les exigences d'une fonction qui ne connaît ni horaires ni repos avec celles, tout aussi exigeantes bien que d'une autre nature, d'une première grossesse. Awara Kouyouri elle-même, fidèle à son habitude, a tranché la question avec un sourire et une formule qui devrait beaucoup circuler dans les mois à venir : « Le Grand Bois pousse sans qu'on lui demande la permission. Je crois que je peux faire pareil. »


    La Patrie ou la Mort, nous vaincrons.

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