11 Décembre 2003,
Empire de Varanya,
Quelque part non loin des affrontements,
“Sauver” ce qui peut l’être

Une partie du Site Alpha, connue sous son vrai nom comme RedactedUne succession de bruits sourds se fait entendre au loin. “Le Capitaine”, cigarette à peine entamée en main émerge de la bâtisse principale du Site Alpha. Notre homme est vraisemblablement âgé, environ la trentaine si l’on en croit les divers plis et autres rides qui parsèment les maigres parties de son faciès non couvertes par une avalanche de cicatrices. La plus éminente était assurément son oeil borgne dissimulé par un large cache-oeil en cuir noir. Toutefois, ce qui attire l’attention n’est assurément pas son visage, mais plutôt les insignes qui trônent ça et là sur son accoutrement qui n’a rien à envier à ceux des militaires des nations du Globe. Deux bouches de canons croisées avec un M en fils dorées surmontant ceux-ci. M pour Militaris, une firme officiellement spécialisée dans la sécurité, laissant croire que ses activités sont tout ce qu’il y a de plus honnêtes et portent simplement à escorter des personnalités et protéger quelques entreprises et sociétés. Officieusement, il s’agit d’une véritable une armée privée financée par la famille patricienne des Rimini et accomplissant sa volonté qu’elle quel soit, ce au mépris de toute bienséance. Du moins, la plupart du temps, le reste des oligarques et patrices apprécient de temps à autres offrir quelques contrats juteux à ce que la bonne société Fortunéenne considère comme un couteau suisse nécessaire.
“Le Capitaine”, s’éloigne de l’ouverture du Site Alpha, gagnant les frontières d’un périmètre de sécurité de fortune employant autant d’antiques murets à moitié en ruines que de piles de sac de sables, planches et autres rochers rassemblés à la va vite. Autour de ceci, et sur plusieurs parcelles autour du Site, une bonne vingtaine d’hommes en armes veillent au grain. Certains font les cent pas, d’autres se sont perchés sur des positions surélevées et contemplent l’horizon tantôt à la jumelle, tantôt grâce aux lunettes de fusils de précision, une poignée encore profite d’un instant de répit bien mérité durant sa longue veille. Cependant, tous adressent un salut respectueux au “Capitaine” lorsqu’ils aperçoivent ne serait-ce que son ombre. Ce dernier leur rend bien, malgré un passage en coup de vent, car c’est bien à grands pas qu’il s’approche de l’extrémité nord-ouest du simulacre de périmètre en place. Arrivée à destination et sans un mot à deux de ses comparses un peu plus à sa gauche qui commentent les évènements se déroulant non loin, il plonge sa main libre dans une des poches de son attirail, en ressortant après quelques secondes une antiquité datant d’un autre âge, une longue vue repliée. Si celle-ci avait connu des jours meilleurs, elle était toutefois encore apte à remplir la tâche à laquelle on la destinait. Appuyant celle-ci sur un muret décrépit, l’homme plongea son regard dans le petit bout de son outil.
Au loin, l’on voyait d’épaisses couches de fumée s’élever des abords d’un village entouré de collines arides. Des arbres vieux de plusieurs siècles dont les troncs et branches chancelait il y a encore quelques heures sur les pentes et sommet desdites collines, il ne restait plus rien, à peine quelques morceaux d’écorce éparse. L’ensemble de la zone et tout ce qui se trouvait là venait d’être soufflée par une série de frappes d’artillerie. Toutefois, ce n’était là que le commencement, une nouvelle salve était en chemin, on l’entendait depuis le Site Alpha, mais cette fois ce n’était point des obus, instinctivement, le “Capitaine” orienta son outil en direction de là d’où semblait venir l’horrible son. Et pendant une fraction de seconde, il aperçu les projectiles, une volée de missile, très certainement Arkencéen. Les fameux “MRL-1 Lich” dont l’efficacité n’était plus à démontrer, de véritables fauches-mobiles très certainement responsables de la mort de centaines de personnes et du saccage de multiples positions stratégique. Sans compter les commentaires qu’ils réussissaient à arracher des bouches des mercenaires de Militaris.
Factionnaire 1 - Bon sang, ils remettent déjà ça ?
Factionnaire 2 - Les impériaux doivent s’accrocher pour sûr.
Factionnaire 1 - Bah, entre les obus et les missiles, ils finiront bien par battre en retraite. Quelques hectares de plus ou de moins, ils ne sont plus à ça près.
De nouvelles colonnes de fumées s’élevaient vers les cieux, tandis que une nouvelle fournée de bâtisses avait été réduite à l’état de débris fumants. Le “Capitaine” plissa son unique oeil. Le calme qui suivit le bombardement fut de cour instant, le grondement des fusil commença à résonner massivement, aussi devinait-on qu’une fusillade urbaine venait de s’engager. Entre deux salves, l’on pouvait même entendre si l’on tendait assez l’oreille des hurlements de douleurs tout à fait inhumain. Tandis que les paris allaient de bon train sur le périmètre du Site Alpha, l’artillerie vient à nouveau donner de la voix quelques minutes après la reprise des affrontements, mais cette fois ci, elle venait de l’autre côté, les partisans du Shah répliquaient aux rebelles.Le “Capitaine” - Une bête, même blessée ou éclopée, n'est jamais autant dangereuse que lorsqu’elle est acculée, et Thadimis n’est plus très loin. Les impériaux vont se battre avec l’énergie du désespoir accompagnée d’ordres fantasques et surréalistes de leurs supérieurs. Ils en ont encore pour toute la soirée à ce rythme…
Sur ces mots et sans porter attention à la moue ennuyée de l’un des soldats qui se voyait déjà devoir offrir une somme de lyres fortunéenne rondelette à son camarade, le “Capitaine” replia sa longue-vue et tourna les talons, se dirigeant vers l’intérieur du Site Alpha. Quelques enjambée plus loin, et l’enceinte intérieure à moitié à terre franchie, il balaya les lieux de gauche à droite du regard.Superviseur - Maldito ! Faites attention avec ça ! La Signora Rimini exige que ces trésors arrivent en un seul morceau à Balsarah ! Tout dommage sera retenu sur votre paye !
Un poing rageur dans le ciel, l’un des “Superviseurs” déployé avec le personnel de Militaris continuait à haranguer les portefaix qui allaient et venaient, n’hésitant pas à vociférer des jurons si nécessaire. Le personnel “civil” était ainsi en train de vider littéralement le Site Alpha de ses “objets d’intérêts”. Vases antiques, tablettes d’argiles, tapisseries précieuses, monnaie varanyenne médiévale, tableaux de l’ère moderne. Ce n’était que des exemples parmis tant d’autres de ce qui terminait dans de larges caisses rembourrées à grand renfort de paille et de plumes afin d'amortir d’éventuels chocs. Celles ci étaient ensuite emportés à l’extérieur afin d’être chargés dans une poignée d’hélicoptère de transport de taille moyenne.
Le “Capitaine” soupira, portant à ses lèvres sa cigarette délaissé depuis trop longtemps. Laissant émerger une bouffée de fumée, il se dirigea vers le superviseur courroucé qui s'était empressé de s'intéresser à l'empaquetage d'un buste en marbre après avoir délaissé sa cible précédente.
Le “Capitaine” - Combien de temps avant le prochain départ ?
Superviseur - Environ une vingtaine de minutes monsieur, le temps de charger encore une ou deux caisses.
Le “Capitaine” - Et de combien de temps avez vous encore besoin afin de finir votre oeuvre ?
Superviseur - Je ne sais pas. Peut être de 4 à 6 heures, ou bien toute la nuit, cela va dépendre de la vitesse à laquelle le personnel travaille.
Le “Capitaine” - Et bien je compte sur vous pour le motiver à aller vite. Je ne sais pas pour vous, mais j’aurais l’esprit bien plus tranquille une fois en vol dans ces hélicoptères, et je gage que vous aussi. Car entre nous soit dit, je suis certains que ni vous ni moi, ne souhaitez être là pour expliquer aux énergumènes qui émergeront victorieux des affrontements ayant lieux quelques hectares plus loin, ce que nous foutons ici.
Superviseur - Sauf votre respect monsieur, les insurgés vont probablement l’emporter une fois de plus et nous avons l’ent…
Le “Capitaine” - Oui, oui. Je connais la rengaine. Peu importe, mais faites au plus vite, les bêtes n’ont que faire des papiers officiels, et les têtes pensantes sont loin. Très loin.
Et sur ces bonnes paroles, un silence pesant s’installé, et le superviseur s'éclipsa bien vite afin de retourner faire ce qu’il savait faire de mieux, superviser.