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DEBBIE FRANSWORTH S’LIVE SHOW : J+30 Le Lofoten n'a toujours pas de gouvernement élu !

Une situation politique que certains qualifient déjà de crise institutionnelle et qui aujourd’hui voilà 4 semaines après que le peuple des Provinces-Unies se soit rendu aux urnes, n’ont toujours pas permit de confirmer avec certitude qui avait remporté les législatives entre le parti Køenig Halfgård et le parti Unioniste.
Un duel s'est donc engagée entre deux candidates, deux femmes aux tempéraments d’acier, Mme Gudrün Stefersøn et Mme Madeline Bjørgen, qui entendent bien devenir chacune d’entre elles la prochaine Chancelière Fédérale des Provinces-Unies.
Un véritable feuilleton politique qui jette la lumière sur notre système politique, et les défaillances et écueils potentiels de notre démocratie. Et pour en discuter avec nous ce soir, un spécialiste de la vie politique lofotène, le professeur Eivor Sullivan, maître de conférences en sciences politiques de l’Université d’Oxenfurt.
Tout d’abord M. Sullivan merci d’avoir accepté notre invitation, et entrons immédiatement dans le vif du sujet, peut - on parler de crise politique et est elle inédite comme certains médias et journaux en font les gros titres ?

Bonjour Debbie, et bien je vais vous surprendre, mais non seulement ce n’est pas inédit, mais en plus de cela contrairement à ce que j'entends ci et là sur vos plateaux et ailleurs, non ce n’est pas une crise ! Et je vais même plus loin : cette situation de blocage avait été anticipée et je dirais même en un sens, voulue par les pères fondateurs de notre république au lendemain de l’indépendance.
Vraiment ? C’est bien donc la première fois que j'entends ce point de vue, et j’ai hâte ainsi que nos téléspectateurs d'entendre vos explications et votre éclairage là dessus.
Bien sûr, alors cette situation a été vécue au cours de notre histoire au moins 3 fois, c’est donc la quatrième fois qu’un tel événement se produit. Et le dernier en date n’est pas si vieux que ça, il a à peine un siècle, en 1909 où les Unionistes et le Parti Socialiste des Ouvriers Lofotènes, le PSOL, l’ancêtre du parti social démocrate, arrivent à égalité quasi parfaite, et où bien entendu chacun revendiquent la victoire. Mais à cette époque, la politique était bien plus violente que ce que nous vivons actuellement dans notre société que je qualifierais et je vais vous surprendre, d’apaisée.
Apaisée ? En effet, professeur Sullivan, ce n’est pas le premier mot qui me viendrait à l’esprit ces derniers temps.
Oui, bien sûr, je comprends, il est difficile d’avoir du recul par rapport à un passé qui peut apparaître comme très lointain pour vos téléspectateurs, mais sachez qu’en 1909, la Section Militante du PSOL propose tout simplement pour régler la question d’occuper toutes les usines et de paralyser économiquement le pays si le candidat du PSOL n’est pas déclaré vainqueur, certains vont même jusqu’à suggérer l’idée de pénétrer dans l’Althing par la force et d’obliger les députés à reconnaître leur victoire. On est pas loin du coup d’Etat
De leur côté les Unionistes, ne sont pas non plus des tendres et proposent une solution pour le moins incongrue et radicale, et qui paraît inconcevable aujourd’hui : le duel politique dans les Jardins du Palais de la Chancellerie. Le survivant remporte l’élection. Il faut dire que le candidat Unioniste, Janus Dýrmundur était par ailleurs Président de la Société de Chasse du Fylke de Nilfgåard
Effectivement, cela remet les choses en perspective, mais rassurez moi, cette élection ne s’est pas terminée par un bain de sang ?
Non, bien entendu que non, et pourtant les solutions évoquées et commentaires de l’époque étaient souvent assez violents et brutaux, mais en phase avec la société du début du XXième siècle. Finalement, le candidat Unioniste a été déclaré vainqueur et a obtenu les voix nécessaires pour devenir Chancelier Fédéral, mais le prix politique à payer fut lourd : d’énormes concessions pour le PSOL et les ouvriers, qui au final furent peut être même davantage gagnants que si le PSOL avait gagné. Pour les Unionistes, l’honneur était sauf, et le prestige à l’époque était une notion importante, car cela faisait près d’un demi-siècle que les Unionistes régnaient sans partage sur la vie politique des Provinces-Unies. Ce qui ne les a pas empêchés d’essuyer une cuisante défaite aux élections suivantes qui ont vu le triomphe des forces de gauche pour les 15 années qui ont suivi. Donc vous voyez que tout est relatif, mais là où je veux en venir c’est que notre système et notre histoire politique s'est bâtie sur cette idée simple du consensus et de la négociation plutôt que l’affrontement pur et dur, quoiqu’on en dise !
Donc notre système politique favorise ce genre de situation politique, c'est cela que vous voulez dire ?
Tout à fait exact, nos Père Fondateurs ont imaginé ce système politique pour forcer les différentes factions et partis à s’entendre et à former des coalitions gouvernementales pour pouvoir régner, empêchant de fait qu’un parti ou une faction prenne tellement de poids et de représentation dans nos institutions qu’elle s’arroge l’intégralité des pouvoirs. Voilà pourquoi selon moi nous n’assistons pas du tout à une crise, mais aux mécanismes de défense institutionnels mise en place dans le passé afin que notre démocratie se défende, et ne tombe jamais dans l’autocratie et la dictature. En outre, vous remarquerez que nos institutions continuent à fonctionner comme d’habitude, nos fonctionnaires continuent d’être payés, le gouvernement règle et expédie les affaires courantes, car tant qu’un nouveau gouvernement n’est pas formé, c’est l’ancien gouvernement qui continue de gérer le pays et qui doit assurer la continuité de tous les services publics et de l’Etat. Donc si crise il y a, c’est peut être une crise de confiance en certains de nos élus, et le rejet massif de certaines politiques du gouvernement précédent.
Donc cette situation pourrait perdurer autant de temps que nécessaire, bien après les élections ?
Absolument, il y a eu un précédent vous savez, bon, c’était il y a très longtemps mais en 1799, le pays est resté sans gouvernement officiel lorsque le candidat du Grand Old Party, l’ancêtre du Parti Unioniste, et donc futur chancelier fédéral élu M. Samuel Williamson est décédé quelques jours à peine avant son investiture, vous imaginez ? Un cas unique dans notre histoire, tandis que l’opposition réclamait corps et âmes qu’en pareilles circonstances les électeurs soient de nouveau appelés à se rendre aux urnes et que l’on procéda à une nouvelle élection. Une requête inentendable par le Grand Old Party qui considérait, a juste titre, avoir remporté l’élection et être donc légitime pour gouverner, alors même que l’on mettait en terre son candidat malheureux.
Incroyable, et comment cela s’est t il terminé M. Sullivan ?
Le pays est resté sans Chancelier à sa tête pendant exactement 10 mois, le temps de trouver un remplaçant, qui convienne à la fois aux membres du Grand Old Party, qui s'entre déchiraient en interne pour savoir qui était le mieux à même de prendre la succession du malheureux candidat défunt, tandis que les oppositions rejetaient en bloc systématiquement les propositions de candidats présentés. Le niveau d’exaspération et de lassitude des électeurs était tel que l’on arriva au compromis afin de désigner Chancelier Fédéral l’un des Haut-Juge du Ring, cette juridiction suprême qui jouissait alors d’une bien meilleure image et réputation de grand sage parmi les sages. Il s’agit de la seule fois en plus de 300 ans d’exercice démocratique, qu’un consensus politique mettait au pouvoir un homme non élu au suffrage direct. Et pourtant, pourtant, le Haut-Juge Martin De Rune, fut un Chancelier d’exception et doté de nombreuses qualités, qui en font aujourd’hui pour beaucoup l’une des références et figures éminentes de l’histoire de notre pays.
Mais par exemple, quand vous voyez que nous devions procéder au recomptage des voix dans plusieurs provinces, qu’un juge fédéral a déposé un recours pour suspendre la possibilité de procéder à un vote de confiance au Parlement, n’est ce pas là un signe que notre démocratie possède des failles, et diront certains même, des fragilités ?
Et bien figurez vous que je pense tout le contraire, c’est une formidable résilience de notre nation, qui a développé des outils démocratiques, des contre-pouvoirs, et des possibilités de recours légal pour que la justice puisse aussi s’exprimer. Je trouve cela plutôt fascinant et me rassure quant à la santé de notre démocratie. Nous devrions davantage nous inquiétez d’un taux de participation que peu ont commenté mais qui me semble personnellement davantage inquiétant : près d’un électeur sur cinq se défie de notre république, ne prends même pas la peine de se rendre aux urnes, et se désintéresse totalement d’exercer ce droit fondamental que beaucoup de peuples et de pays en sont aujourd’hui tout bonnement démunis : le pouvoir de voter pour son dirigeant, ou sa dirigeante en l'occurrence.
Savez vous par exemple que nous avons un corps électoral rapporté à sa population parmi les plus élevés du monde ? Il s’agit du ratio entre le nombre d’électeurs potentiels divisé par la population totale. Notre système permet aux étrangers résidents permanents, alors qu’ils ne sont pas lofotènes, également d’avoir leur mot à dire car ils font parti de notre société, et je trouve cela formidable.
Donc inutile de s’affoler et de céder aux sirènes de la peur de l’autoritarisme ? C'est l’un des arguments évoqués par certains députés de gauche et surtout d’extrême gauche, notamment du Front Populaire, pour justifier cette situation de blocage parlementaire ?
Nous avons même pu lire dans la presse étrangère, notamment celle de l’Empire du Nord, allant jusqu’à parler du risque de dictature ?
Pardon, je souris, comme si l’extrême-gauche étant exempte de tomber dans le totalitarisme, c’est amusant, quand on voit les très nombreux exemples de pays d’extrême gauche qui sont parmi les plus terribles et inhumains régimes politiques qui soient, mais passons, c’est un détail.
C’est non seulement totalement exagéré et irresponsable de dire cela, mais c’est factuellement faux, et notre constitution est assez claire en la matière. De plus, nous avons de très nombreux garants, comme je l’ai déjà mentionné, cela fut pensé comme tel à l’aulne de notre guerre d’indépendance. Avant même que les premières balles ne sortent des mousquets des Loyalistes et des Colons, les rédacteurs de la Charte d’Union avaient déjà réfléchi à la question : nos pouvoirs sont strictement séparés, le Parlement est puissant et a des prérogatives étendues, et surtout les Pères Fondateurs ont consacré le fédéralisme et ont fait en sorte que le pouvoir exécutif et son administration soit très décentralisé. Les Fylker et les Landsdeler sont principalement gérés et administrés par les Jarls et les Thengs, chaque année il y a plus de lois provinciales que de lois fédérales qui sont édictées. Même les Milices Fédérales, qui constituent notre principale armée de défense, est organisée localement, dans le but justement d’écarter tout risque de coup d’état militaire.
En outre, imaginons, même dans nos cauchemars les plus incongrus, que soit élu à Pembertøn, un ersatz de Baldassare Calabraise, de Lorenzo Geraert-Wojtkowiak, ou d’Impératrice Clémence dite la Démente. Que pensez-vous qu’adviendra t il dans les Landsdeler du Midlands ou du Northerlands ? Ils se détacheront alors sans peine et avec facilité du gouvernement central car c’est comme cela qu’a été conçu et pensé notre pays : une Fédération de Fylker et de Landsdeler, avec des identités locales fortes, et cela sera encore plus facile pour l’Archipel du Ponant de par son caractère insulaire. La cohésion et le ciment de notre nation, ce sont des valeurs communes, profondément humanistes, démocratiques et libérales. Si ce sentiment d'appartenance est menacé par un petit dictateur en herbe dans son château de Pembertøn, le risque d’éclatement et d'indépendance en une multitude de nations est bien plus fort que le risque improbable de voir une Loduarie naître du jour au lendemain dans les glaces d’Aleucie.
Et bien merci beaucoup Professeur Sullivan pour cet éclairage, je rappelle votre livre “Faits et anecdotes incroyables de l’histoire politique des Provinces-Unies” aux éditions BlueBird. Je recommande vivement ce livre, c’est vraiment passionnant, on apprends plein de choses, tiens d’ailleurs on apprends par exemple que le Chancelier Vållenberg buvait pas moins d’une demi bouteille de Whiskey par jour et avait une phobie des chats, au point qu’il avait créé un corps de gardes du corps spécialement dédié à chasser tous les félins des environs du Palais de la Chancellerie.
Et oui, nos hommes et femmes politiques restent des humains aux multiples facettes, bien plus complexes que leur image publique. Merci de m’avoir invité !
Merci Professeur Sullivan. Et maintenant accueillons sans tarder notre invitée suivante il s’agit d’une psychanalyste, le Docteur Elvira Brandeberg spécialisée en sciences cognitives et alternatives et qui va nous expliquer pourquoi selon elle courir tout nu dans la nature est bon pour la santé mentale et que chacun d’entre nous devrait se rouler dans la rosée nu comme un ver chaque matin. A tout de suite !