
Fonction publique : contre le népotisme, des députés proposent l'universalisation du concours
Voula Gerotzi | 28/04/2010

Le concours, une des voies de recrutement dans la fonction publique, pourrait devenir obligatoire.
Marquée par les crises successives du fonctionnement étatique cémétéen, la fonction publique de la Principauté de Cémétie est la colonne vertébrale de l'action de l'Etat. Si dans la Cémétie antique les postes les plus élevés de la fonction publique étaient occupés par des dynasties de serviteurs tant de l'Etat que du monarque en place, la sécularisation relative de l'Etat cémétéen et le développement du fonctionnement moderne de l'Etat aux dix-neuvième et vingtième siècles a rapidement écarté les grandes familles notabiliaires qui accaparaient la haute fonction publique. Si aujourd'hui, encore de nombreux noms dynastiques occupent des postes importants au sommet de l'Etat, la circulation entre les différentes strates sociales de la société a permis une meilleure représentation des serviteurs les plus méritants de l'Etat aux rênes du pouvoir.
Cependant, un certain plafond de verre demeure, justifié par les besoins de l'Etat princier et l'influence encore très forte des grandes familles de serviteurs des princes de la Cémétie antique. Si le cabinet du Prince, institution rattachée administrativement aux services du Premier ministre (Prothypourgos) Abraam Tadros, demeure l'antichambre du pouvoir rémanent de cette noblesse de robe de l'Antiquité afaréenne, leur influence s'étend au-delà des quatre murs du palais princier, avec des descendants des grandes familles se plaçant à des postes stratégiques de l'Etat cémétéen. Bien qu'il n'y ait pas d'hostilité de fond contre ces dynasties de serviteurs qui maintiennent un carcan d'immobilisme au sein de la haute fonction publique, le rejet de ce système de cooptation va croissant au sein d'une certaine frange des élus.
Si l'on pouvait s'attendre à une critique émanant des franges les plus antisystèmes de la Vouli, à savoir à droite les nationalistes hiptiques de la Νότια Συμμαχία (ΝΣ, « Ligue du Sud ») ou à gauche les agrariens de l'Αγροτική Συνέλευση του Κεμέτ (ΑΣΚ, « Assemblée Agrarienne de Cémétie »), c'est du rang des libéraux du Κεμετιακό Φιλελεύθερο Κόμμα (ΚΦΚ, « Parti Libéral Cémétéen ») que vient la proposition de loi qui doit être prochainement inscrite à l'ordre du jour. Outre la volonté de réformer l'Etat cémétéen en profondeur pour le moderniser face aux nombreuses crises que traverse celui-ci, c'est aussi l'idéal libéral qui vient irriguer la pensée d'une telle proposition de loi foncièrement favorable à une plus grande mobilité sociale en faveur de l'émergence des plus méritants.
Le député libéral Yiorgos Pallotis, à l'origine de la proposition de loi déposée au Parlement cémétéen, a tenu à préciser pour notre journal l'idée motivant son texte de loi. « Il y a des rigidités qui contribuent à affaiblir drastiquement l'efficacité de l'action publique et le pilotage des politiques publiques. Sans m'en prendre directement à des individus qui ne sont pas responsables de cette situation systémique, je souhaite simplement porter un coup de pied dans la fourmilière en généralisant le processus méritocratique du concours professionnel qui porte déjà ses fruits dans différentes administrations ministérielles en Cémétie, et qui mériterait une universalisation. La raison d'Etat justifie que nous promouvions une plus grande innovation et une plus grande inventivité au sommet de l'Etat, par le truchement du recrutement des profils les plus créatifs et intéressants que nous offre ce magnifique outil qu'est la voie du concours ».