17/08/2005
15:25:15
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Activités étrangères en Alguarena

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Activités étrangères en Alguarena

Ce topic est ouvert à tous les joueurs possédant un pays validé. Vous pouvez publier ici les RP concernant les activités menées par vos ressortissants en Alguarena. Ceux-ci vous permettront d’accroître l'influence potentielle de votre pays sur les territoires locaux. Veillez toutefois à ce que vos écrits restent conformes au background développé par le joueur de l'Alguarena, sinon quoi ils pourraient être invalidés.
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Jasper Carlson


carlson

L'ascension d'un homme d’Affaires aumérinois en Arkencheen



Il avait fallu vingt-sept ans à Jasper Carlson pour parvenir à sa position actuelle en Archencheen. Il avait commencé par vendre des voitures d’occasion chez un patron, puis il avait hypothéqué sa maison et son âme pour acheter un garage, puis un second, puis un troisième, et finalement une affaire de véhicules neufs, et une autre, et une autre et une autre encore…

Il mettait au point le financement de sa seconde affaire lorsqu’il fit sa première grosse contribution à un parti politique. Parfois, des hommes d’humble extraction ont de grandes ambitions et c’était le cas de Carlson : il voulait devenir ambassadeur dans un pays important.

Pendant des années, il écouta des discours insipides, serra des mains, signa des chèques, et regarda ses espoirs politiques monter et descendre comme la marée. Lorsqu’il posséda huit garages, il versait aux deux partis des sommes à six chiffres. Finalement on le remercia avec un poste d’ambassadeur.

Jasper Carlson n’avait jamais oublié sa conversation avec le membre de l’équipe de transition du nouveau gouvernement qui lui avait téléphoné ce jour-là.

- Le Premier ministre aimerait transmettre votre nom au Sénat, monsieur Carlson, il vous veut à ses côtés.
- Heeny… quoi ? Ça se prononce comment ?
- Heenylth. C’est en Arkencheen, je crois.
- Au Nord ou au Sud de l’équateur ?
- Je vous avoue que je n’en sais rien, monsieur. Il me semble me souvenir que c’est au sud, mais je n’en jurerais pas…

Pendant toutes ces années, Jasper Carlson avait investi énormément d’argent pour arriver à ses fins. Il n’hésita donc pas une seconde. Il répondit à son interlocuteur avec un enthousiasme sincère :

- Dites au Premier ministre que je suis honoré qu’il ait pensé à moi. Je serais ravi de me mettre au service de son administration partout où il le voudra.

Dès qu’il eut raccroché, il chercha le pays en question sur un atlas.

Ambassadeur d’Aumérine en Arkencheen !

Une fois sur place, Carlson ne se contenta pas de s’abandonner au luxe de ses appartements à l’ambassade – qui n’avaient d’ailleurs rien de bien luxueux. Il s’appliqua à apprendre le travail de la diplomatie. Il s’attaqua au flot de document du Département d’État et aux aléas de la politique de l'Heenylth avec le bon sens, le dynamisme et la détermination qu’il mettait à vendre des voitures. Il se fit vite une idée assez juste des politiciens locaux et rédigea des rapports clairs, concis et exacts.

Durant son mandat en Heenylth, une affaire particulière nécessitera néanmoins toute son attention. Ce fut celle du couple de touristes aumérinois enlevés contre rançon alors que ce dernier séjournait aux Encolanas. Un dossier sensible dans lequel il se révéla effectivement capable de représenter les intérêts de la Couronne en Arkencheen et qui se soldera par la libération des otages. Il se débrouilla si bien que le secrétaire d’État fut heureux de l’y faire déménager son bureau à Jacalbulco avec la bienveillance des autorités fédérales afin d’y étendre également son réseau diplomatique.

Carlson se trouvait dans la capitale arkencane depuis treize longues années maintenant. Où au cours de ses habituelles journées de travail de seize heures, il était devenu un expert des relations à multiples facettes entre son pays et l’Arkencheen et s’était fait de nombreux amis aux postes clés du pays.
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L'ambassadeur quechaï Alfonso Grevata s'installe en Arkoha



Alfonso Grevata


Héritier du Che Grevata, défenseur des faibles et premier Condor du Quechaïmar, c'est avec une grande fierté qu'Alfonso Grevata a pris ses fonctions d'ambassadeur du Quechaïmar auprès de l'Arkencheen. Il était très apprécié de la jeunesse cultivée du pays. Certes, il venait d'un état totalitaire mais le Condor Espinar était proche de son peuple, les décisions qu'il prenait, il les prenait pour conserver l'intégrité de sa nation. Le jeune ambassadeur était donc heureux d'avoir quitté sa nation pour mieux la servir sur les terres d'un autre pays !

Le bâtiment était un peu plus luxueux que son ancienne demeure et cela plaira forcément aux étudiants ou visiteurs quechaïs des îles arkencanes.
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journal

"BOS" RÊVERAIT D'ARKENCHEEN
Édition du 25/12/2003
BOS

Qui est BOS ?
Bruno Ole Schwarzmann dit BOS, né à Pawnee dans l'état de San Alberto le 25 septembre 1941 d'un père walsrreichien et d'une garaguayenne du nom de Claudia, est un des plus célèbres gangsters garaguayen. Il fait fortune dans le trafic de drogue et le braquage de banques. On sait peu de chose sur sa jeunesse, mais d'apres un de ses ancien associer, Hector Mina, BOS aurait quitté sa maison quand il avais 15 ans car il s'entendait que rarement avec sa mère.

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Un jeune BOS

BOS semble vouloir un monde qui va dans le sens d'une société de nomads et de chasseurs-cueilleurs et qui s'oppose à la technologie et au contrôle gouvernemental et où les hommes luttent pour survivre. D'après Mina, BOS faisait preuve d'un "dégoût" et d'un "mépris" pour les villes urbaines et pour les grandes industrialisées comme Fort William car servant de monuments pour le "progrès technologique et industrielles" et qui est contesté par BOS. Il assimile le progrès technologique et industriel à des moyens puissants qu'utilise le gouvernement fédéral peut exercer un contrôle sur la population notamment celui de Manuel Escuella alors président entre 1962 et 1986. Bruno disait souvent aux membres de son gang que les libertés individuelles doivent être sacrifies pour aller à un idéal commun.Encore aujourd'hui il est difficile de savoir si BOS était plutôt un communiste, un simple socialiste, un traditionaliste ou tout simplement un bandit qui disait ça pour garder la fidélité des membres de son gang. On sait malgré tout qu'il valorisait avant tout l'indépendance et le fait d'être libre. Pour atteindre ses désirs, BOS a commencé à recourir à une vie de crime et d'hors la loi.Vers l'âge de 19 ans il se lie d'amitié avec Hector Mina qui s'est rencontres alors que les deux essayaient de se voler mutuellement et forment plus tard leurs propres gangs et commencèrent à opéré à Pawnee. Adán Martínez, Julián Mariano, Amaya Rasgado, Jack English et Benito del Pozo rejoignent le gang de BOS a un moment entre 1961 et 1969. En 1982 d'autres personnes rejoignent la bande parmi eux un afaro-garaguayen Camilo Piñón et un Bochizuelien Franco Botín. Entre 1964 et 1985, Bruno Ole Schwarzmann et Amaya Rasgado auront 11 fils qui a la chute du gangs formeront la famille Schwarzmann.

adult
BOS dans les années 70

Les choses tournent mal pour le gang en 1987 lors du braquage de du Banco Industrial de Querétaro plus connu aujourd'hui sous le nom de "massacre de Querétaro" ou la bande vole plus de 500 000 pesos garaguay qui a l'époque est une somme astronomique. La situation tourne mal pour le gang puisque la police et l'armée sont tout près de les capturer et dans la panique BOS tue une jeune innocente de 21 ans Elsa Muñoz. Les membres de la bande parviennent finalement à prendre la fuite. Chasser sans relache pas les fédéraux, le gang s'exile a l'est dans l'etat de Tlaxcala pres du canal d'Isara mais sans Franco Botín qui lui est capturé et enprisoné au centre penitencier de La Costa. Adán Martínez et Julián Mariano s'occupent de l'évasion de Franco Botín en Juin 1988.

En 1991, Lucho Björn Schwarzmann, le fils de Bruno Ole Schwarzmann et d'Amaya Rasgado, s'était fait capturer par la famille Xirau. BOS ordonne un assaut sur le manoir de la famille Xirau et les membres du gang prennent d'assaut le manoir situé pas loin de la ville de Santa Rosa et massacrent tous les membres de la famille Xirau at sauvent l'enfant de 6 ans.

Au milieu des années 90, le gang s'allie avec la famille Bowell et la famille Thurman pour le trafic de drogue en provenance d'Arkencheen. Mais le gang de ne durera pas et le braquage de la banque central garaguayenne en 1996 précipitera la chute du gang puisque Hector Mina, Julián Mariano et Franco Botín seront captures. Adán Martínez est tué par la police alors qu'il n'a que 44 ans. Seul Bruno, Amaya Rasgado, Jack English et Benito del Pozo se sauve. Jack English quitte le gang pour retourner en hausemanie suivi par Benito del Pozo qui formera son propre gang dans le sud du Veracruz ainsi que Camilo Piñón. Hector Mina écrira un livre sur l'âge d'or du gang avant de mourir en prison en 1999 tandis que Julián Mariano est toujours en prison refusant de dévoiler l'emplacement du gang. On découvre plus tard grace au rapport de la police que Franco Botín s'est allié avec les fédéraux contre la protection du gouvernement et aurait donc trahi le gang.

Seul avec Amaya et ses fils, il ira de ville en ville et essayera de survivre tant bien que mal. Francisco Fritz Schwarzmann, l'ainé de la famille, retourne vers le canal d'Isara avec ses frères en 1997 pour former la famille mafieuse de Schwarzmann et s'allie de nouveau avec la famille Bowell et la famille Thurman.

Avec Amaya Rasgado
BOS avec sa femme Amaya

Et Aujourd'hui ?
BOS serait toujours en cavale puisque très rechercher par la police. D'après certain proche de l'ex-leader du gang, il penserait à partir pour l'Arkencheen pour superviser le trafic de drogue ver le garaguay et pour monopoliser totalement le trafic. Personne ne sait exactement où il est à l'heure actuelle et pourrait déjà être sur le sol arkencan.


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Journal

Ramon Palacio dans un état critique après une sortie de route.
Philippe Delavigne | 29/05/2004

Ramon
Le pilote s’est écrasé dans un ravin lors d’un tournage de son émission phare

L’ancien pilote de course automobile arkencheenais et présentateur de l’émission Engranaje Superior Ramon Palacio est dans un état critique après une sortie de retour en Hylvetia.

L’équipe de l’émission s’était rendu en Hylvetia pour tenter de battre le record de temps sur la course de la Berg des Feuers. Ramon Palacio était le dernier des présentateurs à s’élancer sur la route sinueuse réputée pour son danger. Il avait choisit une Ferrari F40 pour tenter de battre le record. C’était une de ses voitures de prédilection. La route était humide mais le ciel était dégagé. Il s’est élancé à plus de deux-cents kilomètres heures. Selon les premiers éléments de l’enquête et grâce aux images fournis par les équipes à la police du canton du Tyrland, il est établi que le pilote est arrivé trop dans le virage en épingle dit « Virage de la Mort ». C’est là malgré ses tentatives de freinages qu’il a quitté la route. Sa voiture s’est écrasé cent mètres plus bas après une série de tonneaux. La voiture s’est aussitôt embrassée. Ramon Palacio a pu s’extraire de l’épave malgré ses nombreuses blessures. Les secours étaient sur place en moins d’une minute et on put prendre en charge monsieur Palacio dont le pronostique vital a été immédiatement engagé. Le pilote a été héliporté en direction de l’hôpital de Tyr-am-Berg pour y subir des opérations d’urgences à l’issue des quelles, il a été placé dans un coma artificiel.

Lors de sa conférence de presse le porte-parole de l’hôpital a fait état des nombreuses blessures de Roman Palacio. Ce dernier a eut la clavicule brisée ainsi que la jambe gauche et les deux mains brisées. Il souffre d’une commotion cérébrale et de multiples brûlures. Il serait brûlé à 50% selon une source proche des médecins sans que l’on en sache plus. A l’heure actuelle, son pronostic vital est toujours engagé. Ses deux amis et co-animateurs de l’émission ont fait part de leur grande tristesse et de leur soutien indéfectible à leur ami et sa famille.
Toutefois, selon les témoins, au vue des images et selon les premiers éléments de l’enquête, certaines critiques pointent du doigt un manque de raison de la part du pilote qui connaissait pourtant les risques d’une pareille vitesse. Aurait-il manqué de discernement ? Ce n’est pourtant pas la première qu’il roulait sur cette route dont il connaissait le danger. D’autres se demandent si ce n’est pas la production de l’émission qui l’a poussé à aller à une telle vitesse pour battre le record et ainsi, s’assurer une excellente publicité pour l’émission. De nombreux points sont encore en suspend et seule, une enquête approfondie de la police hylvète permettra de démêler le vrai du faux.
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Crise en réunion

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La Merenlävät, première coopérative multinationale du Pharois Syndikaali, excellait principalement en deux domaines : liquider ses concurrents et camoufler ses comptes derrière les revenus honnêtes de la pêche en haute mer. Une transition de l'argent sale à l'argent sein qui se faisait d'ordinaire sans problèmes, à condition qu'on ne vienne pas lui marcher sur les pieds.


C’était une activité emblématique pharoise que la pêche et sans doute une des raisons qui en avait fait au fil du temps une marque respectée. La dangerosité des eaux de la mer du Nord, vaste territoire halieutique, ainsi que la capacité des pêcheurs du Syndikaali à s’aventurer dans ces contrées gelées avait offert à la région une image de marque relativement positive. Pour cela, elle avait mis l’accent sur le fait de privilégier les techniques de capture traditionnelles, par filet ou à la canne, plutôt qu’industrielle ou grâce à l’élevage en aquaculture, et en compensant les faibles rendements par une flottille extrêmement nombreuse de pêcheurs indépendants.

Une grande partie d’entre eux néanmoins, s’étaient affilié à cette énorme machine qu’était la Merenlävät. En tant que coopérative poissonnière, il suffisait de s’y inscrire et de payer ses cotisations pour bénéficier de la marque et des infrastructures ainsi que d’avoir voix au chapitre sur l’orientation et la stratégie générale de la compagnie. Outre la puissance économique bien réelle que lui conférait ce quasi-monopole national sur l’un des principaux secteurs d’activité du pays, une organisation aussi atomisée, composée d’une galaxie de navires, de familles et d’équipages tous avec des méthodes de pêches différentes et personnelles, assurait à la Coopérative une tenue absolument bordélique de ses comptes. L’argent entrait et sortait dans tous les sens, réinvesti sous formes de prêts pour la rénovation des navires, de matériel rapidement périssable, d'emprunts internes à la Coopérative, de rachats divers et variés des pêcheurs les uns avec les autres ou de retours sur investissements des sommes engagés parfois des années plus tôt et dont il arrivait fréquemment que le propriétaire soit mort entre-temps. La pêche était un métir aprticulièrement dangereux, surtout dans cette région du monde.
Tout cela était permis par une certaine bienveillance des autorités de contrôle pharoises qui avaient depuis longtemps abandonné l’idée de prélever une part d’impôts réellement proportionnelle aux bénéfices de la Coopérative. Cette-dernier payait néanmoins rubis sur l’ongle ce qu’on exigeait d’elle et arrosait en permanence l’économie pharoises (et ses contrôleurs fiscaux) de liquidités ce qui arrangeait bien tout le monde. De fait, son fonctionnement acéphale empêchait l’argent d’aller s’accumuler dans les poches d’une poignée de personne et revenait toujours d’une manière ou d’une autre aux pêcheurs qui eux-mêmes s'empressaient d'aller le dilapider dans les ports pharois.

La vérité qui était un peu un secret de polichinelle chez les marins et pirates du Syndikaali, c’était que l’image que donnait la Merenlävät d’une honnête coopérative de pêcheurs était à 90% une jolie vitrine mise en place pour préserver les apparences et que l’opacité de ses comptes permettait assez efficacement de blanchir chaque jour de grandes sommes d’argent sorties du marché noir. La Merenlävät qu’on surnommait également « la reine des mères » assurait en effet un semblant d’ordre au sein de la galaxie bigarrée des pirates, contrebandiers, mafieux et syndicats du crime au Syndikaali mais également dans un nombre croissant de villes d’Eurysie septentrionale. Le procédé était toujours le même : sous couvert d’entrepôts, de docks et de chantiers navals privés dédiés à ses activités de pêche, la Merenlävät fournissait à qui en avait les moyens tout un panel d’infrastructures discrètes pour le marché noir et la contrebande. Élargissant ses secteurs d’activité, elle avait également commencé à racheter des petits établissements, bars, salons de coiffures et autres boutiques d’indépendants touchés par la crise et qui servaient de lieu de rencontre et de tractation.

Ne s’adonnant pas aux activités criminelles elles-mêmes, la Merenlävät vivait de proposer à tous ceux désireux de se lancer dans ce secteur des conditions matérielles optimales afin de bien débuter. Résultat, elle n’avait pas tardé à s’assurer un monopole régional dans un grand nombre de port face à des mafias locales quelque peu dépassées par le poids économique de la Coopérative et trouvant tout intérêt à profiter du vaste réseau de services, informateurs, passeurs, revendeurs, fonctionnaires corrompus et autres facilitateurs du quotidien qu'elle leur offrait en échange d’un paiement fixe régulier. Là où elle s’implantait, le crime prospérait donc systématiquement à long ou moyen terme. Elle avançait masquée à l’aide de filiales et de sociétés écrans, colonisant petit à petit l’économie du nord de l’Eurysie, et ne comptait pas s’arrêter en si bon chemin.

Si la Merenlävät tenait aussi bien, c’était avant tout parce qu’elle était sans concurrence sur son secteur et que les économies d’échelle internationale qu’elle y faisait rendait rapidement les autres mafias incapables de s’aligner. Il avait néanmoins fallu batailler dans un premier temps, ne serait-ce que pour s’imposer à la myriades de pirates plus dingues les uns que les autres qui gravitaient autour du Syndikaali. En cela, le gouvernement avait aidé, trouvant dans la Merenlävät une alliée de choix afin de canaliser la criminalité endémique du pays et la focaliser sur des cibles étrangères ou stratégiques pour ses intérêts nationaux dans la région. Interventions militaires, soutien financier, protection diplomatique et collaboration entre les services secrets pharois et les agents de la Coopérative, désormais cette dernière s’était solidement ancrée dans le paysage et avait toutes les raisons de penser qu'elle parviendrait à s'y maintenir encore pour longtemps, sauf sursaut policier ou évènements imprévus..



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Aussi ne fut-ce pas sans un sentiment un peu dubitatif que la Coopérative se vit annoncer un matin la réunion exceptionnelle de son conseil d’administration stratégique où elle apprit que sa marque vitrine – la pêche – était sérieusement concurrencée par les produits venus d’Alaguarena. La Merenlävät avait tant pris l’habitude de devoir se battre pour s’imposer sur le marché de la criminalité qu’elle en avait presque oublié qu’on pouvait également lui faire la guerre sur sa face la plus innocente. Bien entendu un petit pan de la Coopérative avait pour charge d’entretenir cet aspect à commencer par coordonner et organiser les pêcheurs bien réels, mais il fallait reconnaitre que ce secteur d’activité, pour majeur qu’il soit au Syndikaali, ne représentait pas le quart des préoccupations habituelles de la Coopérative. Il fallait la comprendre : entre des parrains albionnais et quelques vieux râleurs syndiqués du Syndikaali, le danger venait moins des seconds que des premiers – quoi qu’on aurait tort de sous-estimer un pêcheur en colère.

Dans la salle de réunion d’un bâtiment de bureau très ordinaire dans la périphérie de Suurettallot – le conseil stratégique d’administration ne se réunissait jamais dans les bâtiments officiels de la Merenlävät, cultivant une certaine imprévisibilité – une vingtaine d’hommes et de femmes se tenaient assis en arc-de-cercle autour d’une table, face à la projection d’un ordinateur sur le mur. Si la plupart portaient le traditionnel assemblage chemise-cravate-veste noire et tailleurs pour les femmes, d’autres aux allures plus bigarrées, barbes mal taillées, pull détendus, parfois les ongles sales ou un bras porté en écharpe, se tenaient parmi eux sans que cela ne semble poser problème à qui que ce soit. Tous et toutes étaient absorbés par la présentation qu’une vieille femme en robe à fleur leur projetait.

- « Et je remercie la Citoyenne Pauliina, ministre de la mer, de la pêche et des côtes, d’avoir bien voulu prendre de son temps pour participer à ce conseil d’administration, madame la ministre merci. »

A quelques chaises d’elle, une autre femme, toute austère dans une vaste cape noire qui lui tombait jusqu’aux chevilles alors qu’elle était assise, hocha la tête d’un air pincé.

- « Un plaisir Jaana, un plaisir. »

La vieille dame sembla satisfaite et se retourna vers son écran. Plusieurs graphiques assez indigestes censés représenter l’évolution du marché de la pêche à travers le temps et selon les régions du monde montrait de manière significative la part de plus en plus importante qu’occupait l’Alguarena dans le camembert.

- « Bien entendu il ne s’agit que de tendances mais si celles-ci se confirment, nous pourrions bien voir notre croissance annuelle ralentir, voire se stopper complètement. »

- « Ce qui serait gênant au moment même où le crime rapporte de plus en plus en Eurysie. » commenta un moustachu à la veste de velours et aux allures de dandy.

La ministre ne sembla même pas entendre la remarque. Ici ne siégeaient que des initiés.

- « Absolument capitaine Aarne. » acquiesça la vieille dame « C’est une question de produit avant tout, le marché de la pêche est certes l’un des premiers au monde mais il ne peut s’étendre éternellement, la plupart des pays subviennent globalement à leurs propres besoins et les parts à conquérir sont soit dans le très bas de gamme, soit dans le très haut. »

- « Mais nous sommes déjà sur des produits de luxe pour l’exportation. » se plaignit d'un ton gémissant une jeune femme à l’air cruche, ce qui sembla énerver son voisin.

- « L’Alguarena également pauvre conne ! »

La vielle Jaana leva les deux mains en signe d’apaisement.

- « S’il vous plait, s’il vous plait. La situation est certes préoccupante mais en rien problématique pour le moment, nous avons le temps de réfléchir à une stratégie de riposte conjointe avec le gouvernement pharois. »

Le dandy fit la moue et demanda la parole.

- « Excusez moi mais il s’agit simplement d’un acteur un peu ambitieux sur le marché, que je sache on ne convoque pas un conseil de défense à chaque fois que quelques commerçants étrangers tentent de nous grappiller des parts. Coulons un ou deux de leurs navires, ou provoquons une crise régionale pour favoriser notre propre ports. Je suis certain qu’en déstabilisant un peu la République d’Albion, celle de Liria ou le Royaume de Ladros nous pourrions les convaincre de privilégier nos produits et... »

L’homme qui venait de s’emporter le coupa d’un ton sec.

- « Vous êtes un demeuré Aarne, il s’agit de l’Alguarena cette fois, on ne peut pas juste leurs couler quelques chalutiers et espérer qu’il n’y aura pas de conséquences ! »

- « D’autant qu’une grande part de la pêche alguarenos provient de leurs propres mers où pour l’heure notre influence est assez limitée. S’attaquer à eux c’est s’attaquer aux convois réfrigérés qu’utilisent plusieurs pays d’Aleucie ou de Paltoterra. »

- « Au moins cela camouflerait nos véritables intentions. » protesta le dandy visiblement vexé.

La ministre prit à son tour la parole l’air agacée.

- « On ne va pas provoquer une crise économique généralisée pour quelques crevettes, soyez sérieux. »

- « De toute manière tout ne se règle pas par la force, nous sommes déjà engagés sur plusieurs fronts et la stabilisation de Kotios nous coûte un argent monstre, j’aimerai autant que ce petit problème soit réglé sans effusions de sang ou de crise diplomatique internationale. » dit quelqu'un.

La ministre hocha la tête.

- « D’autant que cette fois il ne sera plus question de déstabiliser quelques dictateurs voisins et à l’économie bancale, l’Alguarena fait la course en tête en termes de technologie et d’industrie, le Pharois Syndikaali ne pourra pas vous soutenir sur ce coup-là. »

L’information jeta un froid sur le conseil. Une grande part de l’efficacité de la Merenlävät reposait sur sa synergie avec le gouvernement pharois, assurant ses arrières, masquant ses crimes ou recouvrant d’une glaçage de déstabilisation politico-diplomatiques les véritables intentions de la Coopérative. Privée de ce soutien majeur, cette dernière voyait son champ d’action quelque peu réduit.

- « Va pour la subtilité, alors. » dit quelqu’un d’un air indifférent.

Une femme hocha la tête.

- « Oui. Néanmoins nous n’avons pas été assez prévoyants, je préconise la mise en place de l’une de nos zones économiques exclusives à proximité de l’Alguarena, au cas où. »

La ministre acquiesça d'un geste sec.

- « D’accord mais pas de crise, je vous prie. Le capitaine Mainio n’appréciera pas de devoir déployer nos sous-marins à l’autre bout du monde, il a d’ailleurs fait remarquer que nous nous investissions beaucoup trop à l’international ces derniers temps. Pas. De. Crise. »

- « Soit, soit, pas de crise ! » lâcha l’homme énervé. « N’empêche ! Ça ne résout pas le problème des crevettes ! »

- « Moi les crevettes je n'aime pas ça, ça me donne mal à la tête. » dit quelqu'un qu'on ignora.

La vieille Jaana eut un sourire ridé qui la fit étrangement ressembler aux motifs floraux qui ornaient sa robe et se tourna vers l'homme agressif.

- « Peut-être avez-vous une proposition à nous soumettre capitaine Oskari ? »

L’homme se redressa dans sa chaise, lissa son épaisse barbe, pris quelques secondes pour trouver ses mots.

- « L’Alguarena est à l’autre bout du monde. En ce qui concerne le marché Eurysien nous avons l’avantage de la proximité. Multiplions les accords diplomatiques et commerciaux et imposons nous sur le marché avant que ces paltoterriens n’y enfoncent leurs griffes. »

Quelques personnes hochèrent de la tête face à ce qui semblait une proposition plutôt raisonnable. Le dandy Aarne s’agita néanmoins.

- « Vous oubliez que l’Alguarena est aussi le premier exportateur d’armes au monde. Et d’une qualité qu’on ne peut que leur reconnaitre, s’ils décident de nous damner le pion je ne sais pas avec qui nos compatriotes eurysiens préfèreront faire affaire. »

- « D'autant que notre réputation n'est pas toujours au beau fixe. » dit quelqu'un.

- « Nous nous exposons trop, le Syndikaali est censée être une terre neutre... » argumenta un autre.

- « Pourtant nous n'avons tiré que des bénéfices à nous impliquer plus activement d'ailleurs... » répondit un troisième.

- « Depuis le temps que je dis qu’il faut s’imposer comme gendarme régional, ça nous éviterait pas mal d’emmerdements ! »

- « Capitaine Oskari, s’il vous plait. » le tempéra la vieille Jaana. « La remise en question de la politique pharoise n’est pas à l’ordre du jour. » elle eut un regard pour la ministre qui hocha sobrement la tête, l’encourageant à continuer. « Si tous ces problèmes viennent d'une question de positionnement de marque, peut-être qu’une campagne de publicité pourrait suffire ? »

Il y eut quelques froncements de sourcils. Remettre l’affaire entre les mains du service com’ de la Merenlävät sonnait un peu comme un aveu de faiblesse d’autant que les graphiques qu’ils avaient vu quelques minutes plus tôt laissaient douter que le phénomène puisse être enrayé par une simple campagne publicitaire.

- « Et Kotios ? » demanda quelqu’un.

Plusieurs visages se tournèrent vers le garçon en retrait. Un rouquin tâché de son qui ne semblait pas avoir passé la trentaine.

- « Quoi Kotios ? » grimaça le capitaine Oskari.

- « Toute l’Eurysie a les yeux rivés sur Kotios et la ville ne peut subvenir à ses propres besoins. Puisque le putsch est terminé, tout un processus démocratique va se mettre en place ce qui continuera d’attirer l’attention. Si nous nourrissions Kotios avec des produits de grande qualité, cela nous ferait une excellente publicité auprès de nos voisins ? »

Aarne fit la moue.

- « Nous approvisionnons déjà Kotios, et nous ne sommes pas les seuls. L’Alguarena également il me semble. »

- « Si la question est de filtrer les arrivées de nourriture, je rappelle que nos amis contrôlent les ports. Il ne serait pas très compliqué de salir la réputation de nos concurrents en prétextant des arrivages de mauvaise qualité. »

Quelques yeux brillèrent.

- « Pour des frais sommes toutes très minimes... »

La ministre hocha la tête.

- « Et je n’aurai aucun mal à débloquer des subventions humanitaires pour aider la Commune. Nous ferons du protectionnisme sur nos produits de manière parfaitement indirecte et en passant pour généreux. »

On hocha la tête. La vieille Jaana frappa doucement dans ses mains.

- « Qui vote pour ? »

Toutes les mains se levèrent.

- « Alors la stratégie est approuvée, nous allons prendre les dispositions nécessaires. Autre chose ? » elle interrogea l’assemblée du regard.

- « Et pour la base en Aleucie ? Vous pensez à l’Izcalie ? Il me semble que nous avons eu de bons échanges avec leurs pirates à Kotios. » demanda Aarne.

- « Aleucie ou Paltoterra, c’est somme toute la même chose. On pourrait aussi allez voir le Kah. Ce serait assez logique compte tenu de nos relations avec eux. »

- « J’aime autant ne pas avoir trop à faire avec le Kah, ce ne sont pas vraiment des gens qui ont le sens du commerce si vous voyez ce que je veux dire. »

- « Bon de toute façon on ne va pas discuter de ça à chaud comme ça, Jaana vous nous ferez un dossier pour chacun et nous comparerons à la prochaine réunion d’accord ? »

Tout le monde sembla d’accord.

- « Bien dans ce cas là je vous remercie de votre présence et de votre participation. » répondit l'intéressée. « Nous nous disons donc à la semaine prochaine pour le conseil hebdomadaire sauf Madame la ministre bien entendu.

- « Rappelez moi si vous avez besoin d’aide, bien sûr. » acquiesça celle-ci.

- « Bien entendu, ce fut un plaisir de vous compter parmi nous. »



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Choc des cultures, choc des titans

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Du fait de son histoire et de son système politique atypique, dès son origine fondé sur la collaboration avec les équipages pirates de la région s’étant joint aux forces républicaines face à la Couronne d’Albi, le Pharois Syndikaali avait très tôt pris conscience de la précarité de son modèle culturel dans le monde. Une précarité intensifiée par l’entrée franche dans la mondialisation au début du XXème siècle qui avait indirectement mis en concurrence les modes de vies des différents pays, jetant la lumière sur les dysfonctionnements ou au contraire les réussites des uns et des autres.

Replié sur lui-même, dans une forme d’étrange humilité qui circonscrivait ses mœurs à un minuscule territoire dans le vaste monde, les Pharois n’avaient jusqu’alors jamais cherché à exporter leur modèle culturel à l’étranger. Trop spécifique, trop profondément ancré dans une histoire particulière, on ne pouvait sérieusement attendre du reste de l’Eurysie, voire du monde, qu’il embrasse simplement l’ultra-individualisme romantique de la nation pirate. Au demeurant, cela aurait été pire que mieux : nourrissant une part de sa puissance économique et politique de sa capacité à déstabiliser ses voisins pour implanter directement sur leurs sols des réseaux économiques parallèles dont il tirait profit, le Pharois Syndikaali vivait littéralement de sa différence et de ce que celle-ci lui conférait régionalement une forme de monopole sur le crime organisé à une si grande échelle.

Néanmoins, l’isolement pharois, y compris sur la scène diplomatique où la plupart de ses rapprochements avec ses voisins avaient été le fruit de chantage ou de pression militaire et économique grâce à une piraterie de plus en plus redoutable, n’était pas sans préoccuper le gouvernement du pays. Ce-dernier surveillait ainsi de très près tout début de manœuvre hostile à son encontre, ou de rapprochement de ses ennemis, les désamorçant parfois dans l’œuf comme cela avait pu être le cas avec le projet d’alliance boréale censée unir la République de Makt, le Walserreich et l’ex-Empire Latin Francisquien. Restait que la situation du Syndikaali demeurait précaire sur le plan diplomatique et culturel et que ce dernier en avait parfaitement conscience.

L’arrivée de l’Alguarena sur le marché de la pêche eurysienne, première puissance économique et militaire mondiale, avait ainsi réveillé de nombreuses inquiétudes au sein des instances dirigeantes pharoises, officielles et officieuses. Face à un tel concurrent, malgré ou grâce à la distance les séparant, les méthodes de déstabilisation traditionnelles ne pouvaient fonctionner correctement. Frapper physiquement le marché d’Alguarena, intimider ses pêcheurs ou arrêter ses convoyeurs, c’était prendre le risque bien trop gros de déclencher un conflit militaire ou politique que le Syndikaali était assuré de perdre. En somme, face au poids démesuré de cet adversaire, les outils habituels de la stratégie de domination pharoise se découvraient grippés.

Grâce à la synergie intime entre les grandes entreprises du pays et ses pouvoirs politiques, ces derniers avaient vite pris au sérieux la question de l’Alguarena et les possibles répercussions sur l’économie pharoise, très dépendante de ses productions halieutiques. L’incident de Kotios et la mauvaise publicité faite aux crevettes des îles fédérées clamée l’air de rien dans la région avait peut-être ralenti l’expansion de la concurrence, mais on ne pouvait sérieusement espérer contenir celle-ci indéfiniment. La raison en était également que l’Alguarena elle-même n’était pas restée passive vis-à-vis des intérêts privés de ses compagnies de pêche et les commerçants et services secrets du Syndikaali rapportaient les manœuvres de décrédibilisation des marques estampillées Pharois de l’autre côté de l’océan. L'Alguarena entendait ainsi importer sa stratégie protectionniste jusque dans les consciences et l'imaginaire profond des consommateurs.

Pour la première fois, donc, le Syndicat des Poissonniers avait compris que pour stopper l’hégémonie alguarenos, il lui faudrait s’essayer à la bataille culturelle.




Le « Cool pharois », où quand la piraterie fait contre-culture

Si le traitement de la piraterie dans la pop culture mondiale était longtemps resté au stade archaïque représentant l’âge d’or de la piraterie au début du XVIIIème siècle, mettant en scène d’imposant trois-mâts en quête de fortune et de gloire, le Syndikaali avait perçu l’intérêt de remettre au goût du jour et dans l’imaginaire collectif une forme plus moderne et légèrement édulcorée de ce que pouvait être la vie en mer des boucaniers.

Bien éloignés esthétiquement de leurs homologues poussiéreux des mers chaudes paltoterriennes, la piraterie nordique leur avait néanmoins emprunté une grande part de leur substance, condensée autour de quelques valeurs centrales : la liberté, l’insoumission, la camaraderie, la fortune, la gloire et l’amour. Un cocktail associé à un renouvellement de l’imaginaire punk-rock qui présentait la figure du pirate comme celle du rebelle, à contre-courant de l’ordre établi et des injonctions sociales, traçant son propre chemin malgré les obstacles dans une réactivation moderne des valeurs méritocratiques et romantiques.

Cet archétype, en dépassant la figure sclérosée de l’entrepreneur libéral ainsi que celle ridiculisée et archaïque du chef de famille autoritaire, venait moderniser sans pour autant les renverser totalement les mœurs désormais hégémoniques en Occident de la droite libérale « à papa ». Un modèle centré vers la jeunesse en quête de renouvellement et bien parti pour faire figure de véritable contre-culture auprès d’une partie signifiante des nouvelles générations révoltées ou engagées. En plus d’être un rebelle, le pirate était également un justicier romantique, alliant répartition des richesses tel un robin des bois marin avec une quête d’amour véritable capable de résonner chez les cœurs les plus tendres.

Cette stratégie du « Cool pharois » avait pu s’implanter de prime abord au nord de l'Eurysie grâce au terreau fertile dans l’imaginaire collectif nourri ces dernières années par plusieurs évènements tragiques ou spectaculaires impliquant le Pharois Syndikaali, dont la guerre contre l’Empire Latin Francisquien qui avait mis à l’honneur l’action des pirates dans le sabotage des voies maritimes et commerciales francisquiennes. L’Empire alors perçu comme tyrannique et fou avait par opposition rendu héroïque la figure du corsaire, agissant de son propre chef, par esprit de vengeance ou par passion anti-autoritaire, seul avec son équipage face à une armée entière et néanmoins capable de remporter la victoire. A cet épisode particulièrement instrumentalisé et rapidement repris dans la pop culture pharoise s’était ajouté les actions plus ambiguës de la Fraternité des mers du Nord, soulevant le peuple face aux tyrans et dont une partie des exactions passées avaient ainsi été camouflées par la succession des crises de Kotios où elle avait finalement tenu le beau rôle en se plaçant du côté du camp démocrate pour lequel elle avait essuyé les pertes les plus sévères.

Ce bouillon narratif composé de désinformations et de déformations multiples avait néanmoins réussi à marquer les esprits en Eurysie et produit un certain nombre d’œuvres culturelles destinées au public pharois. Une première partie de la stratégie du gouvernement avait ainsi été d’exporter ces œuvres, modifiées plus ou moins largement pour « mieux correspondre aux spécificités culturelles étrangères » ce qui sans langue de bois signifiait qu’on avait accentué le jeu sur les ambiguïtés et profité de l’éloignement spatial des pays pour orienter le narratif de sorte de rendre la piraterie susceptible de provoquer l’attachement ou l’admiration.

Plus concrètement encore, la stratégie de diffusion culturelle pharoise à destination de l’Alguarena s’était construite sur deux axes synergiques.

D’une part, proposer aux diffuseurs d’Alguarena plusieurs productions cinématographiques supposées se rentabiliser aisément car orientées grand public et mettant en scène la piraterie nord-eurysienne. Avec cela s’accompagnait un discours plus savant, sous forme de reportages, d’articles de presse ou scientifique, cette fois-ci à destination d’un public érudit et désireux de se renseigner sur les évènements parfois cryptiques des mers du Nord. Le Pharois Syndikaali proposait une lecture des évènements relativement factuelle dont l’objectif était moins de se faire bien voir que d’orienter le débat public d’Alguarena pour le pousser à s’intéresser à la région et donc rendre les questions de piraterie à la mode. La perversité du procédé tenait qu’en pointant du doigt la complexité voire la dangerosité du phénomène pirate dans la région et donc en poussant les commentateurs politiques à critiquer son caractère endémique, ces-derniers participaient indirectement à le rendre attractif pour la jeunesse en quête de modèles contre-culturels pour s’opposer à ses aînés.


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D’autre part, le Syndikaali imposant à ses citoyens un service militaire obligatoire de deux ans afin d’encadrer un usage des armes largement répandu au sein de la société pharoise, il avait à sa disposition un puissant outil pour orienter sa propre jeunesse, au moins spatialement. Puisqu’une grande partie du service militaire se déroulait en mer, l’entrainement des jeunes citoyens impliquait de longs voyages autant pour leur faire découvrir les spécificités des eaux sous différents climats que pour leur faire voir du pays. Cette année, le gouvernement choisit donc de privilégier pour ses cadets les manœuvres en mers paltoteriennes où des ravitaillements occasionnels seraient nécessaires aux îles fédérées. Une procédure standard de demande de visas mais qui permettait aux adolescents et jeunes adultes de découvrir l’Alguarena, et de s’y faire découvrir.
Ainsi, non seulement le Syndikaali pariait sur le désir futur de ces apprentis marins de revenir dans le coin et donc d’y renforcer le poids de la micro-diaspora pharoise ce qui pourrait s’avérer utile, mais également de donner un aperçu concret aux jeunes alguarenos de ce que signifiait la jeunesse au Syndikaali, sa liberté de ton et son tempérament aventureux.


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De quoi en somme semer les graines, les ministres l’espéraient, de la naissance d’une contre-culture favorable à leurs intérêts, capable le cas échéant de peser sur la politique du géant économique ou au moins d’y rendre populaire les produits pharois en les associant à l’imaginaire de la liberté et de la fraicheur.
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