
Les Nouvelles Peprovites | 08/02/2010

En visite diplomatique au Pharois Syndikaali, l'annonce de l'invasion du Kronos par l'ONC a conduit à une prise de parole de Malyshev Alexei devant le ministère des Intérêts internationaux pharois.
Sur cette image cependant, aucun ministre du Syndikaali n’est présent, le Capitaine Ministre Mainio et les ministres du Parti Communiste Pharois qui se sont dit « très préoccupés par la situation au Kronos » tiendront leur propre conférence de presse à part. Une manière de laisser chacun libre et responsable de ses propres déclarations, la proximité idéologique de la République Sociale du Prodnov avec les régimes communistes de l’ouest-Eurysie – en particulier la Loduarie – met Alexei Malyshev dans une situation plus complexe que ses homologues Pharois.
Du côté du Syndikaali, on a annoncé une prise de parole en fin de matinée. Bien que la Libre Association des Propriétaires de Phares et de Filets d’Eurysie Septentrionale ne soit pas véritablement concernée par le conflit opposant le Kronos à l’ONC, on sait que la diplomatie pharoise s’était montrée assez critique envers la politique extérieure de l’organisation, en particulier depuis la crise du Prodnov. Accusée d’impérialisme et de bellicisme par plusieurs pays de la communauté internationale, la nouvelle déclaration de guerre de l’ONC pourrait confirmer les analyses portées par les stratèges du Syndikaali et l’ONG Imperialism Watch.
C’est en tout cas la rhétorique déployée par Alexei Malyshev sur le perron du ministère. Devant un parterre de journalistes, celui-ci a allégrement comparé la guerre au Kronos avec celle menée au Prodnov en 2007. Les deux conflits sont en effet assez similaires, des régimes dictatoriaux et autoritaires, dont plusieurs observateurs internationaux indépendants semblent confirmer les crimes contre des populations civiles, se voient visés par une intervention de nations coalisées afin de renverser le gouvernement.
Plusieurs éléments toutefois distinguent le Prodnov et le Kronos. Le premier se trouve tout simplement dans les stratégies mises en place pour mettre fin aux crimes du régime. Si, au Prodnov, les pays coalisés de l’océan du nord avaient commencé par adresser un ultimatum à Viktor Kuklin, menant à la reddition de l’armée rouge, l’ONC déjà à l’époque n’avait rien fait de tel et préféré intervenir directement à Staïglad, la capitale, en y parachutant leurs blindés. Au Kronos, pas d’ultimatum non plus, l’ONC semble de nouveau préférer la stratégie de la force brute sans offrir de chance à la diplomatie ou à la négociation.
Une stratégie qui pourrait toutefois mener à l’enlisement. Si le Prodnov envahi était à l’époque sous-équipé et fut ciblé par deux coalitions militaires, le Kronos est beaucoup mieux armé et possède plusieurs alliés sur place, dont la Loduarie Communiste, la Lambroisie et potentiellement la Manche Silice. Il faut aussi compter sur un acteur agité de la région : l’Empire Listonien, voisin du Kronos, et en tensions avec plusieurs nations de l’ONC telles que le Jashuria à Macao, le Lofoten à Jadis ou l’Alguarena au Pontarbello. Tout porte à croire que les forces d’invasions n’entreront donc pas comme dans du beurre au Kronos qui possède l’arsenal suffisant, sinon pour les repousser, au moins pour leur infliger des pertes conséquentes.
Il faut aussi tenir compte des opinions publiques et dans un conflit qui pourrait rapidement se chiffrer en milliers de morts dans chaque camp, avec un fort risque d’embrasement régional, pas certain que les populations Alguarenos et Lofotenoises, dont les gouvernements travaillent par ailleurs ouvertement avec des dictatures, acceptent longtemps la justification de lutter contre l’autoritarisme pour envoyer leurs enfants mourir en Eurysie.
Pour en revenir au Prodnov, Lavr Krayevsky le ministre des Armées et de la Défense, a demandé à son homologue Pharois, le ministre Sakari, une réunion d’urgence entre leurs états-majors. Ce-dernier a également mis à sa disposition plusieurs espaces de travail et une rencontre entre les responsables de la C.A.R.P.E. et de la B.A.GU.E. (Bureau Armé pour la GUerre Extérieure), les services secrets pharois et prodnoviens, est également en cours au ministère de la Défense territoriale.
« En envahissant le Kronos, l’ONC a achevé de convaincre les derniers membres de l’état-major du Syndikaali que cette organisation représentait toujours une menace, notamment au Prodnov. Je pense que le retrait des troupes pharoises va être reporté. » explique en off un membre du cabinet du ministre Sakari.
Pour le gouvernement prodnovien, les réactions sont mitigées. D’un côté on déplore l’invasion d’une nation communiste sans réellement pouvoir agir à son secours, de l’autre en rejouant la partie en Eurysie, l’ONC sert le discours gouvernemental prodnovien qui martèle depuis plusieurs années que l’invasion du Prodnov était illégitime. Du grain à moudre de manière générale pour tous ceux qui dénoncent l’impérialisme de l’ONC et semblent, dans le malheur du Kronos, trouver une confirmation morbide à leurs analyses.