
Sous des tons aussi effrayants que spectaculaires, un important incendie s’est déclenché sur un pipeline de gaz assurant les approvisionnements sous-marins de l’île de Guaranquiza. Un catastrophe qui fait l’effet d’un scénario post-apocalyptique, pour les cent-vingt pompiers et secouristes en mer mobilisés. Les premières images qui sont parvenues des secours puis des journalistes, ont dressé le portrait d’un incendie sans nul autre pareil. Des images qui se sont faites virales sur l’ensemble des chaînes télévisées arkohanes, alimentant de nombreux fils de discussions sur les réseaux en ligne où certains spéculaient déjà sur l’irruption d’un volcan sous-marin au large de l’archipel arkohane.
Bien que préoccupante pour d’autres raisons techniques, la catastrophe a fait l’objet de communications rassurantes par le gouvernement arkohan et fédéral, qui ont exclu d’emblée l’irruption volcanique sous-marine. Il faut dire que l’apparition de vagues orangées sous la surface même de l’eau faisait pour beaucoup l’effet de lave en fusion. Particulièrement rare, le phénomène a, il faut le dire, laissait bon nombre de spectateurs et présentateurs sur le carreau pour l’expliquer. Si les causes d’une mer rougeoyante paraissaient difficiles d’interprétation pour le grand public, l’annonce d’une explosion survenue sur un pipeline sous-marin permit à celui-ci de s’imaginer plus aisément la scène. La cause du sinistre connue, les autorités ont pu poursuivre le déploiement d’un dispositif de secours approprié, après que les risques d’aggravation possibles aient été eux-aussi scénarisés.
Devant l’emballage médiatique entourant cet événement hors norme, la société chargée de la distribution de gaz en Arkoha a déclaré ouvrir une enquête sur-le-champ, pour percer chaque “zone d’ombres d’un sinistre qui n’aurait jamais dû arriver”. Sitôt l’incident détecté, les vannes qui assurent la connexion des sections de pipeline se sont automatiquement verrouillées, privant l’incendie d’un combustible inépuisable que les secours auraient eu peu de chances de pouvoir circonscrire.
Bien que les protocoles de sécurité sur place ont limité la propagation de l’incendie, la gestion de celui-ci oblige néanmoins l'exécution de techniques spécifiques pour maîtriser l’incendie. Car contrairement aux idées reçues, l’eau ne suffit pas toujours à éteindre une flamme et celle-ci peut lui survivre. Dès lors, les secouristes ont depuis trouvé la parade en déversant sur ce type d’incendie une certaine quantité d’azote, connue pour entretenir des qualités d’extinction indéniable. Là encore la communication du gouvernement arkohan a fait son œuvre, en précisant au grand public que l’emploi de l’azote dans les mers du pays n'entraîne aucune pollution, ni aucun risque pour la santé.
Le recours à cet azote s’est d’ailleurs révélé salvateur dans l’extinction totale des flammes issues du pipeline. La destruction de ce pipeline n’a fort heureusement pas entraîné de rupture d’approvisionnement sur l’île de Guaranquiza car chaque île dispose de plusieurs pipelines d’approvisionnement dont un seul fonctionne en continu. Cela permet justement d’éviter un dommage simultané de l’ensemble des conduits car aucun gaz ne circule dans les pipelines de secours, reconnaissables par leur diamètre nettement plus inférieur aux pipelines principaux. L’approvisionnement en gaz de l’île de Guaranquiza a donc été dévié sur un autre pipeline inutilisé.