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PRESSE | Τύπος στο Κεμέτ - Page 4

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Informations du Thaon

Sommet afaréen : le géant... Aux pieds d'argile ?


Anargyros Zervatos | 22/12/2003

Vallée du Thaon fleuve Cémétie Nil

Le continent afaréen reste encore un espace à la marge de la mondialisation et cultivant les extrêmes.


Entre la société tribale de la République « directe » du Banairah, le régime communiste de la République Socialiste des Nets’amerēti, la monarchie héréditaire du Royaume d'Aubrane et la monarchie constitutionnelle de la Principauté de Cémétie, nul n'aurait penser un jour pouvoir réunir les quatre puissances afaréennes autour d'une seule et même table de négociation. Pourtant, c'est à l'initiative de la Centrafarée - autre nom des Nets’amerēti - que les quatre États ont accepté de dépêcher des émissaires diplomatiques à des fins d'entente continentale : un défi majeur, quand on sait les grandes divergences idéologiques, géopolitiques et culturelles entre les puissances régionales.

Quatre pays, mais aussi quatre paradigmes : comment concilier le tribalisme et l'élection directe du chef d'État banairais, en plus de l'absence d'existence d'organe parlementaire, avec la démocratie constitutionnelle cémétéenne ? Le monopartisme de la « démocratie socialiste » de Centrafarée avec le pluralisme parlementaire et politique de la Principauté de Cémétie ? Bien que le pragmatisme soit de mise au sein des institutions diplomatiques princières, toute harmonisation internationale, régionale et continentale semble compromise par les trop nombreux écarts. Les diplomates afaréens risquent de se casser les dents à plus d'une reprise : l'on sait également l'anticommunisme ambiant dans la société cémétéenne.

Au vu des conditions politiques actuelles, un quelconque rapprochement politique ou même économique entre les États afaréens semble également peu probable : d'une part la culture de l'interventionnisme économique chez les autorités communistes des Nets’amerēti représente une menace monopolistique de taille face à tout libre-échange, le secteur public nets'afaréen pouvant largement menacer les secteurs privés des trois autres États ; et une potentielle ouverture de l'économie centrafaréenne au secteur privé semble tout aussi incongrue. Mais supposons une compatibilité pourtant inexistante entre les économies nationales : comment penser le libre-échangisme hors de tout libéralisme ?

En outre, l'instabilité propre aux régimes du continent afaréen ne semble pas véritablement avoir quitté aucun des quatre États en question, la possibilité d'un effondrement d'un quelconque accord n'étant pas exclue, au détour d'un coup d'État ou d'une révolution soudaine. La nécessité d'un raffermissement des valeurs communes, de la légitimité des régimes concernés et d'un développement économique individuel semble une condition préalable à toute entente internationale dépassant le simple pacte commercial mercantiliste. « Dans une démocratie directe, personne ne peut être omnipotent, pas même le souverain : tel est le message que les votants ont fait passer. Ils ont décidé qu’ils ne pouvaient pas se substituer à la justice et au parlement. C'est un signe de maturité démocratique ».
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Informations du Thaon

Peut-on parler d'« Eurafarée » ?


Anargyros Zervatos | 14/02/2004

Isthme Théodosine canal Empire rémien détroit Bosphore Istanbul Constantinople

L'isthme, devenu canal, de Théodosine incarne la liaison géographique entre les continents eurysien et afaréen.


Par les racines de l'espèce humaine sur le continent afaréen, par les échanges commerciaux à l'âge du bronze, les explorations coloniales à la Renaissance eurysienne puis les conquêtes territoriales de l'ère coloniale, l'Eurysie et l'Afarée ont toujours communiqué entre elles. Alors que la civilisation et les religions monothéistes ont vu le jour sur le sol afaréen dans les territoires levantins, leur développement et leur expansion s'est surtout opéré au sein du territoire eurysien. De riches échanges mutuels, le plus souvent au bénéfice du continent septentrional, ont eu lieu depuis le troisième millénaire avant Jésus Christ. Aujourd'hui encore, les liens historiques restent vifs entre l'hémisphère nord et l'hémisphère sud.

Géographiquement un seul et même continent contigu jusqu'à la percée de l'isthme de Théodosine par les autorités impériales rémiennes au début du vingtième siècle, l'Eurysie et l'Afarée sont désormais deux territoires distincts - mais profondément entremêlés d'un point de vue culturel et historique. La Cémétie en est l'exemple vibrant : civilisation fondée par les ancêtres des hiptiques, d'origine afaréenne, la Cémétie a été enrichie par les apports technologiques, économiques et humains des helléniques, au point de devenir une nation à majorité hellénique comme aujourd'hui. La Principauté est ainsi habitée par une population à moitié d'origine eurysienne, et à moitié d'origine afaréenne.

Pourtant, le métissage est un fait rare, et les cultures ne se destinent pas au mélange et vivent parfois dans des aires géographiques bien distinctes. Mais l'échange culturel reste fort, avec l'utilisation de techniques occidentales importées par les marchands et les colons helléniques dans les champs cémétéens, majoritairement possédés et cultivés par des hiptiques. Au-delà des frontières cémétéennes, les échanges sont nombreux aussi : l'Afarée a connu une période où la colonisation de ses côtes et comptoirs commerciaux par les marchands de différentes nations a permis l'importation de nombreuses techniques, agricoles notamment, ayant permis l'expansion de la production alimentaire et une meilleure émancipation économique.

Plus simplement, la frontière reste floue entre le nord et le sud : si la Leucitalée, mer quasiment fermée qui sépare les deux continents, est un marqueur géographique évident, il n'est pas pour autant simple de départager les nations eurysiennes des pays afaréens. Ainsi, outre la Cémétie, de nombreux pays afaréens pratiquent les fois chrétiennes et reconnaissent l'autorité des patriarches eurysiens sur leur Église. Plus récemment, des rapprochements diplomatiques et économiques entre le monde occidental et des États afaréens comme le Varanya pourrait bien être symptomatique des enjeux à venir dans les échanges intercontinentaux. Si l'« Eurafarée » reste un néologisme sans véritable réalité géopolitique, le rapprochement des deux continents pourrait bien se faire contre des menaces extracontinentales.
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Informations du Thaon

Menace rouge : entre fantasmes et réalités


Anargyros Zervatos | 17/02/2004

Isthme Théodosine canal Empire rémien détroit Bosphore Istanbul Constantinople

Comment le communisme et son expansion sont-ils devenus le cheval de guerre de la classe politique ?


À l'international comme sur le sol cémétéen, la faucille et le marteau restent un symbole hautement critiqué par une partie de la classe politique, qui se revendique même d'une idéologie contre-révolutionnaire au communisme : l'anticommunisme. Devenu bannière de rassemblement des forces démocratiques, libérales et conservatrices voire réactionnaires, l'anticommunisme est devenu en quelques décennies une véritable force politique incontestable : en témoigne la vive hostilité de l'opinion publique aux thèses communistes, ou tout simplement la popularité électorale de formations politiques se réclamant directement de la lutte contre le communisme, comme en Albel où les trois partis présents au Sénat se revendiquent anticommunistes.

Derrière cette hostilité quasiment épidermique à cette idéologie radicale et antisystème se cache tout simplement une stratégie électorale : la peur suscitée par les menaces que constituent l'expropriation, la révolution armée ou la collectivisation est un outil politique puissant, qui nourrit facilement des discours démagogiques cherchant à lutter contre le communisme sur le plan national et international. Mais si les partis politiques dits populistes cherchent à en faire un argument électoral, comme la Νότια Συμμαχία (ΝΣ, « Ligue du Sud ») et son dirigeant Iskandar Kanaan qui dénonce l'inaction gouvernementale contre la « menace rouge mondialisée », les partis plus traditionnels font aussi de l'anticommunisme un combat.

Ainsi, le Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate »), parti conservateur au pouvoir, s'est montré particulièrement hostile à tout rapprochement autre que pragmatique et circonstancié avec les puissances étrangères communistes ou socialistes. Une approche certes diplomatique et conditionnée, mais qui reste néanmoins empreinte d'une profonde animosité contre le collectivisme socialiste. Si l'engagement international de la Principauté de Cémétie reste faible, toute initiative diplomatique à l'attention des pays communistes pourrait être lourdement sanctionnée par un vote populaire très majoritairement hostile à un communisme que pourtant seule une petite partie des interrogés peuvent décrire précisément.

Mais au-delà des fantasmes nourris par les stratégies électorales, une vraie menace semble dormir sous les décombres fumants des révolutions : d'une part, l'emprise de l'idéologie communiste est réelle autour du globe, en particulier en Eurysie orientale et en Afarée. Outre la Centrafarée, pays des Net͟s’amerēti, qui cultive une « démocratie populaire » au parti unique - la tactique du salami ayant permis aux autorités socialistes d'évincer toute opposition externe aux mouvements de gauche -, l'idéologie communiste prend racine au Varanya où elle cultive même une forme de renouveau intellectuel et politique, profitant de l'éclaircie démocratique potentielle pour exister. Plus à l'ouest, l'Astac en Eurysie occidentale ou le Quechaïmar en Paltoterra sont les nouveaux phares locaux de la pensée socialiste. De quoi inquiéter les démocraties traditionnelles et libérales.
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Le Messager du Désert

Les deux partis de la droite radicale sont-ils si similaires ?


Iskandar Safar | 18/02/2004

Iskandar Kanaan Président Ligue du Sud Cémétie

Iskandar Kanaan a noué alliance avec les nationalistes helléniques pour les élections de 2003.


Souvent qualifiés de populistes, nationalistes, démagogues et autres adjectifs devenus insultes dans la bouche de la plupart des médias nationaux, les deux principaux partis de la droite radicale, le parti nationaliste hiptique Νότια Συμμαχία/ⲣⲉϥⲡ ⲣⲏⲉ (ΝΣ, « Ligue du Sud ») et le parti nationaliste hellénique Ελληνικό Εθνικό Πρωτάθλημα (ΕΕΠ, « Ligue Nationale Hellénique ») ont créé la surprise en 1999 avec l'entrée de douze députés nationalistes hiptiques à la Vouli (Parlement cémétéen) lors des élections législatives, puis la percée des nationalistes en 2003 avec soixante-dix députés nationalistes hiptiques et quarante-quatre députés nationalistes helléniques, soit un score cumulé de vingt-et-un pourcents des sièges au Parlement.

Avec cette nouvelle alliance de circonstances, Iskandar Kanaan a cependant misé gros : rallier les nationalistes helléniques, identitaires cultivant la ségrégation ethnique en Cémétie et les méthodes parfois antidémocratiques, a été un pari osé pour le dirigeant du parti nationaliste hiptique. Si, sur le papier, les deux formations politiques ont tout pour se rejoindre, à savoir des revendications binationales et un rejet du système en place, les nationalistes helléniques ont une longue tradition fascisante et antidémocratique les nationalistes hiptiques n'ont pas : le parti ΝΣ, plus « jeune » sur la scène politique, ne cultive pas ces méthodes qui effraient parfois l'électorat par la menace médiatique.

Aussi, le terme de « nationaliste » est rapidement devenu galvaudé par la faute de la propagande médiatique à l'encontre de l'ΕΕΠ dont les méthodes, certes peu orthodoxes, restaient profondément marginales dans la culture politique du parti. Y compris au sein des comités militants et des réunions nationales du parti nationaliste hiptique, l'ΕΕΠ fait mauvaise figure aux côtés des « populistes hiptiques », comme se plaisent désormais à s'auto-étiqueter les partisans, militants et cadres de la ΝΣ. Plusieurs d'entre eux revendiquent ainsi « l'acte de se réapproprier un terme devenu péjoratif, alors qu'il désigne tout simplement les tribuns du peuple, les défenseurs des classes populaires et pourfendeurs de l'injustice ».

Une évolution épistémologique qui pourrait accompagner un revirement politique de la ΝΣ ; l'étiquette nationaliste a en effet illustré les limites de l'identitarisme dans sa capacité à rendre un parti éligible à la majorité électorale. Une hypothétique évolution du parti qui intéresse une partie grandissante de l'opinion publique, alors que l'affaire Correa et ses conséquences lourdement médiatisées ont illustré comment l'opinion publique sanctionne les méthodes de la droite radicale. Le rapprochement avec les nationalistes helléniques s'est fait au détriment d'une déontologie politique que la ΝΣ pourrait bien retrouver pour reconstituer son corpus idéel et se relancer dans la conquête active d'une majorité électorale, face au manque de dynamisme des partis en place.
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Cémétie Matin

Le Varanya en marche vers la guerre ouverte


Andronikos Cosmatos | 16/03/2004

Patrouilleur Cémétie Grèce

Les territoires sécessionnistes varanyens vont faire basculer la mer des Bohrins dans un nouveau conflit.


Si le petit empire est-afaréen occupe tant les esprits depuis plusieurs mois, notamment en Cémétie mais aussi en-dehors du continent, c'est pour la simple et bonne raison que dans le destin de la monarchie se joue aussi l'avenir du pourtour de la mer des Bohrins. Espace maritime hétéroclite, cette mer qui sépare l'Eurysie, l'Afarée et le Nazum accueille des nations notables, comme la Principauté de Cémétie, l'Empire rémien ou la République de Fortuna par le truchement de ses comptoirs coloniaux à proximité, mais aussi des États moins importants dans la géopolitique régionale, comme les régimes communistes du nord du bassin bohrinien ou les pays hindouistes du Nazum occidental.

Si le manque cruel de stabilité du territoire varanyen et des institutions impériales ne fait plus aucun doute depuis plusieurs mois voire années pour les autorités princières de Cémétie, la récente évolution de la réalité du terrain a apporté une nouvelle vision, bien plus dramatique et catastrophique à un potentiel effondrement de la monarchie varanyenne. En effet, si la guerre civile larvée au Varanya était restée afaréo-afaréenne voire varanyo-varanyenne avant 2003, la multiplication des moyens matériels, financiers et humains des deux camps - et en particulier des factions révolutionnaires - a souligné l'intensification du conflit à venir mais aussi l'implication croissante de puissances extérieures dans la géopolitique mondiale.

Nation peu impactante sur le plan régional de par son isolationnisme et son manque de capacité de projection dû à sa faible stabilité, le Varanya pourrait devenir le nouvel État-pivot de la géopolitique régionale si des puissances étrangères y accumulaient les bases militaires et autres tremplins permettant de contrôler et la mer des Bohrins et les espaces maritimes alentours tout en menaçant une grande partie du continent afaréen. Si le jeu des puissances peine à se dessiner nettement, des influences allant croissantes se font ressentir sur l'ensemble du territoire varanyen et le recours aux armes par les révolutionnaires ne pourrait être qu'un prétexte pour des puissances intermédiaires de se propulser dans la géopolitique internationale.

Si l'issue du conflit n'est pas dicté, il est sûr que ses enjeux vont bien au-delà de la simple crise de représentation démocratique dans les institutions impériales : les promesses faites aux uns et aux autres sauront en retour appuyer les revendications de ces mêmes puissances alliées au camp vainqueur. Si les varanyens regardent avec angoisse l'actualité du terrain, les diplomaties étrangères se préparent à dépecer le cadavre encore fumant du camp vaincu - la chute de la monarchie offrant un formidable tremplin à l'instabilité régionale mais aussi et surtout à l'essor d'une puissance intermédiaire acquérant ainsi une portée et une stature plus globale. Le petit conflit du Varanya pourrait bien avoir de lourdes répercussions sur le plan des relations internationales et lancer de nouvelles confrontations pour ce nouveau millénaire.
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Cémétie Matin

Christodoulos Perrakos va faire voter l'intervention au Varanya


Vasiliki Strakelli | 16/03/2004

Parlement Cémétie Vouli

Les parlementaires ont découvert en commission les effectifs pour l'instant secrets.


On l'attendait, beaucoup la redoutaient : l'intervention militaire de la Principauté de Cémétie au Varanya va être soumise à un vote à la Vouli (Parlement cémétéen). Si le résultat du scrutin ne fait aucun doute, puisque la majorité des députés sont favorables à la politique diplomatique et militaire du gouvernement, la majorité formée des 190 députés conservateurs du Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate ») et des 93 parlementaires libéraux du Κεμετιακό Φιλελεύθερο Κόμμα (ΚΦΚ, « Parti Libéral Cémétéen ») risque d'engager sa survie dans l'issue du conflit sur le sol impérial. On le sait, les récentes élections ont été un passage difficile pour les deux partis au gouvernement.

Ceux-ci tentent en effet à la fois de contenir la fuite des électeurs traditionnels du parti conservateur vers la droite radicale, tout en menant une politique libérale-conservatrice qu'ils veulent novatrice et inédite, afin de rompre avec l'immobilisme trop souvent pointé du doigt de l'ancienne majorité conservatrice qui peine maintenant à rester en majorité au Parlement - la mise en minorité du gouvernement en 1999, qui a poussé à la formation d'une coalition avec les libéraux du ΚΦΚ en 2002, illustre parfaitement ce dilemme politico-électoral. Aussi, la politique militaire du gouvernement pourrait bien mettre en danger la fragile coalition, déjà affaiblie par le départ d'une poignée de députés réactionnaires l'an dernier avant les élections.

Le vote de ce projet de loi d'intervention militaire risque donc de devenir non plus l'expression d'une représentation démocratique au Parlement, mais bien une motion de confiance au gouvernement de Christodoulos Perrakos. Le Prothypourgos (« Premier ministre ») se sait en sursis, étant donné les dégâts provoqués par sa stratégie d'ouverture du pays à l'international : le conflit au Varanya, dans lequel se retrouve impliquée la Principauté à moitié volontairement, sera peut-être le tombeau de ce gouvernement - et éventuellement, de la coalition libérale-conservatrice actuelle. La majorité votera le texte, mais rien ne dit que celui-ci ne soit pas un fiasco : le faible niveau de militarisation de la Cémétie et le manque potentiel d'expérience des troupes pourrait être fatal.

À ces carences stratégiques et tactiques, des défis de taille s'imposent : la participation militaire de plusieurs autres États, par le truchement de forces auxiliaires ou même directement sous les couleurs des pays dont ils défendent les intérêts au Varanya, va rendre hautement incertaine l'issue des combats, et risque d'autant plus de fragiliser la position du gouvernement. La répression de mouvements révolutionnaires se réclamant de la charia ou du communisme est une chose différente de livrer une guerre par procuration à des puissances étrangères : la stratégie du gouvernement, qui semble vouloir légitimer publiquement son intervention militaire au Varanya, pourrait bien se révéler à double-tranchant, au vu des nombreux facteurs aujourd'hui encore inconnus qui vont influencer la situation sur le terrain.
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Cémétie Matin

L'état-major lance l'opération Behedetite


Vasiliki Strakelli | 16/03/2004

Christodoulos Perrakos (Geórgios Alogoskoúfis) premier ministre du gouvernement de Cémétie

Le Premier ministre Christodoulos Perrakos au pupitre à la Vouli, présentant l'opération Behedetite.


Un nom flambant neuf, un badge attitré, un discours vibrant du Premier ministre Christodoulos Perrakos devant l'ensemble des députés de la Vouli (le Parlement cémétéen) : le gouvernement a fait voter avec succès l'intervention militaire au Varanya, baptisant celle-ci l'opération « Behedetite ». Autre nom de Horbehedety, la divinité locale de la ville d'Atbô dans le Haut-Thaon, Behedetite est également connu pour être représenté par un soleil ailé, symbole hiptique qui inspirera plus tard le Faravahar, symbole zoroastrien emblématique du Varanya antique. Un nom hautement symbolique, qui trace également un lien historique et symbolique direct entre la Cémétie et le Varanya, en rappelant les liens des deux civilisations millénaires.

Au-delà de l'épaisse couche de peinture de l'opération militaire, un vrai dispositif semble avoir été mobilisé par les forces princières : d'une part, de nouveaux départs de troupes, de chargements et de navires de guerre a été observé par les journalistes dans les ports orientaux du gouvernorat de Samareia, dont les côtes portent directement sur la mer des Bohrins partagée avec le Varanya, et d'autre part des mouvements de troupes et une circulation militaire active ont été observés dans l'ensemble de l'est du pays, notamment le long du canal de Césanès, qui relie la mer leucitaléenne à la mer des Bohrins, un axe maritime ouest-est incontournable pour l'état-major cémétéen.

Si la présence navale et militaire cémétéenne au large des côtes varanyennes est actée et remarquée par les observateurs internationaux depuis plusieurs semaines, celle-ci va sans doute évoluer drastiquement pour changer de nature et devenir une véritable force de frappe, qui pourrait bien menacer les installations rebelles dans le sud et l'ouest du pays, tout en assurant un soutien terrestre efficace avec l'arrivée de militaires cémétiens. Le vote pour l'intervention s'est déroulé sans heurt, les débats ayant cependant permis aux députés de l'opposition de souligner le danger d'une opération d'une telle envergure aux portes du pays et les conséquences de la moindre erreur sur la sécurité nationale.

Quelques parlementaires, y compris au sein de la majorité libérale-conservatrice, sont restés frileux et se sont contentés de s'abstenir, posture de neutralité qui pourrait bien jouer des tours au gouvernement à l'avenir si celui-ci continue à égrener lentement sa majorité au fur et à mesure des coups d'éclats portés dans l'hémicycle par les ministres. L'intervention militaire soulève également des questions de gestion logistique et humanitaire, auxquelles le gouvernement pourrait bien répondre autrement que par les armes - car rappelons-le, le Varanya connaît une émigration importante face à la velléité des forces révolutionnaires, l'instabilité du régime et la multiplication des tensions dans les zones frontalières entre bastions révolutionnaires et contrôle impérial.
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Progrès et Libertés

Raul Correa veut unir les gauches dans une plateforme commune


Stefanos Mundotis | 18/03/2004

Raul Correa chanteur Arkencheen Francky Vincent

Le président de l'Alliance Solidariste veut rassembler la gauche dans son mouvement.


Comment penser la gauche cémétéenne sans ses multiples composantes, aux revendications et aux conceptions parfois radicalement divergentes ? Aujourd'hui, le principal parti politique de la gauche en Cémétie reste le Λαϊκό και Κοινωνικό Κίνημα (ΛΚΚ, « Mouvement Populaire et Social »), social-démocrate et grand parti traditionnel présent dans la plupart des élections locales comme nationales, mais cette même grande formation politique connaît un recul constant dans les urnes depuis plusieurs scrutins, au profit de nouveaux mouvements plus dynamiques et moins compromis dans l'exercice du pouvoir, comme l'Αγροτική Συνέλευση του Κεμέτ (ΑΣΚ, « Assemblée Agrarienne de Cémétie »), agrarien et radical.

Pourtant, la gauche - ou les gauches - en Cémétie ne se résume pas à une opposition entre deux conceptions du pouvoir : les sociaux-démocrates du ΛΚΚ cultivant un État-providence avec une économie mixte contre les agrariens de l'ΑΣΚ défendant la collectivisation des terres et une économie contrôlée par des conseils représentatifs locaux. D'abord, le ΛΚΚ est un parti lui-même divisé entre chrétiens sociaux, socialistes et social-libéraux. Ensuite, l'ΑΣΚ n'est lui-même pas guidé par une volonté unique et différentes franges s'y opposent souvent : d'une part, des sociaux-démocrates transfuges déçus par la gauche traditionnelle ; d'autre part, des collectivistes, républicains et anticléricaux dont le discours tend à se marginaliser au sein des instances du parti.

Et le nouveau créneau politique qui semble avoir été oublié par les partis de la gauche cémétéenne est désormais occupé par l'Εναλλακτική Αλληλεγγύη (EA, « Alternative Solidariste »), mouvement fondé par Raul Correa, cémétien d'origine afaréo-arkencane, désormais chef d'une frange sociale-libérale de la gauche en Cémétie. Positionné au centre-gauche de l'échiquier politique, Raul Correa a affiché son intention de démocratiser sa formation politique et ses idées, défendant « une gauche sociale et humaniste » qui pourrait bien séduire de nombreux électeurs au centre comme à gauche - avec ou sans l'accord des principaux partis concernés, ce qui pourrait bien menacer l'électorat traditionnel de ces mêmes partis.

La presse arkencane, qui suit avec attention la progression de son ancien chanteur favori au sein de la vie politique cémétéenne, a également souligné l'attrait de nombreuses personnalités du paysage politico-électoral pouvant voire souhaitant se rallier à Correa et son mouvement. Aussi, le parti de Raul Correa a annoncé vouloir se rapprocher de structures politiques existantes pour créer des listes de rassemblement et d'union à travers le pays pour les élections municipales, prévues pour fin avril 2004. Une échéance politique qui se rapproche, et qui pourrait bien marquer le renouveau de la gauche après quelques décennies de stagnation face à la droite et au centre-droit qui conservent une longueur d'avance au sein de l'électorat national.
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Progrès et Libertés

Lourdeur des procédures pour les réfugiés varanyens : la gauche propose la simplification


Stefanos Mundotis | 28/03/2004

Eliza Sarkalli (Reda Dourou) ministre de l'intérieur Cémétie

La Ministre des Affaires intérieures Eliza Sarkalli en train de défendre la politique frontalière.


Encore une proposition de loi de la part des députés du Λαϊκό και Κοινωνικό Κίνημα (ΛΚΚ, « Mouvement Populaire et Social ») qui risque bien de se voir refusée par la majorité parlementaire : Abraam Tadros, député social-démocrate de la circonscription législative du Haut-Thaon, a déposé puis défendu ce matin devant la Vouli (le Parlement cémétéen) sa proposition de loi concernant l'allègement des procédures d'accueil de réfugiés, notamment en faveur de l'intégration de la communauté d'exilés varanyens. Ces derniers, de plus en plus nombreux avec l'éclatement du conflit sur le sol impérial, constituent un véritable groupe humain en détresse auquel il convient d'apporter toute l'aide possible.

Si l'engagement de la Principauté de Cémétie dans le processus de rétablissement de la paix à l'étranger n'est pas en question ici, il demeure néanmoins que la Cémétie se doit d'accueillir convenablement les réfugiés d'une guerre à laquelle nous participons activement - comme l'illustre le vote d'ouverture de l'opération Behedetite, opération militaire servant d'appui aux forces impériales contre les révolutionnaires varanyens. Au-delà de la simple question géopolitique, le conflit soulève aussi une question humaine et humanitaire importante : alors que la communauté diasporique du Varanya augmente de jour en jour, tant au Nazum avec l'Aryèdie qu'en Afarée avec le Banairah ou la Cémétie.

Les pays régionaux pourraient également organiser la sortie sécurisée et pacifique des réfugiés varanyens, ou du moins favoriser leur accueil en simplifiant les procédures de visas qui, pour la plupart des pays riverains de la mer des Bohrins, restent extrêmement lourdes afin de dissuader toute immigration clandestine et visant à encourager la sélectivité migratoire. Mais la création d'un visa de réfugié de guerre n'est pas impossible : la proposition de loi d'Abraam Tadros vise ainsi à modifier les prérogatives partagées entre le prince, le Υπουργείο Διπλωματίας (Ypourgeío Diplomatías, « Ministère de la Diplomatie ») et le Υπουργός Εσωτερικών (Ypourgós Esoterikón, « Ministère des Affaires intérieures »).

Mais la majorité libérale-conservatrice, formée du Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate ») et du Κεμετιακό Φιλελεύθερο Κόμμα (ΚΦΚ, « Parti Libéral Cémétéen »), n'est probablement pas de cet avis-là : les deux ministres concernés, respectivement Rhadames Khoury (ΚΦΚ) à la diplomatie et Eliza Sarkalli (ΧΔΜ) aux affaires intérieures, ont tous deux affiché leur hostilité à de plus amples démarches de libéralisation des contrôles sur l'immigration et aux frontières, malgré une progression notable l'an dernier qui avait valu quelques chassés-croisés entre membres de la majorité au sujet des idées libérales nouvellement portées au sein des institutions par la jeune majorité parlementaire.
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Informations du Thaon

En Leucitalée, le monde hellénique toujours pas en paix


Anargyros Zervatos | 18/04/2004

Isthme Théodosine canal Empire rémien détroit Bosphore Istanbul Constantinople

Depuis sa capitale Théodosine, l'Empire rémien continue d'influencer les deux versants de la mer leucitaléenne.


Nouveau coup d'éclat des autorités ancalagoniennes : l'inauguration d'un complexe militaro-industriel neuf dans le centre du pays a été l'occasion pour les forces armées de la monarchie hellénique de parader, en présence du chef d'État de l'autoproclamée « République socialiste-patriotique du Lougkag » dont on ignorait jusque-là la proximité avec le chef de l'état-major ancalagonien, le général Alceste Anchise. Si la participation passive d'un dirigeant communiste à une démonstration de force du régime nationaliste hellénique sud-eurysien peut sembler paradoxal, ce sont surtout les propos martelés par la presse nationale ancalagonienne qui interroge véritablement les observateurs internationaux.

D'une part, l'exercice militaire des « thuréophores » - terme hellénique emprunté à l'époque antique, une énième référence nationaliste s'inscrivant dans le discours patriotique du régime impérial - s'inscrit dans une dynamique régionale d'affrontement gelé entre Théodosine - l'Empire rémien - et Balkh - l'Empire ancalagonien. Ce conflit larvé entre deux entités helléniques leucitaléennes s'est aggravé ces derniers mois avec l'intensification des revendications frontalières de l'Ancalagonie, suivies plus tard d'une réponse apaméenne peu belliqueuse et essentiellement tournée vers une posture défensive. L'Empire rémien n'est en effet pas en mesure de répondre agressivement aux provocations de son interlocuteur nord-leucitaléen.

Effectifs humains et matériel militaire peu imposants, les deux empires ne semblent pas pouvoir réellement jouer au dangereux jeu géopolitique mondiale : aucun des deux États n'a jusque-là affiché sa volonté de participation au conflit en cours au Varanya, alors même que la stabilité du régime impérial varanyen - ou sa chute - sont parmi les intérêts potentiels des deux puissances helléniques. Quels sont les enjeux des revendications territoriales de la monarchie ancalagonienne ? Les zones revendiquées, peu peuplées, sont essentiellement hellénophones mais ne constitueraient, en cas d'annexion, que des rognures géographiques peu significatives pour Théodosine, tout en forçant l'Ancalagonie à une démonstration de force - et de faiblesse.

Car le tissu militaro-industriel ancalagonien n'est actuellement pas prêt à supporter une guerre de front : si l'économie nationale semble relativement stable, son expansion n'est pas notable et un conflit pousserait probablement à une récession et des concessions éventuelles de la monarchie face à la gronde sociale. Il faut dire que le régime nationaliste peut ne pas se faire que des amis, en agitant la menace des velléités irrédentistes en Leucitalée : outre les puissances helléniques locales qui pourraient bien y voir une opportunité de se liguer contre le bellicisme du voisin septentrional, le coût monumental d'un conflit aux portes du pays pourrait bien défavoriser le régime nationaliste, au profit d'un Empire rémien plus philhellénique que jamais.
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Cémétie Matin

Municipales : dans une semaine, les cémétiens se rendront aux urnes


Vasiliki Strakelli | 20/04/2004

Elections législatives Cémétie 2003

Un an après les législatives, les électeurs défileront devant les urnes pour choisir les nouveaux maires.


Une étape anecdotique dans la vie politique nationale, mais une étape quand même : les élections municipales cémétéennes se dérouleront les 27 avril et 3 mai prochain. On le sait, les dèmes - les mairies - ont une influence importante sur le paysage local, et les communes de l'arrière-pays, notamment dans la vallée du Thaon, sont devenues des enjeux-clés pour propulser des candidats aux élections régionales voire législatives. Mais c'est aussi par le haut que peuvent venir les majorités locales : la récente « vague violette » des populistes hiptiques de la Νότια Συμμαχία (ΝΣ, « Ligue du Sud ») aux élections législatives et gouvernatoriales pourait bien avoir des répercussions au niveau communal.

On le sait, les dèmes sont organisés en conseils municipaux, dont les membres sont élus au scrutin proportionnel de liste à deux tours : le premier tour de ces élections municipales aura lieu le 27 avril, soit dans une semaine à compter d'aujourd'hui, puis le second tour se déroulera le 3 mai prochain. Deux dates qui pourraient bien enterrer la suprématie des conservateurs du Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate »), puisque la principale assise politique du parti n'est pas la Vouli, le Parlement cémétéen où les conservateurs sont désormais minoritaires, mais bien les conseils démotiques où les listes de coalition des conservateurs avec les libéraux du Κεμετιακό Φιλελεύθερο Κόμμα (ΚΦΚ, « Parti Libéral Cémétéen ») sont souvent importantes.

Ainsi, à l'inverse de certains partis non-traditionnels et moins habitués à l'exercice du pouvoir comme les nationalistes helléniques de la Ελληνικό Εθνικό Πρωτάθλημα (ΕΕΠ, « Ligue Nationale Hellénique ») ou les agrariens de l'Αγροτική Συνέλευση του Κεμέτ (ΑΣΚ, « Assemblée Agrarienne de Cémétie »), le ΧΔΜ bénéficie d'une solide assise locale et régionale, qu'il partage actuellement avec le ΚΦΚ depuis le congrès de Ménorophon et le baptême du feu de la nouvelle coalition libérale-conservatrice aux différentes élections depuis 2002 : les gouvernatoriales de 2002 avec le basculement de la Khargie aux nationalistes et la défaite de la liste libérale-conservatrice jusque-là favorite dans le Haut-Thaon puis les législatives de 2003 avec la réussite électorale de l'opposition nationaliste.

Les municipales de fin avril 2004 seront donc une nouvelle épreuve pour la majorité en place afin de se maintenir ; la chute des conservateurs depuis plusieurs années pourrait bien s'aggraver avec la perte d'une partie des assises locales qui font la force de l'ancien parti majoritaire. À la crise du parti conservateur, les dirigeants et cadres de celui-ci n'ont pour l'instant trouvé que peu de parades, alors même qu'Antonis Nicopoulos, président de la Vouli et influent membre de la majorité, annonçait l'an dernier en février une contre-offensive aux nouvelles tactiques politiques et électorales de l'opposition, tant de gauche que de droite radicale. Les élus locaux pourraient bien perdre un appui stratégique au niveau national, tout en désespérant face à l'immobilisme des institutions d'un parti plus conservé que conservateur.
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Informations du Thaon

Joute médiatique en Eurysie, le Pacte Anti-Bolchévique fait couler l'encre


Anargyros Zervatos | 14/05/2004

Kiosque presse papier

La presse « libre » d'Astac a lancé une guerre médiatique contre le Pacte Anti-Bolchévique récemment fondé.


Rare élément de presse libre dans un pays communiste comme la République « populaire » d'Astac, le journal satirique astacan « Artista » a publié, plus tôt ce mois-ci, un article pamphlétaire accompagné d'une caricature, tous deux à charge contre le nouveau traité international dit du « Pacte Anti-Bolchévique » signé par plusieurs États, dont la Principauté de Cémétie, la République du Magermelk et la Fédération d'Albel. Si le contenu dudit pacte ou même sa ratification par des puissances aux intérêts divergents et aux paradigmes relativement éloignés peuvent être critiqués, c'est plutôt la nature radicalement anticommuniste du texte et son engagement contre la propagation du communisme et des idéologies de gauche radicale qui ont été la cible des ires du journal astacan.

Si les autorités des pays concernés et visés par la caricature de la presse d'Astac n'ont pas réagi, la presse étrangère, elle, s'est déjà emparée de l'affaire : le Petit Républicain, journal d'État au Magermelk, a répondu aux accusations de fascisme de la caricature dans un article pouvant également être qualifié de brûlot, par sa réponse elle-même satirique cherchant à parodier le style d'Artista. Une réponse du seul journal autorisé sur le territoire de la République du Magermelk, qui aura le mérite de retourner la pareille aux États communistes, signataires discrets de la charte fondatrice de l'Internationale, organisation internationale à tendance communiste dont sont membres plusieurs puissances communistes et dont la capacité de nuisance est encore à déterminer.

Une logique de bloc semble se dessiner, à l'occasion d'une joute médiatique entre communistes et anticommunistes ; mais cette vision qui se voudrait dichotomique ne peut qu'écraser les nombreuses nuances : si les régimes à parti unique, à presse contrôlée par l'État et à économie dirigée semblent vouloir s'affronter entre eux par insultes interposées, d'autres puissances pourtant signataires du Pacte Anti-Bolchévique ne s'engagent pas dans cette logique d'affrontements entre États autoritaires. Ainsi, les gouvernements libéral-conservateur de la Principauté de Cémétie et fasciste du Magermelk ne partagent que l'anticommunisme, loin des idées reçues de « collusion néofasciste » promue par les caricaturistes astacans.

Un manque de discernement qui pourrait bien porter préjudice à la Cémétie et aux cémétiens dans leurs relations avec les pays étrangers, si les accusations de « néofascisme » (sic) venaient à se propager au-delà des frontières des seuls États communistes. Si le manque d'ouverture de la société cémétéenne ou l'hermétisme des communautés ethno-culturelles peut être soulignée, en aucun cas le nationalisme ou le fascisme de formations politiques comme la Ελληνικό Εθνικό Πρωτάθλημα (ΕΕΠ, « Ligue Nationale Hellénique ») ne sont au pouvoir et encore moins majoritaires. Cependant, la montée de l'extrême-droite et du nationalisme fascisant peut être soulignée pour nuancer notre propos, étant donné le score relativement bas mais en progression de l'ΕΕΠ aux dernières élections législatives.
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Progrès et Libertés

Correa : un congrès des gauches pourrait bien avoir lieu


Stefanos Mundotis | 17/05/2004

Raul Correa chanteur Arkencheen Francky Vincent

Le président de l'Alliance Solidariste veut unir la gauche, désunie après les législatives mais réunie pour les municipales.


Au regard des résultats électoraux flamboyants de la liste d'union de la gauche du chanteur originaire d'Arkencheen Raul Correa lors du scrutin municipal du dème de Ménorophon, l'union des gauches ambitionnée par l'artiste aleucien récemment naturalisé cémétien pourrait bien être un projet moins idéaliste et plus proche de la réalité que ce que défendaient jusque-là les ténors du paysage politique national, qu'ils soient de gauche, du centre ou de droite. Avec un programme social-libéral pour la mairie de Ménorophon, Raul Correa a réussi la prouesse de battre le maire sortant inscrit sur une liste du Χριστιανοδημοκρατικό Μέτωπο (ΧΔΜ, « Front Chrétien-Démocrate »).

Il faut dire que le bilan de Demos Galanelis (ΧΔΜ) à la métropole a laissé à désirer, du moins sur le plan social et économique : sous son mandat, le manque de paternalisme de la part des autorités démotiques s'est fait ressentir, poussant des libéraux du Κεμετιακό Φιλελεύθερο Κόμμα (ΚΦΚ, « Parti Libéral Cémétéen ») à créer une liste électorale dissidente du parti qui ne s'est lui-même pas engagé aux côtés d'aucune liste. La triangulaire ainsi créée a permis à l'union des gauches de triompher, à l'initiative de la tête de liste étiquetée pour l'Εναλλακτική Αλληλεγγύη (EA, « Alternative Solidariste ») et président de la jeune formation politique, Raul Correa. Une opportunité qui pourrait bien ne pas se représenter.

En effet, étant donné que rares ont été les mairies à basculer pour les partis de la gauche - des sociaux-démocrates du Λαϊκό και Κοινωνικό Κίνημα (ΛΚΚ, « Mouvement Populaire et Social ») aux agrariens du Αγροτική Συνέλευση του Κεμέτ (ΑΣΚ, « Assemblée Agrarienne de Cémétie »), suppléés par l'arrivée sur la scène politique nationale de rares sociaux-libéraux de l'Εναλλακτική Αλληλεγγύη (EA, « Alternative Solidariste ») -, la victoire des gauches à l'élection démotique de Ménorophon est une aubaine politique, profitant à l'essor du chanteur arkencan sur la scène national. Le cas échéant, une défaite au premier ou au second tour des municipales pour Raul Correa aurait signé la fin de ses ambitions nationales.

Aussi, l'« homme de gauche » ne désespère pas : candidat désormais déclaré pour les élections régionales de 2008, Raul Correa souhaite « offrir aux cémétiens une alternative concrète au pouvoir en place, un vrai enjeu d'alternance politique et de vraies promesses électorales [qu'il] pourra tenir ». Mais derrière les ambitions régionales, Correa entretient la flamme de l'union de la gauche, lente mais inexorable, selon le président de l'Alternative Solidariste : si la recherche d'une plateforme politique commune se fait encore désirer, la convergence des hommes politiques influents à gauche se fait peu à peu - Raul Correa ambitionnerait ainsi de rassembler les barons de toute la gauche au cours d'un congrès politique mémorable, marquant le renouveau de tendances politiques ayant été laissées sur le bas-côté.
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Progrès et Libertés

L'union des gauches se concrétise pour l'objectif commun : 2007


Stefanos Mundotis | 08/08/2004

Yiorgos Soout (Naguib Sawiris) président du parti agrarien de Cémétie

Yiorgos Soout, chef des agrariens, a finalement ouvert la porte aux négociations puis au congrès commun.


Un avenir, enfin ? C'est ce qu'osent espérer les électeurs se revendiquant de gauche, après le congrès qui s'est déroulé il y a quelques mois à Ménorophon, chef-lieu du Bas-Thaon et désormais fief de la gauche unie dans la vallée du Thaon. Malgré ce congrès fondateur du label Συμμαχία της Αριστεράς της Κυβέρνησης (Symmachía tis Aristerás tis Kyvérnisis, « Alliance de la Gauche de Gouvernement ») abrégé ΣΥΜΑΡΚΥ/Symarky, il aura fallu attendre plusieurs mois, jusqu'en août 2004, pour l'officialisation de cette alliance de circonstance entre la gauche agrarienne, la gauche social-démocrate et la gauche social-libérale. Une convergence des gauches qui est plutôt le fait d'un constat : l'infériorité numérique des trois principaux partis de la gauche.

Mais c'est plutôt l'éclatement de l'opinion politique, à droite notamment, qui a motivé ce rassemblement. Le politologue et enseignant à la faculté de sciences politiques de Samareia, Vasilios Antheas, souligne ainsi « l'effondrement progressif du vote monarchiste : les deux principales formations monarchistes traditionnelles, le ΛΚΚ à gauche et le ΧΔΜ à droite, représentaient il y a quelques décennies les quatre cinquièmes de l'électorat cémétéen ; aujourd'hui, les conservateurs et monarchistes, de gauche comme de droite, font face à la montée de nouvelles structures politiques, moins conventionnelles et parfois carrément populistes. Ce délitement s'accompagne d'un éclatement de l'offre politique au profit de la recomposition de celle-ci ; nous ne vivons pas une période de défiance envers les institutions démocratiques mais au contraire de confiance envers le pluralisme ».

Une analyse qui n'est pas de l'avis de tout le monde : le déport du vote vers la droite se maintient, alors même que le grand parti de la gauche cémétéenne connaît des temps difficiles, consécutifs à la concurrence de figures politiques plus radicales chez les agrariens ou plus réformatrices chez les social-libéraux. Pourtant, les social-démocrates ont « choisi la bonne voie », selon Yiorgos Soout, président de l'Αγροτική Συνέλευση του Κεμέτ (ΑΣΚ, « Assemblée Agrarienne de Cémétie »), qui relève « la bonne volonté des édiles du ΛΚΚ qui ont préféré l'union à la division, malgré les probables conséquences que cela pourrait avoir sur leur parti ». Une politique de la main tendue qui pourrait bien convaincre les électeurs aux prochaines élections, mais la tendance du recul des votes monarchistes dans les urnes ne semble pas prête à s'arrêter pour autant.

« Nous sommes en train de vivre une période de vigueur de la vie démocratique », continue Vasilios Antheas. « Si la montée en puissance de deux partis de droite radicale peut poser question sur un éventuel danger populiste, je pense que nous pouvons plutôt attribuer la montée des droites dites alternatives à une recomposition de l'offre politique qui permet aux voix plus discordantes de s'exprimer. Saluons en tout cas une période aussi inédite dans l'histoire de notre démocratie et de ses institutions, alors même que certains accusaient la monarchie de bâillonner les opposants politiques. En revanche, la démocratisation de la Cémétie peut aussi permettre une forme plus insidieuse, plus fanatique, de clientélisme : les populismes sont voués à se multiplier tant que les rênes du pouvoir seront tenues par des conservateurs paralysés par leur flou idéologique face aux nouveaux enjeux du pays ».
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Informations du Thaon

Au Nikawa, la méthode arkencane roule doucement sa bosse


Apostolos Tripakis | 12/08/2004

Marché argent Chine Nikawa Ecobelt Arkencheen

La monnaie commune développée par l'Arkencheen devient une vraie source de hard power aleucien.


Première initiative internationale récente de la sorte, l'Ecobelt, mot-valise issu de la contraction d'« eco » (pour « économie ») et de « belt » (« ceinture » en anglique), est une monnaie commune créée par les autorités monétaires de la République Fédérale d'Arkencheen. Si l'archipel arkencan s'est contenté d'une communication épurée et d'un état de fait concernant l'Ecobelt, mettant de fait la communauté internationale face au fait accompli, il a intégré dans son nouveau dispositif économique et financier l'« espace économique harmonisée d'Aleucie et de Paltoterra ». Une expression trompeuse qui laisserait entendre une harmonisation transcontinentale : pourtant, la communauté monétaire ne comprend à ce jour que deux États sur l'ensemble du supercontinent.

En plus de l'Arkencheen, c'est la République de Saint-Marquise qui a voté, derrière les arkencans, la mise en place de la monnaie commune. Un mécanisme monétaire certes peu contraignant, mais finalement prometteur - du moins, selon les autorités des deux pays et les presses nationales respectives. Une initiative en effet saluée par les économistes partisans du libéralisme et du libre-échange mondialisé, mais dont les effets économiques sur le long-terme restent à prouver. Étant donné le haut niveau de richesse de la population de Saint-Marquise, le bénéfice économique sera probablement pour la Fédération arkencane, dont le dynamisme industriel et économique constitue un rouleau compresseur pour les marchés saint-marquois, pays dont nous pouvons supposer la faible industrialisation et l'économie tournée vers le secteur tertiaire.

En revanche, laboratoire d'expérimentation autrement plus intéressant pour la « méthode » arkencane, la République Populaire du Nikawa, peuplée de vingt-cinq millions d'habitants avec un Produit Intérieur Brut de 537 milliards de dollars internationaux en août 2004, a récemment voté elle aussi la charte fondatrice de l'Ecobelt. De quoi ravir les arkencans, probablement à l'origine de la proposition du texte au Parlement populaire niakoin, mais également de quoi inquiéter les puissances étrangères : le rapprochement soudain de la République Populaire avec la Fédération n'augure rien de bon en ce qui concerne les capacités de projection économique de la nouvelle puissance aleucienne, qui se démarque du reste de l'économie mondiale en tant que première puissance en Produit Intérieur Brut, loin devant toute concurrence.

Un chiffre qui se travaille : avec plus de huit cents milliards de dollars, l'économie arkencane est un poids lourd qui tend à s'imposer aux économies limitrophes par une influence de la Fédération toujours plus importante dans les échanges internationaux et continentaux, comme en Aleucie où l'objectif à terme de l'« espace harmonisé » et de l'Ecobelt est d'unifier l'espace continental sous la houlette de l'Arkencheen. De quoi inquiéter les souverainetés çà et là, face au titan en construction. Quel rôle pourrait jouer l'Arkencheen dans la mise en place d'une économie-monde, tournée vers le système monétaire unifié de l'Ecobelt ou des principes concurrentiels forts émanant de cette nouvelle puissance économique développée ? Si les économies-membres du système Ecobelt peuvent tirer quelques bénéfices momentanés d'une intégration monétaire, l'Arkencheen reste néanmoins le grand gagnant du procédé.
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